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 mai 2013 ð sometimes, meeting people sounds like the beginning of a great story.

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MessageSujet: mai 2013 ð sometimes, meeting people sounds like the beginning of a great story.   Lun 25 Juin - 23:12

Tremblements. Images diverses éparpillées sur le sol. Riley était en train de découper les photographies qu'elle avait effectué sur la baie de Santa Monica lorsque les ciseaux qu'elle tenait dans sa main dérapèrent, anéantissant la beauté du cliché. L'espace d'une fraction de seconde, la jeune femme ne fit plus un geste, contemplant seulement la maladresse qu'elle venait de commettre. Un sentiment de frustration implosa en elle, lui conférant l'envie de jeter l'outil à l'autre bout de la pièce, aussi loin d'elle que possible. Ses yeux cernés se fermèrent doucement et la jeune femme décrispa ses doigts pour laisser simplement tomber la paire de ciseaux sur le sol, provoquant un écho dans le studio de la demoiselle. Avec difficulté, Riley se leva pour rejoindre sa pharmacie. Sa démarche était raide, son pas était lent. Pourtant, ce n'était pas un défaut de sa volonté, mais aujourd'hui se déclarait être un mauvais jour et elle ne parvenait pas à réprimer les soubresauts qui l'agitaient. Pire encore, plus elle tentait de contrôler ceux-ci, plus leur intensité se révélait croissante. Elle haïssait devoir rassembler toute sa concentration pour mettre un pied devant l'autre et ne pas trébucher. Elle haïssait sentir cette fatigue maladive qui l'enveloppait après avoir effectué cet effort aux allures surhumaines. Et elle haïssait encore plus le soupir de soulagement qui s'extirpa d'entre ses lèvres lorsqu'elle atteignit le lavabo, alors que le plus ardu restait à faire. Elle attrapa maladroitement sa boîte de comprimés à laquelle la jeune française était désormais familiarisée, et durant cinq bonnes minutes, elle s'efforça d'ouvrir celle-ci, usant la patience de ses nerfs sur cette tâche pourtant enfantine. Ses doigts refusaient de lui obéir. Lorsqu'elle pu enfin engloutir son médoc', les épaules de Riley se relâchèrent et durant encore quelques minutes, elle sentie son corps s'agiter. Puis, il s'apaisa, lui accordant la paix salvatrice. Que ferait-elle sans ses médocs ? Songea-t-elle en reposant doucement la boîte du le lavabo. Oui, que ferait-elle ? Rumina-t-elle, avant de retourner à ses montages photos.

Une heure plus tard, la nuit tombait sur la cité des anges. Riley terminait de coller une image dans l'album qu'elle avait confectionné et satisfaite, elle referma les pages de celui-ci avant de le caler sur une étagère débordée d'ouvrages. Elle enfila une chemise et un short seyant parfaitement sa taille longiligne, quasiment androgyne et après s'être maquillée avec précaution, elle abandonna derrière elle la solitude de son studio. La soif brûlait sa gorge et la fête pulsait dans son sang comme un appel à l'addiction. À cet instant précis, elle ne désirait qu'une seule chose ; boire l'équivalent de son poids en vodka et danser sur une piste de danse, peu importe laquelle. Continuer d'oublier. La brise nocturne caressa ses joues creuses, rafraîchissant son corps enfiévré. Elle héla un taxi.

Ce dernier la conduit jusqu'au centre de Santa Monica. Depuis qu'elle vivait à Los Angeles, Riley avait eu le temps de fréquenter divers lieux de festivités et le «  Angel's » entrait dans le top de ses préférences. Elle régla sa course avec nonchalance et se dirigea d'un pas ferme vers l'entrée de la boîte. Elle ne perdait pas son temps dans la file d'attente, plus depuis qu'elle connaissait le videur, Jerry. Ce dernier en la voyant fut tout sourire et la souleva pour la faire tourner dans ses bras musculeux qui manquèrent de briser la brindille qu'elle était. Puis, il la reposa au sol et lança ; «  Allez entre petite fleur. » C'était bien la seule personne qu'elle autorisait à user d'un tel qualificatif sur elle. Un sourire étira ses lèvres fines et la jeune femme pénétra dans la boîte. La musique pulsait contre les murs, agitant son myocarde dans sa poitrine qui ne tarda pas à calquer ses battements sur les différents rythmes que passait le DJ. Elle se rendit directement au bar et commanda un verre qu'elle bu cul-sec avant de balayer la salle du regard. La chaleur étouffait déjà son organisme, à son plus grand plaisir. Elle s'abandonna à la fièvre de la soirée et rejoint les danseurs, ne se formalisant pas des mains qui vinrent ses placer sur ses hanches, offrant son corps à l'effervescence des protagonistes. Ses hanches se balançaient, son corps entier répondait à la danse, bientôt un corps masculin se plaça derrière elle, nullement inconfortable. Riley releva ses rétines électriques vers le nouveau venu, trouvant deux perles noisettes qui ne la lâchèrent plus. Un sourire lascif fendit le visage de la demoiselle qui se pressa davantage contre le jeune homme, s'appropriant ses mains pour placer celles-ci contre son bassin. Non Riley ne se formalisait plus de rien, tout ce qui comptait à cet instant précis, c'était le sentiment extatique qui fouettait son organisme et la sensation d'oubli qui effaçait le dégoût qu'elle avait d'elle-même. L'espace d'une heure ou deux.
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MessageSujet: Re: mai 2013 ð sometimes, meeting people sounds like the beginning of a great story.   Mer 27 Juin - 2:06

