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 EMY&TARA - « enjoy the silence »

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MessageSujet: EMY&TARA - « enjoy the silence »   Jeu 8 Nov - 2:31



EMY&TARA

« words like violence, break the silence, come crashing in, into my little world.
painful to me, pierce right through me. can't you understand, oh my little girl?
all i ever wanted, all i ever needed, is here in my arms.
words are very unnecessary, they can only do harm.
enjoy the silence. »



Le dos courbé, les coudes appuyés sur les genoux, j’attends le futur. Ni plus, ni moins. Je fixe le bâtiment silencieux, endormi. J’ai passé cinq ans de ma vie entre ces murs; étouffée, encastrée dans la déchéance de ce qui est standard, de ce qui est normal. Mon front se plisse au souvenir des années passées, de ce cheminement scolaire qu’on emprunte tous. Partir du point A pour se rendre au point B. Je baisse les yeux sur le contenant qui se balance dans mes mains nerveuses. Le gâteau rayonne jusqu’à mes iris maussades. Couleurs vives que Benny a lui-même sélectionnées. Pour Emy, pour ce petit ange que le jeune Miller louange chaque jour. J’ose un sourire naïf, dans le vide, pour personne. Je suis trop loin dans le fil de mes pensées, sur des mémoires disparates, qui laissent les secondes filer. La cloche sonne, mélodie qu’on n’oublie jamais. Petit bonheur aux oreilles, replongées dans le passé. La fin d’une journée, une journée de moins avant la vraie vie. Avant nos chemins personnels, très loin de ce que la société impose à tout le monde. Standardiser les méthodes, standardiser les gens.

Ma tête se calme, sans réflexion, sans un bruit. Puisque c’est au dehors que tout bouge. Les portes s’ouvrent, sur le monde extérieur qui semble se réanimer. Des jeunes stéréotypés, des moutons qui suivent la mode, en bêlant. Je scrute la foule, les bains de gens qui s’extirpent de l’école comme on s’enfuirait d’une prison. Puis il y a Emy, laissée à elle-même. Dans sa solitude parfaite et posée. Ses yeux rivés contre la pelouse qui s’use des pas répétés qui tambourinent le sol. Je me redresse, le poids de mon être contre mes jambes endolories. Je n’anticipe rien, qu’un vide entre mes deux oreilles. C’est trop difficile de prévoir, de cerner Emy. Trop compliqué de mettre un sens sur son silence perpétuel. Parler sans rien dire, tout simplement. Ses yeux se relèvent. Peut-être parce qu’elle se sent épiée. Peut-être parce que je l’observe sans retenue. Sans jugement, mais avec beaucoup d’interrogations sur sa personne. Personne normalement si effacée, trop réservée; petit mystère ambulant.

J’arrive à sa hauteur, à palper le malaise qui émane de chaque parcelle de son corps. C’est troublant d’être en sa présence. Rien de péjoratif ou de lourd, simplement troublant. Pour moi, pour elle. Pour nous. J’ose un sourire sincère, refoulant la curiosité de connaître, de comprendre son esprit. Je tends le gâteau entre nos deux corps raidis. Entre notre rencontre figée au travers des gens précipités.


    TARA – « Hey. Tiens, bonne fête. »

Vingt octobre. L’automne à son plus coloré. Avant que les feuilles ne fuient les arbres. Avant que la noirceur de l’hiver précoce n’engouffre la clarté des journées fraîches. Dix-sept années plus tôt, probablement la même température, les mêmes teintes au sommet des arbres, mais un bébé en plus. Une tête blonde qui grandira, d’automne en automne, sans se faner de la froideur de la vie. Ses doigts encadrent le contenant, ses yeux fixent le contenu. Je crois qu’elle est contente, c’est dur à dire. Imprévisible, impénétrable. Je glisse mes doigts au creux de mes poches, là où ma gestuelle nerveuse se restreint. J’entrouvre les lèvres pour balbutier une explication. La raison, le pourquoi. Puisque c’est sa fête, bien évidemment. Mais parce qu’il y a Benny. Comme un pont qui relie nos rives. Qui fait du sens de nos divergences.

