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 GAÏA&TARA - « truth doesn't make a noise »

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MessageSujet: GAÏA&TARA - « truth doesn't make a noise »   Ven 6 Juil - 2:35



GAÏA&TARA

« i can't explain it, i feel it often;
everytime i see her face.
but the way you treat her, fills me with rage
and i want to tear apart the place.

you try to tell her what to do,
and all she does is stare at you.
her stare is louder than your voice
because truth doesn't make a noise. »

Le moteur gronde et j’expire; d’épuisement, de désespoir. Mes semaines sont longues, interminables. Mais j’ai encore la vie devant moi, contrairement à ceux d’ici, alors je serre les dents et agrippe le volant. Les lumières éteintes du centre derrière moi, je me rappelle leur merdier à eux, et je trouve ma vie impeccable. Mes roues collent contre le bitume humide, aveuglée par la luminescence de mon tableau de bord. Je cligne des yeux, pour m’éveiller avant de prendre la route. J’étouffe, je manque d’air. J’ai l’étrange sentiment d’être claustrophobe. Mes mains moites cherchent la manivelle pour la fenêtre. Pour l’accès à l’air extérieur qui me paraît vital. Des rotations qui m’épuisent, mais laissent entrer une brise, courant empreint d’humidité, mais trempé dans la fraîcheur de la nuit. Mes cheveux s’émerveillent dans le vent. J’aperçois une silhouette à la sortie du stationnement. Là où mon véhicule s’immobilise, par principe. Gauche, droite, gauche. Mes doigts fébriles glissent contre le volant, mais se crispent sur place. J’attends, les jointures blanches, l’esprit hésitant. J’hésite, mais je ne sais pas pourquoi. Ça n’est pas moi, d’analyser la situation de A à Z, avant d’entreprendre une intuition. Son regard croise le mien. J’étire un sourire et je balance une phrase qui se fait écho dans la noirceur macabre de la rue.

    TARA – « Tu veux que je te ramène? »

Mon ton est neutre, mais quelque chose tourne mal dans ma gorge. Je fixe le cadran incandescent, quatre chiffre bêtement alignés; 12 :09. Je voix qu’elle doute, le regard perplexe. Elle a peur. Peur de gêner, peur de ne pas être à sa place, peur d’être rejetée, d’être jugée, d’être connue. Peur d’être, tout simplement. Et je voudrais faire comme si ce n’était pas le cas, mais sa personne entière capte mon intérêt. Toujours, tout le temps. Peut-être à cause de ce que Benny m’a dit sur elle. Les faits véridiques et les suppositions farfelues. J’ai les yeux rivés sur un monde parallèle, quelque part dans un recoin de mon esprit. Où tout est palpitant et enfantin; le jeu de la vie. Je retombe sur terre, cligne des yeux pour changer la diapositive de mes pensées. Je me fais patiente, le cœur tambourinant pourtant au creux de mon ventre, attiré par la gravité, ou craignant le débordement. Un truc débile que je n’explique pas, que je fuis mentalement.

Les rares voitures qui passent nous offre une trame sonore irrégulière. Une musique stressante qui me réveille pleinement désormais. Je la fixe, à attendre sa réponse, les mots qui rempliront enfin le vide habituel. Mes réflexions défilent dans mon crâne, je repousse mes cheveux derrière mes oreilles et essaie le rôle décontracté. Je l’analyse, là, maintenant, en silence. Sa chevelure parfaite qui combat le vent avec férocité, encadrant son visage naïf. Puis, je me perds dans son regard qui cherche la réponse à fournir, qui palpite d’angoisse. Toute l’expression du monde transparaît dans ses iris clairs. Je divague dans l’attente et finis par rajouter quelque chose. Pour la convaincre. Parce qu’étonnement, ça m’importe. Les rues de Los Angeles et leurs drames horrifiants, je me convaincs que ça me suffit comme raison. Que l’attrait de l’occasion n’est pas la cause première de mon offre. Je me crois, j’ai besoin de me croire, pour ne pas me lancer dans mes questionnements sans fin. Ma petite voix aïgue du fond de mon crâne – ce moi intérieur - avoue mon intérêt innocent et sans implication et tout le reste part en fumée. Même mon subconscient fait des compromis à admettre une parcelle de vérité, pour taire le reste.


