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 fuck you, fuck you very much ♪ ft. Parker

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MessageSujet: fuck you, fuck you very much ♪ ft. Parker   Dim 17 Fév - 0:41


Generally, I'm a nice person. Just don't push the asshole button.






Un mois. Il avait fallu un mois à Leann pour qu’elle se décide à se rendre chez Parker pour une confrontation nécessaire. Au départ, elle avait décidé que non, elle n’irait pas. Elle ne voulait plus entendre parler de lui et le silence est le meilleur des mépris, n’est-ce pas ? Méprisante à son égard, elle l’était sans aucun doute. Mais rester silencieuse impliquait d’être indifférente, ce qu’elle n’était pas. A chaque fois qu’elle l’imaginait l’avoir en face d’elle, ça se terminait toujours de la même façon. Elle l’insultait copieusement et lui collait une gifle bien méritée. Non, vraiment sur ce coup là, elle ne pouvait pas rester silencieuse, c’était impossible. Comment est-ce qu’elle pourrait d’ailleurs ? Elle se rappelait parfaitement du moment où elle avait découvert cette vidéo. Elle venait d’avoir ses résultats de partiels, qu’elle avait réussis. Elle était allée se chercher un café, avait croisé Zach et la journée aurait pu être parfaite. Après s’être fait traitée de traînée par un type avec qui elle allait au lycée, sans comprendre d’où venait cette insulte, elle avait reçu un message sur son portable. Il venait de son amie, Carrie, qui lui demandait ce qu’elle avait foutu. Le fichier vidéo qu’elle lui avait envoyé contenait la réponse à sa question. Elle avait couché avec un type et il les avait filmés. En soit, c’était déjà assez humiliant qu’il l’ait fait, mais il avait poussé le vice jusqu’à poster son film sur internet. C’était ensuite Zach qui avait reçu la vidéo, et elle s’était effondrée. Jamais elle n’avait ressenti une telle honte. Si elle avait pu devenir minuscule et se cacher pour le reste de sa vie, elle l’aurait fait sans hésitation. Après ça, ele était passée par une phase d’abattement dans un premier temps. Elle avait subi les remarques insultantes et les regards désagréables, et s’était recroquevillée sur elle-même. Etre renversée par une voiture avait été la goutte d’eau. Après son accident, elle s’était sentie comme léthargique, vide de toute énergie. La seule chose qu’elle ressentait, c’était de l’angoisse. Elle ne voulait pas retourner en cours, elle ne voulait plus faire face au jugement des autres. Elle avait même pensé à demander son transfert dans une autre université, le plus loin possible d’ici, quitte à rater un semestre. A ce moment là, elle ne s’était pas sentie capable de faire autre chose que de fuir. Et puis sa colère s’était réveillée. Depuis, elle se sentait furieuse contre tout et tout le monde, du moins contre ceux qui se permettaient de lui cracher leur jugement à la figure. Celui à qui elle en voulait le plus, c’était Parker évidemment. Si auparavant, elle n’avait pas senti la nécessité de le revoir, aujourd’hui, c’était différent. D’une certaine façon, elle avait besoin de passer ses nerfs sur quelqu’un et il était le punching ball idéal.

