AccueilAccueil  CalendrierCalendrier  FAQFAQ  RechercherRechercher  MembresMembres  GroupesGroupes  S'enregistrerS'enregistrer  ConnexionConnexion  

Partagez | 
 

 I need you to feel complete. Thayer

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas 
AuteurMessage

Invité
Invité

MessageSujet: I need you to feel complete. Thayer   Jeu 10 Nov - 0:28





Muse était arrivée à Los Angeles il y a trois jours, et n’avait toujours pas trouvé le courage d’aller voir Thayer. C’était difficile pour elle d’apparaître comme ça devant lui, alors qu’elle ne savait absolument pas ce qu’il ressentait à son égard. Lui avait-il pardonné sa fuite, deux ans plus tôt ? Etait-il au contraire, en colère contre elle ? Elle avait tendance à plutôt opter pour la deuxième option. A sa place, elle le détesterait… Ou du moins essaierait de le détester. A vrai dire, d’une certaine façon, elle s’était déjà retrouvée à sa place. Lorsqu’ils étaient au lycée, et que Thay’ avait rencontré Emily, elle s’était sentie abandonnée par lui. Mais elle avait fini par lui pardonner, parce qu’elle avait trop besoin de sa présence, alors d’une certaine façon, elle espérait qu’il en serait de même pour lui. Elle n’imaginait pas à quel point elle se sentirait blessée et sans repères s’il s’avérait qu’il n’avait plus besoin d’elle, qu’il la rejetait complètement de sa vie. Il faut dire qu’elle ne se sentait pas d’attaque à affronter un tel rejet. Elle se sentait faible depuis si longtemps qu’elle en était épuisée, et elle avait besoin de se ressourcer près de la personne la plus importante de sa vie depuis que ses parents étaient morts… Et cette personne, c’était lui.

Au cours des deux derniers jours avait fait ce qu’elle faisait d’habitude, repérer quelqu’un de riche, le séduire, et se débrouiller pour y gagner quelque chose en retour. Cette fois-ci, elle avait touché le gros lot ! Un couple, la quarantaine, voulant pimenter leur vie sexuelle… Et le piment de l’histoire, c’était elle ! Elle s’était retrouvée dans une superbe villa sur les collines d’Hollywood, puis dans un hôtel tout aussi superbe, où elle avait joué ce rôle d’épice pendant deux jours. Ils lui avaient même donné de l’argent, une jolie somme… Et elle s’était empressée d’en dépenser une partie. Elle était sortie dans une boîte huppée de Los Angeles, s’était débrouillée pour faire du charme à un type de la zone VIP, et avait même eu droit à quelques rails de cocaïne, gratuitement. Le type avait fini par se montrer entreprenant… Sauf que ce soir, elle ne se sentait pas d’humeur, trop nostalgique, trop de Thayer en tête. Elle avait fini par partir et par atterrir dans un motel. Raisonnablement, elle avait préféré garder un peu d’argent, plutôt que de tout dépenser dans une chambre, dans un hôtel hors de prix. Elle avait dormi quelques heures, avant de se réveiller en fin de matinée, l’esprit embrumée par la fête qu’elle avait fait la veille. Elle traîna les pieds jusqu’à la salle de bain et resta un long moment sous la douche. C’était décidé, aujourd’hui, elle irait le voir. Lorsqu’elle était revenue à New York, quelques semaines plus tôt, d’anciens communs l’avaient informé que Thayer vivait à présent en Californie et qu’il avait ouvert un bar à Los Angeles. Elle avait réussi à obtenir l’adresse… Maintenant, restait la partie la plus compliquée, se retrouver face à lui. Enveloppée dans une serviette de bain, elle sortit quelques affaires de son sac de voyage. Elle ne savait pas quoi mettre, et malgré tout ce qu’elle traversait depuis quatre ans, elle se sentait comme une gamine pour son premier rendez-vous, stressée par sa tenue et son maquillage. Elle opta pour une mini-jupe en jean, assortie à un débardeur blanc révélant ainsi son joli bronzage doré. Elle se maquilla légèrement, une touche de mascara pour souligner son regard bleu glacier, et un peu de gloss rose clair sur les lèvres. Elle resta devant le miroir pendant quelques minutes de plus, hésitante quant à sa coiffure. Devait-elle s’attacher les cheveux ? Elle finit par laisser ses mèches blondes relâchées, flirtées avec ses épaules. Elle était prête. Physiquement tout au moins, car moralement, c’était une autre histoire. Mais il fallait bien qu’elle se décide pourtant. Cela dit, il était encore tôt pour se rendre au bar, et elle décida d’aller déguster un brunch, près de Venice Beach, le quartier où Thayer possédait son bar. Elle était sur la terrasse, face à l’océan, et se sentait apaisée. Elle aimait déjà ce quartier, pas de grandes tours, pas d’embouteillages interminables. C’était un quartier agréable, avec tout un tas de boutiques de vêtements vintage, de musique, de bijoux artisanaux… C’était reposant.

Après son brunch, elle fit le tour du quartier, fouina dans quelques boutiques, et craqua même pour un petit bracelet en perles, qui coûtait trois fois rien, mais qui lui rappelait son adolescence. Peut-être était-ce un signe ? Oh vous n’imaginez pas à quel point elle l’espérait ! Elle avait besoin de se raccrocher à n’importe quel détail qui lui disait que tout se passerait bien. Son bracelet accroché autour de son poignet, elle réalisa qu’il était temps qu’elle prenne son courage à deux mains, et qu’elle se rende au bar. C’était la fin de l’après-midi, et à part quelques personnes attablées, il n’était pas plein… Ce n’était pas encore l’heure après tout. C’était mieux comme ça. Elle voulait avoir le temps de lui parler, et non pas se retrouver face à lui, incapable d’en placer une tellement il était débordé. Elle s’arrêta quelques instants dans l’entrée, l’observant de dos… Impossible de ne pas le reconnaître. Il gardait cette même carrure, et cette même coiffure qui lui était si particulière. Elle sourit à cette pensée, lui évoquant quelques souvenirs où elle s’amusait à lui ébouriffer les cheveux, bien qu’ils n’aient guère besoin de ça pour tenir en l’air (a). Elle prit une grande inspiration, s’approcha du bar, et s’assit sur un haut tabouret, ses mains posées sur le comptoir. Il était toujours de dos, et ne l’avait visiblement pas entendu s’installer. « Est-ce que je pourrais avoir un mojito ? » demanda-t-elle, en espérant qu’il reconnaîtrait sa voix.
Revenir en haut Aller en bas

Invité
Invité

MessageSujet: Re: I need you to feel complete. Thayer   Ven 11 Nov - 17:57



muse and thayer


Cela faisait deux ans que Thayer était arrivé à Los Angeles et il se sentait enfin « chez lui », du moins autant qu’il le pouvait. Cette notion de foyer, il ne l’avait ressentie qu’avec les Evans et trop peu de temps. Ce qui était certain, c’était qu’il était mieux ici dans son bar que dans les boites de New York à déccrocher les faveurs de riches et sulfureuses femmes. Cela peut paraitre intéressant dit ainsi, mais cela revenait à se protistuer pour de l’alcool et de la drogue dans l’espoir de pouvoir oublier toute la douleur, tous les abandons. La perte de ceux qu’il aimait était un évènement récurrent dans la vie du jeune homme, cela avait commencé avec son père qui ne l’avait jamais regardé comme son fils, mais comme quelqu’un à utiliser, une personne qui ne saurait pas comment fuir son emprise. Il y avait ensuite eu sa mère qui avait fui pour un bonheur certain, le laissant sur le bord de la route, comme Emily des années plus tard. Ce sentiment de solitude avait toujours été effacé par Muse et sa famille, mais ils étaient morts à présent et Muse avait filée avec un motard, un connard de motard comme son père pour être exact. Dire qu’à présent Thayer n’était pas entouré, serait mentir. Des personnes qu’il considérait comme proches il en avait, comme Erin et Emrys par exemple. Toutefois, il n’avait pu parler parler de sa famille et de son passé à aucun d’entre eux. S’il avait mentionné ses années noires, c’était très brièvement et Muse n’était apparue que peu dans ses paroles, mais assez pour qu’ils comprennent qu’elle était quelqu’un d’important qui avait disparu de sa vie. A son arrivée ici, dès qu’il croisait une jeune femme blonde, il avait la sensation de la voir. Cet espoir qu’elle ne l’avait pas complètement abandonné s’était éteind après un an. A présent, il était rare qu’il confonde les jolies blondes pour son amie d’antant. Toutefois, quand il tombait sur l’une d’elles, il ne pouvait s’empêcher de la séduire et de lui faire l’amour pour ensuite la jeter sans ménagement pleurant en silence. Si la question était de savoir s’il l’avait aimée, la réponse était bien etendu oui. Toutefois, il ne pouvait vraiment déterminer si c’était comme une femme, une sœur, une amie ou encore autre chose. Leurs étreintes étaient douces et tendres dans ce monde froid dans lequel ils vivaient, mais elles ne faisaient que les faire sombrer d’autant plus. A l’époque il avait bien trop en lui pour pouvoir considérer aimer à nouveau comme il l’avait fait avec Emily et il avait bien conscience que cela avait fait souffrir son amie. C’était pourquoi, il avait comprit son départ, sans pour autant l’accepter. Il lui arrivait de se demander ce qu’elle faisait aujourd’hui, l’imagineant aisément chanteuse jazzy charmant les hommes dans un bar. Son charme, ses humeurs, elle lui manquait terriblement, mais il savait que s’il la voyait réapparaitre dans sa vie il risquait de replonger avec elle. L’amour était un plaisir qui ne valait pas toute la souffrance qu’elle avait pu lui apporter, puis elle n’était pas la seule femme dans son esprit à présent. Riley depuis sa danse sexy ne quittait plus le sien et il se laissait lentement envouter par cette jolie brune.

