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 You know that I could use somebody...

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MessageSujet: You know that I could use somebody...    Ven 24 Mai - 0:15



You know that I could use somebody...
I've been roaming around, always looking down at all I see.



“Ami, remplis mon verre.

Buvons à la putain qui m'a tordu le cœur. Buvons à plein chagrin, buvons à pleines pleurs.
Et tant pis pour les pleurs qui me pleuvent ce soir... Je serai saoul dans une heure, je serai sans mémoire.

Buvons nuit après nuit puisque je serai trop laid pour la moindre Sylvie, pour les moindres regrets.
Buvons puisqu'il est l'heure, buvons rien que pour boire... Je serai bien dans une heure, je serai sans espoir.”





Luya se tenait là, assis au comptoir de ce bar, le regard perdu dans le liquide brun qui ruisselait doucement sur les parois de son verre tandis qu’il le faisait lentement tourner dans sa main dans le seul but de se distraire. Les larmes du whisky roulaient sur les bords du récipient comme si elles suppliaient que quelqu’un vienne les saisir, qu’on les cueille enfin du bout des lèvres pour s’en nourrir. Le bruit des glaçons n’en finissait plus de refroidir Luya qui paraissait absent mais dont la seule présence devenait insupportable. Du moins, c’était ce dont il s’était convaincu, au fil des années. Il était complètement fou à l’idée d’être ici, encore présent, définitivement palpable, visible de tous, ses poumons réclamant de l’oxygène sans relâche, sans même qu’il ait son mot à dire, impuissant face à son propre corps qui refusait de se mettre en veille. La paix. Le calme. Le silence. Que tout s’estompe enfin, que ce monde ne soit plus qu’un lointain souvenir, que les choses deviennent floues et indécises, qu’il se précipite au bord du gouffre pour contempler sa propre chute, que... Qu’il n’y ait simplement plus de mots, plus de page à noircir, plus d’encre à jeter, plus rien à dire, être muet. Le garçon soupira, espérant qu’il offrait son dernier souffle, qu’il se débarrassait de son ultime expiration. Mais son coeur battait toujours dans sa poitrine et ce rythme effréné sonnait comme une malédiction, un véritable fardeau. Luya se surprenait parfois à chercher l’interrupteur qui pourrait lui permettre d’éteindre la lumière. Mais ce n’était pas aussi simple. Il ne s’agissait pas d’une pression sur un bouton pour que tout disparaisse. Non, le jeune homme n’était pas assez courageux pour trouver une issue aussi rapide et efficace. Il voulait prendre son temps, sentir la vie s’échapper petit à petit de cette armure de chair qu’il portait avec toute la peine du monde ; un peu comme dans ses cauchemars, ses songes qui semblaient réels au point qu’ils l’extirpaient de son sommeil. Il se rêvait allongé sur une colline verdoyante dans un monde qui ne connaissait pas d’astre, pas de ciel, pas même de paysage ou d’horizon. De l’herbe, simplement, tout autour de son corps frêle et pâle. Et il était là, étendu sur cette parcelle, les bras croisés sur le torse, récitant des prières à demi-mots afin de ne pas troubler Dieu dans son repos. Il marmonnait avant d’ouvrir les yeux, alerté par la sensation étrange qui commençait à s’emparer de lui. Un picotement à l’endroit précis où se trouvait sa clavicule le gênait, une brûlure indescriptible qui martelait sa chair et qui rendait l’air bien plus difficile à capturer. Sa cicatrice s’était rouverte, tachant le polo blanc dont il était vêtu, couvrant ses mains et le reste de son corps d’un pourpre aussi poétique que dangereux. Il se vidait doucement, son coeur ralentissant un peu plus à chaque battement, son sang le fuyant avec toute la lenteur du monde. Cette hémorragie était belle et infinie, berçant le garçon et le rassurant. Il n’y avait pas plus agréable pensée que celle d’une vie qui s’achève avec sérénité, d’un être reposant sous l’immensité du néant et à l’abris de l’humanité. Voilà ce qui animait les nuits de Luya. Voilà ce qu’il retrouvait chaque soir en fermant les yeux et ce qu’il rêvait de projeter dans la réalité. Le réveil était toujours difficile et le secret trop lourd, et avant de se retourner dans son lit, il essuyait la fine larme qui perlait sur sa joue. Larme qu’il retrouvait maintenant dans son whisky et dont il ne ferait qu’une gorgée, histoire de la dissimuler et de protéger le trésor de sa propre fin.

La paix. Le calme. Le silence. Il était venu chercher tout cela ici, dans ce bar quelconque, alors que la musique bourdonnait au loin dans les quelques enceintes qui encerclaient le bar, au milieu de toutes les conversations ennuyeuses qui avaient lieu autour de lui. Il espérait trouver ces trois choses essentielles dans son whisky, son cher et tendre verre qu’il observait avec beaucoup d’affection avant de le déguster. Il n’était pas de ces alcooliques qui se jetaient sur leur liqueur pour noyer leur désespoir rapidement. Il n’avait rien à voir avec ceux qui buvaient par réflexe, parce que c’était la seule solution, parce que la saveur n’importait plus face au malheur qui ne demandait qu’à être étouffé. Luya s’enivrait de whisky parce que c’était sa boisson favorite après le lait chaud, parce qu’il voulait partir avec le goût boisé et prononcé de cet alcool sur ses papilles engourdies, possédé par ce tendre poison qu’il n’avait jamais appris à consommer avec modération. Le jeune homme ne voulait pas simplement effacer l’ardoise de ses souvenirs, il souhaitait ne plus être en mesure d’écrire, de marcher, de respirer convenablement. Exactement comme cette fois où il s’était offert à la lune, le torse nu et les mains moites, vulnérable sous cette brise du mois d’août qui avait failli l’emporter. Ce soir-là, il n’avait plus été capable de discerner le bien du mal, s’armant du premier objet susceptible de lui venir en aide. Il était pris de spasmes, se tournant sur le côté sans arrêt, crachant avec mépris le peu de bile qui lui restait sur le sol de ce jardin qu’il abhorrait pour s’y être attaché sans jamais le vouloir. Son inconscient avait alors pris le dessus, le poussant à commettre un acte qu’il n’aurait pas fait s’il avait été sobre et en pleine possession de ses moyens. Il avait vainement tenté de s’assassiner. On ne lui avait jamais vraiment demandé pourquoi il en été arrivé là puisque personne ne connaissait l’origine de cette balafre, mais la réponse semblait évidente. Parce que la vie. Parce qu’il n’y avait plus que le goût du whisky pour le faire palpiter, celui de l’avenir étant incertain et trop amer.

Alors Luya se tenait droit sur son tabouret, toujours impeccable, sa chemise d’un bleu clair soigneusement repassée et rentrée dans son jean noir. Il avait peut-être l’air égaré et abattu, il n’en était pas moins présentable. Les apparences, toujours les apparences. Travestir les faits, déguiser la vérité, masquer l’évidence. Aux yeux du garçon, cela paraissait primordiale. Il fallait à tout pris qu’on ne puisse pas le percer à jour, qu’on ne voit jamais au-delà du costume qu’il s’était lui-même confectionné. Luya était un jeune homme de bonne famille, très bien éduqué et dont les intentions étaient toujours honorables. Il se rendait à l’église tous les dimanche en compagnie du reste de sa famille, et ne manquait pas d’être actif au sein de sa paroisse pour aider ceux qui étaient dans le besoin. Bon élève, il était trop ponctuel et devait être le seul étudiant à apprécier les devoirs et les dissertations. Il ramenait d’excellentes notes et quand il n’était pas en train de se plonger dans ses manuels scolaires, il était naturellement en train de dévorer un bouquin, s’autorisant une pause pour nourrir son imagination et finir de se construire un monde à travers les univers et les mots de ses auteurs favoris. Luya était tout cela, et même bien plus encore ; mais il refusait d’admettre qu’il lui arrivait d’être imparfait et que chaque seconde était un supplice sans nom. Même face à l’évidence, alors qu’il était seul avec son verre, il ne voulait pas s’avachir ou défaire le moindre bouton de sa chemise pour être plus à l’aise. Sa veste parfaitement pliée trônait sur ses genoux et il ne lui serait même pas venu à l’esprit de la poser ailleurs au risque de la froisser ou de paraître envahissant en la laissant vulgairement trainer à côté de lui, sur le comptoir. Rasé de près comme l’imposait les valeurs de l’école d’hôtellerie où il étudiait depuis peu, ses cheveux étaient coiffés avec le plus grand soin, laqués vers l’arrière pour rajouter à son allure studieuse. L’odeur de son parfum s’était estompée au court de la journée et les effluves d’alcool qui émanaient de ces lieux sombres avaient fini par en avoir raison. Il n’avait plus vraiment d’essence attitrée, d’empreinte olfactive perceptible, confirmant ainsi que tous les efforts mis en oeuvre pour être irréprochable n’était au final qu’un agréable mensonge, une belle imposture. Faire croire, encore et toujours. Il n’y avait qu’avec le whisky qu’il était vrai, entier, au point d’être assez fou pour lui confier chacune de ses cellules.

La langue de Luya vint rapidement humidifier ses lèvres fines. Il n’en était qu’à son deuxième verre, et il attendait sagement que les effets du breuvage se fassent ressentir. Il venait parfois chatouiller le bord du verre avec sa bouche, prenant juste ce qu’il lui fallait pour accélérer le processus mais aussi pour faire durer le plaisir. Il savait qu’il ne serait plus là le lendemain matin, il l’avait prédit. Plusieurs mois avaient été nécessaires à l’élaboration du plan parfait. Luya était bien trop organisé et rigoureux pour que les choses se passent de manière sommaire et incontrôlée. Non, il fallait que ce soit calculé, bien orchestré et surtout, qu’il n’y ait aucune fausse note. Il avait commencé par suivre le conseil stupide de son frère aîné, utilisant le reste de son argent de poche pour aller souiller les draps d’une professionnelle. Au moins, à présent, il pouvait partir en sachant qu’il n’était pas fait pour ça. Ce genre de rapport avec un autre être humain ne lui plaisait pas du tout. À une certaine époque, il avait commencé à désespérer, se demandant s’il était normal pour ne pas avoir envie d’une telle chose quand tous ses petits camarades étaient porté là-dessus avec le plus grand intérêt qui soit. Ce n’était pas une question d’attendre ou de se préserver mais bien une histoire de désir. Il n’avait jamais éprouvé ce sentiment primitif, cette bouffée de chaleur venue de nulle part qui vous envahissez les entrailles au point de vous faire perdre toute notion de pudeur et de retenue, cette flamme indécente qui faisait rosir la joue des plus prudes. Bien sûr, son esprit s’était parfois autorisé l’élaboration de quelques scénarios mais lorsque les images devenaient précises au point d’éveiller chaque parcelle de son corps, Luya se précipitait sous le jet froid de sa douche, purifiant ses pores qu’il avait manqué de salir par mégarde. Ce qu’il avait fait avec cette femme était pire encore. En plus d’être pêcher, c’était stupide et écoeurant. Dieu lui avait pourtant dit de rester pur en attendant le mariage, mais les arguments d’Adam avait eu raison de lui. Parce qu’il admirait bien trop ce frère qui lui avait également servi de père de substitution, son amour l’avait rendu aveugle au point de se dire qu’il pouvait s’autoriser ce genre d’expérience pour voir si ce n’était pas la solution à ses problèmes. Bêtement, et sous l’influence d’un autre plutôt que de l’alcool, il avait couru jusque dans ce lit miteux. Il s’était alors refusé de s’attacher à qui que ce soit, bien trop influençable et candide pour pouvoir sortir indemne d’une quelconque relation. Il ne faisait confiance qu’à sa boisson, la seule qui ne trahissait jamais sa parole. Luya avait même passé un accord avec cette dernière. Il se livrait à elle, à corps perdu, lui confiant tout ce qu’il avait de plus cher, tout ce qui lui restait, pour la dernière fois ce soir. Et en échange, elle lui offrait...

La paix. Le calme. Le silence.
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MessageSujet: Re: You know that I could use somebody...    Mer 29 Mai - 17:46

Il avait un goût amer dans la bouche et son coeur ne battait plus correctement. Scott était perdu et froid, il ne se sentait plus vraiment lui-même, il ne savait pas quoi faire de ses mains, ne savait plus comment avancer, comment se comporter ou agir, il était perdu. Il était complètement perdu. C'était un mot parfait pour décrire l'état dans lequel il se sentait. Perdu, perdu dans son propre appartement, perdu dans sa propre ville, perdu à son travail où il se contentait juste de se tenir là et de regarder dans le vide. Scott... Est-ce que ça va? Un interne avait agité sa main devant lui et l'avait fait sortir de sa torpeur, il avait haussé les épaules avant de s'éclipser, prenant sa pause avec quelques minutes d'avance. Rester caché sous sa couette toute la journée et prétendre que rien était arrivé ne l'aidait pas oublier. Aller voir sa mère et se voir contraint d'avaler toute cette nourriture tout ça parce qu'il paraissait un peu pâle et un peu trop maigre ces temps-ci ou même écouter Dylan s'énerver pour lui ne l'aidait pas à oublier. Retourner à l'hôpital et être confronté au brouhaha incessant des urgences ne l'aidait pas à oublier. En parler ne l'aidait pas l'oublier. Quoi qu'il fasse Scott était prisonnier. Il devait se déplacer avec cet épais brouillard devant les yeux et tout ça parce que... Même y penser était trop douloureux. Oui, c'était bien une douleur réelle dont il s'agissait, du genre qui lui soulevait le coeur et qui l'empêchait de faire quoi que ce soit.

Les premiers jours, après son départ, il n'avait rien fait. Il avait contemplé le vide et cet océan de possibilités et de peut être qui s'offraient désormais à lui. Et il avait très vite été forcé de constater qu'il ne voulait rien de tout ceci, il ne voulait plus de futur. Il s'était tenu là, dans son appartement, ne répondant pas au coup de fil car ce n'était pas son numéro qui s'affichait, sans manger et sans dormir, contemplant le vide. Au bout du cinquième jour, son corps avait fini par abandonner, sa peine devenant trop grande à supporter et il avait juste eu le temps de se traîner jusqu'à sa chambre et il avait dormi. Il avait dormi pendant un jour entier, un sommeil lourd, noir et sans rêve et Scott avait émergé de ce sommeil, s'arrachant aux bras de Morphée de la manière la plus brusque qui soit et il avait ouvert les yeux vers quatre heures du matin. Il avait eu mal au coeur, tellement mal qu'il s'était retrouvé à haleter, cherchant de l'oxygène pour respirer, tenter de se calmer. En vain. Son lit était vide, il était seul, il n'y avait rien et il s'était gratté fortement la poitrine, espérant naïvement atteindre son coeur et être en mesure de l'arracher. Il avait senti les larmes monter alors que non, il s'était juré de ne pas pleurer, il avait enfoui sa tête dans son oreiller, avait ravalé ses larmes et sa fierté, et il avait hurlé. Oui, à plusieurs reprises, ses cris masqués par l'oreiller, il avait poussé les pires des cris, ses poings tapant contre le matelas. Mais c'était son lit désormais, il pouvait faire ce qu'il voulait. Scott avait hurlé pendant une dizaine de minutes avant de finir par se calmer, à bout de souffle, refermant les yeux et se rendormant. Au petit matin, il s'était levé, avait pris une douche et il avait mangé avant de se rendre au travail. On lui avait demandé comment avait été sa semaine, il avait haussé les épaules et avait demandé s'il pouvait prendre plus de gardes. La vie continuait. Pas de quoi s'alarmer. La nuit suivante, même incident, il ouvrit les yeux vers quatre heures du matin, seulement pour hurler dans ses draps et se rendormir. Rien de plus, rien de moins.

Voilà tout ce qu'il s'autoriserait, voilà tout ce qu'il aurait. Dix minutes. Dix minutes, toutes les nuits, pour laisser tout ce qu'il ressentait l'envahir. La colère, la déception, la rage, l'amour et... Absolument tout. Il était déchiré et morcelé, tout ça à cause d'une seule personne, tout ça à cause de quelques mots, tout ça à cause d'une lettre. Mais il était hors de question qu'il se laisse abattre. L'autre lui avait peut être pris son coeur cependant il n'aurait pas le reste, il valait mieux que cela, Scott était plus fort que cela. Du moment qu'il pouvait crier là, noyer sa peine là, tout irait bien. Il avait l'impression de brûler lorsqu'il criait. Il brûlait de honte, de désespoir et de cet amour pitoyable et pathétique qu'il ressentait pour celui qui l'avait abandonné, son bourreau. Qu'aurait-il fait si ce dernier franchissait la porte à l'instant même? L'aurait-il embrassé? Lui aurait-il pardonné avant de l'entraîner vers le lit et lui faire l'amour pour lui rappeler à qui il appartenait. Scott se savait faible, Scott se savait lâche et cette alternative là était tellement intéressante, tellement tentante... Seulement s'il franchissait de nouveau la porte de la maison. Come home little darling, come home. Scott se dégoûtait lui-même, il se donnait envie de vomir, la lettre était sans équivoque, sans attache, il était parti, il l'avait quitté, il ne reviendrait plus. Il ne reviendra pas. C'était des mots qu'il aurait dû s'entrainer à dire devant son miroir tout les matins afin de s'en convaincre. Mais Scott était un romantique, Scott était un idéaliste et la lâcheté des autres il ne voulait tout simplement pas la voir, il était naïf, trop naïf et ne voyant que le bon côté des gens, il le fallait, il fallait. Trop d'années et de journées passées à panser les blessures des gens et à tenter des vies lui l'avait contraint à penser et à se comporter ainsi. Là où certains ne voyaient que déception et ennuis, Scott voyait une opportunité et même une chance d'être heureux... Voilà ce qu'il avait vu en lui. Avec son sourire maladroit et son accent inconnu. Il s'était dit qu'il pouvait le réparer, qu'il pouvait lui donner un peu de ses espoirs et de ses rêves. But sweety, love is a poison and only lead to despair. You gave your smiles and your time and he just took them and run away.

Tout était faux, rien n'était vrai, Scott ne savait plus quoi faire et tout lui faisait mal, tout brillait un peu trop et il n'avait qu'une seule envie: rentrer chez lui, se laisser retomber dans sont lit et juste tout simplement oublier. Attendre le moment fatidique où il se réveillerait et hurler. Tout simplement hurler. Il n'avait même pas remarqué que son collègue l'avait suivi, il haussa les épaules et finit par s'asseoir à même le sol, sachant que personne ne viendrait les déranger dans cette partie de l'hôpital où seul les employés étaient admis. "Tu sais ce dont tu as besoin Winston? D'aller boire un verre, allez ce soir je t'embarque avec les autres, hors de question de refuser." Scott haussa les épaules. Pourquoi pas? Il ne voyait pas ce que cela changerait de toute façon. Il était passé chez lui pour prendre une douche et pour se changer, il avait opté pour une chemise noire, un pantalon gris et ses boots de la même couleur que la chemise. Il ne voulait pas se faire remarquer non, Scott voulait avant tout passer inaperçu. On vint le chercher comme convenu et dans la voiture, il ne participa pas à la conversation pour savoir si tel ou tel film valait vraiment la peine d'être vu. Scott était ailleurs. Et pendant toute la soirée, il était ailleurs, il était juste content que personne ne le force à participer à la soirée entre amis et le laisse siroter ses verres d'alcool en paix. Il voulait sombrer et l'alcool était une solution comme une autre. Sombrer et oublier sa peine et oublier tout... tout ça. "Je vais m'en chercher un autre." annonça Scott.

Il se leva quitta la table et se dirigea vers le bar. C'est là qu'il le vit. Son regard était automatiquement tombé sur la seule et unique personne qui n'avait pas l'air d'appartenir à cet endroit, à cet univers. Ici on buvait pour s'amuser ou on buvait pour noyer son chagrin. Mais lui... Il avait l'air ailleurs. Scott s'était arrêté sans s'en rendre compte, dévorant du regard cet inconnu, il observa tout, de se peau pâle à sa chemise correctement repassée et ses cheveux tirés en arrière et même sa façon de tenir son verre. You look like you don't belong here. avait envie de lui dire Scott. Cet homme-là avait l'air trop bien pour un tel endroit, comme si un ange s'était arrêté dans ce bar miteux alors qu'il se rendait au paradis. Scott avait trop bu, il disait des inepties et pourtant il n'arrivait pas à détourner le regard ou même arrêter de le fixer. C'était la première fois depuis des jours que quelque chose ou quelqu'un avait son attention la plus complète. La première fois qu'il avait oublié sa propre misère et qu'il voulait véritablement parler à quelqu'un. Il ne réfléchit pas plus que cela et se dirigea vers lui, vers cet inconnu, se pressant contre le comptoir et posant son verre à côté de celui de l'étranger. L'autre buvait du whisky, pas le meilleur choix possible. "Vous devriez essayer quelque chose de plus doux que le whisky." laissa échapper Scott, la voix à peine plus élevée qu'un murmure, ses deux yeux bleu fixant l'inconnu. "Je pourrai vous offrir un verre... Du gin peut être?" Si cet homme lui répondait eh bien... Peut être qu'il y avait encore un espoir pour Scott, sinon il devrait se résigner et à attendre l'heure fatidique, l'heure où il pourrait hurler.
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MessageSujet: Re: You know that I could use somebody...    Sam 8 Juin - 2:11

« Papa ? » Luya ne bougeait plus, scrutant la silhouette sombre qui se déplaçait à tâtons dans le fond du couloir. Ses pauvres petits yeux essayaient tant bien que mal de discerner quelque chose dans l’obscurité. Fronçant les sourcils comme si cela pourrait l’aider à distinguer plus facilement le décor environnant, le garçon à peine plus haut que trois pommes attendait que la pénombre lui réponde. Le cadet des Sparks avait cinq ans. Cinq misérables années qui ne représentaient qu’une fraction de seconde sur l’échelle de sa vie, et pourtant, il avait déjà eu son quota de doutes, de mensonges et de tristesse. Il ne s’agissait pas simplement de la déception qui l’avait envahi lorsqu’il avait finit par comprendre tout seul que le Père Noël n’existait pas. Ce n’était pas non plus comparable à l’angoisse qui allait le saisir lorsqu’il se rendrait compte que la petite souris avait elle aussi été inventée de toute pièce. Non, ce que Luya ressentait n’avait rien à voir avec ce genre de préoccupations puériles, même si toutes ces histoires ne manquaient pas de lui miner le moral encore davantage. Il était très jeune, mes ses soirées semblaient bien longues, comme s’il avait déjà trop vécu. Il priait sans cesse, agenouillé aux côtés de sa mère et d’Adam, suppliant Dieu de leur ramener leur père. Mais leurs messes improvisées n’étaient jamais entendues, se perdant quelque part entre la terre et les cieux. Les mois s’écoulaient sans qu’ils aient véritablement de nouvelles à part de rares conversations téléphoniques ou de simples mots griffonnés à la hâte sur un vulgaire morceau de papier. Même le frère de Lincoln, l’oncle de Luya, n’avait rien de plus palpitant à leur annoncer ou leur raconter lorsqu’il venait parfois dîner en leur compagnie. Ils attendaient donc sans cesse, près du téléphone, vérifiant la boite aux lettres quatre à cinq fois par jour, espérant un signe, n’importe quoi qui pourrait leur faire miroiter un prochain retour. Rien, toujours rien. Inlassablement, la même chose se répétait en boucle. Jusqu’à ce que Lincoln se décide à faire une halte dans sa propre famille sans prendre la peine de s’annoncer au préalable, déposant simplement ses valises dans l’entrée en criant qu’il était revenu pour que toute la maisonnée puisse l’entendre, et particulièrement ses deux garçons qui jouaient à l’étage. Les enfants dévalaient les escaliers à une vitesse folle, flottant pratiquement dans les airs et sautant les marches quatre à quatre pour pouvoir se serrer contre leur père. Luya n’était pas très grand, et tandis qu’Adam s’accrochait sauvagement à la taille de son géniteur, le benjamin s’asseyait sur son pied et s’agrippait fermement à sa cuisse pour ne plus jamais le laisser partir, pour qu’il soit obligé de soulever son fils à chacun de ses pas, boulet humain qui se serait fait un plaisir de l’emprisonner entre les murs de leur petit pavillon. À part eux, à part lui, Lincoln ne devait plus croiser qui que ce soit. Personne. Jamais.

