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 ASH&LOU - Light up the night.

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MessageSujet: ASH&LOU - Light up the night.   Mar 26 Juin - 21:33

Le Barking Spider était le bar favori de Lou-Ann. D’abord parce qu’il lui rappelait toutes les virées qu’elle s’y était tapées du temps du lycée, alors qu’elle suivait ses copains plus âgés au fin fond des banquettes pour profiter des shows rock qui y avaient souvent lieu. C’était aussi à cet endroit qu’elle avait goûté sa première bière, qu’elle avait dansé son premier slow sur One de Metallica et qu’elle avait eu un vrai de vrai baiser, avec les mains, la langue et tout, dans les toilettes. Pas très classe, mais on faisait avec ce qu’on avait. Et la jolie rousse n’aurait jamais rien refait d’une autre façon, même si elle en avait eu l’occasion. Point commun de tous ces souvenirs de gamines qui la font se ramener les fesses au Barking dès que quelque chose cloche? Jonah. Il avait été assez brillant pour lui dégoter une fausse carte d’identité et s’était vite mérité le titre de rencart de la soirée à la suivre elle et ses potes durant toutes leurs débandades. Après, ce n’était un secret pour personne que dès que Lou voulait essayer un truc, Jonah n’était pas trop loin et qu’ils faisaient tout par deux. C’était le bon temps, celui où les seuls dilemmes étaient de partir en cours seulement dès que son lit était bien fait ou alors de savoir à qui était le tour de demander la voiture des parents ou du pauvre grand frère épuisé, en l’occurrence Jax. Lui aussi était passé au bar quelques fois avec sa sœur. Pas trop fan de bière, il s’était contenté de regarder les groupes performer des classiques qu’il hurlait, jadis, dans sa bagnole en route vers la fac de médecine, ou de lancer des regards noirs aux vieux motards pervers qui reluquaient les fesses de Lou. Toujours un peu décalée, Lou-Ann se réjouissait quand même de voir les deux hommes de sa vie – Jaxson & Jonah – profiter d’un endroit qu’elle adorait autant.

Aujourd’hui, bien des choses avaient changé. Lou passa vite fait le vestiaire, saluant les deux agents de sécurité à l’entrée qui la connaissait pour ses frasques de rouquine soûle mais oh combien charmante et ses quelques piques sarcastiques, et se faufila au bar, entre la foule qui commençait à se presser pour passer devant la scène et profiter du show du vendredi soir. Son verre commandé, elle détailla le bar des yeux, trouvant une petite table au loin et se pressa d’aller s’y asseoir. Par miracle, son jean moulant et son haut sans manche noir n’attira pas l’attention d’aucun vautour durant son chemin et Lou arriva à bon port, s’installant aussi confortablement que possible et ne regardant personne d’autre que la scène.

Il n’allait pas venir.

Depuis qu’ils habitaient ensemble, c’était soit blanc soit noir. Jonah avait toujours été un amour, le mec le plus drôle et le plus gentil du monde. Puis elle avait découvert qu’il payait son loyer depuis plus de 6 mois à son proprio, après avoir su de je-ne-sais quelle façon qu’elle n’avait plus les moyens de le faire. Résultat, ils ont emménagés ensemble pour que Lou puisse tout lui rembourser en payant sa partie du bail. Ouais, y’avaient eu des cris. J’veux dire, il lui cache ce genre de chose, c’est gênant au possible de se faire vivre par un ami sans le savoir, puis elle avait eu l’air d’une belle conne lorsque le proprio lui avait tout dit. Bref, ils étaient passés par-dessus ce léger détail parce que ça valait pas la peine de se détester pour ça. Et la majorité du temps, ils s’adoreraient comme depuis toujours, y’avait pas de doute. Puis était arrivée Billie, avec ses grands yeux de biche, son sourire immaculé et son corps tout fin et délicat même si elle venait tout juste d’avoir son bébé. Il était raide dingue d’elle. Il ne voyait même plus Lou-Ann, il l’oubliait alors qu’ils avaient des plans, il ne rigolait plus autant avec elle et il lui parlait tout le temps de Billie. Résultat? Dispute par-dessus dispute. Et ce soir n’avait pas fait exception. Jonah devait venir avec Lou au Barking Spider. C’était son band favori en spectacle et Lou lui avait trouvé de billets grâce à ses contacts. Mais il l’avait zappé, et pour toutes excuses, il lui avait refilé un coupon de 25% de rabais au resto de homard du coin et était disparu de l’appart tout juste après s’être assuré que son t-shirt bleu ciel lui faisait un beau teint.

Lou essayait de ravaler du mieux qu’elle pouvait, mais elle bouillait. Elle jeta un dernier coup d’œil à son portable pour voir si Jonah n’avait pas changé d’idée, ou s’il lui avait seulement fait une mauvaise blague et qu’il était en route, mais y’avait rien. Soupirant, la rouquine leva la tête et se colla le plus faux et le plus hypocrite des sourire sur le visage, attendant que le show commence.
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MessageSujet: Re: ASH&LOU - Light up the night.   Jeu 19 Juil - 21:48




Ash grouille toi merde, on va être en retard ! Comme à chaque fois qu'on prévoyait une sortie au Barking Spider, mon frère ne tenait pas en place. Certes, je trouvais l'endroit agréable, les gens qui le fréquentaient n'étaient pas du genre à se prendre la tête, et la bière y était bonne, cependant je n'avais jamais compris l'empressement de Deklan car chaque fois on arrivait à l'heure, même si je prenais mon temps.

Plus tu vas me gueuler dessus comme un putois, et plus je me traînerais comme un escargot.

Et le pire c'était qu'il y avait du vrai là dedans. J'ignore pourquoi, mais depuis ma naissance j'aime taper sur les nerfs de mon grand-frère. Et j'ai découvert mille et une façon d'y arriver, autant dire que j'ai de quoi faire. Je l'aime cet abruti, j'ai toujours pu compter sur lui, nonobstant c'est jouissif de le foutre en rogne, surtout que dans ces cas là son accent gallois est plus prononcé et qu'il s'embrouille. Je ne sais pas, ça devait me rappeler notre enfance, les landes, notre baraque pourrie, grand-mère... Bref, ce qu'avait été ma vie, mes origines. Lorsque j'étais prise de nostalgie, je me réfugiais chez Deklan, le taquinais et HOP, je me sentais chez moi. Fais pas chier. Jouissif je vous le dis ! Mais j'abdiquais, commençant à me lasser de ce petit jeu. Après tout des pintes m'attendaient ! Donc j’obtempérais et me laissais conduire sans un mot jusqu'au bar.

A peine on entra au Barking Spider que mon frère me lâcha dans la foule pour rejoindre sa copine du moment. Une nana avec une araignée au plafond selon moi, mais ça Deklan ne voulait pas l'admettre. C'est donc sans regret que nos chemins se séparèrent et que je fonçais réclamer à boire au barman. Il me fallut pour cela user des coudes et des sourires charmeurs pour accéder au comptoir, et quelques battements de cils pour attirer l'attention de ma cible. Oui, il m'arrivait de me comporter en vraie pétasse par moment, mais j'avais une excellente raison de le faire : l'appel de la bière ! Et pour le houblon, tous les moyens sont bons. Alors que le nouvel homme de ma vie allait répondre à mes attentes et étancher ma soif – oui, le barman, vous avez suivi c'est bien – je jetais des regards à la ronde, cherchant Savannah du regard. Cela avait été un choc pour moi lorsque j'avais appris sa mort il y a quelques années, alors imaginez ma réaction lorsque j'ai appris que c'était une monstrueuse mascarade ! J'ai beau être un agent des forces de l'ordre et blablabla, et bien je me suis bien faite avoir comme les autres sur ce coup. Si j'avais été à la place de mon BFF je ne sais pas comment j'aurais réagi... Je pense que j'aurais d'abord crevé les yeux de mon frère avant de lui faire la gueule pendant mille ans, mais bon, heureusement ça n'a pas été le cas.

Je fus sortie de mes sombres pensées à la vue de mam'zelle Abbot. Moi qui m’apprêtais à passer une soirée en tête à tête avec mon verre dans l'attente que le frangin daigne lâcher sa pouf' ! J'étais sauvée, mon alter ego roux était là ! La première fois que je l'avais vu je n'en étais pas revenu tellement je me retrouvais en elle, d'autant plus lorsqu'elle avait tenu tête à mon partenaire de l'époque, et à chacune de nos rencontres la ressemblance semblait s'accentuer point de vue caractère. Aussi mon verre et moi allions partager sa table, surtout qu'apparemment elle était aussi esseulée que je l'étais– son semblant de sourire ne me trompait pas. Je traversais prestement la foule qui nous séparait et m'installais à côté d'elle sans cérémonie aucune.

Ben alors ? Comment se fait-il que tu te la joues solo ce soir ?




Dernière édition par Ashleigh L. Monaghan le Dim 5 Aoû - 23:06, édité 5 fois
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MessageSujet: Re: ASH&LOU - Light up the night.   Mer 25 Juil - 21:51

« Ben alors ? Comment se fait-il que tu te la joues solo ce soir ?»

La rouquine leva la tête, intriguée. Habituellement, quand une personne inconnue se faufilait jusqu’à elle, c’était une vanne de dragueur à deux balles qu’elle lui lançait. Rares étaient les gens qui venaient la voir simplement pour discuter ou pour la complimenter sur le choix de son t-shirt, en l’occurrence ce soir un t-shirt de band qui affichait fièrement ses allures rebelles. C’était comme ça et à force, elle s’était habituée. Pire, elle adorait ça comme une gamine et se sentait toujours ultra convoitée lorsqu’elle entrait dans un lieu public. Du genre qu’elle dégage un truc, de la sensualité ou de la sexualité, qu’importe, qui attire les gens vers elle. Faut dire que dans de rares moments comme ce soir, elle n’avait pas mais alors pas du tout envie de se faire courtiser maladroitement. Les vrais amis, les gens qui croisent votre regard et qui ont tout de suite envie de déconner avec vous parce qu’ils vous trouvent sympa, rien que comme ça, ben ils ne courent pas les rues. Ou ils étaient censés passer la soirée avec vous et vous larguait comme ça pour une petite brunette rachitique qui ne sait même pas que vous existez. True story.

Alors, une fille. Une belle grande blonde souriante qui venait de s’approcher de Lou l’hypocrite, celle qui feignait avoir un moment génial en regardant les roadies installer la console de son. Ashleigh. Cette fille était complètement géniale, elle était drôle et intelligente et surtout, elle ne se laissait pas piler sur les pieds. Normal, elle était flic, mais la plus sexy et la plus féminine des flics. Et surtout celle qui avait les meilleures valeurs. Lou n’était pas trop fière de leur première rencontre, se souvenant avoir fait une scène au collègue d’Ash alors qu’il était allé un peu fort sur les recommandations routières et qu’elle avait à peine brûlé un feu rouge. Des cris, des pleurs, toute la ribambelle et finalement l’autre idiot avait cédé sous la pression d’une Abbott qui ne lâche pas le morceau quand elle sait qu’elle a raison et qui, grâce à Ashleigh, avait pu retrouver sa liberté dans le temps de le dire.

Lou-Ann adorait cette fille. Tout simplement parce qu’elle arrivait au bon endroit au bon moment. Comme la deuxième fois où elles s’étaient rencontrées et où les pintes s’étaient multipliées. Encore une histoire de mecs, de disputes et d’insécurités pour la petite Lou-Ann qui avait trouvé chez Ash le réconfort et l’honnêteté dont elle avait besoin. Et ce soir? La même situation se reproduisait. Elle était prise entre Jonah, Thayer, Joey et Jaxson. Brr.

Merde, elle apprendrait jamais de ses erreurs nah? Retour à la case départ.

« Oh, ne te méprend pas. Je ne suis pas la Lou-Ann que tu connais. » elle fit des mouvements de magicien avec ses mains, ajoutant de l’effet. « Je viens du futur, 30 ans plus tard. Je suis débarquée ici pour prévenir le chanteur qu’il doit absolument faire une reprise de November Rain ce soir. Autrement, il va occasionner l’arrivée d’une armée de robots qui voudront prendre d’assaut la Terre. »

Lou fit mine d’être vraiment consternée, avant de porter ses doigts à son oreille comme si elle portait une oreillette ou un truc du genre.

« On me dit à l’instant que l’armée de robots est en vacances pour la soirée. Tu peux donc t’assoir et tenter de me distraire en attendant que je sauve le monde. » elle lui pointa la chaise devant elle, tout sourire. « C’est pas tous les soirs que j’ai la chance de faire amie-amie avec une figure de l’ordre. »

Par ça, Lou lui avouait d’un trait qu’elle lui avait manqué. Une fille aussi bien qu’elle ne devrait pas trop se tenir loin de la rouquine. Parce que c’était beaucoup trop facile pour elle de tomber dans ses drames et ses histoires rose bonbon qui n’en finissent plus et qu’une bonne vague de réalisme ne lui ferait jamais de tort.

« Puis ça me prenait justement quelqu’un pour assister à la débande de Jonah. Il est trop occupé à croire que l’amour existe encore le pauvre. » pathétiquement, elle descendit sa pinte d’un coup sec, avant de poser le verre sur la table et d’ouvrir ses grands yeux de biche. « Moi j’ai mes raisons nullos et je suis déclarée officiellement comme party pooper de la soirée, mais toi? Pourquoi une jolie fille avec un cul comme le tien se retrouve sans beau garçon à tes côtés? T’as rangé ton boy toy? »

Lou lui fit un clin d’œil, moqueuse. Elle avait vaguement entendu parler de la fréquentation d’Ash la dernière fois qu’elles s’étaient vues, et franchement, s’il était aussi bien que la belle blonde le lui disait, elle était giga fière pour elle. Les garçons étaient gentils. Ce n’était pas parce qu’Abbott était la pire conne au monde lorsque c’était le temps pour elle de les choisir que ça les rendaient tous idiots. Nuance. Puis la belle se ravisa, instantanément. Mais qu’est-ce qu’elle nous faisait là? On rembobine et on se repasse la séquence. Une fille aussi joueuse et souriante qu’elle, qui se morfond en plein milieu d’un bar où elle a passé les plus belles et les plus marantes soirées de sa vie. Une gamine dans l’âme qui a une poitrine plus que bien développée et qui se recroqueville sur son trip de broyer du noir alors que l’un de ses bands favoris se prépare à jouer des succès qu’elle a hurlé du plus profond de ses trippes, quelques années plus tôt. En prime, elle était assez près du groupe pour pouvoir les faire bénéficier de sa dite poitrine, au cas où. Fallait qu’elle se ressaisisse. Elle faisait pitié. Elle faisait pire que sa mère, les soirs où son père rentrait tard parce qu’il se tapait sûrement sa maîtresse, et qu’elle se refilait de vieux film d’Audrey Hepburn en hurlant que les mecs étaient tous des ordures. Elle était trop jeune pur que son cœur se tape une ménopause.

D’un signe, elle commanda une deuxième pinte pour elle & pour sa copine à la serveuse qui passait près d’elle.

« Hey, qu’est-ce que tu dirais si cette soirée devenait la meilleure de notre vie? »

Ça, c’était la Lou-Ann qu’on adorait. Puis, sa crier gare, elle grimpa sur sa chaise pour acclamer comme il se doit, cris et petits sauts sur place, le band qui se préparait à débuter le spectacle.
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MessageSujet: Re: ASH&LOU - Light up the night.   Jeu 26 Juil - 2:04




Oh, ne te méprend pas. Je ne suis pas la Lou-Ann que tu connais. Je viens du futur, 30 ans plus tard. Je suis débarquée ici pour prévenir le chanteur qu’il doit absolument faire une reprise de November Rain ce soir. Autrement, il va occasionner l’arrivée d’une armée de robots qui voudront prendre d’assaut la Terre. Étant une grande fan de science fiction, son histoire me fit immédiatement penser à Terminator, en plus étrange. J'essayais d'imaginer en quoi une reprise de Guns N' Roses empêcherait la fin du monde mais je n'y parvins pas une seconde. C'était ce que j'aimais, lorsque Lou' partait dans des délires absurdes, cela me rappelait ceux qu'il m'arrivait d'avoir avant. Avant que la trentaine soit aussi proche, avant que je sois flic, avant que mon beau-père se fasse assassiner. Mine de rien, une partie de moi avait du mourir avec lui, car j'étais moins créative, moins rêveuse, moins insouciante. A présent il me fallait régulièrement me forcer pour dévier du « métro boulot dodo ». Mais étrangement, dès que j'étais en compagnie de cette jeune femme si pétillante je retrouvais cette part de moi que je pensais disparue. Et rien que pour ça je vénérais Lou-Ann. Elle avait ce dont, c'était en quelque sorte ma super-héroine. C'est donc en toute logique que je jouais le jeu.

30 ans tu dis, et tu n'as pas pris une seule ride ? La vache ! Les chirurgiens du futur sont carrément efficaces ! Faudra que tu me files leur adresse !

Je la regardais, fascinée, simuler une communication par oreillette – il n'y avait pas à dire, elle ferait une bonne actrice – et ainsi clore son histoire. On me dit à l’instant que l’armée de robots est en vacances pour la soirée. Tu peux donc t’assoir et tenter de me distraire en attendant que je sauve le monde. C’est pas tous les soirs que j’ai la chance de faire amie-amie avec une figure de l’ordre.

Oh, nooon ! Moi qui voulait assister à ce moment historique et te voir à l'action ! Je me laissais tomber sur la chaise et pris un air dépité. Ok, je te distrairais si telle est ma mission, mais promets moi une chose miss, dès que t’aperçois le moindre circuit d'un robot, tu m'appelles, je ne veux pas passer à côté de ça hein. Et qui sait ? Peut-être que je pourrais t'aider à sauver la Terre. Sa dernière remarque me fit grimacer. Une figure d'ordre, ce n'était pas vraiment l'image que j'avais de moi en cet instant. J'avais laissé le lieutenant Monaghan avec ma tenue de boulot, dans le bac à linge sale.Et moi de sympathiser avec un médecin.

Je ris suite à cette conversation inattendue mais ô combien bienvenue. Ça faisait un bien fou de raconter des conneries de temps en temps surtout lorsque mon interlocutrice avait le même genre de délire. Pas de risque qu'elle me prenne pour une désaxée là au moins. Oui, ça m'était déjà arrivé, mais c'est trop long à expliquer. Enfin Lou-Ann détourna la conversation vers ce qui devait vraiment l'avoir mené à être seule ici ce soir. Un garçon, j'aurais du m'en douter. Jonah qui plus est. Puis ça me prenait justement quelqu’un pour assister à la débande de Jonah. Il est trop occupé à croire que l’amour existe encore le pauvre. Je la regardais mi-amusée mi attristée par la rapidité avec laquelle Lou' termina son verre. Car mine de rien on en apprend beaucoup sur les gens à la façon dont ils boivent. Eh ouais, on n'apprend pas ça à l'école de police pourtant, ni à Quantico à mon avis. C'est seulement l'avis d'une experte en la matière. Pour avoir observé bon nombre d'ivrogne dans les bars du coin, je savais reconnaître une personne tellement absorbée par une conversation qu'elle en oubliait la modération d'une personne qui cherche pas forcément volontairement à noyer son chagrin, et là j'optais pour la seconde solution. Moi j’ai mes raisons nullos et je suis déclarée officiellement comme party pooper de la soirée, mais toi? Pourquoi une jolie fille avec un cul comme le tien se retrouve sans beau garçon à tes côtés? T’as rangé ton boy toy? Je ne pus que rire à cette question, car cela m'étonnerait beaucoup que Jay apprécie qu'on lui donne ce surnom. A moins qu'au contraire il en soit flatté, difficile de savoir avec les mecs. Toujours à vouloir frimer sur leurs prouesses sexuelles ha !

Mon boy toy comme tu dis n'était pas disponible, il avait déjà une soirée de prévu. Je haussais les épaules, espérant paraître détachée.

Car en vérité ça m'agaçait. Car je n'avais pas osé chercher à en savoir plus, ne voulant pas passer pour une fille possessive. Surtout qu'aux dernières nouvelles je n'étais pas censée m'attacher à lui d'après ce que j'avais compris. Car les relations trop sérieuses ne sont que des prises de tête et blablabla. Ok, je ne suis pas le genre de nana à vouloir mettre le grappin sur le premier mec venu, au contraire, j'aime ma liberté et tout ce qui va avec, cependant passer ma vie avec Jason ne serait pas désagréable. Il m'arrivait même de rêver d'une maison – ou d'un appart', ou d'un loft, ou d'un studio, je ne suis pas difficile comme fille – rien qu'à nous, on n'aurait plus besoin de se casser le cul à savoir quand le ou la coloc' serait absent pour avoir la paix et passer la nuit ensemble. Pourquoi pas prendre un chat pendant qu'on y était, ou un chien, ou encore une foutue plante verte !

A la place, je suis venue avec mon imbécile de frangin. Je désignais rapidement mon frère à l'autre bout du bar et je pus voir par la même occasion qu'il se prenait une nouvelle fois la tête avec sa nouvelle petite amie. Et comme tu peux le voir, il est trop occupé pour boire un verre avec sa petite sœur adorée. Comme ton Jonah, il pense que l'amour existe, le grand, avec un a majuscule. Et pour lui, ça pourrait être la première fille qu'il croisera. Et à chaque fois il tombe sur des nanas complètement timbrées. Je me penchais vers Lou-Ann, affichant un air de conspiratrice, plaçant une main devant ma bouche comme si je voulais éviter qu'on ne lise sur mes lèvres et ajoutais :Ça ne m'étonnerait pas que celle-là ait un casier judiciaire, qui sait, elle a peut-être fait cramer toute sa famille, mais je n'ai pas le droit de m'en mêler donc... Je me redressais et levais les bras en signe de reddition.