Ces pensées en tête, il essuyait la vaisselle d’un air sombre. Le bar n’était ouvert que depuis peu et Emrys n’arriverait que bien plus tard. Ce moment de la journée avait aussi quelque chose d’agréable, même si Thayer appréciait le mouvement et l’effervescence que son bar pouvait avoir la nuit. Se tournant pour ranger les verres, il n’aperçut pas la sublime blonde qui venait d’entrer, attirant un certain nombre de regards avec sa mini-jupe en cuir et sa chevelure dorée. C’est pourquoi son cœur fit un bond quand il entendit une voix tant connue lui commander un mojito. Ce ne pouvait être elle, son esprit délirant lui laissait une nouvelle fois croire qu’elle était revenue. Cela faisait combien de temps que ça ne luié tait pas arrivé, au moins deux mois. Il devait être particulièrement nostalgique ce soir. Se tournant avec un sourire, il répondit d’une voix entrainante « Tout de suite mademoiselle. ». C’est à ce moment précis que tout se figea et qu’une efflusion de flashs inonda son esprit. Leur rencontre, son coup de genoux dans ses roubignoles, elle courant pour l’aider à fuir son père, son sourire, ses larmes, leurs étreintes. Il ne pouvait se tromper, elle était sous ses yeux à commander un verre comme s’ils ne s’étaient jamais quittés. Recouvrant rapidement ses esprits, il lui servit son cocktail et s’écarta d’elle sans lui accorder plus d’attention. S’il avait espéré leurs retrouvailles depuis des années, il ne s’était pas rendu compte de la rage qu’il ressentirait en la voyant, de ce flot de tristesse et de frustration qu’il avait emmagasiné à son départ. Muse voulait réapparaitre dans sa vie comme cela lui plaisait, soit. Il n’avait aucune obligation de l’accepter et il ne comptait pas le faire. Si c’était pour lui dire qu’elle était de passage avec son motard, elle pouvait se casser dès maintenant. Même seule, qu’est-ce qui lui disait que cette fois c’était pour de bon. Non, il ne se laisserait pas attendrir, il avait refait sa vie et l’avait rayé de celle-ci une bonne fois pour toute. Engageant d’un air dégagé et un sourire charmeur aux lèvres une discussion avec une cliente à l’autre bout du bar, il était bien décidé à l’ignorer, quelque soit sa réaction.



Dernière édition par Thayer J. Weston le Mer 18 Jan - 23:11, édité 1 fois
Revenir en haut Aller en bas

Invité
Invité

MessageSujet: Re: I need you to feel complete. Thayer   Lun 14 Nov - 1:22





Ce n’était pas si évident que ça pour Muse de se montrer devant Thayer. Ce n’était pas évident parce qu’elle avait pris la fuite deux ans plus tôt, sans rien lui dire. Elle lui avait seulement laissé un mot, mais rien de verbal. C’était tellement difficile, à vrai dire, qu’elle avait beau être là depuis trois jours, elle n’avait toujours pas trouvé le courage d’aller le voir. Qu’est-ce qu’elle pourrait dire une fois qu’elle serait face à lui ? Elle n’en avait aucune idée, ou plutôt si, elle en avait des tas, mais ne savait pas vraiment par quoi commencer. S’excuser d’être partie comme ça ? Ce serait honnête, mais risible, dans la mesure où deux années s’étaient écoulées. Et puis surtout, elle ne voulait pas louper son entrée. Ca allait obligatoirement être un moment important, alors il allait de soi qu’elle ne voulait pas faire les choses de travers. Elle ne pouvait pas se permettre de rater leurs retrouvailles, c’était bien trop capital pour elle. Outre le fait de revoir cette personne si importante dans sa vie, le revoir signifiait aussi un nouveau départ, peut-être la promesse d’une nouvelle vie… Il y avait beaucoup d’enjeux. Qui sait ce qu’elle pourrait faire si ça ne se passait pas bien. Muse était constamment sur le fil ces dernières années, et trouver un équilibre était presque quelque chose d’insurmontable pour elle. Elle n’en laissait rien paraître, s’était construite cette carapace de femme forte qui s’amuse dans sa vie… Mais comment le pouvait-elle alors que son existence se composait principalement de drogues, d’alcool… Et de sexe, la plupart du temps pour se payer ce dont elle avait besoin. Croyez-moi sa fierté, le plus souvent, elle s’asseyait dessus, voire même la piétinait en sautant à pieds joints dessus. Pour autant, ça ne signifiait pas qu’elle n’en avait plus aucune, et c’est peut-être ce petit bout de fierté qui lui restait, qui la faisait tenir. Elle avait tellement de choses qui s’étaient brisées en elle ces dernières années, qu’elle avait besoin de son caractère bien trempé pour tenir debout. Evidemment, il y avait des moments où elle s’écroulait complètement… Mais, justement, elle ne voulait plus de ses moments. C’est pour ça qu’elle voulait retrouver Thayer… Malheureusement, s’il la rejetait, elle craignait de tomber plus bas que terre. Mais elle y arriverait n’est-ce pas ? Tout se passerait bien ? Elle n’avait d’autre choix que de se raccrocher à cette infime dose d’espoir, pour trouver le courage d’aller le voir.

Lorsqu’elle entra dans son bar, à Venice, elle prit une grande inspiration, avant de se diriger vers le comptoir. Il était juste derrière, en train de vaquer à ses occupations. Même de dos, elle serait incapable de le louper. Il avait toujours la même carrure, et rien que de le voir à quelques mètres d’elle, la submergea de souvenirs, de petits détails qui avaient été leur vie. Elle s’installa sur un haut tabouret, avant de lui commander un mojito, comme si elle était n’importe quelle cliente. Elle espérait qu’il reconnaîtrait sa voix, et c’est le cœur battant à tout rompre qu’elle le regarda se tourner vers elle. « Tout de suite mademoiselle. » Il n’avait pas reconnu sa voix, puisque dès qu’il posa ses yeux sur elle, il se figea complètement, ce qui contrastait avec l’attitude enjouée qu’il avait en lui répondant. Elle pensait qu’il dirait quelque chose, qu’il serait content de la voir, ou bien furieux, mais quelque chose ! Là, il était juste… Indifférent. Et c’était peut-être pire que s’il la détestait. Elle n’osait plus rien dire, se contentant de le regarder préparer son cocktail, avant de le lui servir et de s’éloigner sans un mot, sans un regard. Elle l’observa se diriger vers l’exact opposé d’où elle était assise, pour sortir son sourire charmeur à une autre cliente. Si lui était indifférent, elle voyait rouge. Elle porta la paille de son verre à ses lèvres et avala une gorgée de son mojito, puis se leva et fit quelques pas le long du comptoir pour aller se poster juste à côté de la cliente à qui parlait Thayer. Elle prit ce petit sourire de sainte nitouche qu’elle avait systématique lorsqu’elle s’apprêtait à sortir son venin. « Excusez-moi, je vois que vous êtes amatrice de cacahuètes », commença-t-elle en désignant la petit coupelle de gâteaux apéritifs posées à côté d’elle. « Mais comme on dit, dix secondes dans la bouche, dix ans sur les hanches… Et à ce que je vois, vous n’en avez pas vraiment besoin ! » ajouta-t-elle, grimaçante, en désignant sa silhouette. Inutile de préciser que la jeune femme se montra offensée, et furieuse se leva de son tabouret, laissa un billet sur le comptoir, et se dirigea vers la sortie, où elle ne manqua pas de claquer la porte. Elle se tourna vers Thayer en lui adressa un sourire, avant de prendre place sur le tabouret laissé vide par la jeune femme. Elle prit une gorgée de mojito, et posa le verre devant elle. « J’imagine que je peux avoir toute ton attention maintenant », lui dit-elle, toujours ce sourire de façade aux lèvres. Elle l’abandonna cependant rapidement, parce qu’elle n’était pas là pour faire semblant devant lui, pas là pour jouer les garces avec lui non plus. « Si tu ne veux pas parler… Bien, ne parle pas, mais… Ca n’empêche pas que moi, j’ai des choses à te dire. Je viens pas de passer les dernières semaines à parcourir le pays simplement pour un mojito, même s’il est très bon », dit-elle, avant de laisser passer quelques instants de silence, pendant lesquels, elle l’observa plus attentivement qu’elle ne l’avait fait. Il semblait en forme, vraiment. Et ça lui faisait plaisir de le voir ainsi, de voir que visiblement, il avait réussi à s’en tirer, à mener une vie saine. « Tu vas bien ? » demanda-t-elle, avant de réaliser que la question pouvait paraître stupide après deux ans, mais d’un autre côté, la réponse lui importait vraiment. « T’as l’air en bien meilleure forme que la dernière fois qu’on s’est vu en tous cas », ajouta-t-elle. Son petit numéro de peste était terminé, elle était véritablement Muse à cet instant, celle qu’il avait toujours connu.
Revenir en haut Aller en bas

Invité
Invité

MessageSujet: Re: I need you to feel complete. Thayer   Dim 20 Nov - 13:02



muse and thayer


Il était bien décidé à l’ignorer royalement, mais il était bien mal connaitre Muse que de croire qu’elle le laisserait faire et il le savait. Il tentait de se concentrer sur sa cliente du mieux qu’il le pouvait, charmeur comme à son habitude, mais son attention était ailleurs. Ne comprenant pas un seul mot de ce qu’elle lui racontait, il se contenait de feindre l’intérêt bien plus préoccupé par Muse qui venait de se lever et qui se dirigeait vers eux. Quand il vit son petit sourire, il comprit que s’en était fini de sa cliente. Il ne la connaissait que trop bien et les personnes à qui elle parlait après avoir arboré cette expression finissaient toujours par ou fuir au bord des larmes ou à tenter de la gifler, ce que Thayer empêchait à chaque fois qu’il était présent. On ne touchait pas à un seul de ses cheveux, c’était la règle. Du moins ça l’était, à présent il ne savait pas lui-même qu’elle réaction il aurait face à une telle situation. « Excusez-moi, je vois que vous êtes amatrice de cacahuètes » Il la sentait venir, à deuxième vue la femme à qui il parlait était ronde. Un détail qui ne lui déplaisait pas, mais qui pouvait être source de complexe dans notre société et surtout face à une femme aussi sublime que Muse. « Mais comme on dit, dix secondes dans la bouche, dix ans sur les hanches… Et à ce que je vois, vous n’en avez pas vraiment besoin ! » C’était parti. Thayer ne prit pas la peine de réagir. Oui, un vrai gentleman aurait protégé cette femme qu’il tendait de séduire face à cette peste, mais pas lui. Sa cliente ne représentait rien pour lui et il ne comptait pas entrer dans le jeu de Muse, du moins tant qu’il pouvait l’éviter. Un rapide coup d’œil du côté de la cliente l’informa qu’elle était plus du genre à claquer la porte pour aller pleurer toute seule dans sa chambre, tant mieux elle ne foutrait pas le bordel dans son bar. Si vous le pensez sans cœur, réfléchissez un peu à la situation de son point de vue. L’une des personnes qui avait le plus comptée pour lui tentait de revenir dans sa vie et il était bouleversé, même si son visage stoïque ne le montrait pas une seconde. Quoique qui le connait véritablement sait qu’une absence totale d’émotion sur son visage n’est jamais très bon signe. Il la laissa s’assoir face à lui, récupérant le verre que la femme n’avait pas bu. Sobre depuis presque deux ans et il n’avait qu’une envie, c’était de le descendre d’une traite. « J’imagine que je peux avoir toute ton attention maintenant » Un sourire rapide se dessina sur son visage, un sourire froid. Elle avait réussi à avoir son attention, il n’était pas obligé de lui répondre. Il remarqua que son sourire était parti, en même temps que son attitude de garce. « Si tu ne veux pas parler… Bien, ne parle pas, mais… Ca n’empêche pas que moi, j’ai des choses à te dire. Je viens pas de passer les dernières semaines à parcourir le pays simplement pour un mojito, même s’il est très bon » Il lui fit un regard sous-entendant, « tu fais bien ce que tu veux, pour ce que j’en ai à foutre. » Il laissa s’installer le silence, bien décidé à ne pas la rendre plus à l’aise que ce qu’elle était. « Tu vas bien ? » C’était une blague, non ? Qu’est-ce que cela pouvait bien lui foutre après tout ce temps ? « T’as l’air en bien meilleure forme que la dernière fois qu’on s’est vu en tous cas » Il posa enfin son regard sur elle et son cœur se mit à nouveau à battre plus fort. Il le ressentait, ce manque qu’elle avait provoqué en lui toutes ces années. La détaillant du regard, il s’aperçut qu’elle n’avait pas véritablement changée depuis son départ, elle semblait juste plus fatiguée. Son premier sentiment, fut de se dire qu’elle semblait fragile, prête à craquer à tout moment. Où qu’elle ait pu été ces dernières années, elle n’avait pas pu se reconstruire comme lui l’avait fait, mais peut-on vraiment repartir à zéro ? Certaines cicatrices ne peuvent jamais complètement se renfermer et Muse venait d’en rouvrir une. Voilà pourquoi il ravala son appréhension quand à la santé de la belle blonde et se contenta de répondre, le plus froid et détaché possible à sa question. « La dernière fois que tu m’a vue j’avais descendu une bouteille de vodka, pris un rail d’héroïne et je m’étais écroulé en plein milieu du salon après avoir baisé une garce de luxe. » S’il avait prononcé cette phrase, c’était seulement après s’être assuré que personne d’autre qu’elle pouvait l’entendre et avec grand dégoût.

