AccueilAccueil  CalendrierCalendrier  FAQFAQ  RechercherRechercher  MembresMembres  GroupesGroupes  S'enregistrerS'enregistrer  ConnexionConnexion  

Partagez | 
 

 JACKSON&PARKER ✖ Roses are red, my meth is blue

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas 
AuteurMessage

Invité
Invité

MessageSujet: JACKSON&PARKER ✖ Roses are red, my meth is blue   Dim 17 Fév - 23:32




Roses are red, my meth is blue

Jackson E. Monroe & Parker H. Bernstein



La Saint-Valentin. Les roses, les chocolats, les cartes, les nounours, les cœurs, les couples mielleux sur tous les trottoirs, les menottes à fourrure, les émissions nauséabondes à la télévision, le boum annuel de MST. Je devrais logiquement être fiché au fond de mon pieu, une fille qui vient de se faire larguer pour une autre à ma gauche, un seau pour gerber tout mon dégoût pour le concentré de niaiserie et de bonheur qui embaume l'air à ma droite. Mais non. Je ne le suis pas. Pire encore, je chantonne, guilleret, esquisse un mouvement de pied au rythme de la chanson qui s'échappe du téléviseur laissé allumé dans l'autre pièce et que je n'oserais jamais avouer n'avoir écouté, rien qu'une fois. La pop-star entame le refrain et je laisse résonner ma voix en écho à la sienne avec plus de force, libérant mes mains du bécher que je viens de vider dans un autre pour les frapper l'une contre l'autre, sourire démesuré aux lèvres. J'aime la Saint-Valentin, like a love song, baby.

Pas de méprise, je ne me suis pas trouvé un stupide cœur au rabais au rayon Abruti Fini au supermarché la veille, l'Amour avec un grand A n'a pas croisé ma route en même temps que la nouvelle briseuse de couilles qui l'accompagne et que je devrais rajouter à la liste de toutes celles que je me coltine déjà. Je tends la main, enclenche la petite cuisinière à gaz posée là en gardant les yeux rivés sur la fiole que je secoue précautionneusement de l'autre. J'adore la Saint-Valentin, parce que je suis sûr que, ce jour-là, rien que celui-là, personne ne va venir me faire chier. Le jour des amoureux, de la tendresse, de l'attachement. Je n'entrais pas dans le tableau, pour personne. Sauf peut-être Lou, qui est toujours aussi godiche malgré ce qu'elle tente de faire croire, mais avec ce qu'elle s'est enfilée la dernière fois qu'on s'est vus, je ne suis pas sûr qu'elle se réveille avant un ou deux jours encore. Non, je n'étais pas le type qu'on voit arriver en costume cravate, une rose entre les dents, une bouteille de champagne et deux coupes dans les mains. J'étais le gars qui vous proposait de descendre un peu de coke avec une bouteille de tequila, histoire d'éviter les frais d'avortement pour la grossesse que vous venez de lui annoncer, avant de vous précisez que la poudre ne sera pas un cadeau de la maison, faut pas exagérez. J'étais le mec qui se dandinait gaiement d'un côté à l'autre de la chambre noire de son appartement, transformée, pour l'occasion, en vrai laboratoire de petit chimiste, une boite de pseudo entre les pattes, une clope entre les lèvres et une ferme envie de cuisiner un peu de crystal aux tripes.

Pas de voisins dans l'immeuble potentiellement encombrants; ceux qui sont en couple sont au restaurant ou en train de s'emboîter pathétiquement au fond de leur plumard, ceux qui ne le sont pas sont sûrement déjà trop bourrés pour remarquer quoi que ce soit d'anormal. J'aurais pu en profiter pour faire n'importe quoi, me poser tranquillement sur le balcon et parcourir les commentaires sur le petit chef-d’œuvre de sextape que j'avais tourné avec cette fille désespérée ramenée de boîte quelques semaines plus tôt en me demandant si elle était finalement au courant de sa carrière de porn star que j'avais lancée pour elle, maintenant que le nombre de vues a battu tous les records, faire l'inventaire de ma réserve d'herbe avant de finir par la fumer entièrement, mais non. J'avais voulu faire les choses en grand, les faire bien. Faut dire que, ces dernières années, j'avais du subir du laisser aller sur cette date de St Valentin. L'année dernière, j'étais en couple avec Delilah et, de toute manière, beaucoup trop sous hallucinogène pour ne serait-ce que savoir dans quel pays je me trouvais, alors, suivre un calendrier... Celle d'avant, je bossais, et celle qui la précédait encore, j'étais avec je ne sais plus quelle emmerdeuse depuis trop peu de temps pour déjà la jeter et j'avais du feindre des tas de bonnes intentions et jouer le parfait petit Valentin, histoire de pouvoir exploiter pour quelque temps encore les ressources de son buste rebondi et de son postérieur ferme. J'avais donc eu envie de marquer le coup, de me faire plaisir, de m'acheter moi-même ma barbapapa : elle prend la forme de meth et la vapeur qui envahit la petite pièce et fait briller mes yeux m'annonce que c'est en bonne voie. La gorge serrée, autant par l'émotion que par l'odeur tellement forte qui se dégage de ma création approximative, je lâche une quinte de toux et me résigne de quitter brièvement mon bébé pour aller piocher une bière dans le réfrigérateur miniature, posé à même le sol du salon. Manque de pot, il y a déjà file d'attente et j'ai peur de perdre trop de temps à attendre que le type devant moi n'ait récupéré sa bouteille. J'allais rebrousser chemin avant que mon esprit ne se rappelle, entre deux nuages de vapeurs toxiques, que ça, c'était pas normal. Je fronce les sourcils, ne me souvient pas avoir laisser quiconque entrer ici et traverse la pièce, un peu chancelant mais déjà prêt à péter un plomb et quelques dents de l'intrus, lorsque celui-ci se redresse et fait volte-face vers moi. Je lâche un rire léger, drogué, alors que j'agrippe le dossier du canapé là à côté, avant de reprendre des traits durs. Merde, qu'est-ce qu'il fout là, lui. Même si je peux pas m'empêcher de sourire de nouveau une seconde plus tard, après avoir senti un vent de l'odeur qui m'embaume, visiblement plus toxique et corrosive que dans mes souvenirs. « Jackson ! T'as pas pu résister à l'envie de m'amener des chocolats ? » Le brouillard se dissipe de nouveau, je le vois décapsuler sa bière et aller s'écraser sur le canapé en me jaugeant du coin de l’œil. Je refronce les traits. « Fais comme chez toi, au fait. »

Revenir en haut Aller en bas

Invité
Invité

MessageSujet: Re: JACKSON&PARKER ✖ Roses are red, my meth is blue   Sam 23 Fév - 11:10