En voyant Lou' nous commander d'autre verre, je regardais le mien et haussais les épaules et les sourcils avec une moue disant « oh et puis merde » avant de le vider à mon tour. Cependant je commençais à rouiller, le verre me paru plus grand et plus rempli qu'à l'accoutumée. Il me fallu faire une petite pause avant de le terminer. Étrangement je commençais déjà à ressentir cette sensation... Vous savez, lorsque votre tête semble se remplir de coton, vous vous sentez plus légé. Je commençais déjà à ressentir les effets de l'alcool, au bout d'une seule et malheureuse petite pinte. D'un côté c'était une bonne chose, cela voulait dire que je buvais moins qu'avant, sans m'en rendre compte, je devenais plus raisonnable. Raisonnable... Je frissonnais d'horreur à cette idée. Non, c'était une catastrophe en fait, je me faisais vieille, VIEILLE ! Et raisonnable. BRRRRR ! Et ma réputation dans tout ça, hein ? Hey, qu’est-ce que tu dirais si cette soirée devenait la meilleure de notre vie? Ah, là j'étais toute ouïe, j'en oubliais mes déboires de galloise à l'égo blessé. Je la regardais médusée monter sur sa chaise. La petite voix du flic en moi me murmurait que ce n'était pas sérieux de se mettre en spectacle comme ça... Comme l'avait dit plus tôt Lou-Ann, j'étais une figure de l'ordre, j'étais donc censée montrer l'exemple... ? Bon sang ! Il y a quelques années je n'aurais pas hésité une seule seconde, merde ! Ni une ni deux, je me levais, rattrapais mon retard et scandais en cœur avec mon amie le nom du groupe qui m'était totalement inconnu en restant sur la terre ferme. Oui, non, parce que la gravité se comporte différemment avec moi, me faisant de mauvaises blagues, je n'avais donc pas confiance en cette chaise. Au bout d'une minute, je me rapprochais de la miss pour ne pas avoir à hurler afin qu'elle m'entende.

Au fait, comment s'appelle le groupe qui passe ce soir ? Histoire que je sois un minimum convaincante à jouer les groupies collantes tout à l'heure quand ils auront fini... Je ne jette pas ma culotte à de parfaits inconnus.Bien évidemment je ne comptais pas en arriver là, ce que l'homme à côté de moi l'ignorait. Il se mit à me regarder bizarrement, comme si j'étais une extraterrestre. Puis peu à peu son regard devint libidineux et il se rapprocha. Beurk. Je roulais des yeux avant de m'adresser à lui d'un ton blasé.Va voir ailleurs si j'y suis, pervers. Et il s'éloigna, probablement à la recherche d'une autre proie. Mais mon humeur remonta en voyant la serveuse arriver avec nos bières. Ah ! Je me saisis de mon verre et passais le sien à Lou-Ann, toujours perchée sur sa chaise. Allé, je lève mon verre à l'hypothétique gueule de bois que j'aurais demain, ainsi qu'à cette incertitude qui m'envahit : vais-je réussir à retrouver le chemin de ma chambre ce soir ? Haha !




Dernière édition par Ashleigh L. Monaghan le Dim 29 Juil - 20:16, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: ASH&LOU - Light up the night.   Ven 27 Juil - 0:42

Et voilà. Lou-Ann venait de tirer un trait sur ce qui lui minait le moral. C’est n’était pas dit qu’elle allait gaver sa copinette toute la soirée de ses histoires de semi-cœur, avec un garçon qu’elle avait aimé comme une folle et ce, toute sa vie, mais pas de la bonne façon il paraît. Parce qu’en clair, il aurait voulu plus, elle ne le savait pas et ne l’avait même jamais remarqué, et du coup là il disparaissait et se méprenait à courtiser une fille qui occupait tout son temps et toutes ses pensées. Ben soit. Jonah n’aimait pas assez Lou pour la faire passer avant sa nouvelle conquête? Il avait eu un coup de foudre aussi intense pour la belle brune que sa rouquine de toujours passait aux oubliettes? Hey, c’est la vie. – Demain, elle passerait sûrement la journée à hurler après lui, à broyer du noir, à pleurer parce qu’elle le perdait et à s’encaisser des litres de crème glacée au chocolat pour guérir son petit cœur et par le fait-même la nuit de folies qui s’annonçait, mais ce soir, elle n’y penserait plus. Trop emmerdant. Trop soûlant. Elle était jeune, n’avait pas une ride et son kick d’adolescence, sa rockstar de rêve se retrouvait devant elle, en chair et en os, en train d’accorder sa guitare et de se passer une main dans ses cheveux noirs en bataille, près à cartonner. Vous comprenez maintenant pourquoi elle se fichait de tout et qu’elle criait à pleins poumons en sautillant sur place?

Ash ne traîna pas et se leva d’un bond elle aussi, imitant Lou dans sa folie. C’était bon, c’était drôle et ça faisait limite pré-pubert en gestation mais c’était ce qu’il y avait de génial dans le fait d’être encore une gamine même à 24 ans. Même à 28 ans aussi. Toutes les deux, là, maintenant, elles se fichaient de tout et passaient un chouette moment. Point. Abbott attrapa la main de son amie dans son élan et la leva bien haut dans les airs. Parce que même si elle était tout près de la scène, elle avait les pires craintes que le band ne la remarque pas. M’enfin. Une rousse hystérique et sa pote blonde qui hurlent comme des canards à peine à 2 mètres d’une scène, ça a le mérite de se faire remarquer non? On repassera. Et dans son enthousiasme un peu beaucoup débordant, elle s’emmêlait les pinceaux et passait près de tomber à plusieurs reprises. Rien de trop grave pour lui faire perdre la face devant le groupe, mais elle dû prendre appui quelques fois sur les épaules d’un peu n’importe qui, la bière si rapidement avalée et la surdose d’adrénaline se jouant d’elle et de son agilité pas spécialement présente. Des cheveux se firent aussi tirer au passage et des tympans passèrent près d’éclater. Mais c’était ça aussi le rock.

« Au fait, comment s'appelle le groupe qui passe ce soir ? Histoire que je sois un minimum convaincante à jouer les groupies collantes tout à l'heure quand ils auront fini... Je ne jette pas ma culotte à de parfaits inconnus » demanda Ash et Lou en profita pour se pencher vers elle, éclatant de rire au passage.

« Ce sont les Zombies versus the World! » blagua Lou, mentant sur le nom du band pour voir si Ash allait dénoter la blague. « T’as pas oublié mon histoire de futur nah? Allez, crie leur nom, ils adorent se faire scander avant le début de leurs shows! »

Un fan, le pauvre, posté devant eux se retourna après avoir entendu la blague de Lou et répliqua que le band, The Dingoes, n’avait pas vraiment de lien ni avec les zombies ni avec le trip de se faire scander avec le début du spectacle. Au moins il souriait et avait l’air sympa, autrement Lou l’aurait foudroyé du regard pour avoir détruit son bateau aussi rapidement et sans la moindre excuse. Puis il china avec les filles et se remit en position du parfait auditeur, les yeux rivés sur la scène. Ça allait commencer. La rouquine fila un coup de coude dans les côtes d’Ash qui était occupée à faire Dieu sait quoi de son côté et ouvrit grand ses belles prunelles, obnubilée par ce qui allait venir. Brad, le chanteur, le plus beau rockeur que Lou ait croisé de sa vie se tenait là, bien fort et bien fier, démarrant le show par un solo de guitare que lui seul maîtrisait. La belle en eut des frissons et ne se contentant pas de seulement chanter les paroles, elle chantait aussi les notes de l’instrument. Atrocement faux. Ouch. Mais elle avait tellement de plaisir que ses voisins n’osèrent pas la déranger.

« Allé, je lève mon verre à l'hypothétique gueule de bois que j'aurais demain, ainsi qu'à cette incertitude qui m'envahit : vais-je réussir à retrouver le chemin de ma chambre ce soir ? Haha ! »

« Et moi à cette certitude qui m’obsède :, elle prit une pause, attrapant son verre, je dois absolument trouver le chemin sa chambre. » puis elle pointa le chanteur, toute émerveillée, avant de boire une longue gorgée.

Le solo d’intro bien entâmé, le spectacle pouvait commencer. Tout autour d’elles, des fans de tous les âges scandaient les chansons, brandissaient le poing en l’air, se laissaient aller au rythme de la musique qui les avait bercée depuis plusieurs années. Le band n’était pas jeune-jeune et Brad, le chanteur, frôlait sans doute la 50taine, mais il était si canon que Lou ne se demandait même pas si l’écart d’âge entre eux aurait pu être problématique et causer un pseudo-détournement de mineurs. Bien trop occupée à revivre son adolescence dans les moindres détails, la belle revoyait chaque moment de sa vie qui était ponctué d’une des chansons du groupe, les yeux grands, la bouche béate. Jonah passa à travers ses souvenirs, évidemment, c’était leur groupe favori à tous les deux, et son grand frère aussi. Et ses parents. Bwarf, ça elle aurait pu s’en passer, mais de se revoir, claquant la porte de sa chambre de fillette de 15 ans, hurlant contre eux, et montant le volume au maximum de sa radio alors qu’une des chansons des Dingoes passait pour cacher leurs cris, c'était quand même marrant. Ouais, le bon vieux temps.

« Y’a une fois, j’étais tellement dingue d’un mec, que je lui avais passé les paroles de cette chanson comme un poème d’amour. En changeant quelques « fucks » et des « sex » par de jolis mots tous doux, c’est sûr. » se confia-t-elle à Ashleigh, avant de prendre une gorgée de sa bière, maintenant descendue de sa chaise et nostalgique. « Je suis tellement pathétique. » elle éclata de rire, venue à l’évidence.

C’est alors que le moment fatidique arriva. L’un des guitariste du band, après même pas 4 mélodies, décida de lancer son pic de guitare. Cet objet tout minus, en vulgaire plastique, déjà bien usé et franchement inutile à quiconque ne joue pas de la guitare était maintenant devenu la cible ultime de Lou. Elle devait mettre la main dessus coûte que coûte, même si cela impliquait de pousser leur voisin si sympathique, de piler sur les pieds du père de famille et de son ado qui étaient seulement venus ici pour passer une bonne soirée et de planter ses griffes affûtées dans le bras d’une autre blonde, beaucoup moins drôle, qui elle aussi semblait groupie au point de tout faire pour avoir le dit objet de désir. Ça y’était, le combat des titans – titanes – pouvait commencer et c’était pas dit que Lou la nevrosée allait laisser aller la chose aussi facilement. L’autre blonde lui donna un coup de coude pour se rapprocher de la scène, Abbott répliqua, puis elles se lancèrent un regard noir, prêtes à bondir l’une sur l’autre. Puis, giga, méga, ultra, lueur d’espoir. Lou-Ann entr’apreçoit le pic qui s’est retrouvé au sol pour une raison sombre et qui risque de passer hors de l’attention de l’autre folle. Bien rusée, elle aurait pû simplement prétexter avoir échapper un truc et se pencher vite fait bien fait pour attraper son trésor. Mais Lou, c’est aussi un gros égo sur deux pattes et l’occasion était trop belle pour qu’elle ne s’en vante pas.

« Il est là! Par contre, comme je l’ai vu la première, va falloir que tu me regardes le prendre et célébrer ma victoire. Ok? Génial! » Lou lui fit une mine victorieuse avant de se pencher, mais elle n’eut pas le temps de se relever qu'on lui sautait dessus. « Hé, oh! Ça va les kilos en trop? »

La fan tout aussi fan que Lou s’était jetée sur elle, prête à tout pour récupérer elle aussi le pic. La guerre était déclarée, des cheveux allaient être tirés et l’une d’entre elle se retrouverait probablement avec du maquillage plein le visage et des vêtements déchirés. Et comme ça, au moment où les coups devenaient nécessaires, un bras fort se glissa dans la foule et attrapa le poignet de Lou qui se sentit projetée loin du sol. On venait la sauver? Elle eut à peine le temps de repérer Ash à travers les autres et de lui prendre la main à son tour, avant qu’on les entraîne toutes les deux loin de la bagarre qui était maintenant devenue générale. C’était quoi ça? Et c’était qui lui?

« Je suis Adam Rubin, le gérant des Dingoes. » répondit-il, comme s'il lisait dans les pensées. « Sincèrement, je suis désolé mais je ne peux pas vous laisser là. C'est Shannon qui vous a attaqué. C'est une groupie un peu intense qui suit les tournées depuis très longtemps, et elle est très difficile à gérer. Vous semblez être intacte, mais je vais vous conduire à la loge du groupe pour nous excuser de ce contretemps. Les gars devraient venir vous voir après le spectacle, ce sera comme un prix de consolation. »

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MessageSujet: Re: ASH&LOU - Light up the night.   Ven 27 Juil - 21:27




« Ce sont les Zombies versus the World! » je plissais les yeux et fit une moue dubitative. Ben voyons ! Il est vrai que parfois les groupes choisissent des noms à la con, mais il ne fallait pas exagérer. A la limite un groupe d'ado pré-pubère pas fini au moment de leur naissance, voulant se la jouer gros dur et adepte de film d'épouvante pourquoi pas ? Mais pour qu'il y ait autant de monde dans la salle à attendre le band, ça ne pouvait pas être ça. J'en déduisais donc que Lou' me faisait une blague. Ce qui se confirma par la suite. « T’as pas oublié mon histoire de futur nah? Allez, crie leur nom, ils adorent se faire scander avant le début de leurs shows! » Moi qui croyait qu'il était question de robot du futur tout à l'heure, ce seraient-ils changé en mutant ? Mouais, je n'allais pas me plancher sur la question. Je remerciais d'un sourire la personne devant nous qui me dit enfin la vérité. Les Dingoes... Cela me disait vaguement quelque chose mais je n'en étais pas certaine. Mon beau-père, Sean, avait un de leur vinyle il me semble. Par réflexe je lançais un regard dans la direction de mon frère, le seul qui aurait pu me dire si j'avais vu juste, mais je ne le trouvais pas dans la foule. Soit il était sorti s'engueuler dehors avec l'autre hystérique, soit il était quelque part derrière tout se monde, à tenter de se frayer un chemin vers la scène.

Sans crier gare, mon amie m'envoya son coude dans les côtes. Si ça avait été quelqu'un d'autre, j'aurais déjà fait une scène, pété un plomb et réclamer un règlement de compte en bonne et due forme à la sortie, mais voyant Lou-Ann aussi surexcitée, couvrir de sa voix celle du chanteur – ben ouais, là je n'entendais plus grand chose – je ne pouvais lui en vouloir, seulement en rire. J'étais avec une groupie, une vraie de vraie, qui donne l'impression de connaître mieux les paroles que celui qui les a écrite, qui pourrait à tous les coups me raconter dans les détails la vie de chacun des musiciens, qui ne détournerait pour rien au monde les yeux de ces gars. Pour le coup, j'avais l'impression d'être avec une version féminine de Deklan. D'autant plus lorsqu'elle répondit à ma remarque. « Et moi à cette certitude qui m’obsède : je dois absolument trouver le chemin sa chambre. » Je détaillais du regard le type en question et fut un peu étonné. Il avait du charme, il est vrai, mais il n'était pas tout jeune. Dans un coin de ma tête j'imaginais déjà ma petite Lou' le suivre à la sortie du concert, imperméable et lunette de soleil, tout le tralala, et guetter devant son hôtel le moment idéal pour se glisser jusqu'à sa chambre pour s'offrir à son bellâtre. Cette idée me fit éclater de rire. « Y’a une fois, j’étais tellement dingue d’un mec, que je lui avais passé les paroles de cette chanson comme un poème d’amour. En changeant quelques « fucks » et des « sex » par de jolis mots tous doux, c’est sûr. Je suis tellement pathétique. » Haha, on n'en faisait pas beaucoup des nanas comme ça ! Je l'attirais à moi, la serrais brièvement dans mes bras et déposais un baiser sur les cheveux roux.

Pas pathétique non, juste plus excentrique que la norme haha ! Et je suis certaine qu'il a été flatté ce gars.

Et puis je perdis tout intérêt pour la demoiselle. Je suivis donc son regard pour essayer de comprendre ce qu'il l'avait fait bugger à ce point. Un médiator. Et je fus plutôt stupéfaite de voir qu'elle n'était pas la seule à être obnubilée par ce petit truc. On aurait dit pour le coup qu'un robot du futur avait figé le temps, certains spectateurs restaient figés, comme hypnotisé par ce bout de plastique. Puis le temps reprit son cours et Lou' partie comme une flèche à sa recherche. La suivre ne fut pas évident, les gens ne se montrant pas très coopératif. Je lançais à tout va des « Pardon. Désolée. Excusez-moi » mais ils n'en avaient rien à foutre et ne se seraient poussé même pour le Pape. Enfin j’aperçus ses cheveux roux et écarquillais les yeux. Une baston de fille. Alors ça, c'était moche. Je préférais de loin l'excès de testostérone, les yeux au beurre noir et tout ce qui s'en approche. Là tout allait se jouer avec les cheveux, les ongles et les dents, bref, la déloyale totale. Sans oublier les crie d'hystérie et les larmes. Tout se dont j'avais horreur quoi. Puis je vis une autre que je n'appréciais pas. Apparemment la blonde avait ramené du renfort : une autre yeux de charbon, une lueur de folie dans les yeux, s’apprêtait à entrer dans la mêlé. Deux contre Lou', alors ça pas question ! Je lui coupais la route, me plantant face à elle et agitais les doigts pour dire « non » comme on le fait à un enfant en bas âge, secouant lentement la tête de gauche à droite.

Ne m'oblige pas à m'y mettre. mais apparemment elle avait déjà pris sa décision et tenta de me pousser du chemin. Les pieds bien campé dans le sol, je la poussais à mon tour. T'es sourde ou juste complètement conne là ? Elle revint à la charge et je la repoussais, plus fort et plus loin.Ça va vite me saouler ton petit jeu.

Et surtout je n'avais pas envie d'en arriver aux mains. Ne pas taper plus petit ni plus faible que soi, pas vrai ? Je restais immobile, tous les sens en alerte - mine de rien, ça me semblait aussi stressant que mon taff. Autour de nous l'atmosphère commençait à se faire lourde, les gens s'agitaient nerveusement, les esprits s'échauffaient. Pas bon, vraiment pas bon. D'ici un quart d'heure, baston général et mes collègues en uniforme vont débarquer. J'vais me faire coffrer à cause de deux pétasses, bonjour la honte. Ça y est, mon « adversaire » se décida à agir et commença à se précipiter vers moi, mais c'est à ce moment que la main de Lou' se glissa dans la mienne pour me tirer de ce pétrin. Hallelujah ! On suivit sans broncher cet inconnu qui nous éloignait de la folie ambiante, mais je lançais des regards interrogateur à mon amie. C'était quoi ce délire ? On allait où là ? Et elle me parut aussi intriguée que moi. C'est à ce moment que « Monsieur je sauve les demoiselles en détresse » prit la parole. « Je suis Adam Rubin, le gérant des Dingoes. Sincèrement, je suis désolé mais je ne peux pas vous laisser là. C'est Shannon qui vous a attaqué. C'est une groupie un peu intense qui suit les tournées depuis très longtemps, et elle est très difficile à gérer. Vous semblez être intacte, mais je vais vous conduire à la loge du groupe pour nous excuser de ce contretemps. Les gars devraient venir vous voir après le spectacle, ce sera comme un prix de consolation. »

Un PEU intense ? Complètement barrée ouais ! marmonnais-je. J'en avais coffré pour moins que ça. Qui sait ce qu'elle ferait à la prochaine personne qui se mettrait entre elle et ses idoles ? Un danger pour la société. Le flic en moi était tenté de s'occuper de son cas mais l'autre Ashleigh voulait surtout se poser un peu au calme pour se remettre les idées en place. Maintenant je sais quoi faire pour accéder aux Backstage, c'est pas si compliqué en fait, nan ? Bravo miss haha ! murmurais-je, amusée, à l'oreille de Lou-Ann.

Comme quoi elle avait eu raison plus tôt, la soirée était bien partie pour figurer en tête de mes soirées les plus folles, et donc parmi les meilleures. Là ce qui me gênait pour l'instant c'était que pour secourir ma belle rousse j'avais laisser mon verre derrière moi. Sans lui je me sentais un peu nue là – ouais ne cherchez pas à comprendre, c'est un truc d'ivrogne. Je ne connaissais pas vraiment le groupe, mais l'idée de les rencontrer dans les loges... Je commençais à être un peu nerveuse. On le suivi dans un corridor à l'éclairage tamisé et au fond on passa une porte « accès privés ». L'endroit était assez simple, avec ces posters au murs, signés pour certains par les artistes de passage au Barking Spider. Un canapé légèrement défoncé attira tout de suite mon attention et je n'attendis aucune permission pour me laisser tomber dessus. Je lâchais un profond soupir et fermais les yeux un court instant. Sans les rouvrir de suite, je demandais :

Je ne voudrais pas passer pour une ingrate ou une diva, mais serait-il possible d'avoir quelque chose à boire ? Alcoolisé de préférence ? Je commençais à prendre mes aises, tentant de rester zen, et ramassa mes jambes sous moi. Comme à la maison. Genre de la bière ? je lançais un regard interrogateur à Adam qui ne semblait pas choqué le moins du monde que je prenne mes aises. On meuuuuure de soif. Conclus-je avec un regard suppliant, battant des cils.




Dernière édition par Ashleigh L. Monaghan le Dim 29 Juil - 20:15, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: ASH&LOU - Light up the night.   Dim 29 Juil - 7:09

Lou-Ann et les bagarres de filles. Vous ne devriez pas être surpris d’apprendre que Lou était dû genre à se retrouver souvent, très souvent, au beau milieu de gué-guerres de demoiselles. Pas qu’elle cherche spécialement la merde, loin de là et y’avait rarement plus pacifique et hippie qu’elle, mais disons qu’avec son caractère prenant, sa tendance à l’hyperactivité et son expressivité marquante, elle attirait parfois l’attention. Elle pouvait dire des trucs trop forts près de quelqu’un qui se sentait visé. Ou alors imiter une personne en particulier et se faire remarquer. Ou juste prendre trop de place là où elle aurait dû innocemment se faire petite et ramasser les coups, figurativement parlant. Quand on a les couilles de s’affirmer et de s’exprimer haut et fort, c’était une conséquence plausible. Surtout dans un monde de filles. Là où on se fait juger constamment. Vous auriez dû la voir sur le plateau de shooting d’une ligne de lingerie californienne y’avait de ça environ 3 semaines. Une vraie tigresse. Les classes de kick-boxing qu’elle avait prises avec Joey au début de son cursus à l’université avaient fait effet et elle s’était défendue comme une pro devant une autre mannequin qui tentait un peu trop de lui voler la vedette sur le shoot. À force de recevoir des coups de genoux dans les tibias, de se faire pousser hors du cadre et d’entendre des soupirs exaspérants venant de l’autre conne, on se découvre un potentiel de rage inavouée, nah? Ben c’était ce qui arrivait tout le temps. À croire que les gens avaient pour mission de l’empêcher de briller, ou une autre merde du genre qu’un coach de vie lancerait dans un atelier de découverte de soi. Whatever.