Après tout telle était leur vie à l’époque, une vie révolue pour lui et pour Muse. Etait-ce vraiment le cas pour cette dernière ? Thayer ne pu s’empêcher de se poser la question avant de réaliser que c’était stupide. N’était-elle pas partie parce qu’elle avait trouvé l’amour, laissant une simple note pour au revoir. Son sourire froid revint se poser sur son visage. « Tu as amené ton motard avec toi ou tu t’en es lassé ? » Il faisait référence à l’homme avec qui elle était partie. Il fouilla rapidement en dessous de son bar et en sortit un papier et un crayon qu’il posa devant elle. « Je dois aller faire un tour dans l’arrière salle, garde ça bien précieusement. » Il lui fit un clin d’œil qui n’apporta qu’un peu plus à l’ambiance électrique. « Comment c’était déjà ? « J’ai trouvé l’amour, je t’aime. Adieu. » Je suis sûr que tu trouveras une phrase encore plus percutante cette fois-ci quand tu décideras de partir… encore. » La frustration emmagasinée depuis des années le poussait à agir de la sorte, écrasant toutes les inquiétudes qu’il pouvait ressentir à son égard.


Dernière édition par Thayer J. Weston le Mer 18 Jan - 23:10, édité 1 fois
Revenir en haut Aller en bas

Invité
Invité

MessageSujet: Re: I need you to feel complete. Thayer   Mar 22 Nov - 23:35





Il y a quelque chose que Muse n’avait pas prévu en venant voir Thayer, son indifférence. Elle avait tellement été obnubilée par le fait qu’il pourrait la rejeter, être en colère contre elle, qu’à présent elle se retrouvait prise de court face au manque de réaction du jeune homme. Et au fond, c’était sans doute pire que s’il avait été furieux. C’est bien ce que l’on dit, n’est-ce pas ? Le contraire de l’amour n’est pas la haine, mais l’indifférence ? Mais peut-être qu’elle s’était montrée trop naïve en venant jusqu’ici, peut-être qu’il avait tourné la page, et qu’au final peu lui importait de la revoir. Cela dit, même si la confiance de la jeune femme venait de chuter quelque peu, elle n’allait pas en rester là. Elle n’avait pas traversé tout le pays pour se contenter du mojito qu’il venait de lui servir. Elle se leva donc, son verre à la main, et se dirigea vers la femme avec qui Thayer parlait. Qu’il aille draguer qui il voulait, mais pas maintenant, pas quand elle était là ! Oh elle était sans doute mal placée pour avoir ce genre d’exigences alors qu’elle avait disparu pendant deux ans, mais Muse avait l’habitude d’obtenir tout ce qu’elle voulait. Elle n’avait aucun mal à se transformer en gamine capricieuse s’il le fallait. Comme souvent lorsqu’elle cherchait à attaquer quelqu’un, elle arborait ce sourire si angélique. La femme à qui parlait Thayer avait quelques rondeurs, rien de bien méchant, à vrai dire, ça lui allait même plutôt bien… Cela dit, c’était un argument d’attaque pour la jolie blonde. Ainsi, n’était-elle pas au courant que les cacahuètes étaient peut-être délicieuses le temps de dix secondes, mais allaient irrémédiablement se loger sur ses hanches ?! Inutile de préciser que la femme en question prit assez mal la remarque, puisqu’elle paya sa consommation et quitta le bar en claquant la porte. Voilà, maintenant qu’elle était partie, c’était à Muse de jouer pour avoir tout l’attention de Thayer. Il souriait, mais amèrement, rien de réjouissant là-dedans. Elle n’allait pas le forcer à parler, elle n’avait pas ce pouvoir, mais il pouvait toujours l’écouter. Elle avait, certes, disparu du jour au lendemain, au cours des deux dernières années, elle avait tout de même parcouru le pays pour le retrouver, et ce n’était pas pour le simple plaisir de goûter à l’un de ses cocktails. Cela dit, elle ne savait pas vraiment par où commencer, et aussi banal et stupide que cela puisse paraître, elle commença par lui demander comment il allait. Ce n’était pas une question de politesse, elle avait envie de savoir, voilà tout. Qui plus est, il avait incontestablement meilleure mine que la dernière fois qu’elle l’avait vu. Visiblement, il avait réussi à décrocher. Ils se regardèrent quelques instants, Muse n’était pas décidée à baisser les yeux, jusqu’à ce que Thayer lui réponde en tous cas. « La dernière fois que tu m’a vue j’avais descendu une bouteille de vodka, pris un rail d’héroïne et je m’étais écroulé en plein milieu du salon après avoir baisé une garce de luxe. » Sa réponse la percuta de plein fouet. Même si elle essayait de reprendre en main, de temps en temps, elle connaissait encore des périodes où elle retombait dans une débauche complètement glauque, qu’il venait parfaitement de résumer. Tout dépendait de l’état psychologique dans lequel elle se retrouvait en somme. Muse était constamment sur un fil, prête à tomber de n’importe quel côté. « Je suis contente que tu t’en sois sorti. », répondit-elle avec sincérité. Finalement, en partant, elle avait à moitié réussi ce qu’elle voulait. Certes, elle ne s’en était pas sortie, mais lui oui, et elle était contente qu’il ait retrouvé une vie normale. Oh évidemment, elle n’en avait pas la preuve, et elle ne connaissait rien à sa vie actuelle, à part qu’il tenait ce bar, mais il avait l’air bien, et ça lui suffisait.

« Tu as amené ton motard avec toi ou tu t’en es lassé ? » Elle haussa un sourcil, surprise par la question, tant finalement cette histoire n’avait pas eu une grande importance pour elle. Disons que Mike avait été une occasion de partir et qu’il avait été plutôt marrant, mais si ça n’avait pas été lui, ça aurait été un autre. Il s’était trouvé au bon endroit, au bon moment, et elle avait saisi cette occasion de s’en aller. Occasion qu’elle attendait finalement depuis longtemps. Ce n’était pas Thayer qu’elle avait eu envie de quitter, c’était cette vie qu’ils menaient. Elle aimait leur relation, la tendresse, l’amour qu’ils pouvaient s’apporter l’un à l’autre, c’était peut-être le seul point positif des deux années qu’ils avaient vécu ensemble. Mais en même temps, petit à petit, elle avait été suffisamment lucide pour réaliser qu’elle ne voulait pas l’aimer de travers. Peut-être était-elle fleur bleue, avec des rêves de princesse, au fond d’elle, mais elle avait eu envie d’une histoire d’amour, d’une vraie, d’une belle ! A l’époque, il était clair qu’elle avait envie de ça avec Thayer, mais comment pouvaient-ils se lancer là-dedans compte tenu de l’état dans lequel ils étaient ? Alors, elle était partie, voilà tout. « C’est lui qui s’est lassé de moi en fait », répondit-elle simplement. Elle s’en était remise, c’était son ego qui avait été brisé, pas son cœur. « Je dois aller faire un tour dans l’arrière salle, garde ça bien précieusement. » Le clin d’œil qu’il lui adressait n’était rien de plus qu’une touche ironique, sarcastique, après avoir placé une feuille et un crayon devant elle. « Comment c’était déjà ? « J’ai trouvé l’amour, je t’aime. Adieu. » Je suis sûr que tu trouveras une phrase encore plus percutante cette fois-ci quand tu décideras de partir… encore. » Elle le fusilla du regard, et croyez-moi, avec ses yeux bleus glacés, Muse en était tout à fait capable. Il avait tout à fait le droit de lui en vouloir, et de lui faire une quantité de reproches, sur la façon dont elle était partie, mais bon sang, qu’est-ce qu’il croyait ?! Que ça avait été simple pour elle ? Il la connaissait tout de même mieux que ça, non ? « Mais qu’est-ce que tu crois ?! » s’exclama-t-elle en haussant le ton. « Que c’était facile de partir ?! Que je me suis réveillée un matin avec cette lubie et que j’ai fait mes valises le soir même ?! Je détestais la vie qu’on menait parce que ça tuait la seule chose qui comptait pour moi, toi ! Nous ! T’étais la seule personne avec qui j’arrivais à être moi-même, et je voulais pas que la vie qu’on menait prenne le pas là-dessus. Mais en deux ans, on n’a jamais réussi à s’en sortir ensemble, on a fait que s’enfoncer, alors oui, je suis partie… Mais visiblement ça t’a fait du bien que je m’en aille. », termina-t-elle un peu plus doucement, en réalisant qu’en haussant le ton, quelques clients s’étaient retournés vers eux. Elle attendit qu'ils se soient tous retourner pour poursuivre. « J’ai pas l’intention de partir, sauf si tu me le demandes », ajouta-t-elle en le regardant droit dans les yeux.
Revenir en haut Aller en bas

