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 I will not speak of your sins - Maximilian

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MessageSujet: I will not speak of your sins - Maximilian   Mar 5 Mar - 19:28



I will not speak of your sins
But oh my heart, was flawed I knew my weakness. So hold my hand consign me not to darkness

Ce n'était pas souvent que Scott pouvait profiter d'un jour de repos. Ils se faisaient d'ailleurs de plus en plus rare, au plus grand damn de Luya qui, même s'il ne voulait pas l'admettre à voix haute, voulait désormais passer la majorité de son temps en compagnie du blond. Scott n'était pas du genre à se plaindre, il avait toujours adoré son métier et dès le début, il savait que travailler dans un hôpital ne lui permettrait pas d'avoir une très grande liberté de mouvement. Scott se voyait mal partir en vacances, depuis qu'il était revenu à Los Angeles, fraichement renvoyé chez lui par l'armée, il n'avait pas pris de vacances. Le lendemain de Noël son bipeur avait vibré et il avait jeté un regard désolé à sa mère, cette dernière avait pu comprendre et Dylan avait roulé des yeux mais l'avait tout de même déposé devant l'hôpital. Comme si toutes deux avaient compris que sans son boulot Scott était complètement perdu. Car ce n'était pas juste une question de formation, de travailler dans le civil ou sur le front, il avait carrément ça dans le sang, il réagissait à l'adversité et à l'urgence beaucoup mieux que la plupart des gens et mieux que certains de ses collègues. Scott avait maudit le jour où ils avaient dû s'occuper des nouveaux internes de l'hôpital, les futurs médecins et leur avait très vite fait comprendre que dans ce métier, l'expérience et la réactivité faisait tout. Sauf qu'aujourd'hui, il était bien loin de l'hôpital, de ces couloirs empestant l'alcool et des blouses blanches... Bien loin. Il avait appelé Luya mais il était tombé sur son répondeur et n'avait même pas pris la peine de laisser un message... Le jeune homme l'appellerait en cas de besoin et Scott décrocherait comme à son habitude. Le blond avait cru que mettre les choses à plat rendrait le tout beaucoup plus facile, qu'il n'y aurait plus de cachoteries et plus de mensonges ni même de doute. La réalité était tout autre. Luya et lui étaient plus que rouillés en matière de relations humaines et s'ils voulaient que leur histoire dure et ne vole pas en éclats, ils devaient faire les choses lentement et prendre leur temps. Un concept plus qu'étranger pour Scott qui avait Luya dans la peau et ne pouvait pas supporter l'absence de l'autre homme pendant plus de deux jours. Cette relation-là était bien différente de la précédente...

Scott poussa un soupir et s'extirpa de ses couvertures car il n'avait pas vraiment envie de penser à Maximilian tout de suite. Il prit une rapide douche et plus réveillé et habillé, il consulta ses mails. Il y en avait un paquet de Dylan et un de ses anciens professeurs à l'université. Scott devait vraiment apprendre à consulter ses messages électroniques beaucoup plus souvent, il ouvrit celui de son professeur avec un léger sourire sur le visage, lisant rapidement. Scott n'avait passé que deux ans à l'université de Los Angeles avant de prendre la décision de poursuivre ses études ailleurs. Il en avait gardé de bons souvenirs et avait noué des liens avec certains de ses professeurs. Il répondit rapidement et se dit qu'une visite en personne serait beaucoup mieux... Et puis de toute façon, Scott n'avait rien d'autre de prévu aujourd'hui. Le campus se trouvait à environ une heure de route de l'appartement de l'infirmier et quand Scott se gara devant la faculté, pour une mystérieuse raison, il se sentait nerveux. Il n'était pas venu ici depuis des années, et à l'époque, il était tellement jeune et tellement naïf... Scott eut un léger rire alors qu'il referma sa voiture, se disant qu'au final, il avait plutôt atteint ses objectifs. En rentrant à l'université, il voulait devenir infirmier et partir aider les soldats sur le front. Ça c'était fait. Sauf qu'il voulait également tomber amoureux d'une jeune femme qu'il aurait recontré sur le campus, se marier, avoir des enfants... La réalité était tout autre et même pour Scott qui était dû genre à ne pas avoir des regrets, la pillule était plutôt difficile à avaler. Il se passa une main dans les cheveux avant de se diriger vers la bâtiment administratif, dans l'espoir qu'on le renseigne sur l'endroit où se trouvait le bureau de son ancien professeur d'anatomie. Marcher parmi les étuditans plus jeunes ne faisait que raviver des souvenirs et Scott savait très bien qu'il était stupide et que personne ne pouvait tout avoir mais quand même... Les choses auraient été plus simples si ça avait été Maxine. Tellements plus simples.

Et d'un autre côté, il était bien content d'avoir pleinement assumé sa préférence pour les hommes. Même si pour l'instant ces derniers n'avaient fait que le blesser... Mais Scott ne voulait pas cacher ses cicatrices, non, ce n'était pas en enterrant son passé, en fermant les yeux qu'il allait pouvoir passé à autre chose. Il avait aimé, il avait été blessé, il avait perdu alors il avait décidé de recommencer. Voilà tout. Certaines choses sur ce campus n'avaient pas changé et Scott était plutôt satisfait quand il poussa la porte du service d'administration. Le hall d'entée était désert et Scott suivit le panneau qui indiquait accueil, devant traverser un couloir, une porte s'ouvrit à sa droite et... Maximilian. Maximilian venait d'apparaître devant lui, sortant d'une quelconque pièce, dans son impeccable costume trois pièces et... Scott cligna des yeux plusieurs fois pour être certain qu'il n'était pas en train de s'imaginer des choses mais c'était bien Maximilian en face de lui, plus vieux, légèrement plus grand, les cheveux plus long mais toujours ce désordre incessant au dessus de sa tête. Scott avait pour habitude de repousser les mèches noir jais avec un sourire sur les lèvres avant d'embrasser Maximilian et de lui dire d'arrêter de broyer du noir.

Žizn’ moja.

C'était ainsi qu'il appelait toujours Scott et quand il était parti, le blond avait cherché ce que ces mots signifiait, portant un coup de plus à son propre malheur semblait-il. Il était parti. Il était parti, il avait fui, laissant une note à Scott, pour s'expliquer.... Sache, que je t'aime et que je t'aimerai toujours. Des mots que Scott avaient mémorisé, qu'il avait d'abord haï, chéri et ensuite détesté et qu'il avait tenté d'oublier. Il avait dû ravaler sa haine, oublier son amour, l'enterrer, le brûler et passer à autre chose. Pas par choix, pas par décision, mais parce que Maximilian avait disparu, lui qui avait osé l'appelé sa vie pendant toutes ces années l'avait laissé dépérir, sans nouvelle, sans rien, il était parti, ne laissant à rien d'autre à Scott qu'un affreux goût en bouche et une affreuse leçon sur l'amour. Il n'avait pas pu véritablement oublier ou panser ses blessures, il avait dû apprendre à vivre ainsi, à vivre avec la désagrable sensation qu'on lui avait pris un bras ou une jambe... Scott s'était littéralement figé sur place, les mains tremblantes et regardait Maximilian, pour la première fois depuis qu'il avait fuit il y a trois ans de cela... Pour la première fois, Scott aurait voulu qu'il ne soit pas réel.
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MessageSujet: Re: I will not speak of your sins - Maximilian   Ven 8 Mar - 18:59

Du sang. Du sang partout, imbibant la moquette. Des boucles de cheveux noirs étalées sur le sol. Une femme. Un cri. Du sang, du sang … Maksimilian !

Maximilian ouvrit brusquement les yeux, toujours emplis par la terreur induite par son cauchemar. Il avait encore fait le même, ce lui qu'il faisait depuis quelques temps sans savoir pourquoi. Avec un soupir, il tourna la tête vers son antique réveil. 6H28. Deux minutes avant l'heure, comme d'habitude. Maximilian se demandait souvent pourquoi il s'échinait à mettre son réveil à l'heure tous les soirs quand ça ne servait à rien. D'aussi loin qu'il s'en souvenait, il n'avait jamais eu le loisirs de faire une grasse matinée. Quand ce n'était pas les cauchemars qui le réveillaient, c'était simplement l'habitude qui le faisait se réveiller à l'aube. Quoiqu'il en soit, il ne servait à rien de paresser au lit. Ni une, ni deux, le brun repoussa les couverture et commença son rituel du matin. C'était assez bizarre pour lui de commencer la journée seul, après avoir vécu tant d'années avec d'autres personnes mais ce n'était pas plus mal finalement. Après avoir mis le samovar à bouillir pour le thé matinal, il fit une toilette rapide avant de se raser puis il s'attaqua à son calvaire personnel, son épaisse chevelure noire qui s'amusait à boucler ou onduler s'il ne s'en occupait pas. Franchement, c'était dingue le temps qu'il passait à lisser tout ça en ordre, en sachant que ça ne tiendrait jamais la journée entière. Seulement, il mettait un point d'honneur à toujours être tiré à quatre épingles lorsqu'il donnait cours parce qu'il avait parfaitement conscience que son jeune âge amenait souvent les gens, élèves et professeurs, à le considérer comme moins qu'il ne l'était et il ne pouvait se le permettre, surtout s'il voulait contrôler un amphithéâtre plein. Il accomplit donc sa tâche avec des gestes sûrs, traduisant l'habitude. Tout en faisant ceci, le regard de Maximilian glissait distraitement sur son torse couvert de cicatrices. Il y avait eu un temps où il refusait de voir son corps, dans un miroir ou autre, car il était dégouté par ce qu'il voyait. Mais ces dernières années, il avait fini par accepter ces marques pour ce qu'elles étaient, un part de lui même. Comme cette cicatrice ronde au niveau de la poitrine, là où une balle ennemie avait faillit lui transpercer le cœur, voir même les poumons, si elle n'avait pas été déviée par ses côtes. Ou comme celle qui démarrait sur le côté gauche de son cou, près de sa carotide, légèrement au dessus de son col de chemise, avant de descendre dans son dos, entre ses omoplates, le long de sa colonne vertébrale avant de bifurquer brusquement pour finir sur sa hanche droite. Cette cicatrice lui avait été infligé par un des mecs à qui son oncle l'avait prêté pour une nuit et qui s'était montré un peu trop enthousiaste avec sa dague. Inutile de dire que Volodymyr avait été furieux de voir ça et Matveï avait prit un malin plaisir à se venger. Même aujourd'hui, Maximilian se souvenait de cet événement avec un sourire, cruel mais un sourire quand même. Il s'était au moins réconcilier avec cette partie de lui-même ce qui n'était pas plus mal.