Roses are red, my meth is blue

Jackson E. Monroe & Parker H. Bernstein



Il y a toujours un jour dans l'année que vous adorez autant que vous détestez. Généralement c'est votre anniversaire. Parce que vous recevez plein de cadeau, et que tout le monde, ou presque vous aimes, ou fait semblant... Mais en même temps vous prenez de sale ride et vous ressembler de plus en plus à rien, et l'âge vous le fait remarquer plus ou moins gentiment. Ensuite ça peut être Noël... Les cadeaux sont une bonne raison de bénir ce jour... Les repas de famille catastrophique et interminable qui vont avec vous donne en revanche la nausée et vous provoque un ulcère. Ce qui finalement n'est pas si mal, car à cause de l'ulcère vous avez encore plus de cadeau, et avec un peu de chance le médecin comprend que votre famille ne doit surtout pas rentrer dans la chambre. Bref il y a toujours un jour qui est votre saint Graal et votre pire enfer à la fois. Pour Jackson c'est la Saint Valentin. C'est plutôt simple à comprendre. Saint Valentin = un bon paquet de fille désespéré à la recherche de prince charmant, qui sont de toute façon trop alcoolisé pour vraiment faire la différence entre un prince charmant sur un cheval blanc et un trou du cul sur rien du tout. La Saint Valentin c'est l'attrape nigaude le plus en vue. Un compliment et elles vous tombent dans la poche, comme des mouches. C'est généralement l'occasion d'avoir plusieurs fille dans la journée. Une à la pause midi, parce que vous lui avez acheter son déjeuner et que tout de même ça fait six mois, un an, qu'elle a personne, et que... Voilà quoi. Elle ne vous le dit pas, mais vous le fait bien sentir. La pause café est effective aussi, si vous vous faites passé par un livreur de fleur qui est désespéré parce qu'il livre des fleurs d'amour toute la journée alors qu'il ne recevra rien, vous trouverez toujours une aimable collègue dans le même cas (enfin même... Vu que votre cas est inventé pas tout à fait) pour vous réconforter. Ensuite il y a l'apéro, le before, la soirée, l'after, et ça peut aller jusqu'au petit matin suivant si vous vous débrouillez bien. Parfois en fin de soirée vous en obtenez deux en une, et là c'est l'extase. Mais la contrepartie est lourde à payer, c'est un peu faire un pacte avec le diable. Vous êtes ensuite condamné à rotir en enfer pour l'éternité. Parce que si fille de la Saint Valentin signifie fille facile et en manque, c'est aussi fille niaise en mal d'amour qui vous lâche difficilement la grappe, qui vous envoie valser les assiettes à la figure dès que vous la sommer de partir -pensez donc d'ailleurs à l'emmener manger dans un endroit avec des couverts en plastique et assiettes en carton... Pour votre sécurité. Et si les parties de jambe en l'air vous comble, les effusions d'amour vous donne des boutons. Alors c'est le seul jour de l'année ou vous êtes tout le monde sauf vous même. Ou le Jackson Monroe qui habite 1389 trucmuchechose est mort aux yeux de tout le monde, et que votre numéro à accidentellement 12 chiffres au lieux de 10. Vous êtes absolument intraçable, et à défaut de pouvoir courir vite à cause d'une vieille blessure de guerre, vous avez un pote qui vous permet de prendre la fuite extrêmement rapidement en cas de problème. Enfin normalement... Parce qu'il faut trouver un pote qui ne fait pas comme vous, la chasse de toutes les petites désespérés de la Saint Valentin. Il faut qu'il soit aussi suffisamment sans moral pour ne pas vous dire sérieusement, tu ne vas pas faire ça quand même ?. Il faut que ça soit un mec au cas ou vous posez encore la question après toutes ces années. Et parfois malheureusement la recherche de ce bro, est plus délicate que la recherche de fille elle même. Alors soit vous vous le faite en solo et prié pour votre salut, soit vous abandonné lâchement la partie.

Jackson ne s'était donc pas encore décidé sur la démarche à suivre. Il avait toujours en lui cette vieille rage destructrice qu'il avait besoin d'évacuer dans diverse fille dont il ne voudrait pas se souvenir. En même temps son genou lui rappelait encore vivement le nom d'un certain Aidan salopard De Conti, et il n'était pas sûr de pouvoir suivre un marathon de fille en chaleur accompagné de leur fuite à la speedy gonzales. Mais gâcher un tel évènement à cause d'un tel con méritait presque de le poursuivre en justice et de le remettre derrière les barreaux. Enfin presque. Il passa donc sa mâtiné à appeler bro et bro pour pouvoir se dénicher le parfait co pilote. Il lui proposerait même de pouvoir se taper toutes les filles qu'il veut dans sa voiture pendant qu'il l'attendrait en bas de l'immeuble de la fille que Jackson devrait fuir... Mais rien. Ils semblaient s'être tous passé le mot et ne pas vouloir sauver Jackson de sa triste misère. Le midi il finit donc par prendre le parti de se débrouiller comme un homme. Après tout il n'était probablement pas si nulle que ça. Pari presque réussit, une jolie brune, qui le gratifia seulement d'une giffle lorsqu'il fit son parfait connard. Ce à quoi il ne trouva qu'à répondre qu'elle n'avait pas à se plaindre, il lui avait fait prendre un pied d'enfer. Celle de la pause café fut bien moins tendre et entreprit de lui briser les noix, ce qui provoqua chez lui une bouffé de stress et l'obligea à battre en retraite. Retranché dans son appartement il entreprit d'appeler Parker qui lui répondit d'une voix vaseuse un je ne sais quoi que Jackson ne comprit pas bien mais qui sembla lui dire de passer chez lui... D'accord, Jackson était seulement tombé sur la messagerie du mec, mais comme le type était exactement le genre à... A quoi au juste ? Jackson s'en fichait. Parker était un con, un vrai, un bon phénomène. Un bro de première classe en somme... Quoiqu'il fut probable que traîner avec lui ne lui attire que des ennuis, il pensa, à raison, que traîner avec lui même lui attirait déjà suffisamment d'ennui pour qu'il n'est pas à s'inquiéter de ses autres fréquentation. Il empreinta donc une voiture au garage, comme il avait l'habitude de le faire, son patron lui laissant conduire tous les tas de ferraille qu'il voulait pour la simple raison qu'il les réparait ensuite à la perfection.