Alors l’agent se trouvait là et leur expliquait que la dite Shannon, la folle oui, était une des groupies les plus féroces qu’avait connu le band. Qu’elle les suivait partout, durant leurs gros shows aux plus petits et intimes comme celui de ce soir. Et encore plus ce soir-là en fait, puisque le Barking Spider avait été l’endroit où ils avaient été découverts des années plus tôt et que ce soir était comme un peu un show tout spécial et tout privé, une aubaine pour une fan du genre. Un cadeau du groupe dans le fond. L’autre cadeau, c’était elle, avec ses manières peu raffinées et son obsession des gars assez dangereuse. Lou avait encore mal à la tête, le crâne lui brûlait pour y avoir senti des ongles s’y enfoncer, et peut-être même des dents qui sait, et se flattait le cuir chevelu en écoutant le manager s’excuser et leur offrir une place backstage bien à elles, en attendant la fin du show. Saines et sauves, et dans un terrain que les Dingoes avait fait le leur. Ok, où on signe?!

« J’te jure, cette fille est une légende. » ajouta Lou, aux paroles d’Ash. « Elle est sur tous leurs DVDs de concert, pas mal plus violente et désagréable que l’autre illuminé qui suit Bon Jovi à travers le globe et qui l’embrasse goulûment à chaque fin de show. »

« Maintenant je sais quoi faire pour accéder aux Backstage, c'est pas si compliqué en fait, nan ? Bravo miss haha ! »

Lou-Ann tira la langue à Ash, moqueuse. Puis elle se stoppa au beau milieu du couloir, réalisant toute l’ampleur que ça voulait dire. Parce que voyez, des années à écouter les mêmes chansons en boucle, à découper des articles de presse et à les coller dans un grand book dédié au band, à courir les boutiques pour trouver le débardeur qui affichera le meilleur profil du chanteur et qu’elle pourra exhiber fièrement des semaines durant, les soirées à embrasser Jonah avec les Dingoes en background et à s’imaginer que la langue qui se trouvait dans sa bouche appartenait à Brad (pas sympa, je sais.), et tous les autres détails qui lui revenaient en mémoire, la bombardant, l’empêchant d’avancer, finirent par la mettre en état d’hyperventilation. Littéralement. Lou-Ann Abbott, celle-là même qui aidait régulièrement à sauver des vies à chaque semaine, n’arrivait plus à mettre un pied devant l’autre et respirait de la même façon qu’une femme sur le point d’accoucher parce qu’elle allait rencontrer ses idoles. Blanche, elle fit volteface vers un tout petit miroir de fortune qui trônait sur un des murs de bois de la place et se replaça un peu les cheveux et le t-shirt, avant de jeter un coup d’œil rapide autour d’elle et d’ensuite passer sa main dans son décolleté pour se remonter la poitrine un peu. Ok, elle était prête.

Trottinant, elle rejoint le pelleton et passa la porte des loges. Correctes, même miteuses un peu, mais ça irait. Un petit pincement de bras plus tard, elle s’écrasait sur le canapé près d’Ashleigh et restait là, muette, hochant de la tête alors que sa copine demandait de toute sa grâce à ce qu’on les hydrate un peu. Voilà. C’est à ce moment-là qu’elle eut envie de l’embrasser. Une vraie amie, c’était une fille qui pensait toujours à nous malgré des situations dingues comme celle-là. Qui voyait qu’on avait besoin d’un truc, en l’occurrence de beaucoup de bière, et qui ne se gênerait pas pour tout faire dans le but de nous aider à l’obtenir. Vraiment, une perle.

« La seule fois où j’ai été aussi près d’une vedette, c’est quand je suis allée sur le plateau de tournage de The Price is Right. » confia-t-elle à Ash, avant de faire la moue. « Te laisse pas avoir. Bob Barker n’a pas autant de sex-appeal qu’on peut le croire ma vieille. »

La rouquine passa ensuite en mode espionne. Curieuse, elle bondit sur ses petites pattes et commença à faire le tour de la loge, des yeux d’abord, puis ensuite se mit en mouvement. Quelques petits tours plus tard, elle s’avança vers le manager, un sourire espiègle d’affiché sur le visage, et se contenta de lui lancer, le plus subtilement du monde :

« Franchement, et là tu peux te confier à nous j’te jure on dira rien, elle fit un signe de motus et bouche cousue avant de lancer la clé imaginaire à Ash, mais ils doivent bien avoir des demandes spéciales douteuses, non? J’suis certaine que ce sont de vraies divas. »

Le pauvre agent chercha un peu ses mots, en bon gars de relations publiques il ne voulait évidemment pas divulguer d’infos à deux filles qui auraient très bien pu être des envoyées spéciales d’un magazine à potins, avoir orchestré la bagarre et simplement être là pour détruire la réputation du band. (Si seulement il avait su que la raison pour laquelle Lou lui demandait ce truc, c’était pour bien calculer la façon dont elle se comporterait et de mettre toutes les chances de son côté et draguer les membres du band, Brad en particulier.) Après seulement quelques bribes peu concluantes, il les planta là pour aller chercher de la bière. Dommage. Puis la porta se claqua derrière lui, et Lou en profita pour virevolter et pousser un petit cri.

« J’y crois paaaaas! » qu’elle chantonnait, en dansant sur place, tournoyant, se claquant les cuisses et bougeant la tête dans tous les sens. « J’y crois pas, j’y crois pas, j’y crois pas, j’y crois pas!! »

Phase hyperactive activée. En moins de 60 secondes, la belle avait sauté sur place, imaginé une chorégraphie digne d’un clip de Britney, tenté de sauter assez haut pour s’accrocher au ventilateur du plafond qui tournait autant qu’elle, embrassé tous les murs qu’elle voyait, fait un cœur en rouge à lèvre sur le miroir plein pied, couru en rond toute la superficie de la loge et fini son one-woman show en se jetant tête la première sur le canapé-lit qui semblait être le truc le moins confo et le plus crâde qu’elle aurait pu croiser dans sa maigre existence. À bout de souffle, elle continua son manège en faisant des anges avec ses bras et ses pieds dans les draps et termina avec un grand clou : piquer des sous-vêtements appartenant à l’un des gars et traînant sur le sol pour se les foutre sur la tête. Un vrai génie cette fille. Vous la mettez en société et elle s’en sort comme une grande. J’vous jure.

« J’parie que la groupie saurait à qui ce slip appartient rien qu’à le sentir! » blagua-t-elle, écoeurée par ses propres conneries et lançant le caleçon dans la direction de son amie. « Tu viens danser? »

Les bras en l’air, la tête ballante, Lou-Ann offrait tout un spectacle, s’amusant comme une petite folle et offrant la plus engagée et la plus expressive des danses de la victoire à quiconque oserait passer la porte. Comme le manager, leurs consommations et… le band en entier. Semi crise cardiaque, Lou stoppa sec, provoquant un effet général parce qu’elle passa près de faire tomber une lampe qui aurait facilement pu être projetée très loin dû à l’impact de la belle, puis afficha le plus grand et le plus brillant des sourires.

« J’dois trouver un moyen de les charmer vite fait… » chercha-t-elle à voix basse, lançant un regard suppliant à son amie. « Je fais partie de la Fondation Rêve d’Enfant. » affirma-t-elle ensuite, de retour vers les boys. « De vous rencontrer, c’est un rêve que je caresse depuis toujours et j’arrive pas à la gérer. » les pauvres mecs se regardaient l’un et l’autre, juste amusés et un peu étonnés de la rapidité à laquelle la belle avait inventé une connerie de la sorte. « Bon d’accord, j’ai peut-être un peu abusé avec la Fondation et les boxers sur la tête, mais j’suis une fille honnête et je connais toutes les paroles de vos chansons. Vous m’aimez maintenant? »

À croire que son petit discours les avait charmé puisque même pas 30 minutes plus tard, Ash et elle se trouvaient encore avec eux, à jaser musique et à passer un vrai bon moment. Le guitariste s’était même approché d’elles et leur avait proposé une semi-leçon de guitare, tentative assez peu subtile de les draguer en passant ses bras autour d’elles. Mais Lou avait d’autres plans et ne lâchait pas Brad des yeux. Il fallait qu’elle trouve un moyen de le faire se joindre à leur petite leçon, et vite.

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MessageSujet: Re: ASH&LOU - Light up the night.   Lun 30 Juil - 0:53



Je ne me pus que rire lorsque Lou-Ann me raconta son anecdote avec Bob Barker, surtout quand elle parla de son sex-appeal. Pour ma part je l'avais toujours trouvé très vieux, même lorsque j'étais enfant, car oui, même ma grand-mère regardait cette émission quand elle était en vie. Ou plutôt elle n'en ratait aucune, c'était comme un rituel à ses yeux. Et dans ces moments là, Deklan et moi devions faire un silence absolu pour que grand-mère entre en communion avec le grand, l'unique Bob Barker. Même ses amies savaient qu'il ne fallait surtout pas l'appeler à cette heure là, sous peine de déclencher son courroux. Elle avalait chacune de ses paroles, ne perdait pas une miette de chacun de ses gestes à un point que c'en était ridicule. Je n'avais jamais compris cette fascination et je ne la comprendrais jamais. Je m'étais alors dit que c'était une histoire de génération, qu'elle était le public visé, mais j'avais eu tort. Arrivée aux U.S., j'avais découvert avec étonnement que la majorité des américains étaient des inconditionnels de The Price is Right !

« Franchement, et là tu peux te confier à nous j’te jure on dira rien, Lou' me lança alors la clés imaginaire qui avait scellé ses lèvres, que je fis mine d'attraper, de la porter à ma bouche et de l'avaler. Montrant ainsi au gars que je soutenais ce que mon amie disait, qu'il fallait lui faire confiance. Bon, on passait encore plus pour des folles à ses yeux selon moi, mais c'était ça qui était amusant. Ce soir, on se lâchait, on retombait dans l'adolescence , mais ils doivent bien avoir des demandes spéciales douteuses, non? J’suis certaine que ce sont de vraies divas. » Je fixais Adam, toute ouïe. La vie privée des gens ne m'intéressait pas en général, mais là il s'agissait d'artistes, or ils avaient souvent des vices cachés assez marrants. Tordus, mais marrants. Le genre de choses que les journaux à scandales payent une fortune, et qui peut ruiner une carrière. Certes, je me doutais que ce type ne nous balancerait jamais rien de compromettant, ce serait le meilleur moyen pour lui de perdre son emploi, mais on pouvait toujours rêver. Après tout, on était arrivée dans la loge, on allait les rencontrer en personnes, alors pourquoi l'agent des Dingoes ne se montrerait pas étrangement bavard ce soir ? Mais ce ne fut pas le cas, au lieu de ça, il sortit de la pièce nous laissant seule Lou-Ann et moi. Aussitôt elle devint une vraie pile électrique, à s'agiter dans tous les sens. Bien que je semblais calme, intérieurement j'étais de plus en plus nerveuse. Mon cerveau commençait à imprimer la situation. On était coincé là, à attendre des musiciens reconnus... Le genre de chose que je n'ai pas l'habitude de faire, mais ça tout le monde s'en doute. Et j'étais censée faire quoi au juste ? Rester plantée là sagement ? « J’y crois paaaaas! J’y crois pas, j’y crois pas, j’y crois pas, j’y crois pas!! » Et plus Lou' s'agitait, moins je tenais en place. Au bout d'un moment je me levais et regardais à mon tour ce qui nous entourait. Je glissai une main dans la poche de mon jean's et en sorti mon téléphone portable. J'envoyais fièrement un texto à mon lâcheur de frère pour le narguer « On a été invité dans les loges et on va d'une minute à l'autre passer un moment avec le band. Dans ta face ! ». Puéril, je sais, mais c'était tellement bon ! C'était lui qui m'avait traîné ici, me promettant une soirée sympa, pour au final m'abandonner à mon triste sort. Résultat des courses Lou' et moi étions devenues les VIP d'un soir, et pas lui. La vie était belle parfois. « J’parie que la groupie saurait à qui ce slip appartient rien qu’à le sentir! » j'écarquillais les yeux en découvrant Lou' avec le slip en question sur la tête. Nan, elle avait osé ? S'il avait été propre, je ne dis pas, mais là c'était tout de même... dégouttant !

Lou' chérie, à ta place j'éviterais, tu pourrais choper une saleté ! En tant que médecin tu le sais ça, non ? plaisantais-je.

Quoique. Je connaissais un gars, qui une fois s'était vu offrir par ses potes un lap-dance... La fille s'était tellement frottée à lui – et j'entends par là ses fesses sur le visage – qu'il s'est retrouvé avec une conjonctivite le lendemain. Moins sympa comme cadeau. Et c'est là que mon amie balança cette chose dégueulasse dans ma direction, mais je m'écartais à temps et l'évitais. Du bout de ma chaussure je poussais le slip dans un coin de la pièce, le plus éloigné de moi que possible.

En fait on se croirait chez Dek', c'est peut-être un truc de musicien. Semer ses sous-vêtements dans la pièce apporterait de l'inspiration tu penses ?

Mais Lou' était trop occupée à gesticuler dans tous les sens. « Tu viens danser? » Je tentais en vain de copier mes pas sur les siens, mais Lou' était partie dans un délire tel qu'elle seule pouvait danser comme ça. Je me contentais de me déhancher à ses côté sur une musique imaginaire, suivant simplement le rythme de la rouquine. Passant d'une danse du robot bâclée à la macarena, je commençais à me détendre à bouger comme ça. Et bien sur c'est ce moment qu'ils choisirent pour entrer. Pas le moment où on était encore sagement assise sur le canapé, non, là, en pleine fièvre du samedi soir et bien loin de la technique de Travolta. Je me rapprochais aussitôt de Lou-Ann et la pris par le bras. Soudées dans la connerie, à la vie à la mort, et tout le toutim ! Elle marmonna quelque chose que je ne compris pas, avant de me supplier du regard. Quoi ? QUOI ? Je ne comprenais plus rien ! Avant que je ne l’interroge elle partie sur un délire. « Je fais partie de la Fondation Rêve d’Enfant. » Le mensonge ne passerait pas, déjà parce qu'elle n'était plus une enfant. «De vous rencontrer, c’est un rêve que je caresse depuis toujours et j’arrive pas à la gérer. » La question était donc : comment allaient-ils prendre la chose ? Pour ma part je me retenais d'éclater de rire, toujours aussi surprise par la facilité qu'avait la jeune femme à sortir de pareilles choses sans se démonter. « Bon d’accord, j’ai peut-être un peu abusé avec la Fondation et les boxers sur la tête, mais j’suis une fille honnête et je connais toutes les paroles de vos chansons. Vous m’aimez maintenant? »

Je confirme, elle connaît les paroles, et les chante avec plus de conviction et de puissance que n'importe qui. ajoutais-je en souriant, me remémorant le début du concert et les fausses notes de mon amie. Voici Lou-Ann, et moi c'est Ashleigh. C'est vraiment gentil à vous de nous rencontrer. En temps normal je n'avais pas cette écœurante politesse. Mais je savais pas quoi dire d'autre.

Surtout qu'au final cela s'était avéré inutile. Lou' les avait déjà ensorcelé avec son joli petit minois. Et durant la demie heure qui suivi je pu me désaltérer en compagnie du groupe. J'avais stressé pour rien, ils n'étaient pas si différent des autres gens, juste focalisé sur la musique, et bien décidé à nous raconter la moindre petite anecdote qu'ils leur semblaient pouvoir nous intéresser. Puis allez savoir pourquoi l'un d'eux décida de son apprendre à jouer de son instrument. C'est qu'il commençait à être lourd l'autre là ! Ça faisait plusieurs minutes que je lui répétais encore et encore qu'il y avait erreur sur la personne. Que le guitariste de la famille c'était mon frère, et qu'à part l'intro de Come As You Are je ne valais rien. Mais nan, il ne lâchait pas l'affaire, surtout que Lou' l'ignorait superbement, trop absorbée dans la contemplation de son Brad. Donc l'autre se rabattait sur moi. Et d'une ce n'était pas particulièrement flatteur d'être la roue de secours, et de deux il pourrait être mon père vu son age ! Et puis franchement, l'odeur de sueur, merci bien ! Ça devenait insoutenable, j'étais à deux doigts de m'énerver. Hors je ne voulais pas piquer ma crise, pas ce soir, pas après cette chance qui s'offrait à nous. Non, je ne pouvais pas faire ça à ma petite Lou'. Il me fallait une diversion. Avec autant de délicatesse que possible je fuis mon « prof » et me levais. Je sortais mon téléphone une fois de plus et me lançais.

Brad ? il se retourna, haussant les sourcils. Je sais que vous en avez déjà fait beaucoup mais est-ce que je pourrais vous demander un petit service? De ma main libre, j'attrapais mon amie et la tirais vers moi. Lui murmurant dans l'oreille au passage : Profites en puis je la poussais vers son musicien chéri. Voyez-vous, je désignais Lou-Ann du menton son ami Jonah refusera probablement de la croire quand elle lui racontera cette superbe soirée en votre compagnie, surtout qu'il vous admire beaucoup. Je ramais un peu là... Est-ce que je n'en faisais pas trop ? Alors, est-ce que vous accepteriez que je vous prenne en photo tous les deux pour qu'elle ait une preuve à lui montrer ? Dites oui s'il vous plaiiiit.

Je lançais un clin d’œil discret à mon médecin préféré. J'espère qu'elle appréciait, elle avait une excuse pour se coller à lui ! Si tant est qu'il accepte évidemment. « Je ne peux rien refuser à mes fans, surtout lorsqu'elles sont aussi mignonnes. » Il passa son bras autour du coup de Lou' et leva sa bière de l'autre main.


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MessageSujet: Re: ASH&LOU - Light up the night.   Lun 30 Juil - 23:45

Lou avait beau être une presque-neurologue experte en la matière, réussir dans la majorité de ses classes avec de géniales moyennes, être une élève de yoga assidue qui arrivait à se concentrer dans les plus compliqués des positions et j’en passe, là, elle arrivait pas à maîtriser son petit cœur d’adolescente qui revenait faire un bond dans sa poitrine, à chaque moment où Brad ouvrait la bouche. Où il respirait, où il clignait des yeux, où elle se souvenait qu’ils étaient dans la même pièce, qu’il lui avait même fait un sourire à son arrivée et qu’avec un peu de chance, elle finirait par lui dire au moins quelques mots avant la fin de la nuit, sans balbutiements et sans rougissements. C’était peut-être pour cette raison que ça ne lui dérangeait pas d’empiler les bières depuis son arrivée dans la loge. Une, deux, trois, mille, elle avait complètement perdu le compte et était beaucoup trop distraite pour faire ce truc que Jax lui avait appris alors qu’elle commençait à traîner avec lui dans les fêtes d’universitaires, de garder chaque bouchon de bouteilles ouvertes dans sa chaussette et de stopper sa consommation quand ça lui faisait mal lorsqu’elle marchait. Idiot? Peut-être, mais ça lui avait permis de se stopper à cause de la douleur un nombre incalculable de fois alors qu’elle marchait vers la voiture de mecs louches alors qu’elle était complètement ivre morte. Ça, ou bien c’était seulement un sujet de conversation comme un autre qui la faisait passer pour une ivrogne. Bref, la belle commençait à voir trouble un peu, la bière la détendait d’une façon évidente et directe et c’était pas peu dire qu’elle arrivait pas à suivre la classe de fortune que le guitariste essayait de leur donner à Ash et à elle. Aucune attention vers lui, désolée, mais il était pas Brad. Ils étaient tous pas Brad et aux dernières nouvelles, fallait qu’elle fasse un move avant que la chance de le draguer lui file entre les doigts.

Breaking news, un flash la traversa et elle eut soudainement un vague souvenir d’une entrevue que le chanteur avait donnée à un show de variété très populaire, quelques années plus tôt. L’animatrice lui demandait ce qu’il aimait le plus chez les femmes, il avait répondu le sourire. Lou-Ann se demandait vraiment comment elle avait pu oublier ce détail majeur, résistant à l’envie de se claquer le front, se souvenant des nombreuses heures qu’elle avait passées devant la glace à pratiquer son sourire, et de la mini-crise qu’elle avait fait à ses parents parce qu’elle trouvait que ses dents étaient pas assez grosses pour bien paraître lorsqu’elle souriait. La honte. De grosses dents, hen? Bref, elle avait une arme de plus dans son sac pour séduire son bel apollon. Et là, innocemment, elle se colla un giga sourire, encore plus gros que celui qu’elle faisait avant qu’Ash ne la rejoigne au début de la soirée, et attendit. Attendit qu’il tourne la tête, qu’il la voit sourire de toutes ses – petites – dents et qu’il succombe. Top chrono.

« Brad ? » lança Ashley, comme si elle avait lu dans les pensées de Lou « Je sais que vous en avez déjà fait beaucoup mais est-ce que je pourrais vous demander un petit service? » Puis elle attrapa le bras de Lou et l’extirpa des bras du guitariste qui devenait un peu trop entreprenant. « Profites en.» qu’elle chuchota, et lou sentit ses jambes fléchir lorsqu’elles commencèrenet à s’approcher du chanteur. « Voyez-vous, son ami Jonah refusera probablement de la croire quand elle lui racontera cette superbe soirée en votre compagnie, surtout qu'il vous admire beaucoup. Alors, est-ce que vous accepteriez que je vous prenne en photo tous les deux pour qu'elle ait une preuve à lui montrer ? Dites oui s'il vous plaiiiit. »

Lou était sans dessus-dessous. Une, une, une photo? Pourquoi elle y avait pas pensé avant? C’était tellement la défaite la plus classique et la plus efficace? Pourquoi c’était toujours Ash qui réussissait à être la plus intelligente dans toutes leurs histoires? Ça devait avoir rapport avec son boulot, de décortiquer des affaires de bandits et de truands, ça devait être son esprit de logique ou l’expérience de faire des questionnaire ou, ou… ou juste le fait qu’elle était pas aussi groupie que la rouquine et qu’elle avait encore toute sa tête. Lou moins, encore plus lorsque Brad passa son bras autour d’elle, tout heureux de prendre une photo avec la fan – l’hystérique fan – et surtout, ajoutant qu’elle était mignonne. Oups, crise cardiaque en vue.

« Je vous connais depuis que je suis bébé. » furent les seuls mots que Lou arriva à décocher, tout juste après avoir articuler un merci silencieux à sa copine parfaite.

