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 ASH&LOU - You're wondering now, what to do, now you know this is the end.

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MessageSujet: ASH&LOU - You're wondering now, what to do, now you know this is the end.   Dim 26 Aoû - 18:24


That's what friends are for.



Lou-Ann triturait nerveusement ses mains, installée sur la galerie devant l’immeuble où se situait son appartement. 10h30. Ashleigh devrait être là d’une minute à l’autre. C’était drôle comme dans la vie, tout ce qui nous tombait dessus aurait pu être prévu. Le regard lointain, la mine barbouillée par la nuit d’insomnie qu’elle venait de se claquer, la rouquine bailla effrontément.

Jonah. Vous vous souvenez du meilleur ami de toujours? Lorsqu’elle avait 7 ans, Lou-Ann était excitée comme personne d’apprendre que la maison vide face à la sienne se remplirait bientôt d’une jolie petite famille. Elle qui n’avait jamais été très proche de ses frères et sœurs, elle qui n’avait que Jaxson, Tara et quelques autres potes à l’école, se retrouverait avec un voisin rien que pour elle. Un petit garçon qui avait son âge et qui deviendrait assurément son meilleur copain. Elle l’avait décidé le jour où elle l’avait vu emménager, où son regard avait croisé le sien. Après une entrée en matière comique et enfantine, ils avaient décidé de ne plus jamais se lâcher. Tous les deux étaient des incompris, des boules d’énergie sur deux pattes qui n’en avaient rien à foutre de leurs parents. Ils s’aimaient déjà comme s’ils partageaient le même sang et la même chair. Une pacte d’amitié sanglant avait même uni leur destinée. À l’adolescence, Jonah et Lou-Ann étaient devenus plus que des amis. Moins que des amoureux. Déjà bien sexuée, la jolie Abbott avait partagé son premier baiser avec la langue avec son ami de toujours. Chacun de ses petits copains n’arrivaient jamais à la cheville de Jonah et elle lui avait même offert sa virginité sur un plateau d’argent à ses 16 ans. Jamais l’idée de sortir avec lui ne lui avait traversé l’esprit, mais elle ne se limitait pas à une simple relation de meilleurs amis et se retrouvait souvent sur ses lèvres et dans ses draps, comme s’il lui était du plus pur et du plus beau réconfort physique. Il la comprenait, il la faisait rire, il était tout pour elle. Tout.

Puis ils devinrent adultes. Jonah avait toujours été mystérieux sur pas mal de choses, ses études, sa famille, sa fortune, son passé en général. Lou n’avait jamais vraiment posé de questions non plus, de contentant de ce qu’il lui disait, n’ayant pas plus d’inquiétudes à nourrir. Jusqu’à la veille, lorsqu’un appel banal lui avait mis la puce à l’oreille. Quelque chose n’allait pas. Jonah, qui depuis des semaines n’était plus le même, prétextant être séduit par une certaine Billie, ne parlant et ne rêvant que d’elle, était maintenant le colocataire de Lou. Et la rouquine empilait les frustrations, les disputes, les cris, les pleurs avec celui qui jadis avait été son double, son âme sœur. Mais il n’avait suffit que de quelques paroles chuchotées dans un combiné pour que la belle change complètement son fusil d’épaule et se demande vraiment ce qui se tramait avec le changement de comportement de son ami. Des noms glissés à la volée, Parker revenant d’actualité, un mot sur son pseudo-coma, il était censé être à l’hôpital où bossait Lou?!, et des recommandations violentes. Jonah en savait bizarrement un peu trop sur l’état actuel du photographe qui avait jadis briser le cœur d’Abbott et apparemment son interlocuteur aussi. L’étudiante avait donc attendu, tapis dans l’ombre, que l’appel se termine. Puis elle avait noté les coordonnées. Elle devait savoir.

D’abord, Lou s’était assurée que Parker était bien au Good Samaritain Hospital, dans le coma. Cette info lui avait glacé le sang. Il avait beau avoir été un véritable salaud avec elle et avec de tonnes d’autres filles, dont la pauvre Delilah, son état était assez alarmant et la jeune fille en craignait vraiment pour sa santé. Aussi salaud soit-il, personne ne méritait de se retrouver dans ces conditions. Jonah avait aussi laissé sous-entendre qu’il était sous surveillance, que s’il se réveillerait il ferait tout en son pouvoir pour l’empêcher de parler. De parler de quoi? La belle, le regard toujours perdu au loin, pliait et repliait le numéro de téléphone, transcris à la volée, entre ses doigts frêles, pensive.

La veille, 13h30.

« Comment ça il est passé à deux cheveux de se réveiller? » chuchotait nerveusement Jonah, alors que Lou sortait de la cuisine, un verre de lait au chocolat en main. « Ses signes vitaux étaient stables la dernière fois. Il aurait pu se claquer encore des années de coma. Qu’est-ce qui a changé? »

Watson semblait alarmé et c’est ce qui avait stoppé la rouquine dans son élan. Il ne montrait presque plus d’émotions à part de l’empressement et de la frustration depuis le début de leur cohabitation. Muette, elle s’était faufilée dans l’embrasure de la porte, profitant de l’absence de lumière pour écouter sans se faire remarquer. Le jeune homme était agité, il parcourait le salon de long en large, le téléphone bien appuyé contre son oreille. Quelque chose l’agaçait vraiment et Lou ne comprenait pas, de un, pourquoi il semblait si atteint par un patient comme un autre, et de deux, pourquoi il se retrouvait à en parler au téléphone. Jonah avait un poste plus que versatile à l’hôpital et il se retrouvait pas mal dans toutes les positions. Médecin, concierge, infirmier, directeur. Personne ne disait rien, mais jamais on ne lui foutrait un appel entre les dents pour discuter d’un comateux parmi tous ceux qui entraient en urgence à chaque jour.

« Ouais, ben vous êtes mieux de le garder à l’œil. Il se réveille, on est fichu. J’aurai pas le choix de m’en occuper parce que vous avez été trop cons sur ce coup-là. » il marqua une pause, longue, froide. « Le garder en vie? Franchement. »

Lou fronça les sourcils. De qui parlait-il ainsi? Pourquoi disait-il qu’il allait s’en occuper personnellement? L’interlocuteur semblait lui raconter des tonnes et des tonnes de trucs, Jonah ne faisait que soupirer et hocher de la tête, dos à elle, et la belle eut alors une impression bizarre qui lui élançait l’estomac. Le garder en vie. Jonah était en train de sous-entendre qu’il allait donner la mort à quelqu’un. Cette histoire était trop bizarre, la belle secouait sans s’en rendre compte la tête, niant tout en bloc, préférant faire comme si de rien n’était et filer vite fait dans sa chambre. Elle en avait trop entendu, il s’agissait d’une bonne blague et Jonah n’avait rien d’un tueur. Limite, c’était elle qui s’occupait des araignées lorsqu’il en trouvait une dans la douche. Tournant les talons, la rouquine entreprit de laisser cette conversation au salon comme cela aurait dû l’être, mais un mot, un minuscule nom l’arrêta dans son élan. Ses yeux s’ouvrirent grands et elle laissa échapper un petit cri, presque inaudible, lorsque son ami murmura d’une voix rauque et cruelle qu’elle ne lui connaissait pas :

« Parker en sait trop. »

Aujourd’hui, 11h45.