« Je te jure, dude, c’est la seule boite qui vaut le coup sur L.A. » Le tintement des bouteilles qui se heurtaient retentit près du banc ou s’étaient installés plusieurs figures. On était tout près du skatepark et il devait être approximativement neuf heures du soir. Tony et plusieurs autres skateurs du coin s’étaient réunis pour partager quelques bières avant de s’adonner à leurs soirées respectives. Cela faisait tout juste quelques jours que le Sutherland s’était retrouvé aux portes de la Californie, mais le monde du graf, de la rue et des sports extrêmes était toujours ouvert à de nouvelles rencontres. Il y avait Pablo, le portoricain avec qui il avait partagé un joint dès sa première soirée sur la côte Ouest, puis Jamie et Mike, deux surfeurs gays bon buveurs qui l’avaient branché avec le patron du bar où il commencerait à bosser dès le lendemain. Et puis de rencontre en rencontre le voilà entouré de plusieurs autres barbus à casquette de basketball enfoncée sur le crane, des clopes au bec et de l’alcool dans le sang. Le soleil s’était couché depuis peu, laissant encore une certaine fraicheur au ciel pourpre californien. Plus loin les vagues déferlaient sur le bord de la jetée et une odeur douce d’iode marin se mêlait à celle de l’herbe fumante qui s’échappait des lèvres de Pablo. « Je te fais confiance alors, amigo. » Tony et le portoricain s’échangèrent un clin d’œil complice suivi d’un coup de poing amical. Lui qui était arrivé avec une montagne d’à-priori sur les blonds californiens peroxydés s’en tirait plutôt pas mal pour ses premières rencontres. Intérieurement Tony remercia le Dieu du graf et de la ganja, puis en un sourire amusé ramena le goulot de sa Budweiser à ses lèvres vermeilles. « Par contre, va falloir faire un tour chez toi mec » lança d’une voix moqueuse l’un des gars dont Tony avait déjà oublié le nom. Le Sutherland baissa un instant la tête pour constater que sa chemise était recouverte de traces de peinture, reliquats de son après-midi animée aux côtés de la jeunesse hétéroclite qui peuplait le coin. Un rire amusé s’échappa des lèvres du brun qui avala d’une traite la deuxième moitié de sa bière déjà chaude. Quelques minutes plus tard il saluait d’une tape amicale les différentes têtes et enfourchait son vélo.

L.A. n’était pourtant pas la ville idéale pour bouger en deux roues, mais ses vieilles habitudes de la côte Est se refusaient de céder à l’appel du consommateurisme Schwatzeneggerien. Avec un peu de patience il n’était pas impossible de se mouvoir entre les chauffeurs pressés, et à vrai il y avait même un côté carrément jouissif à se faufiler entre les véhicules bloqués par les bouchons. Une forme de liberté. Pédalant avec frénésie le Sutherland pencha tout son corps en avant pour rendre la montée plus facile. Ses fines gambettes pouvaient tout de même se vanter de muscles saillants, fruit de ses années de sport en club et d’arpentage de la ville de Portland. Tandis que son cœur commençait à s’emballer un peu trop sur le coup de l’effort une vaste avenue vide en descente se dessina face à lui. Relâchant la pression il se hissa debout sur ses pédales et laissa les roues s’endiabler. La vitesse était telle qu’il laissait l’engin sans aucun contrôle, profitant euphorique de cet élan d’adrénaline. Freinage. Dérapage. Il tourne à gauche et se remet à pédaler.
Le jeune homme rejoignit finalement plutôt rapidement le logement qu’ils avaient dégoté avec Lucy. C’était une vaste maison cachée derrière des murets, appartenant à deux connaissances de leurs parents, qui louaient des chambres pour des personnes de passage en Californie. Tony s’enfila dans le jardin, déposant son vélo contre un palmier imposant avant de contourner la demeure et de sauter par la fenêtre directement dans sa chambre. Lucy n’était apparemment pas là. Les deux jumeaux s’étaient embrouillés quelques heures plus tôt, lorsqu’elle avait appris qu’il était allé – en cachette – à l’hôpital pour tenter d’apercevoir James. Le jeune homme avait vite fui la conversation prétextant un appel de l’un de ses « nouveaux amis » – comme aimait les appeler la brunette.
Soupirant il se laissa tomber un instant sur son lit aux draps frais et se promit d’aller remercier la vieille Rosa qui se chargeait du ménage dans l’énorme maison d’hôte. Il ne se releva qu’une petite heure plus tard, après s’être arraché à la douceur du sommeil naissant et se débarrassa de ses affaires avant de s’engouffrer dans la salle de bain.

« Bonsoir, dites je suis seul et j’ai peur de me faire recaler à l’entrée. Y’a moyen que je m’incruste dans votre petit groupe pour passer l’épreuve videur ? » Tony, tout sourire face à une bande de demoiselles. Une stupide loi ancestrale définissait que les videurs avaient une haine effarouchée pour les mecs qui se présentaient seuls à l’entrée d’un local. Et le « Angel’s » dont on lui avait vanté les soirées ne semblait pas se soustraire à la règle. Mais un gars avec trois filles autour, ça marchait toujours. Peut-être était-ce le charme de la côte Est, mais le tout est que le Sutherland constata avec ravissement que ses trois nouvelles partenaires provisoire de soirée acceptaient son petit manège. Ses lèvres vermeilles dessinées en un large sourire le jeune homme ajusta sa chemise avant de passer devant le videur comme une fleur. Il adressa un clin d’œil aux filles et se dirigea d’instinct au bar où il commanda quatre verres pour les remercier. Une demi-heure plus tard et quelques coups dans le nez il s’était enfin débarrassé de la plus teigneuse des trois et avait pu se frayer un chemin sur la piste de danse.

La musique était forte, assourdissante, et les basses semblaient être saturées au maximum si bien que son corps tout entier se laissa vite entraîner par le rythme. Peut-être était-ce l’alcool, peut-être la fatigue, mais les lumières fortes lui aveuglaient progressivement l’esprit. Tony se retrouva rapidement avec des mains autour du cou et sans plus réfléchir répondit au rythme langoureux de sa partenaire. Quelques minutes et il finit par se détourner. Balayant du regard les quelques personnes qui l’entouraient il finit par se rapprocher le cœur battant d’une silhouette qui le distançait de peu. Elle avait une allure un peu sauvage, un peu féline, les yeux fermés et le corps tout entier pris dans ce tourbillon d’extase. Complètement désinhibé le Sutherland approcha son corps de celui de la jeune femme qui ne tarda pas à se prendre au jeu. Leurs regards se croisèrent un instant et il ne put s’empêcher de se congratuler de son choix de partenaire. Ses lèvres s’étirèrent légèrement amusées tandis que la demoiselle se collait à lui. Musique. Lumières. Eux deux. Deux corps. Un corps. Un mouvement.
Un certain temps passa pendant lequel leurs deux silhouettes ne se quittèrent pas, même lors des pauses entre deux sons. Mi-amusés, mi-provocateurs, ils n’en étaient pas pour le moins ravis d’avoir trouvé compagnie à leur goût si bien que Tony finit par sortir un paquet de clopes de sa poche, le montrant à sa nouvelle camarade. L’invitation était claire. On va prendre un bol d’air frais ? Face à son hochement affirmatif le jeune homme saisit délicatement le bras de la brune et commença à jouer des épaules pour se frayer un passage. La sortie. De l’air, enfin. S’appuyant contre un mur le Sutherland tendit une main vers la jeune femme « Tony » Il se passa l’autre main sur le crâne, ébouriffant ses cheveux avant de retrousser les manches de sa chemise. Dieu qu’il crevait de chaud. Pour continuer l’élan de présentations et de dialogue le garçon offrit une cigarette à sa nouvelle connaissance. Allumant d’un coup de briquet la sienne il ne tira que quelques bouffées avant de l’éteindre. « Tu viens souvent ici ? » Habile il ouvrit la cigarette, récupérant une partie du tabac qu’il tassa dans le creux de sa main avant de sortir un petit sachet de sa poche. Il était rapide et ne se souciait donc que très peu que des personnes autour d’eux ne perçoivent son petit manège. Saisissant un peu de beuh entre ses doigts il l’effrita et en deux trois mouvements de main tassa le mélange dans une feuille qu’il mit environ dix secondes à rouler. Victorieux et peut-être un peu audacieux Tony haussa les sourcils « Ca te tente ? » Bizarre, il avait cet instinct qui lui faisait penser qu’avec cette belle brune il n’y avait pas de tabous. Et tant pis, au pire s’il se trompait il ne lui suffisait que de courir jusqu’à son vélo et sauter sur la selle avant de s’enfuir, comme il pouvait si bien le faire.