Ouais, c’était pas ce qu’il y avait de mieux pour rajeunir le pauvre chanteur de 50 ans, qui se passa une main dans ses cheveux gris, riant jaune, et posant tout de même pour le flash qui immortalisa une Lou avec un mal de joue trop intense pour avoir sourie en folle, et un Brad se sentant probablement comme le possible père, ou même grand-père, des deux beautés. Mais apparemment, ce ne fut pas ce qu’il l’empêcha de lorgner sur les attributs de la belle, son t-shirt cropped noir du band et son petit short en jeans n’étaient pas là pour rien il faut croire, et Abbott s’en rendit compte direct après avoir jeté un coup d’œil à la photo qu’ash venait dep rendre pour se rendre compte qu’on voyait les rides du pauvre Brad se dessiner sur tout son visage. Petit trouble ici, et la rouquine se demanda, honnêtement, si c’était légal de se laisser dévorer les fesses des yeux par un homme de cet âge-là. Sans parler de la différence de décennies, y’avait aussi le fait que si elle le chauffait trop il risquait de faire un arrêt cardiaque et il valait beaucoup trop cher au domaine de la musique pour qu’elle et ses pare-chocs soient accusés de meurtre.

« Alors mes jolies, vous aimez les Dingoes depuis longtemps? Il me semble que je n’ai encore jamais rencontré de fans aussi splendides que vous. » commença-t-il, draguant lourdement, avant de faire signe à un de ses gars de passer remplir les verres de bière des deux filles.

« Je vous arrête tout de suite. » le coupa Lou, surprise elle-même de ce qu’elle allait dire. « Mais ce n’est pas vrai que mon fantasme d’adolescence va me draguer d’une façon aussi nulle. » c’était pas vrai qu’il allait casser son rêve non plus, le vieux wannabe rockstar, soit il assurait, soit elle le plantait là. « Va falloir soit revoir vos tactiques, ou simplement draguer au centre pour personnes retraitées. »

Lou haussa les épaules, catégorique. Ce dont elle se souviendrait de cette soirée, ce serait uniquement d’avoir passé un bon moment avec son chateur favori. Et pas d’avoir subit des attaques de quinquagénaire qui réapprends tranquillement la science savante de la drague. Elle était dépendante et en manque, oui, mais pas assez pour descendre au point de succomber à un vieux pervers. Heureusement, Brad ria. Il les aimait bien, au fond. À deux reprises elle avait pu passer pour la folle de service, mais il était toujours là à les regarder, un peu comme s’il s’agissait de ses deux filles et qu’il était fier de voir qu’elles savaient se comporter en société. Lou ria aussi, essaya d’entraîner Ashleigh avec elle, puis bu d’un trait la bière qui restait dans son verre pour oublier le fait qu’elle venait de rembarrer le mec qui lui avait sans le vouloir fait découvrir la sexualité.

« T’as de la répartie, j’aime ça. » ajouta-t-il, pas le moins du monde offensé. « Alors, d’où vous venez toutes les deux? De LA? Et vos copains, ils ne sont pas venus voir le show avec vous? » demanda le chanteur, s’appuya sur une commode derrière lui.

« Oh, l’amour ça craint. » répondit Lou-Ann, du tac au tac. « Dans mon cas, j’ai passé les 24 dernières années à me faire chier par des mecs qui ne comprenaient rien et qui ont jamais voulu de moi autant que j’ai voulu d’eux. » puis elle pointa de sa tête la blonde à ses côtés. « Et elle, c’est pire. Elle a rencontré une vraie perle, un mec bien et canon comme pas un, mais il arrive pas à se bouger. Il reste comme bloquer. » elle se pencha vers Brad, chuchotant « Rien qu’à la voir, même moi je tenterais. Il est peut-être gay, en plus d’être idiot, qui sait. »

Lou savait que Jay était un sujet chaud pour sa belle amie, et avec raison. La belle n’était pas du genre à se laisser avoir par n’importe qui, à défaut de sa rousse amie, et lorsqu’elle avait craquer pour lui, ça avait été tout et toute entière. Pas de demi-mesure, pas envie de supprimer ses pulsions et surtout de se questionner à tous les instants à savoir si elle allait trop vite, si elle allait le brusquer ou le faire fuir. Lou était pas au courant de tous les détails, elle savait simplement qu’Ashleigh avait succombé et que lui il gardait ses distances pour une raison sombre et obscure qu’il avait cru bon de ne pas partager. Un vrai mec, un peureux qui croit qu’une fille bien comme Ash ne se lasserait jamais d’attendre après lui pour qu’il se dépêche de lui dire qu’il l’aime et qu’il la veut que pour lui. C’est vrai en fait, s’il faisait pas de geste bientôt, elle irait peut-être voir ailleurs et il l’aurait perdu à jamais. Et si ce geste était causé par quelque chose d’extérieur à lui? Et si ça ne dépendant pas de ses réflexions à la con et si quelqu’un, de totalement pas lié à leur histoire, en l’occurrence Lou, s’arrangeait pour lui glisser les cartes entre les doigts et l’encourager fortement à faire de la palce dans sa vie pour celle qui pourrait peut-être être la bonne? D’une main de maître, L. attrapa le portable de sa copine et s’éloigna d’elle agilement pour l’empêcher de faire de mouvement dans sa direction et de l’empêcher de mettre son plan à exécution. Mais un texto de Deklan la stoppa dans sa manœuvre et elle soupira, fort. Elle le détestait pas non, mais elle trouvait simplement que selon les histoires qu’Ash lui racontait, il semblait pas être un mec drôle et jovial, quelqu’un de cool à fréquenter.

« Haaaaaaaan. » se plaigna la belle. « J’sais pas ce que t’as dit à ton frère, mais il vient de te texter qu’il t’emmerde et qu’il s’en vient te rejoindre genre comme maintenant. On est obligées? »

N’attendant pas la réponse de son amie, Lou répondit le plus bêtement du monde au grand frère de son amie :

« T’es qu’un gros bébé jaloux. Et puis, tu ferais tâche, on est occupées toutes les deux à embrasser tous les mecs du band. Merci de pas passer nous déranger. »

la belle rigola, avant de faire signe à tous, membres du band et Ash, de se rapprocher un peu, histoire qu’elle prenne la photo qu’elle voulait prendre au départ, de sa belle amie et du groupe, pour l’envoyer à Jason en lui disant que l’un d’eux était vraiment sympa et qu’en même pas 5 minutes il lui avait fait la plus belle déclaration d’amour du monde. Ben quoi? Pour être un élément déclencheur, ça déclencherait quelque chose c’est sûr.

À peine 5 minutes plus tard, la porte de la loge s’ouvrit à la volée et voilà que Deklan et un autre mec que Lou reconnaissait vaguement débarquèrent, pas contents du tout. Apparemment, le texto avait pas fait rigoler le frère et il s’était ramené en bon protecteur voir si sa sœur faisait sa dévergondée ou non. Lou ouvrit de grands yeux et attrapa la poignet d’Ash, ne voulant pas mais absolument pas rester là et arriva à se faufiler avec sa copine entre Dek et la porte le plus rapidement possible, l’empêchant de les retenir. Au passage, elle lui tira même la langue, avant de pouffer de rire.

« Ils sont déjà réchauffés, le reste ce sera à vous d’assurer! » rigola-t-elle, un peu soûle, espérant que sa copine ne lui en veuille pas trop.

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MessageSujet: Re: ASH&LOU - Light up the night.   Mar 31 Juil - 10:50





« Je vous connais depuis que je suis bébé. » Ouch ! Le genre de chose à ne pas dire à toute personne ayant dépassé la cinquantaine quoi ! Et je fus épatée par le calme de Brad après cette remarque. C'était peut-être pas un mauvais gars en fin de compte, car bien d'autre nous auraient probablement foutu aussi sec à la porte des loges. Au lieu de quoi il posa pour la nouvelle photographe que j'étais. L'idée de la photo sembla rendre jaloux notre prof de guitare qui s'approcha dans mon dos. Comment lui faire comprendre gentiment que mon amie n'avait d'yeux que pour son frontman et que donc il pouvait aller voir ailleurs si on y était ? Il avait moins de charme que ce vieux beau de chanteur, il ne rendrait la photo que plus mauvaise, ça ferait mauvais trip en maison de retraite et donc ce ne serait pas flatteur pour les filles canons qu'on était ! Non merci. Il fallait l'éloigner le temps de prendre la photo de la mort qui tue pour immortaliser la soirée.

J'ai oublié ma bière sur la table là bas, tu serais un amour de me l'apporter.

Apparemment, j'avais un don pour manipuler les musiciens quinquagénaires car il s’exécuta aussitôt ma demande prononcée. Je profitais de son absence pour prendre le plus beau cliché de tous les temps d'une fan un peu trop souriante et de son idole. Voilà ! Maintenant, Lou' n'avait plus qu'à l'envoyer à son colocataire pour lui montrer à quel point il avait eu tort de l'abandonner ce soir ! D'autant plus que la photo était très parlante haha ! Je préférais d'ailleurs la montrer à Lou-Ann avant qu'elle ne continue à mettre son Brad sur un piédestal. C'était un pervers parmi tant d'autre, ni plus, ni moins. « Alors mes jolies, vous aimez les Dingoes depuis longtemps? Il me semble que je n’ai encore jamais rencontré de fans aussi splendides que vous.» Un pervers sans talent particulier pour la drague. Malgré tout il arrivait à séduire la gente féminine... Tout devait être dans le côté rockstar, sa personnalité était secondaire sans doute. Alors que je roulais des yeux, Lou' le rembarra. Et ça je dois dire que je ne l'avais pas vu venir ! Serait-il possible que la photo ait été un déclic ? Je pense oui. Et une fois encore Brad me montra qu'il n'était pas si con, car il ne prit pas la mouche. « T’as de la répartie, j’aime ça. Alors, d’où vous venez toutes les deux? De LA? Et vos copains, ils ne sont pas venus voir le show avec vous? »

Avant que je n'ai pu faire ou dire quoi que ce soit, mon amie dévoila notre vie privée. J'essayais de me faire toute petite et de me planquer dans un coin, mais en vain, car Lou' me désigna. « Et elle, c’est pire. Elle a rencontré une vraie perle, un mec bien et canon comme pas un, mais il arrive pas à se bouger. Il reste comme bloquer. » Je n'entendis pas ce qu'elle murmurait ensuite à l'homme, mais je vis la façon qu'il eu de me reluquer avant d'acquiescer aux paroles de mon amie d'un hochement de tête, l'air appréciateur. Mal à l'aise, je croisais les bras sur la poitrine. Je n'aimais pas être le centre de l'attention, et encore moins faire étalage de mes problèmes de couples à de parfaits inconnus. Avec un peu de chance, avec l'alcool qu'ils ingurgitaient ils oublieraient tout de cette « after » dans les loges. Et moi aussi ! Je terminais mon verre d'une traite pour noyer mon malaise avant de me tourner vers le guitariste et lui faire signe de s'approcher de moi, pour que je nous prenne en photo. Pour tous les efforts qu'il faisait avec nous depuis le début, pour avoir essayer coûte que coûte de nous charmer, il avait mérité au moins ça, pauvre vieux. Cependant Lou' m'arracha mon téléphone des mains à cet instant, brisant les espoirs du gars. « Haaaaaaaan. J’sais pas ce que t’as dit à ton frère, mais il vient de te texter qu’il t’emmerde et qu’il s’en vient te rejoindre genre comme maintenant. On est obligées? » Il ne manquait plus que ça ! Ah non hein, pas question qu'il rapplique ses fesses ici, c'était déjà assez le foutoir comme ça. Avec Deklan ça ne pourrait que partir plus en sucette, et je n'en avais pas envie, j'avais assez de mal à gérer la situation.

Qu'il aille se faire foutre, on est bien mieux sans lui !

Si j'avais su alors ce qu'elle allait exactement lui répondre, j'aurais moins fait la fière... Puis j'eu le droit à ma séance photo, avec le band entier. Pourquoi ? Ce n'était pas comme si j'en étais fan, jusqu'à ce soir j'ignorais pratiquement leur existence, mais je me laissais faire, suivant les directions de Lou', et posais au milieu de ces hommes. Autant vous dire que mon guitariste était aux anges, il l'avait sa photo ! Puis les gars commencèrent à nous chanter leur dernière chanson à peine sortie de l’œuf, en cadeau. Lou' et moi dansions pendant qu'ils jouaient et en un instant ce fut le chaos. Tout alla si vite que je ne compris rien du tout. La porte s'ouvrit à la volée, et avant que j'ai le temps de me retourner pour voir qui étaient les nouveaux venus, la petite rousse m'attrapa par la main et me tirais jusqu'à la sortie. J'eus juste le temps d’apercevoir les visages des deux hommes. Allons bon, Deklan l'avait fait, il avait osé se pointer à notre after, non mais l'autre hein ! Quant à l'autre homme, lorsque je croisa son regard... J'en fus tétanisée. Non, cela ne se pouvait pas, il m'avait bien dit qu'il avait une autre soirée, avec d'autre gens !

Jason...?

Mais on était déjà loin, Lou' nous avait ramené dans le bar. La foule s'était dissipée vu l'heure, et on pouvait enfin circuler sans trébucher sur les pieds des autres gens. Je suivis Lou' jusqu'à notre table du début de soirée où on s'installa. Le cœur battant, j'essayais de me remettre les idées en place. Soit j'étais ivre morte sans le savoir et j'hallucinais, soit quelque chose m'avait échappé.

Euh... Lou' chérie ? Tu peux m'expliquer par quel tour de magie tu les a fais débarquer tous les deux dans la loge ? Histoire que je prépare notre défense.

Mais mon cerveau commençait à faire le lien entre sa remarque sur le texto de Deklan, entre cette photo groupée, et l'arrivée de mon frère et de Jason. Nan. Naaaaaan, elle n'aurait pas fait ça. D'un autre côté, Lou' était saoule, et donc encore plus imprévisible qu'à son habitude. Je récupérais mon portable et le fouillais aussitôt. Mes craintes étaient fondées, j'avais les preuves sous les yeux. J'aurais du me méfier au moment où elle s'était saisi de mon téléphone ! J'aurais du l'éteindre merde. Mais c'était trop tard, le mal était fait et les hommes de ma vie étaient furieux contre moi. Et en parlant du loup, on en voit la queue. Mes deux blonds préférés débarquèrent à peine quelques minutes après nous, sourcils froncés, poing serrés. Il ne leur fallu qu'une seconde pour nous repérer et nous rejoindre.

Mais au final, à présent que j'avais saisi les faits, c'est moi qui était furieuse ! Il avait suffit qu'elle dise à Deklan que j'embrassais ces vieux, puis à Jason que j'avais trouvé un autre prétendant, pour qu'ils foncent tête baisser dans les délires de Lou'. C'est qu'il y avait un problème car dans mes souvenirs je ne leur avais jamais laisser entendre qu'un pareil comportement était possible venant de moi. Je me levais, énervée, et me plaçais devant eux. Moi aussi je pouvais fusiller du regard ! Deklan allait ouvrir la bouche, mais d'un geste je l'en empêchais.

Moi d'abord! Je me rapprochais de lui pour le regarder droit dans les yeux, qu'il y lise ma colère. Que tu me crois assez idiote pour mêler ma langue à celles de vielles rockstar sur le retour, ça ne me surprend pas tant que ça. Tu m'as toujours sous-estimé. A croire que je n'ai aucun sens moral ! Mais toi, je pointais un doigt accusateur sur Jay cette fois tu penses que je suis ce genre de fille ?! Que je suis assez mesquine pour chercher à te rendre jaloux ? Je levais les bras écœurée. Vous avez une très mauvaise image de moi pour croire à tout ça ! Merci les gars, je prends note !

Je retournais m'asseoir près de mon amie et la pris dans mes bras, déprimée. Mon égo en avait pris un coup ce soir, car je découvrais qu'on ne me connaissait pas si bien que ça en fin de compte.

Je sais que tu pensais bien faire ma puce. Tu ne pouvais pas savoir à quel point ils tomberaient dans le panneau. Je me redressais et adressais un regard blasé au gars. Vous vous êtes plantés. J'ai rien envoyé. Vous voulez pousser une gueulante, passer vos nerfs ? Allez-y, hurlez moi dessus qu'on en finisse!

Mon frère changea d'expression, passant de la rage à la surprise. Son regard passait de Lou' à moi plusieurs fois, comme s'il faisait enfin le lien. Penaud, il se passa une main dans les cheveux et se laissa tomber sur l'une des chaises qui nous faisait face. Oh le con... Mais je ne pouvais pas deviner non plus, t'es marrante toi ! Ben voyons. Je fis signe à une serveuse qui s'approcha. Je lui commandais un café, car j'avais assez bu pour ma part. Cet interlude m'avait dessaoulée pour de bon, j'avais eu mon compte. Donc, j'ai frappé l'autre type pour rien? Je fixais mon frangin, effarée.

Lequel?

Le gars à la guitare. Celui qui te lançait des regards bizarres sur la photo... Je roulais des yeux, manquant d'éclater de rire. Vraiment pauvre vieux. Non seulement il n'a rien gagné dans l'histoire, mais en plus il se fait cogner. Donc, c'était que des conneries hein ? demanda-t-il d'une petite voix en osant à peine regarder Lou'. Mes mises en garde avaient porté leur fruit, il évitait de jouer le don juan avec mon amie. Bien, continue comme ça. Il ne s'est rien passé du tout ? Pendant que mon frère réalisait sa connerie, je regardais Jason dans les yeux. Essayant de comprendre ce qui lui était passé par la tête. Je ne savais plus quoi penser avec tout ça. Un jour il ne veut pas être avec moi, et d'un coup il me pique une crise de jalousie pour une connerie pareille. Ah, les mecs !

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MessageSujet: Re: ASH&LOU - Light up the night.   Mar 31 Juil - 15:46

Le petit diable roux et son acolyte blonde plantureuse étaient déjà loin devant lorsque Lou entendit des pas précipités venir dans leur direction. Dek et son pote auraient-ils décidé de les pourchasser? Vraiment, on en était rendus là? La belle éclata de rire, de les savoir à leurs trousses rendait le jeu encore plus amusant et elle se pressa un peu plus, les bras en l’air, zig zaguant entre les fêtards qui stagnaient encore au Barking Spider malgré l’heure tardive, ses petites pattes virevoltant dans tous les sens, un sourire de défi qui se peignait sur son visage. Y’avait pas vraiment d’obstacle et le chemin de la loge au bar était toujours en ligne droite sans difficulté aucune, mais la belle aimait bien se plaire à inventer des pièges, à éviter certaines dalles du plancher parce que dans sa tête il s’agissait de lave bouillante d’un volcan imaginaire. On faisait avec ce qu’on pouvait pour se sentir vivante et heureuse et jusqu’à maintenant, la soirée avait permis à son petit cœur de se remettre comme pas un de sa situation de merde actuelle, de son meilleur ami qui lui filait entre les doigts, de cette sensation douloureuse qui lui tenaillait l’estomac chaque fois qu’il lui parlait de Billie, mais aussi de toute la merde qui lui arrivait quotidiennement, à savoir Joey qui venait à peine d’émerger d’une tentative de suicide un peu sortie de nul part, et de Jax qui se terrait dans un silence monstre, qui niait l’histoire, qui préférait ne rien dire et laisser la vie aller. Son frère et son âme sœur n’étaient plus ce qu’ils étaient, sa bff non plus, et il n’y avait pas eu une seule seconde où la belle rouquine n’y pensait pas. Sauf ce soir, sauf depuis que ses prunelles bleues s’étaient déposées sur la silhouette et la mine enjouée d’Ash et qu’avait débuté la meilleure soirée de sa vie depuis un très long moment.

C’est alors que la belle se stoppa, joueuse, les joues rougies par l’exercice, et fit demi-tour vers sa copine pour rigoler avec elle de la poursuite. Mais ce qu’elle vit lui brisa le cœur direct. Ashleigh ne trouvait pas l’histoire si drôle que ça. Et elle avait beau tenter de faire la sympa et lui demander ce qu’elle avait bien pu leur raconter pour qu’ils débarquent comme ça, à l’imprévu, et qu’ils les suivent à travers le bar pour avoir des explications, Lou-Ann savait pertinemment qu’à cet instant, elle avait fait une gaffe. Une giga gaffe qu’elle seule, l’adolescente en pleine puberté avec un trouble d’hyperactivité chronique, aurait pu imaginer. Une connerie qu’on fait seulement quand on a 16 ans et qu’on rage parce que notre amour du moment ne nous a pas encore invité au bal du lycée. Ash était déçue, triste, et y’avait rien à cet instant qui aurait pu faire changer le texto de merde, et tout le comportement de gamine qui va avec, dont Lou avait fait preuve.

« Je croyais pas que… je suis désolée. »

De simples excuses auraient pu paraître suffisantes à n’importe qui, mais pas à Abbott. Aussi idiote et impulsive qu’elle puisse être, Lou ferait tout en son pouvoir pour régler sa gaffe, parce qu’Ash était l’une de ses amies les plus proches et les plus importantes. Elle avait bien un cœur, grand comme le monde, et savait pertinemment que ce n’était pas à A. de subir ses frasques. Elle la défendrait coûte que coûte, et prendrait tout le blâme. Au pire, elle n’avait rien à perdre, à part passer pour une conne devant Deklan et l’autre, versus perdre une petite perle. Le choix se fit facilement et elle sacrifia volontairement une amitié potentielle avec Dek pour prendre le parti de son amie.

« Moi d'abord! » lança Ash, alors que les gars les avaient rattrapé. « Que tu me crois assez idiote pour mêler ma langue à celles de vielles rockstar sur le retour, ça ne me surprend pas tant que ça. Tu m'as toujours sous-estimé. A croire que je n'ai aucun sens moral ! Mais toi, elle se tourna vers l’autre et le petit cœur de Lou fit 4 tours, c’était lui, Jay. Merde. tu penses que je suis ce genre de fille ?! Que je suis assez mesquine pour chercher à te rendre jaloux ? » le pauvre ne savait plus où se mettre et Lou pareil. « Vous avez une très mauvaise image de moi pour croire à tout ça ! Merci les gars, je prends note ! »

Lou était choquée. D’avoir orchestré une telle situation sans même l’avoir prévue. D’être à la base de ce qui pourrait devenir un véritable problème entre Ash et les deux hommes de sa vie. Elle se laisse choir sur une banquette et sa blonde amie finit par faire pareil, passant son bras autour d’elle.