    TARA – « Les bus passent aux heures en fin de soirée… Tu viens de rater celle de minuit. »

Je ne rajoute plus rien. Pour une fois, je joue la muette, comme elle le fait si bien. Il n’y a que Gaïa, à un arrêt d’autobus décrépît, et moi, dans le réconfort d’une voiture qui ronronne doucement. Que nous deux, ici, maintenant, sur les trois millions huit cents milles habitants de la ville.


Dernière édition par Tara O. Matthews le Mar 7 Aoû - 3:35, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: GAÏA&TARA - « truth doesn't make a noise »   Ven 6 Juil - 3:55

Cet endroit me rappelle sans cesse ce que j’ai perdu. Ce père qui m’a tant aimé et que j’aime tant. Ce père qui me manque plus encore que me manquerait l’oxygène si je cessais de respirer. Père aimant et ami fidèle, une épitaphe si commune, perdue parmi des centaines d’autres, dans ce cimetière froid et si calme. Si calme et pourtant nourri par les larmes. Je le hais. « But love is not a victory march, it's a cold and it's a broken Hallelujah ».

Tous les jours, je les vois. Je les vois mourir, pourrir de la même horreur qui t’a emporté. Certains se battent avec tant de ferveur, je les admire. Je ne me plains pas, Papa. Je ne me plains pas parce que je pourrais être à leur place, parce que je pourrais livrer le même combat. Moi, je n’ai pas le courage. Le courage de voir la mort en face, de la défier de venir me prendre à n’importe quel instant. Ils envient peut-être ma personne. Mon moi. Bien que je n’ai rien à envier, je n’ai rien qui ferait pâlir de jalousie ou d’envie. Je veux dire, je n’ai rien de mon être. N’importe qui pourrait envier ce que j’ai en dehors de moi, Henri, ma famille. Ma belle maison, ma belle vie qui apparaît si simple. Mais moi, moi qu’ai-je ? Si ce n’est des doutes. Si ce n’est des questions. Si ce n’est de la colère. Si ce n’est le silence. Si ce n’est de la haine. Haine de ce que je suis, de ce que je crois être, de ce que je crois aimer.

Je sors du centre, comme chaque jour, le cœur en vrac c’est vrai, mais le sentiment de peut-être enfin devenir quelqu’un de respectable. Ce que je fais est bien, paraît-il, ça fait joli dans mon dossier scolaire qui plus est, paraît-il. Mais je ne le fais pas pour ça. Et je le fais probablement beaucoup plus égoïstement. Egoïstement parce que les aider est la seule chose qui parvient à me faire sentir en vie. Exister pendant quelques instants pour des personnes qui ont véritablement besoin de moi. Exister seulement dans leurs yeux et quand vient le moment de partir : disparaître. Redevenir invisible. M’effacer, toujours. Je sors tard aujourd’hui, dans la nuit poignante de froid. Un message rapide afin de prévenir Henri que tout va bien, que je sors du centre, que je rentrerai tard. Il travaille encore, il n’est pas à la maison, il ne rentrera pas cette nuit, il est désolé et je ne lui en veux pas. La maison sera vide, comme souvent depuis que Papa nous a quitté. La foutue perspective de retrouver cette grande maison froide et vidée de chaleur humaine me tort le ventre, comme à chaque fois où je rentre et que la réalité me jette à la figure que Papa n’est plus là.