Mais une seconde d’inattention. Une seule avait suffit. Ils avaient prié, tous ensemble, Luya ne parvenant pas à fermer les yeux pendant qu’ils récitaient les mêmes phrases, les mêmes strophes en boucle, trop occupé à observer le visage serein de son père pour s’en imprégner. Il n’avait que cinq pauvres petites années, mais déjà il savait qu’il devait se concentrer pour prendre des photographies mentales du monde qui l’entourait car tout ceci ne tenait qu’à un fil. Il voulait s’imprégner de ses souvenirs, qu’ils pénètrent sa chair au plus profond, au point de lui faire mal, au point d’être marqué au fer rouge par les paupières paisibles de son père qui s’étaient doucement fermées avant de s’adresser au ciel. Dieu seul savait combien de temps il allait rester avec eux cette fois-ci. Un ou deux jours peut-être. Une semaine ou deux. Non, ce n’était pas possible. Lincoln était bien trop occupé pour se permettre de leur faire un cadeau aussi précieux. Il subvenait aux besoins de la famille Sparks et il savait faire plaisir avec de jolis objets ramenés de ses divers voyages, mais il était incapable de leur offrir un peu de temps. Simplement cela. Quelques minutes ensemble, assis sur l’énorme fauteuil du salon dans lequel Luya paraissait étonnamment minuscule lorsqu’il s’y installait seul, sans les genoux de son père pour rehausser son assise. Luya aurait passé ses journées à faire de beaux dessins pour que Lincoln les garde avec lui dans tous ses périples aux quatre coins du globe, trainant l’homme par la main à travers toute la maison pour lui raconter les jeux passionnants qu’ils inventaient avec Adam, lui confiant que tout paraissait vide et dénué de sens lorsqu’il n’était pas dans les parages pour les observer... Même les disputes lui manquaient, les remarques que Lincoln faisait à table pour que les garçons se tiennent convenablement et évitent de laisser trainer leurs coudes là où il ne fallait pas. Luya était prêt à faire n’importe quoi pour pouvoir récupérer son père et le garder rien que pour lui. Il lui rappelait souvent qu’il serait le fils exemplaire, qu’il tacherait de ne jamais le décevoir si cela pouvait le pousser à ne plus repartir. Lincoln souriait simplement avant d’embrasser le front brun de son dernier fils et lui dire qu’il devait agir ainsi dans son propre intérêt et non pour le flatter. Il apprenait à Luya à vivre pour lui et jamais pour les autres. Combien de fois lui avait-il murmuré qu’il devait être égoïste, que sa vie ne dépendait que de ce qu’il en ferait, et qu’il ne devait laisser personne gâcher l’existence à laquelle il était destiné, pas même lui ? Trop, beaucoup trop. Luya l’avait tellement entendu qu’il s’en était convaincu, qu’il s’était renfermé, qu’il était devenu froid et distant, son regard faussement glacé se détachant de tout et ne s’intéressant à rien. Il avait grandit ainsi, partagé entre les valeurs altruistes de l’Église et l’idée qu’il ne devait penser à personne d’autre qu’à lui. Il était un descendant des Sparks et il se devait d’être quelqu’un de bien, éduqué selon certains préceptes religieux et voué à faire de grandes choses, devenir un tyran dans son domaine. Il devait travailler dur, atteindre le barreau le plus haut sur l’échelle social, rayonner par son intelligence et briller par son compte en banque. Et chaque soir avant d’aller se coucher, il devait remercier Dieu de l’avoir choisi parmi des milliards d’autres pour accomplir les desseins divins et grandioses qu’on lui avait réservé. Luya ne voyait plus vraiment la religion de cette manière à l’heure actuelle, mais à l’époque, du haut de ses cinq ans, il ne pouvait pas franchement faire la part des choses et se contentait d'acquiescer lorsque son père tentait de lui transmettre le peu d’enseignements qu’il voulait bien lui confier à chaque fois qu’il était présent. Ainsi donc, il ne devait s'embarrasser de personne, pas même des membres de sa famille, aller où bon lui semble pour s’épanouir dans la solitude et se replier sur ses propres projets, ses envies, ses rêves de gloire et de grandeur. Ne pas s’attacher, ne pas laisser les gens s’approcher trop près de son coeur et le corrompre avec de quelconques sentiments. Personne. Jamais.

Lincoln avait naturellement appliqué ces bons conseils à sa propre existence. Dieu, l’argent et les rencontres charnelles qu’il faisait très certainement au cours de ses nombreux voyages, voilà tout ce qu’il s’autorisait. Sa femme et ses enfants n’étaient qu’un port d’attache supplémentaire parmi tant d’autres, un repos qu’il s’accordait après ses grandes traversées du globe, ses péripéties qu’il vivait sans s’encombrer des trois êtres qui l’attendaient comme le messie dans la cité des anges. Il était tellement peu présent que Luya avait parfois l’impression qu’il n’était plus, qu’il avait disparu, comme un songe, une sorte d’entité qu’ils ne pourraient jamais garder pour eux, une icône invisible qu’ils ne croiseraient que dans leurs rêves. Lincoln était devenu une ombre, juste une ombre qui se déplaçait à tâtons dans le fond de ce couloir, éclairé par la lumière de la lune pleine qui se reflétait dans ses pupilles sombres. Il s’arrêta en entendant la voix de Luya qui l’appelait au loin, comme un écho insoutenable et déchirant. Déchirant non pas parce qu’il s’en voulait, non, mais parce qu’il regrettait tellement de lui avoir donné naissance que de le voir supplier au beau milieu de la nuit était devenu insupportable. Il aurait aimé revenir bien des années en arrière pour ne pas faire les mêmes erreurs. Il n’aurait jamais croisé le chemin d’Ileen et elle ne serait pas tombé enceinte sur les bancs de l’université alors qu’il prévoyait de partir vivre de l’autre côté de l’Atlantique. Évidemment, il avait été contraint de l’épouser, elle et ses grands airs, tandis que son ventre s’arrondissait dangereusement... Adam était arrivé, Lincoln avait fait ses valises, prétextant avoir des affaires plus importantes à régler. Il envoyait des chèques colossaux tous les mois pour qu’Ileen n’ait rien à dire, achetant son silence. Et puis il eut Luya, ce gamin aussi introverti que sa mère, toujours coincé dans les nuages, qu’il n’arrivait jamais à berner avec ses cadeaux et ses preuves d’amour matérielles. Il demandait de l’affection, de la tendresse, bien trop d’attention pour que Lincoln puisse combler ce gouffre béant qu’il avait lui-même causé dans la poitrine de cet enfant. L’homme d’affaires regrettait amèrement, s’arrêtant un instant en haut des escaliers pour observer son fils auquel il apprenait à être seul, toujours seul, pour ne pas qu’il reproduise les mêmes erreurs. Pour qu’un jour, plus tard, dans quelques années de cela, lorsqu’il serait assez grand, il comprenne. Luya devait réaliser qu’il serait plus heureux sans enfants pour le retenir, pour l’empêcher d’avancer, étouffer le peu de liberté que la vie lui accordait. Il ouvrirait les yeux et s'apercevrait qu’il devait vivre sans personne à ses côtés pour trouver le bonheur. Personne. Jamais.

Pour l’heure, l’enfant ne saisissait pas grand chose. Son père partait, l’abandonnant, le laissant à son triste sort, n’embrassant même pas sa pauvre mère qui se réveillerait seule dans un lit bien trop grand. Elle et son grand-frère dormaient à point fermé, mais Luya, lui, ne parvenait pas à clore ses paupières. Il avait trop peur, l’angoisse prenant le pas sur tout le reste et lui faisant perdre le peu de raison qu’il pouvait bien avoir. Il était effrayé de ne pas trouvé Lincoln assis à la table de la cuisine le lendemain matin, apeuré à l’idée de ne pas pouvoir partager avec lui les rêves fantastiques qu’il avait fait au cours de la nuit, complètement paniqué en imaginant que son propre père ne serait pas là pour le voir ouvrir ses cadeaux de Noël... Il se fichait bien de passer sa matinée à déchirer du papier pour découvrir des gadgets high-tech dont il ne comprenait jamais le fonctionnement. Il voulait son père, rien que cela. L’observer pendant des heures alors qu’il fumait sa vieille pipe brune, ses binocles hors de prix posées sur le bout de son nez pendant qu’il lisait le journal. Des choses simples et banales. Lincoln posa sa valise et rebroussa chemin, atteignant en quelques enjambées la chambre de son fils, posant un genou à terre pour être à sa hauteur et ainsi le regarder dans les yeux. « Papa, tu avais dit que tu resterais cette année... » Lincoln baissa la tête, abattu par l’erreur qu’il avait commise cinq ans auparavant. Il avait pourtant tout essayé pour faire comprendre qu’il ne voulait pas être présent, s’arrangeant même pour ne pas assister à la naissance de cet enfant. Il soupira, gardant pour lui ce lourd secret que Dieu ne lui pardonnerait jamais s’il avait le malheur d’y songer trop fort au point que cela devienne audible. Il posa ses mains sur les épaules de Luya, ne le quittant plus des yeux. « Je ne peux pas rester, nous en avons déjà parlé, tu sais ? Tu te souviens ? Je ne peux pas Luya. Je penserais fort à vous, vous êtes tout le temps dans ma tête et je serais tout le temps dans ton coeur. Je ne te quitte pas, tu vois ? File te coucher maintenant. » Il posa un baiser sur le front du garçon, l’observant regagner son lit avant de refermer la porte et de s’enfuir à la hâte pour ne pas rater son avion. Il partait comme un voleur, emportant avec lui le coeur de Luya qui s’était résigné à se glisser sous ses couvertures, vêtu de son pyjama préféré. Luya ne ferma pas l’oeil de la nuit, contemplant les éclats de lune que ses volets voulaient bien laisser passer, qui s’étalaient sur le plafond comme de multiples étoiles. Il resta ainsi jusqu’au petit matin, convaincu que son père lui avait menti, qu’il avait tenté de l’amadouer avec de belles paroles mais qu’il n’en était rien. Il ne penserait pas à eux lorsqu’il serait trop occupé à se prélasser dans des hôtels de luxe, et le pauvre petit coeur de Luya se resserrait douloureusement dans sa poitrine, encaissant chaque battement comme l’annonce d’une fin proche puisque son monde n’avait maintenant plus aucun sens.

Ainsi, à l’âge de cinq ans, Luya appris que les adultes étaient lâches et menteurs, qu’ils ne se souciaient guère des autres, et qu’il s’agissait d’apprendre à s’en débarrasser, à ne laisser paraitre aucune émotion. Se taire, se renfermer, et ne jamais laisser quelqu’un d’autre ouvrir la porte pour venir marteler son coeur avec autant de violence que son père. Personne. Jamais.

Alors quand le regard de cet inconnu se posa sur lui, Luya fut surpris. Surpris d’exister, de ne pas être qu’une simple forme, une ombre, une silhouette qui viendrait hanter ce maudis bar, surpris de susciter l’intérêt de quelqu’un d’autre ; surpris d’être, simplement. On l’observait, et silencieusement Luya gardait son masque bien en place, toujours impassible comme si le monde extérieur ne pouvait pas l’atteindre, comme s’il n’avait pas de coeur, comme s’il n’était pas humain. Il tenait cela de son père, et quand bien même il était le portrait craché de sa tendre mère, Lincoln prenait le dessus, ayant tellement bien élevé son fils qu’il avait de l’emprise sur lui alors qu’il se trouvait pourtant à des milliers de kilomètres de ce comptoir poisseux. Luya ne bougea pas d’un millimètre, conscient qu’un inconnu avait ses yeux rivés sur lui puisqu’il venait de se presser contre le comptoir, à quelques dangereux centimètres de l'endroit où il était lui-même assis. Il pouvait le voir dans son champs de vision mais il ne cillait pas. Il continuait de fixer le fond de son verre, faisant tourner le liquide dans le récipient avant de se délecter de la dernière gorgée, comme si cet autre homme n’existait pas. Ce dernier ne pouvait pas exister de toute manière, il ne pouvait pas être là et Luya devait rêver en pensant qu’il se préoccupait bel et bien de lui et non de la jeune femme qui était assise juste non loin derrière. Ce n’était tout simplement pas possible puisqu’il était invisible, qu’on ne le remarquait pas, qu’on ne le remarquait jamais, et qu’il se fondait dans la masse depuis tellement longtemps maintenant qu’il avait appris à vivre comme ça. Il était un vulgaire pion dans le jeu d’échec géant qu’était la vie, et pour l’instant il n’avait réussi à faire tomber personne. Pas même un fou, un pauvre cavalier, ou une reine. Encore moins le roi. Non vraiment, il n’y avait eu jamais personne. Personne. Jamais.

Son verre était vide à présent. Il avait cela en commun avec Luya. Le blond ne le quittait pas des yeux et le garçon manqua même de sursauter quand il lui adressa la parole. Quelques secondes seulement s’étaient écoulées, quelques secondes insignifiantes au cours desquelles Luya s’était persuadé qu’en restant ainsi immobile face aux glaçons qui gisaient dans le fond de son verre, il parviendrait à disparaitre comme par magie. Mais sa seule volonté de s’évaporer n’avait naturellement pas suffit. L’inconnu souhaitait lui offrir un verre. S’il ne venait pas tout juste d’engloutir le sien à une vitesse folle afin de se donner du courage et calmer son coeur qui s’emballait dans sa poitrine à cause de cette présence aussi soudaine qu’effrayante, il aurait eu une bonne excuse pour répondre de manière négative... Au lieu de cela, il était contraint d’admettre qu’il était à court de carburant et qu’il allait bientôt faillir s’il ne trouvait pas de quoi se mettre sur la langue rapidement. Il se décida enfin à se tourner vers cet étranger, prenant soin de le détailler au maximum. Il était peut-être la dernière personne qu’il verrait avant de quitter cette maudite planète, autant prendre le temps de la découvrir et de partager un moment sincère avec elle. Oui, pour une fois, être honnête et tenter de se laisser aller. Juste pour voir ce que c’était que d’être comme tout le monde, capable d’être sociable, souriant et agréable. Et comment ne pas céder à cette douce invitation en voyant l’auteur de celle-ci ? Si Dieu voulait à tout prix que Luya finisse avec une femme, pourquoi diable lui envoyait-il ses plus beaux représentants ? Le jeune brun rougit à peine à cette simple pensée interdite. « Pourquoi pas. Je n’ai jamais gouté le gin. » Pourquoi cette confession ? Pourquoi cet élan de sincérité ? Pour Luya, c’était déjà beaucoup... Il fit signe au serveur de venir jusqu’à eux pour pouvoir passer leur commande, et Luya attendit patiemment qu’on vienne poser ladite boisson devant lui. Pendant ce court laps de temps, il se tourna vers l’autre homme, souriant pour la première fois depuis longtemps pour tenter de donner au grand blond tout ce qui lui restait à offrir avant... Avant de s’évaporer. « Je paierai la prochaine tournée. », ajouta-t-il simplement avant de saisir son verre de gin et de le pointer dans la direction de cet inconnu pour trinquer avec lui. Ce n’était pas dans son habitude de se comporter ainsi. Peut-être qu’il voulait enfin se libérer, briser les barricades qu’il avait érigé autour de lui toute sa vie durant. Peut-être qu’il voulait enfin laisser rentrer la lumière dans la petite cellule qu’était devenue son existence. Peut-être qu’il ne voulait plus être seul. Et simplement parler avec quelqu’un.

Quelqu’un. Enfin.
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MessageSujet: Re: You know that I could use somebody...    Ven 21 Juin - 17:45

Contrairement à ce que l'on pouvait penser, ce n'était pas le genre de Scott d'aborder les inconnus dans les bars. Il ne faisait pas parti de cette classe d'hommes qui savaient comment charmer, comment séduire et comment faire en sorte que tout le monde avale le plus gros de leur mensonge et les suive avec un sourire aux lèvres. Scott ne pouvait pas mentir, il ne pouvait pas promettre la Lune à quelqu'un sans essayer de l'obtenir, tant pis pour l'oxygène, tant pis pour la distance, s'il avait promis l'astre argenté eh bien il n'aurait plus qu'à le fournir, avec un sourire sur les lèvres. Scott ne savait pas mentir, pas en amour, même pas lorsqu'il s'agissait de quelque chose d'aussi basique qu'une brève étreinte, partagée entre deux hommes juste pour la nuit, cela lui était déjà arrivé, mais ce n'était jamais lui qui avait fait le premier pas. Son apparence laissée à supposer qu'il était confiant et savait toujours comment se comporter et ce, peu importe la situation. Peu être qu'à une époque, Scott avait été cet homme-là, cet homme parfait, mais maintenant... Il se sentait vide, tellement vide et creux que le moindre coup porté à sa personne pourrait le blesser, pourrait le faire mal. Alors il faisait semblant, il faisait tellement bien semblant d'aller bien et parfois, il arrivait même à sourire. Il suffisait juste qu'il se fonde dans la masse, là où il y avait le plus de bruit et alors, il absorbait les histoires et les peines des autres et d'une certaine manière, il devenait ainsi vivant. Car depuis son départ, depuis les insomnies et les cris et les peines, Scott était devenu un fantôme, l'ombre de lui-même, de ce qu'il avait été avant, de ce qu'il aurait pu être.

I don't want to be alone, that's all, is that too much too ask?

Visiblement oui, Scott voulait fermer les yeux sur la dure réalité de ce monde, oui, les hommes naissaient seuls et oui, ils devaient s'éteindre seuls, tout seul. Mais c'était tellement injuste, lorsque les étoiles devaient mourir, elle mettaient des années à disparaître aux yeux de tous et pendant tout ce temps, il y avait toujours quelqu'un pour les contempler, les admirer et... Voir. Mais lui, Les autres, le plus souvent il n'y avait personne, et c'était moche et c'était affreux. Scott se souvenait de la première fois qu'un soldat était mort pendant l'un de ses tours de garde, le pauvre agonisait depuis des heures déjà, luttant entre la vie et le silence et Scott n'avait pas su trouver les mots, il lui avait juste tenu la main et avait pressé l'autre contre son visage et l'infirmier s'était forcé à sourire. Pour que ce soldat, dont il ignorait complètement le nom, parte en ayant une dernière image, une dernière image sereine et réconfortante, pour qu'il ne soit pas tout seul. Et si Scott avait continué de faire se métier, c'était bien pour s'assurer que personne ne vivait cette affreuse et cette dernière seconde seul. Quelle terrible pensée, avec ça et son coeur brisé, il avait de bonne raison de se réveiller toutes les nuits et d'hurler, il avait songé à se sectionner les cordes vocales, pour ne plus être soumis à ses propres peurs et à ses propres cauchemars. Scott n'était pourtant pas lâche, non, lâche n'était pas le mot, il fallait beaucoup de courage pour tenter d'ôter sa propre vie, peut être qu'il aurait dû demander des conseils à Dylan, mais il ne pouvait pas, sa petite soeur ne devait pas le voir dans cet état là. Il n'était pas dupe et même si elle ne l'avait jamais dit à voix haute, Scott voyait bien le regard que lui lançait sa soeur parfois, au fil des ans et sans vraiment s'en rendre compte, Scott était devenu son héro, quelque chose de solide et de réconfortant qu'elle voulait devenir.... Mais pas aujourd'hui, pas ce soir, pas... Depuis longtemps, Scott se sentait terriblement humain et terriblement seul, il n'y avait pas d'autre mot pour décrire ce qu'il ressentait. Alors voilà pourquoi est-ce qu'il était venu aborder l'autre homme. Il ne s'y connaissait pas vraiment en matière d'alcool, il buvait assez pour savoir ce qu'il aimait mais pas assez pour être considéré un fin connaisseur. Il ne savait même pas pourquoi est-ce qu'il avait suggéré du gin, il n'avait pas réfléchi cependant, désorienté, pas par l'alcool, mais bien par ses propres malheurs et cet homme, l'autre, celui qui n'aurait jamais dû être là, celui qui n'appartenait pas au décor avec sa chemise bien repassée.

Personne d'autre ne semblait l'avoir remarqué, une bêtise selon Scott, ou peut être qu'il n'était rien d'autre qu'un mirage. Mais pas pour ceux qui auraient passé la journée dans le désert à la recherche d'une source d'eau, plutôt pour ceux qui comme Scott avaient passé des heures avec leur propre peine, un trou béant dans la poitrine, allaient-ils se plaindre, ces hérétiques? Non, pas tant qu'on les regarderait, pas tant qu'il y aurait quelqu'un pour observer leur acte et tenter de les admirer. Et alors quoi... lui, il apparaissait? Scott ne le connaissait pas et pourtant, il avait déjà envie de passer une main dans les cheveux de l'autre homme et de déranger les mèches brunes. Ou peut être ouvrir sa chemise et déposer des baisers dans son cou et y laisser des marques, voir son air furibond lorsqu'il se rendrait compte de ce que Scott avait fait. Le blond n'avait jamais ressenti le besoin de marquer quelqu'un avant ce soir, ce n'était pas son style, mais tout de suite, il avait besoin d'exister, que ce soir sur la peau d'un inconnu ou ailleurs. Scott sentit un frisson le parcourir alors que l'autre homme tournait la tête vers lui, le détaillant. Sous son regard, Scott avait presque l'impression d'être moins vulnérable, presque, il ne savait pas ce que l'autre homme cherchait, ce qu'il voulait, ce qu'il désirait. Le blond avait envie de passer la nuit à le découvrir et à satisfaire l'autre homme, du moment qu'on lui laissait l'opportunité, du moment qu'on lui donnait sa chance d'exister. Il retint donc sa respiration en attendant une réponse, car si ce n'était pas cet homme là ce n'était personne pas vrai? Scott le savait, comment? Aucune idée, mais il le savait. « Pourquoi pas. Je n’ai jamais gouté le gin. » L'infirmier put enfin respirer, un poids semblant se retirer de sa poitrine. Il songea un instant à s'asseoir mais alors qu'on les servait, Scott se dit qu'il était beaucoup mieux debout, ses deux jambes étaient occupées ainsi et elles ne tremblaient pas, c'était beaucoup mieux. L'alcool fut servi mais aucun des deux hommes ne prêtait attention à ce qui se déroulait sur le comptoir, l'autre homme lui offrait un sourire. Scott aurait voulu retourner l'attention mais il ne pouvait pas, c'était un magnifique sourire qu'on lui offrait là, comme ça, sans raison, sans vraiment le connaître, c'était probablement le plus beau des cadeaux.