Dernière édition par Tony L. Sutherland le Mar 3 Juil - 23:34, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: mai 2013 ð sometimes, meeting people sounds like the beginning of a great story.   Mar 3 Juil - 23:26

La respiration de la jeune femme se faisait de plus en plus saccadée, mais elle s'en accommodait fort bien. Elle se complaisait dans la sensation vertigineuse qui la transcendait, tandis qu'elle se serrait contre le buste vigoureux de cet inconnu qui faisait glisser ses mains calleuses sur elle. Ô qu'elle prenait son plaisir en se mouvant contre lui ! Alors qu'ils partageaient ensemble le bien-être rare et extatique de deux corps qui s'harmonisent aux rythmes d'un même son. Comme si l'espace de quelques instants, ils s'unissaient dans une intimité qui n'appartenait qu'à eux, là où il n'y avait plus de pudeur ou de bienséances idiotes. Les fines mains de Riley passèrent au-dessus de sa tête, pour s'installer derrière la nuque de son si plaisant partenaire. La peau ivoire de son ventre fut dévoilée à la lumière des néons, scintillante sous la très fine pellicule de sueur qui commençait à y apparaître à force de hanches balancées. Les yeux de la Milton se relevèrent une énième fois vers ceux du jeune homme. Elle désirait capturer son regard, le faire sien pour encore quelques secondes, mais elle n'avait pas prévu d'être enchaînée par le magnétisme qui se dégageait des rétines flamboyantes du danseur. Riley eu l'impression de se perdre dans ses méandres, bien plus périlleuses que les vertiges qui la tourmentaient. Mais peut-être était-ce l'alcool qui lui montait à l'esprit et embrumait ses sens ? Quoi qu'il en soit, elle trouva cet extrême atrocement agréable.

Lorsque la chanson se termina, Riley sentie qu'il se détachait d'elle, et elle se retourna pour voir ce qu'il en était. Peut-être allait-il simplement disparaître dans cet enfer artificiel et trouverait-elle autre partenaire aussi seyant que lui dans la foule, bien que soudainement elle n'eut plus envie que de lui et de sa compagnie. Ce dernier, comme en écho à ses désirs, ne semblait pas vouloir s'éclipser, puisque d'un mouvement flagrant, il désigna le paquet de cigarettes qu'il tenait dans l'une de ses mains. Invitation tacite à laquelle elle répondit d'un coup d’œil significatif. Elle fut presque surprise de cette aisance qu'ils avaient de se comprendre : dans un monde où il n'y aurait pas de mots, ils seraient sans doute les seuls à pouvoir communiquer. Elle frémit lorsqu'il saisit son bras, mais se laissa entraîner tandis qu'il jouait des épaules pour leur frayer un chemin jusqu'à la sortie. Lorsqu'ils furent à l'extérieur, l'air frais fouetta le visage de la jeune femme qui sentie soudainement ses poumons se remplir d'un air pur, nullement souillé par les braillements ou la transpiration, de la jeunesse américaine. Elle souleva les pans de sa chemise, se rafraîchissant de cette température revigorante, puis passa une main distraite dans le désordre qui lui servait de chevelure. Enfin, elle reporta son attention sur l'inconnu – qu'elle n'était pas même sure de vouloir nommer ainsi -, ce dernier s'étant adossé au mur de pierre du bâtiment qui devait être froid. Elle ne tarda pas à l'imiter. « Tony » dit-il, en tendant une main amicale dans sa direction. La jeune femme l'observa une seconde, un sourire étrange étirant ses lèvres vermeilles, avant qu'elle ne se décida à la serrer et conclure leur présentation. « Well Tony, you're a pretty great partner. » dit-elle en laissant glisser un regard voluptueux sur les épaules du jeune homme qu'elle savait fermes, puisque les ayant toucher quelques instants plus tôt. « I'm Riley. » ajouta-t-elle, pour mettre fin à d'éventuelles interrogations. Il sortit deux cigarettes de son paquet et lui en tendit une qu'elle accepta sans broncher, « Thanks, » dit-elle simplement. Certes, Riley fumait, parfois énormément. Mais il était toujours étonnant de constater que les cartouches qu'elle consommait n'étaient jamais les siennes : d'une manière ou d'une autre, on finissait toujours par lui en offrir une. Elle approcha son visage pour allumer sa fine malboro, et inspira cette première bouffée qu'elle jugea savoureuse. La fumée ne tarda pas à envelopper son visage d'une aura mystérieuse. « Tu viens souvent ici ? » Ses prunelles océanes se tournèrent vers lui, tandis qu'elle mettait une main dans la poche de son short. « Would it makes any difference ? » s'enquit-elle en expirant. Elle lui fit un sourire, alors qu'il lui retournait un regard. Les gens pouvaient être si rapidement agacés par Riley, et l'art qu'elle possédait duquel jaillissait toutes ses diversions, notamment en répondant à une question par une seconde. « Yes, I used to come few days per weeks. But I never saw you there, and I swear to God that if I've ever seen you, I could never forget that kind of hands. » dit-elle, avec amusement. Pourquoi dissimuler le plaisir évident qu'elle avait eu à se tenir contre lui ? Si les inepties pudiques pouvaient être bannies, Riley serait sans doute la première à les chasser. « Where are you from, playboy ? »