Parker. Aussitôt revenu dans sa vie qu’il la chamboulait de nouveau. Mais cette fois-ci, ce n’était pas de sa faute. C’était de celle de Jonah.

Lou leva les yeux, voyant la bagnole d’Ash s’engager dans sa rue. Se levant d’un bond, elle glissa le numéro de téléphone de l’interlocuteur de son ami dans la poche arrière de son jeans. Tremblante, elle se promit d’en discuter avec la blonde, de se servir de son esprit rationnel et réaliste pour chasser ses doutes et lui confirmer qu’elle n’était qu’une conne un peu trop imaginative et que ses soupçons n’étaient pas fondés, puis s’avança tout sourire vers sa copine qui se garait devant elle. Passant derrière l’auto, la rouquine se chargea de mettre sa valise dans le coffre, et revint rejoindre Monaghan en pénétrant dans l’habitacle et en se faufilant sur le siège passager. Quelques bisous sur les joues plus tard, elle semblait avait retrouvé un peu de sa joie de vivre habituelle.

« Prête à sillonner la Californie pour m’amener vers la gloire? »

Toutes les deux se dirigaient directement à Hollywood, là où une audition énorme avait lieu pour trouver la prochaine coqueluche de la télévision américaine. Une audition à laquelle Lou s’était inscrite, euphorique et fébrile, depuis des mois et qu’elle avait enfin décrochée. Si seulement l’appel d’hier n’avait pas eu lieu, aujourd’hui elle serait la plus comblée des femmes. Si seulement.


Dernière édition par Lou-Ann A. Abbott le Mar 11 Sep - 2:36, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: ASH&LOU - You're wondering now, what to do, now you know this is the end.   Lun 10 Sep - 19:35





Lou & Ash.

« You're wondering now, what to do, now you know this is the end. »



Comme je m'y étais attendu, le fait que je pause congé avait choqué pas mal de monde. Oui, la petite galloise avait une vie en dehors du boulot, et ça ne se limitait pas à des virées nocturnes. Évidemment, ils n'avaient pas pu me le refuser même s'ils l'avaient voulu. Je n'étais pas indispensable, même si ça m'emmerdait de le savoir. Seule ma partenaire, Lena, avait vraiment protesté, pas réellement enthousiaste à l'idée de me voir l'abandonner de la sorte. On était une équipe de choc, deux blondes revanchardes dans un océan de collets montés, on se serrait les coudes dans ce monde d'homme et à nous deux on était des plus efficaces. Et elle comptait sur moi pour son projet ambitieux. Donc forcément, à sa place ça m'aurait aussi mis un coup au moral. Cependant j'avais des priorités, et soutenir une amie dans le besoin était actuellement en tête de liste. Les méchants devraient attendre.

Lou' est ma Whitney et je suis son Costner. Sans l'histoire d'amour et tout le tralala. Ma graine de star allait se frotter aux manias de l'audio-visuel et il était hors de question que je la laisse y aller seule. Et s'ils lui mettaient dans la tête qu'avec un peu de chirurgie elle passerait mieux à l'écran hein ? Non pas que je la crois capable de suivre ce genre de conseils débiles, loin de là, elle saurait les rembarrer toute seule comme une grande, nonobstant je me ferais un plaisir d'en rajouter une couche et de les menacer physiquement avec mon regard le plus noir. Je n'avais aucune estime pour ses grandes pontes de la télé. Ils nous abrutissaient avec des programmes débiles, du genre de Big Brothers... A la limite Extrem-Makeover avait un bon fond, mais là encore c'était présenté avec excès. Je ne regardais que les TV shows ou les films... Parfois les infos quand je m'emmerdais. Mais autrement je n'avais pas beaucoup d'affection pour ce média. Quoi qu'il en soit, ma Lou' d'amour voulait décrocher cette audition, et peu importait ce que je pensais, je la soutiendrais du mieux que je pourrais. N'était-ce pas à ça que servaient les amis, les vrais ?

Et ça me donnait une excuse pour m'éloigner un petit peu. Prendre un peu de recul sur ma vie ne pouvait me faire que le plus grand bien. Ces derniers temps j'étais à fleur de peau, un rien me bouleversait et ce n'était pas normal, ce n'était pas moi. J'étais même aller voir un médecin pour m'assurer que côté santé tout allait bien, que ça ne cachait pas un truc. Rien à déclarer. Il m'avait simplement dit que c'était psychologique. Traduction : c'est pas un généraliste qu'il vous faut mademoiselle, mais un psy. J'en voyais déjà un merci, et il ne m'était d'aucune utilité. Bon, il ne disait pas que des conneries non plus, il s'était beaucoup intéressé à ces morts qui pleuvaient autour de moi ces derniers temps.

Eva, la petite Hamilton était passée de vie à trépas... On n'était pas spécialement proche à la base, les seuls sujets de conversations qu'on avait c'était Jay & Jacks, parce qu'ils le valaient bien. Cependant ça foutait quand même un coup au moral. Pour Jay déjà, car ils étaient très amis. Puis pour Jacks, car même s'il le niait il tenait à elle selon moi. Et puis pour moi mine de rien. Et ensuite il y avait eu Adam. Papy Adam, mon seul coup d'un soir, l'alcool aidant. On était devenu amis, j'aimais bien l'emmerder et réciproquement, mais je ne pourrais plus jamais lui sortir des mauvaises blagues sur son âge avancé... Il n'avait pas tenu le coup avec son opération, mais j'avais espéré qu'il sortirait de son coma, qu'il était plus fort. Cependant ça n'avait pas été le cas. Merde quoi !

Ça me ramenait en pleine face le processus douloureux de deuil que j'avais du suivre pour ma grand-mère – bien que là, la maladie ne s'était pas invité au dernier moment, elle s'était annoncée – mais surtout pour l'homme qui m'avait reconnu comme sa fille. Ah, les étapes du deuil, reparlons-en. Déni, colère, marchandage, dépression et enfin acceptation... Sauf que ça n'avait jamais fonctionné comme ça avec moi, ça m'avait sauté à la gorge dans le désordre, parce que je ne faisais jamais rien comme tout le monde, parce que je n'étais pas faite de ce bois là. L'acceptation ? Laissez moi rire. Comment accepter la mort de quelqu'un de cher, franchement ? C'est plutôt apprendre à vivre avec qu'on le digère ou non. Non, moi j'en étais surtout restée au fin fond de ma personne à la colère. C'était ce qui me poussait à me lever le matin, qui me motivait dans mon travail. Ce n'était pas sain, je le savais, mais je m'en contre-fichais. C'était toujours mieux que si j'étais devenue dépressive nan ? Surtout que me connaissant je n'aurais pas fait les choses à moitié et je ne me serais pas loupée. Mais je n'étais pas suffisamment égoïste, ha ! Mon frère n'avait pas besoin que j'ajoute un cadavre dans la famille, et surtout que deviendrait-il sans moi ? C'était lui qui, sans le savoir, m'avait poussé à garder la tête hors de l'eau, à ignorer mon chagrin grandissant, mais de ça il n'en saurait jamais rien. Personne ne le découvrirait car mon égo était trop grand pour que je n'ose qu'évoquer le sujet. Je tenais à cette image de femme forte que j'avais imposée dans l'esprit de mon entourage.