I could be anyone and yet you're smiling to me, you don't even know how weak and ugly I am, you don't know how many promises I've made and I have broken. Scott voulait lui caresser la joue, l'embrasser, lui dire d'économiser ses sourires car vraiment, Scott n'en valait pas la peine. Ne surtout pas lui donner peu car alors, Scott voudrait plus et il prendrait tout, aimerait absolument tout et... Non, pas besoin de sourire. Il leva son verre en imitant le geste de l'autre, ravi de constater que sa main ne tremblait pas. « Je paierai la prochaine tournée. » Le coeur de Scott s'emballa en entendant ces mots, l'inconnu faisant claquer leur verre ensemble. Qui était Scott pour refuser quelques minutes de plus avec cet ange?  "Il y aura une prochaine tournée? C'est bon à savoir, je ne pensais pas que je serais aussi chanceux." Il aurait voulu avoir quelque chose de beau et profond à dire, quelque chose digne de cet ange égaré dans les tréfonds d'un bar comme celui-ci, s'était-il fait mal aux ailes et était-il en train de se reposer? Scott était infirmier, il pouvait l'aider, est-ce que les anges aimaient la morphine? Probablement pas. Il vida son verre d'un trait, la gorge toujours aussi sèche après. Il posa son verre sur le comptoir, détaillant toujours l'inconnu. "Au fait, je m'appelle Scott... Tu..." Le tutoyer... Était-ce une bonne idée? Sûrement pas mais trop tard. "Tu ne viens pas ici souvent pas vrai? Je veux dire, mes amis et moi on est ici assez de fois dans le mois pour que je sache qui est un habitué ou pas. Et puis je pense que quelqu'un comme toi... Je l'aurais tout de suite remarqué."

Spoiler:
 
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MessageSujet: Re: You know that I could use somebody...    Lun 1 Juil - 18:51

Il suffit que leurs verres s’entrechoquent pour que tout se fige. Le bruit des glaçons se chargea d’immobiliser l’ensemble des personnes présentes dans ce bar, la fraicheur émanant des boissons immortalisant instantanément tout ceux qui se trouvaient à leur portée, à commencer par Luya et Scott. Il y eut cette fraction de seconde où leur regard furent contraints de se frôler, de se plonger l’un dans l’autre. Non, ils ne se contentaient pas de se croiser, de se coller l’un contre l’autre comme les deux récipients qu’ils tenaient fermement entre leurs doigts. Il s’agissait de quelque chose de bien plus puissant. Leurs yeux n’avaient plus de limite et ils se découvraient littéralement, s’accordant une étreinte visuelle qui était pourtant obligatoire dans ce genre de moment. Ils trinquaient, simplement, et comme l’exigeait la tradition, il ne se quittait pas des yeux alors que leurs mains s’étaient dangereusement rapprochées l’une de l’autre et que leurs verres s’étaient heurté. Sans même le savoir, les deux hommes ressemblaient tellement aux récipients transparents qu’ils avaient brandi devant eux dans le seul but de célébrer cette rencontre. Ils étaient translucides, et pourtant, ils ne laissaient rien paraitre. Ils étaient froids, tellement glacés par le temps, usés par leurs misérables existences qu’ils transpiraient la tristesse, et les souvenirs les plus durs ruisselaient de chacun de leurs pores. Ils étaient ivres, impatients d’enfin trouver un but, un sens quelconque à toute cette mascarade. Ils étaient brefs, ce moment délicieux où le goût de l’alcool venait se poser sur les papilles et engourdir le palet et que l’on souhaitait éternel. Ils étaient tout ceci, et bien plus encore, et leur chemin s’étaient croisés de manière aléatoire et presque brutale, comme deux glaçons qui se frôlent et qui craquent, comme deux verres qui s’entrechoquent dans les vapeurs enivrantes d’un bar, comme deux âmes à l’abandon dont seuls les yeux parvenaient encore à être sincères. Sincères, droits et francs. Tellement puissants que leur regard avait réussi à figer tout ce qui se trouvait autour d’eux, arrachant à Luya un sourire en coin qu’il ne se serait jamais senti capable d’offrir s’il ne s’était pas senti en présence d’un semblable.

Luya prit soin de dévorer l’autre homme du regard avant de se tourner vers le gin qu’on venait de lui servir. Il avait toute la peine du monde à ne pas avoir des pensées bien trop positives en voyant le visage de l’inconnu qui était venu s’adresser à lui comme si tout ceci était normal, comme si le simple fait de l’inviter à boire un coup était anodin. Non, ça ne l’était pas, simplement parce que Luya ne méritait même pas cela. S’il avait pu, si quelqu’un sur cette planète lui avait un jour appris à être honnête, à ne pas mentir, à rester franc dans la moindre des situations, il l’aurait dit sans détour et aurait tout avoué. Il aurait dit tout de suite qu’après ce verre il s’en irait, qu’il n’était pas fait pour ça, qu’il n’avait pas le droit à la moindre attention et qu’il comptait se rendre dans l’église la plus proche pour y passer la nuit. Cela ne lui arrivait que très rarement, mais dans les moments les plus durs, lorsque les doutes prenaient le dessus sur tout le reste, lorsqu’il se sentait capable de commettre un geste que même Dieu ne lui pardonnerait jamais, il allait s’asseoir sur le banc d’un lieu de culte, près de l’autel, et il restait là toute la nuit, sans prier véritablement. Simplement pour être en paix, pour se sentir plus proche du Seigneur et soulager ses pauvres épaules qui commençaient à céder sous le poids de toutes les pensées négatives qui ne cessaient jamais de lui marteler le cerveau. Ce soir-là, il était venu cherché des réponses au fond de son verre, et il sentait dans le regard de cet inconnu que tous les mystères qui s’emparaient de lui parfois seraient élucidés au court de la nuit. Il n’en aurait pas mis sa main à couper, mais ce visage parfait et cette voix... Luya trempa ses lèvres dans le gin, hochant simplement la tête en signe de contentement, le goût de cet alcool le séduisant suffisamment pour qu’il en boive une véritable gorgée.

Luya ne comprenait pas très bien. Il avait beau essayer de chercher, il ne pouvait même pas mettre de mots sur ce qu’il ressentait. Il lui arrivait parfois de trouver quelque chose de rassurant chez certains hommes. Comme avec lui, ce blond, cet étranger. C’était à peine perceptible, et peut-être que Luya se faisait des films, mais il avait envie que ce jeune homme reste à côté de lui toute la nuit. S’il n’avait rien à dire, tant pis. S’il ne voulait même pas l’écouter, c’était encore mieux. Il pouvait rester là, à côté de Luya, le regardant simplement, lui proposant des boissons qu’il n’avait jamais gouté, rassurant le jeune homme par sa seule présence, son existence, le simple fait d’être vivant et accessible. Certains auraient certainement associé cette envie soudaine d’être protégé par un autre homme aux absences répétées de son père et la nécessité pour lui de se trouver un modèle et des repères. Mais il n’en était rien, puisque Luya avait grandit avec son frère et qu’il avait parfaitement rempli ce rôle-là, qu’il avait été le pilier du cadet des Sparks pendant toutes ces années. Non, c’était différent. Ce que Luya ressentait alors qu’on prêtait enfin attention à lui n’avait rien à voir avec toute cette psychologie de bas étage. Le veilleur de nuit ne voyait aucunement un potentiel père de substitution dans cette rencontre puisqu’il avait envie de faire avec cet homme ce qu’il n’avait même pas osé faire à une femme. Il voulait l’embrasser. Le regarder longuement, et à l’image de leurs verres, faire venir claquer ses lèvres contre les siennes. Simplement pour savoir, simplement pour être certain. Il ne cherchait pas à s’éclairer sur ses véritables préférences sexuelles puisqu'il savait déjà ; mais il souhaitait confirmer le fait qu’il était bel et bien digne de l’intérêt de quelqu’un d’autre, au point de mériter un baiser. Connaître enfin ce qu’on ressentait lorsqu’on osait s’offrir. Il l’avait déjà vécu, mais il en avait payé le prix, et la culpabilité n’avait cessé de le ronger depuis ce jour-là. Seules ses lèvres étaient restées intactes, et Luya voulaient désespérément les donner. Et ce bel inconnu s’était avancé vers lui, comme s’il avait tout compris et qu’il se portait volontaire.

If you want me, I’ll have to be the only one. I want to be the only thing you have left, I want to hear your heart scream my name everytime I’m touching you. I want your lips on mine as if it was the only way for you to breathe. I want to take everything from you so I would be the only thing you have left, the only one you can hold on to, the only one that matters. I want to feel needed and I want to see you fall for me so deeply that you won’t ever be able to stand again. I want to live through you. I want to make sure that I will be missed somehow.

Bien sûr qu’il y aurait une prochaine tournée puisque Luya songeait déjà à se blottir dans les bras de Scott pour lui confier toute la tendresse qu’il avait refusé de donner pendant toutes ces années. Il serait doux, faussement amoureux, répondant positivement à toutes les avances du beau blond, acceptant même de se glisser dans ses draps s’il le fallait. Il ferait tout ce qu’on lui dirait, tout ce que son propre corps exigerait et quand il serait certain que l’autre homme ne serait plus capable de faire quoi que ce soit à part prononcer son prénom et que son odeur aurait suffisamment imprégné le tissu sur lequel ils s’étaient abandonnés, il partirait à l’aube, laissant un souvenir indélébile derrière lui et la conviction qu’il avait existé au moins une fois, dans les bras d’un autre être. Il sourit à Scott, conscient qu’il se trompait peut-être et qu’il ne parviendrait sans doute pas à mettre tous ses plans à exécution. Mais quand bien même cela n’était pas réalisable, il aurait au moins passé une bonne soirée avant de... N’en parlons même pas.

« Luya. », répondit-il simplement, sachant pertinemment que son prénom allait encore interpeller son interlocuteur. Combien de questions lui avait-on posé sur ces quatre lettres si singulières ? Au moins à chaque fois qu’il se présentait. D’avance, il savait qu’il allait peut-être devoir l’épeler, dire que cela n’avait rien à voir avec le gingembre, et expliquer pourquoi sa mère avait choisi les quatre dernières lettres de l’exclamation qu’elle avait poussée en découvrant qu’elle était enceinte pour la deuxième fois. Il aimait son prénom, mais il se surpris à penser qu’il l’apprécierait encore davantage si Scott pouvait le dire à sa place, le répéter sans cesse alors qu’il continuait d’observer le haut de sa chemise ouverte et la peau qui se trouvait à cet endroit précis. Luya n’avait jamais observé un torse nu, ni sentit la chaleur d’un autre homme contre sa peau, et les quelques boutons défaits du haut de Scott l’invitaient aux songes les plus doux et aux images les plus obscènes. « Enchanté, Scott. », ajouta-t-il avant de reprendre une gorgée supplémentaire de sa boisson pour se donner du courage et aborder le reste de la conversation sans jamais rougir. Non, il ne devait jamais se montrer sous ce jour-là et paraitre vulnérable. Il s’autorisait à sourire, c’était déjà un grand pas en avant. Il commençât par hocher la tête de droite à gauche avant de se tourner à nouveau vers Scott. « Non, je viens rarement... Pour ne pas dire que je n’ai encore jamais mis les pieds ici. » Il marqua un temps, pas certain d’être à l’aise finalement. Mais il devait faire semblant, feindre l’assurance alors que la moindre de ses cellules lui criait de se réfugier loin, très loin d’ici. Il laissa échapper un léger rire qui se voulait à moitié triste avant de reprendre. « Ça m’étonne que quelqu’un comme toi puisse remarquer quelqu’un comme moi... » Il haussa les épaules. « Mais après tout, je ne pensais pas être capable d’apprécier autre chose que du whisky, alors je suppose que ça veut bien dire que tout est possible. », dit-il avant de se réfugier une nouvelle fois dans sa boisson qu’il engloutit rapidement. Son verre vide, il fit signe au garçon de revenir vers eux. Il se tourna alors vers Scott, toujours déconcentré par sa chemise ouverte et ses cheveux auxquels il avait envie de faire subir tout un tas de choses, la mine presque enjouée. « On goûte quoi maintenant ? » L’alcool commençait à faire effet, Luya n’ayant jamais été aussi bavard.
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MessageSujet: Re: You know that I could use somebody...    Mar 16 Juil - 18:37

Luya. Un prénom que Scott n'avait jamais entendu auparavant. En même temps, cela ne l'étonnait guère, il aurait été tellement déçu si son ange portait un prénom trop commun. Oui, entre temps, entre la sensation de froid et la fin de son verre, Scott avait érigé cet homme inconnu au rang d'ange. Pourquoi? Parce qu'il n'avait pas encore renvoyé Scott parmi son groupe d'amis, il ne l'avait pas encore envoyé promener et ça, c'était déjà beaucoup pour Scott. Ça, les rencontres au hasard dans des bars de la ville ça n'était pas lui, ce n'était plus lui, il avait déjà beaucoup trop expérimenté dans sa jeunesse et lorsque son regard avait croisé celui de ce fameux patient il y a de ça quelques années dans l'hôpital de la ville, il lui avait offert un sourire et il s'était dit: et si? L'infirmier savait à présent, savait que ce genre d'interrogations finissait souvent avec des coeurs brisés et des faux espoirs, et des inquiétudes bien futiles. Est-ce qu'il m'apprécie? Et si je venais de laisser échapper ma seule chance d'être véritablement heureux? Scott qu'est-ce que tu racontes... Le bonheur, ce n'est pas comme une simple flamme qui s'éteint pour toujours et qui ne peut jamais être ravivée, c'est autre chose... Vraiment? Pour l'instant, ce soir, le bonheur, c'était l'attention de Luya, son visage expressif alors qu'il se tournait vers Scott, reprenant la parole. Dans les yeux de cet homme-là, Scott était perdu. Voilà depuis quelques jours qu'il souffrait et pourtant, il avait envie de replonger, de plonger dans ses yeux là, dans cet océan bleu encre et non, il n'avait pas envie de nager loin de là, il voulait se noyer dans ses yeux-là, il voulait sentir l'air lui échapper, il voulait bouger les bras pour tenter d'atteindre la surface, que ses lèvres finissent par céder et que, inéluctablement, l'eau salée finisse par envahir sa gorge, puis ses poumons, pour l'étouffer et le réduire à néant, pour le laisser mourir. Il ne voulait plus voler, il ne voulait plus flotter, il voulait se noyer, qu'on l'engloutisse tout entier et qu'il ne reste absolument rien de lui. Et malheureusement, c'était la grande tragédie de la vie, il ne pouvait pas y parvenir seul, même pour réaliser le moindre de ses désirs, du plus futile au plus essentiel, comme celui-ci de se laisser submerger par la plus pure et la plus parfaite des eaux, Scott avait besoin de quelqu'un. Il ne pouvait y parvenir tout seul, alors voilà, voilà pourquoi dans le fond il était vraiment devant Luya.

Hey listen little angel, this is no ordinary song, I really need you to bite me and don't heal the bite, I need you to let me die and let me rotten in my own blood, do you think you can do that little angel? I really need you too.

Il priait intérieurement pour ne pas avoir l'air trop désespéré, trop désoeuvré, il voulait que Luya le voit sous son aspect le plus désirable et non le plus misérable. Il ne voulait pas que Luya voit son coeur battant comme un coeur saignant qui appartenait au damné qu'il était, Scott aurait voulu et aurait souhaité être un homme nouveau, un homme changé, pour et devant Luya. Mais il essayait de faire avaler au jeune homme un mensonge qu'il savait faux et brisé et auquel lui-même il ne pouvait pas vraiment croire. Il n'y avait rien de différent chez lui, ses plaies étaient encore béantes et elles étaient encore grandes ouvertes et Scott lui-même n'était pas certain d'être réel, peut être qu'il n'était qu'un mirage et que toute cette tristesse et que tous ses malheurs avaient fini par le faire disparaître. Si Luya le touchait, et posait enfin sa main sur cette peau qu'il était en train d'observer, oui Scott avait surpris son regard, Scott ne garantissait pas qu'il pourrait survivre à cette simple caresse. Que se passerait-il? Est-ce qu'il s'effriterait, est-ce qu'il finirait par se laisser gagner par... le vide tout simplement et qu'il disparaîtrait? Scott n'en savait rien. Luya lui avait déjà terminé son verre et il attendait une réponse de Scott, Scott voulait l'embrasser tout simplement. Effacer les effluves du gin et du whisky sur les lèvres et sur la langue de Luya et les remplacer par quelque chose de plus réel, lui par exemple. Il ne connaissait pas Luya et pourtant il savait déjà qu'il ne pouvait pas lui proposer cela de but en blanc, non, Luya n'avait pas l'air de ce genre de personne qui succombait au coup d'un soir. Ceux-là, Scott savait les reconnaître, ceux- là lui ressemblaient un peu plus. Luya avait une candeur et une innocence qui lui était propre, voilà, ici, dans ce bar et sous cette lumière tamisée, il rayonnait. Peut être que c'était Scott qui avait trop bu, trop rapidement, ou bien c'était le désespoir qui lui faisait voir les choses ainsi. Alors quel désespoir cruel, tellement noir, il devait probablement avoir planté sa griffe et son drapeau funèbre quelque part, près de l'occipital de Scott et désormais il se répandait, noir et tortueux dans le système de Scott et peut être même se frayant un chemin jusqu'à son oeil et jusqu'aux centres du plaisir. Et quel plaisir pour les yeux Luya était, que cachait-il sous sa chemise bien repassée? Scott avait envie de le savoir, et c'était peut être pour ça, consciemment ou pas, Scott s'était rapproché encore du jeune homme, devant plié les genoux pour que leur deux regard se rencontrent vraiment mais tant pis.

"Quelqu'un comme moi, hmm Luya? Je suppose que c'est un compliment surtout que si tu me connaissais un peu plus, tu saurais que je ne fais pas du tout ce genre de choses." Un demi-mensonge et une occasion rêvée de faire rouler le nom de Luya contre sa langue. Scott eut même un sourire, toute son attention tournée vers Luya. Est-ce que ce qu'il voulait était visible? Est-ce que Luya se rendait compte qu'il ne suffisait que d'un seul mot de sa part pour que Scott lui indique le chemin jusqu'à son appartement, pour qu'il laisse le jeune homme lui ôter tous ses vêtements et découvrir un peu plus de sa peau et... Pour qu'il crie son prénom à gorge déployée, gémissant comme la pire des traînée, le visage enfoui dans un oreiller. Oui, c'était ce que Scott voulait, ce qu'il n'avait pas eu depuis longtemps, il voulait qu'on le prive de son droit le plus essentiel, que les coups de hanches de Luya lui coupe le souffle et le laisse pantelant.

"Et pourquoi est-ce que je ne t'aurais pas remarqué?" demanda alors Scott, se penchant vers Luya et faisant en sorte qu'il n'y ait que quelques millimètres de distance entre leur deux visages. Le serveur que Luya avait appelé quelques minutes auparavant haussa les épaules devant la scène et finit par s'éloigner, allant s'occuper d'autres clients. Scott ne le remarqua pas, trop occupé à regarder Luya, ne sachant pas quelle genre de réaction il pourrait obtenir de la part de l'autre homme. Il pouvait lui mordre la lèvre inférieure, l'embrasser et repartir parmi ses amis sans demander son reste et voir si Luya le suivait. "Luya, tu es ... Et de loin, la personne la plus attirante et la plus fascinante de tout ce bar." avoua Scott avant de finir par s'écarter, ne souhaitant pas repousser l'autre homme trop dans ses retranchements. Après tout, Luya lui avait posé une question et il fallait que Scott se concentre un minimum et qu'il oublie le parfum de Luya, sinon il allait finir par nicher son visage dans le creux du cou de Luya et s'y laisser mourir. Ce serait sans doute comme une promenade en été, doux, réconfortant, et quand la chaleur serait trop forte, Scott pourrait trouver refuge auprès des lèvres de Luya qui le délivrerait et qui l'embrasserait alors il fermerait les yeux et il se laisserait envahir par tout ce qu'il avait mis de côté et par tout ce qu'il ne voulait plus voir. Il deviendrait sans doute aveugle mais tant pis, si c'était le prix à payer pour embrasser Luya, tant pis.

"Tu as déjà goûté la vodka? C'est mon alcool favori. Je te paye ce verre-ci, histoire que tu me dises si tu aimes. Je ne veux pas te faire perdre ton argent en plus de ton temps. Et si tu apprécie la vodka... est-ce que je peux avoir quelque chose en échange?" La question de Scott sonnait et avait plus l'air d'une prière dans son esprit, tout simplement parce que Luya était un ange et qu'il était déjà suffisamment fou pour oser parler à Scott et en plus ce dernier voulait quelque chose en retour? Pas de doute, en parlant à Luya, il était en train de s'assurer que son âme finirait en Enfer. Mais être rongé par les flammes? Là tout de suite, pour Scott, cela aurait été une échappatoire parfaite. "Rien de trop extravagant, je promets." ajouta Scott après quelques secondes à observer l'expression qui se dessinait sur le visage de Luya. Pas de doute, il était vraiment magnifique.
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MessageSujet: Re: You know that I could use somebody...    Mar 6 Aoû - 16:49

You're so damn lost in Hollywood.

Les rayons du soleil avaient fini par le brûler, et chaque nuit Luya renaissait lentement de ses cendres. Pourtant, il semblait qu’à chaque fois, il y ait un peu moins de matière, toujours une infime pincée de moins, le monticule de chair et de peau flambées réduisant peu à peu de la manière la plus dangereuse et la plus létale qui soit. Un jour, il n’aurait plus de force, plus de flamme, et il ne parviendrait plus à trouver l’étincelle nécessaire à sa résurrection, celle qui d’ordinaire le ravivait. Au fond de lui, Luya sentait que c’était déjà la fin. Peut-être pas ce soir, non, c’était bien trop violent de se l’avouer si soudainement. Il fallait que cela survienne alors qu’il n’était pas conscient, alors qu’il n’avait rien fait pour provoquer sa chute et qu’il était convaincu d’avoir agit tout à fait naturellement. L’alcool devait d’abord l’anesthésié, lui ôter le peu de raison qui lui restait, l’éloigner de Dieu, du soleil et du ciel, pour ensuite le jeter dans la gueule du loup, du Diable, et dans les flammes de l’Enfer. Seules flammes qui assisteraient à sa renaissance éternelle. Luya, créature de la nuit, démon solitaire qui hantait sa propre existence. Il parvenait à s’éveiller quand la ville s’endormait, que les âmes les plus tristes, les plus sombres, les plus abjectes déambulaient dans les rues bondées de la cité des anges. Drôle de paradoxe, de voir ainsi tous ces diables et ces monstres dans une ville qu’on surnommait divinement... mal. Those vicious streets are filled with strays. Luya aussi faisait son apparition une fois le soleil dissimulé derrière l’horizon, mais son âme n’était pas encore trop salie et il y avait bel et bien une lueur d’espoir. Elle était infime, certes, et elle vacillait dangereusement, menaçant de s’évanouir à jamais, mais elle existait malgré tout. Elle tentait de survivre pour le ramener à la surface de temps à autre, pour lui faire croire au bonheur l’espace d’une seconde trop fragile. Mais ce n’étaient là que des paroles en l’air, du vent, la promesse d’un espoir que Luya avait fini par briser comme on fracasse un vase en porcelaine contre les murs d’une pièce devenue étouffante. L’espoir s’était dispersé en milliers de morceaux, et avec le temps, ils ne s’étaient jamais recollés. Non, bien au contraire. Ils s’étaient volatilisés et n’étaient plus que du sable, de simples grains qui dansaient dans l’air du soir pour n’être plus qu’une vague idée, une pensée lointaine. Luya avait cru qu’il pourrait s’en sortir et qu’il parviendrait à trouver un but quelconque à sa venue sur terre, au tissus de mensonges qui lui servait de vie. You should have never trusted Hollywood. Luya avait cru que la foi suffirait.