Il ne tarda pas à se retrouver devant l'appartement du Bernstein, et se réjouis d'entendre que ce dernier soit bien chez lui. Quoiqu'il trouvait cela bien déprimant de rester comme un con, seul chez lui, un tel jour de fête, il se dit que ce dernier devait bien avoir une bonne raison. Parker vint lui ouvrir avec une tête de dégénéré shooté que Jackson ne remarqua pas. Il faut dire qu'il entra presque sans un mot, si ce n'est une légère tape sur l'épaule, traversant l'appartement comme si c'était le sien. Il aurait remarqué l'odeur qui flottait si Parker n'avait pas interrompu le cheminement de sa pensée par une phrase plus débile qu'autre chose. « Jackson ! T'as pas pu résister à l'envie de m'amener des chocolats ? » Chocolat... Chocolat... Ah oui.. Saint Valentin. Nausée. Sentimentalité. Un maximum de coup. « Ouai non je les ai mangé. Mais j'ai besoin de toi. » Continuant paisiblement sa course jusqu'au saint Graal il se glissa aisément jusqu'au frigo duquel il tira une aimable bière qui finirait dans son gosier. Il se laissa ensuite tombé sur le canapé, sentant étrangement son esprit s'engourdir. « Fais comme chez toi, au fait. » Le sourire de Jackson s'étendit connement sur ses lèvres... « C'est ce que me disait ton répondeur... » Enfin c'est ce qu'il avait décidé de comprendre du répondeur de son ami... Dans les faits il n'avait pas franchement écouté. Se sentant étrangement détendu pour un mec qui a bu une gorgée de bière et qui s'est fait frappé dans les couilles il se mit à respirer l'odeur qui flottait dans l'appartement et qui lui rappelait quelques choses. Quelques secondes plus tard il s'était relevé comme un ressort du canapé, avait foncé jusqu'à la fenêtre qu'il avait ouverte. « Putain tu ne pouvais pas me dire que tu faisais ces conneries dans ton appart ? Tu veux ma mort ?. » A savoir, Jackson est le type de mec, anciennement drogué jusqu'aux yeux, qui a du se faire trois ans de cabane pour pouvoir se sevré complètement... Enfin ce n'était pas dans ce but là mais ... Bref... Sevré jusqu'à la dernière goutte de sang, il s'était fait une promesse à lui même de ne jamais retomber dedans. Non seulement pour les dégâts certain que ça avait eu dans sa vie, sur son cerveau et sur beaucoup de chose. Mais aussi parce que rien, mais tout de même. Malgré cette soit disante volonté de fer, il était du genre à rechuter, en un rien de temps, et à chaque écart qu'il faisait, il en payait le prix fort, un enfermement presque totale pour un sevrage rapide et douloureux. Il était exactement le type de junkie toujours en manque que la moindre dose rendait fou, et qui passait d'une addiction à une autre. Hier le crack, la coke, le meth, aujourd'hui le gin, le whisky, le scotch, la clope, demain ?

Revenir en haut Aller en bas

Invité
Invité

MessageSujet: Re: JACKSON&PARKER ✖ Roses are red, my meth is blue   Mer 10 Avr - 17:34




Roses are red, my meth is blue

Jackson E. Monroe & Parker H. Bernstein


Merde, le goujat. Pas de chocolats et il ose réclamer mon aide, pour je ne sais quelle connerie encore. Je me sens l'âme d'une de ses pauvres conquêtes esseulées, le temps de trois secondes, avant que la fraîcheur du réfrigérateur vers lequel je me plonge à mon tour pour en sortir une bière ne me remette l'esprit en place. Je finis de recouvrer toute ma testostérone en tapant le goulot de la bouteille au coin du meuble de la télévision pour la décapsuler et j'attrape au passage à la télécommande, pour faire disparaître l'enfant star et sa chanson entêtante au profit d'une autre chaîne, un truc animalier ou du genre. Je laisse courir mon regard absent sur l'image, alors que je recule vers le canapé et m'y écrase à mon tour, baissant les armes, à nouveau embrouillé par les relents de produits chimiques. Je n'ai même pas le temps d'avaler une première gorgée de houblon que je sens le sol trembler et ma tête tourner. Il vient de se relever comme une pauvre mijaurée en furie, vers les jambes de laquelle j'aurais laissé glisser une main vachement trop entreprenante selon sa frigidité. Merde, il réussit à me filer la gerbe, en bougeant beaucoup trop vite, en s'agitant dans mon champ de vision comme il le fait. Après m'être assuré que mes dix doigts ne se sont pas éloignés de mon propre corps dans un instant d'absence qui me coûterait autant cher qu'à mon propre honneur, je ferme les yeux, râlant quelques mots trop grommelés pour qu'il les saisisse, et puis, je ne suis même pas certain d'être resté à l'anglais et de ne pas avoir basculé à l'allemand. Peu importe, je râle, il y a le ton et c'est l'essentiel, il captera qu'il me fait chier aisément. Ça ne suffit toutefois pas à l'impressionner ; une demie seconde s'écoule et je l'entends m'engueuler comme si j'étais son mec depuis vingt piges. Je rouvre les yeux et les porte péniblement sur lui par-dessus mon épaule, les traits partagés par l'offusquement, l'incompréhension et l'étourdissement, avant de ne saisir ce qui se trame derrière son petit cirque, une poignée de secondes et les quelques mots que je saisis de son charabia plus tard. Je me remets correctement dans ma position de larve, lève les yeux au plafond avant de venir noyer mon gosier de bière. Quelle tafiole, merde.


Mon regard s'étant reposé sur le téléviseur, je ne me réintéresse à mon pote que parce qu'il renifle trop fort pour que je capte le moins fichu mot. Lâchant un soupir, avalant une nouvelle rasade de la bouteille qui refroidit mes doigts, j'élève une voix guillerette un instant plus tard, évinçant toute trace d'un semblant de compassion qu'il pourrait attendre de ma part. « Reconnais au moins que ça sent bon. » En réalité, l’odeur était ignoble, trop forte et trop acide. Mais ça sentait les emmerdes, le mal, les conneries, le poison, les glaïeuls au pied de mon cercueil, si quelqu’un daignait m’en payer un quand j’aurai passé l’arme à gauche un de ces jours ou l’autre. Ça sentait ma vie, simplement. Un gros résumé, approximatif, subjectif, mais pertinent malgré tout. C’était presque rassurant. Ouais, j’étais comme un suricate en ce moment, un pauvre vieux pépère qui a perdu sa tribu et qui désespère de les retrouver, en pistant toutes les odeurs de cloportes et mille-pattes rances à la ronde dans l’espoir de tomber sur l’un de ses semblables en train de s’en faire un festin de roi. Merde, qu’est-ce que je raconte ? Je me relève au ralenti, pas trop adroit pour le coup, mes yeux brûlent, ma bouche est soudainement plus sèche encore que le cadavre de souris que j’ai cloué au tableau accroché-là il y a des années maintenant, et en plus de ça, je divague dans mes pensées qui tournent franchement bizarres. D’un tâtonnement sur la télécommande, je fais revenir l'écran plat sur la chaîne musicale au dépit de l'émission sur le petit carnivore auquel de m'identifiais plus tôt, lorgne un instant sur la plastique de la chanteuse qui n'est plus ma petite popstar adorée - je suis presque déçu mais le fait que je ne risque pas de reprendre les paroles à voix haute devant Jackson, emporté par les effluves contre lesquelles je ne peux pas lutter, me console vite fait – avant de me tourner vers Monroe. Bière en main et sourire amicalement mauvais aux lèvres, je le dépasse et me faufile par la porte fenêtre avec la grâce d’une momie, pour m’écraser l’une des chaises du balcon. Ouais, l’odeur était toxique, et ouais, ça me rassurait, d’une manière qui n’est sûrement propre qu’à moi-même. Je savais que ça me détruisait, à chaque bouffée, à chaque ligne, mais au moins, c’était ma responsabilité. Je m’abimais, en bonnes âme et conscience, et non pas parce que quelqu’un d’autre l’avait voulu, comme les cons qui m’avaient fiché dans ce lit d’hosto que j’avais quitté il y a quelques semaines maintenant. Et ça, ça me rapportait un brin de repères.