Après une demi-heure à s'acharner, Maximilian sortit de la salle de bain, pas une mèche en désordre. A présent c'était la deuxième partie du rituel, l'habillement. Toujours le même chose, médaillon, chemise, pantalon, bretelle, cravate, gilet. Puis il prenait sa tasse de thé, mettait sa veste et son manteau et il était partit vers l'université. Lorsqu'il commençait plus tard, il prenait toujours le temps de faire un footing de 30 minutes, une ou deux heures le dimanche. En effet, Maximilian savait qu'il était toujours en danger et il ne pouvait se permettre de devenir négligeant dans son entrainement, il savait très bien que cela pouvait lui sauver la peau, un jour ou l'autre. Alors il allait régulièrement au stand de tir et à la salle de sport, il continuait de s'entraîner au sport de combat et entretenait sa forme physique. Un homme avertit en valait deux après tout. Le trajet vers l'université était souvent calme, voire relaxant, alors que la ville des anges s'éveillait doucement et que le soleil n'était pas encore de plomb. Sa vieille DS-21 Pallas était encore leste malgré son grand âge et c'est avec aisance que Maximilian l'a conduisait tout en récapitulant son premier cours (bien sûr, ce n'était pas un bolide et c'était exactement pour cette raison qu'il gardait toujours une moto en parfait état dans son garage, au cas où il devrait fuir précipitamment). Une fois sur le campus, un détour en salle des professeurs puis une cigarette autour d'une nouvelle tasse de thé et il était fin prêt.

Le cours se passa assez rapidement, comme d'habitude avec cette classe là. Il n'y avait pas beaucoup d'étudiants dans l'amphithéâtre, la plupart préférant des horaires moins matinales, mais ils étaient tous passionnés et curieux et Maximilian adorait partager son savoir avec eux. Ce jour là, c'était à propos de la peretroïska. Lui-même avait grandit en plein dedans et c'était à cause de ça que sa mère s'était lié à la mafia pendant que son oncle s'enrichissait éhontément. C'était passionnant à étudier mais beaucoup moins sympa à vivre. Ses étudiants n'hésitaient pas à l'interroger sur sa propre expérience. Il n'était alors qu'un petit garçon mais personne n'oubliait ce que c'était que d'avoir faim, vraiment faim. Après son cours, il attrapa la nouvelle pile de copie avant de se diriger vers le coin de l'administration. Avant d'aller dans son bureau, il passa d'abord en salle des professeurs, histoire de prendre une énième tasse de thé tout en se détendant un peu (puisqu'il ne pouvait pas fumer dans l'enceinte du bâtiment). Il sortit au bout d'une heure, ses papiers sous le bras tout en farfouillant dans sa besace et se passant la main dans les cheveux. Puis il releva la tête. Et il le vit.

Scott. L'homme qui représentait surement la plus grande erreur que Maximilian est jamais commis. Scott était là, devant lui, presque identique à l'image qui hantait encore Maximilian même après toutes ces années. Si ce n'était les yeux, plus … grave, plus … triste. Bien sur, le brun s'était attendu à le croiser un jour ou l'autre, mais pas ici, à l'université, sur son lieu de travail. Pas alors qu'il était complètement prit au dépourvu au point qu'il en aurait fait tomber ses copies si ce n'était pour ses réflexes, toujours aussi vif. Ils restèrent comme ça, yeux dans les yeux, figés, pendant de longues minutes. Maximilian voyait les émotions défiler dans le regard de Scott qui n'avait jamais éprouvé le besoin de les dissimuler, toujours merveilleusement entier et fier de l'être. Tellement loin de lui, que ce soit maintenant ou à l'époque. Seulement aujourd'hui, il était devenu maître dans l'art de dissimuler ce qu'il ressentait derrière un regard amical ou indifférent ou même un sourire. Aussi, faisant de son mieux la myriade de sentiments qui l'agitaient – et son cœur ne venait-il pas de donner un faible signe de vie derrière sa prison de fer ? – Maximilian se passa encore une fois la main dans les cheveux, retira ses lunettes (dont il n'avait pas besoin en soi, mais ça renforçait son image de professeur et lui offrait une sécurité de plus. En vérité, il avait l'œil aussi acéré qu'avant et était toujours capable de tuer quelqu'un à plus d'une centaine de mètres) et il prit la parole, l'accent qu'il n'avait jamais perdu faisant rouler ses 'r'.

-Scott … ça alors. Je ne m'y attendais. Qu'est ce qui t'amène par ici ?

Oh, il savait que parler de la pluie et le beau temps n'arrangerait rien, et il voyait bien le regard que lui lançait Scott, mais il ne savait pas s'il était prêt pour la confrontation qui se profilait rapidement.
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MessageSujet: Re: I will not speak of your sins - Maximilian   Mar 12 Mar - 1:21

Le numéro que vous avez demandé n'est plus attribué.
...
Cela avait été le premier réflexe de Scott quand Maximilian avait disparu. Attraper son téléphone portable, composer son numéro, attendre le souffle court. Il avait prononcé le nom de Maximilian, espérant entendre son timbre de voix si particulier, son accent si audible dans chaque mot... Mais non. Rien. Juste une voix informatisée pour lui répondre. Juste une preuve de plus que Maximilian était parti. Scott tenait le téléphone contre son oreille, la lettre de Maximilian dans une main et... Le reste était confus, honnêtement, il ne se souvenait plus. Il ne voulait pas se souvenir et de toute façon, y avait-il des mots pour décrire ce qu'il avait ressenti? Ce n'était pas une porte qui se refermait sur son visage non. C'était carrément tout son univers qui avait été chamboulé en l'espace de quelques heures et tout ça juste pour... Juste quelques heures. Comme si la vie s'amusait à jouer avec lui, oui, lui vendre un peu d'espoir était facile, lui donner quelqu'un à aimer facile, le reprendre était encore plus facile. La respiration de Scott s'était faite plus saccadée, le téléphone était tombé sur le sol, son dos avait cogné le mur, désorienté, il s'était laissé retomber sur le sol et il y était resté. Le souffle court, les pupilles dilatées, la peur et la honte dans chacun de ses traits, il avait agrippé la lettre de toute ses forces et avait contemplé son appartement vide. Sa seule action lucide ce jour-là avait été de contacter Maxine. Il est parti. Il n'avait rien ajouté d'autre. Il ne pouvait tout simplement pas car il ne réalisait pas lui-même ce qui venait de se passer. Pendant un bref instant, c'était un sourire sur ses lèvres, lui et Maximilian pouvaient tout avoir, et peut importe le passé du russe, peut importe qu'il soit complètement brisé, qu'il y ait quelque chose de foncièrement mauvais en lui... Peut importe les rêves et les cauchemars, il n'aurait jamais pu blesser Scott s'il avait été éveillé pas vrai? Maximilian l'avait choisi lui et c'était le plus important, Scott allait l'aimer, il allait le réparer, embrasser chacune de ses blessures et ne plus jamais le lâcher, il allait le laisser tout lui prendre, donner un peu de lui-même à Maximilian afin que cet homme au passé tortueux puisse se remettre sur ses deux pieds pour pouvoir aimer correctement, marcher moins péniblement...

Et le résultat était là. Parfait. Tellement parfait que oui, Maximilian avait fini par se relever et partir. La vie était une belle connerie, fin de l'histoire, Scott était tout seul. Non. Scott avait fini par se redresser aussi, il était plus fort que cela, il méritait mieux, il voulait mieux et ce n'était pas parce que Maximilian lui avait dit non qu'il ne pouvait pas tout avoir. Cette pensée en tête, il déglutit faiblement, faisant face à l'autre homme. Cherchant les mots. Devait-il hurler? Crier? Oh comme Scott aurait voulu. Il aurait voulu lacérer ce beau visage, lui faire mal, le blesser autant qu'il l'avait été et briser ce masque impassible que Maximilian portait en permanence. Scott connaissait ses vraies expressions, il l'avait vu sous son véritable jour, il l'avait vu sourire et il l'avait vu au bord de tout, désespéré d'avoir pu blesser celui qu'il avait un jour aimé. Mensonges. Maximilian les avait semé absolument partout, répandus tel de la cendre qu'il aurait directement versé dans la bouche de Scott, le blond s'étouffant au fur et à mesure, sans rien remarquer. "Scott … ça alors. Je ne m'y attendais. Qu'est ce qui t'amène par ici ?" Maximilian voulait vraiment jouer à ce petit jeu-là. Prétendre qu'ils ne se connaissaient pas? Qu'ils n'étaient absolument rien pour l'autre? Il était bien cruel. Tellement cruel. Il était parti et voulait imposer les règles du nouveau jeu. Scott n'avait probablement jamais eu envie de faire autant de mal à quelqu'un qu'il voulait lui en faire à cet instant là, fixant l'autre homme avec de grands yeux, se demandant s'ils avaient tous les deux vécus la séparation de la même manière. Visiblement non. Alors quoi? Que devait faire Scott? Il avait toujours cette voix qui lui disait de fuir, loin de tout ça, de retrouver Luya, presser ses lèvres contre celle du jeune homme, marquer son corps de violents baisers et de juste oublier Maximilian, oublier le russe et tout ce que voir lui inspirait.