    TARA – « On a fait ça avec Benny, mais il avait un rendez-vous aujourd’hui, alors… »

L’hôpital; les rendez-vous pessimistes, les mauvaises nouvelles. Il meurt moins vite qu’on aurait cru. Mais il meurt quand même, piégé dans la réalité de sa mortalité. Je déglutis et repousse une mèche de cheveux derrière mon oreille. Mes réflexions s’enfuient bien loin, étouffant la petite voix de mon crâne qui retâte les incertitudes de la vie et les rudesses de la mort. On reste là, dans notre silence à s’observer avec malaise. Il nous manque Benny, pour calmer l’ambiance. Emy m’intimide. Malgré toute l’indifférence que j’accorde au monde, malgré leurs opinions qui n’atteignent rien de ma confiance. Il n'y a qu’une boule d’émotions mal gérée qui gronde a creux de mes tripes; enragée de ne pas être en contrôle de moi-même, déçue de ne pas comprendre les réactions et réflexions qui se décuple dans mon métabolisme.

    TARA – « Je sais que tu passerais probablement au centre ce soir, mais j’me disais que ça ferait moins, eh, « bizarre » que de te faire fêter là-bas… C’pas très gaie comme endroit… »

L’ironie de mes paroles. Comme si l’établissement scolaire qui nous servait de décor morne était plus gaie que le centre à saveur de mort. J’crois que mes joues rosissent, et je déteste ça. Pourquoi se laisser chambouler par une fille de dix-sept ans qui ne dit rien, pense en silence et refoule tous sentiments positifs de peur de les perdre à la déchéance d’émotions négatives? Préserver le peu de bonheur, sans oser plus, sans provoquer. De peur d’en perdre un peu, au courant de l’équation… Vivre à moitié, à défaut d’avoir peur de ne pas vivre sans douleur.



[ Je sais, je sais, j'ai triché parce qu'on est dépassé le vingt octobre, mais tu vas me pardonner anh? (a) ]
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MessageSujet: Re: EMY&TARA - « enjoy the silence »   Lun 12 Nov - 4:07



Mes doigts s’agrippent à mon crayon alors que la mine érafle le papier. On pourrait dire que j'écris, mais je me contente de mentir sur papier. J'aime la douceur de la vérité, mais elle n'a pas sa place dans une salle de classe ou dans une école comme celle là. Ici, la vérité a lentement creusé un vide autour de moi, c'est pourtant mieux que ces chuchotements et ces insultes. Si je n'existe pas, ils ne peuvent pas m'atteindre. Un jour comme une autre, un autre jour sans mon père. Ça n'est pas bien grave. Son absence me colle à la peau, empêchant la solitude de m'écraser. Les gens ne voient pas, aveugles à ce qui est important. J'écoute leurs mots alors qu'ils se plaignent d'un rien, révoltés contre ce qu'ils ne comprennent pas. On évolue dans des univers parallèles. Ils passent leurs soirées à vider le cabinet à alcool de leurs parents alors que je traîne au centre, avec Benny, parfois. Ça me semble ridicule, quand je vois les jeunes de mon âge agir, mais tant qu'ils me laissent seule, je ne peux pas leur en vouloir d'être aussi simplement prévisibles. La cloche sonne et je reste immobile. J'attends d'être oubliée, laissée à moi-même. Mon crayon rejoins ses frères, mon cahier caresse son compagnon le cartable, dans un heureux ménage protégé par mon sac à dos. J'enfile mon sac, agrippant mes doigts aux bretelles, toujours anxieuse de traverser les couloirs qui portent les ombres d'un temps où les commentaires blessants arrachaient des morceaux de ma peau au passage. J'offre un sourire triste à la salle de classe complètement vide. Ils ont tous mieux à faire que de prendre leur temps. Mes pieds s'animent au sol. Un pas après l'autre, c'est pas difficile. Je respirerai mieux une fois que j'aurai quitté cet endroit. Mes baskets sont un peu trop usés et mon t-shirt tombe lassement jusqu'à mon jeans. J'entends encore ma mère critiquer. « Emy, ma belle, t'aurais pas envie de mettre quelque chose de plus seyant. Une jupe peut-être ? Ou un top mignon pour cacher ces jeans trop grands. . . » Je sais qu'elle ne voit pas mal, qu'elle aimerait probablement une fille girly, avec qui elle pourrait faire les boutiques, mais ça n'est pas moi. J'aime disparaître, tant pis si je passe pour un gars dans mes vêtements, Benny s'en fout, les gens du centre aussi. Si j'ai un peu de temps et un sourire à offrir, on me laisse porter ce que je veux. Il y a Amber au deuxième étage, elle, c'est une drag queen, pourtant, elle ne juge personne sur son apparence. On a tous droit à des « sweetie » et des « honey » peu importe le style, l'âge ou le sexe. C'est l'endroit où je me sens le plus moi. C'est pas drôle tous les jours, mais il y a un sens de la communauté, un mal commun qui crée un plus grand bien. Ça ne s'explique pas, je crois. J'ai tant de respect pour ces gens là qui vivent avec dignité, malgré la maladie qui coule dans leurs veines.