Je ferme les yeux un instant, ébloui par les quelques rayons de soleil qui réchauffent ce côté de la Californie et qui contrastent avec l’obscurité de la chambre noire dans laquelle j’avais passé une bonne partie de ma journée, probablement, la notion du temps paraissant bien futile en ce moment-là. Je finis par les rouvrir, l’impression de flotter me fichant brutalement les jetons, et j’attrape le paquet de cigarettes posé sur la table-là. Je gesticule encore deux trois secondes, extirpant aussi adroitement que le camé en mauvais trip auquel je ressemble sûrement peut le faire un briquet de la poche de mon jean, avant de relever la tête vers Jackson. Je l’observe à travers la vitre s’acculer vers l’ouverture de la fenêtre, comme un abruti qui est sur le point de finir noyé et qui cherche à remplir ses poumons d’une ultime dose d’oxygène, au lieu de simplement m’emboiter le pas et sortir du salon. Merde, même asphyxié par les relents de ma cuisine contre-indiquée, il parvenait encore à me sembler con ? Je lâche un rire railleur, froid, mais bon type quand même, je mets un coup de pied dans l’autre chaise pour la faire reculer, invitation tacite et délicate pour la cervelle de piaf à me rejoindre sur le balcon. J’attends qu’il amorce un mouvement vers l’entrebâillement de la porte fenêtre et que la première bouffée de fumée que j’ai inspirée se fasse la malle de mes bronches pour reprendre la parole. « Promis, la prochaine fois, je mettrai une note d’avertissement sur ma porte et j’créerai un évènement sur Facebook, histoire de te prévenir. Aujourd’hui, atelier Crystal chez Parker ! » Je finis ma réplique sur le ton d'une pré-adolescente avec deux kilos sept de ferraille dans la bouche et une idolâtrie folle pour une quelconque brochette de puceaux à la voix pas trop dégueulasse. Nouveau rictus, toujours aussi crade, mais je n'insiste pas plus loin, un brin de bienveillance à son égard encore enfoui quelque part en moi, ou alors simplement parce que je sens mon esprit s'engourdir à nouveau. Peu importe, je détourne les yeux sur la vue qu'offre le balcon et porte le goulot de ma bière à mes lèvres, en m'enfonçant un peu plus dans ma chaise. « Qu’est-ce que tu fous là, aussi ? Tu devrais pas être en train d’exploser ton quota de blondes siliconées et désespérées ? » Cette fois-ci, si le sourire qui s’éprend de mes lèvres a l’air parfaitement stupide, ce n’est plus seulement à cause de la drogue ou de ses vapeurs ; non, installé l’air libre et l’esprit gentiment plus clair, pour le coup, c’est juste moi qui suis un imbécile et ça me plaît terriblement. Je tourne la tête vers Jackson et reprend la parole avant qu’il n’ait le temps de le faire lui-même. « Tiens, d’ailleurs, ça me fait penser que ma sœur est dans le coin. Si tu pouvais en profiter pour la sauter, que j’puisse finalement me faire Savannah sans trop d’état d’âme... » Quoique, je ne suis pas sûr que ça soit lui que ça dérangerait le plus et envers qui je ferais preuve de loyauté, mais je m'en fiche. Je le scrute, provocateur, et je me marre.



Revenir en haut Aller en bas

Invité
Invité

MessageSujet: Re: JACKSON&PARKER ✖ Roses are red, my meth is blue   Jeu 2 Mai - 18:15




Roses are red, my meth is blue

Jackson E. Monroe & Parker H. Bernstein



Parfois on pouvait se dire qu’un Jackson sans drogue était un Jackson chiant. Il fallait dire que du coup il était sacrément sur la défensive. Toujours au bords du fils. Nerveux à l’extrême, à vous foutre des sueurs froides pour un rien, et à avoir un problème de bouteille nettement plus élevé que la moyenne. Il avait aussi des tics de visage assez agaçant, et des tics de parole qui te donnait envie de lui foutre ton poing dans la gueule. D’ailleurs on ne parlait pas de ses tics de violence. Car il fallait avouer une chose. La drogue avait pour habitude d’adoucir ses moeurs et lorsque Jackson était stone et bien il ne cognait personne. Maintenant qu’il se tenait éloigné de tout ça il était une pile électrique prête à bondir sur le premier enfoiré et à lui enfoncé le crâne ce qui n’était peut être pas forcément mieux. Le Jackson clean se voyait aussi pousser une conscience assez dérangeante et avait un cynisme qui tenait plus souvent de l’auto apitoiement que de l’auto dérision bien agréable. Bien sûr il fallait faire avec. Et parfois c’était amusant. Car mine de rien si vous ne supportez pas le Jackson clean, il ne le supportait pas non plus et buvait plus que de raison pour pouvoir l’oublier. Ainsi, il n’était pas encore sur de savoir si c’était sain. Enfin si il savait que ça ne l’était pas, rien de ce qu’il faisait ne l’était jamais. Mais si ça l’était légèrement plus que d’habitude. et préférait se jeter dans son habituel journée de la Saint Valentin sans réfléchir. Alcool et sexe, c’était un plutôt bon programme pour un mec sevré comme lui pour ne pas devenir totalement chiant. « Reconnais au moins que ça sent bon. » Il plaisantait ? Il voulait sa mort ? Parker savait tout ça. Parker savait les années de prison. Parker savait les emmerdes qu’il avait avec la drogue. Parker devait même savoir que ça lui avait couté sa relation avec Savannah. Parker savait très bien que si Jackson se permettait de respirer l’odeur putride qui traînait à l’intérieur de l’appartement il prendrait un pied d’enfer. Le genre que l’on oublie pas. Parce qu’il était clean de puis tellement longtemps que ça serait comme le Nirvana de se plonger la dedans et de se cramer les méninges comme si de rien était. Il pourrait presque dire qu’il ne l’avait pas fait exprès. Demander à Parker de dire qu’il l’avait assommer et il s’en tirait sans aucune culpabilité ou presque. Mais pourquoi ? Quelques heures de délire total, pour une semaine de bad total à ramer comme un crétin avec le manque atroce pour ne pas rechuter encore et encore ? Peut être plus s’il se le gelait trop ... Merci bien. « Ca sent toi » cracha - Jackson avec un regard semi attendrit. Il aurait pu dire que ça les sentait eux. Mais il s’était retenu. Ca ne le sentait plus lui. Enfin ça ne devait plus. Il n’était plus là dedans, il avait arrêté. Il était clean. Il ne savait bien pourquoi il traînait encore avec Parker. C’était une connerie sans nom. Il était un ni à connerie. Mais il était son pote. Et puis il était cool. Il était encore l’un de ses derniers points de repère. Il n’avait pas envie de perdre ça. Et puis il y avait quelques choses de rassurant à traîner avec un pourris comme Parker, à ne rien attendre de bon. A sentir l’usure et la pourriture à toutes heures de la journée. C’était eux, c’était ça. Ca ne se commandait pas.