Dans le présent, Scott était là, en face de lui et la logique voulait qu'il dise quelque chose. N'importe quoi mais... Quelque chose. Il pouvait déjà commencer par répondre à la question de Maximilian. "Je..." Il s'éclaircit la gorge, sa voix trop faible à son goût. "Je suis venu rendre visite à un de mes anciens professeurs et..." Et quoi? Scott ne trouvait pas les mots et cela avait le don de l'irriter mais dans le même temps, ce n'était pas cela qu'il voulait dire à Maximilian. Non. Fuck small talk. Non. Scott était vraiment en colère contre celui qui se trouvait en face de lui et il ne pouvait même pas faire semblant de conserver les apparences comme lui savait si bien le faire. "Mais toi qu'est-ce que tu fabriques ici?" Oui, c'était des reproches qu'il y avait dans la voix de Scott, plus si faible que cela à présent. "Tu as soudainement décidé que Los Angeles était à goût, hmm? Plus de raison de partir sans laisser de traces, sans..." Le blond s'interrompit, fermant quelques instants les yeux. Non, il ne pouvait pas faire ça, pas revenir sur cette partie-là de sa vie, sur cette part de lui-même. Il devait tourner la page avancer, pour lui, pour Luya et même pour Maximilian dans un certain sens. "Ты ушел, и вы оставили чертовски вакуум, что вы сделали". L'accent de Scott était mauvais, les mots probablement faux mais il s'était forcé à apprendre quelques mots, quelques phrases car il savait que ce jour-là arriverait. Il s'approcha de Maximilian, répétant encore la phrase, espérant que ce dernier comprenne le message. Scott s'en foutait, il ne voulait pas être mature, non, il fallait qu'ils en discutent, qu'ils essayent de ... De quoi? Ils n'allaient pas réparer les morceaux et se remettre ensemble pas vrai? Non. Alors pourquoi est-ce que Scott était aussi près de lui. Que cherchait-il à prouver? Merde, ça lui faisait tellement mal de penser à tout ça qu'il aurait préféré se prendre une grande claque dans la figure ou pire, du moment que c'était Maximilian qui le lui infligeait. "J'avais tellement envie de te voir, de t'embrasser, de te pardonner tu sais? Tu serais rentré à la maison avec ta stupide chemise impeccablement repassée et je t'aurais pardonné parce que je suis un idiot. Parce que j'étais ton idiot, l'abruti qui était amoureux de toi..." Scott ne savait même pas pourquoi est-ce qu'il lui faisait toutes ces révélations maintenant, tout ça, c'était fini, le temps était passé, il avait fuit, il ne restait plus rien de toute façon, plus rien de leur relation, les rêves s'étaient écroulés aussi facilement qu'un château de cartes, il ne prendrait plus jamais la main de Maximilian, plus de notes supplémentaires, il fallait mettre un point final à cette tragédie. "Je ne sais même pas pourquoi est-ce que je te raconte tout ça..." ajouta finalement Scott dans un soupir.

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MessageSujet: Re: I will not speak of your sins - Maximilian   Lun 1 Avr - 21:44

Partir avait été de loin la plus difficile décision qu'il avait eu à prendre et Maximilian avait eu plusieurs fois la vie d'autres êtres humains entre les mains. Ce n'était pas une décision prise sur un coup de tête, un matin comme ça et ce n'était pas dans le but de faire du mal à Scott même si cela était inévitable. Il aurait absolument tout donner pour pouvoir rester, continuer la vie qu'ils construisaient petit à petit, Scott et lui … Mais cela n'avait pas été possible. Maximilian avait du cesser d'être égoïste et prendre les devants. Il ne pouvait tout simplement pas rester. D'abord, cette histoire de carte verte. Lorsqu'il étaient arrivée aux États-Unis, il s'était arrangé pour bénéficier d'un visa étudiant, figurant qu'il pourrait trouver un moyen de le faire prolonger ou quoi que ce soit. Mais la réalité avait été tout autre. Dans le climat géopolitique actuel, le gouvernement se montrait encore plus vigilant et strict et ça n'avait pas manquer, Maximilian allait passer à la trappe. Lorsqu'il avait reçu le courrier marqué du sceau de la police de l'immigration, il avait faillit faire une crise de panique. Il ne s'y attendait pas du tout, pas maintenant alors qu'il avait enfin retrouvé un semblant de vie. Et voilà qu'il devait réfléchir à ce qu'il devait faire, parce qu'il ne pouvait pas retourner en Russie, jamais. Pas tant que sa tête y était mise à prix. Il aurait encore préféré se suicider plutôt que de subir ce que le clan jugerait bon de lui infliger, sans compter les personnes qu'il mettrait en danger, dont Scott. Alors il avait recontacté une personne qui lui devait un service et avait opté pour l'option du mariage blanc. Comme il aurait préféré que ce soit Scott … mais ce n'était pas légal en Californie et de toute façon, cela le ramenait à son problème premier, la véritable raison pour laquelle il était parti ce jour là. Tout avait commencé avec le bleu sur la joue de Scott, un bleu que Maximilian lui même lui avait infliger, au milieu d'un cauchemar. Cela n'avait peut-être pas été volontaire, loin de là, mais il n'avait suffit que de ça pour que le russe se réveille, comme si on lui avait envoyé un seau d'eau glacée au visage. Il était toujours aussi dangereux, aussi vil et sans scrupule. Matveï n'avait pas disparut, il le savait, mais il était beaucoup plus présent que ce qu'il avait imaginé. Et tout ce qui l'avait toujours hanté, ce qu'il avait plus ou moins réussi à enfermer au plus profond de lui même, tout avait été libérer. Maximilian se fourvoyait complètement. Il n'avait pas changé, pas un instant et à présent il était un danger pour Scott. Le blond ne le savait pas, il lui avait pardonné et il pensait surement que ce n'était qu'un moment d'égarement. Mais il n'en était rien. Maximilian savait que Scott avait eu de la chance cette nuit là, parce que le brun s'était aperçu très rapidement qu'il n'y avait aucun danger. Cependant, il avait été élevé pour tuer, et il savait qu'un jour, il pourrait aller trop loin sans même s'en apercevoir, parce qu'il était programmé comme ça. Et il ne pouvait tout simplement pas risquer cela. Si Scott avait disparut par sa faute … Maximilian se serait livré lui même à Volodymyr, sans aucun regret. Alors il était parti, il avait fui sachant que Scott le détesterait, le haïrait même, mais le brun était prêt à payer ce prix. Parce qu'il aimait assez Scott pour lui permettre de le haïr. Il l'aimait assez pour vivre en sachant qu'il avait commis une erreur impardonnable qu'il regretterait surement toute sa vie. Il était partis comme un voleur, abandonnant son téléphone dans une poubelle, sachant qu'il ne pourrait jamais affronter Scott sans céder, sachant que si le blond l'appelait, ce qui serait le cas, il décrocherait et reviendrait à genoux pour demander son pardon. Mais encore une fois, cette attitude égoïste devait cesser. Ne disait on pas qu'aimer quelqu'un c'était savoir le laisser partir ? Et bien c'était ce qu'avait fait Maximilian.

Le professeur aurait bien voulu croire qu'il avait réussi à détourner l'attention de Scott, l'empêcher de voir l'éléphant rose à pois bleus qui dansait entre eux mais il savait que ce n'était pas vrai. Quand l'infirmier répondu à moitié à sa question, il savait que ce n'était que le choc qui l'empêchait de réagir plus fort, pour l'instant. Et il avait raison, la colère assombrit bientôt l'azur des yeux de Scott, la colère et la haine et si Maximilian ne se sentait pas aussi anesthésié, il aurait dit que cela faisait mal de voir ce regard, qu'il savait habituellement si gentil et doux, levé vers lui. Mais il l'avait cherché n'est-ce pas ? C'était ce qu'il voulait, que Scott l'oublie, le haïsse et passe à autre chose … et bien c'était ce qui était arrivé. Cependant, cela n'empêcha pas la douleur qu'il ressentait. Il n'en montra rien bien sur, ces trois dernières années il était devenu maître dans l'art de tout camoufler, tout garder pour lui. Même lors de ses cauchemars, il ne se débattait plus. Il cachait tout derrière un sourire, faisant faussement pétiller ses yeux qui n'étaient pourtant que morts, mais il ne put s'empêcher de reculer d'un pas quand Scott s'approcha trop près de lui. Non parce qu'il était révulser ou autre par l'infirmier mais parce qu'il avait peur de le laisser approcher trop près et que ça faisait trois ans qu'il n'avait laisser personne l'approcher de cette manière. Il aurait sourit face à l'accent plus qu'approximatif de Scott mais il n'en avait pas envie. Du tout. Parce que même s'il le savait, voir à quel point il l'avait blessé, lui donnait envie de s'effondrer à genoux et supplier mais il ne bougeait pas, comme figer sur place et, semblait il, impassible. L'heure était cependant aux explications. Même s'il n'avait absolument pas envie de le faire.

-Si tu savais toute les fois où j'ai voulu revenir. Si tu savais … Mais je ne pouvais pas le faire. Tu n'imagines pas le mal que j'aurais pu te faire en restant plutôt qu'en partant. Je préfère encore que tu me déteste pour ça que de te voir

Maximilian s'interrompit. Non, il ne pouvait pas dire ça, pas à Scott, pas au milieu de l'université où il avait réussit à s'intégrer en si peu de temps. Il décida cependant de révéler quelque chose de plus au blond, parce qu'il lui devait bien ça n'est-ce pas ? La raison officielle de son départ, celle qu'il avait lui même tenter de croire, de s'accrocher, toutes ses années. Il baissa la voix, murmurant presque.

-Je ne suis pas parti uniquement pour te protéger. L'immigration m'avait retrouvé … je devais fuir et trouver une solution. Je ne voulais pas t'arracher à ta vie, te faire connaître la cavale, mais je ne pouvais pas risquer d'être renvoyer en Russie. Je ne peux pas retourner là bas … parce que je ne serai jamais revenu.

Le ton de Maximilian avait prit un ton plus pensif mais son expression restait aussi impassible que d'habitude, comme s'il ne voyait pas comment Scott était tendu. Ses yeux fermés, son visage fermé … Ce qui était faux bien entendu. Maximilian remarquait tout mais s'interdisait le moindre geste, la moindre remarque à son encontre. Il avait perdu ce droit il y avait trois ans et il refusait d'infliger encore plus de mal à Scott. D'ailleurs, il l'admirait pour ne pas lui avoir mis son poing dans la figure et il l'aurait accepter avec joie.

-Je suis désolé Scott. Vraiment. Tu n'as pas idée à quel point … Je sais que ce n'est pas suffisant mais crois-moi quand je te dis que je suis désolé. Et j'espère que tu es heureux à présent ...