Invité
Invité

MessageSujet: Re: I need you to feel complete. Thayer   Lun 28 Nov - 22:55



muse and thayer


Thayer avait toujours eu un caractère changeant, que lui-même ne pouvait réellement maîtriser. Si une discussion pouvait se passer à merveille un soir, elle pouvait l’amener à être cruel et violent un autre soir. Dans ces moments-là, il ne se contrôlait plus. Faisant taire la voix à l’intérieur de lui qui lui disait de s’arrêter avant qu’il ne puisse plus revenir sur ses paroles, il continuait inlassablement à blesser la personne en face de lui avec des paroles froides et agressives. S’il pouvait se détester après coup, cela ne l’empêchait pas de reproduire inlassablement les mêmes erreurs. Quelques minutes plus tôt, s’il avait suivi son cœur plutôt que sa souffrance et sa frustration, il aurait cherché à savoir si Muse se portait bien, si elle avait pu s’en sortir également comme lui. Seulement, à présent une colère ardente l’animait et ne semblait pas vouloir s’éteindre, peu importe les mots tendres qu’elle pouvait prononcer. Il ne désirait qu’une chose, lui infliger la douleur qu’elle venait de lui faire revivre en réapparaissant devant lui. « Mais qu’est-ce que tu crois ?! » Sa dernière provocation avait fait exploser le calme qu’avait pu garder Muse jusqu’à présent, réaction qui étira son sourire cruel. Si elle réagissait c’est qu’il avait visé juste, réveillant la culpabilité de la belle, du moins c’est ce qu’il espérait. « Que c’était facile de partir ?! Que je me suis réveillée un matin avec cette lubie et que j’ai fait mes valises le soir même ?! Je détestais la vie qu’on menait parce que ça tuait la seule chose qui comptait pour moi, toi ! Nous ! T’étais la seule personne avec qui j’arrivais à être moi-même, et je voulais pas que la vie qu’on menait prenne le pas là-dessus. Mais en deux ans, on n’a jamais réussi à s’en sortir ensemble, on a fait que s’enfoncer, alors oui, je suis partie… Mais visiblement ça t’a fait du bien que je m’en aille. » Il n’aimait pas l’entendre parler aussi fort de son passé, ici peu de personnes savaient la vérité et il tenait à ce que cela reste ainsi. Des têtes curieuses se tournaient vers eux, le rendait des plus mal à l’aise. Si ce qu’elle disait était cohérent, il ne pouvait se concentrer et prendre du recul pour le moment. Quand elle baissa la voix, il ne se détendit pas pour autant. Certains les regardaient encore étrangement, attendant une scène comme dans les films ou une connerie du genre. « J’ai pas l’intention de partir, sauf si tu me le demandes »

La voilà la solution, il lui suffisait de lui demander de partir. Un mot, « pars » et ce serait fini, n’est-ce pas ? Alors pourquoi ne pouvait-il pas se résoudre à le prononcer ? Faisant rapidement le tour du bar, il la saisit par le bras et l’emmena dans la salle arrière. La plaquant violemment contre le mur, il posa ses avants bras contre le mur de chaque côté de son visage, positionnant son visage proche du sien. Il pouvait sentir son parfum enivrant qui lui avait tant manqué, son souffle chaud se mêlant au sien. L’espace d’une seconde il se perdit dans ses yeux si bleus et dû retenir des larmes de bonheur et de frustrations à l’idée de la sentir si proche de lui à nouveau. Reprenant ses esprits, il lui parla à voix basse de sorte à ne se faire entendre que d’elle. « Tu te crois où pour parler de notre passé ainsi ? On n’est pas dans une putain de série télévisé ! Ces gens dans la salle sont des clients, pas des figurants qui oublieront tout le lendemain parce que tout ça n’était qu’illusion. On est dans la vraie vie, dans MA vie. » Il frappa le mur avant de reprendre, ne lui laissant pas le temps de répondre. « Pour répondre à ta question, je ne crois rien. Tu as peut être longtemps réfléchi ton départ, mais pour moi il m’a suffit de fermer les yeux quelques heures et tu n’étais plus là. Tu sais à quel point cela a été dur pour moi d’apprendre que tu m’avais abandonné, que tu étais comme tous les autres ? » Il souffla un instant tentant de se calmer, sans succès. « Tu étais la personne la plus importante à mes yeux, celle pour qui je vivais, celle sans qui je ne pouvais respirer. T’entendre dire que tu es partie pour mon bien, je suis censé m’en réjouir ? Tout ce que je ressentais, c’était un énorme vide. Si je m’en suis sorti à présent, c’est grâce à des personnes merveilleuses que j’ai pu rencontrer ici. » Il se rapprocha de son oreille. « Certainement pas grâce à toi. » Il marqua une courte pause. « Tu veux que je te demande de partir ? Depuis quand cette décision m’appartient ? Je n’ai plus aucun contrôle sur ta vie, comme tu n’en as plus aucun sur la mienne. Ce lien qui nous unissait s’est brisé il y a deux ans quand tu es partie sans un mot. » C’était la colère qui parlait, une fois encore. S’il avait été sincère, il l’aurait enlacé étroitement pour ne jamais la laisser repartir, lui aurait dit à quel point il avait besoin d’elle dans sa vie, qu’il s’était senti si vide sans elle, mais cela il ne pouvait l’exprimer, parce qu’à ce moment précis il n’était habité que par frustration et haine.


Dernière édition par Thayer J. Weston le Mer 18 Jan - 23:10, édité 1 fois
Revenir en haut Aller en bas

Invité
Invité

MessageSujet: Re: I need you to feel complete. Thayer   Mer 30 Nov - 2:13




Il avait touché dans le mille. Thayer avait touché dans le mille pour la blesser. Muse avait véritablement culpabilisé de s’être volatilisée comme elle l’avait fait, en laissant simplement un mot qui ne donnait d’ailleurs aucune explication à son départ. Qui plus est, en partant, elle s’était punie elle-même d’une certaine façon, puisqu’elle n’avait cessé de ressentir son absence, le manque de l’avoir à côté d’elle, jusqu’à aujourd’hui. Ca n’avait pas été simple de partir comme ça, mais au bout d’un moment, elle avait fini par se dire que c’était la meilleure solution. Peut-être que Thayer ne comprendrait rien à ce qui avait motivé son départ, mais elle n’avait pas envie qu’il s’imagine qu’elle avait tout quitté avec facilité. Pendant deux ans, ils s’étaient laissés couler, ils avaient sombrés dans une déchéance que l’on ne soupçonne pas exister ailleurs que dans un film de série B. C’était contradictoire car Muse avait choisi cette vie, mais dans le même temps, elle la détestait. Plus le temps passait, plus elle avait la conviction que cette vie allait tuer ce qu’il y avait de plus précieux pour elle, sa relation avec Thayer. C’était la seule constante dans son existence depuis que sa famille était morte, il était son point de repère. Mais comment pouvaient-ils avoir une relation saine alors qu’ils étaient dans un état pitoyable la plupart du temps ? Muse voulait cette relation saine, et si elle avait pu réécrire l’histoire différemment, elle l’aurait fait sans aucune hésitation. Dans une vie idéale, elle serait tombée amoureuse de lui sur les bancs de l’université, ils auraient passé des heures ensemble à réviser à la bibliothèque en se faisant du pied sous la table, ils se seraient tenus la main dans les allées du campus, ils auraient eu des pannes de réveil après des nuits magiques. Mais tous ces rêves naïfs n’avaient existé que dans sa tête évidemment. Ensemble, ils n’avaient jamais réussi à s’en sortir, et peut-être qu’au final, ça lui avait fait du bien qu’elle s’en aille, puisqu’apparemment, sa vie à lui avait complètement changé et il semblait aller bien, vraiment. A lui dire tout ça, elle n’avait pas réalisé qu’elle avait haussé le ton et que certains clients du bar s’étaient retournés vers eux. Elle attendit donc quelques instants pour dire qu’elle n’avait pas l’intention de partir, sauf s’il le lui demandait.

Muse suivit Thayer du regard lorsqu’il fit le tour du comptoir pour l’attraper par le bras, et l’entraîner dans l’arrière salle, où il la plaqua contre le mur sans ménagement. Pour la première fois de sa vie, elle ressentait une certaine frayeur à son égard. Son visage était à quelques centimètres du sien, ses avant-bras encadraient sa tête, si bien qu’elle n’osait pas effectuer un seul mouvement. Pour autant, elle n’était pas du genre à s’écraser, et elle garda ses yeux plongés dans les siens. Là, tout de suite, il ne la rassurait pas, mais il n’était pas question qu’elle baisse le regard et qu’elle le lui montre. « Tu te crois où pour parler de notre passé ainsi ? On n’est pas dans une putain de série télévisé ! Ces gens dans la salle sont des clients, pas des figurants qui oublieront tout le lendemain parce que tout ça n’était qu’illusion. On est dans la vraie vie, dans MA vie. » Elle ne put s’empêcher de sursauter lorsqu’il frappa contre le mur. « Pour répondre à ta question, je ne crois rien. Tu as peut être longtemps réfléchi ton départ, mais pour moi il m’a suffit de fermer les yeux quelques heures et tu n’étais plus là. Tu sais à quel point cela a été dur pour moi d’apprendre que tu m’avais abandonné, que tu étais comme tous les autres ? » Le corps de Muse était tendu au maximum, et elle avait l’impression que tous ses muscles étaient crispés au possible. Elle avait la gorge serrée, et elle essayait de se retenir comme elle pouvait d’avoir les larmes aux yeux. « Tu étais la personne la plus importante à mes yeux, celle pour qui je vivais, celle sans qui je ne pouvais respirer. T’entendre dire que tu es partie pour mon bien, je suis censé m’en réjouir ? Tout ce que je ressentais, c’était un énorme vide. Si je m’en suis sorti à présent, c’est grâce à des personnes merveilleuses que j’ai pu rencontrer ici. » Ses yeux commençaient à brûler, signe que les larmes n’étaient pas loin. Le visage de Thayer était tout proche du sien, mais elle ne le regardait plus, et elle fixait un point invisible lorsqu’elle le sentit se pencher vers son oreille. « Certainement pas grâce à toi. » Voilà, c’était fini, elle n’arrivait plus à se retenir, et elle sentit les larmes couler en un sillon humide sur ses joues. « Tu veux que je te demande de partir ? Depuis quand cette décision m’appartient ? Je n’ai plus aucun contrôle sur ta vie, comme tu n’en as plus aucun sur la mienne. Ce lien qui nous unissait s’est brisé il y a deux ans quand tu es partie sans un mot. » C’était pire que de lui demander de partir puisqu’il lui disait clairement que ce n’était pas à lui de le faire. Il s’en fichait. Cette phrase résonnait sous la chevelure blonde de la jeune femme. Elle réunissait tellement d’énergie chaque jour pour sembler forte que c’était difficile de croire qu’il venait de la briser en quelques mots. Mais voilà, en venant ici, elle avait vu en Thayer une sorte de dernier espoir. « Message reçu », balbutia-t-elle, à voix basse, sans bouger pendant quelques instants. Il fallait qu’elle sorte d’ici, qu’elle trouve la force de sortir de cette pièce, puis de ce bar, même si elle n’avait aucune idée de ce qu’elle allait faire ensuite. C’était le trou noir, comme si toute la volonté qu’elle avait réussi à réunir venait de s’effondrer. Elle plaça ses mains contre le torse de Thayer pour le repousser, avant de se frayer un chemin jusqu’à la porte. Elle s’apprêtait à l’ouvrir, avant de se raviser. Elle avait encore quelque chose à dire, même si elle ne se retourna pas vers lui. « Je suis désolée de faire déjà honte à ta nouvelle vie parfaite », commença-t-elle froidement. Après tout, il n’avait pas manqué de lui rappeler que c’était sa vie et qu’il avait rencontré des personnes merveilleuses, dont elle ne faisait pas partie. « Tu sais, tu m’as déjà abandonné toi aussi une fois, je t’ai détesté comme jamais, mais je t’ai quand même rouvert ma porte quand t’es revenu vers moi » Elle faisait évidemment référence à ce qui son éloignement lorsqu’il avait rencontré Emily. « J’ai accepté que tu reviennes dans ma vie, parce que même si tu es la seule personne capable de me briser, de me faire mal, de me mettre hors de moi, tu es aussi le seul en qui j’ai une confiance absolue, le seul dont j’ai besoin. » avoua-t-elle, avant de marquer une pause de quelques instants. « J’espérais que tu ferais pareil. » conclut-elle, en posant sa main sur la poignée de la porte.
Revenir en haut Aller en bas

