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 MAX&LUYA&SCOTT ∞ locked hearts and hand grenades

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MessageSujet: MAX&LUYA&SCOTT ∞ locked hearts and hand grenades   Sam 8 Déc - 12:17



∞ LOCKED HEARTS AND HAND GRENADES ∞


Primo. Ses vacances passées à Los Angeles, lui permettant de retrouver Thomas et Scott.
Deux hommes dont elle se sentait extrêmement proche et qui avaient su prendre une place indispensable dans son cœur. Elle aimait le premier comme un frère, et le second comme son meilleur ami. Ils étaient les seuls à la connaître par cœur, la comprendre et surtout, à savoir la réconforter en cas de besoin. Personne d’autre ne pouvait entrevoir ses faiblesses. Max avait toujours su garder ses émotions et ses ressentis pour sa petite personne. Pleurer semblait être un mot inexistant dans son vocabulaire et pourtant… Elle en avait versé des larmes, à la fin de son histoire avec Scott. Elle en avait versé bien davantage, quand elle avait cru que Thomas allait mourir dans ses bras, touché par une balle en pleine guerre irakienne.
Les deux lieutenants-colonels étaient connus sur toute la base. Généralement, peu d’unités se retrouvaient avec deux chefs du même rang. Mais les hauts gradés avaient fait une exception pour Lennox et Henley, parce qu’ils formaient un duo sans faille. Ils se comprenaient au moindre regard, sans avoir besoin de prononcer un seul mot. Ils partageaient des tactiques et des manières de fonctionner similaires en tous points. En somme, ils géraient leur équipe comme personne. Et ils étaient surtout inséparables…
La vie avait malheureusement décidé de les séparer. Après une blessure grave, Thomas était parti de l’Armée pour entamer une carrière au sein d’une agence gouvernementale. Quant à Scott, auparavant infirmier dans la même branche, il n’avait pas tenu le coup et s’était engagé dans le civil. Max ne s’était pas très bien accommodée de ces deux changements, au début. A l’époque, elle avait énormément de mal à imaginer son existence sans voir ses deux amis les plus proches quotidiennement. Elle avait toutefois bien du accepter qu’ils ne reviendraient pas… Et à partir de cet instant, les appels, les mails et les SMS s’étaient mis à fuser de toutes parts.
Ce n’était largement pas suffisant. Aujourd’hui, elle ressentait un immense bonheur car ce congé lui donnait l’opportunité de les revoir plus souvent et de rattraper le temps perdu.

Secondo. L’arrivée de sa demi-sœur dont elle ignorait l’existence.
Qui aurait cru que son paternel avait mis une femme enceinte presque dix-huit ans plus tôt, au cours d’une aventure d’un soir ? Amber Grazia venait pourtant de débarquer dans la vie de Max, clamant haut et fort qu’elle était sa demi-sœur cachée.
Cette adolescente faisait face à de nombreux problèmes, comme la brunette avait pu le constater au fil des jours, puis des semaines. Pourtant, elle avait la terrible impression de ne pas en savoir la moitié sur Amber. Mère – et père biologique ! – en prison, elle avait été trainée dans plusieurs familles d’accueil mais finissait toujours pas revenir au foyer suite à divers abus. Et après ? Les choses restaient floues, mais Max ne voulait pas brusquer sa demi-sœur. Elle lui parlerait quand elle serait prête.
En attendant, et malgré les disputes constantes, elles s’étaient trouvé quelques points communs. Thomas s’amusait souvent de la situation en disant que la ressemblance était surtout flagrante au niveau de leur sale caractère. Toutes deux bornées, renfermées dès qu’on parlait sentiment, et surtout, sanguines et impulsives. Avec en prime, le fameux syndrome du claquage de porte dès que leurs nerfs se mettaient un peu trop en pelote.
Max ne savait pas comment se débrouiller en se retrouvant tout à coup avec une adolescente sur les bras. Elle n’avait pas d’enfant, et se croyait fille unique jusque là. Comment se comporter ? Quelles règles imposer ? Où se trouvaient leurs limites ? Mais avec l’aide de Thomas, les choses se passaient de mieux en mieux désormais. Et aujourd’hui, Max était sûre d’une chose : elle aimait Amber. Elle l’aimait d’un amour sincère, fraternel, fort. Et elle se jurait de toujours être à ses côtés.

Tertio. Le retour de Shane, l’homme qu’elle aimait, qu’on lui avait arraché et qu’elle avait même fini par enterrer.
L’enlèvement de son coéquipier de l’armée et les mois qui suivirent furent sans aucun doute les plus durs de toute son existence. Elle l’avait cherché, sans relâche, allant jusqu’à fourrer son nez dans les affaires d’insurgés vraiment dangereux. Max avait remonté la moindre piste mais faisait chou blanc à chaque fois. Elle avait finalement du se rendre à l’évidence, poussée par ses collègues et ses supérieurs : Shane était mort et ne reviendrait jamais. A vrai dire on ne lui avait pas laissé le choix : soit elle arrêtait et se reprenait, soit on la mettait gentiment à la porte. Alors, la jeune femme s’était pliée aux règles. Ils avaient peut-être raison, après tout…
Quelques jours plus tôt, Shane était revenu. Gardé prisonnier durant plusieurs années, il avait réussi à s’enfuir et s’était démené pour rejoindre les Etats-Unis. Inutile de préciser que lorsqu’il frappa à la porte de Max, la surprise fut immense. A un tel point qu’une fraction de seconde, la Colonel crut bien qu’elle allait s’évanouir. N’avait-elle pas posé sa main sur la tombe de Shane ? Ne lui avait-elle pas dit au revoir, consciente qu’il était enfin temps qu’elle continue son chemin, même si ça devait être sans lui ? Et il se tenait devant elle, bien vivant…

Oui, pour ces trois raisons, Max aurait du se sentir la femme la plus heureuse au monde, actuellement. Elle n’en revenait encore pas, de toute cette chance. Elle pouvait enfin s’éloigner du boulot pour revoir ses amis, une sœur dont elle avait toujours rêvé était tombée du ciel et l’amour de sa vie qu’elle croyait mort refaisait surface. Il y avait de quoi être jaloux. Il y avait surtout de quoi hurler de joie et commencer à voir l’existence en rose bonbon plutôt qu’en gris terne.
Seulement il y avait un hic. Les retrouvailles avec Shane ne s’étaient pas vraiment passées comme prévu. Longtemps, Max en avait rêvé éveillée – ou pas. Elle le serrait dans ses bras, lui avouait tout ce qu’elle n’avait pas eu le courage de lui dire auparavant, il exprimait la réciprocité de ses sentiments, et ils pouvaient enfin commencer leur propre histoire.
Mais Shane avait changé. Bien sûr, la brunette ne pouvait clairement lui en vouloir : il avait vécu des choses horribles durant sa captivité. Normal qu’il ait perdu de son humour, qu’il soit devenu plus renfermé, que les magnifiques traits de son visage se soient durcis. Il y avait quelque chose de cassé en lui, irrémédiablement. Et Max avait peur. Elle lui avait pourtant juré que ça ne changerait rien et qu’elle l’aimait toujours autant. C’était vrai. Toutefois, le serait-ce encore dans un, trois ou dix ans ? Elle ne pouvait se voiler la face indéfiniment : il n’était plus l’homme dont elle était tombée amoureuse, et elle était incapable de dire si ce nouveau Shane lui plairait autant. Ca la rendait littéralement malade.

Max avait besoin d’en parler à quelqu’un. Normalement, elle se serait tournée vers Thomas, et elle le ferait sans aucun doute sous peu. Mais le premier à savoir comment elle se comportait dans une relation amoureuse n’était pas son frère de cœur : c’était Scott. Attrapant son manteau, son écharpe et les clefs de sa voiture, prise d’une forte impulsion de se confier tout de suite, comme si retenir tous ses doutes finirait par la faire imploser, elle quitta l’appartement et prit la route.
Mais Scott n’était pas là. Infirmier à l’hôpital, il avait des horaires aléatoires, tout comme la durée de ses services. Serait-il à la maison dans une, deux ou quatre heures ? Max soupira. Elle lui envoya un texto, ayant peu d’espoir de recevoir une réponse dans la seconde. Pourtant, elle reçut immédiatement un SMS de sa part – le hasard avait sûrement voulu qu’il soit en pause au même instant – l’informant qu’il serait de retour chez lui d’ici une bonne heure et demie. Parfait, elle pouvait l’attendre. Fouillant dans son sac à main, la Colonel en sortit un petit trousseau regroupant deux clefs – celles de l’appartement de Scott. Puisqu’il ne tarderait plus, autant patienter directement sans son salon. Il n’en serait aucunement dérangé et cela lui éviterait un aller-retour inutile. Sans compter qu’elle n’avait pas envie de retournez chez Thomas. Shane pouvait la rejoindre là-bas, alors qu’il ne viendrait pas la chercher ici. Aussi étrange cela puisse paraître, elle ne voulait pas le voir, elle ne désirait pas lui parler non plus. Pour l’heure, elle n’avait qu’une envie : discuter de cette situation avec Scott et se laisser conseiller sur la marche à suivre. Car seule, elle ne s’en sortirait pas.

La brunette se reposait sur le sofa, en mode zapping, lorsque la sonnette retentit. Elle n’était pas chez elle et ne savait pas si elle devait simplement faire la sourde oreille ou répondre. Dans un premier temps, elle décida de se faire silencieuse puis réalisa que le son de la télévision la trahissait. Alors, elle se leva et ouvrit. Un jeune homme brun lui faisait face, les yeux ronds comme des soucoupes : il ne s’attendait sûrement pas à l’apercevoir… Sans lui laisser le temps de s’exprimer, Max esquissa un sourire poli avant de prendre la parole. « Je suis désolée, Scott n’est pas encore rentré. Je crois qu’il passera la soirée à l’hôpital, vous pourrez revenir demain matin, » mentit-elle. Ce soir, son meilleur ami était à elle et personne d’autre, elle avait bien trop besoin de lui parler. Et tant pis si ça l’obligeait à faire ce qui n’était pas du tout son genre, à savoir, mentir…


Dernière édition par Maxine S. Lennox le Jeu 20 Déc - 23:09, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: MAX&LUYA&SCOTT ∞ locked hearts and hand grenades   Dim 9 Déc - 13:56

Sept heures. Luya quittait tout juste son poste, les yeux rouges et le cerveau tournant au ralenti. La nuit avait été longue au point qu’il ait à présent du mal à déboutonner sa chemise. Pourtant, le jeune homme n’avait pas eu grand chose à faire (ou moins que d’habitude). Il s’était parfois contenté d’observer sa montre pour essayer de déterminer quelle aiguille allait finir par emporter cette course folle. Mais par-dessus tout, Luya avait surtout eu le temps de laisser vagabonder son esprit - et dans son cas, c’était un mauvais présage. Se permettant de faire le bilan de sa misérable vie, il avait des pensées pessimistes et mélancoliques, et ne songeait plus qu’à une seule chose : oublier. Il n’était pas rare que le jeune Luya se rende dans le premier bar du coin pour descendre quelques verres et apaiser toutes les tortures mentales qu’il se faisait subir. En général, la situation semblait plus appréciable pendant une heure ou deux - mais une fois rentré, la tête vidée de tout et l’estomac trop rempli, Luya se rendait compte bien malgré lui qu’il avait surtout besoin de quelqu’un pour l’aider. C’était dans ces moments là qu’il allait frapper à la porte de Scott, persuadé que seul l’infirmier parviendrait à lui faire retrouver un semblant de confiance en lui.
Le veilleur de nuit était donc toujours posté devant son casier, l’air triste et le regard lointain. Pourtant, tous les éléments étaient réunis pour qu’il se réjouisse de chaque jour. Il avait un job qu’il semblait apprécier, une famille agréable, un toit et assez d’argent pour pouvoir se nourrir. Sans oublier le fait qu’il était évidemment en pleine santé - même si c’était difficile à croire à en juger par les traits fatigués de son visage. Alors pourquoi avait-il sans cesse besoin de se réfugier dans cet espèce de chagrin ? Car cela n’avait rien à voir avec une quelconque nuit de travail qui l’aurait affaibli au point de voir tout en noir. Au contraire ; c’était constant. Depuis qu’il avait eu l’âge de comprendre que quelque chose ne fonctionnait pas correctement chez lui, cette noirceur n’avait cessé de l’envahir sans crier gare, l’obligeant presque à commettre certains actes irréversibles. Le torse découvert, il n’avait qu’à baisser la tête pour examiner la cicatrice qui lui barrait la poitrine, trace indélébile de son mal-être. Jusqu’à présent, il n’y avait que Scott qui l’avait vu et le trentenaire n’avait encore jamais osé interroger Luya à ce propos. Une fois prêt à partir, le garçon quitta son lieu de travail sans prendre la peine de saluer ses collègues. Par principe, il refusait de tisser des liens avec qui que ce soit. Seuls les membres de sa famille (puisque Luya n’avait pas vraiment eu le choix) et Alessia avaient obtenus ce privilège, après bien des efforts de sa part. Son sac à dos nonchalamment posé sur son épaule, il fit signe à un taxi de s’arrêter.

Huit heures. Luya était assis au comptoir de la cuisine, le regard plongé tout au fond de son bol de lait chaud. Rien de tel que l’odeur du breuvage pour lui remonter le moral. Depuis sa plus tendre enfance, il adorait cette senteur particulière, rêvant parfois de pouvoir se parfumer avec. Inconsciemment, cela devait lui rappeler le sein de sa mère... Un bout de pain frais dans la main droite, tous les ingrédients du petit-déjeuner parfait était réunis devant lui. Pourtant, il manquait encore quelque chose... Debout, dans l’encadrement de la porte, sa mère le regardait tendrement. Vêtue simplement de son peignoir, elle venait tout juste de se réveiller, le visage embrumé et les cheveux ébouriffés. Elle s'avançât doucement pour venir prendre les mains de son fils de l’autre côté du comptoir, et d’une même voix, la mère et son enfant récitèrent le bénédicité. Ainsi, Luya pouvait alors déguster ces maigres denrées en les appréciant comme s’il était dans un grand restaurant. Le pain craquant sous sa dent rompait alors le silence monacale qui régnait dans la pièce, tandis que le jeune homme songeait à Adam, son grand frère. Ce dernier devait encore trainer au lit, conscient que s’il descendait trop tôt, il devrait également s’adresser au Seigneur - chose qu’il refusait catégoriquement depuis qu’il avait atteint la majorité. Luya, quant à lui, ne ratait jamais une occasion de prier, un coin de son esprit toujours occupé par Dieu. Il ne se souvenait pas avoir raté la messe une seule fois dans sa vie, toujours prêt le dimanche matin pour se rendre à l’église en compagnie de sa mère ; et de son père, lorsque celui-ci voulait bien honorer le reste de la famille par sa présence. Parfois, Luya se demandait s’il n’avait pas embrasser toutes ces croyances dans le seul but de pouvoir partager du temps avec ses géniteurs, plus occupés par la religion que par leurs enfants. Mais même lorsqu’il se retrouvait seul, le culte faisait partie intégrante de sa personnalité et il ne pouvait s’empêcher de lever les yeux vers le ciel pour s’offrir à lui. Ilene ne posa pas une seule question lorsque son fils quitta la pièce pour aller rejoindre son lit, consciente que sa nuit avait du être longue et qu’il méritait de se reposer. Elle se contenta simplement de laver le bol qu’il venait d’utiliser avant de s’attabler à son tour.

Dix-huit heures. Luya était toujours plongé dans le noir de sa chambre lorsque son grand frère vint l’extirper difficilement des bras de Morphée. La voix d’Adam était lointaine et semblait résonner dans le pauvre crâne endormi de Luya. « Oh! Bouge-toi! ». Dans un effort surhumain, le jeune homme parvint finalement à ouvrir les yeux, comme si cela l’aiderait à entendre convenablement ce qui se tramait réellement autour de lui. Adam était bien là, au bord du lit, le secouant comme un prunier. « Ça fait trois heures que je t’appelle! Ça te dit un ciné ou pas? ». Dans un grognement incompréhensible, le plus jeune des deux frères finit par répondre quelque chose comme « J’ai une tronche à aller au ciné?! » avant de tourner le dos à son frangin. Adam disparut aussi rapidement qu’il était arrivé, sans dire un mot de plus et sans prendre le soin de refermer la porte derrière lui. Puisqu’il avait été extirpé violemment de ses songes, Luya savait pertinemment qu’il n’allait pas réussir à retrouver le sommeil. S’arrachant difficilement de ses draps, il passa sa main dans ses cheveux, comme s’il avait besoin d’arranger sa coiffure pour se rendre jusqu’à la salle de bain. Il n’avait plus qu’une seule idée en tête ; prendre une douche qui parviendrait à le purifier avant d’aller souiller la demeure de Scott de ses désirs les plus obscurs. Mais d'abord, il fallait s’assurer que le beau blond était bien dans les parages ; il était hors de question que Luya traverse la moitié de la ville pour réaliser qu’il ne pourrait être satisfait ce soir. Un simple texto pour être sûr - et déjà Scott répondait « Viens après 20h » sans explication supplémentaire. C’était simple et efficace. Malheureusement, l’infirmier avait certainement oublié qu’on ne faisait pas attendre Luya Sparks car cela pourrait contrarier le petit rituel qu’il s’était imposé durant les trois dernières années. Le jeune homme rendait visite à son amant, faisait son affaire, disparaissait aussitôt pour se rendre dans la première église encore ouverte pour y réciter le Notre Père en insistant particulièrement sur les quatre dernières phrases. S’il n’avait pas déjà sali son corps à de multiples reprises, il se serait volontiers fait tatouer ce petit paragraphe... Comment pouvait-il réussir à vivre entre ce que la religion lui imposait et ce que la nature avait fait de lui ? C’était là le problème de Luya. Depuis le premier souffle jusqu’au dernier, il se boufferait inlassablement pour essayer de savoir quelle partie de son âme l’emporterait ; comme les aiguilles de sa montre qui se chassaient indéfiniment l’une et l’autre...

Dix-neuf heures et trente minutes. Luya avait appuyé d’un coup sec et brutal sur le petit bouton blanc de la sonnette comme il aurait pu presser la gâchette d’un revolver, et ainsi annoncer la sentence qu’il réservait à Scott s’il ne venait pas lui ouvrir. L’infirmier n’avait jamais eu le choix et il ne l’aurait certainement jamais. Après tout, en trois ans, les deux amants ne se voyaient que quelques rares soirs dans la semaine sans déterminer les rendez-vous à l’avance. Le crime que Luya venait commettre en ces lieux ne devait jamais être prémédité, sans quoi on pourrait facilement remonter jusqu’à la source de ces méfaits. Leurs étreintes, si on pouvait se permettre de les appeler ainsi, devaient restées secrètes et cloitrées entre les quatre murs qui se trouvaient juste derrière cette porte. Mais lorsqu’elle s’ouvrit, Luya n’eut pas la même réaction que la dernière fois. Scott n’était pas là et c’était une jeune femme brune qui lui faisait face. « Je suis désolée, Scott n’est pas encore rentré. Je crois qu’il passera la soirée à l’hôpital, vous pourrez revenir demain matin. » Pardon ? Avait-il mal compris ? Le regard surpris de Luya changea du tout au tout, devenant à présent plus dur et froid. Scott avait-il décidé de mettre fin à leur aventure en lui expédiant la première venue ? Ou l’avait-il justement envoyée pour accueillir le garçon en attendant qu’il rentre du travail ? La deuxième solution semblait être largement plus plausible. Ce devait être une collègue ou une amie à qui il avait donné les clés de son appartement pour qu’il puisse se mettre à l’aise jusqu’à vingt heures ou plus. Luya se contenta alors de répondre « C’est moi qu’il attend » de la manière la plus naturelle qui soit, persuadé que la brunette allait rapidement comprendre de quoi il s’agissait. Sans attendre qu’on lui fasse signe d’entrer, le garçon fit un pas en avant et ôta son blouson avant de le laisser trainer sur la chaise qui se trouvait non loin de là. Il ne prit pas la peine d’ajouter quoi que ce soit (il n’était pas là pour sympathiser avec la nouvelle concierge de Scott) et se dirigea simplement en direction du salon pour aller s’affaler dans le canapé de son amant - canapé sur lequel il n’avait pas l’habitude de faire la sieste ou de regarder la télé...
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MessageSujet: Re: MAX&LUYA&SCOTT ∞ locked hearts and hand grenades   Lun 10 Déc - 12:16

Ouvrir cette porte avait été une mauvaise idée. Max ne connaissait pas la personne qui lui faisait désormais face dans l’encadrement, mais une chose était sûre : il ne s’attendait absolument pas à se retrouver devant une jeune femme. Son expression ne laissait planer aucun doute, et la Colonel se sentit soudain extrêmement mal à l’aise. Squatter chez Scott n’avait rien d’une habitude, bien au contraire. Depuis que son ami s’était enquis de lui remettre les clefs de son appartement « au cas où », Max ne les avait que très peu utilisées. Jusque-là, sa carrière militaire lui prenait presque tout son temps. Ses visites à Los Angeles étaient aussi courtes que rares, d’autant qu’à l’époque, Thomas ne s’y trouvait pas encore, lui-même sujet à de nombreux déplacements professionnels. La brunette ne passait que pour retrouver Scott et ne restait généralement pas plus de quelques jours. Lorsqu’il devait travailler, Max ne restait pas enfermée et sortait bien souvent en même temps que lui dans le but de se balader un peu. Après tout, elle avait de nombreux souvenirs dans la Cité des Anges…

Cet endroit représentait en quelque sorte son second foyer. Même si elle avait vécu de très mauvaises choses à Los Angeles, Max devait bien admettre que toute cette période n’avait pas été complètement noire non plus. Son père et elle avait emménagé dans une maison en banlieue résidentielle, espérant que ce changement d’atmosphère les aiderait à se reconstruire. Leur mère et épouse venait de se faire tuer au cours d’une mission, et Max était encore si jeune. Elle faiblissait chaque nouveau jour sous le regard de son géniteur : pleurs incessants, refus de s’alimenter, enfermement, silence presque total… La brunette avait toujours été plus proche de sa mère, et la perdre représentait pour elle un chagrin insurmontable. Et puis il y a eu Los Angeles, radicalement différente de Carlisle Barracks où les Lennox avaient toujours vécu. Peu à peu, Max avait repris de l’énergie mais surtout, une volonté de passer outre cette épreuve, de reprendre goût à la vie. Sans compter que grâce au « travail » de son père, tous deux vivaient dans un bel endroit. Ils n’étaient pas exceptionnellement riches mais ne manquaient de rien pour autant et pouvaient même se permettre quelques extras. Jusqu’au jour où le rêve devint cauchemar… Et que des policiers frappèrent à leur porte, embarquant Mr Lennox pour ses crimes. Ce fut là que Max quitta définitivement L.A. pour retourner en Pennsylvanie. Pour autant, une partie de son cœur resterait toujours ici, sur les côtes californiennes… Et revenir lui inspirait toujours autant de bonheur que de mélancolie.

Au cours de ses visites, jamais encore elle n’avait eu à répondre au téléphone ou à la porte pour indiquer que Scott était absent. L’étonnement que Max pouvait lire sur les traits du jeune brun la fit douter. Elle n’avait pas envie que sa présence pose un problème, que les gens se mettent à poser des questions en se demandant quelle femme il connaissait assez bien pour la laisser chez lui en dehors de sa propre présence. Et puis, elle n’avait pas non plus envie que ça remonte aux oreilles d’un éventuel petit-ami. Après tout, même si Scott se confiait beaucoup à Max, il pouvait très bien être dans une relation stable en ce moment-même – ça ne pourrait lui faire que du bien – et attendait justement sa prochaine visite afin de lui en parler. La Colonel ne voulait pas semer la pagaille au sein de son existence. Normalement, elle ne devrait pas tellement s’en inquiéter – ça sonnait un peu comme de la paranoïa d’imaginer ce genre de problèmes simplement en répondant à une foutue porte – mais Max connaissait les gens. Ils parlaient beaucoup, lançaient des rumeurs, et les conséquences pouvaient être terribles. Elle l’avait vécu quelques mois plus tôt seulement avec l’un des hommes de la base. Injustement accusé, la preuve de son innocence avait mis trois semaines avant de faire surface et entre temps, il était devenu le paria de tout Carlisle Barracks. Il avait fini par quitter l’armée.

Max décida de ne pas vraiment s’étaler – c’était pour le mieux – et se contenta d’annoncer à l’inconnu que Scott ne serait de retour que dans la soirée et qu’il pourrait revenir le lendemain matin. Elle mentait ouvertement et ce n’était pas du tout dans son caractère. D’une manière générale, son entourage la trouvait même bien trop franche et lui reprochait parfois un certain manque de tact. Max ne s’embêtait pas avec les futilités et arrondir les angles était une prouesse relativement difficile en ce qui la concernait. Si on lui demandait son avis, elle le donnait tel quel. C’était sans aucun doute le genre de « qualité » qui avait plu à ses supérieurs. Aujourd’hui, Max était une femme de trente-deux ans seulement et déjà Colonel. Ses talents sur le terrain ne pouvaient pas en être la seule et unique raison, savoir se battre et utiliser des armes ne suffisaient pas pour obtenir un grade aussi élevé. La personnalité pesait tout aussi lourd dans la balance. Pour une fois cependant, la brunette changea sa façon d’être car elle en ressentait un fort besoin. Si elle ne parlait pas à son ami de ce qui se passait en ce moment avec Shane, alors elle risquait de devenir complètement dingue. Elle devait partager ce poids qui pesait lourd sur ses épaules, et Scott était la personne toute désignée pour cela. Thomas n’en comprendrait pas certains aspects car tous deux n’avaient jamais été en couple. A l’inverse, Scott et Max étaient restés presque un an et demi ensemble et elle l’avait sincèrement aimé. Il saurait quoi dire. Il saurait quoi faire.