Et malgré ses yeux fixés sur le sol, son ton était plus que sincère.
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MessageSujet: Re: I will not speak of your sins - Maximilian   Mer 10 Avr - 19:23

Des excuses. Une explication. Cela faisait depuis tellement longtemps que Scott attendait ce moment qu'il avait oublié comment réagir, qu'il avait oublié ce qu'il aurait dû faire et il ne se souvenait même plus comment on faisait pour respirer. Les mots de Maximilian ne lui apportaient rien, il avait naïvement cru qu'une fois qu'il saurait la vérité, qu'il aurait toutes les pièces du puzzle, il se sentirait mieux, qu'il pourrait avancer, mais Scott ne s'était jamais senti aussi creux et vide qu'en cet instant précis. Il réalisait peu à peu que le pourquoi et la raison n'avait absolument aucune importance parce que de toute façon... Il était trop tard. Scott avait changé, l'homme en face de lui ne serait jamais celui qu'il avait aimé. Ce n'était pas le Maximilian qui avait l'habitude de dormir sur le côté gauche du lit et qui insistait pour le garder, ni même celui que Scott venait embêter le matin alors qu'il était devant un miroir et essayait de paraître lisse et impeccable. Scott avait pour habitude de faire des nœuds inutiles à ses cravates, le russe savait-il que le blond faisait cela uniquement pour le garder un peu plus longtemps auprès de lui chaque matin. Et si oui, pourquoi se prêtait-il au jeu ? You're a shadow and someday you're going to fade away. Ces mots Scott les avait murmuré contre les lèvres de Maximilian quand il était certain que ce dernier était endormi, car Scott n'était pas dupe, il savait très bien que tôt ou tard, on lui arracherait Maximilian. Après tout, les deux hommes n'étaient pas du même monde et là où Scott était confiant et parfois rieur, Maximilian était plus discret, plus effacé, comme s'il craignait sa propre ombre dans chacun de ses pas. Alors évidemment, la nature n'aimait pas cette union bancale et bien entendu, on lui avait repris Maximilian. La douleur était toujours là bien présente mais Scott avait bien l'impression de la partager avec quelqu'un d'autre car il ne sentait plus aussi misérable à présent.

Non, il allait bien, il avait quelqu'un à aimer, il avait quelque chose de solide, certes ce n'était pas parfait mais aurait-il était capable de faire face à Maximilian s'il n'avait pas déposé des baisers le long de la colonne vertébrale de Luya il y a de ça quelques heures? Le jeune homme réussissait à rendre chaque seconde importante et ce n'était rien comparé à ce qu'il avait ressenti avec Maximilian. En partant, en le laissant, le russe avait laissé une trace sur toute leur histoire, sur tous leur jours heureux et rien ne pouvait effacer cela, Scott soupçonnait que ces traces avaient été faites avec son propre sang. Par celui qui se tenait en face de lui et qui avait les yeux rivés vers le sol... Scott aurait dû être doux et compréhensif comme il avait l'habitude de le faire avec ses patients, comme il l'avait déjà fait avec Maximilian par le passé. « Non. » Lui pouvait regarder Maximilian dans les yeux parce qu'il n'avait pas honte, parce qu'il savait ce qu'il avait donné à cet être qu'il avait aimé et il savait ce qu'on lui avait rendu. Son seul défaut avait été de trop aimer et de fermer les yeux sur toutes ces petites choses qui laissaient sous entendre que le passé de Maximilian était affreux et laid. Il savait certaines choses mais pas assez pour comprendre et trop pour qu'il soit véritablement à l'abris. Mais le russe lui faisait-il si peu confiance. C'était trop tard et Scott était fatigué d'être rongé par les mêmes questions, il ne voulait pas savoir en fait. « Tu n'as pas le droit de t'excuser en pensant que ça va miraculeusement effacer ce que tu as fait. Tu n'as pas le droit de t'excuser parce que c'est déjà trop tard... Tu penses que quoi ? Je vais sourire, hocher la tête et te pardonner ? » Scott eut un rire amer, cherchant toujours à croiser le regard de Maximilian.

Tout ceci aurait pu se terminer autrement, le russe aurait pu rentrer à la maison, chez eux et tout expliquer à Scott. Le blond l'aurait suivi sans hésiter, il aurait tout abandonner pour lui, tout : sa famille, son job, ses amis. Voilà à quel point Scott avait été accro, quitterait-il la ville et surtout Dylan sans aucun retour en arrière si Luya le lui demandait ? Probablement pas. Car s'il y avait bien une chose qu'il avait retenu dans toute cette histoire, c'était que tomber amoureux était la plus grande erreur qu'il pourrait faire. Luya lui avait prouvé qu'il avait raison, alors Scott était tombé encore une fois, espérant être prudent. Que pouvait-il dire ? Il était amoureux, ça n'avait aucun sens et si Maximilian n'avait pas fuit, il n'y aurait jamais eu ce fameux soir dans un bar, il n'y aurait jamais eu Luya. Alors merde... Qu'est-ce qu'il était censé déduire de tout ça ? « Tu n'es pas parti pour me protéger, tu es parti parce que tu es lâche Maximilian, n'essaye pas d'enlever ta part de responsabilité dans cette histoire. Tu aurais pu rester et peu importe ce qui te serait tombé dessus, ce qui nous seraient tombé dessus, on aurait été ensemble et... » Parler de cette éventualité, de ce futur qu'ils n'avaient jamais eu lui faisait tout simplement mal. Il n'y avait pas d'autres mots pour décrire ça, peut être que le blond devait demander à Maximilian s'il existait un mot en russe pour décrire ce sentiment d'impuissance et de faiblesse en voyant ses rêves partir en fumée, des rêves qu'on avait pas osé dire à voix haute. Il avait rêvé d'une belle maison, rêvé du sourire de sa mère quand elle rencontrerait Maximilian, rêvé des questions que lui aurait posé Dylan, elle aurait tout fait pour le déstabiliser, voulant savoir d'où lui venait cet accent ; Scott aurait souri avant d'embrasser le russe et de dire à sa sœur de le laisser tranquille. Ils auraient fait l'amour dans ce lit où Scott avait passé toutes ses nuits enfant et là où il s'était déjà imaginé ramener la personne qui ferait chavirer son cœur.... Tout ceci n'était jamais arrivé mais c'était bien des souvenirs pour Scott, qui ne savait pas comment s'en défaire. Peut être qu'il y avait un moyen.... Lentement, il sortit son porte-feuille de la poche arrière de son jean et presque machinalement, il sortit la lettre, celle de Maximilian. Il l'avait gardée, évidemment qu'il l'avait fait, juste là, coincée entre sa carte de crédit et une photo de lui et Dylan, juste là, ce tout petit détail dont il ne pourrait jamais se débarrasser. Il connaissait les mots par cœur, il n'y avait plus rien à ajouter. Il remit son porte-feuille dans sa poche et s'avança jusqu'à Maximilian, lui fourrant la lettre dans la main, un goût amer dans la bouche alors que leurs doigts entraient en contact.« Reprends ta lettre. Reprends la et j'espère bien qu'elle te détruira autant que moi. »
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MessageSujet: Re: I will not speak of your sins - Maximilian   Mer 29 Mai - 22:59

Les yeux fixés au sol, Maximilian attendait. Qu'est ce qu'il attendait au juste ? Il savait, il se doutait que ses excuses étaient bien trop peu pour ne serait-ce que soulager un peu le mal qu'il avait fait, il ne s'attendait certainement pas à être pardonné. Maximilian avait un nombre incalculable de défaut mais il n'était pas naïf, pas du tout. Non, il attendait seulement la prochaine slave, celle que Scott ne manquerait pas de laisser échapper. Ce n'était pas comme s'il n'avait pas l'habitude, il commettait des erreurs et on les lui renvoyait à la figure. Cela avait toujours été comme ça et ça le serait toujours parce que peu importe la haine qu'il inspirait aux autres, au reste du monde, rien n'égalerait jamais la haine qu'il éprouvait envers lui même. Même lorsqu'il croyait faire les bonnes choses, quand il cessait d'être égoïste, il se trompait encore. Quand est-ce qu'il ferait jamais quelque chose de bien ? Comme il était fatigué. Las, épuisé. Il n'en pouvait plus de porter tout ça, de garde tout ça pour lui. Il aurait tellement voulu pouvoir se confier à quelqu'un et tout lui dire. Tout. Depuis les années à souffrir quand la Russie était encore l'URSS, en passant par ce qui était arrivé à sa mère et ce qu'il avait fait ensuite. Il aurait voulu pouvoir tout raconter à Scott mais c'était un rêve impossible. Il finirait en prison ou pire encore. Et personne n'accepterait jamais ce qu'il avait fait, personne ne comprendrait comment il avait pu accepter de torturer et tuer des gens, et pire encore, sans rien dire. Après presque trois ans à vivre comme sous anesthésie, sans vraiment rien ressentir, voilà qu'en moins de vingt minutes son parfait contrôle de lui même menaçait de lui échapper. Cette rencontre l'avait pris complètement par surprise si bien qu'il était totalement submergé. Et puis l'atmosphère entre eux, pleine de colère de ressentiment, de rage même, toutes ses émotions, émanant de Scott. Mon Dieu mais qu'est ce qu'il avait fait ? Maximilian n'avait jamais, jamais voulu faire de mal à Scott mais il lui en avait quand même fait. Il l'avait fait souffrir tellement souffrir. Il aurait dû s'en douter, il aurait dû être fort et ne demeurer qu'ami avec Scott, ne pas aller plus loin. Parce qu'il savait qu'il était comme un cancer, chaque personne qui s'approchait de lui, qui était proche de lui, finissait blessée ou morte. C'était à croire qu'il était maudit et il était presque persuadé de l'être. Il ne voyait pas comment expliquer autrement l'affliction qu'il semblait avoir, cette chose qui le transformait en ange de la Mort pour ses proches. Peut être que le métier d'assassin n'avait pas été si mal trouvé au final, il devait avoir accomplis des choses abominables dans ses autres vies et il en payait le prix encore aujourd'hui. Il n'en savait rien. Ce qu'il savait c'était qu'il avait envie de partir, d'être lâche et de s'en aller, d'oublier cette rencontre qui décidément allait de mal en pis. Mais il avait aussi envie de rester et de se blottir contre Scott. Non pas dans le but de le récupérer ou quoique ce soit, mais simplement parce que voir un visage qu'il connaissait lui faisait du bien et qu'il aurait aimé ne plus se sentir aussi seul. Juste pour quelques minutes, se reposer sur quelqu'un d'autre. Pfff, foutaises. Comme si cela aurait changer quoique ce soit. Il avait un fardeau à porter, et il devait le faire seul sans personne. Depuis la mort de sa mère, il avait été seul et ce n'était pas une étreinte, aussi désirée soit elle qui remédierait à cela. Et puis, ce n'était qu'une chimère. Enfin, Scott sembla retrouver l'usage de la parole. Maximilian ne put s'empêcher de fermer les yeux, dissimuler par les cheveux qui retombaient sur son visage, en entendant le 'Non' catégorique du grand blond. Il ne savait pas du tout ce qu'il refusait mais il ne tarda pas à le savoir.