Dans l’obscurité seulement découpée des rais de lumières des réverbères je peine à trouver une cigarette dans mon sac. Je l’allume. J’inspire, expire. Et je me détends. La nicotine a ce pouvoir sur moi. Ou du moins le manque de nicotine enfin comblé à ce pouvoir sur moi. J’avance rapidement jusqu’à l’arrêt de bus situé à quelques mètres du centre, j’attends machinalement, sans même regarder l’heure, sans même savoir à quel moment le prochain bus passera me prendre pour me déposer près de la maison que j’appréhende tant de retrouver. J’attends. Qu’ai-je d’autre à faire ? Cet endroit me paraît bien plus accueillant que la jolie villa vide qui m’attend. Qui m’attend avec tous ses fantômes du passé, qui me hantent sans cesse. Dans le silence de la nuit un ronronnement de moteur vient soudain dissiper mes pensées, la voiture s’immobilise à mon niveau. Je reconnais le visage de Tara, je reconnais son sourire que j’apprécie. Que j’apprécie je ne sais pourquoi, que j’apprécie en sachant que je n’ai pas le droit. Elle me demande si je voudrais qu’elle me ramène. Je ne sais même pas si ma destination est sur son chemin. Et je n’ai pas envie de rentrer. Je n’en ai pas envie mais je n’ai pas non plus le choix. Un bus passera tôt ou tard, plus tard me permettra de reporter l’échéance, de ne pas rejoindre cet endroit froid trop tôt. Bien qu’attendre ici, dans la fraicheur de la nuit, dans l’obscurité, seule, ne me rassure pas. Pas plus que de rentrer chez moi. Non, je n’ai pas envie de la déranger, je n’ai envie de déranger personne. Je sens son regarde fixe posé sur moi et je n’ai même pas le courage de le tenir son regard, le sol m’offrant un spectacle bien moins intimidant. Non je n’ai pas envie de la déranger et pourtant la pensée de passer quelques instants auprès d’elle dans l’espace restreint que constitue son véhicule me procure une chaleur étrange au creux du ventre. J’essaye en vain de chasser cette sensation que je refuse. Je refuse d’éprouver cela, d’éprouver quoique ce soit pour une fille. Pour Tara. Elle me fascine tellement… Pourquoi ? Sa voix m’ôte de mes rêveries, je dois lui paraître si idiote, ça doit faire une éternité que je suis là, immobile, à admirer le sol, sans rien dire. Le bus… J’ai raté le bus de minuit, rapide coup d’œil à mon téléphone, 12:10, deux option s’offrent à moi : cinquante minutes à attendre seule ici ou quelques instant à passer avec elle… Avec Tara.
    GAÏA – « Je… Je ne veux pas te déranger. Je peux attendre ici… Je… D’accord, merci. »

Quelle idiote. Quelle foutue idiote. Incapable de prononcer une phrase correcte. Surtout incapable de lui dire non. Incapable de refuser, incapable de rejeter ce foutu sentiment que je ne saurais même pas nommer. Ce sentiment que je ne veux pas m’accorder. Ce sentiment qui répugne tout mon être mais dont je n’arrive pas à me débarrasser. Au prix de ce qui me paraît être un immense effort je pose enfin mes yeux sur elle, mon regard se plonge dans le sien. Je m’avance vers sa voiture, fixe la poignée un instant, l’actionne et pénètre enfin à l’intérieur. Clac. Je n’ose de nouveau plus la regarder, des dizaines de pensées se bousculent dans ma tête à cet instant. Des dizaines de pensées que je voudrais repousser.

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MessageSujet: Re: GAÏA&TARA - « truth doesn't make a noise »   Sam 7 Juil - 2:19

    GAÏA - « Je… Je ne veux pas te déranger. Je peux attendre ici… Je… D’accord, merci. »

La portière claque sur la carcasse de la voiture, dernier son avant l’interlude silencieux. La logique trace mes premiers kilomètres. Quelque part vers l’ouest. Benny m’a déjà dit qu’elle habitait près de la rivière, endroit approximatif, mais qui me lance en direction. Y’a que la radio qui marmonne en arrière-plan. J’ai envie de parler. Pas besoin de, pourtant. Je me serais attendue à un malaise, à une obligation d’entamer la discussion. Mais le silence est paisible, pacifique. Je fixe la route et j’ai l’impression que le voyage nous attend. Qu’on roulerait comme ça, dans une quiétude partagée, jusqu’au bout du monde, jusqu’au bout de la nuit. Mais j’ai envie de savoir, de la connaître, d’échanger des phrases, de trouver des réponses à mes questions, des validations à mes suppositions. J’voudrais faire changement et entendre le son de sa voix, plutôt qu’un silence continu.