Quelques instants, le jeune homme éteignit sa propre cigarette et l'ouvrit avec dextérité. Riley se cala près de lui, observant son petit manège avec une fascination étrange. Peu importe, personnellement, elle n'aurait jamais été capable de faire un joint avec un telle rapidité. Ce qui la surprenait, c'était la confiance qui s'établissait encore plus rapidement entre eux. Un autre se serait premièrement méfié avant de sortir de la beuh de sa poche. Lui en revanche, semblait aussi à l'aise que s'il venait d'ouvrir un paquet de m&m's. « Ça te tente ? » Les lèvres de la jeune femme adoptèrent une moue légèrement hésitante. Ce n'était pas tant que l'idée d'en griller un la dérangeait, au contraire, elle qui cherchait tant s'échapper d'elle-même, elle savait que c'était l'un des moyens les plus rapides. Mais elle n'était pas ignorante non plus : ou peut-être l'était-elle justement trop. Elle ne savait pas comment la drogue pouvait agir sur elle et son mental, ainsi que ses traitements. Si cela pouvait être plus dangereux que ce qu'elle l'escomptait. Dangereux. C'est à dire, plus dangereux encore que tomber brusquement au sol, incapable de se relever ? Plus dangereux encore qu'une crise d'angoisse qui éveille en plein milieu de la nuit ? Plus dangereux qu'un Parkinson ? Fuck it. « Always ! » répondit-elle en souriant. « But don't freak out if I start to be weird, this shit used to have an awkward effect on me ! » La jeune femme émit un rire éthéré, légèrement enroué par la fumée de cigarette qui se coinçait dans sa gorge. Elle ajouta ; « You know, we'll be more comfortable at the park ! Come on, let's go ! Follow your sexy guide ! » dit-elle en l'incitant d'un geste à la suivre. Le dit parc était juste au coin de la rue, pratiquement toujours désert. Ils pourraient ainsi s'installer dans l'herbe, s'y allonger si tel était leur désir, et enfin planer aussi haut que la substance le leur permettrait. Riley traversa la route, levant le majeur aux automobilistes qui klaxonnèrent après son passage. Certes elle aurait pu utiliser les piétons, but what the matters, anyway ? La jeune femme ne tarda pas à s'écrouler sur la pelouse fraîche de l'endroit, avec un soupir d'aise. Sa chevelure s'étala autour de son visage telle une couronne d'épines faisant contraster incroyablement le saphir de ses yeux sur sa peau lunaire. Elle se redressa finalement sur un coude, et lança ; « So buddy ? » s'enquit-elle en jetant un coup d’œil pour voir où il en était.
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MessageSujet: Re: mai 2013 ð sometimes, meeting people sounds like the beginning of a great story.   Mer 4 Juil - 21:36

Le Sutherland n’avait jamais eu une endurance hors pair, du moins en boite de nuit. Le rythme saccadé de la musique et les lumières aveuglantes avaient vite fait de l’étouffer, aussi il était plutôt du genre à alterner moments de défoulement sur la piste et moments de repos à l’air libre. Pour tout effort il lui fallait un remontant, que ça soit une simple clope où un bon cocktail. A vrai dire, il n’avait jamais autant fumé depuis qu’il se trouvait à Los Angeles. Cet état d’évasion soudain que lui offrait la Californie le rendait complètement docile à l’appel de ces minces plaisirs artificiels. Lui d’habitude plutôt studieux sous l’œil soucieux de ses parents s’était vite laissé entraîner par le tourbillon extatique que lui offrait cette nouvelle liberté. No regrets. Amusé il s’imagina même un clin d’œil taquin de son père. Les deux hommes avaient toujours entretenu des rapports complices, et le patriarche avait souvent vite fait de titiller Tony à propos de ses conquêtes. Mais là, pensa le jeune brun, il n’aurait pu qu’approuver. D’un geste rapide il s’ébouriffa légèrement les cheveux, avant de porter la cigarette à ses lèvres et de relever le visage vers la jeune femme.
« Well Tony, you’re a pretty good partner » Un sourire s’échappa de ses lèvres et il pensa, victorieux, qu’il pourrait annoncer cette vérité à Lucy le lendemain matin. Sa jumelle s’était toujours affectueusement moquée de lui en prétextant ses deux pieds gauche. Mais au fond il avait toujours su qu’elle était secrètement jalouse de son succès en soirée. Il hocha la tête « On avait indéniablement la classe là-dedans » A vrai dire il lui arrivait rarement de discuter avec ses rencontres de boîte. Les filles étaient généralement tellement euphoriques qu’elles se collaient comme des sangsues et il n’avait alors qu’une envie : les envoyer balader. Comme si elles n’arrivaient en boîte qu’avec un simple objectif, celui de se mettre un gars dans leur lit pour la soirée. Et pour cela elles se transformaient en lourdingues étouffantes. « I’m Riley » Mais Riley semblait différente. Comme si derrière leurs deux sourires s’unissait instinctivement une entente réciproque. Il serra un peu plus l’étreinte de main comme pour dire « enchanté », puis ramena son bras à sa poche. Le Sutherland regretta bien vite ce contact agréable avec la belle. Elle avait ce quelque chose qui laissait sous-entendre qu’elle contrôlait parfaitement la situation, comme si elle régnait sur l’endroit avec son minois angélique. Cet air provocateur de celle qui joue avec le feu, qui la rendait si attrayante par rapport à toutes ces blondinettes cruches californiennes. Si bien que Tony resta muet, muet par son culot. Il n’était certainement pas habitué à ce qu’on lui tienne tête, répondant à une question par une autre. Question stupide, pensa-t-il. Il ne pouvait s’en vouloir qu’à lui-même sur ce coup. « Yes, I used to come few days per weeks. But I never saw you there, and I swear to God that if I've ever seen you, I could never forget that kind of hands. » Ses lèvres vermeilles laissèrent apparaître un sourire satisfait duquel s’échappa un rire enroué. Elle est cool, se prit-il à songer. Toujours sur le coup de l’amusement le beau brun écarta élégamment les bras et croisa les jambes avant de s’incliner en une réverence royale. En se relevant il haussa un sourcil avant de lâcher, tout en observant ses mains « Ouais, on m’a souvent dit qu’elles sont magiques. » Magiques de dextérité. Magiques tout court. Magiques de rapidité. « Where are you from, playboy ? » Playboy, il appréciait déjà ce petit nom. Il ne releva que vaguement le visage, son esprit bien trop concentré par cet enchaînement de gestes automatiques qui marquaient sa récente vie californienne. « Would it make any difference ? » Lâcha-t-il, un sourire en coin, tandis qu’il observait satisfait l’objet de son futur plaisir glisser entre ses doigts. Elle aimait jouer, elle avait trouvé joueur comme elle.