Alors non, Luya n’avait rien d’un ange, et Scott s’en rendrait compte bien assez tôt. Se rapprochant de lui, les genoux légèrement pliés et son regard toujours tourné vers Luya, le grand blond ne semblait pas réaliser à qui il avait véritablement à faire. Certes, ses traits bien dessinés, sa coiffure parfaite et sa chemise impeccable laissaient sous-entendre qu’il était quelqu’un de bien sous tout rapport. Mais au fond, Luya ne pensait guère qu’à lui-même, à son envie de voir où cette conversation pouvait le mener, à ce qu’il pourrait en tirer et surtout la manière dont il allait pouvoir l’oublier. Après tout, il ne fallait pas se leurrer ; le simple fait d’avoir passer autant de temps les yeux rivés sur le col ouvert de Scott était déjà une raison suffisante pour aller se réfugier dans la première église pour confesser ses désirs les plus inavouables. Phoney people come to pray. S’il avait eu le cran, il aurait souhaité s’enterrer sur le champs, oubliant ce bar et ce grand blond qui venait le perturber au milieu de ses pensées, s’épargnant ainsi les songes qui commençaient à défiler dans son esprit et qui n’avaient rien de catholiques. Luya n’était pas particulièrement pervers, il n’avait simplement jamais pris le temps de découvrir sa sexualité, refoulant le moindre sentiment, le peu d’envie que les autres hommes lui inspiraient parfois. Comme ce soir, avec Scott, qui continuait de combler le vide dérisoire qu’il y avait entre eux. Le brun faisait de son mieux pour rester impassible, souriant à peine en coin afin de ne pas paraitre impoli ou tout à fait désintéressé. Il était tellement déboussolé qu’il se sentait partagé entre la peur, l’envie, le dégoût et le désir. Bien sûr, l’alcool n’aidait certainement pas à faire en sorte qu’il ait les idées claires, mais elle le rassurait tout de même et lui réchauffait les entrailles afin de lui donner du courage. Il n’avait pas besoin de boire beaucoup pour se sentir lentement happé par la fièvre de la liqueur, et déjà ses joues commençaient à ne plus arborer leur pâleur naturelle, se couvrant d’une légère teinte rose.

Luya manqua de se tourner subitement vers Scott lorsque ce dernier prononça son prénom pour la première fois. Pas simplement parce qu’il avait osé le répéter de la manière dont Luya l’avait souhaité, mais parce qu’il ne s’était même pas attardé sur la singularité de ce dernier, là où d’autres s’y étaient repris à plusieurs fois avant de le retenir. Il y avait franchement de quoi être déstabilisé, et même si Luya parvint à se retenir au dernier moment pour ne pas faire un bond sur son tabouret, l’expression qui était apparue brièvement sur son visage l’avait certainement déjà trahi. Il s’en voulait, bien sûr qu’il s’en voulait. Comment avait-il pu se faire avoir de la sorte, juste sur les quatre pauvres petites lettres qui le suivaient depuis sa naissance ? Mais Luya n’avait tellement pas l’habitude d’exister, d’être remarqué, et même s’il se démarquait par la singularité de son prénom, on l’oubliait rapidement parce qu’il n’était pas assez commun... Alors lorsque Scott lui permettait d’avoir l’impression de compter, lui rendant presque l’identité qu’il avait perdu doucement au fil de la soirée pour ne plus être qu’un vulgaire fantôme qui allait bientôt rejoindre l’au-delà, ses yeux bleus semblaient s’être teintés d’une lueur vive, un éclat fugace mais qui avait pourtant illuminé son visage. Il ne cilla pas pour autant, ne souhaitant pas se faire repérer davantage, mais le mal était déjà fait puisque de toute façon, Luya n’avait pas écouté un traitre mot de ce que Scott avait dit par la suite...

« Et pourquoi est-ce que je ne t'aurais pas remarqué ? » Scott se tenait près de Luya, bien trop près pour que le jeune homme ne se sente pas soudainement envahi par sa présence. Il l’observait du coin de l’oeil, contrôlant la moindre de ses expirations, se retenant pour ne pas avoir un mouvement de recul qui aurait trahi une gêne évidente. Scott ne s’arrêta pas en si bon chemin, déclarant ensuite que Luya était de loin la personne la plus attirante et la plus fascinante de ce bar. They find you, two-time you, say your the best they've ever seen. Et heureusement qu’il s’était écarté après avoir fini sa phrase, parce que Luya n’était clairement pas prêt à entendre ce genre de choses ; ni ce prénom dans sa bouche, que Scott répétait une fois de plus.

Stop. Stop it, now. I’m not yours, you have no right to call me like you know me, like you ever knew me at all. You don’t know me and I’m not even attractive, you liar. You are just a bunch of lies, why the hell am I talking to you and your... perfect hair ? Damn. I’m nothing like you. I’m not... Like you.

Il le haïssait, pas certain de savoir pour quelle raison exactement, mais ce sentiment s’était subitement emparé de lui alors que Scott avait pourtant été flatteur. Luya ne le savait pas encore, même s’il s’en doutait et faisait tout pour ne pas s’en rendre compte, mais il détestait chez Scott ce qu’il ne pouvait pas supporter chez lui. Lui aussi avait eu ce genre de pensées en voyant débarquer le grand blond, son sourire, et son col encore légèrement ouvert... Lui aussi s’était imaginé découvrir son corps, l’espace d’une fraction de seconde, rêvant de trouver des abdos parfaitement dessinés sous cette chemise noire, posant ses mains partout sur Scott sans aucune pudeur ni retenue. Voilà ce qu’il abhorrait, parce que ce n’était pas normal, c’était même répugnant. All you maggots smoking fags on Santa Monica Boulevard. Et son interlocuteur qui le draguait ouvertement, parce que c’était clairement ce qu’il était en train de faire, bien vrai ? Ce n’était simplement pas possible. Il refusait de l’entendre, et si il avait eu le courage de parler, Luya lui aurait dit de se taire sur le champs parce qu’il sentait déjà les regards des autres clients du bar se river sur eux pour les fixer. They take you and make you. They look at you in disgusting ways. Le brun jeta un rapide coup d’oeil au reste de la salle sans prendre la peine de tourner la tête pour autant, histoire de se rassurer et d’être certain que personne n’avait entendu Scott. Il n’avait jamais mis les pieds ici, mais sans le savoir, peut-être qu’il connaissait quelqu’un parmi la foule qui se pressait autour de ce comptoir, et il n’était pas question que sa réputation soit ternie. Et si plus tard quelqu’un relatait les derniers instants de sa vie, il ne voulait pas qu’on l’associe à... à ça.

I’m not like you. I am no fag. Could you stop pretending like I give a damn about everything you say ? Leave me alone already...

Bien sûr qu’il y prêtait attention, il ne faisait plus que ça. Mais une fois son verre de gin englouti, Luya avait besoin de plus d’alcool pour pouvoir tenir le coup. Il se sentait oppressé, comme si le col de sa propre chemise menaçait de l’asphyxier à tout moment, et il savait que l’alcool l’aiderait. C’était certainement une illusion, mais qu’importe, il préférait se noyer dans le précieux liquide plutôt que d’avoir à se retrouver pressé contre le corps de ce Scott, cet inconnu, vil tentateur qu’on avait mis sur sa route dans le seul but de le détourner de Dieu. Non, Luya devait croire qu’il était capable de refuser ses avances, il devait se persuader qu’il valait mieux que ça et qu’il ne céderait pas dès qu’on s’intéressait un tant soit peu à lui. Pourtant, oh, pourtant, il mourrait d’envie de savoir, d’en avoir le coeur net, de chasser le goût du doute qui engourdissait sa langue... Il devenait complètement fou et il se serait très volontiers mis à prier au milieu de cette pièce pour que tout s’achève immédiatement. Phoney people come to pray, look at all of them beg to stay. À croire que Scott avait entendu ses prières puisqu’il lui proposait déjà de lui payer un verre de vodka en échange de... De quoi exactement ? Luya se tourna vers l’autre, pas certain si c’était son propre cerveau qui avait fait en sorte que cette proposition lui paraisse trop... Perverse et dérangée, ou si celle-ci l'était vraiment. Cette fois, il n’y avait plus aucun doute sur ce qui motivait Scott à venir s’adresser à Luya, et pour la énième occasion au cours de cette soirée, le brun se sentit perdre pied face à une proposition pareille. Toujours muet, incapable de dire un mot, il déglutit avec difficulté, ne parvenant plus vraiment à dissimuler ce qu’il ressentait. Du moment qu’il ne se mettait pas à rougir impunément... Non, il devait rester assis le dos toujours bien droit, sa chemise bien repassée et sa coiffure bien en place, misant tout sur les apparences tandis que sa cervelle était un véritable volcan en ébullition, crachant des pensées qui n’avaient plus rien à voir les unes avec les autres. Il fallait qu’il se calme, qu’il arrête de penser à mal avant de dériver sur le visage de Scott pour finalement être rongé par l’angoisse. Shut up and drink Luya, it’s going to be fine.

« Marché conclu, à une seule condition. » Luya souhaitait tout de même prendre quelques précautions pour ne pas se retrouver complètement désemparé lorsque Scott aurait clairement énoncé le fond de sa pensée. « Si je juge que c’est vraiment extravagant, tu payes les deux prochaines tournées. Et si... Si ça me plait, je te les offre. » Luya avait encore du mal à s’exprimer de cette manière, persuadé que... Non, en réalité, il ne voulait pas y songer. Vite, garçon, un autre verre. C’était devenu vital, au même titre qu'une véritable bouffée d'air. Il ne pouvait maintenant plus revenir en arrière mais au fond, Luya se demandait toujours s'il avait fait le bon choix, par certain de pouvoir faire confiance à cet homme-là, et lui laisser prendre ce qu'il n'avait jamais donné par le passé...

You should have never trusted Hollywood.
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MessageSujet: Re: You know that I could use somebody...    Ven 23 Aoû - 16:13

Il hésita pendant quelques secondes. Ce qui était compréhensible, Luya ne le connaissait pas, il ne savait pas quel genre d'homme était Scott et ce qu'il avait véritablement offrir. Mais était-ce réellement en regardant un homme droit dans les yeux qu'on pouvait estimer sa valeur? Le blond pouvait faire semblant autant qu'il le voulait, se tenir droit, prétendre être brave et regarder Luya comme s'il allait bientôt passer le reste de ses jours à l'aimer... La vérité n'était pas là, c'était ailleurs qu'il fallait la chercher, autre part. Pour mesurer ce que Scott valait vraiment et savoir de quoi son coeur était fait, Luya devait regarder en arrière et voir tout ce que Scott avait perdu. Voir tout ce dont il avait dû se défaire pour pouvoir continuer à avancer et à se présenter là devant lui. Il n'y avait qu'en voyant les sacrifices, tout le sang et toutes les larmes versées qu'il pourrait véritable comprendre à qui il avait à faire. Scott était cassé, brisé jusqu'à la moelle et il lui semblait bien qu'il n'ait plus rien à offrir. On lui avait tout pris, on l'avait pillé, saccagé et destitué de ses biens les plus précieux et pas une seule seconde il avait songé à dire non à ses ravisseurs ou même à réclamer ce qui lui appartenait. Non, il avait laissé les gens faire, il s'était laissé piétiné et marcher dessus.

Voilà tout ce qu'il avait perdu.
Il avait perdu sa raison le jour où il avait décidé de s'engager dans l'armée.
Il avait perdu tout espoir qu'il aurait pu avoir la première fois qu'il avait été incapable de sauver quelqu'un. Là, cette nuit là, dans les yeux de ce soldat qui après avoir pleuré et tenu la main de Scott en disant qu'il voulait rentrer chez lui avait fini par répondre, après tout ceci et après avoir contemplé le faux sourire de Scott... Là, avec ses mains ensanglantées, il avait touché ce vague espoir et il l'avait étranglé à main nues et il avait regardé cette chose pathétique et affreuse agoniser. Et il s'était allongé à côté d'elle, et il l'avait regardé mourir. Mourir pour tout ce qu'il n'était pas et tout ce qu'il ne serait plus jamais.
Et il avait perdu son coeur...

Il avait perdu son coeur, il l'avait donné à quelqu'un d'autre, quelqu'un d'autre qui y avait enfoncé ses ongles et qui s'était servi et qui l'avait laissé avec une moitié de muscle pour vivre et une âme complètement fissurer. Il avait perdu tout ça, voilà ce qu'il valait, juste une dizaine de pièces en or et peut être même un sourire. Peut être qu'il méritait une nuit, cette nuit, une nuit avec Luya. Scott ne savait plus ce qu'il avait le droit d'avoir et ce qu'il désirait vraiment, tout était si confus, lui qui avait pour habitude de penser qu'il pouvait saisir n'importe quoi du moment qu'il tendait les bras. Il avait tendu les bras pour tenter de ramener Maximilian mais il n'était pas revenu, et, à présent, il s'effaçait. Il était en train de disparaître pour Scott et il n'y avait rien que le blond puisse faire pour arrêter le processus. Son esprit lui jouer des tours et peut être que dans une dizaine d'années, il se demanderait s'il n'avait pas rêvé le russe, s'il ne l'avait pas fabriqué de toute pièce. Les photos finiraient par devenir terne et se perdre, les souvenirs lui glisser entre les doigts tel du sable et il n'y aurait plus rien. Plus rien à part Scott à genoux qui tenterait de se rappeler mais qui ne pourrait même plus nommer les choses ou se remémorer de simples détails. Et même lui, avec le temps, lentement, même lui finirait par disparaître. Il n'était plus sûr de rien désormais, il ne savait même plus s'il avait un futur. Il s'était vu avec quelqu'un dans ses bras, quelqu'un à côté de lui lorsqu'il se réveillerait le matin, quelqu'un pour le réconforter, le rassurer, le faire rire. Quelqu'un pour lui tenir compagnie dans leur demeure commune et pour faire des choses aussi futiles que de regarder un film ou même décider de réorganiser la bibliothèque. Il ne savait plus ce qu'il voulait. Scott n'avait plus de point d'ancrage et il savait que tout ou au tard, il finirait par dériver. Il avait besoin de quelque chose de permanent, quelqu'un qui serait là quand il faux et qui lui donnerait un minimum d'attention. Il ne savait pas s'il voulait une relation ou juste un coup d'un soir, peu importe, les deux choix avaient  la même finalité, Scott le savait désormais.

Voilà pourquoi est-ce qu'il parlait à Luya et voilà pourquoi il se permettait d'être aussi entreprenant. N'importe qui d'autre l'aurait laissé siroter son verre tranquillement, le jeune homme ne voulait clairement pas être dérangé. Mais tant pis, c'était bien en enfonçant des portes qu'on obtenait ce qu'on voulait, et entre le verre de gin et celui de vodka qui fut posé devant lui, Scott avait déjà pris sa décision: il voulait Luya. Pourquoi? Parce que Luya le regardait comme quelque chose de nouveau, comme quelqu'un qui s'était perdu. Peut être que Scott aurait dû jeter son dévolu sur quelqu'un d'autre, une femme de l'autre côté du bar, qui aurait sans doute flirté plus ouvertement avec lui, tant pis. Autant prendre quelqu'un qui ne l'aurait jamais remarqué, qui ne l'aurait jamais abordé, c'était mieux ainsi, beaucoup plus réel. "Oh Luya, je crois vraiment que tu as mal compris mes intentions." dit simplement Scott. Une de ses mains se referma sur le nouveau verre présenté devant lui et il le vida d'un trait, ne quittant pas Luya du regard. Froid, c'était complètement froid, les glaçons caressèrent ses lèvres comme pour lui rappeler qu'il n'avait pas embrassé quelqu'un depuis longtemps, tellement que les yeux de Scott dérivèrent un instant vers les lèvres de Luya. Il poussa un soupir en reposant son verre, et du bout des doigts, il poussa celui de Luya vers lui, ne réalisant même pas qu'il venait encore de faire un pas en direction du jeune homme. Penchant la tête sur le côté, le blond dévisagea Luya pendant quelques secondes avant de lui dire ce qu'il voulait vraiment. "Je voulais juste savoir si tu pouvais satisfaire ma curiosité, et être complètement honnête et me dire ce que quelqu'un comme toi fait là, à essayer de boire comme s'il avait quelque chose de profondément horrible à cacher."

Il voulait que Luya lui explique pourquoi et comment est-ce qu'il s'était retrouvé là, qu'il parle à Scott et qu'il lui donne l'impression de faire parti de sa vie, qu'il lui donne l'autorisation de rêver encore une fois, rêver que Luya était à lui, qu'ils étaient là tous les deux parce qu'ils l'avaient voulu et que Scott pouvait se pencher et embrasser Luya comme il le voulait, sans vraiment demander la permission. Voilà ce qu'il voulait. "Si tu ne veux pas me raconter tes secrets, je comprendrai."  Qu'était-il dans le fond à part un type désespéré dans un bar? Comment est-ce que Luya pouvait le prendre sérieusement ainsi?  "Si tu refuses de répondre à la question je comprendrai..." Scott eut un mouvement de recul, laissant l'autre homme respirer, cependant, s'appuyant de nouveau contre le bar, il ne put s'empêcher d'ajouter: "Mais j'espère vraiment que tu accepteras si je te demande de me raccompagner chez moi."
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MessageSujet: Re: You know that I could use somebody...    Lun 16 Sep - 16:53

Si Luya n’était pas intimement persuadé qu’il était en train de vivre sa dernière nuit, peut-être qu’il aurait offert sa première fois à Scott dans d’autres circonstances. Mais avec des hypothèses, on refait tout simplement le monde, et le veilleur de nuit n’avait plus assez de temps pour se poser mille questions. Il aurait certainement pu s’accorder un bref instant de répit en faisant part de toutes les choses qui le tracassaient à Scott, cet inconnu. Encouragé par le regard que le blond portait fugitivement sur ses lèvres, il aurait pu se permettre un simple écart tandis qu’il savait qu’il ne ferait pas long feu. Après tout, puisqu’il devait partir, puisqu’il se l’était juré, puisque rien n’avait jamais réussi à le combler si ce n’était pas le vide, le néant le plus total, alors pourquoi ne pas céder juste avant la fin ? Pourquoi ne pas poser un genou à terre et s’avouer vaincu, pour faire part à Scott de tout ce qu’il avait véritablement sur le coeur ? Il serait bien loin d’ici peu de temps, à l’abris sous une couche de terre bien épaisse. C’était sans doute pour ça qu’il adorait se cacher sous ses couvertures et rester ainsi allongé pendant des heures. C’était un peu comme si il était déjà recouvert et peut-être que ce n’était pas encore suffisamment épais pour lui accorder le repos qu’il recherchait tant, mais il se sentait bien. Il pouvait fermer les yeux et se convaincre qu’il n’y avait effectivement plus que son lit, à la dérive, vers l’horizon. N’importe où, il s’en fichait. Il voulait simplement trouver la fin et se laisser glisser doucement dans le gouffre, dans la faille béante qui s’ouvrait devant lui et qui lui tendait généreusement les bras. Pourquoi faillait-il que Luya soit né comme ça ? Pourquoi fallait-il qu’il ressente toujours l’appel du vide, du large, de l’obscure éternité ? Il n’avait jamais compris. Il ne s’aimait pas, il ne supportait pas son reflet dans un miroir, et chacune de ses actions lui paraissait insipide ; tellement qu’après plusieurs mois, elles lui laissaient malgré tout un goût amer sur le fond du palet.

Luya regardait l’autre homme qui avait cette manie de s’approprier son prénom alors qu’ils n’étaient ensemble que depuis quelques minutes seulement. Non, ils n’étaient pas ensemble. Ils étaient deux êtres l’un à côté de l’autre, deux pièces d’un puzzle qui ne formaient rien, qui ne s’uniraient jamais. L’un, le plus grand, cherchait sans doute à trouver la pièce qu’il avait perdu quelque part, guettant son arrivée avec envie, avec ardeur, avec fougue peut-être. Tandis que l’autre, le brun, ne partait en quête de rien. Il n’était pas venu au monde pour ça. Il avait été seul dans le ventre de sa mère, il retrouverait la même sensation agréable lorsqu’il serait enfin dans le noir le plus complet, étendu pour son dernier voyage. En attendant, il sentait au plus profond de ses entrailles que jamais il n’aurait droit au genre d’amour qu’on voit partout, qu’on nous vend comme une denrée alimentaire aussi banale que le pain. Mais même ça, même une chose aussi bête que celle-ci finit par rassir et par être dévorée par quelques rongeurs affamés. L’amour ne s’achetait pas, Luya l’avait bien compris. Il avait tenté de s’offrir tout ça pour essayer de savoir, pour tenter de comprendre ce que tout le monde pouvait trouver à ces histoires de sentiments et de rapports en tout genre. Évidemment, ça n’avait pas marché et Luya avait compris. Alors au lieu d’être déçu, au lieu d’attendre sagement de croiser la personne qui viendrait lui promettre monts et merveilles avant de l’offrir en pâture aux prédateurs de la plus basse espèce, Luya s’était résigné et il avait finalement baissé les bras.

Mais là, dans ce bar, et plus particulièrement dans ce sourire, il se demandait malgré tout si il n’avait pas tort. Peut-être qu’au lieu de laisser faire les choses et d’être sans cesse abattu, peut-être qu’il pourrait simplement parler ? Pas tout dévoiler, mais dire ce qu’il avait au moins sur le coeur. Se confier au grand blond qui lui avait clairement demandé ce qu’il faisait ici, à boire comme s’il avait quelque chose à cacher. Si seulement Scott savait tout ce que Luya dissimulait... Ce n’était pas un secret, ni un pêcher, ni quoi que ce soit de commun ou de banal. Non, c’était plus que cela. C’était lui qu’il gardait bien à l’abris derrière les immenses barricades qu’il avait dressé autour de lui. Il reniait purement et simplement tout ce qui le composait. Chacun de ses traits de caractère lui semblait insupportable, la moindre de ses manies devait être travaillée pour être ainsi anéantie. Il chassait ses goûts pour s’en inventer d’autres, mentait lorsqu’il riait, faisait semblant de faire croire qu’il avait saisi le sens de toute cette mascarade et qu’il était à l’aise. Luya pouvait marcher, il aurait même pu se mettre à courir n’importe où, il ne se serait pas senti davantage en confiance. Il n’y avait aucun coin sur ce globe susceptible de lui convenir. Il était à ce point insignifiant. Et même ça, ce sentiment de ne pas être assez, de ne jamais suffire à qui que ce soit, de n’appartenir à rien ; ce genre de pensée aussi l’irritait particulièrement. Non, se disait-il, il devait être plus fort, plus robuste, faire croire que du haut de son mètre soixante, il était tout de même puissant par sa force morale, et que ses convictions le faisaient avancer coûte que coûte. Ne jamais courber l’échine, toujours rester droit et convaincant dans toutes les situations. Trouver un quelconque moyen de se sentir puissant et de pouvoir écraser n’importe qui, de faire écrouler des murs et bâtir un empire juste parce qu’il l’avait commandé.