Invité
Invité

MessageSujet: Re: I need you to feel complete. Thayer   Lun 12 Déc - 16:04



muse and thayer


Thayer avait toujours eu un naturel impulsif, voir même violent. Lorsqu’il était au plus bas, c’est ainsi qu’il relâchait sa frustration et haine. Ce sentiment de pouvoir sur l’autre était grisant et il avait plus d’une fois faillit franchir le point de non retour, mais même dans ses pires moments s’était arrêté à temps avant de porter le coup final qui aurait achevé une vie. Une seule constante dans sa vie, c’était Muse. Il ne l’avait jamais touchée et avait toujours fait attention à ne pas la blesser. A l’époque, elle était sa lumière dans cet univers sombre qu’il ne supportait plus et il la chérissait plus que tout. Toutefois, à présent elle était celle qui lui apportait le plus de frustrations et il n’avait qu’une envie, la faire souffrir comme il avait souffert. C’est pourquoi il se délecta de la voir trembler quand son poing vint frapper le mur à deux doigts de son visage, qu’il apprécia son expression blessée à l’écoute de ses paroles, qu’il brûla d’impatience en s’apercevant que ses larmes ne tarderaient pas à couler, et c’est aussi pour cela qu’il ne comprit pas pourquoi il se sentit une envie de gerber quand ses larmes coulèrent enfin. C’était comme si tout espoir avait quitté les yeux de Muse et ce vide transperçait chaque parcelle du corps du jeune homme, provoquant en lui une douleur qu’il ne pouvait contrôler. « Message reçu » C’est ce qu’il avait désiré, non ? La voir partir, la blesser comme elle l’avait blessé. D’où lui venait ce goût amer qu’il avait en bouche, pourquoi sentait-il toutes ses forces le quitter, pourquoi ? Il n’entendait rien si ce n’est la respiration irrégulière de Muse dû à ses larmes et ses propres battements de cœur lui martelant le torse, comme si ce dernier cherchait à s’enfuir pour lui permettre d’arrêter de souffrir. Il frissonna quand la belle lui toucha la poitrine, l’esprit trop embrumé pour réagir. Les pas de la jeune femme résonnaient dans tout son être, encore quelques uns et il la perdrait à nouveau. « Je suis désolée de faire déjà honte à ta nouvelle vie parfaite » Il ne répondit rien, après tout c’était bien ce qu’il avait cherché à lui faire comprendre, non ? « Tu sais, tu m’as déjà abandonné toi aussi une fois, je t’ai détesté comme jamais, mais je t’ai quand même rouvert ma porte quand t’es revenu vers moi » Les larmes lui montèrent aux yeux, il avait été complètement aveuglé par sa peine et sa frustration, oubliant qu’il avait été le premier à la quitter. Il avait toujours eu cette peur qu’elle le quitte à son tour plus tard, qu’elle s’envole loin de lui et c’était ce qui avait fini par arriver. Souvent, il s’était demandé si c’était de sa faute, si elle n’avait pu réellement lui pardonner de l’avoir abandonnée au pire des moments. Lui qui si égoïstement était revenu quand Emily n’avait plus voulu de lui pour s’apercevoir que celle qui avait toujours été à ses côtés avait perdu toute sa famille. Cette nuit avait été leur première, mais avait aussi été le début de leur décente aux enfers. Ce jour-là, Muse avait mis toute son insécurité de côté pour l’accueillir et lui s’était promis de ne jamais lui faire regretter. Un gros connard, voilà ce qu’il était et il s’en rendait compte à présent. C’était à son tour de faire un effort et d’arrêter d’être le seul gosse égoïste de cette relation. « J’ai accepté que tu reviennes dans ma vie, parce que même si tu es la seule personne capable de me briser, de me faire mal, de me mettre hors de moi, tu es aussi le seul en qui j’ai une confiance absolue, le seul dont j’ai besoin. » Il retenait ses larmes, refusant de la regarder. Comment avait-il pu se laisser ainsi emporté par sa colère, oubliant qui elle était à ses yeux. S’il n’était pas sûr de pouvoir à nouveau lui faire confiance, il devait se rappeler de qui elle était pour lui. Elle avait réussi à lui accorder de nouveau cette confiance si difficile à obtenir, pourquoi ne pouvait-il pas faire de même ? Parce qu’il était un gros con et qu’il avait ce foutu problème de confiance depuis sa tendre enfance. « J’espérais que tu ferais pareil. »

Il tourna la tête, elle était de dos, prête à ouvrir la porte. Dans une poignée de secondes, elle disparaitrait le laissant seul avec ses regrets. Il ne pouvait l’accepter, il avança vers elle d’un pas décidé et la pris dans ses bras avant qu’elle ne puisse ouvrir la porte. Ses bras l’entouraient et son dos était collé étroitement à son torse. L’émotion était trop forte et ses jambes lâchèrent, emmenant Muse dans sa chute. Il refusa de la lâcher et passa ses jambes de chaque côté des siennes, tout en l’enlaçant le plus étroitement possible. Ses larmes coulaient à flot et il posa sa tête contre son épaule. Quand il put enfin parler, ce fut dans une voix étouffée par ses sanglots. « Ne pars pas. » Il la serra plus fort, « ne me laisse pas encore. » il resta ainsi, l’enlaçant par derrière assis dans la salle du fond de son bar. Si une serveuse entrait, elle serait très certainement perturbée de voir Thayer ainsi. Lui si posé habituellement, pleurait comme un gosse sur l’épaule d’une femme. Sa voix s’était un peu calmée et il continua à parler d’une voix douce. « Tu m’as tellement manquée, dès que je voyais une femme avec ta silhouette mon cœur bondissait à l’idée que cela pouvait être toi, que tu étais finalement revenue. » Il marqua une pause. « Je t’ai tellement haïe, je te hais toujours, mais ce n’est qu’une preuve de plus d’à quel point tu comptes pour moi. » S’il l’avait oubliée, il n’aurait pas ressenti tellement de haine en la revoyant. « Je ne sais pas si je pourrais te pardonner. » Il avait relâché un peu son étreinte, mais il la resserra à nouveau. « mais ne me quittes pas, je suis souvent un gros con, mais je ne suis rien sans toi. » Leur relation était peut être floue sur de nombreux points, mais une certitude résidait dans son cœur, il ne pouvait vivre complètement sans elle à ses côtés.


Dernière édition par Thayer J. Weston le Mer 18 Jan - 23:10, édité 1 fois
Revenir en haut Aller en bas

Invité
Invité

MessageSujet: Re: I need you to feel complete. Thayer   Mer 14 Déc - 2:03





C’était la première fois que Muse avait peur de Thayer, sans doute parce qu’elle ne se rappelait d’aucun moment où il s’était montré agressif envers elle. Bien sûr qu’ils s’étaient déjà disputé, mais il n’avait jamais eu de geste violent à son égard, et là c’était tout juste si elle ne s’attendait pas à ce qu’il la gifle d’une seconde à l’autre. Heureusement, il ne le fit pas, et c’est dans le mur qu’il frappa. Il est évident qu’elle sursauta, puisqu’il passa à quelques centimètres de sa tête. Elle avait réfléchit, imaginé à de nombreuses reprises à comment seraient leurs retrouvailles. Positifs, négatifs, des tas de scénarii lui avaient traversé l’esprit, mais jamais elle n’avait pensé à ça. Elle avait pensé à la joie, la tristesse, la déception, la colère, mais elle ne pensait pas avoir peur de Thayer. C’était complètement inconcevable d’ailleurs puisqu’il représentait sa constante, son point de stabilité, raison pour laquelle elle se trouvait ici. Il était réconfortait, être près de lui, lui avait toujours donné l’impression d’être dans un cocon confortable et d’être en sécurité. Alors, non, la peur n’était pas censée faire partie de l’équation. Pourtant, c’était pile ce qu’elle ressentait à cet instant, et ça lui avait mis les nerfs à vif d’un seul coup. Tellement, que les larmes ne tardèrent pas à couler le long de ses joues, tandis qu’il lui parlait si durement. Mais après tout, même si elle avait voulu se raccrocher à la solution optimiste, à l’espoir, elle était consciente qu’il pouvait la rejeter. Et c’est précisément ce qu’il était en train de faire. Elle aurait pu s’y préparer un million de fois que ça ne changerait rien à ce qu’elle ressentait. Ca lui brisait le cœur, et elle se sentait K-O, comme si on lui avait mis une belle droite qui l’avait complètement assommé. Elle finit donc par prononcer une courte phrase, qu’elle avait bien reçu le message, avant de le repousser pour pouvoir se diriger vers la porte. Mais l’idée de partir comme ça, sans un mot, la frustrait. Elle avait besoin de lui dire certaines choses avant de s’en aller, notamment qu’elle pensait qu’il serait un peu plus compréhensif. Mince quoi, lui aussi il l’avait abandonné à un moment ! Certes, il n’avait pas fui à l’autre bout du pays, mais elle avait eu tellement l’impression qu’il s’était servi d’elle, jusqu’à ce qu’il rencontre mieux, en la personne d’Emily ! Elle lui avait pardonné, et c’est précisément là que leur relation avait atteint un autre niveau. Alors, oui, une part d’elle avait espéré qu’il aurait fait pareil, mais peut-être qu’elle avait eu tort, et que sa fuite lui était trop resté en travers de la gorge pour pouvoir lui accorder son pardon.