J'en reviens une fois encore à la constatation que la vie n'était qu'une garce jusqu'à la fin. Autant j'avais signé pour avoir la mort planant au dessus de ma tête alors que je portais un flingue à la ceinture, c'était une partie intégrante de mon job. Je la voyais presque tous les jours et lui échappais régulièrement bien qu'au fond je savais déjà qu'elle me rattraperait tôt ou tard... Mais les autres hein ? Ils n'avaient rien demandé ! Ce n'était pas juste. C'est comme le fait qu'un soldat soit autant pleuré qu'un pompier alors que leur mission n'est pas vraiment la même pas vrai ? Le pompier est là pour sauver des vies, alors que le militaire est formé à en prendre... Bon oui je sais, c'est horrible de voir les choses comme ça, les soldats se battent pour nous dans le monde et blablabla... Mais hey, il faut enlever ces œillères. Flic ou soldat même combat. On est là pour calmer les choses, certes, mais est tout de même armé et entraîné à tuer si nécessaire. Pas aussi reluisant qu'un combattant du feu n'est-ce pas ?

Oui, oui, j'avais des pensées assez sombres ces derniers temps, et la prise de bec avec Jason n'arrangeait rien. Là aussi le psy avait mis le doigt sur un sujet sensible. Non pas que je lui ai confier quoi que ce soit sur ma vie sentimentale, c'était quelque chose qui ne le concernait pas et je le lui avais fait savoir avec la délicatesse qui me caractérisait (c'est ironique, vous l'aurez compris)... Je déconnais à plein régime, je le savais, ce n'était pas nécessaire de me le rappeler. Ces derniers temps cette partie là de ma vie était un foirage complet, par ma faute, parce que je ne savais plus où j'en étais et que ça commençait à se faire sentir. J'étais sur les nerfs, à la moindre petite étincelle j'explosais sans réelles raisons, telle une toxico en manque. Je passais du calme absolu à la crise d'hystérie, des rires aux larmes et ce sans signe annonciateur pour les autres ou pour moi. Donc oui, j'étais impatiente de laisser toutes ces merdes derrière moi, ne serait-ce qu'une journée.

Aussi c'est avec fébrilité que j'avais préparé cette journée. Me focalisant sur des petites choses, comme de mettre dans mon coffre de voiture une glacière contenant des petites bouteilles d'eau pour les garder au frais bien qu'avec le climat californien ce ne serait pas d'une grande efficacité. J'avais consciencieusement fait le plein d'essence, vérifié le niveau d'huile... Il fallait dire que ma voiture pouvait me lâcher d'un moment à l'autre, cela faisait tout son charme en temps normal, le goût du risque vous connaissez ? Cependant il était hors de question que ça se produise aujourd'hui ! Je jetais sur la banquette arrière un sac de sport dans lequel j'avais fourré des barres chocolatées et autre friandises, et un livre au cas où je sois amenée à patienter longtemps pendant son audition. Je branchais mon baladeur MP3 à mon auto-radio – seule partie High Tech de la Ash mobile – et démarrais en lançant ma compilation « on the road » faite par mes soins.

C'est sous les mesures d'« Highway to Hell » que je me garais. Ma rouquine préférée rangea ses affaires dans mon coffre avant de venir s'installer à côté de moi et de me faire la bise. « Prête à sillonner la Californie pour m’amener vers la gloire? ». Ah, les américains et leur rêve de paillettes et de tapis rouge ! Mais le pire c'est que cette volonté de reconnaissance avaient contaminé les autres continents, qui pullulaient désormais d'émission du style X Factor. Et nous ? On se retrouvait avec des Susan Boyle. Youpi.

Oh que oui ! Même si au final on ne va pas si loin que ça. Ah, et je m'excuse d'avance pour l'odeur... Deklan m'a emprunté ma voiture pendant que la sienne était au garage, et cet enfoiré n'en a pas pris soin.

Autrement dit, ses potes et lui avaient foutu un merdier pas possible. J'avais eu le temps de jeter les détritus et de passer un coup d'aspirateur pour les miettes, mais j'avais beau faire, l'odeur de la bière renversée sur le tapis de sol ne partait pas. Et avec la chaleur ça n'allait pas en s'arrangeant. Je fis une grimace embarrassée à mon amie, et je remarquais alors sa mine de déterrée. Elle qui était toujours si rayonnante et pleine de vie, on aurait dit qu'elle avait passé la nuit debout.

Euh... Ce n'est pas pour être méchante, mais t'aurais du y aller plus lourdement sur le fond de teint ma belle. T'as l'air complètement K.O.! Qu'est-ce qui t'est arrivé ?

Je me réengageais dans la circulation non sans dévisager régulièrement Lou' dans le rétroviseur. Ca ne lui ressemblait pas, quelque chose clochait, et même si je me doutais qu'un casting était stressant elle n'était pas du genre à se formaliser pour si peu non ? Avec sa philosophie de vie elle ne devait pas être facilement insomniaque !


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MessageSujet: Re: ASH&LOU - You're wondering now, what to do, now you know this is the end.   Sam 15 Sep - 16:43


That's what friends are for.

« Oh que oui ! Même si au final on ne va pas si loin que ça. Ah, et je m'excuse d'avance pour l'odeur... Deklan m'a emprunté ma voiture pendant que la sienne était au garage, et cet enfoiré n'en a pas pris soin. »

Bien installée sur le banc passager de la voiture d’Ash, Lou-Ann détailla les « dégâts » comme venait de lui annoncer son amie. À première vue, la voiture était relativement propre, mais c’était vrai qu’une drôle d’odeur de sueur, de bière, et d’ailes de poulet se dégageait, surtout du siège arrière, et la rouquine étouffa un petit rire découragé avant de baisser sa fenêtre. Elle connaissait bien le personnage de Deklan, enfin, à priori parce qu’elle n’avait jamais vraiment pu prendre le temps d’apprendre à la connaître vraiment lui qui l’esquivait toujours, mais à le voir aller et à entendre les 1001 histoires qu’Ash lui racontait, c’était tout à fait plausible dans sa vie d’éternel gamin. La belle passa donc, là où elle aurait pu faire plusieurs blagues sur le frère de l’autre, et s’étira vers le rétro pour constater l’étendue des dégâts alors que son amie, ayant sûrement remarqué que quelque chose clochait à voir le peu d’entrain de Lou, lui passait une remarque. Ouais ben Ashleigh avait raison et c’était la merde. Lou glissa ses doigts lentement sur sa joue, cligna des paupières, fie la moue… ça n’allait pas. Les caméras la détesteraient, elle finirait probablement SDF à vendre des sapins de Noël à l’année à New York et en prime, elle se mettrait son amie à dos si elle n’était pas le moins du monde gentille avec elle pour avoir accepté le poste de chauffeur désigné.