Mais l’inconnu ne l’entendait pas de cette oreille. Il s’avança pour entrer, déposa sa veste sur la chaise, et se posa dans le canapé comme s’il avait toujours vécu ici. Si Max n’avait pas été aussi abasourdie par sa déclaration, elle l’aurait retenu, seulement il était trop tard. Scott l’attendait ? De quoi parlait-il ? Il savait que Max était à son appartement, jamais il n’aurait invité quelqu’un d’autre… A moins qu’il s’agisse de son petit-ami actuel, le fameux qu’elle s’imaginait devoir rencontrer ? Impossible, lui aussi serait au courant de sa présence, et il se serait sans aucun doute comporté différemment. Au final, la brunette n’avait aucune idée de qui pouvait bien être cet intrus en manque de savoir-vivre, mais elle le découvrirait tôt ou tard. Jetant un coup d’œil à sa montre, elle fut soulagée de constater que Scott rentrerait bientôt. Au moins, il pourrait élucider le mystère. Mais pour l’heure, elle se retrouvait seule en compagnie d’un inconnu aux airs pas du tout sympathiques… Et inutile de préciser que ce genre de chose la mettait généralement bien en rogne. D’un pas décidé, elle rejoignit le sofa et se planta devant lui. Son regard semblait lancer des éclairs – et ça fonctionnait parfaitement bien sur ses soldats un peu trop rebelles. « Puisque vous avez l’air de bien prendre vos aises, et que vous n’avez certainement pas l’intention de quitter ces lieux avant que Scott ne revienne, la moindre des choses serait de me dire qui vous êtes, non ? »

Commencer en douceur. Après tout, elle avait peut-être tort de s’inquiéter et si elle en arrivait à se disputer avec cet homme, Scott risquait de lui en vouloir. Pour l’instant et bien que la situation l’agace au plus haut point, elle ne souhaitait pas se montrer trop désagréable. Bien sûr, elle ne jurait de rien et la suite des événements dépendrait de la réponse que lui fournirait l’inconnu. Max avait un énorme défaut : elle réagissait au quart de tour. On la comparait souvent à une bombe ambulante, capable d’exploser à la moindre étincelle. Thomas en avait par ailleurs fait son sujet de moquerie principal : quand ils avaient la vingtaine et étaient formés pour l’armée, il ne se passait pas un week-end sans que Miss Lennox mette un direct du droit à quelqu’un. Bien sûr, c’était justifié – elle ne voulait pas se faire renvoyer non plus – et il s’agissait souvent de types avec la langue bien pendue ou des mains un peu trop baladeuses, lorsque les élèves soldats allaient se détendre dans un bar. Une femme en uniforme pouvait exciter n’importe quel hétéro et certains se montraient simplement incapables de se retenir. A partir de cette époque, plus aucun de ses frères d’armes n’osa lui faire de remarque sur sa féminité. Et même si depuis, Max avait grandi et appris à se retenir davantage face à des situations de ce genre, elle restait une personne assez facile à énerver et à faire sortir de ses gonds. Chassez le naturel, il revient au galop, n’est-ce pas ?
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MessageSujet: Re: MAX&LUYA&SCOTT ∞ locked hearts and hand grenades   Mar 11 Déc - 16:53

L’espace d’un instant, Luya était seul dans le salon de l’infirmier et le jeune homme se permit de laisser vagabonder son regard autour de lui, comme s’il découvrait la pièce pour la première fois. D’ordinaire, il ne prenait pas le temps de s’attarder sur les détails de l’intérieur de Scott. Non seulement parce que c’était clairement le cadet de ses soucis, mais surtout parce qu’il avait mieux à faire lorsqu’il était ici. Bizarrement, le beau brun était plus à même de se souvenir du nombre de grains de beauté présents sur le corps de son amant plutôt que de l’agencement de l’appartement de ce dernier. Ainsi, l’endroit ne lui semblait pas particulièrement familier mais ce qu’il aperçut le mit à l’aise. La couleur pâle des murs était apaisante et l’ensemble du mobilier créait une atmosphère zen et agréable. Luya se surprit même à caresser un coussin qui se trouvait à portée de main, persuadé qu’il n’avait encore jamais touché une telle matière. S’il n’avait pas déjà passé la journée à dormir, le garçon n’aurait pas hésité à s’offrir le luxe d’une petite sieste. En face de lui, la télévision diffusait un programme dont il ne comprenait pas réellement le principe. Il fallait dire aussi que la famille Sparks n’avait jamais apprécié les émissions diffusées sur le petit écran ; ils privilégiaient la radio ou encore la lecture, s’évitant ainsi toute information superficielle. Luya se demandait même depuis combien de temps il n’avait pas utilisé une télécommande... Après tout, le bruit de fond n’était pas tout à fait désagréable et s’il avait été seul, il n’aurait pas attendu plus longtemps pour poser ses pieds sur la table basse et être plus à l’aise. C’était à se demander s’il n’allait pas proposer une soirée DVD à Scott quand il serait rentré, plutôt que la routine habituelle. Luya sourit à cette simple pensée. ll était hors de question qu’il se rapproche de Scott au point d’éprouver un quelconque sentiment à son égard. Les deux hommes avaient déjà partagé suffisamment de choses au cours des trois dernières années, il était inutile de s'embarrasser avec le romantisme qui allait souvent avec. Et puis, pour l’instant, Luya n’avait pas éveillé les soupçons de sa mère et d’Adam ; en s’autorisant d’autres moments avec son amant, il se jetait dans la gueule du loup, il en était convaincu.

Alors qu’il allait tendre la main pour récupérer le petit boîtier gris posé juste devant lui, il entendit des bruits de pas qui s’approchaient de l’endroit précis où il se trouvait. À force de trop penser, il avait réussi à oublier qu’il n’était pas seul. La jeune femme venait certainement s’assurer que tout allait bien et que Luya n’avait besoin de rien. Était-ce un plan établi par Scott dans le but de faire craquer le veilleur de nuit ? Peut-être avait-il employé cette inconnue pour le mettre à l’aise et satisfaire le moindre de ses désirs ? Avec un peu de chance, c’était Noël avant l’heure et le garçon pouvait s’offrir n’importe quoi. Les idées qui lui traversèrent l’esprit étaient pourtant loin d’être catholiques... Et s’il demandait à ce qu’on lui amène Scott sur un plateau et dans une tenue très minimaliste ? Finalement, tout ceci était plutôt alléchant voire excitant. Le beau blond n’aurait qu’à faire un pas dans l’appartement avant de se retrouver complètement nu...
Mais toutes ses pensées impudiques retombèrent comme des soufflets quand la soi-disante concierge se posta devant lui, le regard électrique. Elle semblait ne pas se préoccuper de l’écran que Luya regardait pourtant avec beaucoup d'intérêt, empêchant ainsi le jeune homme d’assimiler toutes les subtilités de ce jeu télévisé...

« Puisque vous avez l’air de bien prendre vos aises, et que vous n’avez certainement pas l’intention de quitter ces lieux avant que Scott ne revienne, la moindre des choses serait de me dire qui vous êtes, non ? »

Se tenant droit comme un piquet, on aurait dit qu’elle singeait un militaire au garde à vous d’une manière presque convaincante. Un peu plus et elle aurait pu impressionner Luya. Pour l’instant, il se contentait de soutenir son regard, espérant qu’elle prenne rapidement conscience des mots qu’elle venait de prononcer - la plupart des femmes n’avaient pas souvent la capacité de réfléchir avant de parler, trop influencées par toutes les hormones qui leur pourrissaient le sang... Mais celle-ci ne semblait pas vraiment se rendre compte et Luya finit par lui répondre au bout de quelques longues secondes de silence interminables.

« Je viens voir Scott et c’est vous qui m’ouvrez. Et vous voulez que je vous dise qui JE suis ? »

Le jeune homme ne put retenir un petit rire narquois alors que son propre doigt était pointé sur son torse. C’était définitivement la meilleure de l’année. Luya n’allait certainement pas révéler son identité aussi facilement ; et même s’il avait eu envie de le faire, il ne savait pas comment s’annoncer. Scott et lui n’étaient définitivement pas en couple et ils étaient loin d’être de simples amis. Et quand bien même il arriverait à définir sa relation avec l’infirmier, il ne souhaitait pas révéler ses préférences sexuelles à la première venue. Il n’allait tout de même pas dire qu’il était là pour faire son affaire... Et puis quoi encore ? Mais ce n’était pas vraiment la peine de se torturer l’esprit pour répondre à cet interrogatoire alors que la jeune femme n’avait même pas pris la peine de se présenter - et d’ailleurs, elle ne s’était pas non plus gênée pour l’envoyer paître au moment où elle avait ouvert la porte. Si Madame souhaitait à tout prix donner des cours de politesse, il fallait avant tout qu’elle se remette en question ! Si elle devait attendre que Scott soit de retour, très bien ; mais qu’elle le fasse en silence.
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MessageSujet: Re: MAX&LUYA&SCOTT ∞ locked hearts and hand grenades   Jeu 13 Déc - 13:44

De nombreuses fois, Max avait pu témoigner du manque de savoir-vivre de certaines personnes. Entrer sans attendre d’avoir été invité, voire carrément sans même avoir frappé à la porte. Poser son lourd postérieur sur un canapé ou sur une chaise et espérer une liste de boissons chaudes ou fraiches à disposition. Se mettre à parler de sa propre existence avant de prendre des nouvelles de ses hôtes – forcés, pour le coup. La liste pouvait s’étendre encore longtemps. Oui, la brunette avait déjà vu pas mal d’exemples de ses propres yeux à diverses occasions, mais jamais personne ne l’avait gonflée autant que cet inconnu, qui débarquait chez Scott et se comportait comme s’il était son colocataire attitré. Un court instant, avant de le rejoindre et de le confronter à nouveau histoire de mettre les choses au clair, Max l’observa depuis le hall. Confortablement installé dans le sofa, il semblait avoir l’intention regarder la TV jusqu’à ce que le réel occupant des lieux revienne de son travail. Pour un peu, la jeune femme s’attendait presque à ce qu’il lui ordonne de lui apporter une bière avant de lui retirer ses chaussures, et cette pensée – quoique totalement imaginée – acheva de la mettre en colère.

Pourtant, elle garda une voix calme et posée, bien que sèche, au moment où elle lui demanda son nom. C’était la moindre des choses oui, et encore… Il avait de la chance qu’elle s’en tienne là. Après tout, Scott était absent et elle l’attendait à son appart : jusqu’à ce qu’il rentre, elle en était entièrement responsable. Hors de question qu’un type dont elle ne connaissait pas l’identité reste sagement le cul posé dans le salon. S’il ne se montrait pas un tant soit peu coopératif, il allait très rapidement se retrouver dehors. Par ailleurs, Max avait beaucoup de mal à concevoir que Scott puisse être ami avec un homme aussi désagréable, ce qui faisait naitre en elle un doute certain. Et c’était bien connu : quand le Colonel Maxine Lennox avait un doute, elle s’en débarrassait le plus rapidement possible avec les moyens du bord.
Comme le brun ne réagissait pas et que son sang commençait à sérieusement bouillir dans ses veines, elle insista, haussant un sourcil. « Alors ? » Enfin, après de longues secondes, il lui répondit et appuya ses mots d’un rire sarcastique. Il était visiblement irrité de trouver une femme dont il ne savait rien chez Scott. Etait-ce si étonnant que ça ? Pensait-il que son « ami » n’avait aucune vie sociale en dehors de lui ? Un prénom traversa l’esprit de la brunette alors qu’elle faisait le tour des connaissances de Scott pour essayer de deviner. Et au même instant, son instinct lui souffla qu’elle venait de trouver la bonne réponse.

Luya. Max n’en savait pas plus sur lui et Scott ne lui avait jamais montré de photo. Une chose était pourtant certaine : cet abruti rendait son meilleur ami sincèrement malheureux. Ils se côtoyaient depuis trois ans environ, mais ne partageaient rien d’autre qu’une poignée d’heures occasionnelles, quand le fameux Luya en avait besoin. Ce dernier n’assumait pas son homosexualité et semblait fermé à toute officialisation de leur couple. Scott l’aimait, pourtant, et cette situation était loin de lui plaire. Il n’avait toutefois pas le courage de mettre un terme à ce que Max considérait comme une relation malsaine et destructrice. Justement, parce que Luya comptait trop à ses yeux.
Etait-ce lui sur ce canapé, osant la défier du regard sur une simple question ? Ce serait logique : il refusait de donner son nom parce que sa visite à Scott devait rester secrète… Et il avait peur de ce que Max pourrait faire de cette information. Et elle, comment était-elle sensée se comporter ? D’un côté, elle savait que Scott tenait à lui et ne voulait rien faire qui risquerait de semer la pagaille. Mais d’un autre, elle avait parfaitement conscience qu’il jouait avec les sentiments de son meilleur ami. Si Scott était trop amoureux pour ouvrir les yeux et l’admettre, Max elle, avait pu tirer ses propres conclusions suite aux nombreuses conversations sur le sujet. En un quart de seconde, sa décision était prise. Et tant pis si elle se faisait remonter les bretelles plus tard, elle n’agissait que dans l’intérêt de Scott.

« Très bien, » lâcha-t-elle, d’apparence toujours aussi calme, allant même jusqu’à esquisser un sourire. En un geste aussi précis que rapide, elle attrapa Luya par le col de sa chemise et laissa son poing de fer le soulever puis le trainer jusqu’à la porte. Elle le plaqua ensuite contre le mur et sans retirer son bras, afin qu’il reste coincé, elle approcha son visage du sien. Ses yeux lançaient des éclairs. « S’il y a une chose que je déteste, c’est qu’on me manque autant de respect sans raison. Tu débarques chez Scott et tu te permets encore d’entrer en faisant comme si je n’existais pas ? Tu me prends pour qui, pour sa femme de ménage ? C’est ta dernière chance de m’expliquer qui tu es et ce que tu fais ici avant que je te foute dehors, et crois-moi sur parole : si on en vient à cet extrême, tu risques de t’en souvenir encore longtemps. » Elle avait deviné son identité, elle savait qu’elle ne pouvait pas se tromper et que ce petit con n’était autre que Luya. C’était presque flagrant maintenant que l’idée lui avait traversé l’esprit. Mais Max voulait l’entendre de sa propre bouche. Comme ça, quand elle lui collerait son poing dans la figure pour ce qu’il faisait endurer à Scott depuis trois longues années, il en comprendrait les raisons.
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MessageSujet: Re: MAX&LUYA&SCOTT ∞ locked hearts and hand grenades   Jeu 13 Déc - 18:03

Luya n’eut pas le temps de dire «ouf» qu’il était déjà coincé entre le mur et la jeune femme, à deux pas de la porte d’entrée. Le poing de l’inconnue le tenait vigoureusement par le col tandis que leurs regards s'entremêlaient. Elle semblait bouillir de l’intérieur et les flammes de sa haine débordaient de ses yeux alors que Luya faisait tout son possible pour rester impassible, froid et dur comme la roche. Le dos toujours endoloris par le choc, il se retenait de témoigner une quelconque gêne pour ne pas faire croire à cette pauvre fille qu’elle avait définitivement le dessus sur lui ; car le garçon en était persuadé : elle n’avait encore rien vu. En simple spectateur de cet accès de folie, Luya observait le mouvement des lèvres de son interlocutrice sans vraiment prêter attention à ce qu’elle disait. Il n’avait pas été aussi proche d’une femme depuis des années. C’est alors que les images vinrent le frapper plus fort encore que les serres de sa geôlière... Cette chevelure brune et ce regard de braise, cette poigne et ce tempérament de feu... Était-ce possible ? Non, ce n’était pas elle. Et pourtant, le moindre détail du visage de cette jeune femme n’avait de cesse de lui rappeler la prostituée qui avait osé le souiller. La ressemblance était flagrante au point d’en être déroutante. Scott était-il à ce point généreux pour recueillir la première fille qu’il croiserait au détour d’un trottoir en rentrant du travail ? Si toutefois ces pensées n'avaient pas été le fruit de l'imagination tordue du jeune homme, elle se serait certainement souvenu de Luya et de son comportement violent ; ainsi, elle aurait immédiatement refermer la porte de l’appartement sans même lui adresser un mot... Non, son cerveau lui jouait des tours et il était temps que cela cesse. Le beau brun reporta immédiatement son attention sur quelque chose d’autre, avant que les nausées fassent leur apparition.

Il ne bougeait plus, comme si ses membres s’étaient raidis pour toujours, n’osant même pas se défaire de cette étreinte forcée. Il avait peur de la toucher, de sentir la chaleur de sa peau quand il agripperait son poignet pour la repousser. Il y avait quelque chose de maléfique chez les femmes qui mettait Luya particulièrement mal à l’aise et faisait ressortir tout ce qu’il y avait de plus mauvais en lui. Elles étaient perfides, cruelles et stupides. Après tout, c’était même écrit : Ève avait écouté le serpent et goûté au fruit défendu, faisant des femmes la principale plaie de ce monde. Luya les détestait certainement autant qu’il les craignait. Mais ce qui devait être de la haine n’était en réalité que de la frustration ; anéanti à l’idée de ne pas pouvoir honorer et aimer ces créatures comme la nature le lui avait pourtant dicté, le veilleur de nuit s’était convaincu de leur perversité pour pouvoir justifier son impuissance. Il détestait en elles tout ce qu’il ne pourrait jamais être. Le jeune homme serrait les dents, le souffle court. Il était pourtant loin d’être faible ; il se l’était prouvé en s’infligeant sa propre haine sur toute la largeur de son torse et en résistant aux nombreux sévices mentaux qu'il s’imposait. Il avait largement de quoi clouer le bec de cette petite idiote, mais il se refusait de se montrer sous son vrai jour alors que Scott était sur le point de rentrer. Si les rôles s’inversaient au moment où l’infirmier faisait irruption, Luya pouvait faire une croix sur sa soirée... S’il acceptait néanmoins de ne pas bouger, son amant le verrait comme la seule victime de cette dispute - qu’il n’avait rien fait pour déclencher, par ailleurs. Il était donc préférable de rester immobile, d'attendre simplement que cette pauvre cruche soit prise sur le fait... Pourtant, Luya fronçât les sourcils. À moins que son ouïe lui joue déjà des tours, elle l’avait tutoyé. Pourquoi avait-elle subitement décidé de changer de personne ? D’habitude, on utilise ce genre de registre avec quelqu’un que l’on... connaît. Merde. Elle avait tout compris. Il lui manquait quelque chose entres les jambes pour faire d’elle une personne respectable, mais ses neurones et sa matière grise semblaient fonctionner malgré tout. Scott était donc assez proche d’elle pour évoquer leur relation. Proche au point de la laisser toute seule chez lui... Finalement, le trentenaire ne l’avait pas envoyée ici ; elle était venue de son propre chef. C’était pire que tout ce qu’il aurait pu imaginer. Il sentait la colère prendre vivement possession de tous ses membres, mais il n’était pas question de céder maintenant. Il fallait à tout prix qu’il garde sa place de martyr.

« Fous-moi dehors, après tout je ne serai pas le plus triste... » Un petit sourire en coin vint tordre les fines lèvres de Luya. Sans même avoir fini de donner ses explications, il avait déjà l’impression d’avoir gagné la bataille. « Mais puisque tu as l’air d’avoir compris qui je suis - ou simplement ce que je viens faire ici - j’aimerais au moins rester pour voir la tête de Scott quand tu lui apprendras que tu m’as mis à la porte » Son sourire s’élargit. « Ce serait quand même dommage qu’il t’en veuille, tu ne trouves pas ? Surtout si je décidais de ne pas revenir avant un moment en prétextant avoir peur de sa chienne de garde... Le pauvre Scott aurait besoin d’une épaule sur laquelle pleurer... » Luya n’avait pas bougé et pourtant, il prenait autant de plaisir à lui répondre que s’il avait pu lui mettre une gifle. La meilleure défense des plus faibles était l’attaque, et la jeune femme avait agi sans connaître son ennemi, ni le type d’arme qu’il avait à sa disposition. « Et entre nous, tu dois en avoir assez d’entendre parler de moi depuis trois ans. Tu ne voudrais pas non plus t’entendre dire que c’est de ta faute si je ne suis plus là pour le... réconforter. » Le jeune homme avait pris soin d’insister sur le dernier mot de son laïus, jouissant de l’effet que celui-ci pourrait avoir sur son adversaire. Elle savait pertinemment que Luya s’était toujours joué des sentiments de Scott et que son malheur serait le cadet de ses soucis, pourquoi prétendre que ce n'était pas le cas ? Au contraire, c’était bien plus agréable d’assumer pleinement et de prouver qu’il contrôlait la vie de l’infirmier comme bon lui semblait. Et quand bien même elle tenterait de se mettre en travers de son chemin en évoquant plus tard cette conversation à coeur ouvert, elle ne faisait pas le poids contre lui : Luya n’avait qu’à promettre un petit-déjeuner en tête à tête à son amant, et tout ceci serait bien vite oublié. Il avait beau retourné la situation dans tous les sens en s’imaginant les pires scénarios qu’une femme pourrait mettre au point, le beau brun savait qu’il pourrait toujours venir pleurer dans les bras de Scott et ainsi le faire culpabiliser d’avoir une amie si peu... humaine. Toujours coincé entre le mur et la jeune femme, Luya dégustait cet instant, conscient qu’il n’était pas celui qui était pris au piège. À présent, il n’y avait plus qu’à prier pour que Scott soit sur le point de les rejoindre.
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MessageSujet: Re: MAX&LUYA&SCOTT ∞ locked hearts and hand grenades   Mer 19 Déc - 13:20

Elle ne connaissait de cet homme que son prénom et son occupation. Il bossait en tant que veilleur de nuit apparemment, bien que Scott ne lui ait jamais précisé dans quel genre d’endroit. Beaucoup de types d’établissements nécessitaient une surveillance constante. Max ne le voyait pourtant pas bosser pour un hôtel ou un hôpital – Luya semblait bien trop froid et désagréable pour être capable de supporter des clients exigeants, ou encore des patients. Elle ne s’était jamais vraiment posé la question et de toute manière, s’en fichait éperdument. Tout ce que la brunette était capable de voir, c’était que Luya faisait souffrir Scott depuis trois longues années maintenant. Pour ce dernier, leur relation méritait davantage d’efforts. Il était sans doute tombé amoureux, ou du moins avait-il envie de leur donner une réelle chance. Oui, Scott était fatigué de devoir se cacher, de toujours attendre après Luya pour se voir, et surtout, de se contenter du peu qu’il voulait bien lui donner. Max ne voyait qu’un seul mot pour décrire ce qui se passait entre eux : malsain. Scott comptait énormément pour elle, alors bien sûr, le voir dans une telle impasse était loin de lui faire plaisir. Plusieurs fois depuis qu’il était entré dans la vie de Scott, elle avait eu envie de mettre la main sur Luya et de le confronter. De lui faire comprendre que son ami n’était pas un pantin qu’il pouvait manipuler comme bon lui semblait. Et que s’il ne mettait pas un peu d’ordre et de sérieux entre eux, il ne resterait qu’une seule solution : couper définitivement les ponts. Pour que Scott puisse enfin trouver la bonne personne. Pourtant, Max n’en avait jamais rien fait. Au fond, elle se disait peut-être que ça ne pouvait pas être aussi terrible. Elle avait un espoir que Luya change… Et surtout, elle savait que s’en mêler risquerait de mettre son amitié avec Scott en péril. Oui, Max s’était contentée de jouer les observatrices, réfrénant son envie d’intervenir, par pur égoïsme.

Mais c’était terminé. Sa rencontre avec Luya venait de changer son point de vue. Surtout quand ce dernier, qu’elle tenait toujours coincé entre le mur et son propre corps, répondit avec provocation à ses menaces. Il avait deviné qu’elle connaissait son identité et par le fait, ne cherchait plus à se cacher. Au contraire, il retourna le couteau dans la plaie, en précisant que si elle le mettait dehors, Scott risquerait de ne pas être content. Surtout s’il décidait de ne plus revenir tant que son amant n’aurait pas fait un choix entre Max et lui. Lorsque Luya appuya ses propos, faisant clairement comprendre à la brunette qu’il tenait Scott et qu’elle ne pouvait strictement rien changer, Max sentit la colère monter en elle. Son sang bouillonnait dans ses veines et elle dut se faire violence pour ne pas lever son poing et l’abattre sur le visage de ce monstre. Clairement, il n’aimait pas Scott, il ne l’avait jamais aimé. Il se servait de lui pour assouvir ses pulsions secrètes, mais cela n’allait pas plus loin. Comment Scott, un homme qui, pourtant, avait du caractère, pouvait-il se laisser mener de la sorte ? Il n’était pas naïf, loin de là. Max ne voyait qu’une seule raison à toute cette mascarade : Scott se laissait volontairement faire parce qu’au fond, il ne pouvait s’imaginer sans Luya. Et bien, il allait devoir apprendre, qu’il le veuille ou non.

« Je me fiche bien de ce que pensera Scott, » se décida-t-elle à rétorquer, son regard assassin plongé dans celui de Luya, refermant sa prise sur le jeune homme – et tant pis si elle lui faisait mal ; ou au contraire, tant mieux, car il ne méritait pas moins. « Je tiens à son bien-être plus qu’à ce qui nous lie. J’ai déjà bien trop attendu. Cette relation destructrice se termine ce soir. Je suppose que tu ne sais rien de ce genre de sentiments, mais quand un aime quelqu’un, on le fait passer avant tout le reste. Alors détrompe-toi : savoir que Scott ne voudra plus me voir parce que je t’aurais tenu à l’écart de lui ne me fait absolument pas peur. Si c’est le prix à payer pour que tu le laisses enfin tranquille, je l’accepte sans aucun problème. » Max prenait des risques, toutefois elle savait que son éventuelle dispute avec Scott ne durerait pas. Dès lors qu’il se remettrait de cette séparation forcée, il lui pardonnerait car il verrait enfin la vérité en face : Luya n’avait jamais été fait pour lui. S’il n’était pas capable de l’aimer vraiment, alors il n’avait strictement aucune place dans son existence. Contrairement à Max, qui n’avait toujours voulu que son bonheur. A cet instant précis, la jeune femme n’était pas en train de trahir Scott. Elle était en train de lui prouver à quel point il comptait. Bien sûr, il se fâcherait au début, et ce serait dur à supporter. Cependant, elle était prête à souffrir en silence et attendre qu’il ouvre les yeux. Elle le ferait pour lui. Puis viendrait un jour où il se tournerait de nouveau vers la brunette, pour la remercier d’avoir mis un terme à quelque chose de foncièrement mauvais, alors que lui-même ne s’en sentait pas capable. Et Max lui répondrait que c’était ça, la réelle amitié. Que parfois, il fallait savoir prendre des coups pour l’autre.

Absolument certaine de sa décision, Max esquissa un sourire carnassier à l’attention de Luya. « Et je vais même te le prouver tout de suite, » lâcha-t-elle enfin. D’un geste, ses deux mains tenant fermement Luya, elle le traîna sur le dernier mètre qui le séparait encore de l’entrée. A nouveau, elle plongea son regard dans le sien, rapprochant leurs visages. Une technique d’intimidation qui fonctionnait excessivement bien avec les soldats – il fallait parfois monter dans les extrêmes, quand on était une femme et que l’on commandait des groupes majoritairement composés d’hommes. D’une voix sifflante, qui n’acceptait aucune réplique, elle donna ses ordres. « Je veux que tu sortes de la vie de Scott. S’il cherche à te joindre, ignore-le. Ou mieux encore, dis-lui que tout est terminé et que tu ne veux plus jamais le voir. Malheureusement pour toi, je suis à Los Angeles pour un long moment encore, et je veillerai à ce que tu m’écoutes. Et tu aurais tout intérêt à le faire : inutile de te dire qu’un Colonel dans l’armée a le bras plutôt long. » Evoquer son métier le déciderait peut-être à abandonner cet air suffisant et son envie de rébellion. Après tout, Max possédait de nombreux contacts tout aussi capables les uns que les autres de lui flanquer une bonne frousse. Elle n’était pas une meurtrière bien évidemment, mais il y avait des dizaines d’autres moyens de forcer Luya à quitter la ville, si le besoin s’en faisait ressentir…

En guise d’au revoir, elle se composa un rictus satisfait puis, d’une main, ouvrit la porte. Elle s’apprêtait à pousser Luya avec son autre bras pour le jeter dehors, mais fut aussitôt arrêtée. Scott se trouvait sur le pas de son appartement. Surprise, Max fut incapable de prononcer un seul mot. Résignée à ce que tout ne se termine pas forcément comme elle l’avait voulu, elle lâcha Luya à contrecœur, prête à défendre son point de vue face à Scott. Elle n’abandonnerait pas sans s’être battue, peu importe les foudres qui tomberaient sur elle. Ce n’était tout simplement pas dans son caractère… Et durant les moments de faiblesse, elle n’aurait qu’à se souvenir d’une chose : tout était dans l’intérêt de Scott uniquement. Prendre les coups pour l’autre quand il le faut, c’est ça la vraie amitié.
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MessageSujet: Re: MAX&LUYA&SCOTT ∞ locked hearts and hand grenades   Jeu 20 Déc - 15:45

"Dis Lou... Tu crois qu'on peut mourir de fatigue?" demanda Scott, poussant un soupir lorsqu'il fut finalement assis. Depuis qu'il était arrivé à l'hôpital il y a de cela quelques heures, il n'avait pas arrêté de bouger et c'était seulement maintenant qu'il se rendait compte qu'il ne pourrait plus tenir comme ça très longtemps. Qu'on ne s'y trompe pas, Scott adorait son job, peut être même un peu trop selon sa soeur, Dylan. Le blond ne rechignait jamais devant des heures supplémentaires et dès que son bipeur sonnait ou se mettait à vibrer, il ne réfléchissait plus, passant quasiment en pilote automatique, attrapant sa tenue de travail, ses clés de voiture avant de foncer à l'hôpital. Pourtant, au début, il s'était dit, certes très naïvement, que les choses seraient beaucoup plus simples dans le civil. Rien à voir avec l'armée où la plupart du temps, lui et toute l'équipe médicale manquait de temps et de moyens et devait se débrouiller pour raccommoder les soldats afin que ces derniers puissent retourner terminer leur mission ou même encore tenir quelques heures de plus. Il se rappelait encore très vivement de la première fois qu'il avait dû recoudre quelqu'un dans des conditions plus que précaires, il avait eu les mains tremblantes pendant plusieurs minutes après que quelqu'un d'autre ait pris la relève et il s'était dit que c'était beaucoup trop de sang. Bien sûr, ce sentiment lui été passé depuis et quand il avait passé son entretien d'embauche à Los Angeles et qu'on lui avait dit qu'il était beaucoup trop qualifié pour le poste qu'il désirait, Scott avait préféré jouer l'idiot, haussant les épaules et offrant son plus beau sourire au chef de service. Il était vrai que sur le front, Scott avait fait beaucoup plus de chose qu'un simple infirmier, mais il ne cherchait pas de reconnaissance particulière ou même à être promu. Il était juste là pour faire son job, ni plus, ni moins.