« Je sais que tu pensais bien faire ma puce. Tu ne pouvais pas savoir à quel point ils tomberaient dans le panneau. » Lou ravala sa salive, comme hypnotisée, voulant connaître la suite au plus vite et voir à quel point elle avait merdé. « Vous vous êtes plantés. J'ai rien envoyé. Vous voulez pousser une gueulante, passer vos nerfs ? Allez-y, hurlez moi dessus qu'on en finisse! »

C’était assez. Deklan s’avança pour lui lancer qu’il avait frappé un des membres du groupe & précisa même qu’il s’agissait du guitariste, celui qui lorgnait trop sur Ashleigh, mais Lou-Ann ne voulait plus rien savoir. Là, c’était à elle d’entrer en jeu, de régler les pendules et de bien faire comprendre aux gars qu’Ash était pas du genre à faire ce coup de con et qu’ils allaient devoir lui présenter des excuses valables parce que c’était pas très sympa de penser automatiquement des choses du genre d’elle. En véritable battante, elle se projeta donc sur ses petites jambes et commença par aller vers Deklan, après avoir lancé un regard à Jay signifiant : toi tu bouges pas parce que quand j’en aurai fini avec lui je passerai sur ton cas aussi.

« Écoute-moi bien. » elle lui toucha le torse de l’index, accusatrice. « Tu croyais vraiment que ta sœur, ta super sœur qui a prouvé plus d’une fois qu’elle était la plus raisonnable d’entre nous tous, ouais toi et moi y compris, ait pensé, simplement pensé, poser un geste du genre? Vraiment? » elle nia, déçue. « Tu y croyais qu’elle se serait tapé 5 mecs de 50 ans et plus dans une loge crâde au fond d’un bar miteux? » il secoua négativement la tête. « C’est ce que je pensais. »

Elle ravala sa salive, le regardant bien droit dans les yeux. Il lui faisait pas peur, elle était soûle et heartbroken, y’avait rien qui l’empêcherait d’aller au bout de ses idées et en petit chef qu’elle était, elle allait vite fait régler le tout pour que tout le monde termine la soirée en mode hippie à s’embrasser et à passer un bon moment. Point barre.

« Et puis ça me fait penser, je croyais que t’avais un minimum de sens de l’humour. Sérieux, c’était une blague mon gars. Et laisse-moi te dire que je me trouvais trèeeeees marrante. Mais que jamais j’aurais pu croire que j’étais si convaincante. » elle rigola, détendue maintenant, voyant que son petit discours commençait à avoir l’effet voulu sur Deklan. « T’es conscient qu’on est tous là à s’en vouloir pour un simple texto à la con? » elle se mit sur la pointe des pieds pour lui ébouriffer les cheveux, avant de poursuivre « En fait, c’était seulement un avertissement. Ça veut dire que la prochaine fois que tu laisses ta sœur en plan pour une fille comme une autre, on va le faire pour vrai. Et vous obliger à regarder. »

Elle lui tira la langue, victorieuse, avant de passer devant sa copine et de lui tendre la main pour qu’elle y claque un high 5. Maintenant, c’était le deuxième round, et il fallait encore plus qu’elle assure, parce qu’elle se mesurait au seul et unique Jason Callaway, le blond ténébreux au passé trouble qui occupait l’esprit de son amie depuis des mois déjà. Pas de deuxième chance, et elle pouvait beaucoup moins se la jouer qu’avec le frère d’Ash qui semblait toujours tellement troublé lorsqu’elle lui lançait un regard ou lui adressait la parole en présence de sa sœur. Bizarre le grand frère, y’avait pas de doute.

« Et toi… » commença-t-elle, rassemblant ses forces, sentant le regard des deux autres sur elle, ce petit bout de femme qui devait avoir du courage à revendre pour s’en prendre au grand Jay. « Y’a vraiment fallu une photo d’Ash en mode pseudo-groupie pour que tu te bouges? Tu vois pas que cette fille-là c’est la meilleure chose qui puisse t’arriver? » elle la pointa, fièrement. « En tout cas, c’est la meilleure chose qui puisse m’arriver à moi, et je sais que j’ai pas vécu la moitié des merdes qui ont pu t’arriver par le passé. Et regarde, je suis tellement reconnaissante de sa présence dans ma vie que je suis en train de crier après un type qui pourrait m’en décocher une pour me faire taire du revers des doigts et ça m’assommerait pour les 3 prochains jours. » elle respira. « La laisse pas passer. Autant pour une histoire de textos idiots, que pour tout ce que vous risquez de vivre ensemble qui sera génial. Je te connais pas, je sais pas le moins du monde tu sors d’où, mais elle je la connais. Et c’est assez pour dire que votre histoire promets d’être la plus belle et la plus merveilleuse du monde. »

Elle hocha la tête, décidée, avant d’avoir le hoquet dû à son trop plein de bière et ses longues tirades. Voilà, la balle était dans leur camp et ils pouvaient bien avoir l’air de deux mecs perdus, Jay encore plus que Dek, mais ce serait à eux de se dégrouiller et de donner au moins un peu de respect à Ash. Fière, elle retourna sur son petit banc, faisant signe à Ash qu’elle avait fait de son mieux. Toutes deux, elles restèrent muettes un moment, attendant la suite, ne sachant pas que Dek pensait à tout autre chose maintenant et que Jason, lui, réfléchissait à des tonnes de trucs, trucs qui se mettraient peut-être ensemble un jour et qui finiraient par lui donner le coup de grâce, ce qui lui ferait enfin faire un pas dans la direction de celle qui pourrait bien être l’amour de sa vie. Devant tant de silences pesants, Lou n’en pouvant plus soupira longuement, avant de lever les épaules.

« Bon ben je crois que nous allons continuer notre rencart de filles. C’est pas vrai que notre soirée va partir en vrille et qu’elle finira de cette façon. Le plan? Vous nous payez un verre et on n’entend plus parler de cette histoire. »

Jason rigola, soulagé, comme si la petite rouquine venait de désamorcer une bombe, et fit signe à sa copine barman de la soirée de remplir 2 verres et de les apporter aux demoiselles. Puis il s’avança vers les filles, et Lou n’eut même pas le temps de se lever de sa place pour les laisser entre eux qu’elle entendit le bruit des lèvres de Jay se poser sur le front d’Ash. Le pauvre, il avait l’air déboussolé, incrédule, et tout le tralala, mais il n’en dit rien, se contentant de sourire et d’ajouter :

« Dek m’avait dit que tu serais ici, mais j’imaginais pas que ça finirait comme ça. Désolé, vraiment. Si tu veux, tu peux passer dormir chez moi après… ça c’est si t’es pas trop occupée à sexter avec des quinquagénaires. »

Woah, quand même. Lou étouffa un rire, voyant à travers les yeux brillants du garçon que ce ne serait pas long avant qu’il succombe entièrement à son amie, puis suivit les gars des yeux en tentant d’être menaçante, alors qu’ils s’éloignaient tous les deux d’elles pour reprendre leur vie. Ils se rapprochèrent bien vite de la sortie du bar, à savoir que leur soirée au Barking prenait fin plus vite que prévu, et entrainèrent avec eux la bande de potes qui leur servait de copains. Lou-Ann remarqua la copine de Deklan, dont Ash lui avait glissé un mot au début de la soirée et ne put qu’acquiescer à ce que sa copine lui avait confié, après que la belle prétendante ait léché de toute sa grosse langue molle l’oreille droite complète de Deklan.

« Yurk, elle est vraiment pas nette cette fille. En revanche, j’espère que les oreilles de ton frère le sont. »

Lueur d’espoir, au moment où la serveuse leur apporte un verre, Lou entend les premières notes d’une chanson de Bon Jovi, suivi de la voix d’un inconnu qui se met à hurler dans un micro, au fond du bar. Serait-ce possible? Après tout ce temps, le Barking Spider avait enfin finit par se munir d’une station de karaoke? Fan, mordue, complètement addict au karaoke, la belle rousse n’attendit pas un instant de plus avant de traîner Ash avec elle et d’inscrire leur nom sur la liste d’attente, avec « Can’t take my eyes off of you » comme chanson choisie. Cette soirée sous le thème de l’adolescence ne pouvait pas continuer sans une bonne dose de chansons des 90’s en version karaoke, surtout sachant à quel point la pauvre Lou n’était pas douée côté voix.

« Si t’es gentille, je te laisserai peut-être inventer une chorégraphie pour accompagner les paroles. » blagua Lou, médusée, attendant la fin de la chanson pour monter sur la minable scène avec sa pauvre copine qui se savait pas dans quoi elle s’embarquait.
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MessageSujet: Re: ASH&LOU - Light up the night.   Mer 1 Aoû - 10:30




« Je croyais pas que… je suis désolée. » La gêne que j'avais pu lire sur le visage de ma petite Lou' d'amour accentua ma colère. Car je savais que cette fille n'avait pas pensé à mal en jouant avec mon téléphone, et qu'elle ne pouvait pas savoir à quel point les mecs pouvaient monter sur leurs grands chevaux pour des histoires pareilles. Mais je ne lui en voulais pas le moins du monde, au contraire j'étais déçu que sa blague ait autant mal tournée, mettant ainsi à terme à la bonne humeur qui nous avait suivi jusque là. Après mon coup de gueule sur les gars, je m'étais préparée au pire, car je savais qu'à tout moment Deklan pouvait changer de discours et qu'après s'être excusé pour sa réaction il pouvait s'énerver, tellement il était vexé par nos remontrances. Quant à Jason, je ne savais pas à quoi m'attendre.

Mais, « zorro est arrivé » si je puis dire. Lou' du haut de sa petite taille a pris ma suite et s'est adressée à eux comme elle seule sait le faire ! Personne ne devait pouvoir rester en colère contre elle selon moi, car elle avait ce petit truc qui nous donnait automatiquement envie de tout lui pardonner et de la prendre dans nos bras. Après sa petite tirade à mon frère, elle passa près de moi pour qu'on se claque la main. Amusée, je m'exécutais ! Puis, ce fut au tour de l'homme de mes rêves. Aie ! Un nœud se forma dans mon estomac, je restais en haleine, incapable de bouger, appréhendant la tournure qu'allaient prendre les choses. Son petit laïus, ventant mes mérites et combien j'étais formidable me fit rougir comme jamais. Il y avait peu de personne sur Terre qui tiendrait pareils propos à mon sujet, j'étais plus habituée à entendre que j'étais bizarre. Et quand elle dirigea sa tirade vers « l'histoire » que nous allions avoir lui et moi, je ne savais plus où me mettre. LE sujet tabou, celui que je n'osais pas aborder avec Jason quoi ! Quand la demoiselle revînt se poser à mes côtés je lui fis un sourire reconnaissant, passant mon bras autour de ses épaules et l'attirais à moi pour lui glisser quelques mots dans l'oreille.

T'es géniale, tu le sais ça ?

Puis, comme les deux autres n'avaient pas ajouter un seul mot et que l'atmosphère était encore un peu tendue, Lou-Ann poussa un profond soupir avant d'ajouter : « Bon ben je crois que nous allons continuer notre rencart de filles. C’est pas vrai que notre soirée va partir en vrille et qu’elle finira de cette façon. Le plan? Vous nous payez un verre et on n’entend plus parler de cette histoire. » Ce qui déclencha nos rires à tous. Voilà, elle avait encore su empêcher une apocalypse menaçante et détendre tout le monde. Quelle nana ! Elle pourrait faire négociatrice de prise d'otage, non ? J'imaginais déjà la publicité : « Le SWAT n'est d'aucune aide ? La situation est bloquée et la mort des otages vous semble inévitable ? Miss Abbot est là pour vous. » Jay se chargea de passer la commande de nos boissons – il faut dire qu'il était le mieux placé pour ça – et vint vers nous. Je déglutie péniblement, un peu nerveuse à son approche, mais sans raison aucune vu qu'il déposa un baiser sur mon front. Aucune tension entre nous pour mon plus grand plaisir. « Dek m’avait dit que tu serais ici, mais j’imaginais pas que ça finirait comme ça. Désolé, vraiment. Si tu veux, tu peux passer dormir chez moi après… ça c’est si t’es pas trop occupée à sexter avec des quinquagénaires. » A sa blague, je lui donnais une tape sur le bras, riant de bon cœur. Ça allait me suivre longtemps cette histoire de vieux ?!

Je viendrais.

Oh que oui j'irais chez lui ! D'abord parce que j'aurais probablement besoin de vérifier qu'il n'y avait pas de soucis entre nous après tout ça, mais aussi parce que je ne dormais jamais aussi bien que dans ses bras. D'accord il m'avait fallu un peu de temps pour m'habituer à ne pas être seule dans un lit et donc à ne pas prendre toute la place et pour m'habituer à ses quelques ronflements qui me semblaient si mélodieux étant donné mes sentiments pour lui, mais à présent lorsque je passais la nuit chez moi, seule dans ma chambre, j'avais des difficultés à sombrer dans les bras de Morphée, car il manquait quelque chose dans ce tableau. Je ne savais pas encore dans quel état je débarquerais chez Jay', si je n'allais pas être trop saoule... Au pire je garderais le silence et me contenterais de me glisser dans les draps.

Puis ils nous laissèrent, répondant ainsi à la demande de mon amie. Comme elle, je les suivis du regard et ne pus que voir la scène où mon frangin se faisait nettoyer l'oreille. Pouah ! Heureusement que j'avais l'estomac bien accroché ! « Yurk, elle est vraiment pas nette cette fille. En revanche, j’espère que les oreilles de ton frère le sont. » Je partais dans un fou rire, les larmes me montant aux yeux et les joues devenant douloureuse. Si seulement Lou' savait la moitié des choses que j'avais pu découvrir sur cette nana avec ce que m'avait raconté Deklan ! Oui, je ne vous cacherais pas que je m'en serais bien passé de ses histoires de fesses, mais j'avais senti qu'il avait besoin de se confier, et surtout de voir ma réaction lorsqu'il me détaillerait cette fille. Car ça l'amusait au fond de me présenter des cas comme celui-là je pense, à croire qu'il voulait tester mes limites, voir quand j'oserais lui dire franchement d'arrêter tout ça, de les plaquer, pour avoir une excuse. Ou juste du soutien ? Je n'en savais rien.

Lorsqu'on vint nous servir, ma bonne résolution de boire café flancha. Ma colère s'était dissipée, laissant place au bonheur d'être là en si bonne compagnie. Je poussais donc ma tasse et accueilli avec un grand sourire les bières que Jason nous avaient offerte. On ne refuse pas les cadeaux, c'est mal poli ! Alors que j'allais la savourer avec délectation, Lou' m’entraîna une nouvelle fois à l'autre bout du bar. Cette fois j'avais veillé à garder mon verre. On ne me ferait pas le coup une troisième fois, non mais ! C'était ce qu'il y avait de plus sadique à faire à une galloise, lui faire miroiter du houblon pour le lui retirer par la suite ! « Si t’es gentille, je te laisserai peut-être inventer une chorégraphie pour accompagner les paroles. » De quoi ? Oh merde ! J'écarquillais les yeux à la vue de ce qui m'attendait. Karaoké. Un mot qui m'avait toujours fait trembler. Non pas que j'en avais peur, ça me mettait juste dans l'inconfort. Parce que je faisais partie de ces personnes qui refusent d'émettre la moindre mélodie en public. Parce que j'étais persuadée depuis mon enfance d'avoir une voix de merde et que j'avais convaincu les gens que m'entendre leur ferait saigner les oreilles, pour avoir la paix. Parce que la dernière personne pour qui j'avais chanté, c'était ma grand-mère, à son enterrement. Non, depuis lors je ne chantais que pour moi, et encore c'était rare.

Tu sais quoi ? Je vais me contenter de t'encourager! Mais le regard noir de Lou' me fit comprendre que je n'avais pas le choix, que je devais y passer.

Pendant que Lou' fixait la scène avec attention, je déambulais dans la pièce, à la recherche d'un endroit où me planquer, ou d'une corde pour me pendre... Ma bière à la main, je la descendis avec une rapidité effrayante, fébrile. J'abandonnais mon verre vide sur une table isolée et continuait mon exploration. Dans un coin de la pièce, je remarquais un carton entrouvert. De nature curieuse, je m'approchais, m'accroupis et entrepris de le fouiller. Étrange... Une veste à paillettes, une perruque fluo, un chapeau de cow-boy rose bonbon... Intriguée, j’interrogeais une serveuse qui passait par là et qui m'expliqua que c'était des objets abandonnés après un enterrement de vie de jeune fille ou une soirée déguisée, et que le bar les laissait à la disposition des clients. Et que donc, si ça m'amusait, je pouvais piocher dedans. Han, ouais !

Hey Lou' viens voir ça, tu vas adorer !!!

En l'attendant, je farfouillais à l'intérieur du carton à la recherche de mon bonheur. Je me saisis d'un bout de tissu parsemé de plumes et tirais dessus. C'était plus grand que ce que je pensais, et il me fallut un moment pour réaliser que j'avais un costume de poulet entre les mains. Poulet... Flic... C'était un signe ! J'allais être super ridicule quoi que je fasse, alors autant le faire avec « classe ». J'ajoutais à ça des lunettes de soleil en forme d'étoiles et à paillettes. Je me déchaussais pour enfiler mon déguisement qui sentait atrocement le whisky et mettais les lunettes sur mon nez. Je me tournais vers Lou' qui fouillait à son tour le carton magique et tournais sur moi même pour qu'elle admire le travail.

Alors ? Miroir miroir, dis moi qui est la plus belle !

Prêtes à en mettre plein les yeux aux quelques rares survivant de la soirée et pliées de rire, on s'avança fièrement vers la scène et y grimpait avec la démarche et le maintien de reines. On allait à l'échafaud, mais avec dignité haha ! Je me saisis d'un micro et Lou' en fit de même. Toujours tremblante, je lui lançais des petits regards de biche prise dans les fars d'une voiture. La musique commença, et je laissais mon amie démarrer la chanson avant de venir timidement mêler ma voix à la sienne. Plus la chanson avançait et plus je prenais confiance, plus je me lâchais. Enfin le refrain arriva et ma voix était à sa pleine puissance. Ignorant les spectateurs, je me dandinais, sautillais et chantais de bon cœur.

I love you babyy and if it's quite all riiiiight I need you babyyy to warm a lonely niiiiiiiight I love you babyyyy trust in me when i sayyyyyyy. Oh pretty babyyyyyy don't bring me down, I pray oh pretty babyyynow that I've found this day So let me love you babyyy let me love youuuuuuuu


Même une fois la musique fini, on continuait, refaisant un dernier refrain, pour le fun ! Je n'avais pas encore osé regarder les gens, voir leur réaction, je retardais cet instant au maximum, ne fixant que ma Lou', riant avec elle.

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MessageSujet: Re: ASH&LOU - Light up the night.   Jeu 2 Aoû - 17:02

Qu-what?! Quelqu’un qui n’aimait pas le karaoké? Une personne sur cette Terre, et une seule hen, qui n’avait pas encore succombé aux joies de tenir un micro et de chanter des paroles que l’on connaît par cœur depuis toujours, avec pour seul support un rythme de synthétiseur et un écran affichant des mots pixélisés? L’adrénaline qui coule dans nos veines quand on reçoit une ovation à la fin? La sensation d’être entré dans le corps de notre star de la musique favorite et de prendre sa place, rien que pour une chanson? Lou ne voulait pas y croire. C’était trop pour elle. Comme si on lui annonçait d’un coup que les licornes, le Père Noël et les Calinours n’existaient pas. Franchement? À d’autres. Elle lui lançait donc le plus désapprobateur et le plus blessé des regards à la fois, encore toute submergée de l’énergie que lui avait procuré ses deux petits speechs aux garçons un peu plus tôt. Elle était prête à défendre son point, fallait juste lui donner le signal de départ elle est partirait en vrille. Ah ben tiens, et pourquoi elle n’attendait justement pas de recevoir le feu vert? Et si elle profitait des quelques secondes de silence et d’indécision de son amie pour en rajouter une couche et s’assurer de ne pas se retrouver toute seule à faire la star dans 5 minutes?

« Tu sauras, Ashleigh Monaghan, que le karaoké est une invention bénie. Si tout savait tout le potentiel qu’il y a là-dedans, tu t’en sauverais beaucoup moins. » elle fit semblant de remonter de fausses lunettes de scientifique sur son nez. « Le karaoké, c’est le plus belle démonstration de notre subconscient. C’est ce qui définit dans quel clan nous sommes, même si nous-même on en a pas la moindre idée. Des exemples? » elle se répondit avant que la belle blonde la précède. « Regarde par là. » elle pointa le couple sur scène au moment où elle parlait. « Elle, elle est typiquement dans le groupe des introvertis. Tu les reconnaîtras à leurs petits gémissements lorsqu’on propose de faire un karaoké. Ils seront aussi ceux qui prétexteront que le micro ne fonctionne pas, qu’ils voient mal l’écran, que la chanson en leur dit rien… Ce sont des radins. T’es une radin? » demanda-t-elle, sérieusement. « Et lui, c’est l’archétype du pauvre looser. Il a toujours été un peu en retard sur la classe, il connaît pas son corps, si ça se trouve il est encore vierge, et rien qu’à le voir danser on sait qu’il est coincé. Ce sont eux aussi qui choisissent toujours des chansons moroses que personne aiment vraiment chanter. Trop basses, trop lentes… ils cassent le party en bref. Il a peut-être même un béguin pour elle et s’est servit d’un prétexte de karaoké pour chanter un duo fleur bleue et peut-être finir la chanson en s’embrassant. Le fait qu’elle soit pas à 100% investie doit lui briser le cœur. Mais il lutte. » elle respira. « Alors, t’es dans leur clan ou dans le nôtre? »

Contente de son monologue, Lou s’applaudit un peu avant de faire une révérence, puis elle se reconcentra sur la scène, détaillant le couple qui se formait peut-être devant elle. Machinalement, elle glissa ses doigts dans son sac pour en sortir son portable – de penser à une couple naissant lui ramena prompto l’image de Jonah, et de Billie, en tête et elle cru bon de valider s’il ne l’avait pas texté, depuis le début de la soirée. Le cœur battant, elle jeta un coup d’œil à son écran et se fit renvoyer une image d’elle et de Joey qui faisaient une grimace à la caméra. Pas de nouvelles de son meilleur ami, si c’était bien la place qu’il souhaitait encore occuper. C’était dur tout ça, et à la longue, ça en devenait plus difficile de devoir toujours s’occuper, de penser à autre chose qu’à ça. De chasser les pensées noires, de ne pas savoir où se mettre, de vivre dans les disputes et les soupirs. Encore une fois, Ash vint à sa rescousse et l’attira près d’elle, ayant dégoté sans le savoir le plus beau trésor que Lou-Ann ait vu de toute sa vie : une boîte remplie de costumes de toutes sortes. O-M-G. Abbott retrouva l’étincelle dans ses yeux et plongea la tête la première dans cette caverne d’Ali baba, en ressortant avec des oreilles de lapin qu’elle se mit sur la tête, en plumes d’un boa de plus roses qui n’en finissait plus. Le sourire aux lèvres, elle continua son expédition et ses jolis doigts tombèrent sur des souliers de clowns beaucoup trop grands mais colorés au possible qu’elle enfila. Son déguisement se termina par un nez de sorcière en plastique vert, qu’elle se passa autour du visage, avant de se lever d’un bond et de faire volteface vers Ashleigh.