« Je… » tenta-t-elle faiblement, se râclant la gorge et lâchant son reflet désespéré du rétroviseur. « J’ai passé la nuit à me disputer avec Jonah. Il m’a menti sur un truc et ça m’a fait chier alors j’ai pas lâché le morceau. Maintenant, on change de sujet mhm? Je voudrais pas gâcher mon karma créatif. »

Lou éclata de rire, envoyant un baiser soufflé dans la direction de son amie. Mais pour qui elle la prenait? Ash était flic, elle verrait tout de suite le bout de papier que Lou triturait entre ses mains tremblantes. Elle verrait bien vite que la rouquine esquivait son regard, qu’elle ne lui avait pas menti parce que c’était vrai que Jonah avait caché la vérité, mais elle l’avait pas confronté. Pas encore. Elle était pas prête de toute façon. Sentant les yeux de la Monaghan sur elle, Lou fit un petit mouvement de danse clôturant la fin de la chanson d’AC/DC puis augmenta le volume de Loosing my Religion, autre classique que sa copine avait mis sur sa compil’. Le refrain arrivait, Abbott avait envie de hurler avec R.E.M. et elle ne se fit pas attendre, sortant presque la tête de la fenêtre de la bagnole tellement elle adorait cette chanson. « It’s me in the corneeeeeeeeer! It’s me in the spotlight, loosing my religioooooon! » L’autoroute qu’elles longeaient donnait en plein à côté d’un désert typique californien, pas très effrayant, pas très éloigné de la ville, mais bien là. Le vent caressait le visage de Lou, des grains de sable venaient se heurter sur sa peau, et ce petit 3 minutes 15 secondes lui suffit pour se rebooster à bloc et ranger Jonah dans une section de son cerveau qu’elle ne solliciterait plus avant un moment. Se tournant vers Ash, Lou-Ann baissa le volume de la nouvelle chanson, puis demanda innocemment :

« Alors, alors. Quoi de neuf bella? Tu as passé une belle semaine? »

Autrement dit : change moi les idées avant que je ne me remette à broyer du noir. Lou glissa ses lunettes fumées sur ses yeux, ne lâchant pas sa copine du regard, se disant que ce serait elle et personne d’autre sa salvatrice puisqu’elle avait le don de la faire rire comme personne. Ash était comme un baume, littéralement, un rayon de soleil qui arrivait toujours au bon moment au bon endroit et Lou-Ann n’aurait pas pu passer la journée suivant la révélation sur son meilleur ami avec quelqu’un d’autre qu’elle. Dans un élan d’amour, elle ajouta même un : « Et merci, tellement, t’as pas idée de ce que ça représente pour moi de passer la journée avec toi dans une bagnole qui sent la pire virée de mecs qu’à connue l’histoire de L.A. » avant d’éclater franchement de rire. Ouais, elle lâchait la pression là, elle gardait le regard fixement devant elle, et y’avait rien ni personne qui lui ficherait Jonah entre les pattes si elle ne le décidait pas. Là, tout de suite, elle devait se mettre en tête qu’elle décrocherait cette audition, parce que c’était ce dont elle rêvait depuis toujours. Emballée, momentanément animée par une flamme qui lui réchauffait le ventre, Lou se mit à applaudir toute seule avant de pousser un petit cri de joie.

« J’en reviens pas encore d’avoir été appelée! Sérieux, c’est genre l’audition que j’ai toujours attendu depuis que j’ai commencé à toucher au milieu. Ça a rien à voir avec des shootings de lingerie, ils cherchent une fille qui peut animer un segment d’une 15 de minutes dans une émission à MTV. Je serais la fille qui interview les vedettes, t’imagines? » le rêve pour une groupie dans son genre. « Seul hic, je vais vraiment devoir trouver un moyen de ne pas vouloir leur sauter au cou et les embrasser, ces stars. » conclua-t-elle, sérieuse.

Et puis comment on se prépare à faire des entrevues avec des vedettes hen? Lou voulait être la meilleure et se démarquer de tous, mais elle savait pas du tout quoi faire pour réussir. C’était pas comme un shooting où elle devait se mettre en forme et bien manger quelques jours plus tôt, ou une audition pour un rôle où elle avait des lignes à mémoriser. Là, c’était une Lou-Ann brut qui plairait aux téléspectateurs ou pas. Encore plus dur que tout ce qu’elle avait pu tenter, encore plus amusant. Amusée, elle commença par faire des vocalises, totalement hors contexte, puis elle mit la radio et s’appliqua à imiter la voix de tous les présentateurs qui passaient un à un. Elle finirait bien par trouver sa tonalité d’intervieweuse parfaite nah? Quelques minutes, fous rires et voix de madame-météo plus tard, la belle zappa et se retrouva sur une chaîne pro-américaine, qui passait l’hymne nationale fièrement, et ne put s’empêcher de retoucher une nouvelle fois au volume, le montant au maximum, chantant avec eux. Qui sait, l’émission à MTV serait peut-être ultra républicaine et elle se devait d’être prête à tout. Sa prestation se termina à peu près au même moment où Lou-Ann sentit son portable vibrer dans sa poche, et hilare, elle jeta un coup d’œil à l’appareil avant d’ouvrir de grands yeux. Non. Rien qu’à voir le numéro, elle se doutait que le tiroir « Jonah » ne resterait pas fermé bien longtemps et ses jambes se mirent automatiquement à trembler.

« Pourrais-tu te garer s’il te plaît? » demanda la belle, d’une voix faible. « Je dois prendre cet appel. » elle luttait pour garder ses larmes loin de ses joues. « Merci. » conclua finalement Lou avant de sortir du véhicule et de s’éloigner en marchant quelques pas sur l’acotement.

Doucement, elle porta le combiné à son oreille, appréhendant chaque parole, chaque seconde. Avant de quitter l’appart, elle avait apellé à ce numéro. Croyant que de ne pas laisser de message aurait suffit, Abbott était passée à autre chose, surtout parce que la boîte vocale lui avait fichu la trouille de sa vie. Croyant qu’elle avait remis l’appel à plus tard, elle avait totalement oublié qu’un réseau du genre devait avoir accès au minimum à des afficheurs et elle ravala lentement et douloureusement sa salive lorsqu’elle poussa un « Allô? » dans un souffle.

« D’où avez-vous eu notre numéro? » demanda une voix glaciale qui effraya tout de suite Lou.

« Euh. J’ai reçu un appel chez moi. J’ai rappelé parce que je croyais qu’il s’agissait de mon gynécologue. Il m’a dit qu’après l’examen s’il ne me téléphonait pas je n'avais pas besoin de m’inquiéter pour les MTS, mais en voyant que j’avais eu un appel manqué j’ai paniqué. Alle-vous me dire que j’ai une chlamydia? » dans le genre d’improviser des conneries pour tenter de s’en sortir, Lou était passée chef.

« Non. » ajouta le mec, catégorique.

« Oh, génial! » elle feint un semblant d’euphorie, terrorisée à l’idée que son petit jeu soit démasqué.