Elle avait la main posée sur la poignée de la porte, lorsqu’elle avait senti Thayer s’approcher. Ses bras l’entourèrent, tandis que son torse se collait contre son dos. Ce contact eu pour effet de l’électriser complètement, comme si chacune de ses terminaisons nerveuses étaient à vif, et le réclamaient un peu plus. Un seul contact, et elle était submergée par des tas d’émotions, et c’était bien normal, puisque Thayer représentait tant pour elle. Famille, parce qu’elle n’avait plus que lui, et que d’une certaine façon il était un peu devenu comme un frère lorsqu’ils étaient adolescents. Ami, parce qu’il était le plus important… Son rôle le plus important dans sa vie en fait, puisqu’il l’avait été de A à Z. Et puis amoureux, parce qu’ils avaient franchi ce cap, il y a quatre ans, et que ce sentiment était encore bien présent en elle. Elle le sentit tomber, et l’entraîner dans sa chute par la même occasion. Il pleurait, et par réflexe, elle plaça sa main en arrière pour aller caresser sa joue, tandis qu’il la serrait toujours contre lui, dos contre torse. Sa main glissa sur sa nuque, dans ses cheveux, lorsqu’il posa la tête contre son épaule. « Ne pars pas. ne me laisse pas encore. » Elle avait une énorme boule dans la gorge de le voir comme ça, parce qu’il avait craqué d’un seul coup, et que finalement, elle s’en voulait d’avoir eu ses mots à son égard. « Tu m’as tellement manquée, dès que je voyais une femme avec ta silhouette mon cœur bondissait à l’idée que cela pouvait être toi, que tu étais finalement revenue. » Elle plaça sa main libre contre les siennes, puisque ses bras avaient entouré sa taille. « Je t’ai tellement haïe, je te hais toujours, mais ce n’est qu’une preuve de plus d’à quel point tu comptes pour moi. Je ne sais pas si je pourrais te pardonner. » Elle ferma les yeux, en prenant une inspiration discrète, pour éviter de fondre en larmes à nouveau. Les mots qu’il lui disait étaient durs, et la déchiraient, mais au moins, il était honnête et lui disait ce qu’il ressentait. « mais ne me quittes pas, je suis souvent un gros con, mais je ne suis rien sans toi. » Elle se mordit la lèvre inférieure, avant de finalement se dégager de son étreinte pour pouvoir se retourner vers lui. Elle se mit à genoux et prit son visage entre ses mains, avant de déposer un baiser au coin de ses lèvres. « Je suis désolée… Et je sais que ça ne réparera pas la façon dont je suis partie », dit-elle en sentant que les larmes allaient bientôt coller à nouveau. « J’ai jamais voulu te faire de mal… Je voulais une histoire d’amour comme on en voit dans les films, avec des rendez-vous au cinéma ou dans un café… Et je le voulais ça avec toi, pas avec un stupide type en moto ! Mais, on n’était loin du conte de fées, Cendrillon ne se fait pas de rail de coke en guise de dîner ! Je voulais t’aimer normalement, mais c’était pas possible, pare que je ressentais tellement de choses négatives en même temps ! » avoua-t-elle, en baissant les yeux. Vivre de leurs charmes, ils l’avaient fait tous les deux, mais dieu sait qu’elle avait eu du mal à supporter qu’il passe la nuit avec d’autres femmes qu’elle. Même si elle avait conscience que ce n’était que pour l’argent, elle avait été complètement bouffée par la jalousie. « Là, où je m’en veux le plus, c’est que je suis partie pour sortir de là, qu’on est une chance tous les deux d’avoir une nouvelle vie… Mais je m’en suis même pas tirer », dit-elle, sentant ses larmes couler, avant de coller son front au sien.
Revenir en haut Aller en bas

Invité
Invité

MessageSujet: Re: I need you to feel complete. Thayer   Jeu 15 Déc - 21:14



muse and thayer


La sentir près de lui ainsi lui paraissait irréel. Il ne comptait plus les nuits où il s’était réveillé en sueur la main tendue vers la Muse de ses rêves, pleurant de rage en s’apercevant qu’elle n’était qu’une illusion. Son comportement actuel et celui qu’il avait eu à l’entrée de la belle blonde dans le bar étaient diamétralement opposés mais, aussi incompréhensible que cela puisse paraitre pour un regard extérieur, ils avaient tous deux du sens. Ne dit-on pas souvent que la limite entre l’amour et la haine est floue ? Si l’on a aimé passionnément comme Thayer l’a fait par le passé, on comprend très vite que cela est vrai. Lui, gérant d’un petit bar tranquille, se retrouvait noyé dans un flot d’émotions incontrôlables. Les personnes ayant réellement comptées dans son passé pouvaient se compter sur les doigts de la main et elle en faisait partie. Comme tous ceux l’ayant précédé, elle était aussi partir, le laissant avec une blessure de plus sur un cœur déjà lasse. S’il avait été à même de penser posément il aurait tout de suite analysé la situation, le pourquoi du départ de Muse et son retour. Il aurait agit posément et comprit qu’il avait aussi été en tort autrefois et qu’il n’avait aucun droit de lui en vouloir autant, mais sincèrement… vous connaissez beaucoup de personnes à ce point pragmatiques qu’ils peuvent faire abstraction de leurs émotions pour poser posément toutes situations ? Si oui, Thayer n’en faisait pas partie. Ses émotions l’avaient toujours guidé et ce n’était pas prêt de changer. Egoïste, souvent égocentrique, tel était le jeune Weston aussi détestable puisse-t-il être par moments. S’il ne questionnait pas souvent son comportement, il l’avait souvent fait depuis le départ de Muse, considérant la possibilité que si tout le monde finissait par le quitter, cela signifiait peut être que le problème venait de lui.

Lorsqu’elle se dégagea de son étreinte, il dû lutter pour ne pas la serrer à nouveau, plus fort dans l’espoir qu’elle ne lui échapperait plus. La regardant se tourner vers lui, il sentit les larmes lui monter à nouveau en observant son visage. Il n’avait pas réalisé que le manque et le vide qu’elle avait laissé en lui était aussi grand. Frissonnant quand elle prit son visage entre ses mains, il se laissa porter par son flot de souvenirs. Ils lui revenaient comme des flashs, son sourire, ses larmes, sa détresse, le soir où ils s’étaient retrouvés. Un torrent d’image qui s’accéléra jusqu’à ce que son esprit se vide complètement pour laisser place à une explosion des sens lorsqu’elle l’embrassa sur le coin de la lèvre. Des baisers, ils en avaient échangé de nombreux et des biens plus langoureux ou assurés que celui-ci et pourtant sentir ses lèvres douces se poser doucement au creux des siennes lui donna l’impression que son cœur allait exploser. « Je suis désolée… Et je sais que ça ne réparera pas la façon dont je suis partie » C’était comme si tous ses doutes s’envolaient un à un. L’esprit blanc, il ne se rappelait plus la raison de son énervement, ni pourquoi ils s’étaient quittés. Après tout, ils étaient là ensemble à présent alors pourquoi ne pas continuer là où tout s’était arrêté deux ans plus tôt, reprendre le cours de leur existence à deux ? A la voir proche de pleurer à nouveau, il eut envie de la prendre à nouveau dans ses bras et de lui caresser doucement la tête, comme il l’aurait fait avec elle auparavant quand elle était triste, comme à une enfant. « J’ai jamais voulu te faire de mal… Je voulais une histoire d’amour comme on en voit dans les films, avec des rendez-vous au cinéma ou dans un café… Et je le voulais ça avec toi, pas avec un stupide type en moto ! Mais, on n’était loin du conte de fées, Cendrillon ne se fait pas de rail de coke en guise de dîner ! Je voulais t’aimer normalement, mais c’était pas possible, pare que je ressentais tellement de choses négatives en même temps ! » Thayer revint à ses sens. La raison de son mal être, sa frustration, sa colère, sa culpabilité, des sentiments différents se mêlaient et s’entremêlaient en lui, lui donnant la gerbe. « Là, où je m’en veux le plus, c’est que je suis partie pour sortir de là, qu’on est une chance tous les deux d’avoir une nouvelle vie… Mais je m’en suis même pas tirer ». Il lui caressa doucement la nuque, gardant son front contre le sien pendant un moment. Ces retrouvailles étaient dures pour eux deux et avaient enfin rappelé à Thayer l’une des raisons de son mal être de l’époque. Leur relation si précieuse à ses yeux était devenue toxique au fil du temps. Ils avaient fait l’amour le soir où Emily était partie et où Muse avait perdu toute sa famille, signant avec une vie où ils se promettaient de rester toujours ensemble, mais où ils refusaient de se battre. Durant cette période noire, leur relation avait évolué et il avait senti les sentiments de la belle à son égard et n’avait pourtant rien fait pour la soulager. Lui avait renoncé à l’amour, du moins il avait choisi la voie de la lâcheté et ne désirait pas souffrir à nouveau et voir son cœur piétiné. Egoïste. Il l’avait toujours été dans leur relation, la laissant seule pour se concentrer sur une autre femme, revenant vers elle une fois celle-ci partie pour être consolé, ignorant ses sentiments pour ne pas la perdre, laissant s’installer une noirceur dans leur cœur et ne lui pardonnant pas d’être partie quand même, même en sachant pertinemment que cela était trop dur pour eux deux et que cela ne pouvait continuer. Muse avait raison, elle méritait d’être traité comme une princesse plus que toutes autres et elle méritait d’aimer quelqu’un capable de l’aimer pareil en retour et pas un crétin incapable de pardonner et d’aimer à nouveau. S’il désirait l’embrasser à nouveau et lui faire l’amour afin de retrouver ce bien être d’autrefois, il ne le fit pas. Parfois il est bon de tirer leçon de ses erreurs et il comptait le faire. Alors non, il n’essaierait pas de la détruire un peu plus pour son bien être, pas tant que cette rancœur l’habitait encore, pas tant qu’il ait pu la sauver elle aussi. Sa main vint caresser sa joue avec douceur et il lui accorda enfin le sourire tendre d’autrefois. « Je suis là maintenant et à deux nous avons toujours été plus forts. » Lui essuyant des larmes, il lui accorda un sourire amusé. « Tu sais que tu ressembles à un Panda ? » Sous son regard il se mit à rire et reprit avec une voix affirmée. « Un très joli panda. » Il l’enlaça à nouveau et l’écarta délicatement. « Où est-ce que tu vis en ce moment ? » S’il désirait l’aider, cela passerait d’abord par vérifier qu’elle ne dormait pas encore dans un motel, à la recherche d’hommes riches qui pourraient lui payé de quoi vivre. Oui, pour le moment il devait prendre soin d’elle et prétendre que tout va bien, plus tard ils s’occuperaient de cette colère latente, de ce problème de confiance, de leurs sentiments, ce n’était pas la priorité pour le moment et il n’avait pas la force d’y faire face. « J’ai un canapé de libre chez-moi qui n’attends que toi. » Lui dit-il avec un clin d’œil, sachant pertinemment qu'au final elle se débrouillerait pour lui piquer son lit et qu'il se laisserait docilement faire.