Leann avait passé une bonne partie de sa journée à la bibliothèque. Croyez-moi, elle aurait préféré évacuer sa nervosité en faisant du sport, se défouler jusqu’à l’épuisement. Seulement, elle n’avait pas eu la tête à ses cours pendant le mois dernier. Alors elle devait travailler si elle ne voulait pas foutre en l’air son semestre. Au bout de plusieurs heures passées le nez dans un livre dont elle préparait une fiche de lecture, elle n’était plus très concentrée sur ce qu’elle lisait. Les mots se mélangeaient entre eux sans exprimer aucun sens. Elle referma le roman, puis rangea ses affaires dans sa besace en cuir. Elle enfila sa veste et accrocha son sac à son épaule. Elle sortit de la bibliothèque d’un pas décidé. Depuis quelques jours déjà elle pensait à aller confronter Parker. En soi, elle n’avait pas vraiment besoin d’excuses de sa part, elle se doutait qu’elle n’en aurait pas de toute façon. Il avait suffisamment prouvé sa personnalité en publiant cette vidéo. Elle ne le connaissait pas, mais elle se doutait qu’il n’était pas du genre à s’excuser pour ses actes. Et puis au final, elle n’en voulait pas. S’excuser, c’était une façon de se déculpabiliser, et ce n’est pas ce qu’elle voulait. Est-ce qu’il culpabilisait au moins ? Non, bien sûr que non. Elle grimpa dans sa voiture et essaya de se souvenir du trajet. Elle n’y était pas revenue depuis ce soir de décembre où elle avait passé la nuit avec lui et elle n’était pas certaine que sa mémoire soit son alliée aujourd’hui. Il faut dire qu’à ce moment là, elle n’avait eu aucune raison de retenir le chemin pour se rendre chez lui, puisqu’il était clair que ce n’était rien de plus qu’une aventure sans lendemain. Heureusement, ses souvenirs se révélèrent précis. Après avoir garé sa voiture, elle se retrouva rapidement devant chez lui. Elle ne se sentait plus aussi déterminée que quelques minutes auparavant, mais elle se devait de le faire. Elle appuya son index contre la sonnerie et attendit. Personne ne vint. Peut-être qu’il n’était pas chez lui… Elle hésita à rester ou rentrer chez elle. Mais si elle choisissait la deuxième option, elle n’était pas certaine de rassembler suffisamment de courage pour revenir un autre jour. Alors elle décida de rester et finit par se laisser glisser contre le mur dans l’attente qu’il arrive.



Dernière édition par Leann A. Johnson le Dim 17 Mar - 0:00, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: fuck you, fuck you very much ♪ ft. Parker   Mar 12 Mar - 18:12