Tony releva enfin le visage, plongeant à nouveau son regard dans celui de Riley. D’un coup de briquet la flamme consuma le bout du joint et les premières fumées enivrantes vinrent embaumer l’air. « Portland » Il marqua une pause « Jolie ville. Charmantes filles. Mais je préfère faire la fête ici. » La belle avait beau se cacher derrière son assurance et la nonchalance californienne il ne lui avait pas été difficile de percer son petit manège. « Et toi ? Tu vas pas me faire croire que c’est un nouveau type d’accent californien ? » Il tira une autre bouffée avant de proposer le joint à Riley. « Always ! But don't freak out if I start to be weird, this shit used to have an awkward effect on me ! You know, we'll be more comfortable at the park! Come on, let's go! Follow your sexy guide! » Malgré le sourire assure qu’elle avait affiché le Sutherland n’avait pu que saisir cette pointe d’hésitation. Peut-être s’était-il trompé, peut-être tout cela n’était qu’un masque qui s’apprêtait à tomber bien trop tôt.
Il l’observa un instant s’éloigner, se frayant son chemin de manière anarchique entre les voitures qui ne tardèrent pas à klaxonner. Le bruit strident le tira rapidement de sa léthargie et Tony finit par suivre les pas de Riley. En quelques foulées rapides il sauta agilement par-dessus l’un des bancs du parc avant d’atterrir de ses deux pieds sur l’herbe. « So, buddy ? » Il finit par croiser ses yeux félins et rattraper les quelques pas qui les séparaient encore. Le contact avec l’herbe fraîche lui rappela les longs week-end familiaux passés dans la campagne du Maine à voir ses grands-parents adoptifs. Saisissant le joint que lui tendait de ses doigts fins Riley il s’allongea à ses côtés. « Alors ici c’est ton kingdom ? Queen Riley » murmura-t-il plus bas « Un peu comme Mufasa, mais sans crinière. Et en plus sexy » s’amusa-t-il, sans aucunement se demander si elle était amatrice du Lion King. Coinçant à nouveau le joint entre ses lèvres il releva un bras en l’air, index tendu « On voit toutes les étoiles, tu crois que c’est les lions du passé qui nous mâtent ? Quelle bande de voyeurs » Un rire s’échappa de ses lèvres alors que complètement omnibulé par cette vue du ciel étoilé il tendait à nouveau la drogue à Riley. Du pur délire. Du pur bonheur.
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MessageSujet: Re: mai 2013 ð sometimes, meeting people sounds like the beginning of a great story.   Jeu 5 Juil - 0:22

Riley soupira d'aise en s'adossant à son tour contre le mur de pierres glacé. Tandis qu'elle fumait la cigarette que venait de lui offrir le jeune homme, elle ne pu empêcher les effluves de tabacs qui allégeaient peu à peu son esprit, de le transporter vers des souvenirs adolescents oubliés. Involontairement, elle se remémorait les longs et chauds après-midi parisiens, lesquels étaient remplis de cours délégués par les professeurs de l'orphelinat dans lequel elle était autrefois interne. Lorsque la chaleur était insupportable, elle et ses amies séchaient la classe pour se donner rendez-vous dans l'arrière-cour de l'établissement, là où elles étaient persuadées de n'être jamais retrouvées. Les chemises de leurs uniformes relevées et leurs cravates retirées, elles se plaquaient contre les murs frais de la bâtisse en fumant les pétards qu'elles parvenaient à dénicher le week-end ou lors des quartiers libres. Ainsi elles pouvaient se détendre, se relaxer et peut-être accepter le fait des prochaines visites des peut-être futures autorités parentales : c'était un moyen comme un autre de supporter l'endroit et d'échapper au quotidien monotone des pauvres misérables qu'elles étaient à l'époque, lorsqu'on les regardait encore avec pitié et que l'on se demandait si un jour, une famille pourrait s'accommoder d'elles. Étrange qu'elle y repensa maintenant, songea-t-elle en contemplant le ciel crépusculaire constellé d'étoiles.

La jeune femme commença à s'intéresser davantage au prénommé Tony. Ce dernier semblait avoir une discussion aisée et elle fut ravie de constater qu'elle n'avait pas besoin de creuser pour obtenir de lui une répartie correcte. Peut-être que dans un autre cas, elle n'aurait pas eu la patience de converser avec un être taciturne : généralement, le silence des autres lui faisait bien trop peur pour qu'elle se risqua à demeurer en leur compagnie. Les gens silencieux, c'est ceux dont elle se méfiait le plus. « Would it make any difference ? » répondit-il, lorsqu'elle aborda ses origines. Un mince sourire étira ses lèvres, tandis qu'une lueur d'intérêt étincelait dans le regard de la belle. « Perhaps, » répondit-elle, joueuse. Certes, elle était dénuée de la moindre xénophobie : elle était américaine, il était américain. Mais les jeux dans lesquels la jeune Milton n'avaient parfois ni queue, ni tête et ça plaisait aux gens de reconnaître en elle une connerie incroyable, inaccessible. Et ça lui plaisait que ça leur plaise. « Portland. Jolie ville. Charmantes filles. Mais je préfère faire la fête ici. » La jeune femme ne s'était jamais rendue dans cet État : en réalité, elle devait bien admettre qu'elle en connaissait peu sur son pays d'adoption : les seuls paysages qu'elle pouvait se vanter d'avoir pu contempler, c'était ceux de Denver, là où elle avait vécu durant des années, la route qui l'avait mené à Los Angeles et enfin, la cité des anges elle-même. « Why ? Because the girls are prettiest ? » s'amusa-t-elle une seconde fois en portant la fine douceur à ses lèvres, tirant sur le mégot et en inhalant doucement. Lorsqu'elle expira la fumée, cette dernière se fixa en volutes devant son visage, un instant elle se perdit dans une contemplation étrange, comme si elle cherchait à y décrypter des symboles … Puis, les formes s'évaporèrent dans l'air nocturne, la laissant sans répondre à ses questions inexistantes. « Et toi ? Tu vas pas me faire croire que c’est un nouveau type d’accent californien ? » La jeune femme s'étouffa dans un rire et s'appuyant sur une épaule, elle fit face au jeune homme, une lueur de malice encrée dans le regard. « Do you already heard a real californian accent before ? Tss tss. » dit-elle un sourire accroché aux lèvres. « I'm not from california anyway. I grew up in Denver. » Ce qui n'expliquait en rien l'accent qui perçait derrière la moindre de ses syllabes et trahissait ses origines. Certes, pas explicitement, mais suffisamment pour qu'un étranger vienne poser la question. Malgré les années, la jeune Milton n'était jamais parvenue à délaisser les intonations françaises qui perçaient derrière ses mots : c'était comme si en adoptant la langue anglophone et s'y adapter correctement, elle devait abandonner sa langue natale. Elle était bien trop fière de son pays pour cela, et si elle avait accepté de quitté ce dernier, elle refusait tout bonnement de renoncer à l'héritage linguistique. « And actually, je suis française. » ajouta-t-elle en usant des intonations de ses origines. Un sourire énigmatique ornait ses lèvres, duquel émanait une certaine aura séductrice : tous le monde sait que les américains ne résistent pas aux charmes européens.