Tout s’était joué à une seconde près. Peut-être que si Scott n’avait pas eu un léger mouvement de recul juste après s’être penché vers lui, la tête penchée sur le côté pour le dévisager et lui poser la question fatidique, alors peut-être que Luya aurait cédé. Mais le blond avait fini par reculer légèrement, Luya reprenant ses droits et se décidant à ne pas se laisser charmer si facilement. Une fraction de plus et le veilleur de nuit serait certainement tombé dans le panneau et aurait mis de côté son masque pour se montrer en pleine lumière, juste pour ce soir, pour une seule fois avant que le rideau tombe et marque la fin de la pièce. Le silence de Luya poussa certainement Scott à renchérir, ce dernier affirmant qu’il ne voyait pas d’inconvénient à ce que le jeune homme ne lui révèle pas tous ses secrets aussi rapidement et facilement, qu’il comprendrait parfaitement si le veilleur de nuit esquivait la question. Luya eut un maigre sourire alors que le blond reprenait en s’appuyant contre le comptoir. « Mais j'espère vraiment que tu accepteras si je te demande de me raccompagner chez moi. » Ce monde était véritablement étrange. On pouvait éviter de raconter sa vie. On pouvait n’avoir rien à dire et ne pas parler de soi, ce n’était pas grave. Mais raccompagner le premier venu chez lui, cela paraissait normal.

Luya ne savait clairement pas quoi répondre, pris de cours par cette proposition qu’il avait pourtant senti arriver. Il eut un petit rire nerveux à peine audible, ses yeux rivés sur ses doigts qui caressaient doucement le verre vide qui se trouvait juste devant lui. Après tout, qu’est-ce qui l’empêchait d’aller dans le sens de l’autre homme ? Scott n’aurait peut-être pas l’honneur d’entendre ses dernières confessions mais il pourrait au moins savourer ses lèvres ? Voilà ce que Luya lui donnait, c’était tout ce qu’il voulait bien offrir et léguer. You’ll be the only one to know what it feels like to kiss me. And if you’re there at my funeral, if you see them all telling stories about me, about who I was, then you’ll know they’re all wrong because you’ll be the only one. You’ll know what life tastes like in my mouth and it feels just like poison. I don’t want you to cure me, I just need... Quoi exactement ? Luya ne savait pas, il s’en fichait. Puisqu’aucun son franc et honnête ne franchirait ses lèvres, il préférait les garder closes et les donner à cet homme. Il se tourna vers Scott, esquissant un fin sourire faussement rassuré. « Mauvaise journée, voilà tout. », dit-il avant de s’éclaircir la gorge comme pour se donner un peu plus d’assurance et ne pas sombrer dans le pathétique ni dans les aveux de dernière minute. « Et j’accepte. Avec plaisir. » Quelques mots, les seuls qu’il avait à disposition et qu’il ne s’était même pas entendu prononcé. L’alcool faisait trop rapidement effet, il ne se rendait pas compte que ses méninges lui jouaient déjà des tours. Au moins, ses joues ne rougissaient plus de honte mais en raison des vapeurs des boissons qu’il avait consommé... À trop vouloir les ériger, Luya avait fini par faire tomber toutes ses barrières et il s’était oublié.
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MessageSujet: Re: You know that I could use somebody...    Mar 8 Oct - 20:37

Luya, malgré ses lèvres plus que tentantes et son air innocent, Luya tout de même était un étranger. Pour Scott, il représentait la nouveauté et cette magnifique possibilité qu'il pouvait repartir de zéro et tout recommencer. Oui, tout recommencer, que quelqu'un lui attrape la main et l'emmène dans une bassine d'eau glacée pour le laver et lui faire oublier tous ses problèmes, pour lui râper sa peau et effacer toutes ses cicatrices et toutes ses marques. Et quand il aurait de nouveau la peau blanche alors? Cela ne le rendrait pas meilleur, cela ne ferait pas de lui quelqu'un de plus respectable et que l'on pouvait aimer. Non, il ne serait pas changé, il ne pourrait pas avoir une nouvelle identité, il serait toujours lui-même. Tout ceci, Scott le savait et pourtant... La connaissance était quelque chose de bien futile qui ne pouvait pas apporter le bonheur, aussi il refusait de connaître et de savoir et il préférait oublier toutes ces choses qu'on lui avait apprises. On lui avait dit de ne pas marcher trop vite car sinon il allait tomber mais il était tombé, à maintes et maintes reprises et il avait toujours fini par se relever. On lui avait dit de ne pas parler trop vite mais de toute façon, il y avait peu de monde pour l'écouter. On lui avait dit de faire attention à son coeur et de ne pas tomber amoureux de n'importe qui, mais ce conseil là, Scott ne l'avait jamais suivi. Jamais suivi car il était désespéré, désespéré par et de ce sentiment qu'il n'était jamais vraiment en mesure de saisir. Il ne savait plus vraiment quoi faire, il ne savait plus vraiment qui être et Luya... Oh eh bien. Luya était tout et rien à la fois, il voulait l'entraîner dans un coin du bar, là où les regards se faisaient rares pour... pour l'embrasser tout simplement, sentir un corps, ce corps pressé contre le sien, un peu de chaleur humaine alors que ces mains-là passeraient sur la peau de son cou, de ses épaules. Il voulait brûler parce qu'on le touchait, brûler sous chacune des caresses et des baisers, brûler jusqu'à ce que la douleur vienne se mêler au plaisir, qu'il voit des traces rouges sur sa peau et qu'il se consume totalement pour disparaître, pour ne laisser qu'un tas de cendres entre dans les bras de Luya. Oui, les bras de Luya, il se voyait mourir là bas à présent, drôle d'idée ou même de perspective quand on savait qu'il venait juste de rencontrer l'autre homme.

You can't lose yourself into the arms of any stranger Scott. You can't give your heart like this again, you can't. He won't comfort you. Look. He's as damaged as you, just look, the way he holds his glass, the way he looks at you. He might want you for your pretty mouth and your smile but your heart, your heart he won't even look at it.

Luya lui offrit un sourire et il chassa ses doutes par la même occasion. Tout allait bien, la nuit était encore en train de s'étirer et du moment que la lune était encore dans le ciel pour le protéger, Scott était certain que tout allait bien. "Ravi d'entendre ça... On y va?" À ces mots, Scott se redressa quelques peu, cessant de s'appuyer contre le comptoir. La logique aurait voulu qu'il prévienne ses amis, qu'il leur dise qu'il n'avait pas vraiment apprécié la soirée et qu'il avait trouvé une meilleure distraction et que de toute façon, Luya allait le sauver de tout ça, de toute cette misère et de ce désespoir. Mais non... Scott oubliait tout le reste et concentra son attention sur le jeune homme, attendant que Luya finisse son verre et qu'il se lève. Il le suivit, le guidant presque vers la sortie du bar avec une lenteur quasi affolante. Et si le visage de Scott ne trahissait absolument rien, il n'en menait pas large, son coeur battait à tout rompre dans sa poitrine et il sentait qu'il avait les mains moites. Nerveux? Oui, cela faisait bien longtemps qu'il ne s'était pas livré à ce genre de jeu et encore, il ne savait pas, il ne savait pas jusqu'où Luya était prêt à aller. Scott lui n'avait absolument aucune limite, aucune retenue, son corps ne lui appartenait même plus ce soir, à la minute où Luya avait accepté ce premier verre, il avait acheté aussi simplement que ça le corps de Scott, il pouvait l'embrasser, le marquer, le repousser, le blond ne s'offusquerait pas, il avait laissé Luya faire en toute connaissance de cause.

Il respira une grand goulée d'air frais alors qu'ils se retrouvaient dehors, la musique et les rires en provenance du bar un léger écho à présent. Tout semblait plus réel à présent et Scott avait une main qui tremblait alors qu'il se tournait vers Luya, pliant légèrement les genoux de façon quasiment automatique pour pouvoir plonger ses yeux dans ceux de Luya. "Hmm... Comment est-ce que tu es venu ici? J'ai une voiture, je pourrais conduire... Je veux dire j'ai déjà conduit dans un pire état que celui-ci, mais ce serait un peu risqué, faisable mais risqué." Scott haussa les épaules, prétendant ne pas vraiment être affecté par tout ceci alors que dans le fond, il avait encore envie d'entendre la voix de Luya. Luya. Un prénom qu'il n'oublierait pas, même si ce n'était qu'une affaire d'une nuit, il n'oublierait pas. "Et puis de toute façon, tout me va du moment que tu me raccompagne sur le pas de ma porte." dit simplement Scott, un léger sourire sur les lèvres. "Tu as promis après tout... Luya." Il faisait exprès, d'avoir une raison de prononcer son prénom. Aurait-il le droit de le gémir? De le crier? De le murmurer entre deux respirations saccadées alors que ses doigts glisseraient sur les draps et son corps contre celui de Luya? Absolument aucun moyen de le savoir, il ne contrôlait pas la situation là.

C'était Luya et personne d'autre.
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MessageSujet: Re: You know that I could use somebody...    Ven 8 Nov - 23:14

Le hasard faisait grandement bien les choses. Luya n’avait rien inventé, ce n’était même pas lui qui était à l’origine de ce dicton banale qui devait être répété des milliers de fois par jour à travers le monde, mais il n’en était pas moins vrai. Le hasard avait donc décidé de se charger de ces deux âmes-là, de les unir dans ce bar, près de ce comptoir. Peut-être même était-ce lui qui avait voulu que la lumière soit tamisée de la sorte ou que Luya ait déjà bu quelques verres de whiksy avant que le grand blond ne vienne lui adresser la parole. Était-ce encore le hasard qui avait voulu que le veilleur de nuit soit à ce point... réceptif aux avances de l’inconnu ? Car en temps normal, la moindre conversation aurait été un véritable supplice. Le hasard ne parlait pas, il ne proposait rien, ne demandait jamais la permission. Il agissait simplement, froidement, jouant avec l’humanité comme s’il s’agissait de pantins aux fils tellement fragiles qu’il les tranchait parfois sans aucune hésitation pour rendre tous ces corps à la nature, les soumettre à une autre force. Quelqu’un d’autre, voilà. Que quelqu’un d’autre se charge des corps sans vie, le hasard s’occupait des âmes en perdition, des esprits tourmentés en quête d’une petite lueur d’espoir ou au contraire de la nuit éternelle. Et qui sur cette planète ne pouvait pas y croire ? Qui refusait de dire que le hasard y était souvent pour quelque chose ? Ils étaient rares ceux qui n’acceptaient pas l’évidence. Le hasard existait, naturellement, il était partout. Une rencontre inattendue, des chemins qui se croisent, comme ça. Par hasard. Et si tout simplement ce hasard avait un autre nom ? Si on l’avait appelé différemment ? Si on lui avait choisi un autre patronyme, un petit surnom sélectionné... au hasard, justement. Peut-être aurait-il pu s’appeler Dieu. Si dans l’esprit du plus athée des hommes, on remplaçait ce "hasard" par Dieu, alors que se passait-il vraiment ? Se mettrait-il à prier, genoux à terre, bras tendus vers le ciel ? À quoi bon supplier le hasard, il faisait toujours très bien les choses.

Oui mais Luya croyait et il avait parlé au hasard à maintes reprises. Il avait prié pour que ce dernier ne décide pas de l’envoyer en enfer, qu’il épargne sa misérable vie en échange de quoi il voulait bien se montrer exemplaire pour que son âme reste toujours pure et qu’il soit ainsi épargné. Mais épargné de quoi au juste ? De Scott ? Du bonheur sans doute. Peut-être était-ce cela que Luya craignait profondément. Ce doit être effrayant quand on n’y a jamais gouté n’est-ce pas ? Inquiétant de se dire qu’il est possible de sourire sans raison, de voir défiler des paysages ternes en ne s’attardant que sur les couleurs vives, les plus belles, celles qui rayonnent. S’émerveiller à chaque instant, ne plus avoir besoin de la moindre richesse pour vivre le coeur léger. Un éclat de rire partagé, un regard, un sourire. Comme celui de Scott. S’il pouvait enfermé ce sourire quelque part dans sa tête, Luya l’aurait sans doute fait volontiers. Le dernier regard, ces deux yeux bleus à jamais enfermés dans sa mémoire. Le dernier souvenir de Luya serait avec cet homme. Le hasard en avait décidé ainsi. Et Scott reprendrait sa route ensuite, comme si de rien n’était, seule preuve encore vivante que Luya avait été réel à travers les quelques marques qu’il aurait laissé sur sa peau avant de partir, les baisers qu’il aurait déposé, les gémissements prononcés en son nom.

You’ll wake up someday and I’ll be gone. You’ll open your eyes and I won’t even be there anymore. Just know that I’ll be gone for good. I was born to vanish into a memory, a distant memory. I was born to vanish into thin air and wake up as a ghost. And if you ever think about me, just remember that I’m safe, somewhere in the dead of night, wandering around the world. I won’t ever be seen again, I won’t even have to talk. No words, not even a heartbeat. Just a ghost. A distant memory. I can haunt you every night if you like...

Et puisque Scott semblait vouloir mourir dans les bras de Luya, alors ils seraient deux à périr cette nuit-là.

Luya se leva, encouragé par les paroles de Scott qui lui emboitait le pas. Tous deux à présent sortis du bar, le bruit ne viendrait plus perturbé leur discussion, et déjà Scott se penchait doucement vers Luya pour lui demander comment il était arrivé ici et par quel moyen il souhaitait repartir. Le veilleur de nuit n’en savait rien. Sa voiture était garée quelque part dans les parages mais il n’était pas question pour lui de reprendre la route dans cet état. Il tenait encore sur ses deux jambes et il était capable de formuler une phrase correcte, mais pour combien de temps encore exactement ? Il s’était déjà perdu au point de laisser l’alcool le convaincre qu’il pouvait repartir avec un inconnu, on ne pouvait plus vraiment se permettre de dire qu’il était fidèle à lui-même. Il baissa les yeux lorsque Scott lui rappela la promesse qu’il avait faite avant de quitter le bar, l’air un peu perdu et le coeur battant à tout rompre. Après tout il n’était pas habitué à ce genre de choses et encore moins adepte de ce type de rencontres. Plus il était seul et mieux il se portait. Ce n’était pas par misanthropie, bien au contraire. Mais il était persuadé au final qu’il ne valait pas la peine, qu’il était tellement peu intéressant qu’il devait rester dans son coin, observer le monde sans que le monde ne le remarque. Ne s’attacher à personne pour être certain qu’on ne pourrait pas l’aimer en retour et ainsi ne jamais être à l’origine du malheur des autres une fois le moment venu...

Cependant, Luya ne rougissait plus. Ses joues gardaient leur pâleur habituelle, cette couleur diaphane qui contrastait parfois avec les teints halés qui hantaient la cité des anges. Cette légère nuance de rose ne venait plus colorer ses pommettes puisqu’il n’avait plus aucune raison d’affronter la nuit noire avec la peur au ventre et le visage marqué par la timidité. Hors de question de partir sans s’être montré digne, sans avoir été au moins une fois cet autre qu’il avait voulu être s’il avait pu choisir. Il profitait de sa dernière nuit pour porter ce masque, ce même masque qu’il avait tenté de s’approprier des années durant en espérant qu’il devienne réel, que celui-ci imprègne sa chair le plus profondément possible. Devenir froid comme la glace, rester pâle comme la mort.

Luya était sur le point de répondre qu’il ne savait pas, qu’il n’avait aucune idée de la façon dont ils pourraient se rendre chez Scott quand l’ombre d’un taxi se profila à quelques mètres. Sans un mot, Luya fit signe au véhicule de s’arrêter à leur portée, et sans rien dire de plus, le veilleur de nuit glissa sur la banquette arrière pour aller s’asseoir, patientant sagement pendant que Scott se chargeait de donner l’adresse où ils devaient être déposés. Quelques minutes s’écoulèrent dans le taxi sans que Luya n’ouvre la bouche une fois de plus, ou seulement pour s’adresser à l’infirmier si toutefois ce dernier le questionnait ou faisait quelques remarques. Il était perdu, égaré, à l’abandon, et plutôt que d’évoquer ses angoisses et la peur qui lui nouait naturellement les entrailles, il préférait rester muet. Si Luya avait seulement su parler, il aurait pu ainsi éviter de subir ses propres décisions, spectateur impuissant de sa vie qu’il ne choisissait pas vraiment dans le fond, puisqu'il se l’imposait plus qu'autre chose. S’il avait osé être lui-même ne serait-ce qu’un instant au cours de sa misérable existence, il aurait dit à Scott. Il lui aurait tout raconté. Mais le hasard avait voulu que Luya soit amputé de la parole et c’était sans doute mieux ainsi.

Le jeune homme ne savait même plus l’heure qu’il était exactement ni à quel endroit de la ville ils se trouvaient à présent. Au moins il connaissait le prénom de l’autre homme. Et puis ils étaient arrivés maintenant, tous deux sur le pas de la porte de l’appartement du grand blond. Luya avait tenu sa promesse et regardait Scott droit dans les yeux. Peut-être aurait-il pu hausser les épaules l’air gêné avant de faire remarquer qu’il avait honoré ses propos, qu’il pouvait donc se permettre de disparaitre ? Mais l’alcool et le hasard lui dictaient les choses autrement. Se hissant légèrement sur la pointe des pieds, il saisit le col de Scott avant que ce dernier ait eu le temps de dire quoi que ce soit, et alors qu’il empoignait ainsi sa chemise, il l’incita à se pencher vers lui pour que leurs lèvres se rencontrent. Assez discuté, il était temps de passer aux choses sérieuses et Luya avait envie de s’abandonner ici, se perdre encore un peu davantage mais auprès de Scott, dans ce corps-là. Partir un instant, ne plus être celui qu’il avait toujours été, se soustraire à la barrière de chair qui l’encerclait depuis sa naissance. Et la langue de Scott contre la sienne avait un goût légèrement sucré, un nectar divin dont il aurait pu se rassasier sans effort. Premier baiser, précieux souvenir. Premier baiser avant le dernier souffle. Quelle étrange coïncidence. Mais après tout, le hasard faisait souvent très bien les choses...

« Open the door. »

Spoiler:
 
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MessageSujet: Re: You know that I could use somebody...    Lun 25 Nov - 0:09

Scott réalisa à quel point tout ceci était réel, quand il grimpa dans le taxis à la suite de Luya. Alors voilà, c'était aussi simple que cela, sans vraiment y réfléchir à deux fois, il allait se donner à un autre. Tout ça parce qu'il était faible, tout ça parce qu'il en avait assez d'avoir trop froid la nuit et que n'importe quoi, n'importe qui ferait l'affaire du moment qu'en partant, cet étranger réchauffait ses draps et ne l'obligeait pas à passer une autre nuit en solitaire... pas une autre nuit seul avec lui-même, pas une autre nuit passée en compagnie de sa pauvre âme décharnée qui jouait les médecins de fortune pour son coeur qui n'en pouvait plus de battre et qui allait bientôt renoncer. À quoi bon? Disait-il à Scott? À quoi bon? Pourquoi s'acharner, pourquoi jouer à l'idiot et faire semblant d'être prêt à aimer. Scott n'avait jamais été prêt et il ne le serait probablement jamais. N'était-ce pas pour cette raison, que quelques années auparavant, il avait abandonné lâchement Stefan, alors qu'il aurait pu aisément faire voir à l'autre homme qu'ils avaient quelque chose. Pas forcément quelque chose de sain mais quelque chose de réel et qui malgré leur différence arrivait tout de même à avancer. Mais non, il avait dit non, il avait mis fin à leur histoire sans une once de regret et il n'y pensait que très rarement. Et Maxine alors? Qu'est-ce que c'était? Une simple erreur de parcours? Un accident? Il l'avait véritablement aimée, de tout son être et il aurait voulu que les choses fonctionnent, il aurait voulu avoir ce petit truc, ce petit truc qui lui mettait toujours le sourire aux lèvres et qui l'extirpait de son lit, pantelant, tout simplement parce qu'il avait besoin de l'avoir. Mais non, et pendant des semaines, des semaines avant le russe, le blond avait cherché. Un autre homme qui le comprendrait, il était tombé sur des propositions plus qu'indécentes et dépité, Scott avait laissé un homme beaucoup plus âgé le ramener chez lui, lui faire l'amour sur un canapé étranger, juste là, alors que Scott pouvait voir les photos de la famille de l'homme qui s'immisçait en lui, lui et sa famille heureuse et avec ses enfants. Il n'en parlait jamais vraiment à personne mais lui aussi il était tombé bien bas et là tout de suite, là dans la voiture à côté de Luya, alors qu'il donnait son adresse, il avait l'impression d'avoir fait un énorme bond en arrière.

La magie ou peu importe, cette sorte d'électricité qu'il y avait eu dans le bar semblait s'être envolée et Scott faisait de son mieux pour se concentrer sur sa respiration dans l'habitacle. Il aurait voulu que Luya lui dise quelque chose de doux et de passionné même, qu'il attrape la main de Scott et qu'il serre sa paume dans la sienne, qu'il mente... Oui qu'il mente et qu'il fasse croire à Scott que là, tout de suite, c'était lui la chose la plus importante du monde et personne d'autre. Le plus beaux et le plus affreux des mensonges car Scott connaissait la vérité et il savait très bien où étaient ses fissures et où étaient ses faiblesses. Mais tant pis. Il méritait qu'on lui mente, qu'on lui fasse croire qu'il était absolument magnifique, que Luya le voulait lui et personne d'autre. Scott tourna son regard vers la fenêtre pendant tout le reste du trajet, ravalant sa honte et retenant les larmes. Il refusait de voir où il était à présent, il ne se reconnaissait plus, il pensait avoir conclu cette période de sa vie depuis un bon moment, il avait eu tort. Il n'avait fait que mettre un bandage sur une plaie béante et il avait espéré que plus personne ne lui donne un coup à cet endroit là. But right now, he was on his knees and he was bleeding, nothing more than that, pure and simple. All he needed was a hand to help him up, one single hand. Something warm and welcoming to hold on to.