fuck you, fuck you very much

Leann A. Johnson & Parker H. Bernstein



Quatorze heures passées de dix minutes, j’ouvre un œil, puis l’autre et me ramasse un camion en pleine tronche. Pas au sens littéral, pour les petits génies qui y songeraient, mais le ramdam qui se déclenche dans ma tête à l’instant même un filet de lumière rencontre mes prunelles ne doit pas être trop différent de l’effet qu’un trente-cinq tonnes aurait en venant se parquer sur mes tempes. Je referme les paupières, aussi fort que je serre les dents, ne sachant que trop bien que je ne serais pas en état de me lever, pas maintenant. Où que je sois, peu importe l’heure qu’il est, il fallait que je me rendorme, et vite. Que j’oublie les terminaisons nerveuses qui sont en train de fermenter dans ma cervelle qui gonfle, qui gonfle. Je me tourne, péniblement, enfoui ma tête comme je le peux à l’abri de la lumière. Sauf que, voilà, je n’ai pas le temps de m’habituer à l’odeur de vieux cuir et de poussière qui attaque mes narines que mon échine toute entière s’électrise à nouveau : la sonnerie retentit, stridente, trop forte, trop mal tombée. Je lâche cette fois-ci le juron, puis l’autre et tous leurs semblables qui sont de mise, me redressant d’une poussée encore un peu affaiblie sur mes avant-bras. Merde. Qui pouvait bien se ramener ici ? Ici… Je laisse courir mon regard meurtri sur les alentours. Oh. Le studio, mon studio. Je ne suis pas plus surpris que ça, même si je n’ai pas la moindre idée de comment je suis arrivé ici. Faut dire que je ne sais plus grand-chose, à cet instant, les méninges labourées par un troupeau de bœufs. Mes yeux accrochent le cimetière de verre, là-bas, un peu plus loin. Un troupeau de bouteilles, on dirait bien. Ce n’est pas franchement étonnant. Ce n’est pas comme si je ne savais pas ce qui m’arrivait. Ce n’est pas comme si je n’avais jamais eu une gueule de bois de ma vie. Celle-là était sévère, il faut bien l’avouer, alors que je peine à trouver l’équilibre nécessaire pour me mettre sur mes deux pieds. Sévère, amère, mais pas exceptionnelle. C’était tellement routinier. La même scène, qui se rejoue, encore et encore. Je n’étais pas le genre de type à aimer ça, du tout. Ça en deviendrait presque lassant, et je ne laissais jamais rien me lasser. Les habitudes, la monotonie, tout ça, ce n’était pas pour moi. Il suffisait de voir les trois dernières années de ma vie. Établi à Los Angeles, je devais y avoir passé sept, peut-être huit mois en tout. L’Amérique du Sud, l’Europe, le reste des Etats Unis. Je partais, dès que la voix du journaliste de la station de radio me semblait un peu trop familière au réveil. Mais là, c’est différent. Ce n’est pas une routine comme une autre. C’est une gueule de bois, pure et dure. Signe que la veille avait été nocive, encore. Et ça, je n’en aurai jamais marre. C’est ma vie. Trois mois que j’étais sorti de l’hôpital, une recommandation à la Take it easy du personnel médial dans un coin de ma tête, une folle envie de rattraper le temps perdu dans l’autre. Les soirées trash, les litres de spiritueux, les pilules qui vous font voir tout en rose. J’avais repris en beauté, tout naturellement. Presque une façon de me rassurer, d’oublier. De recommencer à vivre ma vie, aussi nocivement que je l’entends, loin des visites journalières de Docteur Postiche de Travers et sa ribambelle d’infirmières trop pro pour se laisser crocheter par mon charme ravageur, amoché par quelques plâtres et dents cassées. La sonnerie retentit, encore. Je trouve mon équilibre, m’éloigne du sofa sur lequel j’ai dû venir m’écraser il y a une heure, peut-être deux, je ne sais pas et je ne cherche pas. Un regard plein d’amour sur les clichés suspendus contre le mur et les deux ou trois appareils photos sur l’étagère, je manque de me prendre les pieds dans le je ne sais quoi qui gît là au milieu mais j’atteins finalement la porte, la tonalité ne s’arrêtant plus. J’ouvre à la volée, congédie la poignée de sacs d’os qui piaillent après le temps qu’elles ont déjà passées là à attendre que je daigne venir ouvrir d’un regard absent et de quelques mots sur la séance photo qui n’aura pas lieu, parce que c’est comme ça. J’ignore les protestations, referme la porte et me retourne vers ce que j’ai enjambé un peu plus tôt. Un corps, encore bien endormi, à moins qu’il ne soit mort. Je m’approche, déjà énervé, ce n’est pas l’endroit où j’aime ramener du monde. Un dernier semblant d’attachement pour quelque chose, ce lieu que j’ai mis pas mal d’années à obtenir, à faire reconnaître. Je le contourne, pose mes yeux sur son visage. Oh, Jackson. Savoir que c’est lui a le mérite de me faire mesurer la force du coup pied que je lance dans ses jambes pour le réveiller, c’est tout. Sa tronche ne me fera pas changer d’avis concernant les lieux, au contraire, savoir que c’est lui qui marine encore tranquillement dans les effluves d’alcool alors que je n’ai pas eu d’autre choix que de me réveiller me fait le faire déguerpir encore plus vite, avant qu’il ne bave de trop sur mon précieux sol.