Dernière édition par Thayer J. Weston le Mer 18 Jan - 23:10, édité 1 fois
Revenir en haut Aller en bas

Invité
Invité

MessageSujet: Re: I need you to feel complete. Thayer   Ven 16 Déc - 21:05





Si Muse avait essayé de s’imaginer comment seraient ses retrouvailles avec Thayer, elle avait complètement tapé à côté, puisque rien ne s’était déroulé comme elle avait pu le prévoir. Certes, elle avait envisagé la possibilité qu’il soit en colère contre elle, c’était même ce qu’il y avait de plus crédible à son avis, mais pas au moins de l’effrayer. Pourtant, c’est précisément ce qu’il venait de se passer. Il lui avait fait peur. Bien sûr, ils avaient connu des disputes lorsqu’ils étaient à New York, et elle reconnaissait volontiers qu’elle avait été à l’origine de nombreuses crises. Mais elle était comme ça, avec ceux qui ne la connaissaient pas, elle parvenait à garder un masque impénétrable, mais avec ceux qui la connaissaient bien, c’était tout l’inverse. Elle se montrait telle qu’elle était, à fleur de peau la plupart du temps. Si elle jouait la carte de la confiance en soi la plupart du temps, depuis plusieurs années, cette confiance c’était en réalité fait la malle. Il y avait d’abord eu cette histoire entre Thayer et Emily, au lycée, qui l’avait ébranlé. Muse pouvait se comporter en petite princesse pourrie gâtée parfois, et elle avait pour habitude de toujours obtenir ce qu’elle désirait… Pour la première fois de sa vie, on l’avait abandonné. En même temps que la tristesse de perdre une des personnes qui comptait le plus pour elle, son ego en avait aussi pris un coup. Le reste s’était enchainé, la mort de ses parents et de son petit frère l’avait mis à terre. Difficile d’être confiante, lorsque votre famille est décimée en l’espace de quelques secondes. Sa vie avait complètement basculé à ce moment-là. Ca n’avait été qu’une spirale infernale qui n’avait jamais cessé. C’était compliqué, parce que même si elle avait eu conscience à un moment donné qu’elle ne suivait vraiment pas le bon chemin, c’était un tel cercle vicieux qu’elle n’avait jamais réussi à s’en sortir. Parce que clairement, qu’est-ce qu’elle pourrait bien faire ? Elle avait arrêté les études après le lycée, et n’avait pas de réelle expérience professionnelle, mis à part la séduction, et savoir préparer des rails de cocaïne en moins de deux ! Autant dire qu’elle n’avait strictement rien d’une personne que l’on souhaiterait embaucher, même pour un petit boulot. Et puis… Elle s’était habituée à cette vie-là, à avoir des moments difficiles, mais aussi d’autres où elle menait un train de vie où elle avait tout ce qu’elle voulait. Alors, puisqu’elle ne parvenait pas à s’en tirer toute seule, elle espérait avoir de l’aide de la part de Thayer. Elle n’aurait pas pu se tourner vers quelqu’un d’autre de toute façon, puisqu’il était la seule personne en qui elle avait encore confiance. Pourtant, lorsque son poing avait frappé contre le mur et qu’il avait tenu ses propos si durs à son égard, cette confiance s’était un peu ébranlée. Peut-être qu’elle s’était trompée sur toute la ligne, peut-être qu’à force de voir Los Angeles comme son salut, elle avait été aveuglée, et n’avait pas voulu voir que peut-être, Thayer avait parfaitement évolué sans elle, et qu’il n’avait aucune envie de la voir réapparaître. Elle s’était attendue à une autre réaction de sa part, mais elle ne pouvait pas changer ce qu’il ressentait, alors elle lui dit tout de même ce qu’elle avait sur le cœur, avant de poser sa main sur la poignée de la porte pour s’en aller.

Et puis, il l’avait retenu. Ses bras l’avaient entouré, et il l’avait entraîné sur le sol, tandis qu’il pleurait. Ca non plus, elle ne l’avait pas vu venir. Il s’était montré tellement froid depuis qu’elle était arrivée, qu’elle ne s’attendait pas à ce que cette carapace se fissure d’un seul coup. Pourtant, c’était bel et bien le cas, et elle ressentait un déchirement dans la poitrine de le voir ainsi. Ce n’était pas difficile à comprendre, elle était tout bonnement incapable de supporter de voir quelqu’un à qui elle tenait tant, en train de pleurer. Mais au moins, il lui parlait à cœur ouvert, même si ces mots ne faisaient pas toujours du bien à entendre. Il n’était pas sûr de pouvoir lui pardonner. Elle allait encaisser, parce qu’elle préférait tout de même entendre la vérité. Elle finit par se dégager de son étreinte afin de pouvoir se retourner vers lui, et sécher les larmes qui coulaient le long de ses joues. Elle déposa un baiser au coin de ses lèvres, plein de tendresse malgré les minutes intenses qui venaient de s’écouler. Muse avait un côté protecteur qui se réveillait avec ceux à qui elle tenait. Alors qu’elle s’excusait à nouveau, qu’elle s’expliquait, ses larmes jaillirent encore de ses yeux. Décidément, elle n’aurait jamais autant pleuré que dans cette arrière salle ! Elle finit par laisser reposer son front contre le sien, avant de sentir la main de Thayer glisser sur sa nuque, ce qui provoqua un frisson le long de sa colonne vertébrale. C’était agréable et doux, mais en même temps, elle se sentait électriser par ce contact. Ils restèrent un moment comme ça, avant de lui caresser délicatement la joue, et de lui offrir un sourire, qui ne manqua pas de creuser les fossettes de Muse également. « Je suis là maintenant et à deux nous avons toujours été plus forts. » Elle hocha la tête pour seule réponse. Elle n’avait pas de crainte quant à cette affirmation, dans la mesure où lui s’en était sorti, et qu’elle avait à présent la volonté. Ces deux éléments étaient loin d’être combinés lorsqu’ils étaient à New York, et c’était sans doute une des raisons pour lesquelles ça n’avait pas fonctionné. « Tu sais que tu ressembles à un Panda ? » Muse non plus ne put retenir un éclat de rire à sa remarque, avant de passer ses doigts sous ses yeux, par réflexe. Ce matin, lorsqu’elle s’était maquillée, elle n’avait pas pensé qu’elle pleurerait comme une madeleine ensuite. « Un très joli panda. » Elle sourit, et laissa reposer son front sur son épaule. « C’est ma façon de soutenir la cause animale », répondit-elle en souriant, restant dans cette posture quelques instants, avant qu’il ne prenne à nouveau la parole. « Où est-ce que tu vis en ce moment ? » Elle releva la tête, afin de pouvoir poser son regard sur lui et lui répondre. « Je ne savais pas où dormir cette nuit, alors j’ai pris une chambre pas trop cher dans un motel », répondit-elle. Elle n’avait pas eu envie de dépenser tout l’argent qu’elle avait gagné au cours des deux derniers jours, dans une chambre qui mettrait à plat ses maigres économies. Alors elle avait opté pour la solution du motel, parce que c’était la plus économique, et qu’au moins, elle était certaine d’avoir un endroit où dormir pendant plusieurs nuits. « J’ai un canapé de libre chez-moi qui n’attends que toi. » Elle esquissa un sourire en coin. Il n’était évidemment pas obligé de l’accueillir chez lui, mais elle devait bien reconnaître que ça lui retirait une belle épine du pied. « S’il n’attend que moi, je ne vois pas comment je pourrais refuser ! » répondit-elle avec un petit air espiègle. Et puis au fond, ça lui ferait certainement du bien d’avoir de la compagnie. Elle était devenue une grande solitaire au cours des deux dernières années, en particulier après que Mike l’ait laissé tomber. Elle avait ensuite décidé de se débrouiller seule, mais au bout d’un moment, la solitude devient pesante, et elle réalisait à quel point elle était lasse d’être seule justement. Et puis Thayer n’était pas n’importe qui, il la connaissait bien, et elle était persuadée que sa présence parviendrait à l’apaiser, à calmer ses doutes et ses angoisses ne pas réussir.
Revenir en haut Aller en bas

Invité
Invité

MessageSujet: Re: I need you to feel complete. Thayer   Sam 31 Déc - 17:53



muse and thayer


Souvent Thayer c’était demandé si tout aurait changé si Muse avait décidé de l’emmener dans sa fuite. Auraient-ils pu recommencer une toute autre vie loin de tout. Il souriait en imaginant la belle s’occupant de traire des vaches pendant que lui s’occupait de leur champ. Une vie de campagnard, voilà quelle aurait pu être une manière de fuir leur vie de débauche et cette incapacité à sortir la tête de cette noirceur dans laquelle ils se noyaient jours après jours. Seulement, auraient-ils vraiment pu vivre aussi simplement ? Cette vie n’était pas pour eux et ne le serait jamais, on ne peut se détacher complètement de son passé car il fait partie de soi et pour la même raison il est impossible de changer radicalement en oubliant ce que l’on a pu être. Oui, Thayer était différent. Il ne buvait plus une goutte d’alcool et ne se droguait plus, mais pouvait-on dire qu’il n’était plus celui qu’il était avant ? la vérité étant que si un verre d’alcool venait à croiser sa vie, il replongerait aussitôt, oubliant ces deux années paisibles qu’il avait eu tant de mal à mettre en place. Alors oui, il était certainement normal que Muse soit partie sans lui, mais cela ne changeait rien à la blessure que ce départ avait fait en lui. Cette solitude qui le tailladait de toute part, lui montrant une nouvelle fois qu’il n’était pas capable de garder ceux qu’ils chérissaient autour de lui. Cette culpabilité aussi, cette impression qu’il était celui qui l’avait détruite. Elle qui était une petite fille chérie par sa famille et qui promettait de devenir quelqu’un d’exceptionnel avait été réduite à devenir une prostituée de luxe et à se droguer et à boire pour oublier sa misère quotidienne. Elle qu’il avait tant fait souffrir par son égoïsme et qu’il continuerait de faire souffrir parce qu’il était bien trop con et buté pour changer. Bien entendu qu’il comprenait pourquoi elle avait fui, qui n’aurait pas fait de même ? Seulement, il ne l’acceptait pas et il n’était pas certain de l’accepter un jour. Toutefois, la voir devant lui aujourd’hui, la tenir dans ses bras, pleurer avec elle, sa tristesse et sa frustration n’avaient pas été aussi présentes en lui depuis longtemps, alors pourquoi se sentait-il si heureux ? Comme si i était entier à nouveau. Lui qui passait son temps à renier son passé, ne pouvait vivre sans lui. Toutes ces personnes ayant comptées à ses yeux faisaient partie de lui pour toujours et lorsqu’elles partaient, elles emmenaient une partie de lui-même avec elles, le laissant de plus en plus vide. Souvent, il avait ce rêve, où il voyait partir tous ceux qu’il avait aimé et ceux qu’il aimait à présent. Tous repartaient avec un morceau de lui-même et il finissait par devenir un petit tas de poussière balayé par le vent, une personne que nul ne désirait. Si toutes ces femmes avait qui il avait couché le voyaient ainsi, elle ne comprendrait sûrement pas. Après tout, il était un séducteur sûr de lui pour beaucoup, un homme plein de mystères et c’est ce qu’il faisait son charme. S’il n’était qu’un naze se morfondant dans son passé et exprimant sa solitude et sa souffrance, elles ne s’approcheraient même pas de lui. L’humain est ainsi fait et nous n’y pouvant rien. Qui a envie qu’un parfait inconnu nous raconte les malheurs de sa vie ? Qui a envie de porter le fardeau d’un autre ? Personne. C’est pourquoi il donnait si difficilement sa confiance, ne se confiant que très peu. Toutefois, le retour de cette femme dans sa vie était comme un miracle. Elle qui savait tout de lui, tout de sa noirceur et de sa souffrance et qui avait tout de même décidé de revenir vers lui. Oui, il était heureux de se sentir accepté à nouveau même s’il avait conscience de tous les risques que ces retrouvailles entrainaient pour chacun d’eux. Après tout, il serait tellement plus simple de retomber dans leur déchéance, mais il avait décidé de se battre pour que cela n’arrive pas, pour qu’elle s’en sorte comme lui avait pu s’en sortir.