Sauf quand il était au bout du rouleau, autant émotionnellement que physiquement. Il avait passé une grande partie de la soirée au téléphone avec sa petite soeur Dylan, les Winston planifiant déjà leur anniversaire de leur mère et pensant au meilleur cadeau. Dylan voulait qu'ils tous partent en vacances, en Floride pendant une semaine. "Et puis ça te ferait du bien de prendre des vacances, hmmm? La dernière fois que je t'ai vu tu avais l'air si pâle..." Il y avait de l'inquiétude dans la voix de sa soeur et pendant un bref instant, Scott avait pensé à tout quitter juste pour quelques jours, être juste avec sa famille. "On pourrait même inviter Maxine." avait ajouté rapidement Dylan, bien décidé à convaincre son grand frère. C'était une proposition plus que tentante. Pouvoir se reposer, dire adieu à ses responsabilités, oublier Luya... Et ce fut bien à cause de lui qu'il refusa la proposition de sa soeur. Il commençait à se connaître par coeur et dès que Luya était concerné de près ou de loin, Scott agissait comme un addict qui avait besoin de sa dose. Il aurait bien été capable de lâcher toute sa famille, acheter un billet d'avion pour revenir à L.A. et être là pour l'autre homme. C'était malsain et tordu, mais c'était ainsi.

"Arrête de dire n'importe quoi Winston... Allez plus que deux heures à tenir... Tu peux même partir une demie heure avant, je ne dirais rien." finit par répondre Lou, s'asseyant à côté de lui. Elle venait de le sortir de ses pensées et Scott en était plus que content, il allait se rendre complètement fou à penser à Luya en permanence. "Merci, c'est vrai que ce serait super, j'ai l'impression d'être un zombie ces derniers temps." "Bienvenu au club." Scott eut un maigre sourire avant de sortir son téléphone portable de sa poche et de le rallumer. Il ne savait pas vraiment ce qu'il espérait. Des appels manqués de Luya? Probablement. Heureusement pour lui, c'était un sms de Maxine, cette dernière l'informant qu'elle se trouvait dans son appartement, Scott lui répondit aussitôt. Maintenant il avait une bonne raison de rentrer chez lui, Maxine le ferait se sentir beaucoup mieux et ce, rien que par sa présence. Il s'apprêtait à éteindre de nouveau son téléphone quand le nom de Luya s'afficha sur l'écran. Scott ne réfléchit même plus et ce fut presque instannément qu'il répondit "viens après 20h." ... Merde. Il n'allait tout de même pas foutre Maxine à la porte juste pour s'envoyer en l'air... Si? Scott se maudit intérieurement et se dit que peut être qu'avec sa meilleure amie dans les parages, il aurait le courage de dire non à Luya. Utiliser Maxine ainsi ne lui semblait pas être la meilleure des solutions non plus mais Scott en était certain, s'il voyait encore Luya partir de chez lui comme un voleur, ça allait le briser, il en était certain.

"Vu ta tête Winston, on dirait que tu as reçu un message de ton petit ami... Tu es enfin avec quelqu'un?" Scott ne put empêcher le rire noir qui quitta ses lèvres en entendant Lou. Luya son petit ami? C'était une phrase qui n'avait absolument aucun sens. "Crois moi c'est plus compliqué..." "Dommage pour toi... En tout cas moi j'ai rencontré le mec parfait. Exactement comme dans les films, en plus il est super mignon... Regarde!" Scott tourna la tête et quand ses yeux se posèrent sur la photo que Lou lui montrait, il resta bouche bée. Le mec parfait... Cela lui fit l'effet d'un véritable coup de poing dans le ventre et si Scott n'était pas aussi... surpris, il aurait pu déchirer la photo et dire à Lou qu'elle se plantait. C'était Luya. Son Luya. Mais réveille toi espèce d'idiot, tu vois bien qu'il te mène en bateau depuis trois ans. "Je... ma pause est finie." Scott détala du vestiaire aussi rapidement que ses pieds le lui permettaient, essayant de mettre le plus de distance entre lui et Lou. C'était stupide de réagir ainsi, il le savait, il aurait dû sans douter, il était juste beaucoup con. Il s'arrêta, respirant enfin, tentant de retrouver son calme. Il avait encore son service à terminer, allez plus qu'une heure et demie. Et Scott fut bien content de ne plus recroiser Lou, ne sachant pas vraiment comment il réagirait. Finalement, Scott put enfin s'éclipser, il retourna dans les vestiaires se changer. Et la journée n'était pas encore finie. Au volant, Scott grilla quelques feux rouges, il avait la tête ailleurs. Il pensait à Luya et à ses mensonges, Scott était pris au piège au milieu de tout ça, il voyait la sortie mais il n'osait pas la prendre. Que risquait-il dans le fond? Blesser Luya... Il commençait sérieusement à douter que ce dernier soit véritablement capable de ressentir quoi que ce soit.

Scott se gara tellement mal qu'il était certain qu'on viendrait taper à sa porte demain pour lui dire de bouger sa voiture mais il n'en avait que faire là tout de suite, tout ceci lui paraissant plus que futile. Quoi qu'il en soit, rien ne le préparait à ce qui l'attendait chez lui, il s'apprêtait à ouvrir la porte, s'effondrer dans les bras de Maxine et probablement y passer le reste de la soirée. Il tomba cependant sur Maxine qui tenait fermement Luya pour visiblement le jeter dehors. Elle le lâcha en voyant Scott pourtant ce dernier savait qu'elle n'avait que ses intérêt à coeur et il lui offrit un maigre sourire avant de déclarer. "Je suis certain que Luya s'apprêtait à partir... De toute façon, il doit avoir mieux à faire ailleurs, n'est-ce pas?" Il se tourna enfin vers Luya, tout ce qu'il ressentait pour lui, de bon comme de mauvais, se mélangeant et menaçant d'imploser à tout moment. Il attrapa une des mains de Maxine, ayant plus que jamais besoin de sa meilleure amie. "Lou doit t'attendre, je suis certain qu'elle meurt d'impatience de te voir." Il ne savait pas s'il était entrain de laisser tomber Luya, ni même s'il abandonnait, peu importe, dans tous les cas, il ne pourrait pas le supporter.
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MessageSujet: Re: MAX&LUYA&SCOTT ∞ locked hearts and hand grenades   Jeu 20 Déc - 22:59

En un instant, Luya perdit complètement le contrôle de la situation. Lui qui n’avait eu de cesse d’enchérir s’était fait bêtement avoir : Maxine semblait avoir de meilleures cartes que lui en sa possession, et elle ne manqua pas de les abattre rapidement pour que le jeune homme puisse apprécier pleinement sa défaite. « Je veux que tu sortes de la vie de Scott. S’il cherche à te joindre, ignore-le. Ou mieux encore, dis-lui que tout est terminé et que tu ne veux plus jamais le voir. Malheureusement pour toi, je suis à Los Angeles pour un long moment encore, et je veillerai à ce que tu m’écoutes. Et tu aurais tout intérêt à le faire : inutile de te dire qu’un Colonel dans l’armée a le bras plutôt long. » Elle ne l’avait pas frappé, et pourtant Luya aurait certainement préféré recevoir un coup de poing phénoménal de la part du Colonel plutôt que d’avoir à entendre une telle chose. À la limite, elle aurait pu lui faire un joli oeil au beurre noir, ou lui ouvrir l’arcade ; ce n’était rien face à la plaie qu’elle avait ouvert, quelque part dans les profondeurs de l’esprit de Luya. S’il avait été seul, il aurait immédiatement porté une main sur son torse à l’endroit exact où il avait déchiré sa chaire quelques années auparavant ; simplement pour vérifier qu’elle ne l’avait pas ouverte à l’aide du venin qu’elle venait de répandre sur lui. Finalement, elle n’était pas Ève, cette femme naïve qui se laissait bêtement tenter. Non, elle était le serpent, cette créature abjecte qui était à l’origine des troubles de l’humanité entière. Luya la maudit du regard, essayant de lui témoigner toute sa haine dans un simple coup d’oeil. Il ne savait pas encore ce qu’il allait faire sans Scott. À vrai dire, il ne s’était pas pleinement imprégné des propos de Maxine pour comprendre toutes les subtilités de son discours... Il avait seulement compris qu’il devait rester distant. Mais bordel, pourquoi les choses devaient être aussi compliquées ? Pourquoi n’y avait-il personne sur cette planète qui voulait bien s’attarder deux pauvres petites minutes sur tous les sentiments qu’il ressentait ? Même en trois ans, Scott n’avait jamais réitéré les quelques tentatives de rapprochement psychologique qu’il s’était permis au début de leur relation. Certes, Luya devait au moins reconnaitre qu’il n’était pas bavard et qu’il était particulièrement compliqué de lui tirer les vers du nez. Mais enfin, tout de même ! Il ne s’attendait pas à ce que Maxine soit indulgent avec lui, mais si elle ne l’avait pas poussé dans ses retranchements, il aurait peut-être réagi différemment et aurait fait l’effort de se montrer sous son meilleur jour. Mais au lieu d’essayer de se mettre trente secondes à sa place, on préférait le blâmer, c’était tellement plus simple. Maxine tenait le coupable idéal, et elle s’en donnait à coeur joie. Elle ne se doutait pas un seul instant qu’elle était en face d’une bombe à retardement qui était sur le point d’exploser. Alors que la jeune femme était plongée dans son propre regard, Luya en profita pour serrer les poings dans son dos. Le jeune homme n’allait certainement pas quitter le champs de bataille sans même se battre. Au moins, avant de disparaitre, il laisserait derrière lui un charmant petit cadeau, pour être certain qu’on se souvienne de lui. Mais il n’eut même pas le temps de riposter, Maxine le faisait déjà valsé hors de l’appartement sans qu’il puisse essayer de résister d’une quelconque manière...

Tout s’était passé beaucoup trop vite pour qu’il ait le temps d’analyser quoi que ce soit. Une seconde auparavant il était prêt à s’en prendre au joli minois du Colonel, et il se retrouvait à présent nez à nez avec... Scott. Merde. Luya espérait seulement que sa colère ne soit plus visible sur son visage. Ses poings s’ouvrirent alors subitement, comme si le regard du beau blond suffisait à rassurer Luya. Tout n’était pas encore perdu. Le trentenaire allait certainement prendre sa défense. Le jeune homme soupira, soulagé d’avoir enfin une bonne raison pour se débarrasser de celle qui l’avait soumis à un interrogatoire qui n’avait aucun sens. Si Scott n’avait pas aussitôt pris la parole, Luya aurait pu sourire. Mais à peine son coeur avait-il ralenti sa course folle qu’il repartait déjà à vive allure, chamboulé par les propos de son amant. « Je suis certain que Luya s'apprêtait à partir... De toute façon, il doit avoir mieux à faire ailleurs, n'est-ce pas ? » Luya fronçât les sourcils, ne comprenant toujours pas ce qu’il se passait aujourd’hui pour que tout le monde se mette d’accord pour lui en vouloir. Faire quoi, ailleurs ? Et puis avec qui ? Scott divaguait complètement ! En trois ans, Luya n’était jamais allé rendre visite à quelqu’un d’autre comme il avait pris l’habitude de le faire avec l’infirmier. C’était quand même la preuve qu’il était fidèle non ? Même si les choses n’étaient pas claires entre eux, on ne pouvait pas lui reprocher d’aller voir ailleurs. Alors pourquoi fallait-il que Scott lui tombe dessus à son tour ? Luya resta planté là, les bras ballants, abasourdi. Il n’y avait visiblement pas d’autre mot pour décrire le néant qui régnait dans son esprit. Et même s’il avait eu un peu de répartie, il n’aurait pas eu le temps d’en placer une, pris de cours par son amant qui continuait ses élucubrations. « Lou doit t'attendre, je suis certain qu'elle meurt d'impatience de te voir. » Le beau brun fit de gros yeux, refusant de croire ce qu’il venait d’entendre. Il connaissait Lou ? Le monde ne pouvait pas être aussi petit, ce n’était pas possible. Et pourtant, c’était bien la seule personne qui aurait pu provoquer le changement de ton soudain de Scott. Le veilleur de nuit ne se souvenait plus vraiment des circonstances de sa rencontre avec la fameuse jeune femme - il devait encore avoir trop bu au point de se croire irrésistible et de draguer la première venue. Sauf que les choses étaient allées beaucoup trop loin et que Luya n’arrivait plus à se dépêtrer de l’enfer dans lequel il s’était lui-même fourré. Combien de fois s’était-il retrouvé face à Lou, prétextant qu’il ne pouvait pas satisfaire ses désirs les plus secrets pour la simple et bonne raison qu’il se préservait pour le mariage ? Vaste blague qui lui permettait tout de même de faire croire à son entourage qu’il était tout à fait normal.

Une nouvelle fois, Luya sentit la colère l’envahir. Dévastatrice, incontrôlable. Puisqu’il ne pourrait apparemment plus remettre les pieds ici, il n’hésiterait pas à parler. Enfin. Au bout de trois ans, il était tout de même dommage d’avoir attendu une situation comme celle-ci pour être honnête. Mais toutes ces certitudes dans la bouche de Scott l’avait mis en rogne et il n’y avait plus moyen de faire marche arrière. Luya secoua doucement la tête de gauche à droite, désemparé devant la situation improbable dans laquelle il s’était encore emprisonné. Scott n’avait même pas essayé de comprendre, il avait directement tiré des conclusions saugrenues qu’il fallait éclaircir sur le champs. « Je rêve, dîtes-moi que je rêve... » L’idée que Maxine soit témoin d’une telle scène le dérangeait particulièrement, mais puisque Scott n’avait pas oublié de la mettre au courant de ses moindres faits et gestes, elle serait sûrement ravie d’assister à l’acte final de cette histoire prenante. « Attends... Tu me dis de venir ici... Déjà, je me retrouve avec un Colonel dans les pattes, et maintenant tu me parles de Lou ? Mais est-ce que ça t’arrive de réfléchir ? » C’en était trop. Sous ses airs durs et froids, Luya n’en était pas moins humain, et il s’était fait à l’idée de passer plusieurs nuits par semaine dans le lit de Scott. C’était même encore plus compliqué que ça. Il avait besoin de lui. Pas de quelqu’un d’autre, pas du premier venu qu’il aurait pu croiser dans un vieux bar glauque, mais de lui ! Et c’était ça le plus énervant : personne ne semblait avoir remarqué ce minuscule détail. « Est-ce que tu crois franchement qu’il se passe quoi que ce soit entre elle et moi, hein ? Ça ne te viendrait pas à l’esprit de te dire que c’est une couverture ? Juste une couverture !?... » Luya faisait les cent pas, se retenant de sauter au cou de l’un de ses deux interlocuteurs. « ... Pour qu’on puisse justement passer un peu de temps ensemble. » Le jeune homme s’arrêta net devant son amant, avant de reprendre, son doigt pointé vers le visage du trentenaire. « Et je t’en supplie épargne-moi avec tes longs discours où tu voudrais me voir plus souvent et compagnie... Parce que tu crois franchement que ça ne me fais pas envie, hein ? » Il se remit aussitôt à déambuler dans l’entrée, essayant tant bien que mal de ne pas envoyer le premier objet qu’il trouverait à l’autre bout du couloir. Dos aux deux amis, il plongea rapidement sa tête dans ses mains, comme pour reprendre son souffle... « Mais bordel qu’est-ce que tu veux à la fin ?! Qu’est-ce que tu veux que je te dise ? » Il aurait voulu lui dire qu’il pensait à lui sans arrêt, qu’il aurait préféré camper ici jusqu’à la fin de ses jours plutôt que d’avoir à supporter la torture qu’il s’infligeait quotidiennement ne serait-ce qu'une seconde supplémentaire. Mais les mots restèrent coincés au fond de sa gorge et finirent par remonter quelque part au bord de ses yeux. Il ne fallait plus qu’il se retourne ; personne ne devait se rendre compte de l’importance de la situation. Luya refusait de détruire les remparts qu’il avait dressé autour de lui pour protéger le lourd secret qui commençait à peser sur ses épaules, une fois de plus... Il était pris au piège. Immobile, il attendait maintenant qu’on le tire de cet appartement comme d’un mauvais rêve. Après tout, il ne pouvait même plus compter sur Scott ; il n'avait donc plus rien à perdre.
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MessageSujet: Re: MAX&LUYA&SCOTT ∞ locked hearts and hand grenades   Dim 23 Déc - 23:18

La jeune femme se contenta de garder le silence et de river son regard sur Scott, essayant de déterminer sa réaction. Au moins, elle le connaissait assez pour savoir qu’il ne l’accuserait de rien sans l’avoir entendue justifier son comportement hostile envers Luya. Ensuite, libre à lui de considérer ces explications comme suffisantes ou non, pour l’avoir trouvée en train de mettre son supposé petit-ami dehors – ce qu’il prenait sans aucun doute pour une mesure extrême, même venant d’une personne aussi impulsive que la Colonel. Mais bien évidemment, pour que cette dernière puisse échapper aux reproches, encore faudrait-il que Scott accepte de voir la vérité en face. Comment lui dire d’arrêter ces conneries sans qu’il ne s’emporte aussitôt ? Luya avait eu le culot d’avouer à Max qu’il manipulait le jeune infirmier depuis le début de leur relation, et l’avait fait sans montrer aucune honte. Cet argument, qui devrait pourtant peser lourd dans la balance, ne servirait pas à la cause de la brunette. La raison ? Scott le connaissait déjà. Il était parfaitement conscient que Luya l’utilisait comme bon lui semblait, et rien de plus. Mais il s’accrochait. Probablement dans l’espoir qu’un jour, l’homme dont il était tombé amoureux développe des sentiments plus profonds et veuille enfin prendre leur couple au sérieux. Max haïssait ce côté optimiste chez Scott. Il vivait une relation des plus malsaines, jouait à un jeu dangereux, et elle n’avait pas spécialement envie de le ramasser à la petite cuillère quand Luya prendrait idée de couper les ponts. Sans compter qu’il perdait son temps, car ils ne finiraient pas leurs vies ensemble. Max n’avait jamais été aussi sûre de quoi que ce soit d’autre.

Son esprit se torturait à trouver les mots justes avant que les interrogations ne fusent. Elle ne laisserait pas une telle occasion passer. De nombreuses fois, elle avait dit à Scott que ce Luya, bien qu’elle ne le connaisse qu’à travers lui, n’était pas l’homme qui lui correspondait vraiment. Au fil des conversations, Max l’avait parfaitement compris. Elle pouvait admettre qu’une relation puisse être purement physique au départ, et que l’amour naisse seulement après : beaucoup de personnes l’avaient vécu de cette façon à un certain moment de leur existence. Mais généralement, les choses ne prenaient pas des années pour changer ! Max avait toujours trouvé l’argument de Scott trop mince et surtout, trop « pratique » : que son partenaire ne veuille pas ébruiter son homosexualité était largement compréhensible, seulement il n’allait tout de même pas rester caché toute son existence. Il faudrait qu’il se jette à l’eau un jour ou l’autre, ne serait-ce que pour son propre bonheur. Et clairement, s’il ne voulait pas passer cette étape avec Scott, alors il ne l’aimait pas assez. Et ne méritait donc aucunement les sentiments que l’infirmier pouvait avoir à son égard. Voilà ce que Max s’acharnait à lui dire depuis un bon moment maintenant – et à ce stade, elle aurait eu plus de chances de se faire comprendre en s’adressant directement à un mur.

Bien qu’elle garde cela pour sa petite personne, elle souffrait aussi de cette situation. Comment pouvait-il en être autrement ? Scott comptait énormément à ses yeux. Aujourd’hui, ils n’étaient qu’amis – clairement – mais avaient fait un bout de chemin ensemble. Max ne lui devait rien de moins que la vie, après tout. En cet instant précis, elle considérait qu’il était de son devoir de le débarrasser de cet homme qui le rendait malheureux. Alors tant pis si pour en arriver là, elle se fâchait avec Scott. Du moment que Luya sortait de sa vie. La Colonel camperait fermement sur ses positions, quoi qu’il advienne désormais ; elle était prête. Par ailleurs, elle s’attendait au minimum à un regard plein de reproches de la part de Scott, mais ce dernier eut une réaction tout à fait différente. Se tournant vers Luya – qui, au passage, n’avait pas prononcé un seul mot non plus – il l’invita lui-même à prendre la porte. Max fronça aussitôt les sourcils. Non pas qu’elle soit mécontente de ce revirement de situation, mais elle sentait que quelque chose clochait. L’instant suivant, son ami enfonçait le clou en évoquant une certaine jeune femme que Luya serait apparemment pressé de retrouver. La brunette se demanda s’il s’agissait bien de la même Lou qu’elle connaissait, cependant le doute s’évanouit plutôt rapidement. Ce serait une sacrée coïncidence, d’autant que Scott et la fameuse Lou travaillaient au même endroit et se côtoyaient déjà. Max l’avait rencontrée peu de temps auparavant, grâce à Thomas. Depuis, elle l’avait revue dans une salle d’examens afin de lui parler de ses migraines, lui faisant jurer de n’en parler à personne, Scott et Thomas compris. Elle était sympathique, drôle, débordante de joie de vivre et d’énergie, ainsi que totalement digne de confiance. Pour quelle raison une femme comme elle s’intéresserait à quelqu’un d’aussi désagréable que Luya ? Ce dernier n’était-il pas attiré par les hommes ? Scott n’avait jamais mentionné une éventuelle bisexualité, bien que ce « détail » ne la regarde pas forcément non plus.

Max serra la main de Scott dans la sienne. Il était en train de faire une crise de jalousie, et elle ne savait pas si elle devait se sentir soulagée de cette dispute ou, au contraire, complètement alarmée. Parce qu’en un sens, pourquoi s’acharnait-il à se montrer aussi possessif envers un sale type qui, de toute façon, ne l’aimait pas ? Il fallait toutefois savoir saisir les opportunités comme elles se présentaient. Alors tant pis si Scott s’en prenait à Luya pour les mauvaises raisons, à partir du moment où ils se séparaient enfin. D’un regard, la brunette encouragea son ami à ne pas céder, montrant ainsi son soutien dans la décision qu’il venait de prendre, à savoir celle de mettre Luya dehors. Malheureusement, et comme Max s’en doutait, le veilleur de nuit n’avait pas l’intention de se laisser impressionner. Dans le but de se faire pardonner et d’amener Scott à revenir sur ses accusations, il se fit passer pour innocent en justifiant sa relation avec Lou comme étant une couverture. Peut-être parce que des personnes de son entourage commençaient à se poser des questions sur son orientation sexuelle ? Max n’en savait rien et s’en fichait éperdument. Elle ne supportait pas d’être témoin de ses manipulations. Comment Luya osait-il en arriver là devant la brunette, après tout ce qu’il avait sous-entendu ? S’imaginait-il qu’elle resterait les bras croisés sans chercher à défendre Scott, tout en sachant ce qu’il était en train de lui faire ? Une fois sa tirade terminée, Max ne laissa pas à l’infirmier l’occasion de réfléchir. Elle se tourna vers lui et plongea son regard dans le sien. Puis, calmement mais fermement, elle donna son propre point de vue sur la question. « Il te ment, Scott. Je suis désolée, mais il va falloir que ça cesse. S’il t’aimait vraiment, sincèrement, tu ne crois pas qu’après trois longues années vous seriez passés à autre chose ? Qu’il cesserait de se cacher parce que de toute façon, à quoi bon, si vous êtes vraiment voués à passer votre vie ensemble ? » Elle pressa doucement sa main pour renforcer ses propos. « Là, il te dit quand et où, et tu t’exécutes sans même avoir ton mot à dire ? Sérieusement, Scott ? Tu vas jouer les marionnettes combien de temps encore ? » Max soupira, priant intérieurement pour que cette histoire dénuée de sens prenne fin aujourd’hui. « Ce n’est pas normal. Il te manipule, et le pire c’est que tu en as parfaitement conscience. J’ai rongé mon frein jusque-là, mais c’est terminé. Je ne veux plus te voir souffrir, et ta sœur non plus. » Elle conclut, d’un ton tranchant, qui n’admettrait aucun refus. « Mets un terme à tout ça. » Mentionner Dylan l’aiderait peut-être à prendre la bonne décision. La jeune femme était loin de porter Luya dans son cœur, pour les mêmes raisons qui poussaient Max à le haïr. Quoi qu’il en soit, tout était entre les mains de Scott désormais. Et si les deux femmes qu’il aimait le plus au monde n’arrivaient pas à lui faire ouvrir les yeux, alors il était définitivement perdu.
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MessageSujet: Re: MAX&LUYA&SCOTT ∞ locked hearts and hand grenades   Dim 30 Déc - 16:42

Scott n'avait pas vraiment l'impression d'être ici. Si ce n'était pas pour la paume de Maxine contre la sienne, il serait sans doute perdu. Il avait l'impression de perdre pied, son coeur battait à tout rompre dans sa poitrine et il se demandait s'il ne pouvait pas fuir. Ce serait une première pour lui, Scott ne fuyait jamais devant quoi que ce soit. Ce n'était tout simplement pas son genre, il avait toujours essayé d'être brave et fort tout comme son père, se disant que c'était ce que ce dernier aurait voulu et qu'il aurait été fier de lui. C'était de cette manière que Scott se donnait du courage dans les moments les plus difficiles, car dans le fond, comment savoir ce que voulait vraiment son père? Comment savoir s'il était vraiment à la hauteur? On se saura vraiment jamais, lui répétait inlassablement Dylan les rares fois où ils osaient évoquer leur père respectif, ce qui pour les deux Winstons étaient très inhabituel. Scott n'avait jamais été lâche, pas quand il avait été sur le front et que sa propre vie était en jeu, pas quand il avait avoué la vérité à Maxine et qu'ils avaient rompu, pas même quand il avait dû affronter la solitude après sa rupture avec Maximilian, et il ne s'était pas caché quand récemment il avait dû faire face à Zora et à sa fille... Personne ne le faisait fuir ou même douter ou même se sentir lâche, personne sauf Luya. C'était complètement affligeant et débile et de se dire que si ce n'était pas pour Maxine qui lui tenait la main, il se serait déjà précipité vers le jeune homme et il l'aurait déjà embrassé, plus d'une fois avant de l'entraîner dans sa chambre. C'était pathétique et Scott en avait parfaitement conscience. Il s'était très vite rendu compte que ce n'était pas pour rien qu'on disait que l'amour rendait les gens complètement fous.