« Écoutez, je n’ai pas de temps à perdre. Où avez-vous eu ce numéro? »

« Je viens de vous le dire… » répliqua innocemment la belle.

« Où habitez-vous? » qu’il demanda de but en blanc et la belle regarda derrière son épaule, croyant qu’elle aurait été suivie.

« C’est pas de vos affaires et puis… Et puis vous, d’où avez-vous eu mon numéro, hen? Pourquoi est-ce que vous m’avez téléphoné? J’ai rien demandé, à part si j’avais une MTS, et là je me retrouve avec un freak qui veut savoir où j’habite?! » Lou venait d’exploser, littéralement, c’état pas dit qu’elle se laisserait piler dessus. C’était à elle de savoir d’où avait commencé toute cette histoire et elle irait jusqu’au bout. Devant le silence persistant du mec, elle insista : « J’attends. » toujours rien. « Je sais que vous êtes pas gynéco. Je sais que vous en avez rien à foutre de moi, mais moi j’en ai tout à foutre de vous. Je ne suis plus en mesure de me faire mentir, désolée. Je sais que vous êtes au courant de plusieurs choses, que vous pouvez m’en dire énormément sur ce que je veux savoir. Je veux des réponses, merde. Et tout de suite. Qui êtes-vous? Pourquoi connaissez-vous Jonah? » Lou respira, haletante. Elle venait de se tirer dans le pied en dévoilant le nom de Watson, mais c'était vrai, elle n'en pouvait plus.

« J’ai effacé votre numéro de portable de nos registres. » la coupa le mec. « Personne ne vous apellera sur cette ligne. » Lou soupira, il baissa le ton. « Je me ficherais pas volontairement dans cette histoire si j’étais vous. »

Sans plus de cérémonie, il lui raccrocha la ligne au nez. Lou ouvrit de grands yeux, avant de pousser un petit cri de surprise. Mais qu’est-ce qui venait de se passer, là? Puis, elle fit volte-face, encore sonnée et presque automatiquement, et s’avança penaude vers la bagnole. Ash était sortie fumer une clope appuyée sur le capôt et Abbott esquissa un sourire défaitiste.

« C’était peut-être pas une engeulade de rien du tout finalement. »
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MessageSujet: Re: ASH&LOU - You're wondering now, what to do, now you know this is the end.   Jeu 4 Oct - 21:28





Lou & Ash.

« You're wondering now, what to do, now you know this is the end. »




J'aurais sans doute mieux fait de garder ma remarque pour moi au lieu de la lui balancer en pleine tronche. Je n'en ratais pas une pour faire des gaffes, aussi j'avais tout de suite regretté ces paroles qui pouvaient s'avérer blessantes. Et merde, bravo Ash. Lou se jeta sur le reflet que lui apportait mon rétroviseur pour constater qu'elle n'avait effectivement pas l'air en forme. « Je… J’ai passé la nuit à me disputer avec Jonah. Il m’a menti sur un truc et ça m’a fait chier alors j’ai pas lâché le morceau. Maintenant, on change de sujet mhm? Je voudrais pas gâcher mon karma créatif. » Je ne sais pas si c'était mon côté flic ou non, mais j'avais le sentiment que ce n'était pas l'entière vérité. Cependant, si mon amie omettait volontairement de me raconter toute l'histoire, elle devait avoir ses raisons. Donc je me contentais de cette explication et la regardais amusée se dandiner sur la musique que crachaient les petites enceintes de la Ash mobile.

Ah ça... Y'a pas mieux que les mecs pour nous filer des insomnies. lâchais-je dans un murmure.

Je le pensais vraiment. J'avais passé je ne sais combien de nuit à attendre que mon frère daigne rentrer de ses sorties en douce alors qu'on était encore au lycée. D'une part parce que je ne pouvais m'empêcher de m'inquiéter sachant à quel point il était doué pour se fourrer dans les ennuis, et d'autre part parce que j'espérais avoir le droit à un récit détaillé sur ce qu'il avait pu faire et avec qui, pour vivre ces virées par procuration car à l'époque Sean – notre beau-père – s'était mis dans l'idée de me surveiller, soit disant je tournais un mauvais coton et blablabla, alors que Dek', lui, était le parfait ado irréprochable apparemment. Bref, il était moins fliqué et passait plus facilement sous le radar. Injustice. Et puis dernièrement j'avais découvert que je pouvais me tourner et me retourner dans mon lit, sans trouver le sommeil, travaillée par cette foutue dispute que j'avais eu avec Jay. Guettant toujours les messages textes sur mon portable, au cas où. J'étais entrée en guerre avec moi-même, pour ne pas le contacter, pour lui laisser de l'espace. Tout ce qui en avait résulté était que je devais me concentrer plus que de raison sur ce que je faisais, que Lena devait sans cesse me rappeler à l'ordre au boulot et que même Scar' en venait à menacer d'aller tout droit au Barking pour dire deux mots à mon irlandais. Tout était tellement plus simple avant. Aurais-je mieux fait de fermer ma gueule et de jouer la fille qui n'en a rien à foutre ? Non. Non car, même si ça avait foutu le bordel, c'était la chose à faire. Si je n'avais pas craché le morceau, si je ne lui avais pas fait comprendre que cette situation ne me convenait plus, j'aurais fini par me détester.

Mais tu sais, malgré la fatigue tu restes toujours plus pétillante que l'américaine lambda.

Je lui adressais un clin d’œil et l'accompagnais de mon mieux sur le tube de R.E.M., grand classique mainte fois repris mais jamais égalé. Losing my Religion. A vrai dire, je l'avais perdue assez rapidement celle-là, refusant d'écouter ma grand-mère justifier toutes les saloperies qui nous cernaient dans ce monde de merde. Dieu nous avait fait à son image ? Ah ben merde alors. Son caractère devait être sacrément merdique pour qu'il y ait toutes ces guerres pour un peu de pétrole. La religion n'avait été qu'un justificatif à des massacres à mes yeux, et le plus triste étant que ça continuait encore et encore. Si cela avait un bon fond au départ, les hommes s'étaient assurés de tout gâcher, comme toujours. Ils avaient déformé les principes pour les mettre à leur sauce, pour se laver les mains. Étonnamment, ce qui m'agaçait le plus était que même à notre époque les hautes sphères chrétiennes s'évertuaient à imposer une solitude pesante sur les épaules de leurs représentant. Alors bien sur il y avait des dérapages. Non pas que je tolère pour autant ces histoires de pédophilie, bien au contraire, c'était la chose la plus ignoble qui soit dans cette secte planétaire. Je pensais plutôt que c'était à prévoir. Ce serait comme d'imposer des plats végétariens à un amateur de steak et de l'enfermer avec un mignon petit chaton dans une pièce pendant des semaines hein, ça finirait en brochette de minou. Arrête les pensées négatives, arrête ça tout de suite merde! Ouais, road trip avec ma rousse préférée, je me devais de m'amuser, de me changer les idées. De me sortir ma tête de ce nuage noir de merde qui me brouillait ma vision et la mettait en noir et blanc, me faisant rater les petites choses qui m'auraient fait sourire d'ordinaire. « Alors, alors. Quoi de neuf bella? Tu as passé une belle semaine? » Lou me sortit avec sa question de ma rumination intempestive. Je n'allais certes pas lui dire que ça avait été l'une des pires semaines de ma vie dans tous les domaines uh. D'un côté je m'étais acharnée au boulot à coincer un violeur récidiviste tout en m'évertuant à apaiser au mieux la famille de la victime – chose impossible cela va de soi – et de l'autre je passais mes soirées cloîtrée chez moi dans l'attente d'un coup de fil qui ne venait pas, à subir les regards lourds de mes colocataires peu habitués à me voire me morfondre. Ah, et puis les morts qui se multipliaient dans mon entourage. Youhou.