Le retour est laborieux, ma voiture introuvable, sûrement que j’ai eu le bon sens de la laisser vers le bar, ou alors elle est encastrée dans un arbre loin d’ici. Je ne prends pas le temps de chercher à savoir, ni même celui de trouver un taxi ; de toute manière, avec la tronche de détraqué que je croise dans le reflet d’une vitrine là dehors, je sais d’avance qu’aucun ne s’arrêtera. J’arrive finalement chez moi, gravit les marches du palier et rêve déjà à ma douche, mon lit, mon remède anti-tête de bois à la sauce rhum et jus de fruit. Sauf que je m’arrête, en haut des escaliers, dès que mes yeux se posent la personne assise au bout du couloir, au pied ma porte. Je ne me laisse pas le temps de chercher à la reconnaître, j’entrevois qu’il s’agit d’une fille et ça me suffit déjà à reculer d’un pas et de disparaître de sa vue. Pas ce matin – ou cet après-midi, peu importe. Pas maintenant, alors que j’ai déjà la tête en pièce. Pas d’emmerdeuse, venue pleurnicher parce que je ne l’ai jamais rappelée, parce que je ne veux pas la photographier, parce que je ne veux pas reconnaître son gamin. Je ferme les yeux, lâche un soupir que je tâche de rendre le plus discret possible. Pas maintenant. Je me retourne, frappe un coup à la porte là derrière qui s’ouvre d’elle-même. Je fais un pas dans l’appartement, puis un autre, tombe nez-à-nez avec Bernie l’amoureux du crack. Il me jauge d’un œil et s’écarte du couloir après une esquisse de sourire de ma part. L’avantage d’habiter dans un taudis tel que celui-ci alors que j’aurais largement les moyens de me rapprocher de la banlieue chic, c’est les voisins toxicos. Si vous les laissez passer par votre fenêtre quand les flics sont en bas de l’immeuble, ils vous laissent passer par la leur quand une pauvre fille vous attend de pied ferme devant votre porte pour vous les briser sec. J’enjambe la fenêtre, suis le palier de l’escalier de secours et arrive à quelques mètres de mon balcon, deux ou trois acrobaties sûrement carrément dangereuses vu mon état physique plus tard et je suis dessus. Je me faufile par la porte fenêtre et file directement vers ma chambre, la salle de bain. Le jet d’eau brûlant, le calme, la lumière tamisée par les stores laissés baissés, j’oublie le reste. Ma gueule de bois, ma voiture en cavale, la fille qui traîne devant chez moi… Si bien que je manque de précaution lorsque je ressors de la salle de bain et que je laisse claquer la porte derrière moi. Je ne réagis pas tout de suite, sinon en serrant les dents à cause du bruit qui relance la lambada des éléphants dans ma tête. Ce n’est que lorsque je m’écrase dans mon lit et m’apprête à ressombrer dans mon semi coma que je comprends mon erreur. La sonnette. Ces fichus sonneries qui retentissent toujours au mauvais moment. Quoique, dans mon cas, ce n’est jamais le bon moment. Une nouvelle flopée de jurons plus tard, je me redresse, vaincu. J’attrape un pull qui traîne là, l’enfile par-dessus mon torse laissé à découvert, simple précaution face à l’habitude de tomber sur des folles enragées aux griffes un peu trop pointues. J’ouvre la porte, sèchement, encore plus énervé que d’usage parce que la sonnerie tinte encore, continue, détestable. « La ferme, putain ! » Mes premiers mots, qui s’échappent à peine ai-je entrouvert la porte. Mon regard électrique se pose d’abord sur la main qui a vite fait de s’éloigner de la sonnette, glisse ensuite sur la malheureuse que je toise de bas en haut, l’air furibond. Pas de book, pas de bébé, c’est déjà ça. J’atteins les traits de son visage, laisse couler trois secondes et mes lèvres s’étendent dans un sourire qui défroisse tout le reste de mon faciès. Pas ravi, pas mécontent non plus. Disons juste aguiché par les souvenirs qui me reviennent en tête, alors que je relaisse glisser mon regard sur le corps de celle qui fut ma costar dans le petit chef d’œuvre de la sextape que j’ai balancé sur le web il y a quelques semaines déjà. « Hey ! La bonne surprise. » Pas vraiment. Je sais que je vais m’en prendre plein les dents. Mais bon, je ne suis plus à ça près. Et puis, ça en valait la peine. Largement. « Tu viens réclamer tes royalties ou tourner la suite qu’on nous réclame ardemment ? »




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MessageSujet: Re: fuck you, fuck you very much ♪ ft. Parker   Sam 16 Mar - 23:58


Generally, I'm a nice person. Just don't push the asshole button.