Il avait Luya dans la peau et à chaque fois qu'il pensait pouvoir y échapper, qu'il pensait avoir un semblant de liberté, son esprit et son corps se jouaient de lui, lui rappelant de quoi et de qui il avait besoin. Si toutes ces nuits il avait eu le courage de retenir Luya, il lui le aurait dit, il lui aurait dit de ne pas partir car il n'y avait rien de pire que de se réveiller seul dans ses propres draps et de se retrouver à chasser le parfum de Luya dans les couvertures. Sortir et voir les gens heureux qui se tenaient main dans la main et s'imaginer faire quelque chose d'aussi stupide et d'aussi futile avec Luya. Oui, l'infirmer s'était imaginé un autre type de relation pour lui et Luya et il aurait tout donné pour que ce doux rêve devienne la réalité. Cependant, comment faire entendre sa voix face à l'air de Luya, Scott préférait souffrir en silence et prendre ce que Luya lui donnait, pourtant, l'idée que le jeune homme puisse aller voir ailleurs ne lui avait jamais traversé l'esprit, Luya et Lou? Ça sonnait juste comme Maximilian et Zora et ça, il n'était pas certain de pouvoir le supporter une deuxième fois, sachant que la première l'avait complètement détruit. Il s'attendait à ce que Luya parte, pas qu'il rentre dans son appartement, et qu'il déambule dans l'entrée essayant de lui faire entendre son point de vue. Juste une couverture? Pourquoi mentir, Scott ne comprenait, Luya se sentait mal dans sa peau, il ne fallait pas être un génie pour le voir, mais Scott lui, n'avait jamais menti, il aurait espéré que l'autre homme en face de même. Scott pensait avoir au moins mérité le droit d'avoir la vérité, surtout après trois ans. Mais bordel qu’est-ce que tu veux à la fin ?! Qu’est-ce que tu veux que je te dise ? » Scott retint les mots qui lui brûlaient la langue, Luya ne pouvait pas lui demander ça, c'était évident qu'il ne voulait qu'une seule chose.

Et c'était Luya, sans les mensonges, sans les rendez vous une à deux fois par semaine, ou les départs prématurés de Luya au petit matin ou juste... Scott voulait juste une chance de lui prouver que cela pouvait marcher entre eux, mais uniquement si Luya y mettait du sien. Cependant, il fut interrompu par Maxine. Elle semblait être la voix de la raison et en l'écoutant parler, Scott eut vraiment l'impression d'être un addict qui n'aurait pas su décrocher d'une mauvaise drogue. Quand elle lui parla de sa petite soeur, ce fut comme un coup de poing dans l'estomac. Que dirait Dylan? Ella aurait déjà mis Luya à la porte et elle ne ce serait très certainement pas arrêté en voyant son grand frère arriver. « Mets un terme à tout ça. » Maxine avait raison, Scott le savait mais quand son regard se reporta sur Luya, fixant le dos de ce dernier, il sut également qu'il ne pouvait pas une telle chose. "Je suis désolé." murmura t-elle, plus pour Maxine qu'autre chose à dire vrai. "Je suis désolé" répéta l'infirmier un peu plus fort. "Je devrais probablement m'énerver plus, lui dire de dégager, de m'oublier et ne jamais me rappeler et d'aller se trouver quelqu'un d'autre. Je devrais trouver un autre homme aussi, essayer d'être heureux moi aussi plutôt que d'essayer de le retenir... Je veux dire après Maximilian..." Scott ne put même pas terminer sa phrase, tout ceci était encore trop frais et trop douloureux pour lui, mais il savait parfaitement que Maxine comprendrait mieux que quiconque. Il reporta son regard sur Luya, cherchant les bons mots. Y en avait-il vraiment? Scott en doutait sérieusement. "Je veux la vérité, j'ai besoin de la vérité, et je veux quelqu'un qui a besoin de moi tout le temps, en permanence, et pour l'instant ça ne marche que dans un seul sens... " Et c'était en train de ronger Scott de l'intérieur, car il n'y avait rien de pire que d'aimer quelqu'un de savoir que ce n'était pas réciproque, ça n'empêchait pas Scott de continuer sur cette voie. Peut qu'il avait juste besoin qu'on le secoue un peu pour qu'il se fasse entendre. "Et ça ne peut pas continuer comme ça... Luya tu vas finir par me tuer... Je ne pense pas pouvoir tenir longtemps à ce rythme là. Oui, je veux te voir plus souvent et je ne comprends pas pourquoi tu ne me laisse pas essayer, je pense que je mérite que l'on fasse des efforts." Inconsciemment, Scott se rapprochait de Luya, tenant toujours la main de Luya, c'était au jeune homme de décider s'il voulait de nouveau refermer une porte au visage de Scott ou pas.
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MessageSujet: Re: MAX&LUYA&SCOTT ∞ locked hearts and hand grenades   Jeu 3 Jan - 22:39

Luya était toujours dos aux deux autres jeunes gens qui se tenaient dans l’entrée. Il essayait de se concentrer sur sa respiration, étonné que son coeur ne soit pas déjà sorti violemment de sa poitrine pour le fuir à tout jamais. Il sentait le rythme effréné de cet organe dans le moindre de ses membres, au point de l’entendre résonner au creux de ses oreilles. S’il avait été seul, il se serait assis sur le premier objet capable de supporter son poids et se serait immédiatement lancé dans des exercices de relaxation improvisés. Ce qui était en train de se produire n’était tout simplement pas réel. Certes, le jeune homme n’allait pas non plus perdre connaissance suite aux nombreuses révélations auxquelles il avait insisté, totalement impuissant ; mais il prenait peu à peu conscience de l’enjeu de ce discours polyphonique. Chacun cherchait à défendre son point de vue en soulevant des problèmes qui ne valaient même pas la peine d’être abordés, et encore moins publiquement. D’un geste mal assuré, Luya porta une main fébrile vers le col de son t-shirt foncé, comme pour se libérer péniblement de l’étreinte de ce vêtement. Malgré le fait que ce n’était pourtant pas cela qui causait une accélération prononcée de son rythme cardiaque, il hésita à défaire les quelques boutons de son haut avant de se rétracter. « Évitons d’attirer l’attention d’une quelconque manière... », pensa-t-il, alors que sa trachée semblait refuser d’acheminer une dose correcte d’oxygène jusque vers ses poumons. « Mais bordel, qu’est-ce qui m’arrive ?! » Il y avait de quoi perdre la tête. Le veilleur de nuit s’était toujours persuadé qu’un instant pareil n’arriverait jamais. Pour dire vrai, il n’avait pas envisagé qu’il aurait pu se mettre dans de tels états pour les beaux yeux de Scott. Et pourtant, il le connaissait à peine. Il fallait bien se rendre à l’évidence ; il n’avait jamais retenu son nom de famille ou sa date de naissance et s’était bêtement contenté d’une adresse, un emploi et un numéro de téléphone. Plusieurs nuits par semaine, il venait frapper à la porte de son amant pour partager son secret le plus intime, persuadé que cela ne pourrait jamais les rapprocher, que leur relation n’évoluerait pas sans son consentement... Inconsciemment, il s’était convaincu qu’il ne pouvait rien offrir de plus à qui que ce soit dans le seul but de se protéger... Mais lorsqu’il se penchait davantage sur la question, Luya réalisait avec stupeur qu’il avait pris l’habitude de se réveiller en pleine nuit pour vérifier si Scott n’était pas quelque part entre ses draps, qu’il s’imaginait parfois dans le canapé de l’infirmier pour lui faire découvrir ses films préférés, ou simplement autour d’un verre pour bavarder. Bref, toutes ces choses qui le pourrissaient par le simple fait qu’elles n’existaient toujours pas, même après trois ans ; par sa faute.

L’oeil furtif mais l’oreille sourde, Luya était enfermé dans sa bulle, essayant de s’extirper de ses propres pensées et de s’épargner celles des deux autres... Même s’il n’écoutait plus vraiment, le beau brun n’était pas stupide et il savait que la situation ne tournerait pas à son avantage. Alors pour l’instant, il essayait de se concentrer sur les troubles que lui causait son corps, comme si ce dernier prenait également un malin plaisir à se jouer de lui. C’était invraisemblable, digne des plus mauvaises séries romantiques... Le regard de Luya parcourait rapidement toutes les portes qui se trouvaient dans son champs de vision. Persuadé qu’il avait maintenant besoin de passer son visage sous l’eau froide, il cherchait la salle de bain, espérant qu’une de ces issues se mette à clignoter pour l’aider à dénicher le lavabo le plus proche. Naturellement, rien ne se produisit ; au contraire, Luya resta planté là quelques longues minutes supplémentaires, fermant les yeux dans le seul but de se convaincre qu’il avait déjà visité une telle pièce mais que sa mémoire lui faisait défaut dans les moments de stress... Pour qui passerait-il s’il avouait ne pas se souvenir de l’itinéraire à suivre pour se rendre jusqu’à la salle d’eau alors qu’il hantait cet appartement depuis déjà trois ans ? Luya se serait certainement mis une baffe s’il n’avait pas eu peur que Maxine profite de la situation pour lui en mettre une à son tour... D’ailleurs, elle venait tout juste de se taire... Le jeune homme n’avait pas écouté un traitre mot de son monologue, jugeant qu’il serait bon de s’épargner toutes les tares qu’elle aurait pu lui inventer. Après tout, ce devait être la millième fois qu’elle s’égosillait pour essayer de faire comprendre à Scott qu’il devait se débarrasser de Luya - le temps paraissait soudainement plus long à chaque fois qu’elle ouvrait la bouche...

Quelque soit le sujet de la discussion des deux amis, Luya fut arraché de ses songes tourmentés par la voix rassurante du beau blond. Heureusement, c’était pour la bonne cause. Le veilleur de nuit l’écoutait calmement, sans se douter que son repos allait être de courte durée... Scott évoquait leur relation, avouant au passage qu’il était incapable d’y mettre un terme, la mélancolie et l’amertume bien cachées dans sa voix. Pourtant, il eut un mot de trop... « [...] Je veux dire après Maximilian... » Après qui ? Quoi ? Luya savait qu’il avait bien fait d’attendre avant de se retourner. Il serra les dents, s’empêchant de perdre le contrôle une fois encore. Décidément, il fallait qu’il songe à devenir maître de ses émotions s’il ne voulait pas finir par mettre la tête dans un mur, ou pire encore... Il était important de ne montrer aucun signe d’énervement, surtout à ce moment-là. Scott avait déjà du évoquer cette relation passée, mais Luya avait encore fait semblant de l’écouter, trop préoccupé par ses envies bestiales. Et quand bien même ils n’en avaient jamais parlé, le beau brun devrait alors admettre qu’il était éperdument jaloux que le prénom d’un autre homme puisse sortir de la bouche de son amant s'il témoignait ouvertement son agacement. Une fois de plus, il n’y avait rien à faire à part resté immobile, au milieu de ce couloir qui se voulait tellement familier mais qui ne l’était pas encore assez. Pourtant, le silence qui s’installa par la suite lui indiquait qu’il était temps pour lui de se retourner pour affronter le regard perçant de Scott... Mais le blondinet avait beau parler, Luya était déjà concentré sur la main de Maxine qu’il serrait toujours dans la sienne. Le visage du garçon était toujours aussi dur au point que c’était à se demander si ce n’était pas simplement une carapace, une façon de ne pas se laisser atteindre par les propos de l’infirmier...

L’espace d’un instant, il baissa la tête pour regarder le bout de ses chaussures, essayant de trouver une réponse à la fois rassurante mais pas vraiment prometteuse. Luya réalisa alors qu’il lui était bien plus facile de se déshabiller tous les deux jours plutôt que de devoir se mettre à nu une seule fois dans l’année. Une part de lui avait terriblement envie d’être franc avec Scott - surtout lorsque ce dernier faisait un pas vers lui avec la même intensité que lorsqu’il tentait parfois de retenir Luya dans ses bras. D’un autre côté, ce qu’on lui demandait était impossible ; s’il acceptait de faire cet effort, il ne pourrait plus se regarder dans un miroir sans détester l’image qu’il y verrait. Malgré l’évidence, il se refusait de croire qu’il aimait les hommes ; ou simplement un seul homme parmi des milliards d’autres, au point d’avoir envie de réaliser certaines choses inavouables avec lui. Et mêmes si trois années s’étaient déjà écoulées, Luya avait besoin de temps plus que toute autre chose. Il releva la tête, le regard toujours un peu fuyant, la présence de Maxine le mettant encore plus mal à l’aise. Il savait de toute façon qu’il fallait qu’il finisse par se confier, sans quoi il pouvait faire une croix sur tout ce qu’il aurait pu bâtir avec Scott... Luya parlait doucement, ne fixant plus que son amant. « Si tu veux la vérité, je ne sais pas si je pourrais te la donner parce que... » Luya reprit son souffle pour se donner du courage. « ...Parce que je n’ai jamais dit la vérité à personne, parce que personne ne s’est jamais attardé là-dessus, parce que je ne sais pas ce que c’est que d’être vrai avec les gens. » Les mots venaient péniblement, et le simple fait de se dire qu’ils sortaient de sa propre bouche donnait irrémédiablement la nausée à Luya. « Tout ce que je sais, c’est que tu es le premier et qu’il n’y a eu personne d’autre depuis. » C’était sa façon à lui de faire comprendre à Scott qu’il avait besoin de lui, qu’il n’avait toujours pas réussi à se passer de lui et que ce sentiment n’avait cessé de croitre au cours des trois dernières années. « Maintenant, je veux bien faire des efforts... Ce sera peut-être long, mais je te promets de t’accorder le temps que tu mérites, à moins d’être seuls. Vraiment seuls. » En disant ces derniers mots, Luya jeta un regard noir à Maxine qui se trouvait un peu en retrait. Elle allait encore trouver le moyen de déformer ses propos, mais peu lui importait. Après tout, Luya était persuadé d’avoir gagné la guerre ; Scott n’avait plus qu’à la mettre à la porte s’il tenait vraiment à concrétiser les choses avec lui...
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MessageSujet: Re: MAX&LUYA&SCOTT ∞ locked hearts and hand grenades   Jeu 10 Jan - 10:55

Scott avait toujours eu une chose importante que Max ne connaissait pas : une vraie famille. La maman de la brunette était morte quand elle était encore une enfant. Son père lui avait menti pendant des années avant de se retrouver en prison. Elle venait tout juste de rencontrer sa demi-sœur. A bien réfléchir, seule Leah avait été une véritable constante dans sa vie et encore, elles ne partageaient aucun lien de sang, la militaire étant « seulement » la meilleure amie de Roxanne. Maxine n’avait jamais été plongée dans ce bonheur. N’avait jamais eu de grand frère à ennuyer à longueur de temps, ni de petite sœur à protéger du moindre danger, en grandissant. En réalité, la jeune femme avait découvert le véritable sens du mot « famille » en rencontrant Scott, des années plus tôt. Proche de sa mère ainsi que de Dylan – bien qu’ils ne soient pas du même père – aucun d’entre eux ne pouvait concevoir sa vie sans les autres. Ils avaient accueilli Max à bras ouverts, lui avaient montré à quoi ressemblait une réelle complicité entre mère, fils et fille. C’était la raison pour laquelle Max savait combien Scott estimait l’opinion de sa petite sœur. Par conséquent, il lui avait paru indispensable de la mêler, même de loin, à cette conversation des plus importantes. Combien de fois Dylan avait-elle montré son dédain, voire sa haine, envers Luya ? A chaque fois que toutes deux en discutaient, la jeune Winston ne mâchait pas ses mots. Max non plus, en fin de compte. Elles avaient longtemps espéré que Scott ouvre les yeux. Aujourd’hui était l’occasion à ne pas manquer. Dylan était peut-être absente, mais Max pouvait parfaitement parler en son nom. Et si l’infirmier n’était pas trop aveuglé par son « amour » pour Luya, il saurait que Max avait raison. Que si sa sœur se trouvait parmi eux en cet instant précis, elle ne se montrerait pas moins hostile que la brunette.

Maxine avait donc l’espoir que Scott se réveille, simplement parce qu’elle venait de faire entrer sa petite sœur sur le terrain – façon de parler, bien sûr. Ca n’aurait pas du se présenter comme ça, malheureusement la Colonel avait le sentiment qu’il s’agissait plus d’un combat que d’une simple conversation. Il y avait deux camps : le sien et celui de Luya. Et c’était à celui des deux qui convaincrait le terrain neutre – ou plutôt indécis, dans ce cas de figure – de le rejoindre. Oui, Max pensait sincèrement avoir ses chances. Dylan et elle devaient forcément peser davantage dans la balance que ce petit morveux, n’est-ce pas ? Sauf que Scott était trop attaché à ce dernier. Il le prouva lorsqu’il prononça un « Je suis désolé » que Max aurait pu comparer à une sentence irrévocable et tout aussi terrible. Dans le fond, il avait déjà pris sa décision et ne reviendrait pas dessus. Il s’excusa à nouveau, avant de s’expliquer. Il était soi-disant incapable de tirer un trait sur sa non-histoire avec Luya. Pourtant, n’avait-il pas déjà assez souffert ? Maximilian l’avait laissé, lui brisant le cœur. La brunette s’était déplacée exprès à Los Angeles après leur rupture, parce qu’il fallait ramasser son meilleur ami à la petite cuillère. Scott était-il voué aux histoires qui se finissaient mal ? Aux histoires qui n’amenaient que douleur et larmes ? Pourquoi ne se trouvait-il pas un homme capable de l’aimer comme il le méritait ? Tenant sa main – Max ne bougeait pas, si elle pouvait lui donner un tant soi peu de force, alors c’était toujours ça de pris – Scott s’adressa finalement à Luya. Au moins, il évoquait quelques « exigences », mais la Colonel n’en fut pas soulagée pour autant. Après tout, elle avait vu de quoi Luya était capable. Ses mots provocateurs tournaient encore dans son esprit.

Il semblait, pourtant, extrêmement mal à l’aise face à la situation. Il se retourna pour ne pas avoir à affronter le regard de Scott, avant de leur faire de nouveau face, les yeux rivés sur ses chaussures. Serait-il capable de sentiments ? La dureté dont il avait fait preuve avec Max, était-ce bien réel ou juste une façade parce qu’il ne la connaissait pas ? Non, elle ne pouvait être aussi naïve que Scott et se laisser avoir par un comportement simplement embarrassé. Luya avait fait bien trop de mal à son ami pour qu’elle songe à se montrer plus compréhensive envers lui. Si Dylan avait pu lire dans ses pensées en cet instant précis, elle l’aurait déjà assassinée du regard – et aurait eu raison de le faire. Luya leva enfin la voix, fixant Scott, comme si elle n’existait plus. Au moins, on pouvait lui accorder une chose : il savait utiliser les mots à son avantage. Si tout ceci n’avait été qu’une scène de film, la brunette sentirait sans aucun doute une larme perler au coin de son œil. Puis, comme s’il venait tout juste de se rappeler sa présence, Luya observa la jeune femme d’un air mauvais en insistant sur le mot « seuls ». Bien sûr. Il voulait s’en débarrasser pour qu’elle ne puisse plus pousser Scott dans la bonne direction, soit le plus loin possible de lui et de leur relation malsaine. Bien qu’agacée par cette attaque, Max se tourna vers Scott et prit son autre main dans la sienne, esquissant un sourire qui se voulait rassurant, sans toutefois réussir à cacher un peu d’amertume. « Tu as fait ton choix, Scott. J’espère simplement que tu n’auras pas à le regretter... Appelle-moi quand tu auras un peu de temps, d’accord ? » Mais elle ne pouvait pas partir comme ça. Elle aimait bien trop l’infirmier pour ne pas en rajouter une couche afin de s’assurer que Luya tiendrait parole. Lâchant son ami, Max se dirigea vers le jeune brun qui la faisait tant sortir de ses gonds et approcha son visage du sien, enfonçant un doigt menaçant dans sa poitrine. « Je déconnais pas tout à l’heure. Je suis vraiment en mesure de faire de ta vie un véritable enfer. Tu as plutôt intérêt à te montrer sincère à partir de maintenant. Parce que si Scott me donne ne serait-ce qu’une minuscule fois l’impression que tu l’utilises comme tu l’as fait jusqu’à présent, tu vivras uniquement pour le payer. C’est clair ? » Avant que Luya n’ait pu réagir, elle passa le pas de la porte et sortit. Elle ne savait pas si Scott avait entendu, mais s’en fichait bien. Si Luya le faisait souffrir à nouveau, rien ni personne ne pourrait empêcher la Colonel de se venger. Et son meilleur ami la connaissait largement assez pour le savoir, que ça lui plaise ou non. D’autant que Dylan ne serait pas la dernière à rejoindre l’arène non plus…

« A plus tard, » dit-elle finalement, une fois près de Scott, avant de lui déposer un baiser sur la joue et de rejoindre sa voiture. Elle avait le cœur lourd. Vraiment très lourd. Non seulement ce qui se tramait entre l’infirmier et son enfoiré d’amant ne lui plaisait pas du tout, mais toute cette histoire ne lui avait même pas permis de vider son sac. Elle était venue chez Scott emplie de doutes, avec un grand besoin de conseil, de soutien. Et elle repartait sans avoir rien éclairci. Au moins, elle pourrait évoquer son nouvel avenir professionnel avec Thomas. Il l’aiderait à faire le tri, elle en était certaine. Dommage que pour Shane, seul Scott était en mesure de la comprendre. Peut-être devait-elle voir dans cette situation un signe du destin ? L’univers essayait-il de lui faire réaliser qu’elle se posait beaucoup trop de questions ? Et qu’elle devrait se contenter de vivre au jour le jour, notamment en ce qui concernait sa relation avec Shane ? Elle n’en savait rien. Elle était perdue.
Max mit le contact, et soupira en remarquant que Scott et Luya venaient de refermer la porte derrière eux. Comme si elle avait besoin d’un sentiment d’échec, en plus de tout le reste…
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MessageSujet: Re: MAX&LUYA&SCOTT ∞ locked hearts and hand grenades   Mar 15 Jan - 0:04

Et si? Et si Luya disait la vérité cette fois-ci? Scott n'avait absolument aucune garantie et c'était à lui de décider s'il voulait emprunter cette route une nouvelle fois de plus. Et si c'était Maxine qui avait raison, et s'il perdait tout simplement son temps et qu'à la fin, elle serait encore obligée de ramasser ce qu'il restait de ce pauvre Scott et de faire en sorte qu'il puisse continuer à vivre ou du moins, avoir un semblant de vie. L'infirmier ne voyait pas les choses de cette façon-là, même si Luya mentait, s'il osait lui mentir là tout de suite, il n'y aurait pas de fin heureuse pour lui dans tous les cas. Car quelle option lui restait-il? Au mieux, Luya lui briserait le coeur et il n'aurait qu'à ajouter le jeune homme à sa longue liste de relations complètement désastreuses et qui dans le fond n'avaient jamais eu aucune promesse d'avenir. Et s'il refermait la porte maintenant, il s'interdisait toute chance d'un futur heureux et plus encore, il s'interdisait Luya et ça, eh bien... Il n'était pas certain de pouvoir le supporter. Si Scott faisait ce qui était juste, qu'il écoutait Maxine, qu'il écoutait sa propre soeur, peut être qu'il ne souffrirait pas, peut être qu'il irait mieux, mais il n'y aurait certainement plus de Luya. Car après trois ans, Scott savait désormais pourquoi il n'avait jamais réussi à chasser Luya de sa vie, il n'y avait jamais vraiment eu de demie mesure avec lui et s'il disait au revoir au jeune homme, c'était tout simplement un adieu et il refermait complètement la porte. Il se savait parfaitement incapable de faire une telle chose alors il préférait laisser cette foutue porte grande ouverte et il s'en prenait plein la gueule, quitte à servir de punching ball à l'autre. Ce n'était pas Luya qui l'avait rendu ainsi non, c'était ainsi que Scott aimait et Maxine aurait dû le savoir, il était capable d'outrepasser les erreurs et les défauts et de voir un possible futur. Peut être que ça le rendait idiot il ne savait pas, car après tout, il ne s'était pas fâché contre Dylan quand cette dernière avait tenté de mettre fin à sa vie, il aurait même pu accepter que Maximilian le trompe du moment que ce dernier restait à ses côtés...

Oui, Scott était une cause désespérée, quelqu'un aurait très certainement dû lui dire que ce n'était pas une façon de vivre ou de se comporter, mais l'infirmier s'en moquait bien, il avait vu la mort d'assez près, de trop près d'ailleurs et à maintes occasions, pour savoir que quand quelque chose de bien se présentait, il fallait se battre bec et ongle pour le garder. Scott était un grand égoïste dans le fond car il désirait Luya pour lui et pour lui seul. Alors ta décision est déjà prise? C'était cruel triste que chez lui la voix de la raison soit celle de sa soeur, oui, il pouvait entendre Dylan très distinctement et voir son air déçu. Scott ne l'avait jamais vraiment déçue ou même laissé tomber pas vrai? Elle qui parlait toujours de son grand frère avec un sourire sur le visage. Well I'm sorry sis, it's just for one time. « Tu as fait ton choix, Scott. J’espère simplement que tu n’auras pas à le regretter... Appelle-moi quand tu auras un peu de temps, d’accord ? » Il fut plus que content que Maxine soit là car il n'avait pas besoin de le dire n'est-ce pas? C'était déjà écrit sur son visage qu'il avait pris sa décision et Maxine devait être la personne qui le comprenait le mieux. Scott fut cependant surpris quand elle lui lâcha la main et qu'elle se rapprocha de Luya, pour lui dire quoi Scott ne savait pas vraiment mais il connaissait suffisamment Maxine pour savoir qu'elle promettait déjà à Luya qu'elle serait là si quoi que ce soit se déroulait mal. Et c'était sans doute une réaction stupide, mais Scott ne put s'empêcher de contempler la main que Maxine tenait il y avait de cela quelques secondes, réalisant soudainement qu'il était seul dans toute cette histoire.

C'était son propre coeur qu'il décidait de mettre en jeu et il serait seul à payer les conséquences. Était-il toujours en état de jouer ce jeu là? Cela l'avait pratiquement tué il y a quelques années de cela et pourtant Scott n'était pas optimiste. C'était juste Luya, peut être que ce n'était pas parfait, un peu bancale sans doute, pas la bonne façon d'aimer mais c'était déjà quelque chose pas vrai? Ou alors Scott tenter de justifier quelque chose de profondément mauvais, il ne savait pas, il ne savait plus. La seule chose certaine c'était qu'il ne serait jamais véritablement heureux en se contentant d'attendre que le bonheur vienne taper à sa porte, ça ne marchait pas ainsi. Maxine vint lui dire au revoir et il ferma un bref instant les yeux, toujours cette partie de lui-même qui se disait que tout aurait été plus simple si ça avait été elle, si ça avait été Maxine qui aurait pu le rendre heureux et absolument rien d'autre. Oui, les choses auraient été plus simples."Je t'appelle dès que je peux okay?" C'était une véritable promesse car il savait bien que Maxine était là pour une bonne raison et pas juste pour effrayer Luya, cela faisait quelques temps que les deux amis ne s'étaient pas retrouvés. Mais ce n'était pas pour ce soir, pensa Scott en regardant Maxine partir, pas pour ce soir. Ce soir, il avait d'autres démons à affronter. Scott poussa un soupir avant de refermer la porte d'entrée, enfin, il n'y avait que Luya et lui, plus question de fuir. "Voilà maintenant qu'on est tous les deux, on va pouvoir discuter pas vrai?" Il tenta de sourire mais le coeur n'y était pas au lieu de cela, il se débarrassa de ses clés sur le meuble de l'entrée et dépassa Luya, allant dans la cuisine. Scott l'ignora pendant quelques secondes, enlevant sa veste qu'il jeta quelque part sur une chaise, il songea un instant à ouvrir une bouteille de tequila mais après réflexion, il devait être sobre pour cette discussion, il attrapa donc une canette de soda et l'ouvrit, il but la moitié d'une traite, plus nerveux qu'autre chose. Il revint ensuite dans le champ de vision de Luya, s'installant sur le canapé et coupant le son de la télévision. "Tu viens t'asseoir ou pas?" demanda t-il au jeune homme.