J'ai connu mieux. Ce n'est pas évident d'être une justicière, l'envers du décor peut s'avérer être d'un ennui mortel. Faut dire que Batman, lui, il a du fric à claquer pour passer le temps. Et Superman voyage comme il veut... Moi ? J'suis coincée en Californie, avec une paie de misère. Donc, ma semaine a été plutôt calme. Mais, mais, j'ai découvert qu'on avait une chaîne télé française au loft ! D'où ça sort ? Je n'en ai pas la moindre idée, je ne savais même pas qu'on l'avait avec notre abonnement, mais c'est pas le plus important. Figures-toi que c'est une chaîne de cuisine. Déjà le truc que je ne fais pas, j'approche rarement des casseroles, Scar' n'a pas confiance en mes talents. Je haussais des épaules, vexée malgré tout. Je refusais de croire que c'était aussi mauvais quand je passais en cuisine, à mon avis c'était surtout mes colocs' qui étaient bien trop difficiles, m'enfin. Et c'est en français « s'il vous plait » ajoutais-je en prononçant de mon mieux dans la langue de Molière , donc je comprends vraiment rien... Bah en tout cas, ce que je peux dire, c'est qu'ils sont tordus pour la bouffe. Du cheval, des escargots... ! Des vrais malades ces mecs!

Une fois n'est pas coutume, je divaguais. J'avais ce don. On me posait une question simple, etj e partais à mille lieux de là. Certaines personnes devaient probablement se demander si je me droguais ou non, et je ne leur en voulais pas. « Et merci, tellement, t’as pas idée de ce que ça représente pour moi de passer la journée avec toi dans une bagnole qui sent la pire virée de mecs qu’à connue l’histoire de L.A. » D'un geste de la main, je repoussais au loin son remerciement. Il n'avait pas lieu d'être, ce n'était pas non plus comme si je lui avais donné un rein, je me contentais de l'accompagner par une belle journée sur la route. Et je devais lui être encore plus reconnaissante à mon avis. Pour avoir pensé à moi.

Tu me croiras ou non si je te dis que Deklan est capable de faire pire ? Là ma voiture a eu de la chance !

Et je ris de bon cœur avec elle. J'étais soulagée de la voir redevenir petit à petit cette pile électrique d'énergie positive qui avait su me ravir dès notre rencontre. Oui bon, peut-être pas immédiatement, le contexte ne s'y était pas prêté, mais elle m'avait rapidement charmée. Ce qui n'avait pas été le cas de mon collègue. Pauvre connard. Connard dont les problèmes d'alcool avaient fini par empiéter sur le boulot, et ce n'était pas faute de l'avoir prévenu. Mais bon, les gars dans son genre n'écoutent personne, donc c'était bien fait pour leur gueule. « J’en reviens pas encore d’avoir été appelée! Sérieux, c’est genre l’audition que j’ai toujours attendu depuis que j’ai commencé à toucher au milieu. Ça a rien à voir avec des shootings de lingerie, ils cherchent une fille qui peut animer un segment d’une 15 de minutes dans une émission à MTV. Je serais la fille qui interview les vedettes, t’imagines? »

Ça ne me surprend pas tant que ça. T'es dynamique, canon, t'as la tchatche et ton sourire est contagieux.

« Seul hic, je vais vraiment devoir trouver un moyen de ne pas vouloir leur sauter au cou et les embrasser, ces stars. » J'éclatais de rire. Ah ça, Lou et les vedettes, je pensais immédiatement à Brad, le frontman des Dingoes et à la façon dont elle était retombée en adolescence. Jusqu'à ce qu'il...

T'auras qu'à t'imaginer que ce sont de gros pervers qui ne souhaites qu'une chose : profiter de ton fanatisme pour te mettre dans leur lit. Et ça marche pour les nanas aussi haha! Colles leur un regard libidineux et imagines les scénarios les plus crades, ça devait suffire à te calmer je pense.

Et elle entra en mode entraînement intensif de dernière minute, à travailler sa voix, à en faire plusieurs – ce qui m'épata au passage – avant de chanter l'hymne américain. Je ne pus m'empêcher de l'imiter, même si je ne le connaissais que de manière approximative. Pourtant on me l'avait fait apprendre, pour faire de moi une vraie américaine, cependant je l'avais oublié vite fait. Ce n'était pas comme si on allait me demander de le chanter à chaque coin de rue. Il me suffisait de sortir ma plaque de flic pour qu'on me lâche avec mon accent et donc avec mes origines. « Tournez à droite dans cinquante mètres » Me dit la voix robotisé de l'appareil accroché à mon tableau de bord. Je ne connaissais pas bien ce coin de la ville, je n'y avais jamais vraiment traîné n'étant pas attirée par la foule de touristes étouffante qu'on y trouvait la plupart du temps, et cela n'avait jamais fait partie de mon secteur de patrouille. Aussi avais-je emprunter le GPS de Deklan qui m'avait fait promettre d'en prendre soin, car il lui était très utile lorsqu'avec son groupe ils partaient donner un concert dans un des bleds paumés où il leur arrivait de se produire. A vrai dire jusqu'à présent ils se contentaient des trous perdus, c'était les seuls à bien vouloir d'eux. Los Angeles avait déjà bien trop de band pour leur trouver une petite place. Alors qu'on approchait d'une sortie d'autoroute, je me penchais sur le volant, m'apprêtant à mettre mon clignotant, et découvrais que des travaux bloquaient le passage. « Tournez à droite. » insistait la machine.

Je ne peux pas madame. Lui répondis-je. Je n'étais pas folle, je savais très bien que ce n'était pas une vraie personne qui me parlait et qu'elle pourrait encore moins m'entendre, mais un zeste d'humour ne faisait pas de mal. « Tournez à droite » Je ne peux pas. lâchais-je entre mes dents, détachant chaque syllabes, imitant au possible la voix de robot. Ma patience commençait à s'effriter, cet appareil de malheur mettait mon calme à rude épreuve. « Pourrais-tu te garer s’il te plaît? » Je fus surprise par l’intonation de sa voix si terne et pourtant si enjouée quelques secondes plus tôt. Je détachais mes yeux de la route pour les poser sur mon amie et m'inquiétais en voyant son expression. « Je dois prendre cet appel. » Après un froncement de sourcil, j'obéissais à la sortie suivante, et lorsque ce fut possible je me garais sur le bas côté. « Merci.» Et elle sortit de l’habitacle.