« Tu n'as pas le droit de t'excuser en pensant que ça va miraculeusement effacer ce que tu as fait. Tu n'as pas le droit de t'excuser parce que c'est déjà trop tard... Tu penses que quoi ? Je vais sourire, hocher la tête et te pardonner ? »

Le russe ne put que secouer misérablement la tête, ne sachant que dire ni comment s'expliquer. Il ne savait pas ce qu'il pouvait lui offrir de plus que des excuses, aussi minables soit-elles. Il n'avait jamais espérer l'absolution et il avait renoncé depuis longtemps à trouver une quelconque rédemption. Il ne méritait pas son pardon et il était bien prétentieux de le demander mais c'était bien la seule chose qu'il pouvait faire. Il n'avait absolument aucune idée sur la façon dont il pouvait réparé ce qu'il avait fait parce qu'il savait que ce n'était pas possible. Et ça ne le serait jamais. Aussi choisit-il de ne rien dire, tout simplement parce qu'il n'y avait rien à ajouter. Scott avait raison, complètement raison alors Maximilian resterait là, immobile et le laisserait lui dire ce qu'il pensait exactement de lui, l'agonir d'injures et même le frapper s'il en avait envie. Il ne protesterait pas parce qu'il n'en avait pas le droit. En revanche, les paroles suivantes du blond réussirent à l'énerver bien qu'il n'en laissa rien paraître. Il était prêt à tout accepter, toutes les insultes, tout mais pas ça. Pas d'être traiter de lâche et accuser de ne pas prendre ses responsabilités. Qu'est ce qu'il faisait depuis que cette confrontation avait commencé ? Il n'avait jamais nié être le seul responsable de tout ce fiasco, jamais, il avait simplement essayé d'offrir des explications, autant qu'il le pouvait, en vain. Scott n'avait pas envie de le écouter, et c'était son choix, mais qu'il ne vienne pas dire qu'il avait fui pour des raisons égoïstes. C'était tout le contraire. Mais le coup de grâce fut lorsque l'infirmier sortit son portefeuille et en tira un morceau de papier. Après avoir ranger l'objet, Scott s'approcha de lui et Maximilian du faire appel à toute sa volonté pour ne pas reculer à son tour, puis il lui mit quelque chose dans la main. Jonglant avec les copies qu'il tenait toujours, le russe ouvrir le morceau de papier, tellement froissé par l'usage qu'il en était devenu d'une douceur sans nom. Un papier visiblement, lu et relu, la lettre qu'il avait laisser ce matin là, il y avait trois ans. « Reprends ta lettre. Reprends la et j'espère bien qu'elle te détruira autant que moi. ». Oh. Il ne s'était pas attendu à la douleur qui le traversa et qui fut visible l'espace d'un instant sur son visage. Mais cela lui donna l'électrochoc qu'il avait besoin pour se reprendre. Enfouissant ses sentiments tout au fond de lui, il redevint le glaçon qu'il était depuis si longtemps déjà. Il resta quelques instants immobile, observant le papier dans sa main, les mots qui étaient encore si vrais mais qui n'avaient plus lieu d'être. Puis, il releva le regard vers Scott, vide et monotone

-Je ne sais pas ce que je peux dire de plus mais sache que je ne nie pas mes responsabilités. Je sais bien que tout ceci est de ma faute et je ne cherche pas à le démentir. Mais ne doute pas que c'est bel et bien pour te protéger que je suis parti, que tu le crois ou non. Rester ? Un rire lui échappa, un son affreux, hideux, qui ressemblait à un sanglot. Tu ne penses pas que j'avais déjà envisager cette solution ? Ce n'était pas possible, comme il était impossible que tu fuis avec moi. Tu ne sais pas ce que c'est de devoir couper tous les ponts et d'être seul, toujours si désespérément seul, sans nom, sans même une identité à laquelle s'accrocher. A toujours regarder par dessus son épaule et cesser de vivre, en marge de tout. Jamais je n'imposerai ça à qui que ce soit, et certainement pas à toi. Rester dis tu ? Comme je l'aurai voulu. Mais l'aurai-je fais, nous n'aurions pas été ensemble. Avec de la chance, la police m'aurait emmené et tu n'aurais plus jamais entendu parler de moi. Au pire, mon passé t'aurais rattraper et … Enfin, peut-être aurai-je du laisser les autorités me renvoyer chez moi. Qui sait ?

Il cessa de parler, serrant le papier dans sa main. Scott voulait le voir briser ? Alors Maximilian lui montrerait, enfin, il lui avouerait la vérité. C'était le moins qu'il pouvait faire.

-Tu n'as pas à te soucier de me voir détruit. Sache que je le suis depuis longtemps déjà. J'ai été brisé et je le resterais toujours. Je suis désolé de ne pas pouvoir l'être par cette lettre comme tu le désire, mais tout ce qui peut être broyer dans un être humain l'a été pour moi, bien avant notre rencontre. J'espère que cela t'apportera la paix, le soulagement, qu'en sais-je, que tu désire et que mes excuses ne peuvent pas t'apporter. Mais si tu veux plus, alors dis le moi. Je peux t'implorer à genoux si tu le souhaites. Il n'y a rien que je ne ferais pas pour demander ton pardon même si je ne le mérite pas.

Et si Maximilan demeurait froid et vide à la face du monde, nul ne se doutait de ce qui se trouvait derrière son masque. Et personne ne le saurait jamais.
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MessageSujet: Re: I will not speak of your sins - Maximilian   Sam 8 Juin - 1:30

"Mais si tu veux plus, alors dis le moi."

Si Scott avait eu la force de sourire ou même d'éclater de rire, il l'aurait volontiers fait. Maximilian ne pouvait pas lui dire de tels mots après tout ce temps passé séparés. Il n'avait pas le droit. Vouloir plus? Scott avait toujours voulu plus, il était de ce genre d'hommes qui ne pouvaient se satisfaire du minimum et qui voulaient toujours repousser les limites, y compris les limites du bonheur. S'il était heureux alors il voulait être encore plus heureux, heureux jusqu'à ce que son coeur en vienne à exploser dans sa poitrine et qu'il se retrouve complètement pantelant sur le sol, sans pouvoir respirer, sans pouvoir parler, réduit au néant et au silence à cause de son bonheur. Cependant, Scott ne suppliait pas, il ne demandait jamais rien, lorsqu'on lui demandait s'il voulait autre chose, il se contentait d'hausser les épaules avec un léger sourire aux lèvres. Il désirait mais ne serait jamais en mesure d'énoncer correctement ses désirs et de dire au reste du monde ce qu'il voulait vraiment. Ce n'était pas Maximilian, ce n'était pas Luya ou même sa famille, c'était ainsi qu'il fonctionnait et il était rare qu'il formule des souhaits, des désirs ou même des voeux. Son esprit était vide lorsqu'il soufflait ses bougies d'anniversaire et toujours dans de tels moments, il se disait que ce qu'il pouvait souhaiter ou vouloir était bien futile. Futile, inutile de faire comprendre aux autres que ce ne serait jamais assez. Jamais véritablement assez. Alors avoir Maximilian qui était prêt à faire tout ce que Scott lui dirait. C'était terriblement effrayant. Se mettre à genoux? Scott aurait probablement pleuré s'il voyait l'autre homme dans une telle position, oui, lui qui n'avait pas versé des larmes depuis des années sentait ses dernières résistances peu à peu s'effriter. Il ne savait pas comment gérer cette situation car il n'aurait jamais cru revoir Maximilian. Ou peut être que si. Peu importe, tous les scénarios qu'il avait pu imaginer n'était rien comparé à la réalité. La réalité était tout autre, dans la réalité Maximilian s'excusait, il lui fournissait des explications, il était compréhensif et il semblait même connaître l'étendu de son tort. Non. C'était pire que tout, de le voir ainsi, voir qu'il arrivait toujours à parler, qu'il arrivait toujours à vivre et à marcher correctement sans Scott.

Do you know how damaged and how empty I am?

Non, Maximilian ne le savait pas, il n'avait le droit qu'à cette version travaillée et quasiment immaculée de Scott. Il n'avait pas vu les marques, il n'avait pas vu les cicatrices, il n'avait pas été là lorsque Scott se réveillait toutes les nuits, l'horreur et la solitude, trop frappante et beaucoup trop cruelle pour qu'il puisse les supporter et alors là, Scott hurlait. Il avait hurlé pour son coeur meurtri, pour son coeur désert, pour son âme trop déchirée et à qui on avait trop menti, il avait hurlé pour tout ceci, il avait hurlé pour Maximilian également qu'il espérait revoir plus que tout. Il avait crié pendant des mois, la bouche se refermant sur le coussin, le tissus absorbant sa peine et sa misère, sa fierté et ... Et tout ce qui lui restait à perdre. Des cris sans absolument saveur et sans aucun écho, de véritables plaintes alors qu'il luttait contre lui-même pour se persuader de rester en vie. Qu'est-ce que Scott voulait? Que Maximilian lui rende toutes ces heures de sommeil perdues, tous ces moments passés à se demander et si... Et si tu n'avais été qu'un mirage. J'aurais pu continuer, j'aurais pu être quelque chose de mieux, quelque chose de beaucoup mieux. Scott était perdu car il voulait qu'on lui rende toutes ces heures, toutes ces années et pourtant sans ces moments, Scott n'aurait jamais rencontré Luya. Douce ironie, voilà où il en était, il avait dû souffrir, se taire, assumer et avancer et ensuite, il y avait eu Luya. Il s'était présenté devant Luya tellement faible et tellement pathétique, prêt à aimer n'importe qui, n'importe quoi du moment qu'il ne se retrouvait pas seul...