C'était stupide d'être nerveux, c'était stupide d'avoir peur, Luya et lui avaient déjà fait des choses beaucoup moins orthodoxes que discuter sur ce canapé alors... Et puisqu'il fallait bien commencer quelque part, Scott décida d'aborder le plus évident tout de suite. "Déjà, je ne vais pas m'excuser pour le comportement de Maxine ou même pour sa présence ici. C'est une amie, ma meilleure amie si tu veux tout savoir et crois moi quand elle dit qu'elle peut faire de ta vie un enfer, elle n'exagère pas..." Le terme de meilleure amie ne convenait pas du tout à Maxine car dans le fond, elle était bien plus que cela, elle faisait partie de sa famille cependant Scott n'avait pas le coeur à élaborer et il savait très bien que ce n'était pas cela que Luya avait envie d'entendre. "Quoi qu'il en soit... Si tu es sérieux... Vraiment sérieux, il faut que tu me promettes que tu vas arrêter tout ça. Et par là j'entends les mensonges débiles, les sms et autres... Crois moi je n'ai pas apprécié d'apprendre que pour Lou tu es l'homme parfait..." Car Luya avait beau lui avoir fourni une explication plutôt valable, Scott ne pardonnait pas, surtout pas quand il avait été aussi près de perdre le contrôle et ce, sur son lieu de travail. Ça, ce n'était tout simplement pas lui. "Je ne m'attends pas à ce que tu me sautes dans les bras du jour au lendemain et qu'on soit un véritable couple juste come ça , non, je ne suis pas stupide... Je sais que ça va prendre du temps. Et sache que... eh bien... Je ne suis pas plus doué que toi en matière de relations, tu arrives même après un beau bordel..." Et quoi? Il espérait que Luya allait réussir à le réparer? C'était déjà trop tard, au mieux, avec Luya, il apprendrait de nouveau à sourire, et c'était déjà ça... N'est-ce pas?
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MessageSujet: Re: MAX&LUYA&SCOTT ∞ locked hearts and hand grenades   Mar 15 Jan - 20:39

Lorsque Maxine disparut derrière la porte d’entrée, Luya ne parvint pas à déterminer le sentiment qui l’envahit aussitôt. D’un côté, il se sentait extrêmement soulagé et libéré du poids qui commençait à peser lourd sur ses épaules. Enfin, il avait la sensation qu’il allait pouvoir faire avec Scott ce qu’il avait prévu depuis plusieurs heures déjà, persuadé que le départ de la jeune femme suffirait à rapprocher les deux amants et qu’ils pourraient ainsi se retrouver en tête à tête au fond d’un lit. Son esprit et son corps semblaient s’être apaisés, et pourtant... D’un autre côté, il se sentait terriblement mal. Honteux d’avoir été contraint de révéler publiquement ses pensées les plus intimes, il sentait quelque chose d’affreusement gênant dans cette nouvelle absence. Sans oublier les dernières paroles de Maxine qui lui faisaient tout de même froid dans le dos, malgré les apparences. Luya était donc partagé. Quelques minutes auparavant, il aurait été capable d’embrasser Scott et de le trainer jusque dans sa chambre sans aucun scrupule. Mais depuis que la Colonel avait quitté le champs de bataille, il avait l’impression qu’il n’avait plus le choix. Soit il s’avouait vaincu et décidait d’être sincère avec Scott au point d’officialiser leur relation, soit il finissait décapité dans un fossé... Le veilleur de nuit n’avait donc plus besoin de réfléchir, conscient qu’il était à présent contraint et forcé de rester pour s’expliquer avec l’infirmier. Finalement, il aurait préféré que les choses se fassent naturellement, que personne ne soit là pour lui forcer la main. Et quelque part, c’était assez désagréable de se dire que ce qu’il vivait avec Scott depuis trois ans ne suffisait plus au beau blond. Après tout, pourquoi perdre son temps à se poser autant de question ? Pourquoi ne pas simplement profiter sans que personne ne soit au courant de rien, sans que le monde entier ne les juge ? Pourquoi vouloir s'exhiber à tout prix ? En réalité, le sentiment singulier qui venait tout juste de prendre possession de Luya, c’était la peur. Il était effrayé par toutes ces choses encore inconnues auxquelles il était obligé de se heurter. Il ne se sentait définitivement pas prêt à devoir affronter cette longue et douloureuse conversation ; ni toutes celles qui suivraient logiquement.

« Voilà maintenant qu'on est tous les deux, on va pouvoir discuter pas vrai? » En une seule phrase, Scott parvint à confirmer tous les doutes du garçon. Discuter. Luya avait subitement oublié le sens même de ce mot singulier. Si tout le monde avait obtenu un mode d’emploi sur les différentes possibilités de pouvoir interagir avec les autres, le jeune homme n’avait jamais reçu un exemplaire de celui-ci en particulier... Il fallait qu’il discute, qu’il fasse part de ses craintes, de ses envies et de ce qu’il avait vécu jusqu’à présent. Apparemment, Scott se fichait royalement du nombre de grain de beauté qu’il pouvait bien avoir et de ce qui se passait dans son pantalon - le trentenaire voulait avant tout savoir ce qui se passait dans sa tête. Et c’était certainement cela, le plus effrayant. Fallait-il qu’il mentionne ses croyances, qu’il prêche la bonne parole ? Aurait-il le courage de dire qu’il ne se pensait pas homosexuel et que cette idée le répugnait plus que toute autre chose ? Ou devait-il se contenter de raconter son enfance pour tenter d’expliquer pourquoi il était ainsi aujourd’hui ? Luya déglutit difficilement. Jamais il n’aurait imaginé que sa soirée se terminerait de cette manière - pourtant, il lui semblait qu’elle n’avait pas encore commencé... Lui qui avait toujours refuser de se confier à un prêtre était à présent sur le point de se confesser auprès de son amant. C’était complètement absurde... Scott passa devant lui pour se rendre dans la cuisine tandis que Luya ne bougea pas d’un cil. Paralysé par la terreur qui s’emparait doucement de lui, il préféra rester immobile encore quelques instants, jusqu’à ce que Scott l’appelle ou vienne le chercher dans le couloir. Il n’avait pas envie de croiser son regard. Il n’avait pas envie que quelqu’un cherche à le comprendre ou à l’écouter pour la simple et bonne raison qu’il n’avait jamais laissé personne le faire jusqu’à présent. Il refusait qu’on puisse lire en lui comme dans un livre ouvert, qu’on décèle ses moindres faiblesses pour pouvoir s'apitoyer sur son sort. Après tout, il resterait à jamais ce petit garçon convaincu qu’il devait éviter de tisser des liens avec qui que ce soit pour se protéger ; sans se rendre compte qu’il était seul à se faire souffrir, et que c’était certainement pire...

Comme s’il était en train de faire un mauvais rêve, la voix de Scott retentit une nouvelle fois derrière lui pour venir le sortir de sa léthargie. « Tu viens t'asseoir ou pas? » Luya sursauta légèrement avant de se retourner et de suivre le trentenaire dans le salon. Son regard vide et lointain ne quitta pas le sol jusqu’à ce qu’il arrive devant le canapé où Scott l’attendait déjà, assis devant une télé muette. Elle n’était pas la seule à ne plus pouvoir émettre aucun son... D’ailleurs, Luya ne savait pas vraiment où se mettre. Les mains fourrées dans ses poches pour éviter d’avoir à se ronger les ongles ou faire le moindre geste qui puisse révéler un stress inhabituel, il ne savait pas très bien s’il devait s’asseoir à côté de Scott ou s’il était préférable qu’il s’installe en face de lui en déplaçant le tabouret qui se trouvait non loin de là. Ses yeux faisaient sans cesse l’aller-retour entre les deux alors qu’il s'efforçait de ne pas croiser le regard de l’infirmier pour le moment. Il avait alors la sensation d’avoir environ sept ans et d’être mis au coin parce qu’il aurait fait une grosse bêtise, honteux de devoir porter un bonnet d’âne totalement imaginaire. Et le ton qu’employait Scott pour lui parler ne fit que renforcer cette impression extrêmement désagréable... Luya finit par se décider et opta pour la place juste à droite de Scott. Ainsi, il serait obligé de tourner la tête pour pouvoir le voir, ce qui n’était pas plus mal ; au moins, il n’aurait pas à le fixer tout au long de la conversation. Il y avait assez d’espace entre les deux hommes pour qu’ils puissent bouger sans se toucher ce qui accentuait encore davantage la froideur de cette discussion. Luya ferma les yeux pendant une fraction de seconde, espérant qu’il serait enfin rentré lorsqu’il les rouvrirait... Mais rien. Il commençait à regretter. Pas seulement d’être venu ce soir-là, non. Il regrettait d’avoir été aussi faible, trois ans en arrière. Il aurait aimé être assez sobre pour répondre simplement «non» lorsque Scott lui proposa de venir passer la nuit chez lui. Il aurait voulu que les choses soient différentes, qu’il n’ait jamais eu de désir pour aucun homme et qu’il se contente de ce que la nature aurait voulu qu’il soit. En plus de simplifier sa vie, cela aurait été bien moins douloureux. Il n’aurait jamais eu à se débattre aussi violemment contre lui-même. Il avait beau avoir une cicatrice qui lui barrait le torse, sa plus grande plaie était psychologique, et elle était toujours béante... Et Luya n’avait jamais demandé à l’infirmier de lui fournir les points de suture.

Le jeune homme se tourna enfin vers son amant. Pour combien de temps encore allait-il pouvoir l’appeler ainsi ? Pour l’instant, les règles du jeu étaient simples et claires ; il avait été le seul à les décider pour le moment. Mais maintenant que la balle n’était plus dans son camp, Luya commençait sérieusement à s’inquiéter. Que voulait réellement Scott ? Qu’ils se baladent main dans la main et qu’ils aillent dîner au restaurant de temps à autre ? Le veilleur de nuit allait-il rencontrer ses beaux-parents dès le lendemain ? Dans l’esprit de Luya, tout était confus et clairement exagéré ; il ne savait pas comment un couple normal devait se comporter, il ne l’avait jamais appris. Même autour de lui, personne n’avait été capable de montrer l’exemple. Son père avait passé les trois quarts de sa vie à éviter sa femme et ses deux fils, prétextant toujours des voyages d’affaire aux quatre coins du monde tandis que son frère aîné, Adam, était toujours célibataire à 28 ans. Il n’avait jamais pu aborder le sujet avec Alessia non plus, certainement par crainte plus que par pudeur... Bref, il ne s’était jamais renseigné et personne n’avait pris la peine de lui expliquer comment fonctionnait la vie de couple... Et encore moins celle de deux hommes. Scott reprit alors la parole, expliquant qu’il ne s’excuserait pas pour Maxine, rajoutant une pression supplémentaire sur les pauvres épaules du beau brun. Luya ne broncha pas, attendant sagement la suite. Après tout, il n’avait pas envie de parler d’elle plus longtemps, elle n’en valait pas la peine... « Quoi qu'il en soit... Si tu es sérieux... Vraiment sérieux, il faut que tu me promettes que tu vas arrêter tout ça. Et par là j'entends les mensonges débiles, les sms et autres... Crois moi je n'ai pas apprécié d'apprendre que pour Lou tu es l'homme parfait... » Sérieux. Encore un mot que Luya ne maitrisait pas vraiment... Il fut néanmoins flatté par la dernière phrase de l’infirmier. Non pas parce que les adjectifs qu’avaient employé Lou pour le décrire flattait généreusement son égo, mais pour la simple et bonne raison que Scott était encore plus séduisant lorsqu’il était un peu jaloux. Il sourit à peine, de peur que Scott pense qu’il se moquait de lui s’il témoignait davantage son contentement... Mais Luya perdit aussitôt son sourire quand le beau blond évoqua une nouvelle fois son passé douloureux. Que pouvait-il répondre à ça ?! Qu’il était celui qui allait le rendre heureux ? Pourtant, il lui avait demandé d’être sincère ; Luya ne pouvait donc pas se risquer à mentir une fois de plus. « Tu es forcément plus doué que moi en matière de relations, puisqu’apparemment tu as déjà été en couple... » Les mots étaient sortis de la bouche du garçon sans qu’il ait eu le temps de les penser. Ce n’était pas tout à fait un reproche mais il n’avait pas envie d’entendre parler des anciennes histoires de Scott alors qu’ils s’apprêtaient justement à mettre les choses au clair et officialiser leur propre relation. En tout cas, Luya l’avait compris de cette manière ; à tort peut-être ?

Le silence s’installa entre les deux jeunes hommes alors que Luya se décida finalement à extirper les mains de ses poches - en réalité, celles-ci commençaient à devenir moites... Il ne savait pas franchement quoi dire et il sentait le regard persistant de Scott, quelque part dans son champs de vision. Après une profonde inspiration, il finit par retrouver l’usage de ses cordes vocales. « Écoute, je ne veux pas qu’on se prenne la tête. Je comprends que tu sois... Agacé. Mais puisque tu veux qu’on parle sérieusement, alors d’accord. Je veux juste qu’on se parle calmement. » Luya n’était toujours pas persuadé que c’était la meilleure chose à faire, mais il avait beau retourner la situation dans tous les sens, il fallait qu’il règle cela s’il voulait remettre les pieds ici. Pour la première fois, il devait s’engager. Être adulte, ou faire semblant de l’être. Son petit jeu d'adolescent puérile avait assez duré. C’était le moment de prendre ses responsabilités, et il n’y avait rien de plus angoissant... « L’idée d’être avec toi ne me déplait pas... Ça me fait même envie mais... » Luya évitait toujours de tourner la tête en direction de Scott avec le plus grand soin, essayant d’imaginer qu’il était seul et qu’il se parlait à lui-même. C’était certainement l’exercice le plus difficile qu’on lui ait jamais demandé de faire au court de sa misérable existence. Il aurait aimé avoir les mots pour faire comprendre tout cela à Scott, pour qu’il cesse de le voir comme le méchant de l’histoire ; pour qu’il ne le juge plus sur ce qu’il avait pu dire ou faire mais sur tout ce qu’il souhaitait accomplir... « ...J’ai l’impression que je n’y arriverais pas. Ça n’a rien à voir avec toi, c’est juste que... Dans ma famille, ce n’est pas franchement quelque chose de courant de parler de deux hommes... Ensemble. Et je ne sais pas si j’arriverais à être sincère avec eux un jour... » Luya sentait tout son corps s’embraser alors que ses joues devaient certainement être en train de rougir. Il fixait toujours le bout de ses chaussures, espérant que les rôles n’allaient pas s’inverser subitement et que Scott n’allait pas le faire souffrir en retour en appuyant là où ça ferait mal. « En fait, je crois que je ne suis toujours pas prêt à accepter... Ça... Enfin... Je veux dire... Ce que je suis. » Luya avait la sensation qu’il était en train de s’embourber. Il vint placer sa tête dans ses mains, espérant ainsi se dérober au monde entier...
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MessageSujet: Re: MAX&LUYA&SCOTT ∞ locked hearts and hand grenades   Mer 16 Jan - 1:28

« Tu es forcément plus doué que moi en matière de relations, puisqu’apparemment tu as déjà été en couple... » Scott retint le rire qui menaça de franchir ses lèvres en entendant les mots de Luya. Il était bien naïf s'il pensait que les choses étaient aussi simples, ce que Scott avait eu, il n'appelait pas cela des relations mais bien des essais ratés, tout simplement. Le blond avait la poisse depuis le lycée, quand déjà, il se faisait balader par un adolescent de son âge qui avait une copine, à l'université, il n'avait pas vraiment eu le temps et il se contentait d'observer de loin, se laissant séduire de temps à autre mais rien de bien sérieux. Et puis, il y avait eu l'armée, et puis il y avait eu Maxine, et ensuite Maximilian. Alors est-ce que Scott était doué en matière de relation? Certainement pas et il ne voulait pas que Luya se trompe à son sujet. Sinon comment expliquer qu'après trois ans, il se retrouve ici, sur ce canapé, à discuter d'un possible futur avec Luya. Luya qui semblait tellement proche et tellement moins à la fois, s'il avait levé une main, Scott aurait pu aisément le toucher mais il n'en fait rien, laissant un silence pensant s'installer entre eux. Il ne voulait pas brusquer le jeune homme et il savait qu'il était crucial qu'il le laisse trouver sa propre voix, ses propres mots. Scott espérait juste que ce silence ne jouait pas en sa défaveur, peut être que dans le fond, il en demandait trop, que Luya ne voulait pas de cela. Après tout, le plus jeune avait toujours été honnête et plus que clair dans ses intentions, faisant comprendre à Scott exactement ce qu'il voulait. Et Scott s'exécutait, à chaque fois. Luya ne le savait pas mais quand il quittait le lit et l'appartement de l'infirmier, celui ci le savait toujours et il émergeait souvent quelques minutes après, ayant la salle impression d'être une prostituée ou quelque chose de ce goût là. Car après tout, il suffisait que Luya laisse un billet de cinquante sur la table de chevet et leur relation aurait été la même. Il avait beau être satisfait sur le plan physique, c'était toujours la confusion la plus totale dans son esprit d'autant plus que pour lui, à chaque fois que Luya fuyait, c'était un autre signe de rejet.

Luya reprit la parole et Scott en fut plus que reconnaissant, à force de penser et de repenser à tout ça, il allait finir par devenir complètement fou. Oui, Scott comprenait que Luya veuille parler calmement, c'était pour cette raison que l'infirmier gardait ses mains pour lui et qu'il n'était pas déjà en train d'embrasser le jeune homme, une de ses mains justement cherchant à s'immiscer sous le t-shirt de ce dernier, il ne se faisait absolument pas confiance. « L’idée d’être avec toi ne me déplait pas... Ça me fait même envie mais... » Scott attendait la fin de cette phrase le souffle court, les yeux rivés sur Luya qui lui n'osait pas le regarder. C'était étrange, il n'avait absolument aucune honte à dire ce qu'il voulait en temps normal, les choses avaient-elles changé? Scott ne se sentait pas différent ou changé et pourtant, la fin de cette phrase pouvait le sauver ou même tout le contraire... Luya parla de nouveau et Scott but respirer de nouveau sachant enfin quel était la nature du problème. Il avait toujours su que Luya ne s'assumait pas, cependant, ce n'était pas la même chose de l'entendre de la bouche de l'autre homme. Et, dans un sens, Luya lui faisait un peu penser... eh bien à lui même. Il pouvait encore se revoir en train de peser le pour et le contre, se demander si c'était une bonne idée d'avouer la vérité à sa mère. Oui, à l'époque, Scott était en couple et heureux, et pour lui, le reste n'avait aucune importance et pourtant, il avait envie que Maximilian rencontre sa famille, que sa mère et sa soeur craquent également pour lui et le considère comme un membre de la famille. Peut être que Scott avait bien fait de se rendre tout seul chez sa mère cet après-midi là, mais il ne regrettait en rien de lui avoir dit la vérité.

Scott avait toujours su dans le fond qu'il aimait les hommes mais pour sa mère il avait voulu essayer, se disant qu'il pouvait réussir à tout avoir, des enfants, une femme et que contrairement à son père, il serait là, au quotidien pour ses enfants. Car même si Scott n'en parlait pas, grandir sans père n'avait jamais été facile, quand Dylan avait eu sa mère pour l'épauler dans certains moments de sa vie, Scott aurait bien voulu avoir son père. L'infirmier était reconnaissant pour tout ce sa mère avait dû sacrifier pour lui... Mais ce n'était tout simplement pas pareil... Et pour ce qui était de la sexualité, ils en avaient brièvement parlé avec sa mère, elle lui avait fait le topo habituel et lui avait donné une boite de préservatifs. À l'époque, il n'avait rien dit et s'était contenté d'hocher la tête, quelques années plus tard, il avait regretté de ne pas avoir posé plus de questions. Et si j'aime les hommes? Est-ce que c'est grave? Une question qui paraissait si anodine et qui pourtant, méritait d'être posée. Car Scott ne savait pas ce qui était bien ou mal en somme... Scott n'avait jamais vraiment cru en dieu ou en une autre forme de pouvoir supérieur, non, il était pragmatique, il croyait aux choses qu'il pouvait voir, qu'il pouvait toucher... Et ainsi, avec la tête entre les mains, Luya avait tout l'air de quelqu'un qui voyait son monde s'écrouler sous ses yeux. Non. Scott ne voulait pas le voir ainsi et son corps agit de lui-même avant qu'il ait eu le temps de réfléchir, se rapprochant encore plus et prenant les mains du jeune homme entre les siennes, forçant ainsi Luya à lui faire face. Est-ce qu'il voyait enfin l'effet qu'il avait sur Scott? C'était précisément cela qu'il ressentait. Des murs et des barrières qui se brisaient, son monde qui s'écroulait, sans que cela ait absolument aucun sens et ce juste à cause de Luya. C'était rageant, déroutant et humiliant de se savoir aussi faible juste à cause de quelqu'un et de ne pouvoir rien faire...

Scott lui offrit un maigre sourire avant de déposer des baisers sur les mains de Luya, le premier geste tendre qu'il avait pour l'autre homme depuis qu'il l'avait vu. Il tentait de le rassurer, il lui demandait de ne pas partir, il disait qu'il était désolé... Tellement de choses que Scott avait voulu dire en embrassant Luya par le passé, tellement qu'il n'était plus certain. Les lèvres de Scott effleurèrent le poignet de Luya en dernier et il releva le regard, réprimant son envie d'embrasser les lèvres de Luya. "Je comprends... crois moi je comprends... S'accepter est quelque chose de très douloureux dans un sens et ça m'a pris quelques années avant de pouvoir avouer quoi que ce soit à ma mère, à ma soeur... Ce n'est jamais facile de s'accepter et ce peu importe ce que les gens en pensent." murmura Scott avant de presser son front contre celui de Luya, sur le point de l'embrasser mais pas vraiment. Pouvait-il se laisser distraire? Cette conversation était importante pour lui, pour eux, important de dire à Luya que toutes ces choses qu'il ressentait étaient normales. C'était peut être cliché mais c'était la triste vérité qu'on ne voyait dans aucun film ou même dans un livre. Quand un homme aimait une femme, aucune interrogation possible, pas de fausse note possible, peu importe les erreurs, ils allaient toujours finir pas se retrouver, se marier, être heureux et ne penser à rien d'autre. Car le monde leur appartenait. Et aussi près de Luya, Scott ne se sentait pas victorieux, il estimait que c'était bien que le jeune homme ne prenne pas tout simplement la fuite. "Comme je te l'ai dit, je sais que ça va prendre du temps... Mais ne prends pas cet air paniqué, j'ai déjà attendu trois ans tu sais... Je crois que je peux attendre encore un peu plus." Quand on aime on ne compte, pas vrai? Hmm... Peut être que Scott se trompait de proverbe mais tant pis, il céda enfin à son envie et prit le visage de Luya entre ses mains et l'embrassant enfin. Lentement, sûrement, comme s'il avait peur que ce dernier ne se brise ou comme s'il était un mirage ou un rêve qui menaçait de disparaître si on était un peu trop brusque avec lui. Scott aurait sincèrement pu passer des heures à embrasser Luya mais il ne devait pas se perdre. "Avant d'en parler à ta famille, on va commencer petit... " reprit-il. Il s'éclaircit la gorge avant d'ajouter. "En trois ans, je crois qu'on a jamais pris le petit déjeuner ensemble. Reste pour la nuit, mes pancakes sont plutôt bons tu sais?" Voilà, quelque chose de simple, qui ne nécessitait même pas que Luya parle, Scott pouvait se charger de tout.
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MessageSujet: Re: MAX&LUYA&SCOTT ∞ locked hearts and hand grenades   Mer 16 Jan - 18:08

Luya ne se souvenait pas avoir un jour évoqué des questions d’ordre sexuel avec sa mère. En réalité, il n’avait jamais su ce que c’était avant même de se retrouver dans le feu de l’action. Jusqu’à présent, cela ne lui avait jamais posé de problème. Il estimait simplement que c’était une question de respect ; jamais sa mère ne serait venu lui raconter la conception de ses deux fils, il lui paraissait logique qu’il ne lui fasse pas part de ses aventures. C’était même bien plus compliqué : si seulement il avait eu une histoire à peu près normale à raconter... Mais il avait choisi de consacrer ses premières fois à une prostituée puis à un homme. Deux choses que la religion (et donc sa mère) réfutait totalement, le contraignant à rester silencieux au sein de sa propre famille. Il s’était également interdit d’évoquer tout cela auprès des gens de sa paroisse ; il aurait été plus rapide et efficace de placarder des affiches dans toute la ville avec un portrait de lui sur lequel il aurait été écrit en gros «Luya, homosexuel». Ils avaient beau être «croyants», ils étaient tous plus fourbes les uns que les autres et appréciaient répandre les rumeurs autant que s'ils avaient été des gens «normaux». Le jeune homme aurait alors eu l’impression d’être une vulgaire souris de laboratoire que l’on dissèque aux yeux de tous... Presque isolé pendant toute la durée de son adolescence, il n’avait aucune idée de ce à quoi pouvait ressembler une femme et il n’avait certainement pas envie d’en savoir plus. Il n’y avait eu que James, son seul ami de l’époque, pour lui parler de ses quelques conquêtes ; mais c’était un beau parleur plus qu’un véritable Dom Juan. Avec les années, Luya s’était même rendu comte que son camarade était tout aussi pur que lui... Plus récemment, avec Alessia, il n’avait pas cherché à extrapoler sur toutes les interactions possibles entre deux hommes. Le beau brun avait simplement fait part de ses préférences pour Scott, et la jeune femme en avait tiré les conclusions logiques... C’était Adam qui lui avait donné son premier préservatif quand il avait quinze ans, mais à l’époque ça ne lui aurait même pas traversé l’esprit d’ouvrir le petit emballage pour essayer de comprendre ce qui pouvait bien se cacher à l’intérieur. Son grand frère ne lui avait donné aucune explication, se contentant de sourire bêtement jusqu’aux oreilles, persuadé que Luya partageait sa passion pour les femmes et qu’il avait déjà gouté au fruit défendu (ou qu’il était sur le point de le faire). C’était tellement tabou qu’il y eut une période assez longue durant laquelle il détestait lire ou voir quoi que ce soit à ce sujet. Il se souvenait des rares foies où il était tombé sur des scènes d’amour à la télévision et où il avait aussitôt éteint le téléviseur, comme s’il était tombé sur un film d’horreur atrocement insoutenable. Alors comment accepter d’avoir une sexualité différente quand on rejetait déjà l’idée qu’il puisse exister une sexualité «normale» ? Mais il était déjà trop tard, il n’était plus en mesure de faire marche arrière. Au lieu d’attendre sereinement le jour de son mariage, il s’était laissé emporter par ses sentiments les plus primitifs et animaux. La tête toujours blottie entre ses mains, il sentit Scott se rapprocher avant de le sortir de sa prison improvisée. Il était temps, car il serrait les dents depuis quelques minutes, cherchant désespérément à retenir ses larmes...