C'est en fixant mes souliers délavés que j'imagine aux milles couleurs du maquillage d'Amber que je sors enfin de cette école qui m'écrase doucement, quotidiennement. Je reçois un texto de Benny qui me dit qu'il a un rendez-vous, mais qu'il m'as prévu une surprise. Je réalise trop tard que c'est aujourd'hui, mon anniversaire. Lui qui compte les siens n'aura pas oublier le mien. Ça me fait sourire comme ça entrave ma gorge de savoir que l'an prochain, celui d'après, un jour, Benny ne sera plus là. C'est mon grand protecteur, celui qui m'a appris à sourire après la mort de papa. Il sait sans que j'aie à parler et ça me donne envie de lui en dire plus qu'à tous les autres. L'air frais chatouille mes oreilles et me force à recroqueviller mes épaules pour enfouir mes mains dans mes poches.

    « Hey. Tiens, bonne fête. »


Sa voix me fait sursauter, mais je l'aurais reconnue à travers toutes les autres. J'ose à peine relever les yeux, embarrassée qu'elle se soit déplacée pour ça. Mes mains accueillent ce qu'elle me tends et je voudrais simplement disparaître sous terre. Je repense à ces conversations avec Benny où je lui ai avoué à quel point Tara m'impressionne. Mon coeur se débat, nerveux de sa présence. J'aimerais être comme elle, du bout des doigts au coeur solide. J'esquisse un sourire qui se perds derrière mes cheveux, seule barrière entre elle et moi. J'ose à peine regarder ce qui nous entoure. Peut-être verra-t-on que je rougis inévitablement en sa présence, que j'arrive à peine à articuler quoi que ce soit de cohérent. C'est Benny tout craché, alors qu'elle n'a probablement pas envie d'être là. Tara a probablement mieux à faire que de se déplacer pour me souhaiter joyeux anniversaire.

    « On a fait ça avec Benny, mais il avait un rendez-vous aujourd’hui, alors… »


Oui, Benny et cette façon qu'il a de tenter nous rapprocher. Je pense qu'il se sentira moins coupable de mourir s'il ne nous abandonne pas seules. C'est ridicule. Tara me coupe le souffle, me fait presque peur, mais jamais elle ne sera Benny, jamais je ne pourrais lui parler comme à lui. C'est impensable. Je voudrais lui dire d'oublier que j'existe, que ça n'en vaut pas la peine, que c'est Benny qui se fait des idées, qu'elle n'a pas à passer du temps avec moi.

    « Je sais que tu passerais probablement au centre ce soir, mais j’me disais que ça ferait moins, eh, « bizarre » que de te faire fêter là-bas… C’pas très gaie comme endroit… »


Je souris, parce que ça me fait quelque chose qu'elle ait simplement pensé à tout ça. Mon nez se fronce parce que je ne sais pas comment réagir. Benny dit tout le temps qu'il peut lire ce que je pense sur mon visage. J'espère simplement ne pas être aussi transparente face à Tara. Ce serait le comble de l'idiotie. Je m'inquiète pour rien. Je ne vois pas pourquoi Tara en aurait quelque chose à faire de tout ça. Elle est tellement plus forte, plus confiante, que moi. J'envie cette façon qu'elle a d'être elle-même sans disparaître. Je m'ose à parler, parce qu'elle semble attendre.

    « Oh . . . n'importe où serait plus gaie qu'ici . . .»


Me contentai-je de répliquer. Les yeux à nouveau collés à mes chaussures. Gaie . . . gay . . . non . . . enfin . . . Je secoue un peu ma tête, histoire de secouer les idées qui s'y forment et qui s'accrochent à l'intérieur. Je ne veux pas que Tara pense que, pas que je pense qu'elle . . . ouais, la voilà, devant cette école qui me tire vers le bas. Mes lèvres ont oublié comment parler, c'est comme ça quand elle est dans les parages. J'hésite entre mes souliers et son visage. Un regard discret, un seul. Je ne sais pas si ça s'explique. Benny a probablement compris mieux que moi, grand gamin qu'il est, avec ses manigances et cette propension à ne garder que les secrets les plus importants.

    « Je . . . enfin . . . ailleurs, quoi. »


Concluais-je, espérant qu'elle comprends mon envie de laisser derrière moi cet enfer. On peux marcher un peu, peut-être, si elle n'a rien de mieux à faire. Je fais un pas, espérant qu'elle en fasse un dans la même direction. J'esquisse un sourire qui se perds sous une mèche de cheveux. Je la regarde à travers ma frange, incapable d'en détacher mes yeux.

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