"Je ne sais pas quoi te dire. Je... J'espérais avoir oublié, pouvoir te voir et ... et juste... prétendre que tout va bien, prétendre qu'il n'y a pas quelque chose qui cloche chez toi et que tout ça n'est jamais arrivé et que nous ne sommes plus ensemble tout simplement parce que parfois les gens se mettent ensemble et pas toujours pour les raisons. Je n'attends plus rien de toi Maximilian, et je suis sincère." C'était très certainement les mots les plus durs que Scott pourrait prononcer. Cela lui en coûtait beaucoup de se tenir là et... de dire au revoir à Maximilian. Parce que c'était ça pas vrai? Scott n'avait jamais eu l'opportunité de se mettre en colère parce qu'il était parti, il n'avait jamais pu lui dire merci pour toutes ces années, ni même lui dire qu'il ne lui en voulait pas. "Nous sommes tous les deux responsables. Ne crois pas seulement que je t'ai suivi pour tes beau yeux, je le savais depuis le début qui tu étais vraiment. J'ai juste été assez naïf pour croire que je pouvais te réparer." Scott prit une profonde inspiration alors qu'il reculait contre le mur, fermant un instant les yeux pour se concentrer sur sa respiration. La dernière chose qu'il voulait c'était déclencher une crise de panique et... Non. Pas devant Maximilian. Il resserra ses poings et rouvrit les yeux, se forçant même à sourire. Il le fallait, surtout devant le masque de Maximilian. Oh comme Scott avait haï cette expression, c'était son visage des mauvais jours, le blond aimait bien lui demander ce qui traversait son esprit sachant toujours qu'il n'obtiendrait pas de vraie réponse. Le russe était ainsi, pourtant Scott l'avait trouvé tellement beau le jour où il l'avait aperçu dans la salle des urgences. Shattered pieces, voilà ce qu'était Maximilian, et Scott avait beau se leurrer, se dire qu'il avait réussi à rassembler quelques morceaux et obtenir un semblant d'homme, mais c'était complètement faux. L'autre homme était beaucoup plus doué dans l'art de mentir et de garder des secrets, c'était quelque chose que  Scott ne savait pas faire et un talent dont il n'aurait certainement jamais besoin.  

"J'ai juste besoin de savoir une chose en fait, et s'il te plaît, réponds honnêtement." Le blond insista particulièrement sur le dernier mot, son regard dérivant du mur opposé à Maximilian. Oui, malgré tout, il y avait une chose que Maximilian pouvait encore faire pour lui. Avant que Scott ne disparaisse à jamais de sa vie, avant qu'il aille retrouver Luya et prétendre que cette après-midi n'était jamais arrivée. Ce n'était pas le genre de Scott de dénier la réalité des choses mais se dire que Maximilian avait été aussi proche de lui était quelque chose de... beaucoup trop réel justement pour qu'il puisse y faire face. Non, pour l'instant, son monde, c'était Luya, la relation stable qu'ils étaient en train de se construire et que Scott méritait largement. Uniquement Luya. "Est-ce que tout était un mensonge?" La question résonnait entre les deux hommes et pourtant, le blond avait la nette impression qu'elle était bien faible et ne représentait en rien ce qu'il voulait dire. Non, c'était plus que ça, il avait besoin de savoir s'il avait réussi à sauver une infime partie de Maximilian, s'il avait réussi au fil du temps ou bien si ça aussi c'était une autre façade, un autre acte encore bien joué, tellement bien joué que Scott aussi y avait cru. "Et par là j'entends toi et moi, est-ce que j'étais juste une erreur de parcours? Est-ce que tout ça c'était prévu ou bien c'est tout simplement arrivé... J'ai besoin de savoir si j'ai vraiment compté, si j'ai réussi à faire une quelconque différence et si..." Scott dut faire une pause avant de finir sa phrase, tant les mots lui pesaient et tant il avait honte. "Et si tu m'as vraiment aimé."  
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MessageSujet: Re: I will not speak of your sins - Maximilian   Mar 9 Juil - 20:08

Parfois, Maximilian avait l'impression de ne pas exister, comme si quelqu'un d'autre vivait sa vie et qu'il se trouvait loin au dessus, simple spectateur du désastre continuel qu'on ne pouvait pas décemment qualifier de "vie". Non, il s'agissait plus de survie que d'autre chose. Ce sentiment s'était déclaré pour la première fois, lorsqu'il n'avait que 5 ans. La Russie était encore l'URSS et la vie était chaque jour de plus en plus dure. Pendant que les nantis s'enrichissaient, le reste du peuple faisait face à une abominable famine qui les conduisait aux pires actions qui soit. Et les Sedzierska n'était pas en reste. Cela faisait facilement une semaine qu'ils n'avaient rien pu manger autre chose que de petits morceaux de pain tellement rassis qu'il faillait les passé sous l'eau pour pouvoir espérer les avaler. Seulement même le pain finit par disparaitre laissant la mère et son fils dans une situation si précaire qu'Ariani en faisait des cauchemars. Le petit Maksimilian ne cessait de pleurer, ne comprenant pas pourquoi il avait si mal au ventre et pourquoi il ne pouvait rien manger. Et puis un jour, même les pleurs cessèrent, le petit garçon n'ayant plus la force d'exprimer son chagrin et sa peur. Il passait ses journées prostré sur son petit lit, le regard dans le vide et sans que sa mère ne puisse rien faire pour le soulager. Mais il ne souffrait pas, oh non. C'est comme s'il était loin, loin de tout ça, quelque part où il n'avait mal nulle part. C'était bizarre, c'était même effrayant mais surtout, c'était apaisant. Après cette première fois, Maximilian se réfugia dans ses songes de plus en plus jusqu'au jour de la mort de sa mère, où il ne prit même pas la peine d'en revenir. Toutes ses années avec la mafia, il n'avait été qu'un pantin, un autre, Matvei, le jeune homme au visage apparemment si beau mais au regard tellement, tellement vide, comme s'il était déjà mort à l'intérieur. Et c'était exactement ça, son âme n'était qu'un cimetière, une peau de chagrin déchirée, éviscérée, couturée de partout, rafistolée à la va-vite quand les plaies n'étaient pas laissées béantes, à la merci de ceux qui aimaient jouer avec. Tout cela ne vaut pas le poison qui découle De tes yeux, de tes yeux verts Lacs où mon âme tremble et se voit à l'envers... Combien de fois avait-il entendu ces vers, murmurés au creux de son oreille par un de ses clients les plus réguliers, un fidèle ami de son oncle, féru de poésie française et des corps trop mince et trop blanc d'adolescents mélancoliques et venimeux. Cet homme était médecin, surtout dans les goulags, et prenait un malin plaisir à lui réciter des poèmes magnifiques, de sa voix douce et comme amoureuse, tout en faisait légèrement courir son scalpel sur le corps de Matvei, jamais assez fort pour le blesser profondément. Et lui restait là, les yeux dans le vide, comme s'il ne ressentait rien. Tout cela ne vaut pas le terrible prodige De ta salive qui mord, Qui plonge dans l'oubli mon âme sans remord ...

Il avait donc vécu dans cet état pendant très longtemps et même après, lorsqu'il avait fui, c'était toujours là, prêt à l'accueillir malgré ses tares et ses fautes, comme une îlot de paix dans le tumulte de sa vie. Il n'avait pas eu besoin de s'y réfugier autant lorsqu'il était avec Scott parce que l'infirmier avait le don, voulu ou non, de l'apaiser par sa simple présence, par un simple sourire et une simple caresse. Oh, il y avait des jours où il se perdait complètement dans ses songes, loin de la Terre, loin de la réalité. Et il savait que cela inquiétait Scott au plus au point. Que le blond détestait le voir comme ça, si proche de lui mais pourtant tellement, tellement loin, là où il ne pouvait pas et ne pourrait jamais le suivre. Ou jamais personne ne pourrait le suivre, ne pourrait lui faire du mal, ne pourrait l'atteindre; Lorsqu'il était partie comme un voleur pour ensuite épouser Zora, cet état était devenu constant pendant trois années, ce qui la rendait folle. Maximilian ne partageait rien avec elle, pas même un lit, et il ne se sentait de toute façon pas assez fort pour supporter le monde réel. Oui, il était rester dans cet état, comme anesthésié de tout pendant longtemps et voila qu'une simple rencontre avec Scott au détour d'un couloir et il retombait brutalement sur Terre, là où chaque parole meurtrissait plus qu'une décharge électrique en plein cœur. Mon Dieu est-ce que cela ne faisait vraiment qu'une dizaine de minutes qu'ils étaient tous les deux face à face, s'infligeant les pires souffrances ? Il avait l'impression d'être là depuis des heures et il se sentait à bout de nerf. Un sourire terriblement triste lui échappa. Ainsi Scott avait réussi là où jamais personne, même les bourreaux les plus sadistes de la Russie n'avait réussit. Il avait presque fait craquer l'enfant-assassin, celui qui pouvait supporter sans broncher des journées entières attaché à un mur par une chaine autour de son cou, si longtemps qu'elle finissait par s'incruster dans ses chairs sans qu'un seul son, une seule larmes ne viennent trahir la profonde douleur, à la fois physique et psychologique, qu'il ressentait. Était-ce possible de vivre avec un cœur mort ? ou i ça l'était mais ça faisait mal, tout le temps, à chaque pas, chaque heures, chaque jour, chaque inspiration qui étaient comme autant d'aiguilles acérées, lentes et languides, enfoncées un peu plus loin dans l'organe souffreteux.  

Mais mort ou pas, le cœur finissait toujours par ressusciter pour lancer une nouvelle vague de douleur dans le corps. Comme à cet instant précis en face de Scott. Maximilian était à deux doigts de se mettre à genoux, comme il l'avait dit auparavant alors que Scott le regardait de ses yeux trop bleu, trop noirs, trop intenses, et trop plein de douleur. Une douleur dont Maximilian était entièrement la cause, il le savait. Žizn’ moja ... Ces mots semblaient dénué de sens maintenant qu'ils avaient été ternis, salis, piétiné, par ce qu'il avait fait. Pourquoi avait-il fui ? Il aurait du attendre Scott et lui offrir l'adieu qu'il méritait. Mais il avait été égoïste et surtout il avait su que jamais, jamais, il ne serait partis s'il avait attendu. Un seul regard sur le sourire de Scott quand il revenait de l'hôpital et qu'il posait les yeux sur Maximilian, jouant du violon ... Non, il n'aurait pas pu et une fin encore plus tragique aurait pu arriver. Il ne voulait pas penser à ce que  Volodymyr aurait fait subir à Scott si jamais il avait su le lien qui l'unissait à son traitre de neveu et s'il avait réussi à lu imettre la main dessus. Maximilian était un habitué lui, il ne réagissait plus face aux tortures, se contentant de les subirent puis d'assassiner ses bourreaux. Depuis ses 13 ans, Maximilian avait appris à rester assis sur un lac gelé pendant des heures sans jamais broncher, même lorsque l'hypothermie menaçait de le tuer. Il avait appris à supporter des fournaises, des techniques de tortures qui ferait pâlir le plus chevronné des agents de la CIA. Il pouvait rester des jours voir des mois enfermé dans une petite pièce sombre, sans fenêtre, sans rien, le plongeant dans des Ténèbres qui menaçait de l'engloutir complètement et faisait vaciller sa raison. Oui, Maximilian pouvait supporter les pires choses et plus encore, il n'y avait rien chez lui qui n'avait pas été dérobé, pillé, violé. Mais ce n'était pas le cas de Scott. Et si par ses actions, il avait pu le sauver, bien que le blond n'avait pas été épargné non plus, alors il ne regrettait pas. Il écouta attentivement les paroles de Scott, hochant doucement la tête à chacun de ses mots, restant silencieux. "Quelque chose qui cloche chez toi ...". Ceci fit presque rire Maximilian. Comme il était loin du compte. Ce n'était pas "quelque chose" qui clochait chez lui mais bien "tout". Rien n'allait plus depuis que celui qui était alors Maksimilian avait vu un homme prendre sa mère à moitié morte de force, tuant effectivement toute innocence qu'il aurait pu posséder, toutes traces de normalité chez lui.