« Quoi?! » ne pût-elle pas s’empêcher de lancer, en voyant le costume de poulet. « La classe!! »

« Alors ? Miroir miroir, dis moi qui est la plus belle ! »

Ash tournoya sur elle-même et Lou vint faire pareil à ses côtés, s’éclatant de rire comme jamais.

« Disons que ça, ce sont nos costumes de superhéros. Ce serait quoi mon nom? Et mes supers pouvoirs? » elle s’arrêta, faisant mine d’être prête à défendre la ville du crime. « Toi en tout cas, t’es Superpoulet. Et ton pouvoir, c’est de lancer de l’huile à friture dans les yeux des malfrats pour les immobiliser et pouvoir mieux les attraper. »

On nomma leurs noms et Lou sursauta, se demandant bien qui venait les déranger pendant les brainstorms de superhéroïne, jusqu’à ce qu’elle se retourne insultée, et voit que le mec à la console brandissait deux micros dans leur direction. C’était le moment de briller! La rouquine s’avança, paradant son déguisement d’un peu n’importe quoi, puis grimpa sur la scène sous les maigres applaudissements des 5 personnes restantes dans le bar. Elle fit un tour sur elle-même, satisfaite, avant de présenter sa copine blonde et de faire signe à la foule qu’elle n’entendait pas leurs encouragements en se collant une main à l’oreille. Pathétique xD. La chanson débuta, les deux filles accordèrent leurs voix du mieux qu’elles purent et s’en suivit d’une démonstration de talent à l’état pur, d’une rousse un peu bourrée qu’il s’élançait sur la scène, faisant l’avion, sautant sur place, se jetant à genoux durant le refrain et tentant même de grimper sur les épaules d’Ash qui éclate de rire sous son attaque. Des cris, des moments plus langoureux, des sourires et des éclats de rire : les deux amies étaient probablement en train de passer un excellent moment qui aurait facilement pu être brisé par l’envie soudaine de Lou-Ann de faire du bodysurfing – elle s’imagine une foule en délire de plusieurs milliers de personne hen – et une possible situation de commotion, mais la chanson se termina bien vite et la rouquine évita de prendre la chute de sa vie en tenant le refrain 1, 2, et même 3 fois de suite avec Ash. Des rockstars, des vraies.

Essoufflée, heureuse, Lou brandit le poing dans les airs, avant de prendre son verre de bière qu’elle avait laissé traîner au pied de la scène et de le boire d’un trait. Ça donnait soif être une vedette. Devant ça, le mec à la console pliait bagage, fermant officiellement le karaoké pour la soirée – quoi déjà?! – et la maigre foule finissait leur verre avant de prendre la direction de la sortie de l’établissement. Haaaaaaaan.

« Mais attendez! Qui va immortaliser ce moment si y’a personne pour jouer le rôle de la foule en délire pendant qu’on fait comme si on chantait? » demanda Lou à tout vent, déçue de perdre si vite sa popularité grandissante.

Une serveuse qui ramassait des verres près d’elles s’approcha, le sourire aux lèvres. Elle proposa de prendre au moins une photo de leur costumes, pour la postérité, et Lou fût au moins satisfaite pour ça. Retrouvant le sourire, elle agrippa le bras de son amie et se colla à elle, faisant la pose, imaginant que si elles avaient envoyé une photo du genre aux garçons, la réaction aurait été toute autre. Non mais un poulet et une sorcière-lapin-clown-pop star, ça ne court pas les rues, nah?

« Qui aurait cru que de vieux déguisements d’enterrements de vie de fille serviraient autant.» s’étonna la serveuse, tendant l’appareil photo aux filles et les laissant là à se marrer face à leur photo où elles avaient l’air si fières et si ridicules en même temps.

« Un enterrement de vie de fille?! » s’exclama une voix perçante, à l’autre bout de la salle, et une bande de filles que Lou n’avait pas remarquée depuis le début de la soirée se précipita vers elles, beaucoup trop enjouées pour la ligue. « Wowwwwwww! »

L. se détailla, puis détailla sa copine. Wow? Disons qu’elles ne gagneraient pas de concours de beauté avec leurs costumes pleins de sueurs et sentant l’alcool.

« Je suis Jenna. » se présenta celle qui les avait interpellé plus tôt. « Je me marie dans un mois et mon enterrement de célibataire est le week-end prochain! Laquelle d’entre vous est la future mariée? Et elles sont où les autres? » ses yeux brillaient, on aurait dit qu’elle avait attendu ce moment toute sa vie et que là, elle pouvait enfin en discuter avec une fille qui comprendrait, une autre future mariée… elle ne semblait pas prête à lâcher le morceau.

« Je, eum… les autres sont aux toilettes. » Lou patinait, la fille haussa un sourcil. « Elles sont parties en fait. Ne reste que nous deux. » elle lança un regard perdu à Ash.

« Oh, elles sont moches. » répondit l’autre du tac au tac. « Je suis tellement euphorique… mais en même temps j’ai la frousse de ma vie. » se confia-t-elle, les yeux pleins d’eau. « Laquelle d’entre vous se marie, donc? »

Bon. Deux choix s’offraient à Lou. Soit elle inventait un mensonge sur un mariage, sur une belle histoire d’amour qui a bien débuté et qui sera la plus belle de toute la vie, soit elle se faufilait vers la sortie avec Ash et laissaient les filles avec leurs problèmes, dans l’espoir de trouver un autre bar encore ouvert, ou alors d’aller dévaliser la collection de bouteille de vodka de ses parents qui sait. Le petit ange sur son épaule lui disait de rester encore un peu, d’aider cette pauvre fille à chasser ses craintes et à accueillir à bras ouvert l’amour de sa vie. Son petit diable lui disait de se claquer vite fait avec le mec à la console de karaoké pour coucher avec lui et avoir un accès illimité à des soirées de folies chantantes. La raison eut raison d’elle.

« Ma copine Ashleigh ici présente épousera son amour d’adolescence dans deux semaines. » inventa-t-elle, après avoir filer un coup d’œil à son amie pour s’excuser vite fait.

« Oooooooooooh! » lancèrent toutes les filles, en choeur, émues.

« Elle a follement hâte et sait pertinnement que ce sera le plus beau jour de sa vie. Alors, t’inquiètes pas. » elle abrégea, rassurant rapidement l’autre, prenant le poignet d’Ash et planifiant leur évasion.

« Je peux voir une photo du futur mari? » le stoppa la future mariée dans leur élan, se tournant vers Ash. « Oh, et si vous nous laissiez passer le reste de la soirée avec vous? Si on faisait comme si c’était une répétition pour mon enterrement à moi? Ça me rassurerait tellement… »
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MessageSujet: Re: ASH&LOU - Light up the night.   Dim 5 Aoû - 23:04




Apparemment nous étions les dernières à chanter ce soir, car à peine on eut terminé de nous égosiller que tout le monde rentrait chez lui, même le gars qui se chargeait du karaoké. Dommage, car j'avais plein d'autres idées de chanson, toute plus cucul les unes que les autres. Eh oui, une fois que je suis lancée on ne m'arrête plus. Excepté ce soir, là je n'avais pas trop le choix. « Mais attendez! Qui va immortaliser ce moment si y’a personne pour jouer le rôle de la foule en délire pendant qu’on fait comme si on chantait? » Je n'étais pas la seule à être déçue que cela s'arrête aussi rapidement. Après tous les efforts que nous venions de fournir et tout ce que nous avions offert à notre public, on nous tournait le dos aussi facilement. Ah ben ça valait le coup de prendre sur moi et de me donner en spectacle hein ! A moins que ce soit le costume de poulet qui les fasse fuir comme ça ? C'était fort possible...

Nous sommes trop talentueuses pour eux, ils sont jaloux...

Bien évidemment je n'y croyais pas une seconde, on avait du être plutôt catastrophique, et les accrocs au Karaoké, ceux qui ne pensent qu'à ça, qui espère même peut-être un jour percer dans le monde de la musique, ont du avoir des hauts le cœur en nous voyant débarquer avec nos gros sabots haha ! Heureusement une serveuse vint à notre rescousse et accepta de nous prendre en photo avec l'appareil de Lou'. Enfin quelqu'un de sympathique, qui a apprécié notre show à sa juste valeur ! « Qui aurait cru que de vieux déguisements d’enterrements de vie de fille serviraient autant.» Ah ça... Devais-je lui signaler qu'il faudrait penser à les laver si elle espérait vraiment que d'autre les portent ? Étant donné que Lou' et moi étions sous l'effet de l'alcool, nous n'avions pas fait nos difficiles, les enfiler ne nous avait pas rebuté, mais à mon avis les autres personnes devaient y réfléchir à deux fois.
Franchement ? La photo était horrible, ça se voyait qu'on avait bu et ne parlons pas des costumes, mais c'était ça qui la rendait fantastique ! Un souvenir de plus d'immortalisé sur des mégaoctets.

« Un enterrement de vie de fille?! Wowwwwwww! » Mon sang se figea dans mes veines. La chaire de poule se propagea le long de mes avant-bras tandis que mes cheveux se dressaient sur ma nuque. Sans les avoir vu, mon instinct me dictait déjà de les fuir. Ça sentait l'hystérique à plein nez et j'avais horreur de ça. Voyez-vous, il est vrai que Lou' est très démonstrative comme fille et que sa voix atteint des notes dont j'ignorais l'existence avant de la connaître, mais je n'avais jamais eu ce genre de réaction épidermique en sa présence. Parce qu'elle n'était pas comme elles, qu'il y avait tant de choses merveilleuses sous cette voix haut perchée. Alors que là, selon moi, il n'y aurait rien d'autre. Et je les vis. Ce qui ne changea rien à mon envie de m'éloigner d'elles. « Je suis Jenna. Je me marie dans un mois et mon enterrement de célibataire est le week-end prochain! Laquelle d’entre vous est la future mariée? Et elles sont où les autres? » Pas besoin de chercher plus loin, je la trouvais déjà très chiante. Et d'une, j'étais en soirée avec ma petite rouquine et rien qu'avec elle. Et de deux, on avait réussi à éjecter Deklan et Jay' de la partie. Alors ce n'était pas ces nanas qui allaient me gonfler ! Sans parler de son regard de merlan frit... J'avais envie de l'envoyer chier, de lui demander de quoi elle se mêlait au juste. « Je, eum… les autres sont aux toilettes. Elles sont parties en fait. Ne reste que nous deux. » lui répondit Lou'. Avec son grand cœur elle était capable de les laisser s'incruster et ça m'inquiétait. Autant pour les papy rockstar je ne dis pas, c'était marrant jusqu'à l'arrivée des gars, car contrairement à elles ils ne nous avaient pas hurler dessus comme des adolescentes attardées, ni posé autant de questions en une petite seconde. Mais là...

« Oh, elles sont moches. » s'exclama l'autre ahurie. N'insulte pas mes amies imaginaires toi, non mais ! Je suis tellement euphorique… mais en même temps j’ai la frousse de ma vie. » Ah bah oui, bien sur. Une partie de moi se disait que le futur marié devait être encore plus stressé à l'idée de passer le reste de sa vie avec elle. En même temps me direz-vous, s'il l'avait demandé en mariage il devait savoir à quoi s'attendre, et donc il ne devait pas être mieux. « Laquelle d’entre vous se marie, donc? » J'ouvrais enfin le bec et allais protester verbalement à tout ce babillage, mais avant qu'un son ne sorte de ma bouche, Lou' me devança. « Ma copine Ashleigh ici présente épousera son amour d’adolescence dans deux semaines. » « Oooooooooooh! » Hey mais pourquoi ça tombait toujours sur moi ces conneries la ? Et... Une minute ! Mon amour d'adolescente ? Vraiment ? Alors là chapeau Lou-Ann, si tu savais avec qui je sortais à cette époque, jamais tu ne dirais ça. Et l'image de moi-même en tenue de mariée, style meringue sur patte, faisant face à un Jackson engoncé dans un smoking à la James Bond me vint à l'esprit. Esprit aux prises avec l'alcool je tiens à le rappeler. Je luttais contre moi-même, tentant de garder mon sérieux, de sceller mes lèvres, mais déjà elles esquissaient un début de sourire qui s'élargit par spasme, et enfin je partis dans un fou rire incontrôlable. Je m'éloignais donc de la petite troupe, cherchant à reprendre un semblant de calme et à récupérer mon souffle par la même occasion. Mais rien n'y faisait, je terminais pliée en deux dans un coin de la salle, appuyée à une chaise pour ne pas tomber, les larmes me montant aux yeux et les abdominaux douloureux.

Au bout d'une ou deux minutes mon corps commença à se détendre, et je pus enfin respirer. Poussant des soupirs de soulagement mêlés de restes de rire, je me redressais, lissais les pans de mon costume par réflexe et revint aux côtés de Lou'. Récupérant mon verre j'en bus une gorgée. « Elle a follement hâte et sait pertinemment que ce sera le plus beau jour de sa vie. Alors, t’inquiètes pas. » Je manquais de m'étrangler avec ma bière. Le plus beau pour sur, d'autant plus qu'on formerait un couple idéal à présent hein ? Et mes collègues de travail seraient heureux d'assister à de telles noces. Puis je sentis Lou-Ann m'attraper par le poignet. HALLELUJAH ! Elle aussi voulait mettre les voiles ! Mais... « Je peux voir une photo du futur mari? Oh, et si vous nous laissiez passer le reste de la soirée avec vous? Si on faisait comme si c’était une répétition pour mon enterrement à moi? Ça me rassurerait tellement… » C'était quoi son délire à Bambi ? J'étais une souris de laboratoire, c'est ça ? En gros, la future mariée que j'étais devait perdre son temps et la fin de sa soirée pour ses beaux yeux ? Han le culot ! Pendant qu'on y était, pourquoi ne me demandait-elle pas de tester son homme pour la nuit de noces hein ?

Pour répondre à ta première question : non. Car je n'en ai pas sur moi. Je tournais sur moi même pour lui faire remarquer mon costume de poulet et mon absence de sac. Ensuite... Le reste de la soirée ? Ça ne va pas être possible, il se fait déjà tard et... ses yeux devinrent de plus en plus humide. Elle était prête à pleurer d'un instant à l'autre et ça me mit mal à l'aise. J'avais horreur de ce genre de chantage affectif, mais malgré tout cela fonctionnait. Tout pourvu qu'elle arrête ! Bon, vas pour un verre. Que tu vas nous payer, parce que c'est MON enterrement ce soir.

Je lançais discrètement un clin d’œil à mon amie. Non mais quoi ? Quitte à devoir supporter ces nanas un peu plus longtemps, autant qu'elles nous payent à boire, cela me poussera peut-être à plus les apprécier. Bambi n'hésita pas longtemps. « D'accord ! » On suivit les filles et la barmaid accepta de s'occuper de nous mais nous fit comprendre que ce serait le dernier service. Intérieurement je jubilais, cela nous aiderait à nous débarrasser d'elles. On s'installa toutes autour d'une table, mais je restais à côté de Lou', pas vraiment décidé à faire copine copine avec les « autres ». Je me trouvais déjà bien gentille jusqu'à présent, il ne faudrait pas abuser non plus. « Vous prenez quoi les filles ? Un Appletini ? Un Manhattan ? » Pourquoi pas de l'eau minéral pendant qu'on y était ?! Voilà une chose de plus qui me prouvait qu'on ne pouvait pas s'entendre, on ne parlait pas le même langage. J'étais toujours méfiante avec les gens qui n'appréciaient pas une bonne bière bien fraîche, ils étaient louches à mes yeux.

Une pinte. De Guinness. précisais-je à la serveuse qui était venu prendre notre commande.

Les filles étaient en pleine discussion, je n'en comprenais pas un mot ne percevant que des « hiiii » et des « oooh ! ». J'avais l'impression d'être face à des étrangers... Voir des extra-terrestres. Et encore, le klingon semblait moins compliqué à apprendre. Alors que j'espérais que passer une partie de la soirée avec elles se limiteraient à les observer telles des créatures d'un autre monde, Jenna changea mes plans et, attrapant une chaise sur la table derrière la notre, s'installa entre Lou' et moi. Je savais que j'aurais du coller mon amie plus que ça, pour protéger notre espace vital ! Eh merde. « Alors ? Comment as-tu rencontré ton futur mari ? Moi ça été un coup de foudre en plein dans le métro, comme dans les films ! » C'était quoi cette habitude de poser des questions sans laisser le temps aux autres de répondre ? Ça m'agaçait et j'estimais que la faire descendre du nuage des Bisounours ne serait pas une mauvaise chose. Sa vie était trop belle à mon avis, ce n'était pas normal.

Oh c'est simple... On est s'est rencontré au lycée, on a commencé à sortir ensemble et je suis tombée enceinte. Il a fallu qu'on arrête les cours... Mais ce n'est pas grave hein, on s'en sort très bien ! Il bosse avec mon père dans une usine, et moi je suis strip teaseuse. On s'en plaint pas, on est heureux, à la fin du mois on arrive à se permettre une petite sortie, le plus compliqué étant de caser notre gamine chez quelqu'un... Mais on s'aime ! Et on a enfin décidé de passer devant le maire, histoire que notre prochain gosse ne naisse pas en dehors du mariage. je caressais mon ventre comme toute future maman.

Bambi resta muette. Ha ! Je lui avais coupé la chique, enfin ! En même temps j'y étais peut-être allée un peu fort... Prétendre être enceinte tout en consommant de l'alcool... Tant pis, elle l'avait cherché ! Un sourire victorieux prit place sur mes lèvres. « Euh... Et toi ? Tu es en couple ? » finit-elle par demander à ma petite rouquine, désireuse de changer de conversation mais surtout d'interlocutrice.
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MessageSujet: Re: ASH&LOU - Light up the night.   Mer 8 Aoû - 3:22

Lou-Ann avait cette particularité d’attirer les cas spéciaux autour d’elle. Parfois, elle découvrait des perles, des gens avec des personnalités du tonnerre, un humour décapant, des opinions bien arrêtées et un caractère différent mais rafraîchissants. Comme avec Ash, ou Connor, Joey, et même Jonah. De vrais personnages, des gens qui sortaient de l’ordinaire et qui l’avaient charmé dès le premier regard. Puis, il y avait les autres. De vrais cas ceux-là, des types bizarres et SDF qui rôdaient dans les rues de L.A. la nuit et qui finissaient par venir lui raconter leurs problèmes à 2h du mat’ alors qu’elle attendait son taxi. Des étudiantes à l’université en pleine crise existentielle qui pensaient à mourir plutôt qu’à finaliser leur exam de chimie biologique et qui s’enfermaient dans les toilettes et bloquaient l’accès, jusqu’à ce que Lou, qui attendait dans la file sagement, arrive à les consoler et à leur faire voir un avenir heureux. Des amoureux transis qui se confiaient sur leurs problèmes de cœur, des voyageurs qui tenaient absolument à s’inviter chez elle pour lui concocter des plats typiques de leur région, des parents d’enfants qu’elle traitait à l’hôpital et qui étaient clairement dysfonctionnels et qui finissaient par lui raconter que leur gamin était une erreur et qu’ils avaient besoin de conseils pour l’élever… et des futures mariées névrosées. C’était typique que ce petit groupe lui tombe dessus vu sa capacité à attirer les gens pour le moins différents. Et ça aurait pu être marrant. Lou aurait facilement pu se mettre à rigoler avec elles à commander des verres, à partager un faux-bonheur de fiancée… mais quelque chose clochait. Une attitude pincée, piquante, superficielle qu’on lui reprochait souvent d’avoir, mais qu’en fait qu’elle ne faisait que calquer pour en rire. Vous lui auriez proposé de venir se balader en tout-terrain dans les chemin boîteux de votre campagne qu’elle aurait filer ses stilettos à des sans-abris et qu’elle serait embarqué derrière vous.

Lou-Ann avait essayé de fuir, Ashleigh l’avait secondé, mais les filles semblaient beaucoup trop attachées à l’espoir de vivre un semblant d’enterrement de vie de fille qu’elles durent se rendre à l’évidence que de prendre un verre avec elles serait la seule issue. Au moins, elles n’auraient pas besoin de débourser un rond, si ça se trouve, Jay, les Dingoes et ces nunuches leur auraient permis d’avoir une soirée presque gratuite c’est pas rien!, et la belle rouquine haussa donc les épaules, prête pour le dernier round, suivant docilement sa copine blonde et tiltant à peine lorsqu’on proposa des cocktails de gamines qu’elle aurait bien enfilés comme une championne mais auxquels elle résista en voyant la mine d’Ash qui se retenait de ne pas leur pouffer à la figure.

« Une pinte. De Guinness. » déclara la galloise, et Lou fit signe à la serveuse qu’elle prendrait la même chose.

« C’est quand même du joli une sorcière et un poulet qui boivent de la bière dans un bar typiquement rock. » murmura-t-elle à l’oreille de son amie, moqueuse.

Abbott leva la tête, remarquant une des filles, isolées des 3 autres qui ne cessaient de papoter en même temps, et qui était occupée à tresser des bracelets de l’amitié. Drôle d’idée de traîner son attirail de bijoux en soirée avec les copines, mais la rousse ne pu décoller ses prunelles des doigts de l’autre qui tressaient sans prendre de pause et bien vite elle fût comme hypnotisée par le geste. Bon, faut dire que le taux d’alcool qu’elle avait dans le sang ne se dissipait pas aussi vite que prévu et que c’était maintenant facile pour elle de prendre un fixe et de ne plus lâcher, se mettant à divaguer, et elle fini bientôt par tresser elle aussi des bracelets, comme si c’était la chose la plus naturelle du monde à faire, comme si ses doigts n’avaient été faits que pour ça et comme si c’était son boulot à temps plein. Amy, la fille aux bracelets, semblait bien contente d’avoir une copine pour l’aider à la tâche et Lou ne pensa même pas une fois à lui demander pourquoi elle faisait ça, ce qu’elle en retirerait. Elle était peut-être autiste ou un truc du genre. Ou alors elle était la petite sœur de l’une des filles et avait été forcée de les suivre pour une raison obscure et c’était ce qu’elle avait trouvé de mieux à faire pour ne pas sentir que sa soirée avait été une totale perte. Lou lui sourit distraitement, se souvenant exactement ce que ça pouvait faire de ne pas se sentir à sa place, d’être submergée par des gens qui ne nous ressemblaient pas et à qui on ne voulait pas ressembler non plus. Cette sensation, ces filles, ce genre de soirée… ça lui rappelait ses années à graviter dans la famille Abbott, à prendre part à des cocktails d’enfants de riches puérils et snobinards qui ne faisaient que la mettre mal à l’aise. Par chance la bière arriva, et la rouquine pût chasser ces quelques souvenirs noirs de son esprit pour se concentrer sur son verre et sur la longue gorgée qu’elle prévoyait y prendre.