Scott sursauta légèrement alors que la voiture se gara devant son immeuble, il paya le taxi et toujours aussi silencieux, il guida Luya jusqu'à la porte de son appartement. Son coeur battait à tout rompre dans sa poitrine et le blond aurait volontiers voulu le faire taire mais non... Indécis, il fixa Luya un instant et il amorça un mouvement pour sortir ses clés de la poche arrière de son pantalon. Il ne s'attendait pas à ce que les mains de Luya trouvent le col de sa chemise et encore moins à ce que l'autre pose ses lèvres sur les siennes. Scott fut sonné, pas parce qu'il n'avait pas l'habitude qu'on l'embrasse mais bien par la texture des lèvres de Luya, car elles étaient nouvelles. Il ne les connaissait pas, tout comme cette langue, là, tout était nouveau, délicieux et interdit. Sans s'en rendre compte, il répondait déjà au baiser, faisant de son mieux pour garder ses bras le long de son corps à lui. Non, Luya ne lui avait pas encore donner la permission de le toucher lui. Il fut contraint de s'écarter tout aussi brusquement qu'au début et Scott dut regarder plusieurs fois les lèvres de Luya pour être certain que l'autre homme s'était adressé à lui. "I..." Scott eut un moment d'hésitation, un bref instant durant lequel il pouvait voir le visage de Maximilian se dessiner sur celui de Luya, l'illusion ne dura quelques secondes cependant et Scott regarda son souvenir se briser en fumée, le souffle coupé, ses mains tremblantes trouvant ses clés. Il ouvrit rapidement la porte, se maudissant, et comme pour se prouver à lui même qu'il voulait tout ceci que ça n'avait plus la moindre importance de savoir qui allait avoir son corps ou pas, il commença à défaire les boutons de sa chemise, tournant le dos à Luya, il ne s'arrêta pas là non, il ne fut content que lorsque le vêtement se retrouva sur le sol. "The bedroom is this way." annonça t-il simplement, sans aucun regard vers Luya avant d'avancer. Il espérait bien que le jeune homme le suive car il n'avait pas l'intention de se répéter. Scott alluma la lumière et il préféra se concentrer sur ses chaussures et ses chaussettes qui subirent le même sort que sa chemise, plutôt que de se concentrer sur le lit. Cela lui semblait même complètement suréel, surtout quand il tourna enfin la tête pour voir Luya qui se tenait dans l'embrasure de la porte. "I... I'll be right back with... everything we need... I... don't go." lança Scott, la gorge sèche avant de disparaître une nouvelle fois dans la salle de bain.

Est-ce qu'il avait encore... Oui, presque déçu et dégoûté de lui-même, il constata qu'il avait encore des préservatifs et même du lubrifiant. Il s'arrêta un instant, agrippant les rebords de l'évier, faisant face à son propre reflet. Il n'avait même pas l'air changé, il était le même qu'il y a six mois et probablement le même que pour les six prochains mois à venir. Pourtant, il se voyait changé, il se sentait vidé, brisé, il y avait toujours cette voix qui lui murmurait que tout ceci n'était pas la solution, qu'il devait attendre, un peu plus, se donner le temps de guérir, se donner le temps d'oublier, d'oublier Maximilian. Non. Il avait déjà pris sa décision. Aussi Scott prit une profonde inspiration et il retourna sur ses pas, trouvant Luya dans sa chambre. Il avait dû s'éclipser pendant environ deux minutes, pas plus et sans réfléchir une seconde de plus, Scott lança les préservatifs et la bouteille de lubrifiant sur le matelas et, il se planta devant Luya et il plia les genoux pour pouvoir s'asseoir sur le lit, l'autre homme enfin plus grand que lui. Sans demander, les doigts de Scott se refermèrent sur la ceinture du brun et il le tira vers lui, ses yeux dans ceux de Luya, son visage levé vers ce dernier, un air de quasi adoration sur son visage. Il le regardait presque avec amour, presque comme un amant le jour de sa nuit de noce, près à passer l'éternité avec Luya. Oh but if Luya wanted to spend an eternity right inside of him, he would have been fine with that, it would have been perfect."How do you want me...?" demanda Scott alors qu'il venait de défaire l'ouverture du pantalon de Luya, il ponctua sa question alors qu'une de ses mains s'immisçait déjà dans les sous vêtements du brun, refermant sa paume sur le membre de l'autre homme, un sourcil dressé. "On my knees so I can suck you off or... You just want to fuck me. It's fine too. It's perfectly fine."

Scott se lécha les lèvres alors qu'il finissait sa phrase, son poignet ayant déjà amorcé ce mouvement si caractéristique sur toute la longueur de Luya, la bouche du blond entre-ouverte, le désir lui coupant le souffle, surtout en sentant tout ce que Luya avait à offrir. God, he was so big, he was going to break him. En poussant un léger gémissement, Scott retira sa main et se laissa retomber sur le lit, écartant les jambes et se défaisant dans un mouvement fluide du reste de ses vêtements, se retrouvant complètement nu sur le lit. "Or you can just fuck me." répéta t-il. "You can fuck me Luya, it's okay." murmura Scott, presque comme un secret, comme s'il savait déjà qu'ils allaient partager quelque chose de merveilleux et d'interdit.
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MessageSujet: Re: You know that I could use somebody...    Mer 18 Déc - 0:57

N’ouvre pas cette porte Scott, ne le laisse pas entrer ici. Ne le laisse pas empiéter sur tes terres, surtout pas. Il va pénétrer ta demeure et la hanter pendant des nuits entières, il ne va plus te quitter, il va empoisonner chacune de tes pensées et l’oxygène te paraitra létale. Il n’est là que pour cela Scott, vraiment, se donner l’impression qu’il existe, qu’il a vécu. C’est tout ce que Luya recherche véritablement. Te posséder de la manière la plus abjecte qui soit, te réduire à l’ombre de toi-même, simplement pour être certain que tu lui appartiens, que ce moment lui appartient et qu’il ne partira pas en vain. Il ne veut rien d’autre, il ne demande pas grand chose à part la certitude de ne pas être oublié. Car quoi de plus atroce vraiment ? Quoi de plus infernal que de songer à son départ en se disant qu’il n’y aura plus personne par la suite, pas une seule âme sur sept milliards qui ne murmurera son prénom avec tristesse et désespoir. Sa mère sans doute, et encore. Elle finirait par ne plus parler, par se murer dans son silence, emprisonner les quelques souvenirs de son fils dans un coin de sa tête pour faire croire qu’il n’a jamais vu le jour et tenter de rendre l’affreuse vérité un peu moins douloureuse. Il ne voulait pas de tendresse, pas de pitié, pas de caresses susceptibles d’atteindre son coeur, son pauvre coeur bâtant qu’il avait barricadé quelque part au fond de sa poitrine pour que personne ne puisse l’atteindre, jamais. Se couper des autres et du reste du monde, paraitre froid et méfiant, froncer les sourcils et marcher tête baissée en ne faisant attention à rien d’autre qu’à ses pieds, se barricader au sommet d’une tour imaginaire pour préparer son départ, voilà tout ce qu'il voulait. Luya passait les trois quarts de son temps à tenter de se persuader qu’on ne pouvait pas lui faire de mal, qu’il pouvait résister à tout grâce aux barrières qu’il avait érigé tout autour de lui. Mais il s’était tellement exclu, ce geôlier retenu dans sa propre cellule, qu’il avait oublié à quel point il avait besoin des autres. Juste un contact, le fait de pouvoir parler, de croiser le regard d’un autre, gouter ses lèvres. Peut-être était-ce pour cette raison qu’il avait fini par céder, quelques mois auparavant, fourrant quelques billets verts dans la poche de son pull avant de disparaitre dans les ruelles sombres de la cité des anges. Simplement pour toucher quelqu’un d’autre, pour savoir quelles sensations cela pouvait bien procurer. Il n’y avait pas trouvé son compte, non, bien loin de là, et il avait décidé que c’était sans doute ainsi, qu’il n’était pas fait pour cela. Pour tout ceci. La vie.

Pourtant il était arrivé dans ce bar, il était monté dans ce taxi et il était maintenant sur le point de rentrer dans l’appartement de Scott. Il avait fait tout ce chemin en se disant peut-être que cette fois-ci... Non, personne ne serait capable de lui faire baisser sa garde et de détruire les murs qui l’entouraient. Il ne voulait tout simplement pas se montrer faible et être comme la plupart des gens. Il ne pouvait pas se le permettre et il ne pourrait de toute manière jamais se le pardonner. Luya avait embrassé l’autre homme comme s’il cherchait à lui dire tout ceci. I’m gonna die you see, I’ll probably vanish during the night. I just want to know what it’s like to feel alive, just this once, and then I’ll be gone for good. I promise. Le jeune homme était maladroit, ne sachant pas quoi faire de ses mains tandis que leurs langues se rencontraient. Et puis d’ailleurs, combien de temps est-ce qu’il fallait que ce petit jeu dure ? Y’avait-il des codes, des règles à respecter ? Luya n’avait jamais posé ses lèvres sur celles de quelqu’un d’autre avant ce moment fatidique, et sans doute ses joues se mirent-elles à rougir sans même qu’il s’en aperçoive ; et même s’il s’en était rendu compte, il aurait mis cela sur le compte de l’alcool ou de la chaleur. Car il faisait chaud soudainement, pas vrai ? Scott se détacha de lui et l’observa un instant avant d’ouvrir enfin la porte. Luya hésitait encore et son coeur lui faisait enfin comprendre que cette situation était loin d’être habituelle. Il n’y avait rien de normal dans ce qu’ils étaient en train de faire. He’s not a man, he’s not. We’re not kissing. We’re not... No, this is not happening. Two men together... No. It’s a sin. It’s a sin Luya, just go, you can’t do that, you’ll rot in Hell for this. Mais Luya n’y songeait déjà plus, observant Scott qui défaisait les boutons de sa chemise pour laisser tomber le vêtement sur le sol. Dieu, il n’avait jamais autant eu envie de quelque chose dans sa vie. Ce corps, il voulait simplement se rapprocher de lui pour laisser courir ses mains à tous les endroits qu’il pouvait atteindre. Oh il s’imaginait parfaitement blotti contre Scott, ses bras enroulés autour de lui tandis qu’il jouait avec ses cheveux, sa tête cachée dans son cou pour sentir son parfum. Mais il ne fallait pas, bien vrai ? Il n’avait pas la permission de songer à tout ceci, on lui avait interdit de croire que c’était possible d’être heureux ainsi. Deux hommes, ça n’avait pas lui d’être, ça ne pouvait pas exister. Alors Luya tentait de se faire une raison tandis qu’il suivait Scott jusque dans la chambre, et il n’ajouta pas un mot tandis que le trentenaire s’absentait quelques instants pour aller chercher tout ce dont ils avaient besoin. De quoi parlait-il au juste ? Luya n’en n’avait pas la moindre idée. Il ne savait pas comment fonctionnait ces choses-là et à vrai dire, si il avait écouté un peu plus son coeur plutôt que cette idée stupide qu’il s’était mis dans le crâne en poussant la porte de ce bar quelques heures auparavant, il aurait fait demi-tour immédiatement. Il serait reparti comme il était venu, ou peut-être qu’il se serait attardé une minute supplémentaire pour parler à Scott, pour lui dire qu’il était désolé, que ce n’était pas lui, qu’il n’était pas du tout comme ça, mais qu’il avait trop peur, trop peur qu’on ne le remarque jamais, que personne ne fasse attention à lui, qu’il passe inaperçu jusqu’à la fin de sa vie, qu’on ne prenne pas même le temps de s’attarder sur lui, sur ce qu’il était véritablement. Mais franchement, qui voulait savoir une telle chose au fond ? Il aurait juste l’air désespéré et Scott aurait sûrement rit en le voyant si peu sûr de lui. Peut-être même qu’il l'aurait mis dehors sans plus attendre, car à quoi bon perdre son temps avec Luya hein ? Il n’était pas utile au fond, il ne servait pas à grand chose. Alors par peur de ne plus avoir la chance de se retrouver dans une situation comme celle-ci, Luya avait ravalé ses larmes, déglutissant une ultime fois pour enfouir la vérité au plus profond de ses entrailles. Si on voulait le percer à jour, alors il faudrait la lame aiguisée d’un couteau pour ouvrir sa poitrine et pour venir chercher son coeur. Lui-même avait déjà tenté de le faire une fois, mais en vain, comme s’il n’avait pas trouvé l’organe, que le battement qu’il entendait au creux de ses oreilles n’existait finalement pas. C’était un leurre, un doux mensonge pour le bercer et pour lui faire croire qu’il avait sa place ici. Mais non, l’organe n’était pas là, il ne battait plus. Luya était déjà mort depuis longtemps, depuis qu’il s’était rendu compte qu’il ne pourrait jamais vivre comme les autres.

Scott fut rapidement de retour et Luya se rendit alors compte qu’il avait passé les dernières secondes à se triturer les doigts, exactement comme il faisait lorsqu’il était anxieux et qu’il passait les prochaines minutes à ranger la moindre chose qui se trouvait à sa portée. Cette fois-ci, il n’était pourtant pas dans sa chambre, et de surcroit, il n’était pas tout seul ; impossible donc de se concentrer sur une quelconque tâche pour tenter de retrouver un peu d’assurance. Il cessa de montrer des signes de faiblesse avant que Scott puisse remarquer quoi que ce soit et se tournant vers le blond, il ne s’attendait pas à ce que ce dernier saisisse la boucle de sa ceinture aussi rapidement pour le tirer vers lui. Luya n’était pas prêt, il ne l’était vraiment pas. Non, tout ceci allait trop vite. Ça ne devait pas se passer comme ça, pas comme la première fois ; ou plutôt la dernière. Son coeur ne battait pas plus vite puisque c’était de toute manière impossible, mais il tambourinait plus douloureusement, son rythme démesuré prouvant à Luya qu’il était en pleine agonie et que son corps était en train d’appeler au secours. Don’t do this, this is not you, you’re not like that... Les mains de Scott ne tremblaient pas tandis qu’il se chargeait d’ouvrir le pantalon de Luya pour venir les glisser là, juste là, dans ses sous-vêtements. Son coeur continuait de lui dire de s’enfuir mais tout le reste de son être était immobile, soumis au mouvement que la main de Scott exerçait sur la partie sensible de son anatomie qu’il n’avait encore jamais osé toucher lorsqu'il se retrouvait seul. Il ne comprenait pas un mot de ce que Scott lui demandait, il ne savait pas ce qu’il devait répondre. Luya savait seulement qu’il ne devait pas ciller, qu’il ne devait pas tomber le masque, qu’il devait continuer de faire croire qu’il était habitué à ce genre de chose, que c’était monnaie courante après tout. Il fallait qu’il prétende être à l’aise avec son corps, cette chose disgracieuse qui servait d’enveloppe aux sombres pensées qui l’habitaient.

Il observait le blond, hypnotisé par ses lèvres, sa langue, ses mots... Il ne réalisait plus vraiment ce qui était sur le point de se produire, se sentant irrémédiablement animé par des choses qu’il ne connaissait pas, le poignet de Scott provoquant une réaction qu’il ne pouvait pas maitriser. Oh, il sentait bien que l’espace se faisait de plus en plus rare dans son vêtement et c’était tellement enivrant que sa tête bascula un instant vers l’arrière, sa respiration devenue plus profonde et surtout bien plus bruyante. Il ne parlait pas, mais chacune de ses expirations en disait long et Scott comprendrait parfaitement le message. Le blond se laissa ensuite retomber sur le lit avant de se défaire du reste de ses vêtements, complètement nu sous les yeux innocents de Luya qui ne pensait pas être digne de pouvoir assister à un tel spectacle. Il n’avait même pas eu besoin de faire quoi que ce soit, Scott s’offrait à lui, l’incitant à faire comme cela l’arrangeait.

Mais Luya ne savait pas. Il n’avait pas d’expérience, à part celle des bordels - et encore, le terme semblait bien trop mélioratif face à la triste réalité. Ses yeux parcouraient le corps de Scott sans jamais se lasser de l’observer ainsi, et ne perdant pas plus de temps, il se rapprocha du lit avant de baisser son pantalon et son boxer pour ensuite se glisser entre les jambes du beau blond, son propre corps à présent collé contre celui de l’autre homme. Que devait-il faire ensuite exactement ? Existait-il un protocole ? Ou fallait-il qu’il rentre dans Scott purement et simplement ? Luya savait qu’il avait le droit, il pouvait faire cela puisque Scott venait de lui donner la permission. Mais comment faire exactement ? Leurs regards se croisèrent un instant, et trop honteux de ne pas être capable de poser les questions qui le hantaient ou réalisant à quel point il était déjà coupable, ses lèvres vinrent se poser dans le cou de Scott. Il sentait bon, trop bon même. Luya se serait bien abandonné juste ici pour le restant de ses jours, mais il ne le fallait pas non, il devait reprendre la route d’ici peu et trouver un endroit où il pourrait s’allonger et ne plus penser. Ses baisers étaient maladroits, et après avoir pris une profonde inspiration, il se sentit assez courageux pour se redresser, se tenant au-dessus du corps de Scott, à moitié nu, son désir bien visible à présent. « Can you turn around then ? » Il ne voulait pas que Scott le voit, il ne voulait pas qu’il assiste à cette scène. Comme s’il n’était déjà plus là au final. Have you ever been fucked by a ghost before ? Because that’s exactly what it’s going to be like. You won’t be able to see my face, you’ll only feel me. And when I’m gone, you’ll be asking yourself if this ever happened, if it was actually real or if it was just a dream.

Luya n’avait même pas ôté sa chemise mais il attendait patiemment que Scott se mette dans la position qu’il lui avait demandé, persuadé que les choses devaient se passer ainsi. Et puis après tout, il était simplement là pour ça, rien de plus. Il ne servait à rien d’autre à part à combler le blond pendant quelques minutes et puis il disparaitrait à nouveau. A moins qu’il ne meurt là, juste entre ses cuisses...
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MessageSujet: Re: You know that I could use somebody...    Lun 30 Déc - 22:11

Le regard de Luya allait probablement tuer le blond. Juste là, allongé sur son lit, contre ses draps qu’il connaissait par cœur, juste là, chez lui, Luya, ce parfait inconnu, allait avoir raison de lui. Scott n’était rien, absolument rien et il se sentait tellement faible, tellement affreux, tellement disgracieux, les sourires se faisaient de plus en plus rare, une honte selon sa mère qui disait toujours que c’était son plus bel atout. Mais il n’avait plus personne pour qui sourire et il n’avait qu’à se laisser mourir à présent. Se laisser mourir et laisser tomber la peine, laisser tomber la douleur car il n’avait pas à endurer tout ça. Personne n’aurait dû endurer tout ça, personne, pas lui, ni même Luya... Personne. Et Luya... Voilà des semaines que plus personne n’avait posé ses yeux sur sa peau nu, une éternité même que plus personne ne l’avait vu comme ça, aussi vulnérable et tellement... tellement à vif, tellement sur les nerfs, il sentait tout, absolument tout et les mots qu’il venait juste de murmurer juste pour Luya, il avait l’impression de les avoir hurlé, qu’il venait de déchirer les tympans de Luya et que ce dernier repartirait d’ici complètement sourd. Sourd à cause du désir et du désespoir de Scott qu’il avait enfin osé dire, qu’il avait enfin osé murmurer, crier, exulter. Et Luya ne devait pas lui en vouloir, non il ne pouvait pas lui en vouloir, pas après avoir posé ses yeux sur Scott de cette manière là. Scott se sentait tellement bien sous ce regard, quelques secondes précieuses et il suivit les yeux de Luya alors que celui-ci découvrait les muscles et la peau saillante du blond, qu’il découvrait tout ce que ce dernier avait à lui offrir.

I’m not hiding from this, I’m not hiding anything from you. It’s impossible to do, you better take it all or have nothing. You choose.

Voilà ce que ce Scott pensait, précisément tandis que les yeux de Luya s’attardaient sur son abdomen, il poussa volontairement un profond soupir qui l’obligea à soulever sa poitrine, son diaphragme et ses épaules suivant le mouvement, laissant l’autre homme explorer un peu plus. Il aurait voulu que Luya pose ses mains aux endroits précis où se posaient ses iris, qu’il réalise que Scott avait la peau douce à ce point et que oui, il gémirait, il pousserait un soupir et il en redemanderait plus à chaque fois que Luya oserait le toucher. Il allait donner à l’autre homme une raison de vivre et une raison d’exister, lui faire croire que sans lui à l’intérieur de Scott pour le briser et pour le faire se tordre de plaisir, que sans tout ça, c’était juste impossible. Le garder près de lui, au creux de son bassin et crier son prénom à gorge déployée, le crier et le réciter presque comme une prière, faire en sorte que Luya adore son prénom pour une tout autre raison, qu’il aime son prénom car il sonnait tellement bien dans la bouche de Scott que cela en était presque divin. Il allait être parfait pour Luya et ainsi, il effacerait toute la compétition. Ce soir, il était à Luya, juste pour Luya, et Luya en perdrait la raison, il les oublierait tous, tous ses amants passés et il n’y aurait que Scott. Scott près de lui, Scott autour de lui, Scott pour l’embrasser quand il finirait par se laisser aller et souiller le corps de Scott et s’y répandre, Scott encore pour lui dire merci et pour le féliciter et Scott toujours pour se tenir près de lui et s’endormir. Et peut être que là, Scott se sentirait en vie, peut être que là, il finirait combler le trou béant qu’il avait dans la poitrine, que son cœur allait battre à la bonne allure, et que.... S’il ne se réveillait pas pantelant cette nuit-là, juste pour hurler dans son oreiller, si cela n’arrivait... Il saurait qu’il avait gagné, qu’il avait vaincu l’horreur et qu’il avait fini par déloger le drapeau que cette dernière avait planté juste au dessus de son crâne.

Le blond laissa échapper une profonde inspiration lorsque les lèvres de Luya se posèrent sur sa peau, juste là, sur son cou. Un simple contact et pourtant, Scott tourna la tête de l’autre côté, exposant son cou, laissant Luya le toucher à sa guise. Il ferma les yeux et se perdit dans les sensations alors que les baisers continuaient. Il existait enfin, il y avait quelqu’un pour le réchauffer, il y avait quelqu’un pour le toucher, il y avait quelqu’un pour le magnifier, le vénérer, l’aimer. Oui, c’était le plus beau mensonge qu’il se dirait ce soir, le plus beau et le plus grand et le plus essentiel, le mensonge qui faisait que tout ceci était beaucoup plus supportable. Luya l’aimait, Luya était à lui, et il était à Luya, c’était juste une soirée de plus et le jeune homme rentrait fatigué. Scott l’imaginait bien avoir un métier avec des tonnes de responsabilités, ce qui aurait pu expliquer son apparence, un métier haut placé, qu’il avait obtenu en travaillant dur et ce malgré les critiques des autres sur son âge. Luya s’en fichait, Luya était brillant et il réussissait, et ce matin là il avait déposé devant l’hôpital avec un sourire sur les lèvres et il avait promis à Scott de bien s’occuper de lui ce soir. Ce qu’il était en train de faire, ce qu’il faisait, juste après lui avoir demandé comment s’était passé sa journée. Juste après avoir écouté Scott se plaindre de son patron, du manque de personnel dans son service, et après avoir ri à son imitation d’un de ses patients. Et Scott avait eu tellement hâte de rentrer, pour se laisser embrasser par l’autre homme et guider dans la chambre, dans leur chambre. C’était ça leur histoire et cette simple notion et le fait qu’il ne s’agissait que d’un mensonge qu’il se racontait à lui-même suffirent à calmer son cœur.

Why do you need the truth if you’re so good at believing anything that will make you happy ? Truth is the biggest lie there is because no one can handle it.

“Can you turn around then?”