Le professeur aurait voulu démentir Scott lorsque celui-ci affirma qu'ils étaient tous deux responsables du fiasco de leur relation. C'était faux complètement faux. Parce que même si Scott savait qu'il y avait une part d'ombre si énorme en Maximilian qu'elle menaçait de l'engloutir chaque jour, lui et les gens qu'il contoyait, il n'avait aucune, absolument aucune idée de l'étendu de cette ombre et surtout de sa profondeur. Il en savait pas que tapis derrière les mains fines et délicates de Maximilian se dissimulait une grande force, capable d'assassiner un homme mûr sans problème. Il ne savait pas le monstre, tant couvert de sang qu'il aurait pu s'y noyer, qu'il y avait derrière ses yeux verts qui avait vu tant et tant de choses. Non il ne savait pas. Parce que Maximilian était un menteur. Il mentait comme il respirait, toute sa vie n'était qu'un mensonge, un vol. Son identité même était fausse, un mensonge encore, qu'il avait adopté et qui l'avait moulé. Son métier même, sa place, aurait du être attribué à quelqu'un d'autre, quelqu'un qui n'avait pas besoin de fabriquer et falsifier des documents pour pouvoir enseigner. Il ne savait pas parce qu'il ne se doutait pas du nombre de masque que le brun avait porté, tant et tant qu'il avait presque oublié qui il était vraiment, le petit Maksimilian Sedzierska qui ne rêvait que de pouvoir jouer de la musique et entendre sa mère chanter. En aucun cas, le blond était responsable de ce qu'il s'était passé. Il avait beau dire qu'il savait, il ne savait rien. Comment aurait il pu deviner l'étendu du néant qui résidait en Maximilian ? Il ne savait pas le nombre de fois où on l'avait repousser dans ses retranchements, repoussant ses limites toujours plus loin au point de danser avec la Mort elle-même. Mais Maximilian ne dit rien. Se contentant de regarder Scott appuyer sur le mur, les yeux fermés, le visage pâle et pourtant plus beau encore que dans les souvenirs de Maximilian qui pourtant, n'avait cesser de se les rejouer, encore et encore, pendant ses trois ans, se demandant si tout ceci n'avait pas été un rêve, si ce bonheur qu'il avait ressenti, aussi court et intense soit il, n'avait pas été qu'une punition, on le lui avait offert avant de le lui arracher sans prévenir, le laissant écorché et nu, encore plus détruit qu'avant. Maximilian, sans rien en laisser paraitre, buvait l'image de Scott, comme il lui arrivait de le faire au plus profond de la nuit alors que le blond dormait paisiblement, éclairé par un rayon de Lune, et qu'il se demandait si l'être à ses côtés n'aurait pas disparut au petit matin, comme un songe trop beau et trop précieux pour être dévoiler au grand jour. Il voulait graver son visage dans sa mémoire, le chérir encore avant de définitivement le laisser partir. Il ne pouvait cependant dissimuler l'inquiétude qui le traversa en voyant la pâleur de Scott et ses poings serrés. Son sourire lorsqu'il rouvrit les yeux surpris Maximilian qui ne s'y attendait pas, même s'il était un peu crispé. Il hésita un instant, plus vraiment habitué à sourire pour quelqu'un d'autre que sa fille, puis laissa la commissure de ses lèvres se soulever légèrement en un tout petit, minuscule, peu sûr, sourire. Et c'est alors qu'il posa la question. Une question qui prit tellement Maximilian de court qu'il en resta comme deux ronds de flancs, laissant tomber son masque et révélant la complète surprise qu'il ressentait avant que celle-ci ne laisse la place à la tristesse. Ainsi, il lui avait même fait douter de ses sentiments envers lui ... Scott n'avait il pas compris ce qu'il représentait pour Maximilian ? Ne savait-il pas que sans lui, il n'existerait plus ? Et bien, s'il ne le savait pas, il allait lui dire. Ne lui avait-il pas promis de tout faire pour se faire pardonner, même s'il devait y passer le reste de sa vie ? Peu habitué à dévoiler ses sentiments de cette manière, Maximilian prit une profonde inspiration avant de rassembler son courage et de répondre.

-Scott ... Боже мой ... Tu n'as absolument aucune idée de ce que tu représente pour moi. Tu as été la seule personne que j'ai aimé, avec ma mère, la seule. Et tu es toujours la seule à cet instant précis. Non, non je ne t'ai pas menti sur ça. Crois moi je t'en prie ... Sans toi, je ne serais plus là aujourd'hui, je le sais. Quand je t'ai rencontré ... non tu n'as aucune idée ... Tu m'as sauvé.  Žizn’ moja, ma vie. Ce n'était pas pour rien que je t'appelai ainsi. Parce que c'est ce que tu étais, vraiment. Tu m'as sauvé de plus de manières que tu ne le pense. Te quitter a été la décision la plus dure, la plus douloureuse de ma vie, et pourtant, j'en ai connu. Scott, Scott ... je t'en prie crois moi quand je te dis que tu étais et est toujours la personne la plus importante au monde pour moi même si ce n'est peut-être plus de la même manière qu'avant. Je n'envisage pas un monde sans toi et c'est pour ça que je suis partis, en partie. Si pour te sauver je devais le faire de nouveau, je n'hésiterais pas un instant. Je t'ai aimé comme je n'avais jamais aimé personne. Tu étais mon premier amour, la première personne à accepter d'essayer avec moi, malgré tout, toutes mes tares ... Ne doute plus jamais, jamais de mes sentiments pour toi. Ils sont certainement la seule chose de vrai dans ma vie et ils n'ont jamais, jamais été un mensonge. Même à présent, je désire te voir heureux parce que tu le mérites et parce qu'une partie de moi t'aimera toujours. Et que peut-on souhaiter de mieux pour ceux qu'on aime ? Alors s'il te plait, ne doute plus jamais à propos de cela. Je t'en prie.

La voix de Maximilian, peut être pour la première fois depuis le début de cette confrontation, exprimait clairement la passion qui dormait en lui, la ferveur presque douloureusement audible dans sa voix. Il était complètement sincère et personne n'aurait pu en douter, pas même Scott. Du moins c'était ce qu'il espérait parce qu'il ne voyait pas comment être plus honnête que ça et cela lui était presque douloureux. Il avait dû baisser son armure pendant quelques courts instants, ce qu'il détestait faire parce qu'il n'aimait pas ce qu'il voyait lorsqu'il le faisait. Déjà qu'il avait extrêmement de mal à se regarder dans un miroir ... Il attendit la réaction de Scott et attendrait le temps qu'il faudrait, même si son cours commençait dans une minute. Ensuite, il reprendrait le court de sa vie, tout en continuant d'ignorer la plaie béante de sa poitrine qui s'était brusquement remise à saigner.
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MessageSujet: Re: I will not speak of your sins - Maximilian   Sam 13 Juil - 0:10

Il était vraiment affreux de se dire qu'il avait besoin de poser la question. Après toutes ces années, après tous ces moments partagés, il était là et il avait encore besoin de demander. C'était rageant, c'était affreux et très franchement, Scott aurait souhaité ne pas se retrouver dans cette position là. Il aurait voulu avoir de véritables souvenirs et pas des rêves brisés, il aurait voulu avoir quelque chose à tenir tout contre lui, quelque chose de stable, quelque chose de... Il voulait savoir qu'il avait été capable d'aimer et qu'on avait pu l'aimer en retour. Était-ce trop demander? Visiblement oui, il ne voulait qu'une seule chose pourtant, la plus simple des choses, une chose élémentaire: ne pas se retrouver tout seul. Il ne voulait pas, c'était important, c'était crucial et vital que lorsque le soleil finisse sa course là haut dans le ciel, le moment où l'astre doré se faisait engloutir et qu'il disparait de la vue de tous, il était important que Scott ne se retrouve pas seul. Il avait tellement peur, il était tellement égaré, lui qui aurait dû tout avoir, tout prendre si son coeur n'était pas aussi bancal et si seulement, si seulement on lui avait appris à marcher droit. Dès le début, Scott aurait voulu se tenir sur ses deux pieds pour pouvoir avancer, il n'avait pas pu. Il aurait voulu être grand, droit et fort et pouvoir devenir quelque chose de mieux, quelque chose de meilleur. Il n'avait pas vu, il lui avait manqué une pièce, une pièce cruciale et essentielle. Oh bien entendu, pas besoin de se lamenter, il avait sa mère, il avait sa soeur, il avait une famille, il avait la vie rêvée. Mais devait-il y avoir une véritable raison? Quelque chose qui clochait dans ce nid douillet pour qu'il sente le besoin de toujours avoir quelqu'un, de toujours se reposer sur les autres? Non, pas besoin d'avoir un motif pour crier et se lamenter, pas besoin, n'importe qui, celui qui possédait une âme, pouvait voir qu'il y avait quelque chose qui clochait à la tombée de la nuit. Tout était si désert, tout était si froid, tellement froid... Comment ne pas vouloir glisser dans les bras de quelqu'un et se laisser bercer et se laisser mourir... Comment? La nuit était vive, douce et sucrée et il n'était jamais bon de la passer tout seul.