Se rendre chez Parker. Leann n’était pas certaine que ce soit une bonne idée. Mais en tous cas, ça tournait dans son esprit depuis un mois. Elle n’avait pas la moindre idée de ce qu’elle allait lui dire non plus. L’insulter ? Lui hurler des horreurs ? C’était tentant. Immature, mais tentant. Qui plus est, ce serait à l’image de ce qu’elle pensait de lui. La seule et unique fois qu’elle était venue chez lui, elle en était repartie contente. Aujourd’hui, elle se dégoûtait presque d’avoir éprouvé de la satisfaction. Mais si elle voulait être honnête avec elle-même, il fallait bien qu’elle reconnaisse que s’il n’y avait pas eu cette vidéo, elle aurait passé un bon moment. Passer la nuit avec un type qu’elle ne connaissait pas était loin d’être dans ses habitudes. Pour tout dire, elle n’avait été qu’avec un seul garçon jusqu’à présent. Ce n’était pas difficile à comprendre dans la mesure où elle avait passé près de trois ans avec Joshua. Elle l’avait rencontré à seize ans, lorsqu’elle avait déménagé à Los Angeles avec sa famille et ils s’étaient séparés au début de l’été dernier. Depuis… Depuis, les choses avaient été assez compliquées pour elle. Au fond, elle avait grandi avec Josh pendant ces années, et sans lui, elle s’était sentie assez perdue. Elle s’était d’abord dit que le célibat n’était pas une mauvaise chose. Etre seule lui permettrait de se définir elle-même. Et c’était important ! Elle savait que ce n’était pas sain de se définir uniquement par ses relations aux autres, et inconsciemment, c’est ce qu’elle avait fait avec Josh. Au départ, elle ne s’était pas si mal débrouillée que ça. Elle ne s’était pas retrouvée complètement dépressive à ses noyer dans ses propres larmes devant des films romantiques. Elle s’était occupée, avait pris sa vie en mains. Et puis la rentrée universitaire était arrivée et soudainement, les choses lui avaient semblé bien plus compliquées. Elle avait revu Joshua et Zach, et rien que ça n’était pas simple. Et puis, il y avait eu les remarques de Carrie, l’une de ses proches amies. Ne vous méprenez pas, elle l’adorait. D’ailleurs, c’était impossible de ne pas apprécier cette dernière. Carrie était pleine de vie, elle vivait le moment présent… Tout ce que Leann ne faisait pas en somme. Elle n’avait jamais été envieuse envers elle et elle avait eu du mal à s’avouer qu’elle l’était. Mais parfois, oui, elle aurait aimé être un peu plus comme elle, un peu plus insouciante, un peu moins réfléchie. Elle se posait un milliard de questions. Elle n’était plus avec Josh, mais elle avait pourtant continué à avancer sur des œufs, en se demandant ce qu’elle pouvait faire et ne pas faire. C’était ridicule dans la mesure où ils étaient séparés et que par extension, elle pouvait donc faire ce qu’elle voulait. Elle avait fini par se lâcher un peu plus, ou tout au moins par essayer, ce qui était déjà un pas en avant. Quelques soirées, quelques flirts. Rien de bien excitant cela dit. Le seul moment où elle avait véritablement lâché prise, c’était après ses examens en décembre dernier. Les partiels étaient terminés, les vacances commençaient et elle avait décidé d’aller fêter ça en boîte de nuit avec quelques amis. C’est là-bas qu’elle avait croisé la route de Parker. Il lui avait plu… Difficile de ne pas être sensible à son charme, n’est-ce pas ? Pour la première fois, c’était elle qui s’était montrée assez entreprenante… Aujourd’hui, elle s’en mordait les doigts. Sa façon d’être ce soir-là ne lui ressemblait pas, et c’est précisément ce qui lui avait plu. Etre quelqu’un d’autre lui avait donné un sentiment de liberté. Voilà pourquoi elle était repartie de chez Parker pleine de satisfaction. Elle avait vécu une nouvelle expérience, elle s’était amusée, et peu importe que ça lui ressemble ou non ou pas. Avec le recul, elle avait une analyse radicalement différente. Evidemment, la vidéo n’était pas étrangère à cette prise de conscience. Il faut dire que depuis qu’elle était sortie, sa vie était devenue assez cauchemardesque. Tout le monde avait vu les images à l’université et tout le monde y était allé de son petit commentaire mesquin. On ne se doute pas du poids de la honte avant de l’avoir sur les épaules. Et cette honte-là avait été particulièrement pesante. Aujourd’hui, elle l’était un peu moins. Elle s’était relevée, ce qui lui avait semblé impossible sur le coup. Elle se sentait mieux, pas franchement au point de sauter de joie, mais suffisamment pour se reprendre en mains. Et pour elle, ça passait par faire face à Parker.