Il n'y a pas de quoi miss.

Je la suivis un instant du regard, ma curiosité piquée au vif, mais je réussie à me remonter les bretelles. Ce n'était pas mes affaires, si Lou avait besoin de moi elle me le dirait, point final. Aussi je reportais mon attention sur MON problème. Cette foutue machine. Je décrochais le GPS du tableau de bord et sortie à mon tour de la voiture. Tout en étudiant l'engin, je me dégourdissais les jambes.

Comment qu'on fait déjà pour chercher un autre itinéraire? Me demandais-je à moi même en effleurant l'écran du bout du doigt, tellement peu sure de la marche à suivre. J'aurais sans doute mieux fait de regarder le manuel finalement, mais il était trop tard pour ça, je l'avais laissé bêtement au loft. J'y allais au hasard, enchaînant les touches à la recherche d'une solution miracle, convaincue intérieurement que ce n'était pas des circuits imprimés qui auraient raison de moi, mais j'ignorais alors que j'allais empirer la situation. « Biegen Sie rechts ab » me lança alors l'appareil d'une voix plus gutturale.

GPS à la con!

Et voilà, il avait réussi son coup, j'étais énervée. De toutes mes forces je le jetais au loin, du côté opposé de la circulation cela va sans dire, là où il ne gênerait que les détritus et les fourmis. L'instant d'après j'eus des remords. Il n'était pas à moi. Tant pis, au moins maintenant je saurais quoi offrir à mon frère pour Noël. Je glissais rapidement dans la bagnole pour attraper mes clopes et m'en allumais une. Posée contre la carrosserie, j'observais Lou-Ann en prise avec son portable. Déjà parce que y'avait rien d'autre à voir là où on était, mais aussi parce que quelque part au fond de moi je m'inquiétais réellement. Entre sa mauvaise mine et son air effrayé avec cet appel, mon instinct de « justicière » s'était affolé. Sorte de sixième sens. « C’était peut-être pas une engeulade de rien du tout finalement. » Me dit-elle en revenant sur ses pas. Je jetais ma cigarette fumée jusqu'au filtre au sol et l'écrasais distraitement du bout du pied – ouais, bouh, pollution ! En attendant y'avait de bien pire saloperies à deux mètres à peine, alors crotte.

Si tu m'en disais plus, je pourrais peut-être t'éclairer avec mes conseils de merde. Il était peut-être temps que je me mêle de ses histoires en fin de compte. J'allais lui ouvrir la portière, la laissais s'installer côté passager et allais me remettre derrière le volant. C'était pour quoi cette dispute ? Qu'est-ce qu'il a fait comme connerie? Vous noterez que je ne songe pas une seule seconde que cela vienne d'elle. Non, c'était toujours à cause des gars lorsque les emmerdes semblaient aussi grosses. Je plongeais un regard soucieux dans le sien. Je vois bien que ça te bouffe, alors je ne démarrerai pas tant que tu ne videras pas ton sac. Raconte tout à Super Poulet qu'elle aille botter le cul de ton coloc.



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MessageSujet: Re: ASH&LOU - You're wondering now, what to do, now you know this is the end.   Jeu 18 Oct - 1:37


That's what friends are for.

Lou aurait voulu s’en sauver, mais ça le faisait pas. Elle voulait en parler, elle voulait extérioriser, elle voulait que ce voyage se passe bien, que Jonah n’ait pas fait le con, qu’il soit à l’appart à l’attendre, à lui envoyer des photos de lui qui fait le con avec leur nouvelle batterie de cuisine, tout ce que vous voulez, sauf ça. Prise dans un étau, malade, mal tout court. Le regard au sol, les bras ballants, les mains à la veille de se disloquer tellement elles tremblaient, la rouquine essayait de se ressasser les dernières paroles échangées avec son interlocuteur bizarre avant de continuer. Elle savait qu’Ash était une grande fille, qu’elle saurait se protéger toute seule, mais le mec avait bien insisté, il avait bien mis l’accent sur le fait qu’Abbott devait se sortir le nez vite fait de cette histoire. Sinon quoi? Elle avait pas envie de le découvrir via le cadavre de sa blonde amie si elle lui en disait trop. Faudrait donc qu’elle pèse ses mots… ou pas? Sérieusement, Lou n’avait jamais eu autant besoin de quelqu’un à qui se confier là tout de suite qu’en ce moment. Et c’était déjà mieux si elle en parlait à Ashleigh, compte tenu qu’elle avait un fusil et que si cette histoire devenait trop dangereuse, elle pourrait se défendre. C’était pas dit pour Joey, elle qui venait à peine de sortir d’une douloureuse rémission. La blague de lui arriver avec ça sur les épaules, un meilleur ami psychotique qui joue avec le danger et qui semble cacher des choses pas trop nettes sur son ex-copain. Elle lui dit donc, à la Monaghan? Ou pas? « Raaaaaaaaaaaah! » laissa-t-elle échapper, balançant sa tête vers l’arrière en signe d’abandon.

« Il faut que tu me jures de faire attention sur ce coup-là. » commença Lou, très, très sérieuse, appuyant ses mains sur ses hanches, lançant un regard par-dessus son épaule. « Si tu te mets dans la merde à cause de moi, je m’en voudrais toute ma vie et je me suiciderais probablement de la façon la plus sauvage qui soit. »

Malgré la situation, elle arrivait tout de même à garder un minimum d’humour. C’était déjà ça. La rouquine fit quelques pas de nouveau dans la direction de son amie, se maudissant d’être trop faible pour garder ce genre d'histoire que pour elle, sachant qu’elle n’arriverait plus à dormir pour les prochaines semaines de trop s’inquiéter. Mais que voulez-vous, elle était frêle. Elle avait besoin de parler. Elle y arriverait pas, malgré toutes les bonnes pensées qu’elle pouvait s’imposer et les faux-encouragements qu’elle se lançait via le miroir. Elle craquerait. Elle craquait déjà et n’en savait presque pas du tout sur la totale. C’est pour vous dire. La jeune fille s’appuya près de la blonde sur la voiture, ignorant limite les autres voitures qui passaient près d’elles, les rafales de sable d’accotement qui venaient lui fouetter les jambes, le soleil cuisant qui arrivait à peine à la réchauffer, elle qui gelait de l’intérieur.

« Je peux avoir une cloppe? »

Lou-Ann ne fumait pas. Elle n’avait jamais fumé de cigarettes en fait, se gardant pour les joints. Dans sa tête, c’était plus santé de cette façon, et des tonnes de guides en Ashram hindous consommaient de la mari en même temps qu’ils enchaînaient leurs poses de yoga. Donc pour ça pas de problème. Mais des cigarettes? Si elles étaient réputées pour calmer les nerfs de tout le monde, à travers le globe, il devait bien y avoir une raison non? Prenant celle que sa copine lui tendait, Abbott tira une longue bouffée, s’étouffant au passage se rendant ridicule pour la 5ième fois de la journée mais s’en contre-fichant comme de l’an 40.