Lorsqu'il sortit l'herbe de sa poche, la jeune femme préféra la consommer ailleurs, sous le couvert des arbres du parc. Elle ne désirait pas être ennuyée par la présence d'un valeureux représentant de l'ordre. Combien de fois avait-elle vu des hommes et des femmes se faire arrêter pour possession de substances illicites ? Il serait dommage que l'on vienne couper leurs ailes au moment où ils s'apprêteraient à toucher les cieux. C'est ainsi qu'elle l'entraîna avec elle. Elle traversa la rue avec nonchalance, se préoccupant bien peu des risques qu'elle prenait à marcher au beau milieu de la route à cette heure précise. Des klaxons s'élevèrent à son passage, comme pour lui rappeler cette moribonde réalité et pour toute réponse, la jeune Milton dressa bien haut son majeur, une manière de dire « manage your fucking business, asshole ! » en toute politesse. Une fois arrivée là où elle désirait s'installer, la jeune femme s'affala dans l'herbe tendre. Les brins les plus hauts parvenaient à chatouiller la peau de ses joues et après avoir légèrement froncé le nez, elle frotta vigoureusement l'une d'entre elle. Puis, elle se redressa sur un coude, volant une bouffée de la petite merveille que venait de leur concocter Tony. Relaxation. Elle la rendit à son nouvel acolyte et s'allongea de nouveau, soupirant d'aise. « Alors ici c’est ton kingdom ? Queen Riley ! Un peu comme Mufasa, mais sans crinière. Et en plus sexy » La jeune femme fronça les sourcils, mettant quelques secondes à comprendre là où il venait en venir. Il faut dire qu'elle n'avait jamais vraiment été assidue en ce qui était de visionner les disney : ils ne passaient pas à l'orphelinat et une fois à Denver, elle se considérait trop vieille pour se planter devant un dessin animé. C'est ainsi qu'après une longue bouffée, elle lâcha ; « Well, stop me if I'm wrong but … Mufasa is dead. » Elle releva le menton pour pouvoir croiser son regard et l'espace d'une fraction de seconde, ils se dévisagèrent ainsi. Puis, un rire irrépressible secoua les épaules de la jeune femme, qui sentie les larmes lui monter aux yeux. Damn, c'était du rapide. « On voit toutes les étoiles, tu crois que c’est les lions du passé qui nous mâtent ? Quelle bande de voyeurs » - « If they watching us, they surely are envious ! We can still enjoy our lives, and they're condamn to observate. They probably don't understand what's a drug is … Poor Lions. » s'exclama-t-elle, ses mots rythmés par l'hilarité qui naissait au fond de sa gorge. Elle inhala une nouvelle bouffée du pilon qu'il lui tendait, avant de le lui remettre. « Imagine what is the very last Lion's thought … It's a kind of weird. » dit-elle, sentant sa logique lui échapper peu à peu. Mais à cet instant précis, elle ne cherchait pas à retenir sa lucidité, bien au contraire …


Dernière édition par M. Riley Milton le Jeu 5 Juil - 2:46, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: mai 2013 ð sometimes, meeting people sounds like the beginning of a great story.   Jeu 5 Juil - 2:21

« Why ? Because the girls are prettiest ? » Tony haussa un sourcil tandis qu’un mince sourire ornait le coin de ses lèvres. Il se redressa un instant, s’approchant légèrement de la jeune femme. Pendant quelques secondes il ne bougea plus, profitant de cette proximité qui ne lui était pas du tout désagréable. A vrai dire, s’il avait été plus gourmand il l’aurait sans doute invitée à retourner à l’intérieur du local, pour pouvoir profiter à nouveau de ce rythme qui envoûtait leurs corps. Mais son intérêt et sa curiosité à l’égard de Riley prédominaient sur tout autre fantasme masculin, et il éprouvait déjà à son égard un respect qui l’invitait à calmer ses ardeurs. « Certaines seulement » lança-t-il enfin, taquin. Il changea de pied d’appui et s’accosta à nouveau contre le mur de pierre. Des rires retentirent non loin de là et l’attention du Sutherland fut soudainement brusquée. Quelques gamines tout juste majeures sortaient complètement hilares de la boîte, perchées sur leurs talons de 13 centimètres dont elles semblaient à peine maîtriser l’équilibre. Ridicules. « I’m not from California anyway. I grew up in Denver. » Tony se passa une main sur le visage avant de recroiser le regard de Riley. Denver, il ne connaissait pas cette ville. « And actually, je suis française » D’instinct tout son intérêt se focalisa à nouveau sur les beaux yeux de la brune. L’accent venait donc de là. Il ne put s’empêcher de penser que cette touche finale lui rajoutait un côté irrésistible et tandis que ses yeux félins captivaient le regard du Sutherland, ce dernier eut la terrible envie de s’emparer de ses lèvres. Mais trop fier et trop curieux pour céder au petit jeu de séduction de la française il n’en fit rien. C’aurait mis certainement fin d’emblée à ce lien qu’il voyait se tisser au fil de leur échange. Or Riley, il sentait déjà qu’il ne pourrait pas s’en passer. A trop jouer avec le feu on finit par se brûler les ailes. « Wow. France, comme Paris ? » Ils étaient déjà en train de franchir les portes du parc. « C’est impressionnant. Tu fais le tour du monde ou quoi ? » Mais elle semblait bien trop connaître cette ville et ces quartiers pour n’être que de passage.