Son front contre celui de Scott, ses mains prises dans les siennes, Luya était enfin rassuré par le simple fait de le sentir présent, tout contre lui. Il buvait les paroles de l’infirmier, essayant d’y puiser toute la force dont il aurait besoin pour continuer à avancer et finalement s’accepter. La voix du beau blond se voulait rassurante, et les propos qu’il tenait l’étaient tout autant. Ainsi, Luya n’était pas seul à se poser toutes ces questions et à redouter l’instant fatidique où il aurait besoin de faire part de cette nouvelle au reste de sa famille... Il s’était pourtant persuadé qu’il n’y avait personne d’autre dans ce cas là, personne sur cette planète qui puisse réellement comprendre la douleur profonde que provoquaient les mensonges quotidiens et nécessaires. En plus d’être compréhensif, Scott était patient : il était prêt à attendre Luya encore davantage. Heureusement que le trentenaire vint justement poser ses lèvres sur celles du beau brun, car non seulement Luya ne savait pas quoi répondre à cela mais il mourrait également d’envie de lui témoigner sa gratitude de la même manière... Alors qu’il fermait les yeux pour cueillir cet instant, le jeune homme se retenait de ne pas utiliser ses mains maintenant libérées. Si la discussion n’avait pas été aussi importante à ses yeux, il n’aurait pas hésité une seconde de plus et Scott serait déjà torse nu... Mais il n’avait pas la tête à ça. Luya ne voulait pas gâcher tous les efforts qu’il venait de faire, pas aussi rapidement en tout cas. Il avait simplement envie de rester ici, sur ce canapé, dans les bras de Scott. Il voulait oublier le monde entier et ignorer le temps qui passe. Alors, pendant ce court instant, il espérait secrètement que les paumes de son amant ne quitterait pas son visage. Il souhaitait que ce baiser reste intact, qu’il ne soit pas gâché par quelque chose de plus. Et puis, au plus profond de lui, Luya savait que s’ils décidaient d’aller plus loin à ce moment précis, Scott finirait par poser la question qu’il redoutait certainement le plus au monde... Jamais encore il n’avait parlé de sa cicatrice. Pas une seule fois. D’ailleurs, à par Adam et l’infirmier, personne ne l’avait jamais vue... Il avait déjà eu beaucoup de mal à évoquer son mal-être vis-à-vis de sa sexualité, il ne pensait pas être capable de parler ouvertement de ce que le désespoir l’avait poussé à faire. Il se revoyait encore adolescent, dans le jardin de la demeure familiale. Ce souvenir le hantait certainement trop, au point de l’effrayer encore aujourd’hui, à savoir six ans plus tard. Après tout, avec un peu chance Scott était myope et ne l’avait encore jamais remarquée... Luya chassa rapidement toutes ces pensées stupides de son esprit lorsque Scott recula. En croisant son regard, il eut alors cette sensation étrange qu’il pouvait dire ou faire le pire devant lui et Scott le trouverait toujours pur et digne d’intérêt. Il pouvait évoquer ses pensées les plus sombres, les mêmes qui le poussaient généralement à boire jusqu'à l'amnésie, simplement, sans avoir peur - même si c’était bien plus facile à dire qu’à faire.

« Reste pour la nuit, mes pancakes sont plutôt bons tu sais? » Le garçon ne sut quoi répondre. Toujours partagé entre son coeur et sa raison, il ne savait plus vraiment où donner de la tête. Quelque part, il avait la sensation d’avoir été piégé, comme si toute cette discussion servait uniquement à l’enfermer dans le lit de Scott durant toute la nuit. Ils allaient donc dormir l’un contre l’autre avant de se réveiller dans les mêmes draps... Cela paraissait simple en apparence, mais pour Luya, les choses étaient bien plus difficiles à accepter. Et même s’il acquiesçait, les vieux réflexes n’allaient-ils pas simplement ressurgir ? Si seulement Maxine n’avait pas été là, il serait reparti vers trois heures du matin, comme d’habitude... Et en même temps, il lui était maintenant redevable ; si la jeune femme n’avait pas été présente, si elle n’avait pas essayé de convaincre Scott qu’il n’était qu’un bon à rien, Luya ne serait pas assis là, avec la seule personne sur cette terre capable de le comprendre... Finalement, c’était un mal pour un bien. Et puis, au bout de trois ans, il était tout de même temps que les deux tourtereaux fassent plus ample connaissance et se découvrent véritablement. Le beau brun sourit. « S’ils sont plutôt bons, alors d’accord. Mais s’ils sont vraiment immangeables, je ne serai quand même pas obligé de te faire croire qu’ils sont délicieux, si ? » D’habitude, Luya n’était pas tendre avec Scott. Il ne lui adressait quasiment pas la parole, et à chaque fois qu’il décidait de lui parler, c’était souvent pour lui dire des choses sans intérêt sur un ton glacial. Mais cette fois-ci, il avait décidé de se montrer plutôt agréable et chaleureux, capable de faire un peu d’humour ; c’était un peu comme le soir de leur rencontre. Cette nuit-là, ils avaient beaucoup rit - et beaucoup bu aussi. À présent, Luya souhaitait retrouver cette complicité.

À cet instant précis, le jeune homme ressenti le besoin de se l’entendre dire... C’était bien beau de tourner sans cesse autour du pot, de faire part de leurs craintes respectives et de se consoler mutuellement car pour autant, les choses n’étaient toujours pas fixées et Luya ne savait pas vraiment sur quel pied danser. Est-ce qu’ils décidaient simplement d’être un peu plus sérieux où étaient-ils définitivement en couple ? Naturellement, le beau brun craignait de devoir poser cette question si... Stupide, au final. Peut-être que les gestes de Scott avaient été suffisamment clairs, mais il avait tout de même besoin d’une confirmation officielle, quitte à paraître ridicule. « Si je comprends bien... On est ensemble, pas vrai ? Vraiment ensemble ? » Une nouvelle fois, Luya se sentit honteux et ses joues le trahirent de plus belle. Même s’il était censé agir en adulte, il n’avait sûrement pas l’impression d’avoir grandi depuis le début de cette conversation, s’exprimant avec autant de facilité qu’un garçon de cinq ans. Néanmoins cette fois-ci, il regardait Scott, ne craignant plus sa réaction. Et en même temps, le fait de se savoir en couple n’était pas rassurant du tout : qui sur cette planète aurait envie de passer du temps avec lui ou d’apprendre à le connaître ? Il ne fallait pas avoir fait Harvard pour constater que Luya était loin d’être le type parfait ; il était trop distant, trop froid, trop abîmé pour qu’on puisse s’intéresser à lui sans que ça paraisse louche... Alors c’était à son tour de s’assurer de la sincérité de Scott ; une sorte d’engagement verbale qui cèlerait définitivement leur décision. Même s’il sentait bien qu’il pouvait compter sur l’infirmier, il y avait toujours une petite part d’inconnue et de doute qu’il préférait s’ôter de l’esprit immédiatement... Il attendait sagement que Scott réponde positivement à sa dernière requête lorsqu’il songea aux propos qu’il avait tenu à Maxine, quelques minutes auparavant : comme quoi, Luya était loin d’être stable. En moins d’une heure, il avait déjà changé d’avis. Qui sur cette planète était capable d’un revirement de situation aussi vite expédié, à part lui ? Et cette petite part de son esprit qui se débattait pour essayer de lui faire entendre raison et qui murmurait sans cesse : « Pars, pars sur le champs. Il est préférable que tu ne reviennes jamais ici. Trouve quelqu’un d’autre, n’importe qui. Le premier venu fera l’affaire... ». Le jeune homme espérait que le regard de Scott et la douceur de ses lèvres parviendraient à lui faire oublier cette voix qui cherchait à le chasser de ses bras...

Luya tenait simplement la main de Scott, ne sachant pas vraiment ce qu’il pouvait faire de plus. Ils s’était découvert mille fois dans des positions les plus improbables, et pourtant le garçon ne savait absolument pas comment se comporter dans un moment pareil. Il voulait l’embrasser à son tour, lui confirmer tout l’intérêt qu’il avait à ses yeux, mais il avait terriblement peur que les choses dérapent et qu’ils finissent par se jeter l’un sur l’autre. Maintenant que leur couple était sur le point d’être officialisé, Luya songeait déjà au lit qu’ils s’apprêtaient à partager. À partir de cette nuit-là, il ne viendrait plus pour assouvir ses désirs les plus sombres et les plus secrets et ne pourrait plus réellement imposer l’heure de son arrivée ni celle de son départ. Non. Lorsqu’il sonnerait à la porte la prochaine fois, il viendrait sûrement chercher Scott pour l’emmener au cinéma avant de lui faire l’amour... Mais un seul problème persistait : le moment de la révélation. Pour Scott, tout était plus simple : il avait déjà fait son coming-out et ne serait jamais gêné à l’idée de tenir la main de son homme dans un lieu public. Pour Luya, tout était différent. Il s’imaginait la réaction de ses proches lorsqu’il déciderait enfin de leur faire part de la vérité... Le baiser de Scott avait beau l’avoir rassuré quelques instants auparavant, cette sensation s’était rapidement estompée lorsqu’il songea à la discussion qu’il allait avoir avec Adam et sa mère. Finalement, la jeune homme se demandait s’il n’était pas plus sage de prévenir son père en premier. Cela pouvait paraitre facile, mais Luya aurait certainement plus de facilité à écrire les choses plutôt que d'avoir à les dire... Il soupira, lassé d’avoir trop pensé, effrayé de devoir se faire violence pour le bien être de son couple. Mais sa main toujours blottie dans celle de Scott lui redonnait du courage au moment même où il se sentait faible au point de renoncer au bonheur que l’infirmier pourrait lui procurer.

« Du coup si on est ensemble ça veut dire qu’on va faire des trucs ? » Luya n’avait toujours pas appris à remuer sept fois sa langue dans sa bouche avant de parler, et il se rendit compte - un peu tard - du sens caché que sa phrase avait bien du mal à dissimuler. Un jour, il pourrait peut-être arrêter de s’exprimer comme un enfant ; quand il aurait pris du gallon et qu’il serait capable de prouver tout l’amour qu’il éprouvait pour son homme. Pour l’instant, il était jeune, naïf et sans expérience. Il fallait lui pardonner sa fougue et son manque de sérieux. « Enfin, autre chose que les trucs habituels... Des choses plus normales... Comme des pancakes, par exemple... » Ou simplement, un baiser ? Juste ça. Leurs lèvres qui se frôlent... Juste une dernière fois. Avant la prochaine.
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MessageSujet: Re: MAX&LUYA&SCOTT ∞ locked hearts and hand grenades   Jeu 17 Jan - 22:53

Reste pour la nuit. Dans le monde de Luya et Scott, cette phrase aurait pu avoir un tout autre sens. Mais pas ce soir. Parce que ce soir, Scott venait juste de le réaliser, c'était bien la première fois qu'ils se parlaient. En temps normal, en dehors des moments où les mains de Scott n'étaient pas en train de courir sur la peau nue de Luya, Scott était affreusement silencieux. Ce n'était pas son genre, non, il était plutôt connu pour être bavard et souriant, au téléphone avec Dylan, c'était toujours lui qui parlait le plus si bien que sa petite soeur finissait toujours par se moquer de lui. "Hey Scotty, c'est moi la fille, tu te rappelles?" Jamais avec Luya. Il se contentait de simples hochements de tête et la plupart du temps quand il n'était pas d'humeur à tenter de comprendre le jeune homme, il finissait toujours pas enlever ses fringues. Si Luya parlait encore alors qu'il avait ôté sa chemise, Scott enlevait le reste. Pendant trois ans, il avait probablement trop regardé Luya et avait espéré que les yeux de ce dernier croisent les siens avec la même intensité. Il y avait eu la première fois, Luya était juste l'homme qui était là au parfait moment, juste la bonne façon de terminer la soirée après avoir beaucoup trop travaillé. Juste une échappatoire. Absolument rien d'autre. Ensuite, les semaines suivantes, plus d'alcool, Scott ne pouvait pas se mentir, et il avait regardé Luya avec une curiosité sans fin, se demandant ce qui le poussait à faire cela, à s'abandonner dans ses bras de cette manière, lui qui ne semblait pas si libre que cela dans le fond. Scott avait été assez intelligent à l'époque pour savoir qu'il ne devait pas poser de questions, mais il avait naïvement tenté de le faire rester une ou deux fois... Vainement. Trouvant toujours un côté du lit vide en se réveillant. Et puis, plus récemment, il avait regardé le jeune homme et réalisé qu'il était la raison pour laquelle il ne sortait plus, pourquoi il broyait du noir et restait accroché à son téléphone toute la journée, il avait vu Luya sous son véritable jour, comme la chose la plus vitale et la plus essentielle pour lui.

Cependant, grand masochiste qu'il était, Scott n'avait rien dit. Alors ils n'en avaient pas parlé. À quoi bon dans le fond? Les regards de Scott en disaient long, pas vrai? Ses yeux finissaient toujours par le trahir, beaucoup mieux que ses gestes et la tristesse dans ses prunelles là, il n'y avait que Luya pour la faire partir. Pourtant, Scott ne put s'empêcher d'éclater de rire face à la réaction de l'autre homme. C'était sans doute la première fois qu'il riait ouvertement, véritablement devant Luya car c'était bien la première fois qu'ils avaient un sujet de conversation aussi léger. "Tu sais quoi? S'ils sont infects, tu pourras les jeter à la poubelle toi-même, d'accord?" répondit Scott avant qu'un nouvel éclat de rire quitte ses lèvres. Quelqu'un d'autre aurait sûrement dit que c'était triste, dans quelle genre de relation s'embarquait-il? Il n'a jamais fait d'effort avant, tu crois qu'une simple conversation peut tout changer. Scott n'était pas stupide, non, mais la sagesse semblait lui manquer quand il s'agissait de Luya. "Maman, comment tu as su que tu étais amoureuse de papa?" Il ne sut pourquoi mais cet après midi de juin lui revint en mémoire, la famille Winston était de sortie et après cinq minutes de jeu, Scott était déjà chargé de mettre un pansement sur le genou de sa petite soeur qui ne pouvait pas tenir en place. Il avait posé la question, il ne savait pas pourquoi, et sa mère avait souri comme jamais avant de lui répondre. "Tu sais, je détestais ton père au début, je le trouvais un petit peu trop arrogant dans son uniforme... Et il me demandait tout le temps de sortir avec lui. J'ai fini par dire oui... Et puis un beau jour, je me suis rendu compte que si je disais non au début, c'est parce que j'étais déjà amoureuse. Certainement pas pour les bonnes raisons, mais c'était déjà trop tard..." Et des années plus tard, Scott se retrouvait là, au côté de Luya et il comprenait tout à fait ce que sa mère avait pu ressentir.

Il ne pouvait pas avoir de bonnes raisons dans ce cas-là, parce qu'aimer quelqu'un qu'est-ce que ça voulait dire en fait? Est-ce que c'était fermer les yeux et faire semblant de ne rien voir, ou alors voir les défauts, chérir les erreurs et embrasser les cicatrices? C'était tellement compliqué, trop compliqué, et l'infirmier savait bien qu'ils ne pourraient pas tout résoudre en un seul soir, non ce qu'ils avaient désormais c'était un début et un possible futur ensemble et pour Scott, c'était déjà beaucoup. Luya avait été fermé à toute discussion auparavant alors cette soirée était déjà une victoire en soi. " Si je comprends bien... On est ensemble, pas vrai ? Vraiment ensemble ? "La question était posée avec une telle innocence, Luya en rougissait même, encore une autre chose plutôt rare chez lui et il était content d'un côté de l'avoir poussé dans ses derniers retranchement. Il fallait vraiment qu'il remercie Maxine pour tout ceci, elle ne le savait pas encore mais elle venait de lui donner une véritable chance et ce, même si elle pensait que Luya ne la méritait pas. Mais Scott ne pourrait pas être qui il était, faire ce métier-là, s'il ne pensait pas que tout le monde méritait une seconde chance, lui comme Luya d'ailleurs. Car ils étaient tous les deux fautifs dans cette histoire. Luya pour avoir chercher à mettre de la distance entre eux et Scott qui l'avait tout simplement laissé faire et l'avait regardé s'éloigner. À un tel point qu'il avait fini par se convaincre que Luya n'était pas pour lui, qu'il était tout simplement hors de portée. Mais c'était bien lui qui ne trouvait pas les mots à présent et qui rougissait sur son canapé. Luya était plus qu'imparfait et désespéremment réel. « Du coup si on est ensemble ça veut dire qu’on va faire des trucs ? »Scott haussa un sourcil, se demandant si Luya réalisait ce qu'il venait de dire ou pas. « Enfin, autre chose que les trucs habituels... Des choses plus normales... Comme des pancakes, par exemple... »

Il réussit à arracher un autre rire à Scott, le deuxième de la soirée et l'infirmier répondit aussitôt. "J'avais compris, rassure toi Luya..." Il ne voulait pas que l'autre croit qu'il était en train de se moquer de lui, loin de là, toute cette conversation était tout simplement surréaliste et Scott était ravi de découvrir ce côté là de Luya. Comme quoi il pouvait être tout à fait innocent quand il le voulait, rappelant ainsi à Scott la différence d'âge entre eux. "Oui on est ensemble, ce qui veut dire qu'on va faire des trucs." dit finalement le blond reprenant les propos du plus jeune. Cependant Luya ignorait que pour Scott aussi c'était étrange d'être en couple. De nouveau. Don't screw this up. Car même s'il savait que Luya avait besoin de temps et de sa patience, il y avait toujours cette partie de lui-même qui avait envie de brusquer les choses et de tout avoir: la bague, la belle maison, le chien... Scott avait trente et un an, certains auraient dit que tout ceci n'était pas de son âge et qu'il devait sérieusement penser à se ranger. Comme si ce n'était pas justement ça que Scott voulait. "Tu sais, il n'y a pas vraiment de manuel pour ce genre de choses, la relation parfaite n'existe pas." Scott se sentait bête de sortir des trucs pareils mais c'était la vérité. Rien n'était parfait, au pire, ils pouvaient juste sauver les apparences et apprendre à mieux afficher leur bonheur que les autres. "On peut faire absolument ce que tu veux, sortir, aller voir un film au cinéma ou même rester au lit toute la journée... Comme tu préfères." Scott haussa les épaules, car dans le fond, ceci n'avait pas tellement d'importance pour lui. Tout ce qu'il voulait, c'était pouvoir se réveiller, tourner la tête et voir Luya paisiblement endormi à côté de lui. Il l'embrasserait alors et se rendormirait, serein. Quelque chose de simple. "Je ne veux absolument rien t'imposer, il faut que tu sois confortable avec tout ce qu'on fait, il ne faut pas que tu t'inquiètes, en fait, il y a juste une chose que tu ne dois jamais oublier."

Je t'aime.

C'était ce que Scott voulait dire, ce que Scott aurais dû dire mais Luya n'était pas prêt, pas quand il avait cet air si terrifié à la pensée de faire des choses normales avec Scott, il devrait donc attendre. Car ce n'était pas la première fois que Scott disait je t'aime à quelqu'un et il avait appris à reconnaître les signes. Pourtant, enfant, il ne répondait pas quand sa mère le lui disait, trop fâché avec ces syllabes, il se contentait d'un maigre sourire. Et puis un jour il avait craqué, il l'avait dit sur la tombe de son père le jour de l'anniversaire de ses huit ans. Puis ensuite sa mère, ensuite Dylan. Et puis les mots s'étaient perdus, il ne l'avait même pas dit quand il s'était cru amoureux au lycée, sachant que ce n'était pas réciproque. Il avait fallu attendre Maxine pour qu'il ose le dire et il avait été sincère avec elle, tout comme il l'avait été quand il l'avait dit à Maximilian. Mais Luya? Non ce n'était pas encore le bon moment, Scott devrait attendre encore quelques temps. Il prit une profonde inspiration, regardant un instant ses genoux, Luya ne sachant probablement ce qu'il était en train d'abandonner là tout de suite. Il releva la tête, une expression sereine sur le visage. "Tu as le droit d'avoir des doutes, tu as le droit d'en avoir marre, tu peux être triste ou même en vouloir avec la terre entière mais il y aura bien une chose qui ne changera pas." Il se pencha pour embrasser le cou de Luya, puis sa joue droite, puis le coin de ses lèvres, ses yeux ne quittant pas l'autre."Tu es à moi." Il attendit quelques secondes que Luya intègre l'information et il ajouta ensuite. "Tu comprends ça Luya? Tu m'appartiens. Personne d'autres ne peut t'avoir compris?" Tandis qu'il posait la question, une des mains de Scott se perdit dans la chevelure de Luya avant de lui voler un second baiser, beaucoup plus brutal que le premier, Scott ne lui demandant pas la permission cette fois-ci et il sentit bien qu'il était en train de perdre pied. Mais, se dit-il tandis qu'il s'appuyait contre Luya, le faisant basculer sur le canapé, Scott au dessus de lui l'embrassant toujours, était-ce si mal? Car après tout c'était la chute qui était fatale, tomber était plaisant et agréable et quitte à le faire avec quelqu'un... Luya était le meilleur candidat.
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MessageSujet: Re: MAX&LUYA&SCOTT ∞ locked hearts and hand grenades   Ven 18 Jan - 1:51

Luya n’avait jamais dit « Je t’aime ». En vingt-trois années d’existence, jamais ces mots n’avaient franchi le seuil de sa bouche, condamnés à être emprisonnés dans les méandres sinueux de son esprit. Et encore, les avaient-ils seulement pensé ? Il n’était définitivement pas démonstratif, incapable de s’exprimer convenablement. Il existait sur cette planète des personnes douées pour trouver les bons mots, les choisir judicieusement pour former des combinaisons puissantes et poétiques ; ou au contraire, terriblement violentes. Ces gens là parvenaient à dépeindre les sentiments les plus complexes du monde en quelques phrases, s’élevant instantanément au rang de magiciens... Mais le jeune homme était bien loin de faire partie de cette minorité. Il était trop ordinaire pour pouvoir réaliser de telles choses. Il s'émerveillait souvent et facilement, mais il ne se sentait pas à la hauteur de toutes ces âmes touchées par la grâce du ciel. Il comprit alors que les déclarations de ce genre n’étaient pas faites pour lui, renonçant même au bonheur de pouvoir exprimer ce qu’il ressentait pour les personnes qui l’entouraient. Et pourtant, il y avait une petite lueur d’espoir dans les yeux de Scott. Une minuscule flamme qui dansait doucement et qui le réchauffait au point de l’embraser parfois. Luya avait mis du temps avant de la remarquer ; mais depuis qu’il l’avait vue naître, il ne pouvait plus s’empêcher de l’observer. Cette espèce d’intensité qui le faisait revenir depuis trois ans, qu’il cherchait parfois dans la nuit noire ou dans le regard d’un autre. Et à chaque fois qu’il réalisait que ce feu ne crépitait que dans les yeux du beau blond, il se sentait perdu, confus de ne pas pouvoir décrire cet étrange phénomène. Le beau brun aurait aimé pouvoir lui dire tout ça, lui parler de ce petit rien dans son regard qui lui procurait tant de choses à la fois. Mais pour l’instant, il ne comprenait pas ce qui alimentait cette flamme éternelle, persuadé qu’elle n’avait rien à voir avec ses propres sentiments. Un jour où l’autre, Luya finirait bien par se réveiller et se rendre compte qu’il s’agissait en réalité des nombreux effets de l’amour, qu’il le veuille ou non...

Pour la première fois de la conversation, le jeune homme sourit franchement, sans aucune pudeur. Le rire de Scott lui redonnait confiance en lui. Ou plutôt, en eux. Finalement, cela semblait beaucoup moins compliqué que lorsque Luya se l’était imaginé. Oui, dans cet éclat de rire partagé raisonnait une vraie promesse : celle que tout était maintenant possible, qu’ils arriveraient à surmonter tous les obstacles qui les attendaient, du moment qu’ils regardaient ensemble dans la même direction. Il fallait tout de même rester lucide et ne pas oublier qu’ils devraient être patients, qu’ils avaient encore beaucoup de choses à régler avant que tout soit vraiment parfait. Mais en attendant, cette soirée entière leur appartenait et Luya ne souhaitait pas la gâcher en s’abritant derrière un masque distant et froid, comme il avait l’habitude de faire. Au contraire, il se découvrait plutôt drôle et il n’existait pas de nouvelle plus réjouissante. Lui qui avait surtout lu la tristesse sur le visage de Scott pouvait à présent jouir de son nouveau pouvoir ; il pouvait le rendre heureux et il s’en donnerait à coeur joie. Luya ne répondit rien pour le moment, acquiesçant simplement d’un signe de tête. Qui aurait cru que de simples pancakes allaient les rapprocher de la sorte ?... Mais quelques instants plus tard, Scott répondait déjà à toutes ses questions. « Oui on est ensemble, ce qui veut dire qu'on va faire des trucs. » Effectivement, vu sous cet angle, cela pouvait paraître assez ridicule. Et pourtant, les propos de l’infirmier ne pouvaient être plus justes, plus rassurants. Pour ce qui semblait être la première fois depuis qu’il avais mis les pieds dans cet appartement, Luya respira enfin, emplissant ses poumons de tout l’oxygène qui se trouvait à sa portée. S’il n’avait pas eu peur d’avoir l’air encore plus idiot, il se serait certainement laissé tomber en arrière pour apprécier pleinement cet instant. Ils étaient donc ensemble. À vrai dire, il avait même du mal à se concentrer sur les quelques mots qui suivirent cette simple déclaration. Ensemble. C’était simplement trop beau pour être vrai.

Les lèvres de Scott continuaient de bouger juste devant lui, l’hypnotisant complètement. Il était maintenant prêt à se laisser aller. Complètement. Le trentenaire avait beau parler de cinéma ou de journée passée au lit, Luya était déjà ailleurs. Oh, il n’était pas très loin. Il entendait la voix douce de son homme mais il ne l’écoutait pas vraiment. Il se retenait encore et toujours de ne pas se jeter sur lui, de ne pas lui arracher la moindre parcelle de textile qui le séparait encore de sa peau. Sans même le toucher, il sentait déjà la chaleur de son corps contre le sien... Le jeune homme était littéralement en train de craquer, et les tendres baisers de Scott n’allaient certainement pas le calmer de si tôt. Sans parler de son regard qui s’emparait de lui au point de se demander si Luya n’allait tout simplement pas se brûler à force de jouer avec le feu. Et puis, ces mots... « Tu es à moi. » Le rythme cardiaque du beau brun s’accéléra subitement alors qu’il respirait maintenant par la bouche. « Tu comprends ça Luya? Tu m'appartiens. Personne d'autres ne peut t'avoir compris? » Tandis que la main de Scott vint se loger dans sa chevelure, Luya se mordit discrètement la lèvre inférieure, conscient qu’il était en train de céder... Il eut à peine le temps de se rendre compte de sa propre faiblesse que l’infirmier était déjà sur lui. Les deux hommes s’embrassaient mais les mains de Luya restaient fermement agrippées à son jean : il n’avait pas envie de montrer à quel point il désirait l’autre homme et préférait donc les garder pour lui, même si Scott ne tarderait plus à sentir quelque chose qui le trahissait déjà... Il ne voulait pas ça. En tout cas pas maintenant. C’était déjà vu et trop ordinaire pour qu’ils se laissent aller aussi facilement. Pourquoi ne pas attendre un peu ? Quelques jours seulement, juste le temps qu’il faut pour faire naitre le manque... « D’accord, mais à une seule condition : tu es à moi aussi. » Et malgré la situation, le beau brun n’avait jamais été aussi sérieux.