Un semblant d’éclair de conscience chez Parker les firent sortir sur le balcon. Jackson cru revivre. Respirant enfin à plein poumon, il s’alluma un cigarette. Ce n’est pas parce qu’il ne s’abîmait pas la santé avec toutes les drogues du monde qu’il ne pouvait pas se fumer ce qu’il y avait de moins nocif sur le marché. On le saurait si Jackson était devenu un mec réellement clean et sain du jour au lendemain. « Promis, la prochaine fois, je mettrai une note d’avertissement sur ma porte et j’créerai un évènement sur Facebook, histoire de te prévenir. Aujourd’hui, atelier Crystal chez Parker ! » Ce mec était con. Presque le roi. Il arrivait à lui faire de la concurrence. Alors quand en plus il venait de se siphonner le bocal avec la Meth il n’était plus bon qu’à dire des conneries. Cela dit maintenant que Jackson était au grand air il aurait presque envie d’en rire. Il tira sur sa clope et pris une gorgée de bière avant de répondre avec un sourire mesquin. « Fais gaffe à ne pas attirer les grands mères qui manque de vase pour leur fleur... » Ouh... Celle là était extrêmement mauvaise... Il aurait respirer à plein poumon à l’intérieur de l’appartement qu’il n’aurait probablement pas réussit à faire pire. C’était affolant. M’enfin Parker étant totalement déchiré peut être que ça passerait mieux que prévu. « Qu’est-ce que tu fous là, aussi ? Tu devrais pas être en train d’exploser ton quota de blondes siliconées et désespérées ? » Ah oui, le vif du sujet ! Il est bon lui pour un drogué au cerveau déchiré, il avait presque oublié la raison de sa venu dans les bas fonds. Pourtant sa mission était de la plus haute importance. Sans Parker elle ne pouvait réussir. Enfin là tout de suite il doutait de la possibilité de pouvoir la réussir avec Parker... Quoique Parker avait un charme fou. Sous drogue ou pas... « Si justement... Mon co-pilote c’est fait la mâle... Le grand amour... Je venais te chercher... Mais là tout de suite... » Il fallait genre... Que Parker soit capable de prendre la voiture et ça semblait fortement compromis par taux de vapeur de crystal meth qui flottait dans son appartement et qu’il avait respirer comme un abrutit l’air de rien. « Tiens, d’ailleurs, ça me fait penser que ma sœur est dans le coin. Si tu pouvais en profiter pour la sauter, que j’puisse finalement me faire Savannah sans trop d’état d’âme... » Il le provoquait là ? Il voulait qu’il lui fasse sa fête ? Il savait combien Jackson ne supportait pas qu’on parle de Savannah comme ça. Mais bon ce n’était que Parker le plus gros enfoiré que la terre n’est jamais portée en matière de relation avec la gente féminine. No big deal. Jackson regarda droit dans les yeux Parker hésitant un long moment entre le défigurer ou sourire et plaisanter, et finit par tirer une taffe de sa cigarette, finir cul sec sa bière déjà bien entamée et répondre. « Si tu réussit à briser son couple avec Aidan elle est toute à toi » C’était sortit de nul part. Ca sonnait comme un défit. Un défit qu’au fond il ne voulait probablement pas qu’il accepte, ou pas qu’il réussisse. Enfin si il le voulait pour l’instant, mais lorsqu’il verrait le résultat il regretterait comme à chaque fois. [color:7de4=crimson ]« Quand à ta soeur, tu me l’as présentes quand ? » Là il n’allait pas se faire prier deux fois on lui proposait une sublime créature, enfin il supposait, si s’était la soeur de Parker il y avait peu de chance qu’elle soit bien moche.

Revenir en haut Aller en bas

Invité
Invité

MessageSujet: Re: JACKSON&PARKER ✖ Roses are red, my meth is blue   Sam 3 Aoû - 14:58