Riley semblait appartenir à cet endroit, tout autant que lui s’y sentait encore étranger. Elle dominait somptueusement ce territoire et lui cherchait simplement à s’y faire une place. Il voulait qu’elle l’accepte dans son petit monde. Ca faisait maintenant plusieurs minutes qu'ils étaient posés sur la pelouse verdoyante. « Attends, t’as jamais vu the Lion King ? » Le jeune homme se releva d’instinct, posant une main sur le bras de la française. Suite à son affiliation en tutelle aux Caulfield on pouvait dire que Tony avait joui d’une vie des plus paisibles et comblée. Les Noël en famille et les anniversaires au zoo, les pauses glace lorsque son père venait le chercher après l’entraînement de basket, et les samedi après-midi au cinéma. Il se rappelait encore complètement fasciné de la première fois où ses parents les avaient amenés Lucy et lui dans une salle obscure pour assister à un dessin animé Disney. Il avait été tellement transporté que sa mère avait accepté de revoir the Lion King au cinéma six fois de plus. C’était une partie de son enfance, le début de son amour pour l’art graphique et l’art tout court. De là s’en était suivie sa courte passion pour l’illustration, qui s’était transformée en fascination pour l’architecture contemporaine, l’amour de la géométrie et du 3D, pour enfin aboutir au street-art. Tony avait toujours été quelqu’un d’assez instinctif et imprévisible. Son esprit ne restait pas longtemps accroché à une idée, et Dieu sait combien il lui était difficile de faire des choix. C’était comme si une part d’instabilité se révélait dans l’évolution et incertitude constante qui concernait ses projets et objectifs. Trop idéaliste, trop indécis, trop spontané, la seule solution qu’il avait trouvé pour canaliser cette situation avait été ce déménagement à L.A.. Un bond géographique qui lui permettait enfin de vivre au jour le jour sans engagements, et avec une bonne dose de ganja pour le relaxer. Prenant conscience du ridicule de la situation son regard étonné laissa place à un sourire timide. Ses yeux brillants croisèrent ceux de Riley et il eut soudain l’impression d’avoir été mis à nu. Tony se relaissa tomber sur l’herbe fraîche, la main toujours posée sur le bras de la Milton. « Je t’offrirai le DVD. C’est un chef d’œuvre. On le regardera chez toi, tu verras tu ne regretteras pas ! » Tony ou l’art de s’auto-inviter chez les gens en à peine trois secondes. « Poor Mufasa… » se murmura-t-il d’un souffle.
Ses iris vinrent se planter dans le ciel. Cela faisait bien longtemps qu’il n’avait pas vu les étoiles. Malgré son immensité Los Angeles avait encore ce côté un peu sauvage de ville du bord d’Océan, coincée entre terre et mer. Portland, son vieux port et ses ruelles sombres aux odeurs de malt avaient beau lui manquer, son cœur semblait déjà balancer pour la douceur estivale du ciel dégagé de la Californie. Pris entre deux extrêmes le jeune homme se sentit terriblement lâche et petit. « If they watching us, they surely are envious ! We can still enjoy our lives, and they're condamn to observate. They probably don't understand what a drug is … Poor Lions. » Heureusement il y avait Riley. Un rire s’empara de son corps et l’euphorie l’aveugla complètement en constatant l’hilarité de la jeune femme à ses côtés. Après plusieurs secondes de délire il sentit les battements de son cœur s’apaiser et attrapa le joint que lui tendait la belle. « Tu parles, je suis sûr que Rafiki leur préparait des remèdes euphorisants bien plus puissants que cette weed. » Il inspira une bouffée « Mince, j’avais oublié… Bah Rafiki c’est un peu leur chamane tu vois ? Leur dealer ! Un sacré gars, il doit en fournir de la bonne celui-là ! Allez, plus d'allusions à ce dessin animé... »
Constatant avec surprise que la fin du pilon se consumait déjà entre ses deux doigts le Sutherland se redressa et jeta le résidu au loin. Reproduisant avec hâte les mêmes gestes que quelques minutes auparavant il se retrouva vite avec un deuxième joint fumant entre les lèvres. « Imagine what is the very last Lion's thought … It's a kind of weird. » Le jeune homme plongea ses yeux dans ceux de Riley, soudain complètement interloqué par cette phrase. Après de nombreuses secondes de réflexion il finit par hausser les épaules « Je sais pas, sûrement quelque chose comme ‘fuck, je me serais bien bouffé une dernière gazelle’ » Tandis qu’un sourire hilare s’emparait déjà de son visage il se laissa retomber à ses côtés. « Genre c’est la sélection naturelle, au final le lion finit toujours par bouffer sa proie. L’histoire de la vie, le cycle éternel… » il ne lui en fallut pas plus pour se mettre à chantonner les quelques couplets suivants. Puis, sa mémoire altérée par l’emprise de la substance lui faisant faux bond il se stoppa net. Tendant le pilon à Riley il sentit un cri interne lui éveiller l’esprit. « En parlant de gazelle j’ai une de ces dalles maintenant. Tu connais pas un resto dans le coin ? » En pleine nuit, à L.A., rien n’est impossible. The World is yours, comme aurait dit un grand de ce monde.
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MessageSujet: Re: mai 2013 ð sometimes, meeting people sounds like the beginning of a great story.   Mer 25 Juil - 1:01

« Attends, t’as jamais vu the Lion King ? » Riley sourit avec nonchalance lorsqu'elle perçut le ton interloqué qu'emprunta Tony. Picotant sa peau, la désagréable impression d'avoir commis un crime capital, un péché blasphématoire dont l'issue rédemptrice lui assurerait que par-delà une mort atrocement douloureuse et honteuse, elle ne pourrait qu'espérer la tiédeur des enfers infernaux. Et n'en éprouver aucun remord, si ce n'est des regrets. Les yeux mi-clos, elle luttait contre l'égarement total de ses esprits qui aspiraient à s'envoler non loin des feuilles du chêne sous lequel ils s'étaient abrités. Elle vénérait cette sensation de liberté artificielle qui anesthésiait ses pensées et qui la transcendait vers les sommets d'un bien-être qu'elle n'atteignait que trop rarement à son goût. La weed avait au moins la vertu de lui accorder les heures dont elle avait besoin pour parvenir à régénérer le courage d'affronter les jours suivants, à se supporter elle-même jusqu'au prochain relâchement. Elle parvint à se concentrer suffisamment sur l'étonnement de son acolyte, lorsque ce dernier posa sa main sur son fin bras à la teinte laiteuse. Un frisson hérissa son épiderme et ce contact fut, l'espace d'une fraction de seconde, la seule chose réelle et concrète qu'elle était capable de percevoir dans l'amas illusoire dans lequel elle se noyait chaque jour, chaque minute de sa putain de vie. Un simple contact qui parvint à avorter partiellement la fugue mentale de la Milton. Cette dernière vrilla son regard dans le sien, tandis qu'il attendait visiblement une réponse qu'elle ne lui fournit pas : elle n'estimait pas que les mots soient nécessaires pour lui faire comprendre qu'effectivement, elle n'avait jamais visionné ce film, ou du moins, jamais dans son intégralité. Elle ne s'attendait pas que cela puisse choquer une personne à ce point, peut-être l'aurait-elle clamé plus souvent pour alimenter le plaisir malsain de sa jubilation lorsque les visages se figent d'horreur. Non tout compte fait, songea-t-elle, pour obtenir un tel résultat, elle n'avait qu'à hurler sa condition de malade, avouer sans restriction être victime du syndrome de Parkinson. « Je t’offrirai le DVD. C’est un chef d’œuvre. On le regardera chez toi, tu verras tu ne regretteras pas ! » L'estomac de la jeune femme se souleva sous la formulation du futur qui semblait vouloir traduire des retrouvailles prochaines. Elle n'avait pas envisagé qu'ils puissent se revoir après cette soirée, pour ainsi dire, elle ne l'envisageait jamais. Ses partenaires nocturnes laissaient ses attentes et réciproquement, elle décevait les leur. Elle désirait le strict minimum, lorsqu'on exigeait d'elle le maximum. L'investissement, un bien grand mot n'est-ce pas ? Affaire, amitié, amour. Un mot parmi tant d'autres, qui rythme le monde des trois A. Elle ne répondit rien, se contentant d'inhaler une nouvelle bouffée de weed qui évaporèrent ses obscures élucubrations, laissant un goût inédit sur le bout de sa langue, qui semblait signifier un ; pourquoi pas.