C’est ainsi qu’elle s’était retrouvée devant sa porte. Pendant tout le trajet, elle n’avait eu de cesse de se demander ce qu’elle allait faire, comment elle allait gérer la situation. Le fait est qu’elle n’en avait toujours aucune idée. D’ailleurs en posant son doigt sur la sonnette, elle n’était toujours pas convaincue que c’était une bonne idée. Peut-être qu’elle ferait mieux de repartir en arrière et oublier cette histoire. Mais il était trop tard, la porte s’ouvrait sur un juron du jeune homme. « La ferme, putain ! » Quelle sympathique entrée en matière, n’est-ce pas ?! Il l’observa quelques instants avant de semble-t-il la reconnaître. Autant dire qu’elle n’apprécia guère le sourire qu’elle vit naître sur ses lèvres. « Hey ! La bonne surprise. » Ou pas. Ce n’était ni une bonne surprise pour elle, ni pour lui. C’était inévitable d’une certaine façon, mais ce n’était pas un bon moment, et il devait certainement s’en douter. « Tu viens réclamer tes royalties ou tourner la suite qu’on nous réclame ardemment ? » Humour de mauvais goût. Alors qu’elle était face à lui et qu’elle avait tout le loisir d’observer son petit air suffisant, elle se demandait ce qu’elle lui avait réellement trouvé. Il n’était pas charmant, il était charmeur, il y avait un fossé entre les deux. « Compte sur ta main droite pour la suite », répliqua-t-elle ne le fusillant du regard. Merde, il était gonflé de lui demander ça. Cela dit, elle n’était pas étonnée. Pour qu’un type soit suffisamment tordu pour faire un film de ses ébats et pour le diffuser sur Internet à l’insu de sa partenaire, il ne fallait pas s’attendre à recevoir des excuses en retour. Elle aurait même été naïve de s’attendre à une once de remord de sa part. En venant ici, ce n’était pas ce qu’elle recherchait, elle savait bien qu’elle n’obtiendrait rien de tout ça. Elle ne savait pas ce qu’elle cherchait à vrai dire… Peut-être simplement à apaiser sa colère, même si elle n’était pas certaine d’y parvenir. « Je veux que tu retires ce film d’Internet », lâcha-t-elle en continuant de le fixer avec dureté. La vidéo avait suffisamment circulé pour que ça ne change plus grand-chose de la retirer. Ca n’améliorerait pas la situation, mais ça empêcherait sans doute de l’empirer, ce qui n’était pas négligeable. Et puis, c’était aussi une question de principe.
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MessageSujet: Re: fuck you, fuck you very much ♪ ft. Parker   Ven 12 Juil - 13:23