JACKSON&PARKER ✖ Roses are red, my meth is blue


J'hausse mollement un sourcil. Des vases pour grand-mère. Un ange passe et je me visualise assis à une table dans un bar miteux, les yeux rivés sur la mini scène où il se tient debout, l'encourageant à grand renfort d'applaudissements et sifflements enjoués pendant qu'il défonce tout le monde dans la course du pire stand-up qu'on ait jamais vu. En fait, non, je me borne d'illusions moi-même; je serais plutôt le type qui balance la première grosse saloperie et entraîne tout le reste du public avec lui dans une lapidation à la cacahuète et noix de pécan sur un fond d'huements harmonieux. Sa vanne était merdique, mais ça m'arrache quand même un sourire de l'imaginer avec un raté, encore un de plus à son actif et deux ou trois projectiles plantés dans sa cornée en prime. Puis entre en action l'autre partie de ma cervelle atrophiée par le parfum délicat de mon rencard de ce jour de St-Valentin,  celle qui raisonne, celle qui est bien plus remplie et bien plus censée, et me voilà en train de me demander à quoi ressemblerait ma grand-mère sous meth. Je l'imagine à siroter sa tasse de tisane à la fleur d'oranger sur la terrasse de sa résidence, la reposer le petit doigt en l'air, switcher pour le bong là à côté et inhaler aussi fort que ses poussiéreux poumons lui permettent les cristaux que je lui ai offert pour sa fête, se mettre à l'envers et ôter tee & bra pour s'enfuir en courant à travers le jardin au premier son de sirène qui s'élève au loin. C'est cool, parce que ça me fait me marrer doucement et ça va flatter Jackson dans le sens du poil, comme si sa touche d'humour n'avait pas été merdique finalement - bon, j'dis pas que je ne vais pas lui dégueuler dessus si par malheur la grand-mère qui court dans ma tête venait à faire volte-face et que j'aurais vue sur autre chose que son dos flasque, tout aussi flasque et... Un haut-le-coeur plus tard, je reviens à moi et chasse la bile de ma bouche d'une gorgée de brune et d'une taffe de blonde. Entre le moment qu'il m'a fallu pour faire le rapport entre le crystal et les vases dont il parlait, celui où je fantasmais sur un échec monstrueux de sa part dans le truc le plus beauf qu'il soit, en plus, celui où j'ai choisi quelle grand-mère je voulais voir finir en junkie - ça s'était orienté du côté paternel, parce que ouais, le fossile maternel, elle m'avait quand même payé ma première bagnole et même si je l'avais revendue au premier pechno que j'avais croisé en Idaho pour des broutilles, surtout avec la collection de MST qui embaumait la banquette arrière que je lui avais cédé en bonus, ça lui valait quand même un brin d'estime de ma part - et enfin celui où j'imageais sa plastique flétrie sous son chandail à fleurs rose, il a dû se passer pas mal de temps, et je n'ai pas la moindre idée de ce qu'il a pu faire ou dire durant cet instant. Enfin, peu importe, je reprends le fil de la réalité en cours de route et, visiblement, je n'ai pas dû manquer grand chose, puisque la remarque que je place alors sur le fait que sa présence m'étonnait passe comme une lettre à la poste.

« T'as besoin d'aide pour venir te la tenir ? » C'est tout  ce que je trouve à répondre, l'observant d'un oeil mi-absent mi-amusé, tandis qu'il peine à finir ses phrases, comme s'il émettait d'un coup des réserves quant à ses motivations. Faut dire que l'odeur qui flotte dans mon appartement et ce qui a déjà été dit doit lui mettre la puce à l'oreille et qu'il doit en avoir conclu que je ne serai pas disponible pour les prochaines 24 ou 48 heures, à voir la durée que prendra mon knock out, mais j'ai quelques doutes, réfléchir et tirer des conclusions logiques, c'était pas vraiment un truc signé Jackson. « Pas de quiproquo, j'te parle de tenir la fille, pas ton usine à herpès, hein. » Je prends d'ailleurs la peine de préciser ça, sait-on jamais, pas que le peu de vapeurs qu'il a respirées lui monte d'un coup à la tête et l'amoindrisse encore un peu au point qu'il se monte des scénarios auxquels j'ai encore moins envie de penser que celui où ma putride ancêtre me fait un striptease intégral.  Histoire de réduire encore les risques et parce que je remarque du coin de l'oeil que cette abrutie de Solveig a osé laisser traîner un parapluie là dans le coin, entre la pile de cartons qui a commencé à s'autocomposter et les quelques sacs de bouteilles vides qu'il faudrait que je me décide à descendre dans la rue - ou  que je me contorsionne un peu pour les balancer sur le balcon  du voisin sans trop faire de bruit, à voir ce qui me demandera le plus d'effort -, j'enchaîne rapidement sur ma remarque quant à ma soeur et surtout la sienne. Il met du temps à répliquer, mais je sais que cette fois-ci c'est pour la bonne cause et pas parce qu'il a bugué et qu'il va falloir attendre un bon moment avant qu'il refasse les connexions dans sa tête brûlée par les excès. Non, c'est pour la bonne cause : il est en train d'évaluer la nécessité de me péter les dents ou non. C'est marrant, comme quoi l'adage qui dit qu'on touche pas à la soeur d'un pote, ça a l'air véridique. Enfin, ça, je le savais, en fait, depuis un bon bout de temps, même - séquence émotion, je  me souviens de Jimmy, mon bon pote de Seconde et voisin,   Keira, sa petite soeur et première fille à inaugurer la banquette arrière citée plus haut et Numéro 16, Cadran I, ma première molaire cassée par la main d'autrui. Alors, ouais, peut-être bien que c'était vrai, que les soeur, mère et - pour les plus aventureux d'entre nous - grand-mère d'un pote, ça se touche pas, mais c'est pas pour autant que j'allais m'en préoccuper, pas plus concernant la sienne, que la mienne. « Dès que j'aurai trouvé un joli sac en papier à lui mettre sur la tête et que tu seras à jour dans ton vaccin contre le papillomavirus, t'auras et le champs libre, et ma bénédiction, dans ce cas. » Qu'est-ce que je raconte ? Ça n'a pas de sens, aucun... Sinon celui de le faire péter un câble, parce que d'un coup j'ai un vague souvenir de lui s'échauffant sur un mec parce qu'il avait utilisé un peu trop de syllabes dans un mot qui lui adressait innocemment à son goût. Enfin, l'essentiel était dans la finalité de ma phrase et non la condition ; je la lui servais sur un plateau quand ça le chanterait. C'était pas un acte de gentillesse, vous méprenez pas - à mon goût, il n'y avait pas cadeau plus empoisonné. Mais bon, je le connais, et je sais qu'il ne fera pas dans la dentelle avec elle, même si c'est ma soeur, et l'hypothèse qu'il se la fasse puis la jette m'enchante étonnamment - oui parce que, comme je l'ai dit, je le connais, et j'doute que je devrai leur prêter un Scrabble pour vaincre l'ennui si je les fais se rencontrer un de ces soirs. Alors si je peux lui faire ce plaisir, emmerder ma soeur un coup de plus et, cerise sur le gâteau, me mettre dans la poche un ou deux arguments pour le jour hypothétique où je passerais sur sa soeur à lui et qu'il oserait élever une voix mécontente, ce serait avec plaisir.