« Si tu m'en disais plus, je pourrais peut-être t'éclairer avec mes conseils de merde. »

Lou éclata de rire, tirant sa clope au bout de ses bras, suivant la blonde dans l’habitacle comme une gamine prise sur le fait après qu’elle ait commis une gaffe. Ash ajouta au passage, le plus calmement du monde :

« C'était pour quoi cette dispute ? Qu'est-ce qu'il a fait comme connerie? Je vois bien que ça te bouffe, alors je ne démarrerai pas tant que tu ne videras pas ton sac. Raconte tout à Super Poulet qu'elle aille botter le cul de ton coloc. »

Ça y était. C’était le moment où elle devait tout dire, tout raconter, ce qu’elle savait du moins, ses doutes, ses craintes, ses foutues peurs, celles-là même qui la tenaillaient et qui l’empêchaient de faire autre chose que de pleurer, trembler, frissonner, et pleurer encore. Et malgré son envie de parler, malgré son besoin de sortir tout ce qui la grugeait, Lou-Ann restait muette, le regard fixe, la bouche entre-ouverte de respirer trop fort, trop vite. Elle était en train de se perdre, en train d’oublier ce qu’elle faisait, où elle était.

31 décembre 2009
5 minutes avant le décompte

Jonah avait passé la journée entière à essayer de la rejoindre, elle le savait. Chaque année, ils allaient ensembles à une fête du Nouvel An au hasard, organisée par des inconnus, juste pour abuser un peu des bonnes choses et voir combien de temps cela prendrait avant que les gens devinent qu’ils n’ont jamais été invités. Jusqu’à maintenant, leur stratagème les avait toujours vu sortir vainqueurs, complètement bourrés et repus, ayant envie de faire l’amour comme des cons dans toutes les pièces de la maison qu’ils venaient de crasher. Cette année, Abbott n’avait même pas porté attention aux festivités. Noël avait été plus que calme pour elle, alors que la rouquine devenait habituellement complètement hystérique déjà à l’approche de novembre. Cette année, elle s’était contentée d’un dîner en tête-à-tête avec Jaxson, Joey et Sophia, avant de filer dormir. Le Jour de l’An aussi était presque passé inaperçu et si son portable n’avait pas sonné pendant des heures durant, sans arrêt, elle aurait probablement oublié leur tradition.

Lou n’arrivait pas à sortir de sa chambre, scotchée à son lit, mâchouillant la manche de son pull de laine. Elle venait d’entendre la porte du loft de son frère se refermer, lui qui l’avait hébergé durant les 14 derniers jours sans qu’elle ne lui ait rien dit, juste parce qu’à voir sa mine il savait qu’elle n’allait pas bien. Contrairement à Jonah qui bûchait à l’instant même à la porte de la pièce où Lou se cachait en vain, Jax n’avait pas insisté, il lui laissait le temps de reprendre des forces, de reprendre le goût à la parole et à la vie du moins, avant de la questionner sur ce qui lui arrivait. Par chance, autrement, le simple souvenir de ce qui s’était passé la détruisait à petit feu et il était hors de question qu’elle l’illustre ou le raconte à qui que ce soit. Pas encore. Quoi que...

« Il est parti. » se contenta-t-elle de dire, lorsque Jonah ouvrir la porte à la volée. « Je croyais que de rompre le ferait changer d’idée. Qu’il serait beaucoup plus intéressé par moi s’il ne m’avait plus. » elle finissait par tout déballer sans même s’en rendre compte, à son meilleur ami et à son frère, qui lui-même s’était faufilé dans l’embrasure de la porte. « Ça fait deux semaines. » les larmes coulaient, logiquement, mais le pire était à venir, pour elle du moins. « J’ai appris ce matin qu’il partait, qu’il quittait le pays. Il doit être dans l’avion à l’heure qu’il est. »

Jaxson le savait, pour la rupture. Lou-Ann aurait pu parier rien qu’à lui voir la mine. Et elle ne le remercierait jamais assez de ne pas avoir voulu lui tirer les vers du nez lui-même, d’avoir gardé ça mort jusqu’à ce qu’elle veuille se confier. C’est Watson qui était étrange, lui qui d’abord avait passé la porte en panique, essoufflé, angoissé, inquiet, maintenant il affichait un air étrange, un rictus mauvais, quelque chose qu’elle n’aurait pas remarqué s’il ne s’était pas approché d’elle au même moment, pour l’embrasser goulument sur les lèvres. Un baiser prévu pour la consoler, pour lui montrer qu’il était là pour elle, qu’il le serait toujours, quoi qu’elle fasse. Ses prunelles s’étaient posé sur lui, et elle savait. Elle ressentait à l’instant ce qu’il ressentait, ce qu’il voulait faire. Mais jamais, jamais à l’époque, elle aurait pu croire qu’il serait presque allé jusqu’au bout.

« Fais pas de conneries Jonah. » avait-elle eu le temps de dire avant qu’il ne l’abandonne dans sa chambre, la laissant seule dans les bras de son frère, niant ce qu’elle se doutait bien qu’il prévoyait faire.

2013
Hollywood


« Il… Je t’ai déjà parlé de Parker? » machinalement, Lou fixait son reflet dans le rétroviseur, farfouillant d’une main dan son sac à main pour retrouver son mascara, voulant se remaquiller mais sachant très bien que les larmes aller couler de nouveau. « C’est un ex-copain. Un très, très mauvais ex-copain. On… j’ai rompu il y a 3 ans environ. Tout juste avant qu’il quitte le pays pour aller Dieu-sait-où. » le tube de mascara semblait impossible à trouver et la belle lança bien vite son sac à main au sol, rageant d’échouer encore une fois à garder on calme. « Jonah le détestait. Il l’avait toujours haït, comme il a toujours haït tous les mecs qui m’ont couru après. Mais avec Parker, c’était normal, il agissait en véritable idiot avec moi, et j’étais trop cruche et trop pâmée pour le voir. » elle inspira, se tournant enfin vers son amie, les yeux vitreux n’arrivant toujours pas à se poser sur Ash. « Jonah a fait un truc impossible. J’ai toujours su qu’il attendait le moment de lui foutre une râclée. Mais là, mais là il a dépassé les bornes. » le regard de la rouquine croisa enfin celui de son amie. « C’est ma faute si Parker est à l’hôpital aujourd’hui. S’il s’est fait tabassé à son retour. S’il est dans le coma. Si on le surveille pour ne pas qu’il se réveille et que si ça arrive... il est mort. »

La neurologue déposa ses doigts fins sur ses lèvres, consciente qu’elle avait fini par tout dire, que maintenant, le sort de son amie reposait sur ses frêles épaules. Qu’elle venait de l’embarquer dans la pire des histoires de merde par pur égoïsme, par pur besoin de vider ses idées noires, de les déverser sur la pauvre blonde qui n’avait rien demandé - ou du moins qui ne savait pas ce qu'elle demandait. Prise de panique, de culpabilité, d’angoisse, bref, son quotidien ces derniers temps, Lou ouvrit de grands yeux, appréhendant la pire suite possible pour la Monaghan.

« Je suis désolée. C’est dangereux. J’aurais pas dû… »

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