Scott était toujours sur lui et il fallait maintenant qu’il trouve une idée pour se sortir de là. Non pas que l’infirmier soit subitement devenu répugnant - au contraire, il n’avait jamais été aussi beau. Mais Luya était convaincu que ce n’était pas le bon moment, qu’ils avaient encore d’autres choses à se dire ou à partager avant de se jeter l’un sur l’autre. En réalité, il craignait que leur relation ne se résume qu’à cela, malgré toutes les discussions du monde. Et s’ils ne parvenaient jamais à aligner plus de trois mots ? S’ils étaient condamnés à se dévorer en un regard ? N’allaient-ils pas droit dans le mur s’ils ne communiquaient pas, s’ils ne partageaient rien de plus ? Pourtant Luya mourrait d’envie de glisser ses mains sous le t-shirt de Scott ou de venir susurrer des mots qu’il n’avait encore jamais prononcé au creux de son oreille. « J’ai envie de toi... », se répétait-il sans cesse, se retenant de ne pas penser à haute voix. Et c’était bien vrai : il ne désirait rien d’autre à part rester ici, coincé dans les bras de son homme. Mais il fallait pourtant qu’il se résigne à trouver une issue de secours. Qu’est-ce qui pourrait calmer ses ardeurs - ou plutôt, leurs ardeurs ? Ils n’allaient tout de même pas se lancer dans une séance de muscu improvisée ? Et puis de toute manière, Luya n’était pas capable de faire plus de trois pompes ; c’était perdu d’avance. Entre la bouche, les mains, les pieds et le torse de Scott serrés tout contre lui, c’était tout de même relativement dur d’essayer de se concentrer sur autre chose... Il lui fallait... De l’eau. Oui, voilà. De l’eau fraiche, voire glaciale. Quelque chose qui le refroidirait avant que Scott décide d’aller encore plus loin. Sur un ton faussement sérieux, Luya se détacha donc de l’infirmier, le poussant de ses mains qui n’avaient toujours pas servies jusqu’ici. « On va prendre un bain ? On n’a jamais pris de bain ensemble... »

Au moment même où sa bouche se referma, Luya réalisa. Un bain. Sérieusement ? C’était à se demander s’il essayait vraiment de repousser le moment fatidique où il serait complètement nu... Comment avait-il pu être aussi bête ? Et Scott qui lui avait promis de participer à toutes les activités qu’il proposerait... Mais bordel, qu’est-ce qui n’allait pas chez lui ?! Il attendait la réponse de Scott, le souffle court, comme un accusé pourrait attendre sa sentence...
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MessageSujet: Re: MAX&LUYA&SCOTT ∞ locked hearts and hand grenades   Jeu 24 Jan - 20:42

C'était sans doute la première fois que Scott embrassait quelqu'un de manière aussi désespérée et pourtant, ce n'était pas son premier baiser. Serait-il passé pour un inconditionnel romantique s'il disait qu'à chaque fois qu'il embrassait Luya, il lui semblait que c'était bien la toute première fois que ses lèvres rencontraient celles de quelqu'un d'autre? Sûrement, et la métaphore n'était pas très originale cependant, c'était parfaitement ce que Scott ressentait. Comme si Luya possédait cet espèce de pouvoir malsain qui lui permettait de briser Scott et de faire de lui quelqu'un de nouveau avec chacun de ses baisers. Très franchement, c'était l'activité favorite de Scott, il aurait pu passer des heures juste à embrasser Luya et ne jamais se lasser. Son premier baiser avec un autre homme avait été maladroit, trop rapide et trop brusque, il n'avait que seize ans à l'époque et l'autre adolescent s'était pratiquement jeté sur lui, étant plus expérimenté que Scott. Le blond n'avait pas posé de question, il s'était laissé guidé et il s'était juste dit que c'était mieux qu'avec une fille. Sur le coup, il n'y avait pas pensé plus que cela. Il y en avait eu d'autres évidemment, car même si Scott avait toujours su être discret, à tel point que même ses camarades les plus proches à l'université ne savaient pas s'il préférait les hommes ou les femmes, il n'avait jamais été innocent. Les coups d'un soir avant Luya il connaissait, il n'avait jamais été un grand fan, mais quand l'occasion se présentait il ne réfléchissait pas plus que cela, il était jeune, il avait encore de belles années devant lui. Et puis il y avait eu Maximilian, qui savait toujours l'embrasser quand il fallait et de la bonne manière. En y repensant, c'était un peu trop parfait pour être vrai, c'était sans doute pourquoi quand il s'était retrouvé tout seul, le retour à la réalité avait été plus que difficile. Pas de ça avec Luya cependant... Et puis, le pire était derrière eux pas vrai?

C'était ce que Scott voulait se dire, et peut être qu'il était un perpétuel optimiste, que Maxine et Dylan lui diraient de nouveau qu'il avait tort mais que personne se trompe. Scott aussi avait ses moments de doutes, même s'il aimait Luya, il ne savait pas encore s'il pouvait complètement faire confiance au jeune homme, ça, c'était quelque chose que Luya devait durement gagner et ce même si le coeur du blond avait été très facile à capturer. Mais Luya était à lui. Et il était à Luya. Oui, depuis trois ans, Scott appartenait au jeune homme sans que celui ne s'en rende compte probablement, et pourtant que savaient-ils l'un de l'autre? Pas grand chose. La preuve, Maxine, qui était l'une des personnes les plus importantes pour Scott, était une parfaite inconnue pour le jeune homme. Ils auraient tout le temps du monde pour corriger tout ceci. Là tout de suite, Scott ne se rendait pas compte qu'il envoyait le mauvais message à Luya, ou peut être pas, une certaine partie de lui se demandait pourquoi est-ce qu'ils avaient encore leur vêtement, et, peut être les apparences ne jouaient pas en sa faveur à présent, Scott savait être patient, cependant Luya sur son canapé semblait un défi supplémentaire pour l'infirmier. Il poussa un léger grognement quand le jeune homme se détacha de lui. « On va prendre un bain ? On n’a jamais pris de bain ensemble... » Scott haussa un sourcil à la nouvelle requête, s'écartant davantage de Luya pour ne pas de nouveau sombrer. Il se permit juste de passer son pouce sur la lèvre inférieure de l'autre homme avant de pousser un soupir. Au moins Luya ne prenait pas la fuite, c'était déjà ça, pas vrai? Cependant, s'il espérait calmer les ardeurs de Scott un bain n'était sans doute pas la meilleure solution. Le blond décida de ne pas le lui faire remarquer et reprit la parole. "C'est vrai ça, surtout que j'ai une grande baignoire, il faudrait en profiter."

Il était très sérieux quand il disait qu'il ferait absolument tout ce que Luya voulait, que ce soit prendre un bain ou même sortir. En trois ans, ils n'avaient jamais rien fait de très élaboré, ou de romantique ou même spontané. C'était toujours Luya qui décidait où et quand et Scott suivait sans véritablement se poser de questions. À quoi bon poser des questions? Du moment qu'il arrivait à avoir Luya pour une ou deux heures, tout était bon pour Scott. Allait-il rester toute la nuit cette fois-ci? Ces mots là non plus n'arrivaient pas à franchir les lèvres du blond, ils semblaient aussi interdits que le "je t'aime" qu'il aurait voulu crier et prononcer car il y avait des expressions qu'il ne voulait pas lire sur le visage de Luya. Comme l'ennui ou le désintérêt total, Scott ne voulait pas être une source d'ennui pour l'autre homme, bien au contraire. Il ne désirait pas non plus voir un sourire moqueur sur son visage s'il posait la question, car Luya aurait bien pu, sans même vraiment lui dire ou non ou dire quoi que ce soit, lui offrir une expression narquoise qui indiquait clairement que l'infirmer espérait un peu trop. Et plus que tout, Scott ne voulait pas lire la peur sur son visage ni même le doute. Certes, tout ceci était nouveau pour Luya, mais Scott n'avait pas l'impression d'avoir changé, il était toujours le même et ressentait toujours la même chose pour Luya réciproque ou pas, voilà à quel point il était tombé. Oui, tombé, car c'était bien ça l'expression quand il s'agissait d'amour non? Scott n'avait jamais véritablement compris avant Luya, il n'avait jamais vu l'amour comme quelque chose de destructeur et de dévasteur, c'était ça le revers de la médaille et la chose dont personne n'osait parler. Et si ce que je faisais n'étais pas assez? Et s'il ne m'aimait pas?

Scott se contenterait tout simplement de ce que Luya lui donnait, de ce qu'il le laissait prendre, certes ce n'était pas de l'amour, c'était un compromis, mais il estimait que c'était mieux que rien. Il poussa un autre soupir avant de se redresser le plus lentement possible, ne pas être près de Luya lui faisait physiquement mal. Il baissa les yeux vers lui avant de retirer son sweater qu'il laissa retomber sur le sol. "Tu me rejoins dans la salle de bain? Au cas où tu aurais oublié où c'était, c'est la porte au fond du couloir. Juste avant la chambre." déclara Scott avant de tourner les talons et de s'y diriger, ne pas toucher Luya était un exercice plus que difficile pour lui et il était plus que certain qu'il allait perdre à ce petit jeu là. Scott envoya littéralement valser ses chaussures devant la porte de la salle d'eau avant d'y rentrer. En face du miroir, il constata soudainement qu'il avait les mains tremblantes, réalisant enfin tout ce qui venait de se passer ce soi. Il regardait son propre reflet avec un maigre sourire agrippant les rebords du lavabo, s'assurant du même coup que tout ceci était réel et qu'il ne rêvait pas. Non, ce n'était pas la fin parfaite mais même les petits scénarios que Scott s'était imaginé ne valaient pas la réalité. Il ne devait pas paniquer maintenant et tout gâcher. Dans un sens, il était risible de voir les choses qui faisaient paniquer Scott: se retrouver seul avec la personne qu'il aimait. Il n'était pas hésitant et nerveux dans les couloirs de l'hôpital, quand il allait de patient en patient, voyait beaucoup trop de sang... Comme aujourd'hui, il y avait eu un accident de voiture dans le centre ville et l'hôpital avait été sur le qui vive pendant une grande partie de la journée et comme à son habitude, Scott avait dû faire bien plus que son devoir de médecin. Il avait appris sur le tas et sur le front et pour lui, recoudre quelqu'un avec du véritable matériel médical relevait du miracle. C'était risible de se dire qu'il avait sûrement vu l'horreur plus d'une fois et qu'il avait toujours foncé sans la moindre hésitation et qu'un jeune homme de vingt-ans pouvait le faire flancher. Il se passa une main dans les cheveux, riant de son propre comportement et se trouvant absolument ridicule puis il se tourna vers la baignoire, et commença à faire couler l'eau chaude. Scott se dit que le reste de ses vêtements était bien inutile et il était en train de les enlever quand la porte s'ouvrit de nouveau...
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MessageSujet: Re: MAX&LUYA&SCOTT ∞ locked hearts and hand grenades   Jeu 24 Jan - 23:32

« Adam ? » Luya avait timidement poussé la porte de la chambre de son grand frère. Il devait avoir à peine treize ans, son aîné en avait cinq de plus. Le jeune homme brun était en train de rédiger un devoir important quand Luya fit irruption, l’air perplexe. Adam avait alors posé son stylo, invitant son frangin à s’asseoir sur son lit. S’il y avait bien une chose de certaine c’était que les Sparks demandaient rarement de l’aide, mais lorsqu’ils se décidaient enfin à le faire, il fallait leur accorder toute l’attention nécessaire. « Encore quelqu’un qui t’embête à l’école ? Dis-moi qui c’est, je m’en occupe. » Adam avait toujours été ce genre de garçon très populaire, mais c’était certainement le seul de son espèce qui n’avait jamais demandé à ce qu’on le mette sur un piédestal. Tout était arrivé par hasard et il était loin de jouer de cette situation. Au contraire, il agissait toujours en fonction de ses valeurs, fidèle à lui-même. Il savait que sa gloire était éphémère et qu’en dehors du lycée, aucun signe distinctif ne lui permettait de sortir de l’ordinaire... Mais naturellement, son petit frère passait avant tout et s’il devait mettre quelques gifles à d’autres gamins sans défense qui causaient du tort à Luya, il n’hésitait pas une seule seconde. « Non, ce n’est pas ça. Pas cette fois. » Adam parut surpris autant qu’il était rassuré. « Il y a une fille qui veut m’embrasser. » Luya regardait le bout de ses chaussures qui ne touchaient même pas le sol alors qu’il était assis sur ce lit... Il avait peur de ce qu’il pourrait dire et de la réaction de son grand-frère, de son modèle, son héros. Celui qui avait réussi à lui faire oublier son propre père lorsque ce dernier partait à la conquête du monde pour les affaires... « Et alors ? Tu ne veux pas ? » Adam était patient et très à l’écoute ; il était l’épaule parfaite que Luya recherchait lorsqu’il n’allait pas bien. « Ce n’est pas ça c’est... Et si... » Luya sentait son coeur s’écraser tout au fond de sa poitrine alors qu’un seau d’eau glacée imaginaire venait de lui tomber dessus. « Et si je n’aime pas ça ? » Adam laissa échapper un petit rire avant de serrer son frère contre lui. « Tout le monde aime ça. Je suis certain que même Maman aime ça. » Luya fit une grimace aussi répugnante que l’image qui venait de lui traverser l’esprit. Le côté provocateur de l’adolescent qui se tenait à ses côtés avait parfois tendance à l’agacer. « Je veux dire... Si je n’aime pas... Avec une fille... » Adam explosa de rire et se releva subitement, croyant à une farce. « Tu es un Sparks. Que tu le veuilles ou non, tu as ça dans le sang, frangin. Tu n’es peut-être pas encore prêt, voilà tout. Maintenant, j’ai un devoir à finir. Va jouer dans ta chambre. » Il passa une main taquine dans les cheveux de son petit frère et repris la rédaction de sa dissertation. Luya resta là un instant, observant le léger rictus qui ne quittait plus le visage d’Adam. C’était certainement ce jour-là qu’il avait compris qu’il devait se taire, oublier l’idée qu’il puisse un jour embrasser un homme. Sans oublier la religion qui l’avait proscrit avant que son aîné lui confirme ce qu’il craignait le plus au monde : il ne pourrait jamais être heureux, il n’avait pas le droit.

Alors qu’il repoussait doucement Scott, Luya repensait à cette conversation comme si elle s’était produite hier. Il était toujours ce petit garçon complètement apeuré qui avait besoin qu’on le rassure, qu’on lui dise que ce n’était pas grave et qui aurait pu se mettre à pleurer rien qu’en s’imaginant partager l’intimité de quelqu’un (et tout ce que cela impliquait). Il n’avait pas changé, mais malgré ses croyances et son désir de vouloir résister à la tentation, il avait fini par céder... C’était certainement la raison pour laquelle il se haïssait autant : non seulement il courait toujours secrètement après l’approbation de sa famille mais il était maintenant aigri et amer lorsque, par malheur, il croisait son reflet dans un miroir. Il aurait aimé que les choses soient plus simples ; pas seulement pour lui, mais surtout pour Scott. Pour la première fois en trois ans, il se souciait de ce que l’infirmier pouvait penser ou ressentir. Le pouce de son homme posé sur ses lèvres, il aurait voulu lui dire que ce n’était certainement pas lui qu’il fuyait, que c’était bien plus compliqué que ça. Mais le trentenaire soupirait déjà, et dans un souffle, il se releva avant d’enlever son sweater. Ce dernier aurait très bien pu se mettre nu immédiatement, Luya n’y aurait plus vraiment prêté attention. À cet instant, le garçon voulait simplement attraper la main de Scott et le retenir encore quelques secondes auprès de lui, juste le temps nécessaire pour que celui-ci puisse voir dans son regard qu’il lui promettait de passer la nuit avec lui. Mais son corps ne lui répondait plus, et quand bien même il aurait réussi à retrouver le contrôle, Scott était déjà parti... « Tu me rejoins dans la salle de bain? Au cas où tu aurais oublié où c'était, c'est la porte au fond du couloir. Juste avant la chambre. » Luya ferma les yeux, immobile. Lui qui voulait un moyen radicale de calmer ses ardeurs, il l’avait trouvé. Les derniers mots du beau blond résonnèrent dans sa tête et semblaient même rebondir sur les parois de son pauvre petit crâne. Le veilleur de nuit venait de réaliser à quel point il avait été négligeant et... Égoïste. En trois ans, il s’était contenté de passer en coup de vent dans la vie de Scott, faisant quelques apparitions succinctes pour se satisfaire sans se demander ce qui pourrait contenter son amant, au point de ne pas être capable de trouver une foutue salle de bain dans un appartement. Si c’était à refaire, il réagirait plus rapidement. Luya posa une main sur son ventre ; la déclaration de Scott avait eu l’effet d’un énorme coup de poing qui lui avait littéralement retourné les entrailles. Il se jura alors qu’au moment où il parviendrait à rouvrir les yeux, tout serait différent. Après tout, ils étaient seuls ici. Personne ne pouvait se permettre de les juger ou de les rejeter simplement parce qu’ils s’aimaient. Ils étaient bien au chaud dans leur forteresse, et rien ne pouvait les atteindre du moment qu’ils y restaient. Et dans le pire des cas, ils pourraient toujours construire quelques fortifications supplémentaires pour rester à l’abris du monde extérieur. Alors il fallait que Luya arrête d’avoir peur des autres, qu’il ne soit plus sous l’influence de ceux qui n’étaient même pas présents physiquement pour assister à la scène. Cela ne regardait que lui - et Scott. D’ailleurs, son prince était certainement en train de faire couleur l’eau de leur bain... Finalement, cela ressemblait aux nombreux contes de fée qui avaient bercé l’enfance de Luya. On n’était plus très loin des bons vieux clichés hétéros, à un détail près...

Luya prit alors une profonde inspiration et se leva, plus déterminé que jamais. Il se répétait inlassablement qu’il ne craignait plus rien et que personne ne pourrait l’arrêter. Il se dirigea donc vers la salle de bain ; et même si Scott ne lui avait pas rappelé l’endroit exact où elle se trouvait, le garçon l’aurait rapidement découvert grâce aux quelques indices que son homme avait laissé sur son passage. Arrivé à bon port, Luya ouvrit doucement la porte, passant d’abord la tête puis le reste de son corps. Scott s’était déjà débarrassé de ses vêtements, mais le beau brun ne se focalisait pas là-dessus - en tout cas pas encore. Il s’éclaircit la gorge pour inciter l’infirmier à se tourner vers lui, avant de lui sourire. Il s’approcha lentement, comme s’il avait peur de l’effrayer définitivement. Luya saisit alors les mains du beau blond afin de le tirer vers lui. « Je suis désolé. » Jamais le jeune homme n’avait été aussi sincère. « Je sais que... Que tu mérites mieux et que tu as souffert... Et si je pouvais revenir en arrière, crois-moi... » Mais il était trop tard, le mal était déjà fait. Luya pouvait dire tous les mots du monde, il savait pertinemment que cela ne parviendrait pas à guérir les blessures de Scott. Le trentenaire aussi aurait besoin de temps. « Je suis vraiment désolé. » Le beau brun avait insisté sur le dernier mot alors que ses mains lâchaient celles de son interlocuteur pour venir se poser sur les joues de ce dernier. « Et j’ai peut-être besoin de temps, mais tu as besoin de... » D’amour ? « ...de bien plus que ça. Et je te promets que ça va changer, que je ne vais plus t’abandonner. » Il avait peur à présent que Scott s’imagine qu’il restait uniquement suite aux menaces de Maxine, mais il n’en était rien. Après tout, il s’était lui-même interdit de vivre de bons moments avec Scott pendant tout ce temps ; il était le seul responsable, mais il était tout aussi frustré que le blondinet à présent. « Je serai là demain matin. », dit-il alors dans un sourire, avant de l’embrasser tendrement. Et tandis que ses lèvres ne voulaient plus se défaire de celles de son homme, Luya déboutonna doucement les quelques boutons de son t-shirt avant de le faire valser dans un coin de la pièce. Il fit de même avec le reste de ses vêtements, se risquant même à caresser le torse nu de Scott... L’eau coulait toujours mais Luya ne parvenait pas à se convaincre qu’il était peut-être temps de se glisser dans la baignoire. Il cessa d’embrasser Scott pendant un court instant, l’interrogeant du regard. « Dis-moi simplement ce que tu veux qu’on fasse... Et je le ferai. N’importe quoi. » Finalement, ce bain n’était pas une si mauvaise idée...
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MessageSujet: Re: MAX&LUYA&SCOTT ∞ locked hearts and hand grenades   Jeu 31 Jan - 21:08

En tant qu'infirmier, Scott avait déjà vu toutes les blessures possibles. Et encore plus quand il avait été sur le front. Il savait exactement ce qui pouvait faire mal à quelqu'un sur le plan physique, comment le détruire et anéantir tous ses rêves avec de simples coups. Trop de points de sutures, trop de cicatrices, beaucoup trop de sang... Parfois Dylan lui demandait comment il faisait pour réussir à dormir. À dire vrai, Scott n'y pensait pas vraiment. Il arrivait très bien à faire la séparation entre sa vie privée et son job, car si le blond se mettait à y penser, il était certain qu'il ne fermerait plus l'oeil de la nuit. Il se rappelait très bien de sa première nuit justement, bien loin des États-Unis, c'était la chaleur qui l'avait réveillé et non le bruit du chaos environnant. Il s'était alors assis sur le sol de sa chambre et avait appelé Dylan. Elle, elle n'était pas endormi, non, c'était le début de l'après-midi pour elle et elle avait tout de suite répondu, se disant qu'il y avait forcément quelque chose qui c'était mal passé. « J'attendais toujours qu'on m'appelle pour me dire que tu étais mort ou un truc comme ça. » lui avait-elle confié à son retour. Mais franchement, Scott avait toujours contemplé sa propre mort avec un désintérêt complet. Cela devait arriver un jour pas vrai ? Alors il ne s'attardait pas plus que cela sur ce fait, ce n'était pas de la désinvolture ou du je m'en foustime c'était juste ainsi que Scott fonctionnait. En règle générale, son propre sort lui importait peu et encore heureux sinon il n'aurait pas pu exercer un tel métier. Il avait toujours fait passer les autres avant lui même et ça avait commencé par sa mère quand il était plus jeune, quand il avait réalisé que contrairement à tous les autres enfants, lui, il n'avait pas de père, il devait donc se débrouiller tout seul pour certaines choses. Et puis après il y avait eu Dylan et alors tout ce qui avait compté pour lui c'était sa mère et sa sœur, absolument rien d'autre. Les amis ? C'était optionnel. Les éventuels petits amis ou même petites amies ? Scott ne restait pas suffisamment longtemps avec eux pour que cela compte vraiment et ce n'était pas son genre de présenter quelqu'un à sa famille. Sa mère s'en plaignait souvent d'ailleurs...

« Tu es si mystérieux, si tu trouves quelqu'un de bien... tu me le diras, n'est-ce pas ? » Mrs Winston s'inquiétait pour son fils, quoi de plus normal. Mais Scott ne se souciait jamais de lui-même. Et puis il y avait eu la tentative de suicide de Dylan, incident pour lequel Scott se sentait entièrement et pleinement responsable. Il aurait dû prévoir que l'adolescente tenterait de faire quelque chose de ce genre tôt ou tard, ça se sentait dans son regard, dans la façon dont elle piquait parfois les photos du père de Scott pour s'imaginer un passé qu'elle n'aurait jamais. Et son grand frère avait veillé à l'hôpital, il avait entendu qu'elle se réveille, il lui avait tenu la main et s'était fait violence quand infirmier et autre lui avaient dit qu'il ne pouvait pas être là en dehors des heures de visite. C'est ma petite sœur, je reste. Dylan s'était réveillée quelques jours plus tard et au lieu d'être en colère ou déçu, il lui avait offert un sourire. Et il s'était dit plus jamais. Plus jamais ça. Il redoublerait de vigilance et d'attention pour que cela n'arrive plus jamais. C'était sûrement pour cette raison qu'il était un bon infirmier, enfin, d'après ce qu'on lui avait dit, ce n'était pas le genre de Scott de se vanter... Mais à force d'ignorer pendant aussi longtemps ses blessures, il avait fini par oublier que lui aussi avait saigné, lui aussi avait plusieurs fois chancelé et pas à cause de combats acharnés au nom d'une quelconque patrie... Juste parce qu'il avait essayé d'aimer. Juste parce qu'il avait voulu faire comme les autres et qu'il s'était brûlé au passage. Pas une fois Scott n'avait renoncé et c'était à croire qu'il était maso ou quelque chose dans ce goût là. Parce qu'avec Luya, il était certain que n'importe qui aurait renoncé avant. Pas Scott.

Il avait attendu pendant trois années et c'était grâce aux autres qu'il avait réalisé qu'il été blessé, grâce à Dylan, grâce à Maxine. Scott aurait juste se tenir là et endurer les coups avec un sourire aux lèvres parce qu'il avait tout simplement décidé que Luya en valait la peine. Il avait tout misé sur le jeune homme et trop de fois, il avait eu l'impression de perdre. Beaucoup trop de fois. Mais ce soir il semblait bien qu'il avait bien fait d'attendre et quand Luya lui demanda de se retourner et qu'il prit ses mains entre les siennes, Scott perdit quelques précieuses secondes à regarder leur doigt entremêlés, surpris qu'un geste aussi simple ne leur soit pas venu à l'esprit avant. « Je suis désolé. » Pourquoi est-ce que Luya s'excusait ? Scott le regarda surpris, attendant que le jeune homme poursuive sa phrase. Il l'écouta avec un maigre sourire aux lèvres, il faillit l'interrompre pour lui dire qu'il n'avait pas besoin de ses excuses. Il ne voulait pas les entendre vraiment. Car Scott lui avait déjà pardonné. Parce que lorsqu'il aimait, le blond ne trichait pas, il ne prenait pas juste ce qui était bon et tout ce qui pouvait rassurer les gens et leur donner de l'espoir non. Il prenait également ce qu'il y avait de mauvais, les mauvais coups, les cicatrices, Scott voulait absolument tout parce qu'il aimait Luya et il se moquait de son propre état. Scott n'avait besoin de rien d'autre que ce qu'ils avaient aujourd'hui maintenant. Car à force de trop parler du futur, qui savait s'il n'allait pas le faire fuir. « Je serai là demain matin. » Une promesse suivie d'un baiser, une promesse pour les prochaines heures et pour Scott s'était déjà beaucoup. Même si le présent était une chose bien éphémère et illusoire, il voulait le voir, il voulait le vivre et il voulait le toucher alors pas la peine de parler de demain matin, pas la peine de se maudire. Il était là, debout devant Luya, plus vulnérable qu'il ne l'avait été depuis trop longtemps, et c'était ça le plus important.