« Alors ? Comment as-tu rencontré ton futur mari ? Moi ça été un coup de foudre en plein dans le métro, comme dans les films ! » Lou sursauta, n’ayant pas du tout vu venir l’autre entre elle.

« Oh c'est simple... On est s'est rencontré au lycée, on a commencé à sortir ensemble et je suis tombée enceinte. Il a fallu qu'on arrête les cours... Mais ce n'est pas grave hein, on s'en sort très bien ! Il bosse avec mon père dans une usine, et moi je suis strip teaseuse. On s'en plaint pas, on est heureux, à la fin du mois on arrive à se permettre une petite sortie, le plus compliqué étant de caser notre gamine chez quelqu'un... Mais on s'aime ! Et on a enfin décidé de passer devant le maire, histoire que notre prochain gosse ne naisse pas en dehors du mariage. » expliqua Ash, le plus calmement du monde.

La rouquine se pinça alors très fort les lèvres pour ne pas éclater de rire. Devant les regards intrigués, outrés, et surtout dépassés parce qu’à peine après avoir annoncé son gros tas de bêtises la belle blonde trempait ses lèvres dans sa Guinness, Lou cru bon d’ajouter, simplement pour les rassurer hen, :

« Oh, la bière? C’est rien. Le médecin a dit que c’était moins douloureux d’arrêter le crack si elle continuait de boire, comme pour relaxer son corps et l’empêcher de faire des chocs nerveux. »

Silence général, l’assistance se toise du regard, mal à l’aise. Y’avait qu’Amy qui souriait en coin et Lou le lui renvoya. Elle, elle ne deviendrait pas aussi insipide que les autres, la jeune fille en était sûre.

« Euh... Et toi ? Tu es en couple ? » demanda alors Jenna, brisant la glace, jetant un coup d’œil à Lou-Ann qui écarquilla les yeux.

En couple, hen? En couple avec qui? Avec Parker, le photographe salaud qui lui avait brisé le cœur après lui avoir fait connaître le grand amour et qui maintenant se retrouvait à l’autre bout du monde à charmer – et détruire – d’autres pauvres vierges innocentes? Avec Jonah, son meilleur ami avec qui elle avait tout vécu, ce grand brun rachitique qui occupait ses pensées depuis des mois et qui ne daignait même plus honoré ses promesses de rendez-vous comme ce soir, qui ne la regardait plus, qui la touchait à peine, avec qui elle n’avait eu aucune nuit torride depuis des siècles? Avec Thomas, le flic coincé qui s’était immiscé dans son lit une fois et une fois seulement, qui la sortait de ses gonds, qui la rendait vulnérable, qui la draguait effrontément, qui la challengeait et qui l’emmerdait en même temps? Avec Thayer, le ténébreux patient de l’hôpital qui lui faisait de plus en plus les yeux doux et qui semblait tout indiqué pour lui permettre de croire en l’amour mais, qui pour une raison étrange, ne se souvenait plus du tout de son passé et qui aurait très bien pu être un maniaque? Bwarf, en couple. On repassera.

« Je suis, comme on pourrait dire, en pause. » elle bu une longue gorgée, souriant à travers sa situation de merde. « J’imagine que mon âme sœur est à quelque part en train de se marrer. On joue à la cachette vous savez. Lui, il a trouvé la meilleure planque du monde et moi j’en suis encore à compter jusqu’à 10. »

Faut relativiser dans la vie. Ses problèmes de cœur? Rien à comparer à la famine, à la pauvreté, aux tsunamis et au réchauffement climatique, non? Lou fit mine de s’en ficher, mais au fond ça la faisait chier là tout de suite de se retrouver avec une future mariée in love par-dessus la tête, avec des filles qui la supporteraient dans l’aventure et qui la jalousaient avec les yeux brillants, mais qui finiraient quand même par toutes se taper les garçons d’honneur & d’avoir près d’elle Ash qui était sur le point, elle aussi, de vivre un truc de gros avec son barman bourru. Qui resterait-il à la fin? Lou-Ann et ses 20 chats. Au moins, elle n’aurait pas besoin d’endurer les choix nullos de chéri sur la chaîne de télé à regarder, ni à endurer la belle-famille naze, les amis un peu trop crétins, les 1001 disputes de couple sur des trucs ridicules comme le siège de toilette ou la sorte de céréales à acheter et elle n’aurait pas le cœur brisé en trouvant une paire de culottes inconnues dans la mallette de l’homme à son retour de travail. C’était déjà ça de sauvé. Amy lui tendit un bracelet de l’amitié qu’elle venait de finir et Lou eut une étincelle de bonheur qui lui traversa le visage et le regard, enchantée. Oh le joli cadeau! Elle l’enfila sur le champ, filant son poignet direct dans le visage d’Ash pour le lui exhiber fièrement.

« On pourrait jouer à J’ai Jamais. » proposa-t-elle, voyant que tout le monde s’emmerdait grave et que la serveuse leur filait des coups d’œil pour savoir quand elles quitteraient. « Je commence! J’ai jamais volé dans un magasin de bonbons. »

Rebelle, elle prit une gorgée de sa bière. Les autres filles s’empressèrent alors d’en rajouter chacune leur tour.

« J’ai jamais couché avec le frère de mon fiancé. » de dire Jenna, avant de porter sa paille à ses lèvres.

« J’ai jamais fait de trip à 3 avec des collègues, sur le bureau du patron. » d’ajouter une autre, avant de boire.

« J’ai jamais sniffé de la cocaïne pour le trip au Viper avec le barman. » de conclure la troisième, daignant à peine regarder Amy avant d’avaler près de la moitié du contenu de son verre.

Bon, ça jouait dur. Le vol de bonbons n’était pas très impressionnant et Lou crû bon de ramener les cartes dans son jeu.

« J’ai jamais été déshéritée par ma famille parce que j’avais joué les stripteaseuses dans un bar miteux de Venice. » fièrement, la belle prit une longue gorgée de sa Guinness, avant de lever la tête, victorieuse, vers les autres filles.

« Oh, Lou-Ann Abbott, c’est bien ça? » Jenna avait dit son nom avec mépris. « On entend toutes sortes de choses sur toi depuis toutes ces années. Drôle de tomber face à face avec toi ce soir. »

Lou se stoppa dans son élan. Ces filles, leur attitude, leurs manières. Elles semblaient bien peu dans leur élément au Barking Spider avec leurs jolies petites robes, leurs cheveux bien peignés et leurs accessoires de valeur. Elles parlaient exactement comme les amies qu’elle avait, avant, et qui heureusement avaient déserté le jour où elle avait perdu tout son argent. Des filles sans contenu, sans valeur, qu’elle avait côtoyé de force toutes ces années et qui étaient les parfaites ambassadrices de la jeunesse dorée de Los Angeles à laquelle Lou n’avait plus droit pour son plus grand plaisir. Mal à l’aise, furieuse, dépassée, la belle ne put qu’hausser les épaules, faisant signe que c’était bien elle, avant de se préparer à descendre son verre une fois de plus :

« J’ai jamais été plus heureuse que le jour où j’ai quitté ma famille de riche et tous les idiots superficiels qui les entouraient pour voler de mes propres ailes et tous les envoyer chier au passage. »

Souriant de toutes ses dents, elle se leva d’un bond, s’assurant qu’Ashleigh la suivrait, et tira une révérence aux filles de son passé, avant d’envoyer un baiser soufflé à Amy, la seule qui avait un avenir à travers elles. Jenna et ses copines semblaient encore plus énervées et Lou soupçonnait son commentaire de leur avoir définitivement cloué le bec, puis, toujours très souriante, elle se pencha en avant pour finir le verre de la future mariée, comme acte suprême de rébellion, du genre tu vois ma belle tu n’auras pas toujours tout ce que tu veux dans la vie parce que ta famille chie de l’or, puis elle leur fit un dernier signe d’au revoir, les laissant la bouche en cœur et les yeux ronds comme des billes, s’enfuyant à la course avec Monaghan sur les talons. C’était bon, la revanche était douce, et elle ne manqua pas de souffler ces quelques mots avant de passer la porte du bar, plus à elle-même qu’aux autres :

« Vous saluerez mes parents de ma part! »

Bourrée, extatique, enjouée au possible, Lou sprinta jusqu’à la plage qui longeait la côte, accessible lorsqu’on passait de l’autre côté du stationnement du Barking, et entreprit de retirer chacun des items de son costume – on les avait oublié ceux-là – au fil de ses pieds qui touchaient le sable frais. Une fois les accessoires disparus, elle s’écroula sur le sol, épuisée les joues rosies par la course, la sensation d’engourdissement qui se propageait dans tout son corps et elle fixa les étoiles pendant de longues minutes, prenant le temps d’écouter son souffle, et son cœur battre. Drôle de soirée quand même. D’abord la déception d’être toute seule. Puis l’arrivée d’Ash comme un rayon de soleil. Et les Dingoes avec la groupie et le chanteur qui succombait enfin aux avances de Lou. Les mecs qui rappliquent et qui sont furax. Le karaoké et les costumes loufoques. Puis les souvenirs d’un passé que la rouquine aurait bien laissé derrière elle. Maintenant calme, Abbott tourna la tête vers Ash, le regard ailleurs, un peu nostalgique même.

« J’t’ai déjà dit que mon petit monde s’écroulait autour de moi et que t’étais la seule qui restait là, bien droite? Je sais qu’on se connaît pas depuis des lunes. Parfois j’aimerais dire qu’on a grandi ensemble et que tu t’es occupée de moi pour pas que je tombe, mais c’est pas le cas. Par chance, t’es là maintenant. » elle soupira, calmée, reportant ses yeux sur le ciel étoilé. « Han, une étoile filante!! » qu’elle s’exclama, pointant au-dessus d’elle, euphorique.
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MessageSujet: Re: ASH&LOU - Light up the night.   Mar 14 Aoû - 22:57




« Oh, la bière? C’est rien. Le médecin a dit que c’était moins douloureux d’arrêter le crack si elle continuait de boire, comme pour relaxer son corps et l’empêcher de faire des chocs nerveux. » Je m'étranglais avec ma bière. Si après ça ces filles voulaient toujours faire copine copine avec moi, je jurais de devenir bonne sœur, car bon dieu l'humanité courait réellement à sa perte ! Mais fort heureusement ça avait été la goutte d'eau qui fit déborder le vase, et pas une seule ne daigna me regarder dans les yeux après cette histoire sortie de nos cerveaux dérangés. Elles se focalisèrent toutes sur Lou-Ann. Désolée ma grande, c'est ton tour. Je me disais qu'elle s'en sortirait mieux que moi, qu'elle était plus diplomate et surtout qu'elle ne risquait pas – contrairement à moi – de perdre son calme avant de se jeter brutalement sur l'une de ces nanas pour lui massacrer la tronche. Car l'alcool avait parfois ce mauvais côté sur moi, mon sens moral prenait un coup, j'en oubliais les bonnes manières.

Mais je n'avais pas pensé à une chose, importante pourtant. Quelle idiote je faisais ! Si je passais cette soirée en sa compagnie, c'était parce que son Jonah l'avait lâché, et que ça lui avait miné le moral, d'où le fait que je sois venue à sa rencontre. Et là je l'avais lâché en pâture aux fauves avec leurs questions indiscrètes sans penser une seule seconde que ça pouvait l'emmerder. J'étais une amie à chier ! Passablement énervée contre moi même, j'écoutais attentivement sa réponse. Et j'eus du mal à ne pas écarter Bambi d'un coup de coude pour me jeter sur Lou-Ann et la prendre dans mes bras. Je voulais lui dire de ne pas s'en faire. Que la vie était une pourriture, qu'elle nous arrachait les boyaux et le cœur par pur sadisme, mais qu'en fin de compte on trouvait tous quelqu'un pour le supporter. Mais surtout que la solution était de ne pas chercher ce quelqu'un, et qu'il fallait donc qu'elle abandonne sa partie de cache cache avec l'âme sœur, pour que l'homme de sa vie puisse la chercher à son tour et la trouver. Je sais, ça semble un peu bateau comme idée, mais n'était-ce pas ce qui m'était arrivé après tout ?

Le seul homme qui avait compté pour moi jusqu'à présent avait été Jackson. Puis on s'était perdu de vue, la faute à pas de chance ou à cette connasse de vie. J'avais plongé corps et âme dans le boulot, oubliant mon petit cœur après quelques essais désastreux et me faisant une raison sur la probabilité que je finisse vieille fille. Et un soir, j'ai fait la connaissance de Jay. Mon avenir m'a semblé moins sombre tout à coup. Pourtant ma foutue carapace a tenu bon, je gardais mes distances, probablement un peu effrayée à l'idée d'abaisser ma garde, de ne connaître qu'une déception supplémentaire. Mais il avait persisté et pour ça je lui en serais éternellement reconnaissante. Je me sentais peut-être fragile, exposée, comme un flic sans gilet par-balle en pleine fusillade, ou encore comme un démineur face à une bombe dont le minuteur affiche moins de dix seconde avant explosion et que je n'ai aucune idée du fil qu'il faut couper, j'ignorais complètement où toute cette histoire allait nous mener – si elle allait quelque part d'ailleurs – mais je savais une chose. Que je n'avais jamais connu, ô grand jamais, un truc pareil ! Je pensais tout savoir des émotions, de ce qu'on pouvait éprouver pour quelqu'un, mais j'avais eu tort. Oh, j'avais vraiment eu des sentiments pour Jacks, mais ce n'était alors pas le même contexte, et je n'étais pas la même personne. Avec Jay, c'était à la fois plus léger et plus intense. Léger parce qu'à la base, on vivait notre relation au jour le jour, et plus intense parce que je sombrais inexorablement dans le précipice de l'amour.

Alors que j'étais en pleine réflexion, Lou' planta son poignet devant mon nez, manquant de me faire tomber à la renverse. Je me raccrochais in extremis à la table, le cœur battant la chamade. J'avais eu chaud pour le coup ! Il me fallut quelque secondes pour me remettre de ma frayeur et pour comprendre qu'elle me montrait un bracelet tissé avec soin par la jeune femme silencieuse qui nous faisait face. Le pouce levé en signe d'approbation pour son travail. Les autres continuaient leurs papotages inintéressants... « On pourrait jouer à J’ai Jamais. » Je haussais les épaules. Pourquoi pas oui, tout plutôt que de continuer à les écouter papoter. Je commençais à comprendre certains mots et ça ne me plaisait pas du tout, je préférais de loin la langue extra-terrestre, qui laissait plus de place à mon imagination. « Je commence! J’ai jamais volé dans un magasin de bonbons. » Je ris en voyant Lou-Ann boire car je levais moi aussi mon verre. Quoi ? Je suis peut-être dans la police maintenant, mais j'ai fait mon lot de conneries mineures. Et franchement il n'y a pas mort d'homme. D'autant plus que la bonne femme qui tenait le magasin était une vraie mégère, du genre qui donne la chaire de poule aux gamins et qui alimente leurs cauchemars. Même ma grand-mère en avait horreur, c'est pour dire, elle qui d'habitude aimait tout le monde en bonne catholique !

Et puis le jeu tourna rapidement au vinaigre lorsque les autres s'y mirent. « J’ai jamais couché avec le frère de mon fiancé. » Je la fixais en silence. Il fallait que je revois mon jugement sur Bambi, elle n'était pas aussi douce et innocente qu'elle semblait l'être finalement... Elle était pire que ça. Elle qui nous rabâchait depuis tout à l'heure que son mariage allait être le plus beau jour de sa vie, qu'elle avait trouvé l'homme de sa vie... Et elle avait couché avec son frère ? Alors là je ne comprenais vraiment rien aux filles. « J’ai jamais fait de trip à 3 avec des collègues, sur le bureau du patron. » Ça devenait vraiment scabreux par ici et ça avait le chic de me mettre mal à l'aise. Surtout qu'elles paraissaient fières d'elles, les connes. Je n'étais pas la femme parfaite, loin de là, mais il y avait des limites que je n'avais jamais franchies. Surtout avec mes collègues ! Il n'y avait pas trop de risque vous me direz vu comment je les tenais en estime (ironie quand tu nous tiens). Enfin bref, tout ça pour dire qu'à côté de ces nanas, je passais pour une sainte ! « J’ai jamais sniffé de la cocaïne pour le trip au Viper avec le barman. » La part de flic qui était en moi arqua un sourcil. Je ne pus m'empêcher de noter dans un coin de ma tête qu'il allait falloir que j'ai une discussion avec les stups concernant ce barman. Déformation professionnelle. Tandis que j'allais sortir une connerie dans l'idée du « Je n'ai jamais... » Lou' me devança. « J’ai jamais été déshéritée par ma famille parce que j’avais joué les stripteaseuses dans un bar miteux de Venice. » Je souris, amusée. Elle essayait de continuer sur la lancée des autres, de surprendre, mais rien ne me choqua dans ce qu'elle dit. En même temps, elle aurait pu raconter n'importe quoi de tordu sur sa vie, ça ne m'aurait pas étonné tant que ça. Elle était si particulière, si pleines de ressources que si elle avait dit n'avoir jamais été sur la Lune avant de boire une gorgée de son breuvage, je n'aurais pas bronché. Car tout était possible avec ce petit bout de femme. Et je suis certaine que les astronautes auraient apprécié sa compagnie ha !

Cependant, on aurait dit qu'elle venait de lâcher une bombe, car les autres filles cessèrent de rire de leurs conneries et restèrent la regarder, une lueur étrange dans les yeux. « Oh, Lou-Ann Abbott, c’est bien ça? On entend toutes sortes de choses sur toi depuis toutes ces années. Drôle de tomber face à face avec toi ce soir. » Je n'aimais pas du tout le ton qu'elle employait pour s'adresser à mon amie. Pour la première fois je remarquais une pointe d'accent snobinard dans sa voix et ça me hérissa le poil. « J’ai jamais été plus heureuse que le jour où j’ai quitté ma famille de riche et tous les idiots superficiels qui les entouraient pour voler de mes propres ailes et tous les envoyer chier au passage. » Je n'étais pas au top de ma forme, mon cerveau se montrait plus lent que d'habitude, mais il me semblait que cette pique s'adressait à Bambi et à ses amies. Idiotes superficielles ? Ouais, ça collait tout à fait à l'idée que je me faisais d'elles depuis le début en fait. Puis Lou-Ann se leva avant de les saluer. Je l'imitais rapidement, pressée de quitter cette bande de pouffiasses et fus amusée de la voir finir le cocktail de mademoiselle « je me marie bientôt mais je trompe déjà mon fiancé » et enfin courais derrière ma petite rouquine jusqu'à la sortie, attrapant nos affaires au passage – affaires que la personne chargée des vestiaires nous rendit avec joie à l'idée que les derniers clients acceptent enfin de quitter les lieux.

Je la suivis comme je pus, coincée dans ce déguisement de malheur, dans lequel j'étouffais et je suais à grosse goutte sous l'effort, mes jambes entravées par le tissu de mon jean's collé à ma peau par la transpiration. Quand j'arrivais à son niveau et que je la vis enlever son attirail, c'est avec soulagement que j'en fis de même, me séparant de ma tenue de super-poulet. Enfin je respirais ! Je m'assis à côté de mon amie et tout en admirant la vue qui s'offrait à nous, j'attrapais dans une poche de mon sac mon paquet de cigarette et m'en allumais une sans détacher mon regard de l’océan. « J’t’ai déjà dit que mon petit monde s’écroulait autour de moi et que t’étais la seule qui restait là, bien droite? Je sais qu’on se connaît pas depuis des lunes. Parfois j’aimerais dire qu’on a grandi ensemble et que tu t’es occupée de moi pour pas que je tombe, mais c’est pas le cas. Par chance, t’es là maintenant. » Cela me faisait toujours bizarre lorsqu'on dépeignait ce portrait là de moi. Moi, l'ancienne gamine associable sans amis. L'adolescente paumée et dégénérée. La flic violente dont la réputation de cinglée n'est plus à faire. J'étais devenue une femme sur qui on peut compter ? Je ne l'avais pas vu venir ce coup là, nonobstant il y avait du vrai je crois bien. Combien de fois avais-je du récupérer mon frangin après qu'il ait fourré son nez là où il n'aurait pas du ? Sans oublier que j'avais réussi à faire bouger les choses lorsque Jackson était coincé en taule pour un meurtre qu'il n'avait pas commis. Je n'y avais jamais réfléchie, mais oui, j'étais bel et bien devenue ce genre de personne. « Han, une étoile filante!! »

Crois moi, il y a quelques années c'était moi qu'il fallait rattraper, et j'étais une vraie furie, t'aurais pas voulu m'approcher. Le nombre de fille qui s'était cassé les dents à tenter de m'apprivoiser à l'adolescence... J'étais un vrai garçon manqué à l'époque, et je fuyais les filles, de peur de devoir endurer des conversations sur les garçons, sur les fringues ou sur le maquillage. Maggie Stevens – devenue Mme Myers – avait réussi à détruire cette angoisse débile, et m'avait montré qu'en fin de compte les filles n'étaient pas aussi nunuches que la télé le laisser à croire et que ça ne tenait qu'à moi de trouver des amies intéressantes. Et tu sais quoi ? Sans toi je serais certainement devenue une femme chiante qui ne parle que de son boulot et qui n'ose plus suivre ses envies. Si ça se trouve, à cette heure-ci, dans une dimension parallèle où on ne s'est jamais rencontré, je suis en train de ronfler depuis plusieurs heures après m'être emmerdé toute la soirée à courir après un frère obnubilé par sa dernière conquête.

Brrr ! L'image de mon frère se faisant lécher l'oreille me revînt en tête, et me fit frissonner de dégoût. J'espérais qu'il l'avait balancé à l'heure qu'il était, je n'en voulais certainement pas comme belle-sœur ! Plutôt crever.