Scott ne l'avait jamais dit, trop honteux pour laisser quiconque démolir cette espèce d'armure qu'il avait mis des années à se construire mais lors des mauvais jours, Dylan n'était pas la seule à quitter la demeure des Winstons à des heures tardives et parfois trop souvent, Joyce s'inquiétait pour le mauvais enfant. C'était Scott qui faisait le mur et c'était toujours lui qui se retrouvait sur la tombe de son père à des heures impossibles, deux heures, trois heures du matin, peu importe. Le cimetière militaire était facile à atteindre et pas très bien surveillé, grimper la clôture était une chose très facile à faire, Scott y arrivait très bien depuis ses 13 ans et depuis longtemps, il avait appris à trouver la tombe de son père dans le noir. Alors il se dirigeait vers la pierre tombale beaucoup trop familière et s'asseyait sur le sol, juste au dessus de son père, parfois il s'allongeait, d'autre fois, il restait debout. Peu importe, toutes ses visites se terminaient de la même façon, Scott se retrouvait à parler seul, à parler de ses journées, de ses doutes et même parfois de ses peurs à cette foutue pierre tombale. Scott n'avait jamais mis les pieds dans une église, il n'en avait jamais ressenti le besoin, il ne savait donc pas ce qu'il y avait après la mort, ne savait même pas si son père était toujours présent avec lui d'une certaine manière, il ne voyait pas les choses de cette façon. Il avait arrêté de se voiler la face dès son plus jeune âge, lorsqu'une des soeurs de sa mère était morte, Dylan lui ayant demandé où allait donc partir leur tante. "Tu crois qu'elle va aller au paradis?" S'il n'aimait pas autant sa soeur, Scott aurait pu en rire. Pour lui les choses étaient simples, tout ceci n'existait pas, il s'agissait juste de barrières, de remparts, de quelque chose pour se réconforter, pour eux, pour les vivants. Les autres partaient et eux devaient rester, rester et apprendre à vivre avec le vide et avec la perte, et peu à peu, on finissait par disparaître. À cause de la chair qui se décomposait et de toute cette terre qui recouvrait notre maigre squelette... Non? On finissait par disparaître car peu à peu, la mémoire des vivants finissaient par tout simplement s'effacer, ils disaient adieu aux vieux souvenirs, adieu aux morts et tournaient la page et continuaient de vivre, c'était aussi simple que cela. Ni plus, ni moins. Donc, si personne ne l'aimait lui, si personne n'aimait Scott, eh bien... Il finirait par s'envoler rapidement, beaucoup trop rapidement et c'était beaucoup trop effrayant pour être considéré. Scott ne voulait pas s'éteindre ainsi, dans le fond, le blond n'avait rien de noble, il était lâche et égoïste, il ne voulait pas mourir ainsi, il ne voulait pas crever avec la bouche grande ouverte sans personne pour se souvenir de lui. Scott était un hypocrite depuis le début, personne ne l'avait encore percé à jour et c'était tant mieux.

Voilà pourquoi est-ce que, le coeur battant, il interrogeait Maximilian. Non, son coeur ne battait plus, il avait stoppé depuis bien longtemps, pas question de vivre ainsi, c'était des morceaux qui s'échappaient, c'était des parties entières qui allaient lui manquer et qui allaient lui faire défaut. Mais tant pis, il continuerait d'avancer pas vrai... Pour Luya? Le blond repoussa l'autre homme loin de son esprit, ne pouvant même pas songer à Luya et à toutes les promesses qu'il lui avait faites en cet instant là. Si Scott respectait un tant soit peu les siennes, il aurait couru dans l'autre direction en apercevant Maximilian, ou bien il lui aurait juste rendu sa lettre et il serait tout simplement parti, sans demander son reste. Non vraiment, Scott était un hypocrite. Ou alors, il y avait bien quelque chose de profondément malsain chez lui car oui, Scott était de ce genre prisonnier qui venait interroger son bourreau. Pour savoir pourquoi est-ce que chaque coup lui avait été porté? Il voulait comprendre, comprendre pourquoi est-ce qu'il devait souffrir. Oh, il était certain qu'il méritait chacun des coups ou même les insultes, là n'était pas la question, il voulait juste savoir pourquoi l'intensité des coups, pourquoi sur son coeur et pas ailleurs, pourquoi là plus que tout.

"Tu n'as absolument aucune idée de ce que tu représente pour moi."

Non, Scott ne comprenait pas et il ne comprenait pas non plus pourquoi Maximilian employait ce ton-là avec lui. Le russe semblait choqué, presque surpris, deux expressions qui étaient rares sur son visage et ça Scott le savait plus que tout. Non. Il ne savait pas, que représentait-il pour Maximilian, quoi exactement? Quelque chose de sacré? Quelque chose de raté? D'inachevé? De non fini? Car c'était exactement ce que Scott ressentait là, alors qu'il était confronté à la réalité, alors qu'il était obligé de regarder l'autre homme droit dans les yeux. Il avait échoué, il n'avait pas réussi à le faire, il n'avait pas réussi à le sauver. Peu importe son coeur brisé, peu importe tous les cris qu'il avait poussé dans le silence de sa chambre, peu importe. Tout ça dans le fond c'était sa faute. Comment voyait-il Maximilian? Comme la plus grande erreur de sa vie. Il se sentait pousser des ailes à chaque fois que le russe était dans les parages et possédé qu'une quelconque muse, Scott se mettait à peindre. Il n'avait jamais vraiment été doué dans cette discipline là mais tant pis, c'était ses doigts qui trouvaient la peinture et c'était tout son corps, dans son intégralité qu'il pressait contre la toile, avec une passion sans fin, de ce genre de sentiment qu'il ne pourrait reproduire avec personne d'autre et ce, même s'il essayait de toutes ses forces et... au moment le plus crucial, lorsque l'inspiration était enfin là, au moment d'ajouter la touche finale, non, de donner vie à son oeuvre et d'apporter l'essence vitale... On le lui avait arraché. Pas son coeur non. Sa peinture, son inspiration, sa toile, son Maximilian. Il n'avait jamais pu finir, voir comment l'autre homme pouvait apparaître sous ses couleurs à lui et il ne le saurait jamais, c'était trop tard. L'homme qui se tenait en face de lui parlait, marchait et respirait différemment, c'était trop tard. Voilà tout ce que le russe représentait pour lui et l'infirmier ne pouvait même pas ouvrir la bouche le lui dire et lui faire comprendre, peut être que Maximilian appartenait déjà à quelqu'un d'autre, c'était le cas pour Scott, c'était le cas pour lui, il avait un pas dans sa relation avec Luya et un pas dans le passé. Ici, et maintenant, c'était le présent, et maintenant, tous les murs se brisaient et il ne pouvait plus rien faire.

Et les mots suivants de Maximilian étaient cruels, tellement cruels, il mentait, non qu'il ne l'appelle plus comme ça, Scott n'avait rien fait, il mentait. L'infirmier ferma les yeux, la vérité caressant sa joue comme une griffe acérée et cela lui faisait mal, tellement mal d'entendre ça. C'était lui qui aurait dû se mettre à genoux pour dire à Maximilian d'arrêter, d'arrêter de mentir et de ne plus essayer de lui donner de l'espoir. Les choses n'étaient pas aussi simples, Scott n'allait pas lui obéir et guérir juste parce que le russe le désirait, cela prendrait du temps, tellement de temps pour embrasser chacune de ses cicatrices alors qu'il serait en train de suffoquer, de supplier qu'on le laisse mourir, tout seul sans amour, dans la pénombre la plus complète, tout seul, sur le sol. "Me voir heureux, hmmm?" Scott ouvrit les yeux et avant qu'il ne puisse les stopper, les larmes roulèrent sur ses joues. Il n'avait pas pleuré lorsqu'il avait trouvé son lit vide, il n'avait pas pleuré en lisant la lettre et encore moins lorsqu'il avait compris que désormais... Il serait seul. Il le faisait aujourd'hui, il le faisait aujourd'hui car son âme et son corps étaient trop pleins et ils avaient attendu Maximilian, ils l'avaient attendu pendant tellement longtemps et le voir était si douloureux. "Si tu veux me voir heureux s'il te plaît... Ne dis plus jamais m'aimer, ne m'appelle plus ainsi et surtout... Surtout... Ne m'approche plus. Reste le plus loin possible s'il te plaît, efface toi, redeviens un fantôme pour moi, peu importe, je ne pourrais jamais être heureux, être ce que tu veux si je sais que tu es toujours là, qu'il y a cette possibilité et que j'aurais pu faire quelque chose pour empêcher tout ça." La voix de Scott était rauque et il était surpris de trouver encore de l'énergie pour s'exprimer, pour parler et pour se tenir debout. "Tu seras toujours quelque chose d'inachevé pour moi Maximilian et je ne suis pas en train d'effacer tout ce que nous avons vécu au contraire, je t'ai aimé et ... Et ça ne changera pas, personne ne changera. Mais pour notre bien à tous les deux, et surtout pour le mien je crois, je voudrais que tu redeviennes un mirage."

Si pour Maximilian partir avait été douloureux, la requête de Scott l'était tout autant et même le blond pouvait voir l'ironie de la situation. Pendant des semaines et des mois, il avait espéré le retour de Maximilian, il avait voulu le revoir sur le pas de sa porte et à présent eh bien... Il lui refermait cette porte au visage. Il n'y avait rien d'autre à ajouter, Scott essuya ses larmes du revers de la main et, ayant un regard pour Maximilian, sans doute pour se persuader que tout ceci n'était qu'un rêve, un fragment de son imagination, il tourna les talons et partit. Aussi loin que ses jambes pouvaient le porter. Il marcha, marcha, sortant de l'immeuble et quelque part une porte s'ouvrit et Scott fut soudainement noyé par un flot d'étudiants. Les conversations étaient joyeuses et bruyantes et là, caché au milieu de ces visages inconnus, Scott s'arrêta, réalisant soudainement ce qu'il venait de faire, ce qu'il venait de dire. Il ravala son envie de faire demi-tour et se cachant le visage d'une main, il se mit à pleurer comme il aurait dû le faire il y a trois ans de cela. Finalement en deuil, abandonnant enfin cette partie de lui-même qu'il ne pourrait jamais récupérer, il le savait.

Ce morceau là était à Maximilian et à personne d'autre... Il le savait à présent.

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I will not speak of your sins - Maximilian

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