Et il regarda Luya se déshabiller avec un léger sourire aux lèvres. « Si je te trouve à mes côtés demain matin, ce sera déjà une très grande victoire pour moi... » confia Scott. Puis il se dit que ce serait une chose bien étrange de se réveiller aux côtés de Luya. Oh bien sûr, dans ses rêves il s'était déjà réveillé aux côtés de Luya des centaines de fois. Mais là ce sera différent. Il voulait être en mesure d'ouvrir les yeux parce qu'il serait dérangé par les premiers rayons du soleil parce qu'évidemment, il oubliait toujours de fermer ses rideaux, il voulait pouvoir se retourner et être surpris de voir Luya toujours là. Le réveiller en l'embrassant et voir s'il était du matin ou pas. Probablement pas, se dit Scott qui pouvait déjà voir la mine grincheuse du jeune homme. Il voyait bien Luya dan sa cuisine en train de le suivre du regard alors qu'il était en train de préparer le déjeuner, courir pour attraper sa blouse de travail et déposer un baiser sur les lèvres de Luya en disant qu'ils se reverraient plus tard dans la journée. C'était tellement simple que ça en était risible quelque part... Scott poussa un soupir en sentant les mains de Luya sur son torse, si le jeune homme espérait trouvait une distraction avec ce bain, il était en train d'adopter la mauvaise approche. « Tu sais... Je vais avoir du mal à me tenir tranquille si tu continues de faire ça... » Scott déposa un baiser sur le front de Luya, s'éloignant des mains de ce dernier pour arrêter l'eau chaude, s'ils avaient l'intention de rentrer dans la baignoire tous les deux s'en en mettre partout, il fallait être raisonnable... Scott poussa un soupir avant de rentrer le premier, il trembla légèrement à cause du changement de température, avant de s'allonger complètement dans la baignoire. Il leva alors les yeux vers Luya. « Tu me rejoins ou tu restes là à me regarder ? Non pas que ça me dérange crois moi... » Plaisanta Scott. Il n'arrivait tout de même pas à croire qu'ils étaient sur le point de prendre un bain ensemble alors que Scott était rentré chez lui ce soir là avec la ferme intention de s'effondrer sur le canapé et de raconter ses problèmes à Maxine. Dire qu'il n'avait pas prévu tout ceci était un doux euphémisme mais Scott avait l'impression qu'il aillait vraiment apprécier les prochaines heures à venir. « Promis je ne mords pas... » ajouta rapidement le blond. « Enfin sauf si tu me demande gentiment. »
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MessageSujet: Re: MAX&LUYA&SCOTT ∞ locked hearts and hand grenades   Dim 3 Fév - 18:38

« Si je te trouve à mes côtés demain matin, ce sera déjà une très grande victoire pour moi... » Luya ouvrit la bouche mais il la referma aussitôt. Il était inutile de répondre la même chose pour la énième fois. Néanmoins, le jeune homme ne put s’empêcher de froncer les sourcils, contrarié par les propos de Scott. Une victoire ? Était-ce une simple compétition dans l’esprit de l’infirmier ? Lui qui avait subit les humeurs de Luya pendant les trois dernières années, essayait-il d’inverser le court des choses et de prendre les devants ? Cherchait-il à prouver qu’il pouvait avoir le dessus sur le jeune Sparks ? Le garçon lutta pour faire taire toutes ces questions qui se bousculaient soudainement dans sa tête. Jusqu’ici, il avait toujours été celui qui gardait le contrôle de la situation. Il avait maîtrisé les faits et gestes de Scott, le poussant à accomplir le moindre de ses désirs. Mais en un instant, Luya réalisa : maintenant qu’ils étaient ensemble, le trentenaire avait également le droit de donner son avis. Pire encore, il pouvait espérer certaines choses de la part de son compagnon. Quoi de plus angoissant ? Le veilleur de nuit aurait voulu prouver qu’il décidait seul du sort de leur relation, que rien ni personne ne prendrait l’avantage sur lui. Il pris soudain conscience qu’il n’avait pas envie que Scott remporte la bataille, le forçant à devenir le petit ami parfait qui partagerait même ses nuits... Mais il était trop tard. Il avait promis. Et même si sa fierté en prenait un coup, ce n’était rien par rapport au sentiment de culpabilité qui l’attendait s’il décidait de récupérer ses vêtements et de repartir aussitôt. Il n’y avait donc plus rien à dire. C’était même inutile d’essayer de confirmer qu’il serait bien là le lendemain matin puisqu’il n’avait plus le choix : il fallait maintenant le prouver de manière concrète... Il n’y avait plus aucune issue, plus d’échappatoire possible. Même s’il avait envie de se réveiller dans les bras de Scott, il n’avait pas vu les choses sous cet angle ; « une très grande victoire ». Il lui appartenait. Plus que tout, Luya voulait se blottir entre ses bras, mais il refusait d’imaginer qu’on puisse avoir le dessus sur lui. Lui qui avait décidé où, quand et comment depuis trois ans n’avait pas de leçon à recevoir. C’était bien trop tôt. L’air de rien, Luya passa une main dans ses cheveux, essayant de se convaincre qu’il fallait qu’il arrête de se prendre la tête pour rien, qu’il n’y avait pas de compétition entre Scott et lui, que le beau blond ne cherchait pas à l’emprisonner définitivement. Alors pourquoi cette envie de fuir l’envahissait une nouvelle fois sans crier gare ?

Lorsque Scott repris la parole avant de poser un baiser sur le front du jeune homme, les doutes de Luya s’envolèrent alors. Il sourit timidement, observant le beau blond rentrer dans le bain qui les attendait. Pourtant, il ne le rejoint pas immédiatement. Depuis qu’il était arrivé ce soir-là, il s’était littéralement transformé en caméléon, bougeant uniquement de manière saccadée, tantôt immobile puis trop rapide. En vérité, c’était même assez ridicule de le voir planté là, encore complètement perdu dans ses pensées, ne parvenant pas à lâcher prise et à se détendre une bonne fois pour toute. Mais le simple fait de voir Scott complètement nu dans cette baignoire lui fit froid dans le dos. Était-ce vraiment le fait de s’engager qui l’effrayait à ce point, ou avait-il simplement peur de s’accepter ? Il avait perdu tellement de temps à se détruire et à se détester qu’il avait finalement réussi à se convaincre que ce qu’il s’apprêtait à faire avec cet homme n’était pas normal. Jamais il n’avait entendu parlé d’homosexualité dans son entourage ; personne n’avait pris le temps de lui expliquer que ce n’était pas grave. Seule la Bible lui avait appris à renier le peu d’amour qu’il y avait en lui... Mais il fallait bien se rendre à l’évidence : Luya n’avait pas de problème avec le reste de sa famille, ni avec Dieu, ni avec Scott. Son seul véritable ennemi, c’était lui. Il l’avait toujours su, sans jamais vraiment oser se l’admettre. Où qu’il soit, il avait toujours cette sensation qu’il lui manquait quelque chose et qu’il ne pourrait jamais être heureux. Alors forcément, en voyant Scott lui sourire, il savait que ça ne marcherait pas et qu’il serait le seul fautif. Comme si au final, il mettait toutes les chances de son côté pour échouer volontairement, pour se prouver qu’il n’en valait vraiment pas la peine. Quoi qu’il puisse accomplir, il était persuadé qu’il n’était bon à rien. Il restait donc là et convaincu que Scott méritait mieux, il souffrait en silence.

« Tu me rejoins ou tu restes là à me regarder ? Non pas que ça me dérange crois moi... » Luya se décida enfin et fit un pas de plus vers la baignoire. Il hésita un instant à s’asseoir en face de Scott mais il avait peur que celui-ci puisse lire certaines choses inavouables dans son regard. Sans parler du fait qu’il serait alors obligé de regarder le corps de Scott sans pouvoir le toucher - et il n’y avait pas d’épreuve plus insurmontable. Il opta donc pour la deuxième solution... Le beau brun mit un pied dans le bain, s’adaptant petit à petit à la température de l’eau. Tournant le dos à Scott, il s’allongea sur le torse de ce dernier. Son crâne posé sur l’épaule du beau blond, il pouvait le voir s’il penchait légèrement la tête en arrière. Serrés dans le peu d’espace dont ils disposaient, chaque centimètre de leur peau s'entremêlait. Pourtant, Luya considérait que ce n’était pas encore assez. D’un geste lent mais sûr, il vint prendre les mains de l’infirmier pour venir les poser sur son torse - en évitant soigneusement de les laisser trainer trop près de sa cicatrice. Cela pouvait paraître un peu trop « fleur bleue », à l’opposé de ce que le jeune homme avait l’habitude de faire mais il avait besoin de tendresse, rien de plus. Il ne fallait pas essayer de voir plus loin que ça. Il ne disait rien et s'efforçait de ne plus penser tandis qu’il jouait avec les doigts de Scott, les caressant doucement, comme s'il ne les avait jamais touché avant. Il aurait voulu rester là pour l’éternité ; figer cet instant qui semblait en dehors du temps, en suspens, éphémère et fragile, né dans un souffle. Comme une bulle. Leur bulle.

Sans même s’en rendre compte, Luya soupira. Il ne réalisa pas non plus qu’il s’agrippait maintenant aux mains de Scott, comme s’il cherchait à s’accrocher désespérément à ce moment surréaliste. Pourtant, le trentenaire ne risquait pas de s’enfuir. C’était bien lui qui avait l’habitude de partir sans demander son reste, alors pourquoi s’inquiéter d’une telle chose ? Les yeux du jeune homme vagabondaient dans la pièce comme s’ils la découvraient pour la première fois - ce qui n’était pas loin d’être le cas. Et à chaque fois que son regard s’arrêtait sur un élément du décor, il espérait que celui-ci serait une source d’inspiration suffisante pour l’aider à prendre la parole. Car mine de rien, il fallait bien qu’un des deux hommes finissent par rompre le silence... Luya repensa alors au dernier bain qu’il avait pris. C’était tellement loin qu’il n’aurait pu dire avec précision combien d’année s’étaient écoulées depuis. En tout cas, il n’était pas bien vieux, et Adam non plus. Ils s’amusaient ensemble, se racontant leur journée, se défiant parfois stupidement. Ils pariaient sur celui qui tiendrait le plus longtemps sans respirer, ou celui qui ferait les plus grosses vagues. Un soir, Adam lui avait même raconté comment on faisait les bébés - c'était peut-être ça qui l'avait définitivement dégoûté. Le beau brun sourit en repensant à tous ces moments, regrettant cette période où tout semblait parfait. Mais était-ce le genre d’anecdotes qu’il fallait raconter à son copain ? Luya n’en savait rien, et il ne voulait pas prendre le risque d’ennuyer Scott avec ses vieilles histoires. Après tout, l’autre homme n’apprécierait certainement pas d’avoir à discuter de la famille Sparks alors qu’ils étaient allongés l’un contre l’autre. D’ailleurs, Luya commençait à se demander s’il n’aurait pas mieux fait de lui demander son avis avant de venir se blottir contre lui... Mais au moment même où le doute s’installa, il se souvint que durant les trois dernières années où il avait décidé pour deux sans prendre le temps de consulter son amant, Scott n’avait jamais fuit. Alors il fallait qu’il accepte de pouvoir proposer des choses simples et agréables sans avoir peur de froisser son homme. Il ne devait pas oublier qu’avoir besoin de tendresse n’était pas une marque de faiblesse, bien au contraire.

Déterminé à l’idée de ne plus se poser de questions, Luya commençait seulement à se détendre. Sans vraiment le vouloir, il était en train de gaspiller un temps précieux. Au nom de quoi ? Quelques craintes puériles ? Quoi qu’il puisse arriver, il savait au plus profond de lui que Scott ne le jugerait pas puisqu’il ne s’était jamais permis de le faire par le passé. Alors le jeune homme pouvait se laisser aller sans craindre quoi que ce soit. Ils avaient la nuit devant eux. Et toute une vie aussi. Il relâcha alors les doigts de Scott pour le laisser libre d’en faire ce qu’il voulait - sans qu’il n’ait aucune arrière-pensée pour autant. Luya releva alors la tête, observant le visage du beau blond. Il était parfait. Si Dieu avait vraiment créé Scott à son image, alors le garçon avait de grandes raisons d’être croyant... Il sourit simplement avant de passer une main dans les cheveux de son homme. Se hissant jusqu’à son oreille, il osa murmurer les mots qu’il avait pensé un millier de fois : « Je t’aime ». Il n’attendait aucune réponse. Il ne donnait pas dans le simple but d’espérer quoi que ce soit en retour. Luya se contentait simplement d’être franc, d’admettre ce contre quoi il s’était battu avec force pendant trois ans. C’était peut-être soudain, improvisé ou même brutal et il aurait pu trouver une autre façon de le dire ou de le faire comprendre ; mais au final, il n’y avait pas de plus grande vérité que celle-ci. Il reconnaissait enfin sa plus grande faiblesse et en avouant ses sentiments, il se libérait au passage de tous ceux qui l'étouffaient. Il s'autorisait enfin à aimer. Et dans les bras de Scott, tout semblait plus simple.
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MessageSujet: Re: MAX&LUYA&SCOTT ∞ locked hearts and hand grenades   Jeu 7 Fév - 19:32

Scott était certainement de ceux qui pouvaient demeurer éternellement silencieux. Luya ne vit sans doute pas le sourire qui se forma sur son visage tandis que le jeune homme le rejoignait, l'infirmier ayant tellement peur qu'il décide que tout ceci n'était pas pour lui et qu'il prenne la fuite. Mais même Luya n'était pas imprévisible à ce point-là et il finit par le rejoindre, chassant les doutes de Scott. Cependant, il douterait toujours et telle une tâche d'encre en plein milieu d'une page blanche, Scott ne pourrait pas vraiment s'en défaire, il espérait que Luya en était pleinement conscient. Peut être qu'un jour il se réveillerait et serait certain que Luya était à lui et à lui seul, alors là, il cesserait de s'inquiéter, certain de ne plus avoir de doute. Mais leur relation était encore trop récente pour que Scott prenne ce genre de liberté, et pouvait-on même parler de relation?... Il n'avait fait qu'établir les bases ce soir, ce n'était que par la suite qu'ils pourraient savoir s'ils étaient vraiment compatibles ou pas. Scott voulait Luya, de toute les fibres de son être et il n'y avait rien qu'il ne ferait pas pour le jeune homme. Il put donc enfin respirer quand l'autre homme fut blotti tout contre lui, Luya s'empara des mains de Scott comme s'il avait peur de perdre pieds et de tomber. Comme si Scott aillait laisser faire une chose pareille. Certes, le cliché tu tombes et je tombes avec toi, ne pouvait pas s'appliquer à leur relation. Cela leur avait tout de même pris trois ans et un réveil musclé pour se rendre compte que quelque chose clochait. Non, dans leur cas c'était plutôt il est hors de question que je te laisse tomber car je crois que cela serait également fatal pour moi. Combien de soirées Scott avait passé accroché à son téléphone portable en attendant un coup de fil de Luya ? Assis dans la pénombre de son appartement à s'imaginer ce que Luya pouvait bien être en train de faire. Peut être qu'il était au boulot, peut être qu'il était tout simplement chez lui à regarder un quelconque téléfilm après une journée éreintante, ou alors il était entouré d'amis, en train de sourire ou même de célébrer un événement avec des amis, un anniversaire, une fête... Et parfois, dans les moments les plus difficiles, Scott voyait Luya avec quelqu'un d'autre, d'autres mains sur son corps, et une autre bouche en train de l'embrasser, celle d'un autre homme...

Ce soir Scott n'avait pas besoin de se poser de questions car Luya était là avec lui. Alors non, il n'avait pas besoin de parler ou même d'ajouter quoi que ce soit. Son cœur battait à tout rompre dans sa poitrine et il était certain qu'aussi près de lui, Luya pouvait l'entendre. Ce n'était pas de la nervosité mais bien autre chose car Scott avait tellement attendu ce moment qu'il avait presque peur que tout s'effondre comme un maigre château de cartes. Autant garder le silence. Parfois les mots ne servaient à rien, Scott en avait eu la preuve tellement de fois dans sa vie qu'il ne souhaitait pas gâcher ce moment. Quand Dylan avait ouvert les yeux ce matin-là, faisait s'affoler les appareils médicaux, son grand frère avait tout simplement murmuré « hey » et il n'avait pas insisté pour qu'elle parle. Pareil quand il avait perdu Maximilian, il avait juste envoyé un message à Maxine. Il est parti. Rien de plus, rien de moins, il n'y avait rien d'autre à ajouter. Pareil pour cette situation, il avait déjà tout dit à Luya et maintenant tout ce qu'il avait affaire c'était le prendre dans ses bras et espérer que son cœur battait serait une preuve suffisante. Pas la preuve qu'il était en vie mais la preuve qu'il aimait, sans aucune limite, sans aucun condition et qu'il aimait Luya, c'était l'évidence même et pourtant il fallait que Luya le comprenne. Le jeune homme sembla se détendre dans ses bras et le sourire de Scott s'agrandit, ne brisant toujours pas leur étreinte. Ne pas toucher Luya lui paraissait totalement impossible, ses mains et ses doigts avaient toujours besoin de courir sur la peau du jeune homme et sur la sienne seulement. Luya ne savait pas que Scott avait déjà tenté de tourner la page. Oui, il avait voulu y croire un soir il s'était rendu dans un quelconque bar, bien loin de celui qu'il fréquentait d'ordinaire, l'endroit même où il avait rencontré Luya. Non, il s'était perdu dans sa ville natale et avait bu plus qu'il ne l'aurait dû, son regard avait croisé celui d'un autre homme et il l'avait suivi. Mais quand Scott s'était retrouvé plaqué contre la porte des toilettes à deux doigts de se faire embrasser par un parfait inconnu, il avait réalisé que quelque chose clochait. Il avait repoussé l'autre homme et il avait fuit, avait hélé un taxis et avait mis le plus de distance entre lui et cet endroit maudit. Personne n'était au courant de cette petite mésaventure, ni Dylan, ni Maxine et surtout pas Luya. Qu'y avait-il à dire ? Il avait été un pafait idiot ? Absolument. Il n'aurait pas dû croire qu'il pouvait agir avec autant de désinvolture.

Mais cette histoire remontait à quelques mois à présent et l'infirmier l'avait rangée dans un coin de sa tête avec la ferme intention d'oublier et puis cela ne faisait que renforcer ce qu'il pensait déjà. Il était complètement accro à Luya et rien ne pouvait changer cela. Trop perdu dans ses pensées, il ne remarqua pas que Luya était en train de scruter son propre visage probablement à la recherche de quelque chose à dire. Scott trembla légèrement en sentant les lèvres de Luya contre son oreille. « Je t'aime. » Une seconde s'écoula, puis une autre, Scott réalisant peu à peu ce que Luya venait de lui murmurer. Non. Il devait avoir mal entendu, il devait s'être assoupi dans son bain, et il était en train de rêver. Oui c'était ça. Après la révélation de Lou sur son soi disant petit ami, il était rentré chez lui et avait fini dans sa baignoire et tout ceci, ce moment précis, était juste un rêve. Ça ne pouvait pas être... réel. « Je... Tu... » Scott dut reprendre son souffle car il n'avait réalisé qu'il avait retenu sa respiration pendant aussi longtemps mais il y avait des tonnes de questions qui lui passaient par la tête et tellement de choses qu'il aurait voulu dire. Il aurait voulu savoir si Luya le pensait vraiment ou s'il le disait juste parce qu'il estimait devoir quelque chose à Scott. Mais si cela ne venait pas du cœur alors autant ne pas le dire du tout. Scott préférait être sourd, Scott préférait ne rien entendre du tout plutôt que des mots que l'autre homme ne pensait pas et qu'il souhaitait murmurer juste pour son plaisir. Oui, Scott préférait être sourd. Mais il avait la bouche sèche et la gorge nouée car les réponses, une certaine partie de lui ne voulait pas les connaître.

Depuis combien de temps ? Est-ce que tu mens ? Est-ce que c'est pour me rassurer ? Est-ce que tu tiens à moi à ce point-là ? Suis-je si transparent que cela pourquoi tu saches exactement ce que j'ai besoin d'entendre ?

Scott ne dit rien, aucune interrogation ne franchit ses lèvres, car à quoi bon se préoccuper de choses que Luya n'avait pas encore dites ? À quoi bon s'encombrer de telles choses quand déjà les mots que Luya daignaient lui dire pouvaient être froids, mais pas ceux-là... Non cela ils n'étaient ps froids, cela étaient plus que réconfortants et Scott ne voulait pas entendre d'autres mots ce soir. Il bougea enfin, les mains quelques peu engourdies, encadrant le visage de Luya. « Je t'aime aussi tu m'entends ? » Peu importe si c'était une illusion alors Scott prenait ce qu'il pouvait avoir. Il embrassa Luya rapidement avant de répéter les trois mots. « Je t'aime. » Les baisers de Scott et probablement sa voix aussi étaient plus désespérés que jamais mais il ne se laisserait jamais de dire ces mots, il ne se laisserait jamais de Luya. Jamais. Tant pis si c'était juste pour un soir et que Luya lui voulait fuir, Scott n'avait jamais voulu se cacher, par qui il était, pas qui il aimait ni ce qu'il ressentait. Alors tant pis si c'était juste pour un soir.
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MessageSujet: Re: MAX&LUYA&SCOTT ∞ locked hearts and hand grenades   Mer 13 Fév - 23:41

Luya n’attendait rien de spécial de la part de Scott, et surtout pas qu’il soit embarrassé par cette révélation aussi étonnante que soudaine. Car il fallait bien le reconnaître, Luya ne s’était pas montré très affectueux au cours de ces trois dernières années. Il se souvenait encore de la fois où il avait imposé les règles de ce jeu malsain sans savoir qu’il allait le détruire lentement mais sûrement. Scott s’était contenté de l’écouter, acquiesçant de temps à autre. De toute manière, le jeune brun n’avait que faire de ce que son amant pouvait bien penser à l’époque. Il avait alors expliqué qu’il viendrait rendre visite à l’infirmier deux à trois fois par semaine, en prenant soin de changer l’heure et le jour de chacun de leur rendez-vous - si quelqu’un dans l’entourage de Luya venait à mener l’enquête, il serait alors plus compliqué de comprendre ce qu’il se cachait derrière ces divers rencards. Et par-dessus tout, il était hors de question que leurs petites parties de jambes en l’air perdent de leur charme si elles surgissaient toujours dans la soirée du samedi. Non, Luya voulait se glisser dans les draps de Scott quand il en avait envie et rien de plus. Il ne fallait pas chercher plus loin. Bien sûr, il avait conclu cette conversation avec froideur : « Tu peux ramener qui tu veux, je m’en tape. Mais quand je viens, tu m’ouvres. C’est tout ce que je demande. » Bien entendu, Scott agissait machinalement avec le temps, habitué à devoir effectuer les mêmes gestes à chaque fois que le veilleur de nuit se trouvait sur le pas de sa porte. Mais ça ne dégoutait pas Luya pour autant puisqu'il revenait toujours. Il était trop lâche pour essayer de draguer n’importe qui dans un bar - il l’avait déjà fait une fois, et il s’était trouvé un très bel amant dont il ne pouvait pas se lasser (même s'il ne voulait pas l'admettre). Pourquoi s’embêter à refaire la même chose avec quelqu’un d’autre quand il savait que l’infirmier était incapable de lui dire non ? Et puis, c’était suffisant. Il n’avait pas besoin d’un amant aux quatre coins de la ville : il était hors de question qu'il devienne connu pour ses frasques et que la rumeur se répande comme une trainée de poudre avant de tomber dans les oreilles d’une de ses connaissances. Ou pire, dans celles de sa mère ou de son frère. En manipulant Scott, il s’évitait tout ceci. À présent, il devait laisser tout ça au passé. Et en trois mots, il avait réussi à leur offrir un futur digne de ce nom. Alors il n’espérait rien de plus, à part faire ses preuves. Rester pour toujours dans les bras de Scott lui suffisait amplement. C’était même la plus belle promesse qu’il pourrait lui faire.

La tête toujours levée en direction du beau blond, il l’observait simplement. En réalité, sa franchise venait aussi du fait qu’il voulait rattraper le temps perdu. Il caressait doucement les muscles de la mâchoire de son homme, ne pouvant s’empêcher de sourire en coin quand il vit que l’infirmier perdait ses moyens après avoir entendu ce que Luya n’avait jamais osé avoué jusqu’ici, même pas à lui-même. C’était plutôt mignon, même si le veilleur de nuit ne voulait surtout pas que Scott se sente obligé de répondre quoi que ce soit. Sa présence était largement suffisante. Il pensait simplement que cette déclaration était nécessaire pour qu’ils puissent avancer, pour qu’il n’y ait aucune gêne entre eux et que les choses soient claires. Même s’ils étaient ensemble depuis quelques minutes seulement, leur histoire avait commencé un peu plus de trois ans auparavant. Et en disant cela, Luya prouvait qu’il avait envie de passer les prochaines années de sa vie avec Scott. C’était comme mettre un point final au malheur de son homme et lui promettre des jours meilleurs. Il s’offrait à lui, et il l’acceptait dans sa vie. Et pour lui épargner d’avoir à répondre quoi que ce soit, il aurait voulu l’embrasser tendrement mais Scott bougeait déjà, obligeant Luya à venir s’adosser contre un bord de la baignoire. « Je t'aime aussi tu m'entends ? » dit-il alors, leurs lèvres s’unissant furtivement. « Je t'aime. » Le dire était une chose. L’entendre en était une autre. C’était comme si le coeur de Luya s’était subitement soulevé dans sa poitrine, léger. Et les mains de Scott sur son visage ne faisaient qu’amplifier ce sentiment agréable. Pourtant, les yeux de l’infirmier semblaient perdre de leur éclat, comme s’il avait peur que Luya l’abandonne une fois de plus. Le veilleur de nuit aurait souhaité le rassurer, lui répéter les mêmes mots encore et encore, lui confier que c’était bien vrai et que ce n’était pas encore une autre manière pour lui de parvenir à ses fins. Mais il avait détruit toute la confiance que Scott pouvait avoir en lui, il lui faudrait du temps pour lui prouver qu’il pouvait à nouveau le croire. Doucement, il tourna la tête pour embrasser la paume de l’infirmier avant de relever la tête pour le regarder. Dans un mouvement un peu incertain - surtout à cause du fait qu’ils se trouvaient dans une baignoire plutôt étroite pour leurs deux corps - il se rapprocha du visage de Scott pour l’embrasser à son tour. Il se pencha alors, s’égarant dans le cou du trentenaire pour se baigner dans son odeur. S’il n’avait pas peur de glisser ou de se faire mal d’une quelconque manière, Luya se serait tout simplement laissé tomber sur le corps du beau blond pour pouvoir respirer son parfum pendant des heures. Sans parler de son torse parfaitement dessiné... C’était un fait : il n’existait certainement pas d’homme plus séduisant sur cette planète. Et Luya était détruit à l’idée de ne pas l’avoir réalisé plus tôt. Il suffisait pourtant d’ouvrir les yeux - homme ou femme, il était tout simplement inhumain de ne pas se retourner sur son passage.

Son nez frôlant celui de Scott, Luya ferma les yeux avant de poser un délicat baiser sur les lèvres de l’infirmier. Même si le corps de ce dernier ne le laissait pas indifférent, le garçon préférait donner dans la tendresse pour le moment. Il était excité, mais ce n’était pas physique. C’était tout à fait différent : comme s’il ne tenait plus en place à l’idée de découvrir Scott et de devenir celui qui le connaitrait par coeur... Il avait l’impression d’avoir seize ans à nouveau, sa peau parcourue des frissons des premiers émois. En même temps, c’était bien la première fois de sa vie qu’il était en couple ; il y avait de quoi se réjouir. Luya reprit alors sa position initiale, préférant resté allongé sur le torse de Scott plutôt que de risquer un accident domestique en restant en équilibre précaire sur les lèvres du trentenaire. Et d’humeur plutôt enjouée et espiègle, il se risqua à rompre le silence qui s’était installé depuis quelques instants : « Je veux tout savoir. », dit-il en embrassant le cou de Scott. « Tout. Ta couleur préférée, ton deuxième prénom, le film que tu as le plus regardé, ta chanson préférée. Je veux savoir si tu as voyagé, si tu as déjà eu une aventure avec une femme, si tu crois aux extraterrestres ou si tu es superstitieux. » Luya souriait, sa main se risquant même à venir caresser les cheveux blonds de Scott. « Je veux même savoir si je t’ennuie avec mes questions. »
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