    TARA – « Je suis Tara. Je sais que tu le sais, parce que j’sais aussi que t’es Gaïa, mais officiellement, on s’était jamais présentées… »

J’étire un sourire, l’attention partagée entre son visage crispé et la route monotone. Les lumières s’enchaînent sur le boulevard, plus ou moins synchronisées. Je roule irrégulièrement, de toute façon, un peu distraite et pas vraiment pressée. Le vent circule entre nos corps figés, sifflement que je diminue en remontant partiellement ma vitre. J’arrête, feux rouge. Le décor de la rue est fade, aucune voiture, aucun piéton. Qu’un lampadaire qui palpite avant de s’éteindre. Je regarde Gaïa, fixement, pour la première fois. Elle fixe l’extérieur, probablement pour éviter le contact de nos yeux qui se cherchent sans se l’admettre. Je reste accrochée à son menton si découpé. J’voudrais l’effleurer et la ramener dans mon monde. Qu’elle me réponde. Peut-être qu’elle s’exprime à sa façon et que je n’entends simplement rien. Parce que je ne parle pas sa langue. Mon front se plisse dans la contemplation de l’énigme « Grant ». Un klaxon me tend les muscles, je dresse le regard dans mon rétroviseur. Que des phares banals qui s’impatientent. La lumière est verte – mûrie. Depuis quand, j’en ai aucune idée. Mon pied s’écrase contre la pédale, et le vent reprend son souffle sinistre.

    TARA – « On avait une autre « employée » avant au centre. Elle parlait pas non plus. Mais elle était muette, alors ça se comprend… »

J’avais pas anticipé d’ouvrir la bouche pour balancer n’importe quoi. J’aurais voulu peser mes mots avant de les rugir bêtement - sans le succès dans ma pointe d’humour – ou pouvoir les effacer. J’ose un sourire, preuve indéniable que je suis débile. Profondément débile. Je parle à la sagesse incarnée en balançant des provocations involontaires. Ma main s’abandonne au bas du volant, tâtant sans but le cuir usé. Je suis nerveuse, sans avoir de raison de l’être. C’est contagieux son angoisse existentielle? J’oublie l’échec qui gronde dans mes intestins et j’essaie de retomber sur terre, de reprendre mes esprits. Je sais pas quoi dire, ni comment le dire. Le poids de l’univers me pèse sur les épaules, un frisson me parcourt l’échine. J’ouvre les lèvres un seconde, ça me paraît long, trop long. L’hésitation elle-même hésite. Je referme la bouche, incapable de faire du sens de la tempête qui me surcharge le crâne. J’agrippe une excuse raboteuse, le ton pourtant paisible, détendu. Le contraire de mes entrailles qui fulminent.

    TARA – « J’plaisante. Benny m’a dit que tu lui parlais, à lui, de toute manière. »

Léger, tout à fait moi. J’ai envie de rire, d’être moi-même un peu. Je réalise qu’elle ne rit pas. Pas sincèrement; qu’une façade qui cache un doute, une crainte supplémentaire. Ma tête bouillonne, mon pouls résonne à mes tympans. Je devine ses pensées, parce que c’est évident. Benny. Ce lien qui nous relie, celui du milieu, qui sait tout et partage. Elle s’imagine des révélations qu’il m’a faite à son sujet. Elle se demande ce que je sais. Revoit en tête toutes les vérités qu’elle s’est osée à lui confesser, toutes ses faiblesses qui la plonge dans la honte. J’en viens à me demander ce que Benny ne m’a pas dit. Parce qu’il est fidèle et loyal. Incapable de me trahir, et probablement incapable de nuire à Gaïa qui n’a été pour lui qu’une boule miniature de bonheur entassé. Qu’une amie dans la surpopulation de la ville qui l’indiffère. Il dit ce qu’il veut, ce qu’il me croit utile de savoir, mais laisse-le reste hors de ma portée. La curiosité me brûle sous la peau, je me gratte nerveusement l’avant-bras, sans lâcher le volant de mon autre main. Je me perds, à fixer partout; rétroviseurs – route – vitesse – Gaïa. Qu’une routine qui complique mes réflexions épuisées.
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