Scott ouvrit les yeux aux mots de Luya, déçu de le voir si loin de lui. Scott perdit quelques secondes, une de ses mains trouvant la chevelure du brun et il écarta une des mèches qui lui cachait le visage avant que ses doigts ne dérivent plus bas. Avec son index, il retraça la lèvre inférieure du jeune homme, tellement lentement qu’il sentit le moment précis où le rythme cardiaque de Luya s’accéléra. You are mine, se disait Scott, right now you are mine, and you can not take that away from me. Not now, not ever, you are mine, I have your body and you have mine. Scott avait tout oublié, la raison elle-même et qu’il ne s’agissait que d’un coup d’un soir, il était rongé par le chagrin et par le désespoir, et Luya ne venait pas le délivrer ou même l’ancrer dans la réalité. Non, Luya venait l’achever, il venait l’égorger et répandre son sang sur le sol, c’était le coup de grâce, la note finale. Et Scott avait l’intention de le laisser faire, de toute façon, Luya avait promis, il ne pouvait pas se défaire de lui, pas maintenant, et il aurait beau tenté de faire partir le sang de Scott, de se frotter sous des rivières d’eau chaude, il ne pourrait jamais faire partir Scott, jamais pas complètement, cela lui serait impossible. Et peut être que Scott oublierait son nom, son visage, la douceur de ses lèvres, l’amertume dans chacun de ses baisers, mais il n’oublierait pas qu’il avait encore donné une partie de lui-même, non, il n’oublierait. « You can’t just go inside yet... » La main de Scott s’éloigna des lèvres de Luya pour retomber sur le lit. Il se redressa sur ses coudes, se rapprochant encore une fois du jeune homme, à croire que soudainement, la distance lui était insupportable. « It’s been a long time since I’ve done this, and I want you, trust me I do, I just don’t want it to hurt...too much. » Le blond ressentait le besoin de se justifier, même si Luya ne se souciait que peu de son sort, si c’était vraiment son rêve, si c’était vraiment le rêve de Scott, il se devait de lui expliquer. Il ne résista pas à la tentation et déposa un baiser sur les lèvres de Luya, puis au coin de ses lèvres avant de s’éloigner et de nouveau tomber dans le lit. Scott avait chaud, terriblement chaud, il était nu mais il pouvait sentir sa respiration s’accélérer et les gouttes de transpiration se former au creux de ses reins. Il dut prendre une profonde inspiration avant que ses mains ne trouvent de nouveau la bouteille de lubrifiant, il en mit une quantité importante dans ses mains, ses mains qui trouvèrent le membre de Luya.

Il le voulait tellement que cela était sûrement visible sur chacun de ses traits. Scott le caressa jusqu’à ce qu’il soit complètement dur sous ses doigts et il attrapa facilement le préservatif, il ouvrit l’emballage avec ses dents, le jetant au loin, ses doigts s’affairant déjà à mettre le bout de latex en place. Juste la bonne taille, Scott baissa les yeux pendant de longues minutes, regardant la façon obscène avec laquelle le sexe plus que prêt de Luya était coincé par tout ce latex, il n’aurait pas dû trouver cela aussi beau, ou même enivrant, non, cela n’aurait pas dû l’exciter à ce point-là. Pas au point qu’il attrape son propre membre et qu’il se caresse longuement, de haut en bas, les yeux mi-clos, un « Luya » lui échappant, lentement, presque comme une caresse. Les mains de Scott descendirent sur son propre corps, et il saisit de nouveau la bouteille et appliqua le liquide froid sur ses doigts, se caressant tout doucement le postérieur. Il se força à garder les yeux ouverts en fixant le Luya. Il faisait tout ça, toute cette petite démonstration et il était sensuel et sexuel de cette manière pour Luya, pour que ce dernier ne l’oublie pas. Scott jouait avec lui même, titillant son entrée si étroite du bout des ongles et cela le fit trembler sur le lit. Trembler de désir et d’envie et n’y tenant plus, il pressa un de ses doigts, juste là. « Oh god... » Il dut fermer les yeux car il n’avait plus l’habitude de cette sensation, ces quelques secondes non plaisantes, avant que le plaisir à l’état pur n’arrive. Scott bougea son premier doigt lentement à l’intérieur de lui-même, le deuxième arriva rapidement ainsi que les plaintes du jeune homme. « God... I hope you like what you see Luya, because I’m getting ready for you... god. » Scott se cambra, arquant tout son corps contre ses deux doigts alors que son poignet bougeait, rapidement, le blond n’ayant pas la patience d’attendre. Son autre main trouva ses propres mèches blondes, alors qu’il rejetait la tête en arrière, haletant, le prénom de Luya, encore sur ses lèvres. Il inséra un troisième doigt, poussant un gémissement alors qu’il se sentait de moins en moins à l’étroit, alors qu’il passait à cet endroit si précis qui lui faisait voir les étoiles et l’extase. Luya irait là –bas sans aucun problème. « You’re going to feel so fucking good inside of me. » gémit Scott, se rendant à peine compte de ce qu’il se disait. God, he wanted more, he needed more. Now. Il retira ses doigts et se retourna enfin, exposant son dos à luya. Scott se mit de lui même à quatre pattes, les hanches tournées vers Luya au maximum, sa tête dans un oreiller. Il s’offrait littéralement à lui, Luya n’avait juste qu’à le prendre, il était prêt à ce qu’on le brise, à ce qu’on prenne tout de lui, absolument tout. « I need you in now Luya, please, please, please. »

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MessageSujet: Re: You know that I could use somebody...    Mer 1 Jan - 19:43

Le Diable. Voilà l’homme qu’il venait de rencontrer. Non d’ailleurs ce n’était même pas un homme, c’était une créature étrange qui provenait tout droit des profondeurs de l’enfer et qui l’avait séduit. Il l’avait charmé pour l’attirer jusqu’ici, dans son lit, entre ses cuisses, contre lui, dans son cou, sur sa peau tiède et douce, sur son torse et son abdomen parfaitement dessinés. Luya était sorti au milieu de la nuit en croyant rencontrer un ange, un ange déchu qui serait tombé du ciel pour le sauver mais c’était un leurre, un véritable mensonge. Il s’était déguisé, il avait arboré son plus beau sourire, il lui avait envoyé son plus beau représentant pour le faire tomber, lui, Luya Sparks, pour ne le réduire à rien d’autre qu’à des pensées qui n’étaient pas les siennes. En le possédant, il serait damné, il ne pourrait plus faire marche arrière et il n’y aurait plus d’issue. Il devrait se perdre à jamais dans les eaux troubles des profondeurs de la Terre, au chaud dans les reins de Scott, là, juste là, dans les flammes interdites où il allait se consumer lentement et douloureusement. Le blond lui avait demandé de le raccompagner ; évidemment qu’il n’avait pas voulu rentrer seul, c’était bien trop simple, bien trop évident. Il avait voulu emmener Luya avec lui pour en faire son plus fidèle adorateur, pour lui donner envie de revenir chaque soir, pour le hanter sans cesse et lui ôter toute raison de vivre en dehors des moments où il ne serait pas là, au creux de cet Enfer, dans les bras de Scott, sur Scott, contre lui, à ne plus être capable de dire autre chose que son prénom, ses respirations bruyantes et saccadées venant chatouiller l’oreille de l’autre homme pour venir créer ce délicieux frisson et réveiller sa peau. Cette peau douce et tiède au parfum incomparable.

Oui c’était évident, il n’y avait personne d’autre que le diable en personne qui aurait pu réussir à corrompre Luya de cette manière. Scott respirait et à chaque fois que sa cage thoracique se soulevait, Luya se perdait un peu plus encore dans ses songes, oubliant tout le reste, oubliant sa propre existence, ses croyances, les promesses qu’il avait faite par le passé, oubliant jusqu’à son propre prénom. Il n’était plus rien face à ce spectacle atrocement merveilleux, il ne pouvait qu’assister, sentant le désir parcourir son corps comme jamais auparavant, pour la première fois. Il était en train d’éclore pour Scott, pour se perdre en lui, pour qu’il le réduise à quelque chose qui n’était pas humain, qui n’était en rien comparable à Luya Sparks. Si c’était bien le diable, s’il était enfin venu le chercher après toutes ces années passées à implorer le ciel pour qu’on l’achève, pour qu’on lui donne la chance de repartir loin d’ici et de tout abandonner, alors c’était peut-être parce qu’on avait entendu ses prières au final, pas vrai ?

Luya n’osait pas le toucher à part pour embrasser son cou. Il gardait ses mains pour lui, incapable de savoir à quel endroit il voulait les mettre exactement. Et puis il avait peur, il fallait bien l’avouer. Peur de voir que l’autre homme pourrait prendre autant de plaisir avec les mains de Luya posées sur lui, aux endroits stratégiques, à la source même de son désir. Luya n’était pas encore prêt à se sentir aussi proche de quelqu’un, à le voir vibrer tout contre lui, à se sentir aussi essentiel. Il n’avait jamais été utile non, pas une seule fois dans sa vie vraiment. Et il allait l’être sans doute dans quelques instants, quand leurs deux corps ne feraient plus qu’un et qu’il allait se perdre en Scott tandis qu’il dirait son prénom, simplement pour lui rappeler qui il était. Il était bien Luya Sparks oui, plus vivant que jamais. Il venait même de naitre ici, sur les lèvres de Scott et son prénom prenait enfin tout son sens, cette prière à moitié prononcée qu’on murmurait dans l’obscurité en espérant qu’elle puisse nous sauver. Mais Luya avait finit par se détacher pour poser la question fatidique, ne souhaitant pas se noyer dans le regard de Scott. Et puis il le sentait tout au fond de lui, cette chose dans son estomac, cette sensation étrange qui le déstabilisait. Il ne fallait pas que Scott le voit ainsi, jamais. Ou si ce n’était pas lui, alors ce ne serait personne d’autre. Il mourrait ici, c’était décidé. Au même titre qu’il n’y avait qu’un seul dieu, alors il n’existait qu’un seul diable auquel il pourrait vendre son âme pour l’éternité.

La main de Scott près de son visage le fit frissonner, et le voir en train d’effectuer un geste aussi simple que de remettre une de ses mèches brunes en place déstabilisa Luya. Il voulait l’embrasser, lui demander pardon, se mettre à genoux, lui dire qu’il n’était pas parfait, qu’il allait finir par disparaitre et qu’il ne valait pas la peine. Il ne savait même plus s’il voulait qu’on se souvienne de lui ou non, il ne voulait même plus penser à quoi que ce soit. Il désirait Scott, le reste n’était que futilité, le reste n’était plus rien et n’avait plus aucune importance à ses yeux. L’index de Scott s’attarda sur la lèvre inférieure du jeune homme et il eut l’impression de périr à ce moment précis. Is this how it is supposed to feel every single time ? This hole in my chest that is finally filled with something ? Something different. I don’t know, I can’t explain. It’s warm and I can’t... I can’t breathe like I used to. God, my heart is pounding so fast I... Luya n’avait pas bougé pourtant, il se noyait dans le regard de Scott, ses propres yeux emplis d’une espèce de folie qui donnait cet éclat si particulier à ses iris ; comme s’il allait se jeter sur Scott pour le couvrir de baiser, pour frôler tout son corps avec ses lèvres, goûter les moindres recoins de son anatomie pour pouvoir lui dire ensuite qu’il n’y avait que lui, que lui pour faire cela, que lui qui avait le droit de le posséder de la sorte. Et une fois l’index de Scott disparut, Luya se mordit la lèvre, comme s’il cherchait à capturer le souvenir de ce doigt pour qu’il ne le quitte plus jamais, tandis que Scott se redressait dans le lit, affirmant que Luya ne pouvait pas encore passer aux choses sérieuses...

Le temps semblait trop long, bien trop pesant et Luya était à bout de souffle. Il voulait savoir, il voulait sentir Scott tout autour de lui et le voir vaciller, le réduire à néant grâce à ses quelques coups de rein. Mais Luya ne comprenait pas ce qu’il devait faire, ni même ce que Scott était en train de dire. Scott l’embrassa, déposant un délicat baiser au coin de ses lèvres, enivrant littéralement Luya qui ne pouvait plus penser et qui était ravi de ne plus avoir à songer à autre chose qu’à Scott. Il le regardait faire tandis que le grand blond s’armait du lubrifiant, la sensation du froid sur son désir provoquant un léger mouvement de recul et un frisson qu’il ne connaissait pas. Luya avait l’impression d’avoir chaud pour la première fois, tandis qu’il sentait tout son corps en ébullition et le sang qui se concentrait à l’endroit exact où Scott était en train de le stimuler. Il ne comprenait pas du tout ce qui était en train de lui arriver, il savait simplement qu’il voulait que cela ne s’arrête jamais. Le beau brun observait toujours l’autre homme alors qu’il ouvrait un emballage avec les dents, le laissant dérouler ce qui devait être un préservatif sur son membre, incapable de dire à quoi cela pouvait servir puisqu’ils ne pouvaient pas avoir d’enfants... Peu importait, ce n’était pas le moment de se poser des questions existentielles, si Scott voulait se protéger alors pas de souci tant qu’il pouvait savoir, tant qu’il pouvait venir se fondre en lui dans les minutes qui allaient suivre.

Il du prendre son mal en patience pendant quelques instants supplémentaires, de longues secondes au cours desquelles Luya eu encore l’impression qu’il ne survivrait pas. Scott était parti seul à la conquête du plaisir, ses doigts s’abandonnant sur son propre corps, ses yeux toujours plongés dans ceux de Luya. Le garçon ne savait pas quoi faire, le blond étant absolument magnifique ainsi positionné, à la merci de ses propres doigts. Les yeux du brun étaient rivés sur l’entrée de Scott, observant ce mouvement si particulier qu’il devrait reproduire peu de temps après, quand Scott lui laisserait la place et qu’il lui dirait qu’il était temps pour lui de venir se loger juste là. Dieu, ce que le diable était beau. If the road to hell is paved with good intentions, I’m gonna make you feel so good your fingers won’t even be enough anymore. I’m gonna make you scream my name, trust me.

Bien sûr que Luya aimait ce qu’il voyait, Scott prononçant des mots qui commençaient à le rendre fou, se cambrant sur ce lit pendant qu’il gémissait ensuite le prénom de Luya. Ce dernier n’y tenait plus, il voulait être en lui, faire bouger ses hanches de telle sorte que Scott ne puisse plus marcher sans penser à lui, sans avoir envie de le revoir et de le supplier pour qu’il revienne le combler encore et encore. Ses doigts ne suffiraient plus, rien ne serait plus jamais à la hauteur et il n’y aurait que Luya. Luya pour venir le briser chaque nuit, le laisser haletant entre ses couvertures, le reste du monde semblant alors bien trop fade et bien trop futile pour qu’il tente de trouver quelqu’un d’autre à part Luya. Le veilleur de nuit avait envie de saisir la main du trentenaire pour qu’il arrête immédiatement et qu’il puisse enfin se mettre à sa place, pour qu’il sache exactement s’il pouvait crier encore plus fort et si son plaisir serait décuplé par sa présence. Scott entendit sûrement ses pensées puisqu’il retira enfin ses doigts pour se retourner, son dos nu soumis au regard de Luya, ses hanches face à lui tandis qu’il était à quatre pattes. Il resta muet et immobile quelques secondes encore, suffisamment longtemps pour que Scott le supplie. « I need you in now Luya, please, please, please. »

Luya n’eut pas la patience d’attendre davantage, et ravi que Scott ne puisse pas le voir dans cette position, il guida son membre jusqu’à cet endroit, l’endroit précis où Scott avait mis trois de ses doigts. Il fut lent, seulement au début, pour les premiers centimètres, juste assez pour pouvoir ensuite libérer sa main et venir poser ses doigts sur les hanches de Scott, les saisissant fermement pour faire bouger l’autre homme. Non, Luya n’avait pas bougé son bassin d’un millimètre, il avait préféré faire en sorte que ce soit le blond qui se recule jusqu’à ce qu’ils ne fassent plus qu’un, jusqu’à ce que Luya ne soit totalement à l’intérieur de lui. « Oh God... », gémit-il avant de se mordre la lèvre une fois de plus, sentant tout son corps s’embraser et particulièrement ses jambes et le bout de ses pieds. Mais ce n’était pas suffisant, il le sentait, il en voulait plus. Encore davantage. Et sans même demander son avis à Scott, il se mit à bouger sans véritable rythme, sans suivre le moindre code, simplement au grès de son envie, guidé par son propre désir, ralentissant parfois quand il se sentait incapable d’aller plus loin sans s’effondrer. Il respirait bruyamment, sa main quittant parfois la hanche de Scott pour saisir une mèche de ses cheveux et la tenir fermement entre ses doigts. S’il avait pu le mordre pour laisser une trace concrète de son passage, il l’aurait fait sans aucune hésitation. Mais il était trop occupé à pousser et pousser encore à l’intérieur de l’autre homme, ne se satisfaisant jamais des sons qui parvenaient jusqu’à son oreille, cherchant la chute, la chute fatale qui les mènerait à leur perte.

Jamais Luya n’avait fait ce genre de bruit par le passé. Mais tant pis. Quitte à vendre son âme au diable, il le ferait à corps perdu et sans le moindre ménagement.
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MessageSujet: Re: You know that I could use somebody...    Jeu 16 Jan - 19:06

Scott ne réfléchissait plus.
Il ne pouvait tout simplement pas réfléchir dans un tel état. La raison l'avait quitté depuis longtemps, le bon sens l'avait abandonné et le peu de dignité qu'il avait un jour eu était partie bien loin. Où était donc passé le Scott Winston propre sur lui, toujours souriant qui s'occupait des patients de l'hôpital? L'infirmier du mois à plusieurs reprises et celui qui s'était déjà vu offrir de nombreuses promotions, au grand comble de son patron, et qu'il avait toute refusé parce qu'il adorait son métier et qu'il ne voulait rien faire d'autre. Il n'était pas là, il avait disparu, Luya avec son regard honnête et ... quelque part envoûtant, lui avait enlevé tout cela et il l'avait privé d'identité. Il n'était plus, il n'était plus rien, il n'était plus rien seul, il ne pourrait plus quitter ce lit sans penser une seule seconde à la façon dont Luya l'avait regardé, comment il avait pressé ses lèvres contre les siennes pour l'embrasser, sur quel ton il lui avait demandé de se retourner, le désire lisible sur son visage. Non, Scott ne serait plus rien d'autre que cela, juste un être fait de chair et de sang, là, beau au possible, seulement dans le but de satisfaire Luya. Il n'était là que pour ça, il n'était que ça. Au diable la misère, la solitude, le spleen en personne, il avait trouvé un nouveau penchant, il avait une nouvelle drogue, il avait une nouvelle raison de haleter, de gémir, de vivre. Maximilian l'avait tué, il lui avait donné de l'amour et de la gentillesse pour mieux pouvoir les lui voler.

Oh but run along, run away you thief, take the crown and the diamonds with you, take everything you might need, take everything that is shiny and worthy, take everything, I'll let you go when it is the time and I won't cry no. Why cry? Look... I found something new, someone new, I found gold where dust and sand used to be. I found gold and I shall lay in it, die in it, forever, without you.

Oh il aurait voulu que Maximilian soit là pour le voir, pour le contempler, pour assister à sa renaissance, pour le regarder mourir et pour le regarder vivre. Oui, là, dans cette position ô combien vulgaire et fixant l'oreiller sur lequel le russe avait pour habitude de poser sa tête, Scott se sentait en vie. Chaque cellule de son être était pleinement consciente, en mouvement, électrifiée et prête à être touchée, à ressentir, à aimer, à se délecter du plaisir et... Scott avait la respiration saccadée et le coeur lourd, son propre membre était déjà durci par son propre plaisir, il voulait Luya, il le voulait à un point que cela lui faisait presque mal physiquement de se sentir vide. Mark me, mark me, make me yours, make me forget the pain, make me forget the loneliness, make me forget the cold, make me forget the days, make me forget the nights, burn me. Scott aurait pu murmurer ces mots au lieu de quoi il se contenta de respirer bruyamment et de bouger légèrement les hanches, offrant son corps à Luya. Il n'eut pas à attendre très longtemps avant de sentir Luya, tout aussi excité que lui, pressé contre son entrée, et il poussa, lentement au début, arrachant une plainte à Scott dont la tête s'enfonça dans l'oreiller qui était juste sous lui. Et le prochain mouvement de Luya fit crier son prénom à Scott, il avait saisi les hanches de ce dernier pour le faire bouger, pour le faire bouger sur toute sa longueur et pour réunir leur deux corps. Voilà, ils ne faisaient plus qu'un, la douleur envahit Scott, assénante, froide, fulgurante, il l'accueillit à bras ouverts car ceci n'était qu'un autre signe qu'il était en vie. Luya était en lui, tellement important, tellement prenant et...

"Oh god, oh fuck... yes." Le jeune homme bougeait déjà, sortant de Scott pour revenir l'empaler, délicieusement, lentement, puis rapidement, toujours là, toujours en Scott, toujours cette brûlure au creux de ses reins. "Oh god, Luya, please, more, god, more." Scott gémissait, il haletait, sa tête toujours pressée contre l'oreiller, ses hanches relevées alors qu'il les bougeait en rythme avec Luya, venant rencontrer ce dernier à mi-chemin alors que celui ci le pénétrait. Et à chaque fois, à chaque fois, c'était une explosion de sensations qui laissaient Scott pantelant, blessé, électrifié et il en avait besoin de plus toujours plus. Il voulait se sentir plein, plein de Luya jusqu'à la fin des temps, qu'il l'écrase, qu'il lui fasse mal, qu'il le contente, qu'il lui donne du plaisir. Rien n'avait de sens plus rien n'était cohérent à part cette seconde précise où Luya était en lui et qu'il lui donnait tout, Scott ressentait alors, il n'avait même pas réalisé qu'il avait fermé les yeux, mais il était ailleurs, ce n'était plus son corps, ce n'était pas son corps, Luya pouvait souiller et pénétrer ce corps à sa guise, comme il le voulait. Scott ressentait tout, la douleur, la force des coups de Luya, leur lenteur parfois, cette magnifique sensation de se sentir trop à l'étroit dans son propre corps... Car il n'y avait pas la place, il n'y avait pas la place pour eux deux dans le corps de Scott et pourtant, grâce à ses coups de hanches, Luya était en train de briser tous les remparts et toutes les barrières de Scott, et il trouvait de la place dans ce corps étranger et il le prenait et il le possédait complètement et totalement. "God please, harder, god, deeper, just... more." Scott ne se rendait même pas compte qu'il hurlait, et il avait encore moins conscience des propres ondulations de son bassin à lui, aidant Luya à parvenir à son but. Scott avait une furieuse envie de glisser une de ses mains sur son corps à lui et de refermer ses doigts contre son membre et de bouger ses doigts de haut en bas, en rythme avec Luya, mais il n'en fit rien, au lieu de quoi il agrippa les draps avec plus de ferveur, ses phalanges complètement rouges.

Il haleta alors que Luya lui donnait un coup de reins particulièrement brusque, tout son corps tremblant et se arquant contre Luya. Il n'y avait plus rien d'autre à part Luya, tout ce qui n'était pas Luya ne le concernait pas, il s'en moquait, ça n'avait pas d'importance dans son monde à lui, ici Luya, le magnifique corps de Luya, and god his fucking cock, tout ça était parfait et tout ça était à Scott. Oui, Scott fut pris de court par cette pensée, gémissant encore des Luya, god Luya, please Luya, mais cela ne fit que l'exciter davantage. Oui, Luya possédait son corps, il était à Luya mais Luya, en laissant sa marque, allait également laisser quelque chose à Scott. Quelque chose qui serait à lui, quelque chose qu'on ne pourrait pas lui reprendre. Juste cette nuit, juste une nuit. "Oh fuck, come on Luya, make me come, I wanna come from this, just from this." Scott gémit ces mots au milieu d'autres insultes et d'exhortations à une divinité qui ne viendrait jamais. Car Scott n'avait pas encore compris, ici c'était l'enfer, leur petit bout de terre brûlée à lui et à Luya, et ça, personne ne pourrait jamais le lui enlever.