En tout cas, je ne sais pas si cette soirée est réellement la meilleure de notre vie... Mais je ne suis pas prête de l'oublier ! lançais-je dans un rire franc. Je roulais mon déguisement en boule et l'utilisais comme coussin pour ma tête alors que je m'allongeais sur le sable, les yeux vers le ciel. Avec un peu de chance je verrais aussi une étoile filante ! Je ne sais pas ce qui me manquera le plus... Notre prof de guitare ou cette connasse de Jenna? A l'insu de mon plein grès, un bâillement s'échappa de ma bouche. Mine de rien, cette soirée mouvementée m'avait demandé beaucoup d'énergie et mon corps commençait à protester.
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MessageSujet: Re: ASH&LOU - Light up the night.   Ven 17 Aoû - 14:55

Lou, la hippie des temps modernes, frappait encore. La petite rouquine, sous l’effet de la bière, avait décidé de s’ouvrir le cœur, de se vider la tête et l’esprit de ce qui la démangeait depuis un moment. Sa déclaration à Ash n’avait rien d’extraordinaire, c’était bien vrai que sans elle, son monde s’écroulerait deux fois plus en ce moment. Alors ça lui faisait plaisir de le lui dire, de lui partager qu’elle était son p’tit rayon de soleil, sa bouée, son phare. Abbott s’emportait souvent dans les longs monologues – bourrée ou pas, vous l’aurez remarqué – mais sa tendance à aimer son prochain, à jouer les Calinours à prendre tout le monde par le cou et à déposer de délicat bisous partout se multipliait par mille lorsque de l’alcool coulait dans ses veines et ce soir ne faisait pas exception. Après ce qu’elles venaient de vivre, après son idole de toujours qui avait posé ses yeux pervers sur elle, après leur trip de rockstar et de karaoké déguisées et surtout, surtout après être tombée nez à nez avec des filles qu’elle avait côtoyé dans son ancienne et qu’elle y aurait bien laissé, Lou appréciait de plus en plus la belle blonde. Elle avait l’impression qu’elle pouvait tout lui dire, tout vivre avec elle et que jamais rien ne serait grave. Qu’on pourrait toujours en rire, déconner, avoir du plaisir, et que les drames & autres crises de nerfs auxquelles Lou était habituée ne ferait jamais partie de leur quotidien. Ne viendrait pas détruire leur amitié comme ça avait été le cas avec la majorité des gens qui prenait part à la vie de la rouquine depuis un moment.

« Crois moi, il y a quelques années c'était moi qu'il fallait rattraper, et j'étais une vraie furie, t'aurais pas voulu m'approcher. »

« Comme le Diable de Tazmanie? » demanda la Abbott, les yeux brillants, tournant sa tête de gamine vers Ash.

« Et tu sais quoi ? Sans toi je serais certainement devenue une femme chiante qui ne parle que de son boulot et qui n'ose plus suivre ses envies. Si ça se trouve, à cette heure-ci, dans une dimension parallèle où on ne s'est jamais rencontré, je suis en train de ronfler depuis plusieurs heures après m'être emmerdé toute la soirée à courir après un frère obnubilé par sa dernière conquête. » conclut Monaghan, pensive.

Lou souriait bêtement. Se perdant dans un délire d’imaginer sa vie dans un monde parallèle, se demandant ce qu’elle serait si, par exemple, elle n’avait jamais repoussé Jonah. Ou si elle s’était mariée à Raphael. Frisson dans le dos. Que serais-t-elle devenue si elle n’était pas née avec son caractère de rebelle, sa tête de linotte qui l’empêchait de se plier aux demandes de ses parents? Si elle était restée bien sagement dans la maison-mère Abbott, si elle avait obéit à leurs moindres désirs à la lettre. La question était moche se poser, mais l’image que la belle vit apparaître derrière ses paupières closes la fit sourire. De s’imaginer portant un débardeur tout preppy, d’avoir les cheveux lisses et bien brillants, une broche de quelques milliers de dollars qui retenait son écharpe de cachemire autour de ses épaules, une jupe d’écolière plus basse encore que le genou et j’en passe. Elle serait devenue la parfaite fille à maman, comme ses sœurs, les pauvres, qui n’avaient pas été aussi rapide sur l’évitement du lavage de cerveau, comme l’avait été Lou-Ann. Elle serait sûrement médecin, encore, car ça c’est un truc donc la famille aurait été fière. Bien le seul la concernant, soit dit en passant. Quoi d’autre? Oh, un mari sûrement. Raph, comme elle l’avait mentionné plus haut, n’aurait jamais cédé aux demandes de leurs pères et elle aurait peut-être même pu tomber folle amoureuse de lui et voir son petit cœur se briser parce que dans sa vision, lui seul avait l’intégrité d’envoyer chier ses parents. Elle se serait donc retournée vers l’un des premiers de sa classe, tous des fils de politiciens, et aurait peut-être même, et là on extrapolait le monde parallèle à un autre niveau, finit par être une première dame ou une connerie du genre. Y’avait meilleur moyen pour se retrouver à Oprah ou en première page du US Weekly quand même.

« En tout cas, je ne sais pas si cette soirée est réellement la meilleure de notre vie... Mais je ne suis pas prête de l'oublier ! » Ash s’installa au sol, s’allongeant tout près de Lou. « Je ne sais pas ce qui me manquera le plus... Notre prof de guitare ou cette connasse de Jenna? »

La rouquine éclata d’un rire franc. Jenna. Seigneur, Jenna. La pauvre. Elle, elle était destinée à faire la une des journaux à potins pour une mauvaise raison. Voilà une candidate parfaite pour épouser un footballeur étoile, finir par coucher avec l’équipe entière dans le dos de son pauvre husband célèbre, se mettre à sniffer pour faire passer l’adultère et multiplier les OD’s à Tijuana. Classique.

« C’est la meilleure soirée que j’ai eu depuis longtemps, faut j’t’avoue. » ajouta la jeune fille, simplement, puis murmura : « J’peux enfin penser à autre chose qu’aux drames qui se trament dans ma p’tite vie. » fixant toujours les étoiles, Lou ajouta : « Je crois que ce que j’ai préféré, ce sont les deux mines perdues des gars quand je les ai disputé. Comme si j’allais les dévorer! Lopettes! »

Rigolant de plus belle, la jolie rousse se remémora les expressions presque apeurées de Jason et du frère d’Ash. Les pauvres, elle ne voudrait pas être la cause de futurs cauchemars à venir. Quoique si on lui disait un jour que son speech avait été assez convaincant pour empêcher Jay de briser le cœur de sa douce amie & pour faire comprendre à Dek que c’était totalement dégeulasse, répugnant et dégradant de se faire bouffer l’oreille par sa conquête du moment, et ce faisant dans un lieu public, ça aurait déjà été ça de gagné. (aa).

« Oh, oh et que j’ai bu au complet le Cosmo de Jenna. » Lou roula, posant ses yeux sur Ash. « La bonne poire! Tiens la grande, maintenant laisse-moi vous emmerder comme je le veux! »

C’était doux, c’était bon et une soirée si mouvementée n’avait eut que du bon sur Lou-Ann. Comme je le mentionnais plus tôt, ça faisait du bien à la jeune fille de faire une pause, de se sortir de la tête les conneries qui lui arrivaient depuis un moment. Limite, elle avait envie de se vider le cœur, d’un coup sec. À bien y penser, elle ne l’avait pas fait depuis trèeeeees longtemps. Voyez, si elle parlait de Joey à Jaxson, ça créerait un malaise. Si elle parlait de Jaxson à Joey, ça serait pire, elle trahirait sa propre chair et son propre sang. Tout raconter à Jonah? Un peu difficile parce qu’ils arrivaient à peine à se dire 3 mots sans se crier dessus. James avait ses propres problèmes et n’avait jamais été très fort sur l’écoute des gamineries de la belle, et on le comprend. Thomas était là que pour le sexe, Adam passait sa vie entre le coma et la mort alors on le raye et Thayer avait autre chose à faire que de l’entendre radoter sur son quotidien à journée longue. Même s’il lui offrait une oreille attentive parfois, ce n’était pas toujours assez et Lou faisait comme si ça allait, mais au final ça n’allait pas.

« Hey. » demanda la rouquine, se rapprochant de son amie et déposant sa tête sur son épaule. « Je peux me servir de toi comme psychologue? » voyant son amie camoufler un baillement, Lou éclata de rire, lui filant un mini-coup dans les côtes. « Oh ça va, dis le tout de suite que je t’emmerdes! »

Une étoile filante passa, une autre suivit. Lou-Ann ne manquait pas de faire un souhait chaque fois que ses prunelles se déposait sur la trajectoire illuminée au ciel. Tout y passa. Sa famille, son frère surtout. Sa belle-sœur et meilleure amie, son jonah, sa vie à elle, son besoin d’être émerveillée mais aussi d’arrêter d’être tiraillée dans un sens et dans l’autre, de se poser peut-être, de prendre du temps pour elle, d’aimer aussi. Plus fort encore que ce qu’elle avait déjà ressentit.

« Je crois que je perds Jaxson et Joey. » se confia-t-elle, au bout d’un moment, la voix vague, le regard lointain. « Ils ne me parlent plus, ils ignorent mes appels, ils se murent dans le silence. Et avec la tentative de suicide de Joey, je me sens totalement impuissante… j’aimerais tellement l’aider. » elle ravala doucement ses larmes, ne lâchant pas les étoiles des yeux. « Jonah et moi on se châmaille tout le temps. On s’aime je crois, enfin lui j’ai jamais su mais je l’ai un peu entr’découvert, avant que Billie débarque et me le prenne. Mais c’est ok, je comprends, j’ai été conne. Il est trop bien pour mon cas je suppose. »

La belle somnolait un peu, bien appuyée sur l’épaule d’Ashleigh, sentant ses yeux s’humidifier un peu, libérée d’avoir enfin pu mettre des mots sur ce à quoi elle réfléchissait depuis des semaines. Le sable était froid, l'air sentait le sel et l'océan se brisait à leurs pieds. Se blottissant un peu plus, comme une fillette le ferait dans les bras de sa maman, si celle-ci n’avait pas été une Abbott, la belle respirait lentement, doucement. Maintenant, fallait seulement qu’elle trouve quoi faire de tout ça. Qu’elle s’éloigne, qu’elle laisse tout le monde s’en sortir comme des grands et qu’elle vive que pour elle, sans procuration. Enfin, c’était ce qu’elle imaginait. Puis limite ensuite elle se sentirait mal. De tout laisser derrière, de ne plus s’impliquer, de ne plus essayer d’aider, même si on la rejettait du revers de la main. Tant pis.

« J’ai envie de partir, loin. Tu viendrais? »

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MessageSujet: Re: ASH&LOU - Light up the night.   Dim 2 Sep - 0:19





« C’est la meilleure soirée que j’ai eu depuis longtemps, faut j’t’avoue. » Je ris lorsqu'elle me le confia. Je n'osais pas imaginer à quoi ressemblaient ses autres sorties dans ce cas. Encore plus de baston avec des groupies ? Plus de vieux mâles ? Il allait falloir que j'envisage de la coller plus souvent le soir, mon quotidien ne m'en paraîtrait que plus calme, ce ne serait pas un mal.« J’peux enfin penser à autre chose qu’aux drames qui se trament dans ma p’tite vie. » Il était vrai que ce soir j'avais moi même oublié mes traquas. Que ce soit mes collègues de travail qui me bouffaient le nez dès qu'ils le pouvaient, les conquêtes sociopathes de mon frère ou encore le fait que je me sente régulièrement de trop au loft. Je n'avais pas eu le temps d'y penser en fait, et c'était ce qui avait été agréable. Un vrai break. « Je crois que ce que j’ai préféré, ce sont les deux mines perdues des gars quand je les ai disputé. Comme si j’allais les dévorer! Lopettes! » Je n'étais pas prête non plus d'oublier de si tôt leurs mines déconfites. Encore que j'avais déjà surpris cette expression chez mon frère, lorsque petit il se faisait passer un savon par notre grand-mère, et Dieu sait qu'elle a du lui en passer plusieurs ha ! Il a beau dire ce qu'il veut, je n'étais pas la seule gamine turbulente dans la maison. Après tout, il avait bien fallu que je prenne un modèle pour devenir aussi chiante, non ? Eh bien ne cherchez pas plus loin. Je tirais un taffe sur ma cigarette, les yeux perdu dans l'océan étoilé.

Ah ça, je pense que ton petit laïus a fait son effet oui ! Encore merci d'ailleurs miss, je ne sais pas comment ça aurait tourné sans toi.

Bon, d'un côté, si elle n'avait pas joué avec mon téléphone ils n'auraient pas débarqués en rogne, mais ce n'était pas ce qui m'avait dérangé alors. Leur réaction m'avait agacé, et sans Lou' ça aurait pu mal tourné, j'aurais pu m'emporter encore d'avantage et mettre ma relation avec ces hommes en péril. Quoi que pour mon frère, il allait devoir me supporter jusqu'à ma mort... Ou la sienne. Les liens du sang, ha ! Alors qu'avec Jay c'était différent, rien ne nous liait concrètement. Et ça aurait été bien con que ça se termine sur un tel malentendu. « Oh, oh et que j’ai bu au complet le Cosmo de Jenna. La bonne poire! Tiens la grande, maintenant laisse-moi vous emmerder comme je le veux! » J'ignore si Jenna l'avait pris de la sorte. Bête comme elle était, elle avait peut-être simplement pensé qu'on était deux grandes alcooliques strip-teaseuses et non que Lou' prenait une petite revanche sur elle. En tout cas, si j'avais été à sa place je l'aurais très mal pris. Bah quoi ? Essayez d'approcher de mon verre et vous verrez ma réaction. On ne touche pas à la bière d'une celte. C'est comme mettre les doigts dans une prise de courant, c'est suicidaire.

Tu as plus de savoir vivre que moi... Je pense que pour une fois j'aurais fait une exception à la règle que je me suis imposée, et que je lui aurais botté le cul à cette nana.

Par chance pour Bambi, je n'avais pas bu au point d'en oublier mes principes, sinon elle aurait fini à l'hopital. Qu'elle me prenne pour de la merde après la vie que Lou-Ann m'avait inventé, je m'en moquais, mais dès qu'elle s'en était prise à ma rouquine adorée, mes poings m'avaient démangé sérieusement. « Hey. » m'interpella mon amie avant de se coller à moi. Si j'avais pu, j'aurais passer un bras autour de ses frêles épaules, attitude protectrice qui me venait naturellement avec elle. Pourquoi ? Je n'en avais pas la moindre idée. Parce qu'elle était cette partie de moi qui me tenait tellement à cœur que je voulais en prendre soin ? Le thérapeute du boulot aurait pu me le dire, mais je me voyais mal le contacter à cette heure-ci pour un truc pareil... Cela attendrait la prochaine séance, si je m'en souvenais évidemment. « Je peux me servir de toi comme psychologue? » Ah bah quand on en parle...

Que moi je te serve de psy ? T'es certaine que c'est un choix judicieux ? C'est comme demander à une boulimique de te donner des conseils en nourriture... C'est tordu. Mais soit, je t'écoute.

Un nouveau bâillement m'échappa, et malheureusement cela ne passa pas inaperçu. « Oh ça va, dis le tout de suite que je t’emmerdes! » Tout de suite les grands mots ! C'est que je n'avais pas son énergie débordante, j'étais plutôt lessivées par la soirée mine de rien et c'était déjà un exploit que je ne sois pas déjà couchée. Mais je ne râlais même pas et attendais en silence qu'elle crache le morceau. « Je crois que je perds Jaxson et Joey. » Ah d'accord... J'espérais bêtement que le sujet abordé serait moins sérieux. Je n'avais jamais été doué lorsqu'il s'agissait de consoler les gens et j'avais très peu d'expérience dans ce domaine car peu de monde osait me confier ses ennuis. Étrangement je ne devais pas inspirer autant confiance. « Ils ne me parlent plus, ils ignorent mes appels, ils se murent dans le silence. Et avec la tentative de suicide de Joey, je me sens totalement impuissante… j’aimerais tellement l’aider.  Jonah et moi on se châmaille tout le temps. On s’aime je crois, enfin lui j’ai jamais su mais je l’ai un peu entr’découvert, avant que Billie débarque et me le prenne. Mais c’est ok, je comprends, j’ai été conne. Il est trop bien pour mon cas je suppose. » Vraiment du lourd. En temps normal j'aurais sorti une vanne bien pourrie avant de changer de sujet, mais là je voulais vraiment faire une effort pour la demoiselle. Je rongeais mon frein et cogitais à ce que je pourrais dire. J'essayais de me mettre à sa place, mais bien qu'on se ressemble sur bien des points, je n'avais pas la même vision du monde qu'elle. J'étais une pessimiste de première, mais ça, ça n'aiderait pas, donc je me devais de prendre un autre point de vu.

Je ne suis pas la mieux placée pour te donner des conseils ou autre... D'ailleurs un psy se contenterait de gribouiller sur son bloc-note en émettant des grognements pensifs de temps à autres. Ou encore de te demander « et qu'avez-vous ressenti ? » dès qu'il arrive à le placer... Oui oui, je piochais dans Freaky Friday, aucun mérite. C'était déjà pas mal que je fasse l'effort de parler, ça me demandait pas mal de courage. Je ne les connais pas vraiment donc faudra pas trop te baser sur mon avis hein. D'ailleurs on ne devrait jamais suivre ce que je dis car je suis un piètre exemple. Que dire si ce n'est, laisse leur du temps. Ils ont peut-être besoin de s'isoler pour régler leur problème. Mais continue à leur faire savoir que tu es là. Là c'était vraiment du « fait ce que je dis et pas ce que je fais » étant donné qu'à sa place je les harcèlerais pour savoir ce qu'il en était, quitte à défoncer la porte d'entrée. Mais connaissant vaguement Joey, il valait mieux éviter, non ? Pour ce qui est de ton Jonah... Soupir de ma part. Donner des conseils en amour était encore moins dans mes cordes. Et à voir mon CV dans cette matière, ça pouvait se comprendre à mon avis. C'est déjà un ami déplorable. On ne laisse pas une amie seule dans un bar, surtout quand elle risque de se faire sauvagement draguer par une rock-star quinquagénaire. C'est irresponsable. De l'humour, malgré mes efforts pour rester sérieuse c'était plus fort que moi. Je ressentais le besoin de détendre l'atmosphère. Et arrête de dire que t'es conne, ou pas assez bien, c'est que des conneries. T'es l'une des personnes les plus merveilleuses qu'il m'ait été donné de rencontrer. Si ton Jonah ne se rend pas compte de ce qu'il a sous le nez, alors tant pis pour lui. C'est lui qui ne te mérite pas !

Le sage a parlé ! Je me surprenais moi-même parfois, je ne racontais pas que des idioties en fin de compte, ha ! J'aspirais une nouvelle bouffée de nicotine, pas peu fière de moi. « J’ai envie de partir, loin. Tu viendrais? » Et plutôt deux fois qu'une ! Si une simple soirée dans un bar en sa compagnie me faisait autant de bien, un road trip ne pourrait en être que meilleur.

Hmmm... Les nouvelles Thelma & Louise. Sans le suicide final j'entends. Et qui sait ? On trouvera peut-être le prochain Brad Pitt sur la route ! Et voilà que je partais dans un délire de plus... Mon cerveau était vraiment out. Je viendrais même si ça veut dire aller au bout du monde ! Dis moi où et quand, histoire que je pose tout de même congé. Sécher mon boulot n'est pas évident hein.

L'administration devait être la même partout. Vous voulez prendre un jour de repos ? Remplissez le formulaire numéro machin et croisez les doigts pour que ceux d'en haut acceptent. En même temps je n'en prenais pas souvent. A tout péter je devais avoir un bon mois à prendre, mais je n'aimais pas ça. Je ne tenais pas en place lorsque j'étais en congés, je me sentais inutile, je monopolisais la cuisine pour passer le temps, j'y mettais un désordre pas croyable... Et je devais taper sur les nerfs de tout le monde. Mais là Lou-Ann me vendait du rêve, donc j'allais faire une exception et me libérer. Je me dégageais de Lou' pour me redresser et m'étirer longuement. Le sommeil gagnait du terrain et mon corps entier s’engourdissait, sensation désagréable. Les yeux dirigés vers l'océan, une idée germa dans mon esprit. Non... Nooon. Je savais que faire pour me réveiller, cependant je n'avais pas fait ça depuis le lycée. C'était si idiot ! Pourtant une petite voix me soufflait d'y aller, que ce sera la cerise sur le gâteau. Ma raison tentait vainement de calmer ces ardeurs, je risquerais de choper un rhume ou pire encore... Et si quelqu'un passait par là ? L'adulte trouvait plein de point négatif à cette pulsion, alors que l'ancienne ado rebelle n'attendait que de la suivre.

Dis. Je réalise que je ne me suis pas beaucoup baigné cette année, et avec une plage pareille à proximité c'est une honte ! Donc, et si on terminait en beauté en piquant une tête ?

Évidemment la jeune femme ne se fit pas prier. Gloussant comme deux débiles, on se dépêcha de retirer nos fringues pour finir en sous-vêtements et on couru comme des folles nous jeter dans la masse d'eau sombre sur laquelle se reflétait les lumières de la ville. Ce n'était pas dans mon pays natal qu'on aurait pu faire une telle chose ! L'avantage de la Californie était sans nul doute son climat. La fin de l'été approchait, on était en pleine nuit, et malgré tout la mer n'était pas si froide que je l'avais craint. Certes elle était vivifiante, mais c'est ce que j'avais espéré. On chahuta comme les gamines que nous étions, nous balançant de l'eau à la figure, nous bousculant. C'était tellement du grand n'importe quoi que c'en était bon. Une fois que l'euphorie se soit dissipée, on sortit de l'eau dégoulinantes. On se traîna jusqu'à nos affaires. Si on avait pu se sécher, il nous aurait été probablement plus aisés de nous rhabiller. Là ce fut une catastrophe. Entre l'alcool et les fringues collant immédiatement à ma peau, je trébuchais à plusieurs reprises et terminais le cul par terre, déclenchant une hilarité générale. Une fois qu'on fut vêtue autant qu'on pouvait l'être, je pris sur moi de jouer les troubles fêtes. Il se faisait tard, et bien que j'adorerais continuer d'envoyer paître la réalité plus longuement, il était temps que je me montre raisonnable. Je ramassais mes affaires et osais rendre la sentence.

Bon, c'est pas tout ma belle, mais j'ai un irlandais qui m'attend. Et surtout je bosse demain, je ne voudrais pas avoir l'air d'un zombie devant les collègues, ils me charrient assez comme ça. On se partage un taxi?

Ignorant ses quelques protestations, je passais un bras sous le sien, et on s'éloigna en direction de la route tandis que je nous appelais un véhicule de mon portable.




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