Trop d'hypothèses et trop peu d'air clean et frais, je commence à ne plus voir clair et je préfère rincer tout ça avec une nouvelle rasade de bière, la dernière. La bouteille rejoint ses congénères sur la montagne qui se forme là derrière et je me relève souplement lorsque j'entends une sonnerie s'élever depuis l'intérieur de mon appartement - ça, c'est le Parker qui plane un peu qui se le dit, l'autre, le vrai, il peine clairement à tenir sur ses deux pieds.  Une poignée de secondes à nager dans le nuage délicieux qui a pris place à l'intérieur, un coup d'oeil sur ma machine à barbe à papa version Moi et deux nouvelles bières dans une main et mon portable dans l'autre plus tard, je reviens sur la terrasse. « Bon, si tu finissais par me dire pour quel plan tu venais me chercher ?  » Prévenant que je suis, je pose la bouteille que j'ai embarquée pour lui dans un timing parfait, alors que je l'entends balancer la sienne, vide, sans relever les yeux de mon téléphone. « Sinon, j'veux bien faire un geste et la laisser te payer toi pour la dose qu'elle va venir me tapiner d'ici une petite heure. » Le coup de fil, c'était la blondasse peroxydée de l'immeuble du coin de la rue, trop à l'ouest pour avoir remarqué que les services sociaux avaient embarqué ses gamins la semaine dernière, pas assez pour ne pas pressentir, son radar à meth enclenché à plein turbo, que j'aurais quelques sucreries à lui refiler ce soir. Relevant les yeux sur la tronche de Jackson qui en dit long quant à sa compréhension, à cet instant, je lui tends mon téléphone et la photo que j'ai d'elle - enfin, la photo qui était jointe au mail de masse d'une autre de mes voisines, celle-ci trop bourgeoise pour ne pas mettre en garde tout le voisinage quant à l'affreusité de ma petite junkie qui paye toujours en nature. Enfin, qui essaye, parce que jusque là, je n'ai jamais eu suffisamment les crocs pour m'intéresser à une épave dans son genre. « Enfin, tant que t'es pas trop regardant côté dentition, ça va de soi. » Et dire qu'on ose m'accuser d'être un ami de merde qui ne pense qu'à sa propre gueule. Ça m'arracherait presque une larmichette - à moins que ça soit juste les relents de ma feu chambre noire qui s'échappe par la porte fenêtre que je n'ai pas refermée derrière moi.


Revenir en haut Aller en bas

Invité
Invité

MessageSujet: Re: JACKSON&PARKER ✖ Roses are red, my meth is blue   Mer 14 Aoû - 10:29




 Roses are red, my meth is blue  „

Jackson E. Monroe & Parker H. Bernstein



Jackson ne savait pas pourquoi il continuait de venir voir Parker. Rien de bon ne pouvait sortir de cette amitié. Enfin si amitié il y avait vraiment. Jackson n’était pas suffisamment sentimental pour réellement se poser la question. Au fond il se fichait des motivations de Parker à encore lui ouvrir la porte, à la répondre, et à lui balancer une bière lorsqu’il en voulait une. Peut être était-ce le besoin d’avoir quelqu’un de plus con et plus mal que lui. Ou pas.Il en avait rien à foutre. La vérité c’est qu’étrangement il passait beaucoup de chose à Parker, il ne bronchait pas franchement aux tentatives vaseuses de blague contre lui, destiner à le rabaisser. Qu’il le rabaisse tant qu’il veulent, Jackson bouffait déjà la poussière. Et Jackson connaissait suffisamment Parker pour ne rien s’attendre à mieux pour lui. Parker serait capable d’enfoncer son meilleur ami, de détruire la femme de sa vie, de... Tout finalement... Il n’avait aucune allégeance, aucune constance, qu’un cerveau détraqué et blasé en mal de méchanceté. Et ça allait probablement bien à Jackson. Puisqu’il n’avait plus la drogue pour lui faire oublier à quel point il était inutile et mauvais à la société, il lui fallait bien un Parker pour le lui rappeler... Ou alors la phrase qu’il venait de dire n’avait strictement aucune logique... Demandait-on au juste à Jackson d’avoir de la logique ? Parce qu’il lui en avait fallu, ça ne faisait nul doute qu’il ne serait pas là, dans un appartement qui pu le meth, et lui sur le balcon, comme un putain de junkie qui essaye juste de résister à l’appel de son passé. Et Jackson était à demi-bon et à demi-mauvais pour l’exercice. Il ne savait pas s’en sortir sans crise de manque, mais étrangement il parvenait toujours à reprendre le dessus et à ne pas se laisser tomber dedans... Quand bien même ça serait tout de même franchement plus simple. Juste ne rien faire pour l’éviter, laisser ses membres le guider la ou il voulait aller. C’était peut être pas plus mal, ça aurait quelque chose de rassurant... Au moins il pouvait déterminé avec précision là ou il allait tomber. Alors qu’à résister il se retrouvait dans des endroits parfois plus étrange que s’il s’était laissé guidé par des habitudes de Junkie...