La tournure de la discussion l'amusait et réchauffait la cristallisation de son myocarde. Elle se souvenait parfaitement la dernière fois qu'elle avait émis des commentaires aussi incongrus que ceux qui provoquèrent l'hilarité de son compagnon, néanmoins, elle ne parvenait pas à se figurer la dernière fois où quelqu'un avait été apte et volontaire à partager la douce folie qui l'animait. Leurs propos n'avaient ni queues, ni têtes et pourtant, au fil des secondes, ils encraient plus profondément en eux, les liens naissants qui se tissaient depuis que leurs regards s'étaient croisés. Si Riley croyait au karma, il en était autre du Destin : elle était persuadée que les actions ancestrales d'aïeuls à la mémoire perdue pouvait se répercuter sur l'existence présente d'une personne. Les grecs n'auraient pas écrits tant de tragédies, tant de malheurs, s'ils n'avaient pu au moins se baser sur le vécut de malheureuses familles et parfois, Riley se figurait qu'elle-même avait sa propre malédiction et que rien dans ses tracas quotidiens n'avaient été laissés au hasard. Pour le Destin : elle niait la possibilité qu'une entité puisse tracer une vie et qu'une personne soit dans l'incapacité de s'écarter de cette voie toute tracée. Par esprit de contradiction peut-être, elle songeait que si tout pouvait être prémédité, les surprises n'avaient plus la moindre saveur et les expériences non plus. Elle était séduite par l'idée que l'on peut contrôler son avenir par des choix. Pourtant, allongée dans l'herbe, elle aurait été incapable de dire si c'était cette Entité qu'elle reniait qui avait placé Tony sur son chemin, ou si c'était elle qui avait inconsciemment privilégiée sa compagnie. Peut-être les deux, songea-t-elle en regardant les étoiles auxquelles le concerné faisait référence. « Tu parles, je suis sûr que Rafiki leur préparait des remèdes euphorisants bien plus puissants que cette weed. Mince, j’avais oublié… Bah Rafiki c’est un peu leur chamane tu vois ? Leur dealer ! Un sacré gars, il doit en fournir de la bonne celui-là ! Allez, plus d'allusions à ce dessin animé... » - « You mean the freaky monkey who canno't stop hitting people ? Huh ! I remember ! You're right, because we can't sing « a upendi » and being completly sane ! » dit-elle en se remémorant confusément ce passage du deuxième film du dessin animé, avec d'innombrables effets issus des imaginations les plus tordues. Elle fut surprise de se découvrir l'envie de voir ce film, avec la même vivacité qu'une démangeaison que l'on s'empêche de gratter. Malgré le pseudo-détournement de la conversation, Riley repris sur une problématique qui lui parut soudainement très importante. La dernière pensée d'un lion. Certes, il fallait s'appeler Riley pour balancer ce type de question à la gorge d'une autre personne, néanmoins l'espace d'un instant, elle se pencha sérieusement sur la question, laissant son esprit vagabonder dans les prairies d'une multitude de réponses incohérentes. Elle croisa le regard de Tony, qui bien qu'interloqué, ne fit mine de rien si ce n'est jouer le jeu. « Je sais pas, sûrement quelque chose comme ‘fuck, je me serais bien bouffé une dernière gazelle’ . Genre c’est la sélection naturelle, au final le lion finit toujours par bouffer sa proie. L’histoire de la vie, le cycle éternel… » - « it's the female who brings the 'gazelle'. Lions are too lazy to move their arses. » dit-elle en observant du coin de l'oeil la combustion du pilon qui s'immisçait entre les lèvres charnues du jeune homme. Elle resta silencieuse l'espace de quelques secondes, bercée par l'air entonné par la voix grave du beau brun. « En parlant de gazelle j’ai une de ces dalles maintenant. Tu connais pas un resto dans le coin ? » Un sourire narquois se dessina sur les lèvres rosées de la demoiselle « What I just said ! » s'exclama-t-elle en riant sur une note désabusée. Néanmoins, le fait qu'il fasse référence à son appétit lui rappela le sien qui se manifesta sous les protestations de son estomac qui n'avait rien consommé depuis le matin même. « Follow me, there is a chinese at the corner. » dit-elle. Pourtant, il lui fallut une seconde supplémentaire pour qu'elle puisse rassembler la force de se lever et quitter sa confortable posture. Alors qu'ils quittaient le parc, la jeune femme sentie ses genoux s'entrechoquer et imprévisible, elle sauta sur le dos du Sutherland. Légère comme une plume, elle ne pesa guère sur les épaules du jeune homme qu'elle entoura de ses bras en disant « Okay, my legs won't carry me until we arrive. That's the deal : You walk, I drive. » Elle posa son menton près du cou de Tony, tandis que ce dernier attendait les directives à suivre pour satisfaire les crampes de son ventre qui n'attendait qu'une chose : être comblé. Lorsqu'ils arrivèrent après une bonne dizaine de minutes, la jeune femme se laissa glisser à terre et entra dans le restaurant en s'asseyant une table à laquelle elle était visiblement habituée. « Two beers, man ! » commanda-t-elle en s'emparant de la carte sur laquelle s'étalait divers plats succulent. « Chicken, Pastas, Soup, Rice for me buddy, » dit-elle au serveur qui approcha pour prendre leur commande. « And don't forget the ice cream, huh ? » ajouta-t-elle avec un clin d'oeil malicieux, presque aguicheur. Puis ses mains se posèrent à plat sur la surface polie de la table, et elle se pencha vers Tony en lançant : « What about you mate? »
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