 fuck you, fuck you very much  „

Leann A. Johnson & Parker H. Bernstein


Balancer une vidéo du genre sur Internet n'était pas vraiment de mon genre. Enfin, si, à en juger par l'enjouement avec lequel je l'avais fait ; disons plutôt que ce n'était pas dans mes habitudes. À vrai dire, Lena - Leah, Leann ? - avait même eu le privilège d'être la première avec qui je faisais ça, et croyez-moi, rares sont les filles qui peuvent encore se vanter de m'avoir fait connaître une première fois dans quelque chose, de nos jours. L'avantage de s'être intéressé à la gent féminine - quelle jolie expression pour parler de leurs miches... Ou plutôt le désavantage. Oui, j'avais fait le tour, trop vite, visiblement, de tout ce à quoi pouvait bien me servir une fille et j'avais tendance à m'ennuyer de plus en plus, au fur et à mesure que je gagnais en âge. C'est sûrement pour ça qu'aucune de mes relations ne perduraient - la bonne blague. Mes relations ne duraient pas parce que je n'avais aucune envie de me faire emmerder par une pleurnicheuse comme elles le sont toutes et de passer mes samedis après-midi chez Ikea à choisir quel set de table irait le mieux avec la teinte rose pourpre hirondelle rosée du matin des nouveaux rideaux, et rien de plus. Le fait de les enchaîner au rythme auquel je me tenais, en revanche, pouvait trouver une explication dans cette lassitude. Inconsciemment, je cherchais sûrement quelque chose de nouveau, d'inédit, d'exotique et de palpitant à me mettre sous la dent, et chaque désillusion, au petit matin, en voyant Machine, ses cheveux moches et ses yeux de pandas en train de baver sur mon oreiller, renforçait encore cette volonté de changement. Ainsi, la brune plantée-là avait pu m'aider à me désennuyer de ma vie, l'espace d'une nuit et des quelques jours où j'avais porté de l'importance aux commentaires postés sur notre vidéo, avant de l'oublier, blasé. Enfin, bon, se vanter ; à en juger par le regard haineux qu'elle enfonce dans le mien, j'émettrai quelques réserves sur ce terme. La réplique qui s'en suit me confirme bel et bien qu'elle ne va pas aller rendre visite à ses parents, la larme à l'oeil, émue et fière d'avoir jouer ce rôle dans ma vie. De l'humour ? Elle se veut sûrement blessante, mauvaise, mais seul un sourire encore plus large se fait une place sur mes traits. Si j'avais su qu'elle cachait une fibre comique derrière ses miches, j'aurais fait dans le plus classe, le plus léger. Un stand-up rien que pour elle, tiens... Ses fringues en moins. Sentant un relent de la nuit passée me monter à la tête, avec ses bribes d'acide, d'herbe et d'un alcool jusqu'à maintenant encore non identifié par mon peu de neurones pourtant experts en matière de gueule de bois,  je viens appuyer mon épaule contre le montant de la porte de mon appartement, lâchant ses yeux pour la toiser à nouveau, distraitement. Non, le stand-up ne lui aurait pas convenu - je laisse courir mon regard sur sa silhouette trop habillée à mon goût et j'oublie déjà sa petite touche d'humour.