Enfin ce n’était pas la question, il regarda le rire fiévreux de son ami et eu la net impression qu’il se foutait de sa gueule. Il sourit. Parker avait réellement besoin de faire ça. Analyser chaque pauvre phrase que Jackson pouvait sortir et y penser... Peut être que c’était la drogue qui parlait pour lui dans son cerveau débile. Mais Jackson avait toujours du mal à comprendre comment son ami faisait pour réagir à tout. Dans une conversation on pouvait être sûr que Jackson manquait la moitié sinon plus des phrases qui lui étaient adressée. Il les entendait surement, mais son cerveau refusait de les assimiler, et de toute évidence il ne les écoutait pas. Il souriant, souvent connement, ou alors n’en avait rien à foutre, et tant pis si c’était l’égo qui lui faisait face prenait mal son silence. D’ailleurs qu’est ce qui était le pire, un Parker qui ferait de micro reflexion, ou geste te montrant que tu es un débile profond, ou Jackson l’ignorant tout simplement, et te faisant passer pour l’homme invisible et muet si tu n’arrivais pas à capter son attention. Et pour capter son attention il était clair qu’il fallait plusieurs choses essentiels. Le plus efficace était encore de posséder une pair de sein conséquente, et un cul baisable. Là tout de suite on ramenait Jackson sur le tapis, et à défaut de réellement écouter, il entendrait. Parce qu’il était capable de ne rien entendre. C’était parfois à ce demander comment était composer son cerveau et ses oreilles tant il pouvait être une satanée burne sourde. Le deuxième moyen était naturellement de trouver un sujet qui l’intéressait. Le problème de cette technique était que sans sein il fallait aussi être très clair dans son choix des mots, sans quoi Jackson ne capterait pas l’essence même du sujet et resterait dans son monde vaseux à décrypter les formes, et à s'imprégner de l’humour noir et stupide qui flottait dans les airs. Et chez Parker on ne pouvait pas trouver meilleur nie à puanteur putride d’humour dégueulasse et mal venu. « T'as besoin d'aide pour venir te la tenir ? » Et encore là on était dans du soft. Ramenant subitement Jackson de son absence, ce dernier fronça les sourcils, ne comprenant visiblement pas ou Parker voulait en venir... Il n’arrivait plus à ce souvenir ce qui avait pu motivé son cher ami à sortir quelque chose du genre. Pourtant habituellement ils se comprenaient... Enfin presque et souvent ils étaient sur la même longueur d’onde, tous les deux stones, ou tous les deux bourrés comme des coing, mais pas un complètement déchiré et l’autre désespérément sobre et clean. « Pas de quiproquo, j'te parle de tenir la fille, pas ton usine à herpès, hein. » Ah... C’était rassurant... D’autant plus que ces temps-ci Jackson avait encore moins d’atome crochu avec les gays qu’à l’habitude, et qu’il aurait bien envie d’en dégommer un ou deux pour l’impudence de Maxmillian... Dans les faits il aurait pu directement dégommer le Max en question... Mais étrangement ce mec avec un truc... Une aura ou je ne sais quoi, qui indiquait clairement qu’il y avait moyen, malgré la stature de fil de fer de son adversaire, qu’il se fasse dégommer s’il tentait quoique ce soit... Et autant il en avait marre de subir ses avances, autant il en avait aussi marre de finir à l’hôpital... Sur le carreau. Enfin maintenant que Parker avait expliqué le fond de sa pensée Jackson devait avouer qu’il ne ... Comprenait toujours pas. Il fronça mieux les sourcils, comme si ça pouvait réactiver les neurones qui étaient gentiment partis dormir. Il s’alluma une cigarette, peut être en espérant que la destruction de neurones réveilleraient ceux suffisamment fort pour se défendre. Pour éviter de passer pour un con, il fit un air désespéré de la connerie cristalline de son ami... Vous avez vu cristalline - Crystal... Et merde... A mon avis toute tentative de se montrer plus intelligent qu’il ne l’était était absolument peine perdue. Parker sortit encore une longue phrase qui ne parvint à faire aucun sens dans la tête de Jackson. Il n’en pouvait plus de froncer les sourcils, et son sang commençait à battre dans ses veines... Il avait beau se savoir abrutit, il n’aimait pas l’être, et à défaut de pouvoir se casser directement la gueule à lui même, il avait pris pour habitude de défoncer autrui. Et avec l’état de Parker aujourd’hui ça serait chose extrêmement facile... Même pas jouissive d’ailleurs. Il se passa la main dans le cheveux, se frottant l’arrière du crâne. «Tu essayes de dire des choses qu’on un sens ou ça t’amuse juste de me donner l’impression d’être aussi out que toi... ?» Ragea-t-il la colère grimpante. Sang chaud. Parce que Jackson avait une piètre opinion de lui même, mais tout de même, à se niveau d’incompréhension il fallait au moins que ses neurones soit mis hors service par une quelconque substance. Il ne fallait pas pousser mémé dans les orties non plus...

Il tira de nouveau sur sa cigarette, son regard bleu s’étant franchement noircit ses dernières minutes. Il était insupportablement impulsif et mettait toujours mille ans à se calmer. Il avait beau se dire que la cigarette était sensé lui servir de garde fou, il savait bien que si jamais le mythe de la clope anti-stress avait été un jour autre chose qu’un mythe, et bien il avait le cerveau bien trop détruit par toutes les autres substances pour réellement pouvoir en ressentir l’effet. Il en profita aussi pour finir sa bière. Ce n’était pas non plus avec ça qu’il allait se calmer, il y avait longtemps qu’une bière ne lui atteignait plus le cerveau... Mais c’était tout de même bon, et puis il fallait bien commencer par quelque chose. A peine eut-il finit sa bière que Parker lui en apporta une autre. Jackson qui n’avait même pas vu Parker quitter la terrasse fut reconnaissant de cet apport qui finirait peut être par se montrer salvateur, et laissa sa colère descendre d’un cran. Il reparla du plan, mais ce dernier s’était évaporé dans l’appartement fumant de meth. «Laisse tombé... T’es inutile.» Parker n’en aurait rien à foutre, mais il fallait quand même dire ce qu’il était. Il ne servait à rien. Strictement à rien... « Sinon, j'veux bien faire un geste et la laisser te payer toi pour la dose qu'elle va venir me tapiner d'ici une petite heure. » Première réaction. Si dans une petite heure il était toujours là, il était un homme mort. Il ne restera pas une heure sur un balcon juste pour pouvoir éviter la tentation qui résidait à l’intérieur. Deuxième réaction. C’était peut être une bonne idée. Troisième réaction. Bordel il n’avait besoin de personne pour se trouver un cul à baiser.. « Enfin, tant que t'es pas trop regardant côté dentition, ça va de soi. » Hum.. Charmant... L’image qui s’imposa dans sa tête lui donna envie de vomir. «Même si je voulais me taper une belette sous acide je saurais ou la trouver sans ton aide.» lâcha-t-il presque outré de la proposition de son poto. «Mais merci du cadeau empoisonné...» Il fallait dire ce que c’était... Parker se sentirait peut être mieux après avoir refiler à sa cliente aussi junkie que nymphomane à Jackson. Mais Jackson n’arriverait probablement plus à s’en défaire... Et baiser une junkie ce n’était cool que lorsqu’on était soit même complètement défoncé... Sinon on était pas dans le même bateau. «Je ferais mieux d’y aller... Toi stone tu n’es drôle que lorsque je suis encore plus déchiré que toi...» Ce qui était très loin d’être le cas... Pourtant malgré sa volonté pressente de s’en aller Jackson ne bougea pas, et entama doucement sa bière. Ses membres n’entendaient ils plus les ordres qui venaient du cerveau, ou comment ça marchait chez lui... Ou alors il attendait que le vent tourne, et qu’il est soudainement quelque chose à faire de sa journée... On pouvait comprendre dans ses yeux, qu’aujourd’hui même une connerie ferait l’affaire. Il voulait juste ne pas avoir à y penser lui même... Pour pouvoir faire croire à son cerveau que ce n’était pas de sa faute.
                                   
                                                                                                                                                                             
Revenir en haut Aller en bas

Contenu sponsorisé

MessageSujet: Re: JACKSON&PARKER ✖ Roses are red, my meth is blue   

Revenir en haut Aller en bas
 

JACKSON&PARKER ✖ Roses are red, my meth is blue

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut 

 Sujets similaires

-
» Roses are red, the sky is blue, oh my darling.. I love you... | Nausicaa.
» Les Roses De Versailles
» Michael Jackson est mort...
» Jesse Jackson Says U.S. Should Help Haiti
» Percy Jackson RPG (Réponse au partenariat)
Page 1 sur 1

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
♫ Modern Family :: DANS LE GRENIER :: Archives rps-