Les spoilers de mamie Désirée:
 
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MessageSujet: Re: You know that I could use somebody...    Dim 16 Mar - 16:26

Les hanches de Scott bougeaient trop vite, et ondulant contre le corps de Luya, le blond s’embrasait. Le jeune homme observait ce mouvement obscène avec envie et désir, et il avait besoin de s’en emparer, de le saisir pour qu’il ne soit plus qu’à lui. Que tout ceci, cette étendue de chair dans le prolongement de ses propres membres ne soit plus capable de rien sans lui, sans qu’il soit là pour venir la rencontrer et la bousculer de la manière la plus brutale et la plus brûlante qui soit. Si c’était l’enfer ici, alors Luya serait une flamme et il allait le brûler vif, cet autre homme, ce pêcheur, celui qui avait fait en sorte que Luya s’égare. The road to hell is paved with good intentions. Et c’était bien vrai. Le veilleur de nuit avait simplement eu dans l’idée de faire ses adieux à la planète en disparaissant dans les reins d’un autre, mais n’était-ce pas là le meilleur moyen de finir au creux de la terre plutôt que de voguer au milieu des nuages, de se retrouver justement piégé pour ne plus jamais être capable d’en ressortir ? Exactement comme entre les reins de Scott, c’était ça l’enfer, c’était ça le gouffre sacré, l’appel des ténèbres. Ce mouvement là, ces cris, cette chevelure blonde ébouriffée et ces muscles dorsaux qui n’en finissaient plus d’hypnotiser Luya et de le réduire en esclavage, de l’assouvir, de lui donner envie de tomber une bonne fois pour toute pour ne plus se relever, ses genoux et tout son corps se préparant à la chute proche. Mais il ne devait pas se laisser faire ainsi pas vrai ? Il n’était pas question de se montrer faible et de baisser sa garde ou de montrer ses blessures. Luya était maintenant fort, beau et puissant, sans doute majestueux pour ne pas dire qu’il avait même l’allure d’un conquérant. En tout cas c’était ce qu’il croyait, ainsi enivré, baignant dans l’ivresse de leur deux corps à bout de souffle, et plus rien n’avait d’importance maintenant. Le rythme n’existait plus, ni les frontières, ni quoi que ce soit de logique ou de réfléchi. Il n'y avait plus de règle, plus de religion, plus de Dieu ; rien que le gouffre et la luxure. Tout n’était que gémissements, plaintes et cris, désir, chaleur et désespoir. Parce que c’était éphémère et les deux amants le savaient, ils s’en doutaient tandis que la fin approchait dangereusement, se faisant ressentir plus précisément à chaque seconde qui s’écoulait et qui les fuyait, ces deux amants maudits qui ne parvenaient même plus à maitriser le décompte angoissant des minutes et des heures. Si chaque cri était une seconde alors… Alors il en fallait encore des milliers, des milliards même, d’infinies secondes toutes emplies d’un souffle, un même râle distinct et profond, une langueur partagée, quelque chose d’indescriptible qui viendrait soulever leur poitrine pour les achever, pour les tuer juste là, sur ce lit, sur ces draps. C’était ça le temps, c’était ça les grains dans le sablier, c’était ça le cliquetis mécanique de la trotteuse qui fuyait trop rapidement. Et si on tendait l’oreille, si on faisait attention à ce bruit là justement, si on essayait de le saisir, on pourrait entendre alors leurs chaines se briser dans ce mouvement obscène et effrayant, mais tellement puissant, tellement fort et étincelant qu’ils étaient sur le point de s’embraser, chauffés à vif, comme le fer dur et menaçant qu’on aurait placé entre les braises avant de venir marquer la chair, torture infâme, insoutenable, mais qui allait les laisser pantelant, chancelant au bord du lit comme au bord du monde, comme au bord de l’univers sans doute, plantés au milieu des étoiles mais leurs corps lourds et pesants toujours accrochés au sol froid et glacial. Ils tentaient de s’extirper de là, de cette boue qu’était le monde dans lequel ils étaient nés, mais ils ne se rendaient pas compte, ils ne réalisaient même pas qu’ils étaient bien trop beaux et bien trop imparfaits pour résider encore dans cette atmosphère. Quelque chose d’autre les attendait, quelque chose d’affreusement divin et de merveilleusement indécent. Et Luya le sentait bien, tandis que ses reins bougeaient avec une violence folle, s’écrasant contre Scott au beau milieu de sa course, sa gorge laissant alors échapper des sons de plaisir incontrôlables, sa poitrine se gonflant, ses épaules se courbant à chaque fois, baissant la tête vers ce dos si pur, si parfait qu’il avait envie de… Mais il se redressait, seulement pour saisir le bassin du blond avec encore plus de force, ses doigts pressant à cet endroit précis pour que l’autre homme ne puisse plus bouger, pour qu’il revienne lui asséner un autre coup plus profond, plus bruyant, plus fort que les autres, obligeant Luya à plaquer son front contre le dos de cet autre homme. Ce n’était pas encore la fin, ce n’était là que le début, et Luya pouvait sentir tout son corps se mettre à trembler tandis qu’il savait qu’il allait bientôt défaillir et qu’il lui faudrait sand doute des millénaires avant de pouvoir reprendre son souffle, avant d’être capable de respirer à nouveau et surtout, avant de réapprendre à vivre sans cela, sans Scott autour de lui, sans le sentir serré autour de son membre et criant ces mêmes mots à l’infini. Et il voulait le mordre, là, dans son dos, ses dents laissant une fine marque vers son omoplate, ses doigts libérant Scott pour un court instant afin de le griffer sur le flanc, sur toute la longueur de ses côtes et de son corps, ses ongles laissant de grands traits rouges sur le corps de l’infirmier. C’était à lui tout ceci, cette chose qui bouillonnait et qui frémissait sous ses doigts. Scott lui appartenait maintenant et peut-être que ce n’était que pour un instant, que pour une fraction de seconde, mais n’avait-il pas déjà été établi qu’ils étaient le temps, qu’ils l’incarnaient ? Alors ils étaient sans doute la plus courte des éternités, mais ils l’étaient malgré tout. Et dans sa folie Luya saisit à nouveau les hanches de Scott pour reprendre le mouvement de son propre bassin, pour bouger plus intensément encore, pour l’anéantir un peu plus à chaque fois et pour qu’il n’ait plus que le prénom de Luya sur les lèvres, que celui-ci se cogne contre les murs de la pièce et se multiplie comme un écho, comme un appel pour que le jeune homme ne disparaisse jamais, qu’il ne puisse jamais mourir. Où qu’il soit, qu’importe l’heure du jour ou de la nuit, qu’il soit encore vivant ou bien trop occupé à errer dans ces lieux sous la forme d’un spectre, il y aurait toujours ce son, ce cri distinct qui l’appellerait, qui le guiderait, comme un phare dans l’obscurité de la tempête. Et Luya viendrait cueillir cette plainte toutes les nuits s’il le fallait, et ce plaisir qui se répandait dans les veines de Scott au point même de franchir le seuil de ses lèvres viendrait panser ses blessures les plus profondes. Il le posséderait pour mieux apprendre à vivre, pour ne plus être bancal. Il le vampiriserait, le suçant jusqu’à la moelle, lui ôtant toute dignité, simplement pour se sentir capable de faire encore un pas, encore un mouvement vers l’avant, encore un coup de rein, encore un râle plus assourdissant que les autres. Luya se mordait les lèvres presque jusqu’au sang, la sueur perlant doucement sur son front pâle, ses yeux brillants de la même lueur que lorsqu’il avait pénétré une femme pour la première fois. Mais c’était encore mieux, naturellement, ce n’était pas comparable, et tirant les cheveux blonds de Scott avec une de ses mains il s’était rapproché de son oreille pour venir la mordre sans aucune tendresse, sans douceur ni ménagement, son corps bougeant toujours et il avait murmuré quelque chose, des mots qu’il oublierait ensuite mais qui lui brûlait la bouche et qui lui empoisonnait l’esprit à force de n’être qu’un simple fantasme, à force de tourner en ronds comme des prédateurs autour d’une proie trop affaiblie pour ne pas se laisser tenter par ce festin alléchant. « You fucking love that you fucking… »

Mais il était trop tard et la seconde suivante fut fatale.

Luya tomba de son trône et resta là, à l’intérieur de Scott, ses hanches bougeant frénétiquement, agitées de spasmes dont il n’était plus le maitre.

Dont il n’était plus le maitre.

Luya s’était perdu. Luya était devenu fou. Il n’avait même pas vu que Scott avait finit par s’écrouler lui aussi dans sa chute, se répandant sur les draps sans aucune retenue.

Luya venait de mourir entre les reins d’un autre, contre Scott. Et chaque inspiration était profonde, comme s’ils venaient seulement de naitre et qu’ils respiraient pour la première fois, qu’ils sortaient la tête hors de l’eau après s’être noyés dans leur désir. Mais Luya venait de mourir juste là, il venait de se briser en mille morceaux et constatant l’horreur, assistant aux restes de ce crime, aux traces rouges dans le dos de Scott qu’il pouvait dénombrer par dizaine, l’emprunte de sa bouche et de ses doigts toujours présente sur ce corps là, il réalisait à quel point il était fou, à quel point il venait de se détruire. À quel point il était immonde et infâme.

Run Luya, run.
Run far away from you.


Mais il était trop tard.
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MessageSujet: Re: You know that I could use somebody...    Lun 21 Avr - 0:01

Scott n’était plus Scott.

Scott était autre chose, Scott était détruit, Scott était anéanti, Scott n’était tout simplement plus lui-même. Non, il s’était perdu, il était perdu dans une myriades de sensations, dans sa respiration saccadée, son coeur battant, Luya contre et au dessus de lui, Luya en lui. Luya. Son Luya? Pouvait-il véritablement l’appeler ainsi? Peut être, peut être qu’un jour, il pourrait l’appeler ainsi, peut être qu’un jour, quand la douleur serait loin, quand son coeur se serait calmé et qu’il pourrait respirer sans avoir la sensation qu’une profonde lame était en train de se frayer un chemin jusqu’au muscle, peut être... Quand Scott serait capable de marcher de nouveau droit et qu’il pourrait être en mesure de penser sans chanceler et sans trembler, un jour, il serait libre, il serait complètement libre, d’aimer de nouveau, d’être encore blessé, d’être encore contenté… Et peut être que ce jour était déjà arrivé? Peut être que Scott recommençait à zéro, mais il ne pouvait pas penser, pas tout de suite, pas dans un moment pareil. Là tout de suite, sous les coups de reins de Luya et sous ses mouvements de hanches, il n’était rien d’autre qu’un homme, un homme qui sentait le plaisir et le désir monter en flèche dans son corps en ébullition. Trop, pas assez, encore, more, just a little bit more, il perdait la raison et il était aveuglé par son plaisir et par son désir.

Il poussa un cri en sentant Luya contre sa peau, l’autre homme était en train de le mordre, en train de le griffer, il semblait partout à la fois et Scott savait qu’il ne ressortirait pas indemne de cette rencontre. Il aurait dû dire à Luya, ce parfait inconnu d’arrêter, d’arrêter tout de suite, d’arrêter de détruire son âme, de marquer son corps, car Scott n’était pas là lui et il ne serait probablement jamais à lui. Stop, stop that, stop, let me breathe, let me be in peace, stop that, no, no, don’t make me moan, don’t make me want more. Stop you don’t know, I’ll want more, I’ll always want more. Et oui, il voulait plus, il en voulait plus, il ne se souvenait pas avoir été aussi… dépendant de quelqu’un d’autre. Scott ne réalisait même pas les cris qui lui échappaient, plaintes qui venaient se joindre à celle de Luya, produisant une symphonie des plus obscènes pour les deux âmes déchirées qu’ils étaient, ni même la façon dont il agrippait les draps comme si sa vie en dépendait à présent. Non, sa vie ne dépendait pas de cela, il dépendait de Luya, Luya qui devait continuer de faire ça, d’user et d’abuser de lui là, en faisant sortir son sexe du corps de Scott, le faisant haleter car il ne voulait pas que Luya le quitte et le laisse vide de toute sensation, et Luya encore qui rentrait encore à l’intérieur de lui, sans ménagement, lui faisant voir les étoiles, littéralement, et lui rappelant à quel point il était faible. Car il n’était rien, absolument rien, rien, tout ce qu’il  était à présent, tout ce qu’il était, Luya le tenait entre ses hanches.

« So close, so fucking close, god Luya, more. » Il ne se rendait pas compte de ce qu’il disait, ni même de ce que Luya lui disait, tout n’était fouilli et cette putain de sensation, d’être entier, d’exister vraiment et juste de sentir Luya, là, en lui, de la façon la plus immorale qui soit. C’était trop, tout simplement trop pour Scott qui voulait oublier, trop pour Scott et la chute allait être brillante, la chute allait être fatale. Son propre orgasme le prit par surprise, il ne réussit pas à avertir Luya ou même à se retenir. Mais non, il ne pouvait pas nier à son corps ce qu’il avait depuis si longtemps désiré, il avait besoin de ce moment, il avait besoin d’oublier, et, il avait juste suffit que Luya s’introduise une nouvelle fois en lui pour que le monde de Scott se fige. « Luya, Luya, Luya… » Il psalmodiait ce prénom un peu comme une prière alors que ses paupières se fermaient de leur propre accord et que son corps s’arquait contre celui de Luya, contre le membre même de Luya, Scott finissant par répandre de son plaisir à l’état pur sur les draps. Luya, il n’y avait que Luya, il ne restait plus que Luya. « Oh fuck….. » Scott tremblait à présent et il s’effondra sur le lit, seulement pour sentir le corps jeune homme pressé contre le sien, Luya avait enfin cessé de bouger. Scott n’avait même pas remarqué, même pas réalisé qu’il venait d’arriver la même chose à Luya, il n’avait pas réalisé qu’ils avaient perdu pied en même temps.

Oui, ils étaient tombés ensemble, ils étaient allés au bord du précipice main dans la main, la paume de Luya contre celle de Scott, le corps de l’infirmier contre le sien. Parfait, ça avait été tout simplement parfait, Scott reprenait lentement son souffle et tout doucement, il reprenait possession de son corps, de légères plaintes lui échappaient encore, ses mains lâchant lentement les draps, alors qu’il prenait soudainement conscience, véritablement, des dernières minutes. L’air frais envahissait ses poumons, il ouvrait les yeux pour voir cette lumière à laquelle il avait réussi à échapper en fermant les yeux… Et Luya était toujours là. Scott poussa un grognement avant de se décoller du corps de l’autre homme et il bougea doucement pour récupérer pleinement son corps. Vide. Il se sentait complètement vide. Prenant une profonde inspiration, Scott roula sur le côté, son regard trouvant les yeux si bleus de Luya. Contemplant le jeune homme, les cheveux de Luya étaient collés contre son front et sa poitrine se soulevait tandis qu’il respirait fort lui aussi. Scott avait envie de l’embrasser, de lui dire de rester pour la nuit, de lui dire de ne plus jamais partir mais il n’en fit rien. Il offrit un maigre sourire à Luya et murmura un bref « Thank you. » avant de fermer de nouveau les yeux. Scott n’était pas stupide, il connaissait les règles, il savait qu'il fallait Luya parte pour que tout ceci fonctionne.
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MessageSujet: Re: You know that I could use somebody...    Ven 4 Juil - 23:01

Le corps de Scott s’était arraché au sien, roulant sur le côté, fermant déjà les yeux, murmurant un bref remerciement au jeune brun dont le regard perdu se posait sur ce corps encore nu qui n’était pas le sien, qui ne lui appartenait pas mais qu’il avait voulu possédé. Il resta immobile le temps d’une seconde sans doute, son coeur ralentissant alors soudainement au milieu de sa course, sa respiration s’apaisant également pour reprendre un rythme ordinaire. Pourtant, cette brulure au fond de sa poitrine était toujours présente et rien ne semblait pouvoir y mettre fin. Que devait-il faire à présent ? Quelle était la suite logique ? Il fallait fuir bien sûr, quitter cet endroit, ne plus jamais revenir hanter ces draps, croiser ces murs qui avaient entendu le moindre de leurs gémissements qui s’élevaient doucement vers les cieux avant de rejoindre le creux de l’enfer où ils appartenaient véritablement… Luya secoua la tête de gauche à droite, refusant d’y croire, n’admettant pas la faute ignoble et répugnante qu’il venait de commettre, l’erreur la plus abjecte qui gisait encore là, nue sur ces draps sales comme une vision des plus infâmes. Le jeune homme n’osait pas baisser la tête, de peur de constater qu’il n’avait rien rêvé de tout ceci, qu’il n’avait pas inventé cette rencontre sur laquelle il lui était à présent impossible de mettre des mots. Il n’avait pas besoin de vérifier pour savoir que son pantalon se trouvait encore au niveau de ses chevilles, et la simple idée de devoir fléchir les genoux pour pouvoir remonter ses vêtements à leur hauteur habituelle lui donnait littéralement la nausée. Il était encore à moitié nu mais il pouvait sentir que quelque chose de nouveau l’habillait à cet instant précis, un sentiment dont il aurait peine à se défaire un jour et qui commençait à pénétrer sa chair le plus lentement et le plus douloureusement du monde ; la honte s’emparait maintenant de lui, cet habit trop fin pour être remarqué, trop lourd pour être porté sans étouffer. Luya sentit ses mains se mettre à trembler tandis qu’un souffle parcourait l’ensemble de son corps, un voile léger qu’on déposait déjà sur lui, qui hérissait ses poils et le faisait frissonner sans qu’il puisse vraiment lutter. Non, non, mille fois non, il fallait qu’il court, qu’il retarde ce moment où la honte pourrait vraiment l’envahir et le détruire. Il fallait qu’il remonte son pantalon rapidement avant que ses jambes ne cèdent sous son poids et qu’il ne soit plus capable de courir.

L’autre homme semblait s’endormir mais Luya était encore là, toujours debout devant ce lit, fermant les yeux à son tour pour chasser les larmes qui venaient troubler sa vision. Il ne devait pas pleurer, pas ici, pas maintenant, pas quand on pouvait le voir ainsi, vulnérable et ridicule, immonde pêcheur qu’il était à présent devenu. Mais il aurait voulu être capable de réveiller le grand blond, de le secouer pour le tirer de son sommeil, lui qui était encore marqué par la bêtise et le désir de Luya. Il avait envie de lui demander pardon, pardon de n’avoir été rien d’autre qu’un amant de plus, une ombre dans la nuit noire, une griffure sur son épaule qui disparaitrait trop rapidement pour qu’il ait le temps de réaliser que tout ceci fut bien réel. Pardon de n’être rien de plus qu’un souvenir incertain, un souffle sur sa nuque, un murmure dans l’air du soir. Pardon aussi de ne pas être humain, d’être un monstre, une créature hideuse qui ne méritait rien d’autre que de brûler en enfer. Il avait envie de dire à cet inconnu qu’il ne serait sans doute plus là demain, que l’aube allait l’emporter, et qu’il faudrait qu’il leur dise, qu’il leur raconte qu’il n’était pas le charmant petit Luya en qui tout le monde pouvait avoir confiance. Il était quelque chose de bien plus abject que ça, une âme qui n’aurait sans doute jamais du voir le jour et qui ne méritait pas de sentir le doux rayonnement du soleil sur sa peau bien trop pâle. Il faudrait que Scott leur avoue à quel point Luya l’avait déchiré cette nuit-là, et qu’il fasse part des cris que le jeune brun lui avait arraché… Rouvrant les yeux et ne s’attardant plus, Luya ne prit pas la peine d’incliner la tête vers l’avant pour se débarrasser de la chose que le blond avait bien pu dérouler sur son sexe, la preuve de son plaisir lui glissant alors entre les mains et tombant finalement aux pieds du lit. Luya sentit ses joues s’embraser de honte, et ne sachant pas s’il devait se débarrasser de l’évidence où s’il fallait qu’elle reste à l’endroit exact où elle avait chu, il préféra se concentrer sur autre chose. Peu importait au final, et Luya devait déguerpir rapidement avant qu’on ne vienne constater sa présence ici. Il remonta enfin son pantalon, prenant soin au passage de ne faire aucun bruit avec la boucle en métal de sa ceinture, se braillant à la hâte quand sa chemise fut enfin bien en place afin que personne ne puisse savoir avec certitude ce qui venait de se produire dans cet appartement quand il mettrait enfin le nez dehors. Encore désorienté, perdu et éreinté, il manqua de trébucher lorsqu’il trouva assez de force pour se remettre à marcher jusqu’à la porte de la chambre, ne prenant pas la peine de vérifier s’il oubliait quoi que ce soit derrière lui, trop affolé et égaré pour être encore capable de penser à de tels détails. Cherchant la sortie comme s’il découvrait seulement l’endroit dans lequel il se trouvait, il se serait mis à courir s’il n’avait pas eu peur que cela ne vienne extirper Scott de ses songes, et le souffle coupé, il avait ouvert la porte d’entrée pour disparaitre derrière celle-ci, faisant quelques pas dans le couloir, une main posée sur sa poitrine qui s’embrasait littéralement. Ayant peine à respirer, il tournait la tête frénétiquement vers la porte qu’il venait tout just de refermer de peur qu’elle ne se rouvre sous ses yeux, et que l’autre homme apparaisse à nouveau dans l’encadrement pour l’inviter à rester avec lui jusqu’au petit matin. Non, aucun matin ne les attendait, il n’y avait pas de futur en enfer, et si Luya devait revenir, ce ne serait qu’au beau milieu d’une nuit et dans le seul but de périr une bonne fois pour toute. Mais il avait trop peur et l’ascenseur fut trop lent, si bien que le jeune homme préféra emprunter l’escalier, prenant garde à ne pas tomber en descendant les marches aussi rapidement que possible. Les mêmes questions tournaient en boucle dans son crâne et s’il avait pu se saisir d’un revolver pour les faire taire sur le champs, il n’aurait pas hésité une seule seconde avant d’appuyer sur la gâchette. Enfin dehors, l’air n’était pas plus respirable et déjà gêné par sa respiration saccadée, Luya se mit néanmoins à courir pour tenter de mettre le plus distance possible entre lui et cet autre homme, entre lui et le désir qui grignotait sa chair, entre lui et le pêcher.

Il s’écroula finalement bien plus tard, quand il arrêta un taxi au détour d’une ruelle pour qu’on le dépose aux portes d’une église, ses mains tremblantes, ses cheveux en bataille et ses larmes impures qui roulaient sur ses joues roses trahissant son visage d’ange. Il s’était laissé tomber devant le Christ, les mains tendues vers le ciel mais le corps bien encore bien ancré au plancher, récitant une prière à travers ses sanglots en souhaitant qu’elle atteigne l’esprit divin dans l’espoir d’être un jour pardonné. Il n’y avait pourtant plus rien pour venir effacer la vérité qui lui rongeait la peau, rien pour nettoyer le souvenir. Plus rien. Il était trop tard, et Luya n’avait plus qu’à supplier. Ou périr en enfer.


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You know that I could use somebody...

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