La réplique qui suit, bien moins nuancée dans le ton, me fait relever les yeux mais n'attaque toujours pas l'impassibilité détendue de mes traits. Evidemment, si elle n'était pas là pour boire - prendre - un coup à notre succès, si elle n'exigeait pas non plus sa part des bénéfices, il ne restait que cette explication-là. Retirer la vidéo. Mon sourire s'éteint doucement, non pas par désillusion ou par tristesse. C'est plutôt une forme d'attendrissement qui s'en empare et va le cantonner aux coins de mes lèvres, discret mais bien présent. À cet instant, je ne peux ne pas songer à ma petite soeur, qui pense elle aussi qu'avec un air de doberman et un ordre tranché, elle se dépatouillera de la situation dans laquelle elle s'est retrouvée après s'être fait baiser - le terme n'a jamais été aussi polyvalent et à double sens qu'en ce moment. Ma partenaire de conquête du monde inédit de la sextape pensait-elle vraiment que j'allais le faire, simplement parce qu'elle fronce ses traits et serre ses petits poings avec plus de force que dans mes souvenirs, ce dont mon intégrité la remercie ? « Retirer  ce film ? Et ta communauté de fans, alors, tu y penses ? » Je prends un air un brin outré, ouvrant des yeux ronds et me redressant, fin acteur. Je la joue agent et elle starlette, ce qui, dans les faits, n'est pas si éloigné de la vérité que ça. « Tu fais fureur à l'international, tu sais. À moins que les fautes d'orthographe ne soient que des fautes de frappe, en fait ? » Je passe de l'agent soucieux de sa protégée au Grand Esprit qui vient d'avoir une révélation. « Taper quand on a une seule main de libre...   Enfin, tu dois savoir ce que c'est, si tu as vu cette vidéo. Tu ne visites pas des sites très fréquentables, tu le sais ? » Et finalement, j'endosse un rôle paternaliste, à la limite du pieux, avant de me mettre à rigoler tout seul et que je ne lui tourne le dos, sans lui laisser le temps de réagir autrement qu'avec les deux AK-47 qu'elle planque dans ses yeux depuis tout à l'heure. Je quitte la porte pour retourner dans mon appartement, ne la refermant toutefois pas derrière moi. En temps normal, je n'aurais pas commis cette terrible erreur, qui laissait toute la place à la fille qui se trouve là - sauf si j'étais vraiment, vraiment bourré le soir où je l'ai rencontrée et qu'elle ne passe pas la porte si elle ne porte pas sa gaine - pour m'emboîter le pas et se lancer dans sa crise de furie. Mais là, je suis subitement de bien meilleure humeur, amusé et presque heureux de la voir. Et puis, je me remémore les images de notre petit chef d'oeuvre et je me dis que je n'aurai pas trop de mal à la plaquer contre le mur au cas où elle finirait par péter un câble. Me doutant bien qu'elle suivra la logique féminine et ne tournera pas simplement les talons, je laisse à nouveau ma voix s'élever, alors que j'attrape une canette de soda posée sur le bar et pars m'écraser sur le canapé. Le repos réparateur de mon lit douillet et pas du tout déglingué, ça sera pour plus tard. « Sers-toi, finalement, c'est tes gémissements dès 4 minutes 23 qui m'ont permis de remplir le frigo. » C'est vrai, enfin, pas tout à fait. La feuille de papier que j'ai poussé sur le côté avant de m'affaler, un contrat qui a fait virevolter des étoiles dans mes yeux en voyant le nombre de zéros de la rémunération, prouve que je n'ai pas besoin des quelques dollars rapportés à chaque dizaine de clics sur le lien du film que j'ai balancé sur le Net. Pourtant, je me complais à me dire que c'est avec cet argent là que j'ai payé ma boisson, je me délecte à la première gorgée en songeant à tout ce que ça implique et me rappelle. « Plus sérieusement, Lena... c'est ça ? On est à Los Angeles. On n'a pas inventé la sextape, et parole d'adepte, la majorité des auteurs sont bien plus intéressants que nous. Le Walk of Fame pourrait limite servir de générique à la plupart d'entre elles. » Je souris toujours, mais sans exagération. Parce que je le pense et que je ne cherche pas juste à l'emmerder avec une vanne lourde et mauvaise. Me redressant, un brin péniblement, pour attraper le paquet de clopes posé sur la table basse, j'en sors une avant de relever mon regard limite bienveillant vers elle. « Et puis même, si tu n'es pas encore prête pour la gloire et qu'on te reconnaît dans la rue, t'as qu'à prendre un bon gros accent russe ou prétexter que ce n'est pas toi qui fais ces vocalises du tonnerre mais que c'est ta soeur jumelle. » Ma cigarette allumée, je tire dessus en me laissant retomber en arrière, avant de froncer les sourcils en observant vaguement le plafond. « Tiens, c'était pas dans un épisode de Friends, ça ? »
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