Il se leva et lui tendit la main pour l’aider à se lever à son tour. Glissant ses doigts entre les siens, il entra dans la salle de son bar et s’avança vers une de ses serveuses. Celle-ci repéra aussitôt sa main dans celle de Muse et regarda la jeune femme blonde avec un agacement non retenu. « Je ne serais pas là ce soir, vois avec Savannah pour la fermeture du bar. » Son regard était assez sérieux pour que la serveuse ne bronche pas. L’écartant sans aucune douceur, il contourna le bar. C’est ce moment que la jeune femme choisit pour récupérer un verre de jus de tomate dans l’idée de le verser sur Muse. Mimant une bousculade, le verre s’étala sur le haut de la jolie blonde. Le sang de Thayer ne fit qu’un tour et il récupéra le verre de la main de la serveuse, la plaquant contre le mur derrière le bar. Il éclata le verre à côté de son visage et, ne s’occupant pas du fait qu’un des éclats lui avait légèrement entamé la peau, s’adressa à elle d’une voix froide. « Si tu essayes encore une fois de la toucher, je déformerais cette horreur qui te sert de visage et je te briserais les mains afin que tu ne puisses plus jamais travailler comme serveuse. Prend tes affaires et ne te montre plus jamais devant moi. » Il la relâcha et reprit la main de Muse, ignorant les commentaires des rares clients se trouvant dans le bar à cette heure-ci. Il avait toujours été ainsi lorsque l’on s’attaquait à Muse, d’une violence extrême. Ce Thayer, personne ne l’avait encore vu à Los Angeles et avec ces retrouvailles les personnes le connaissant ici risquaient d’aller en surprise en surprise.


Dernière édition par Thayer J. Weston le Mer 18 Jan - 23:10, édité 1 fois
Revenir en haut Aller en bas

Invité
Invité

MessageSujet: Re: I need you to feel complete. Thayer   Dim 1 Jan - 20:59






Muse passait par tant d’émotions face à Thayer. Elle était submergée par tellement de sentiments… Ce n’était pas arrivé depuis longtemps. Il faut dire que la jeune femme était devenue une grande solitaire depuis un an et demi. Au début de son périple à travers les Etats-Unis, lorsqu’elle avait quitté New York, elle avait eu la compagnie de Mike, mais ça n’avait duré qu’un temps. Elle n’était jamais tombée amoureuse de lui, mais il avait été là, et sa présence avait tout de même était mieux que les nombreux mois de solitude qu’elle avait connu par la suite. Certes, ce garçon était loin d’être un cadeau et elle en avait eu la preuve lorsqu’il l’avait jeté comme une vieille chaussette avant de se faire la malle avec une autre fille. Croyez-moi l’égo de Muse en avait pris un sacré coup ! D’une certaine façon, elle lui avait suffisamment accordé sa confiance pour s’enfuir avec lui, et cette confiance, il l’avait piétiné en s’en allant. A partir de ce moment-là, elle avait décidé de poursuivre sa route en solo. Au moins, en ne comptant sur elle-même, elle ne subirait aucune déception. Il y avait un révère de médaille à cette philosophie de vie pourtant. La solitude. Elle l’avait choisi, mais elle était pesante. Elle ne restait jamais suffisamment à un même endroit pour se faire une place à elle. Alors lorsqu’elle avait revu Thayer, le flot d’émotion qui l’avait submergé était indescriptible. Sans savoir ce qui découlerait de leurs retrouvailles, le revoir avait un côté réconfortant, comme retrouver un cocon rassurant. Il faut dire qu’ils se connaissaient depuis de nombreuses années, et que le jeune homme en était venu à représenter tellement pour elle, un ami, un frère, un amoureux… Un emmerdeur aussi parfois ! Thayer était la seule personne à pouvoir l’adoucir, comme à pouvoir la mettre hors d’elle. Aujourd’hui, il avait réussi à faire les deux. C’était représentatif de ce qu’avait été leur relation, n’est-ce pas ? Ils pouvaient compter l’un sur l’autre, mais ils s’étaient parfois fait tellement de mal. Pendant un moment, Muse avait bien cru qu’elle s’était montrée trop naïve, trop optimiste. Après tout deux ans s’étaient écoulés depuis qu’ils s’étaient vus pour la dernière fois, alors s’il l’avait rejeté, ça n’aurait pas été si étonnant que ça. Mais la jeune femme avait été bien incapable de penser à cette éventualité. Son cerveau avait refusé l’information, parce qu’elle en était arrivée à un point, où elle avait un tel besoin qu’il la prenne à nouveau sous son aile… Mais alors qu’elle s’apprêtait à partir, il avait eu semble-t-il un déclic, puisqu’il l’avait retenu. A partir de là, entraîner par le flot d’émotions qui pouvaient les submerger, ils avaient commencé à dévoiler ce qu’ils avaient sur le cœur, avec plus de calme, un peu moins de rage. Qu’en serait-il de la suite ? Muse n’en avait aucune idée, et n’avait pas vraiment envie de se projeter dans l’avenir pour le moment. Elle avait plutôt envie de s’accrocher au présent. La seule chose dont elle était certaine, c’est que la seule personne vers laquelle elle pouvait se tourner, c’était Thayer. Elle n’avait plus de famille depuis quatre ans, ses amis elle les avait perdu au fil des mois de sa vie dissolue, alors oui, il n’y avait plus que lui. Après qu’elle lui ait dit qu’elle logeait dans un motel pour le moment, il lui proposa de venir habiter chez lui. Elle ne pouvait pas refuser. D’une part, parce que la proposition la touchait, et que la présence du jeune homme l’aiderait sans doute beaucoup. D’autre part, parce qu’elle n’avait pas vraiment d’autre choix. Elle n’avait pas une somme d’argent faramineuse avec elle, elle ne travaillait pas, et elle finirait par tout dépenser dans cette petite chambre de motel. Allez chez lui, c’était déjà commencer à repartir du bon pied. Les choses s’enclenchaient dans son esprit. Elle allait pouvoir laisser tomber sa misérable vie, chercher un vrai travail… Oui, elle allait y parvenir.

Thayer se releva finalement, et l’aida à en faire autant, laissant sa main dans la sienne, en entremêlant ses doigts aux siens. Il lui donnait confiance par sa simple présence, et dieu sait qu’elle en avait besoin tant la sienne était proche de zéro ! Ils sortirent de l’arrière salle, pour se diriger vers une serveuse, qui ne semblait pas des plus aimables vu le regard qu’elle lança à Muse. Cette dernière ne se laissa pas démonter, ce n’était pas son genre, et se contenta de rester stoïque devant elle. « Je ne serais pas là ce soir, vois avec Savannah pour la fermeture du bar. » Tandis que Thayer contournait le comptoir du bar, la serveuse récupéra un verre, dont elle renversa le contenu sur Muse. A sa façon de la regarder, il était évident que ce n’était pas un accident, et la jolie blonde était prête à ruer dans les brancards. Bon, elle ne comptait pas faire un scandale dans le bar de Thay’, mais il n’était pas question de se laisser faire non plus ! « Non, mais… ! » Elle n’eût pas le temps de terminer sa phrase que Thayer intervint, d’une façon assez violente, puisqu’il plaqua la jeune femme contre le mur, avant d’éclater le verre à proximité de son visage. « Si tu essayes encore une fois de la toucher, je déformerais cette horreur qui te sert de visage et je te briserais les mains afin que tu ne puisses plus jamais travailler comme serveuse. Prend tes affaires et ne te montre plus jamais devant moi. » Les accès de colère du jeune homme était toujours surprenant, y compris pour Muse qui l’avait déjà vu comme ça à quelques reprises. Une seule fois contre elle, dans la salle arrière, il y a quelques minutes. Mais il semblait si calme en apparence, que le voir passer du froid au chaud en une fraction de seconde, laissait sans voix. Il attrapa finalement la main de Muse, et ils sortirent à l’extérieur du bar. Passer cette porte était le signe d’un changement de vie pour la jeune femme, une vie qu’elle espérait bien meilleure.


the end.

Revenir en haut Aller en bas

Invité
Invité

MessageSujet: Re: I need you to feel complete. Thayer   Ven 20 Jan - 10:48

:arrow:
Revenir en haut Aller en bas

Contenu sponsorisé

MessageSujet: Re: I need you to feel complete. Thayer   

Revenir en haut Aller en bas
 

I need you to feel complete. Thayer

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut 

 Sujets similaires

-
» SOMETIMES I FEEL MY HEART WILL OVERFLOW ✗ le 30/03 vers 01h58
» Your worst battle is between what you know and what you feel ▬ Nolà&Lulla
» Rosemary > Can you make it feel like home ?
» Sahara ▬ I feel so close to you right now, it's a force feel [DONE]
» Everything that kills me, makes me feel alive. [Morgan]
Page 1 sur 1

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
♫ Modern Family :: DANS LE GRENIER :: Archives rps-