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 Je crois qu'on appelle ça se jetter dans la gueule du loup. [Ft. Parker]

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MessageSujet: Je crois qu'on appelle ça se jetter dans la gueule du loup. [Ft. Parker]   Ven 12 Juil - 23:45




Parker - Solveig


J'avoue. Là, maintenant, tout de suite, je me sens particulièrement conne. Pourquoi Los Angeles. Franchement. Je dois vraiment être enceinte et les hormones commencent doucement à switcher mon cerveau en mode veille. Tout ça à cause de ce connard. S'il me suit jusqu'ici, s'il me retrouve, je lui ferais subir mon spray au poivre fait maison. Et oui, fait maison. Parce que c'est plus violent quand c'est moi qui le fait. Ceux qu'on achète dans le commerce ne risquent pas vraiment de rendre l'agresseur aveugle. Le mien si. Du moins, pendant deux jours. Si j'ai bien fait mes dosages. Alors ouais, je pardonnerais pas de m'obliger à rejouer un remake d'Alien. Non, je n'ai pas fait de tests. Et non, je n'en ai pas besoin pour savoir qu'un petit parasite se développe dans mon bas-ventre. J'avoue. Je n'ai pas une très haute idée de la maternité. Cela m'évoque plus des choses très sales que l'épanouissement total qu'on voudrait nous vendre en nous prenant pour des vaches reproductrices. Je ne suis pas dupe. Mais non, je ne jetterais pas ce fœtus/futur bébé aux ordures. Pas le courage, pas l'envie. Un tas de raisons aussi mauvaises les unes que les autres. La seule, la vraie, c'est que je n'ai pas de bonne raison pour avorter et que je ne le veux pas. Garder un bébé, à mon âge, en pleine thèse, je trouve ça stupide, mais après tout, j'ai fuit ma thèse et je n'ai plus grand chose à perdre à présent. Plus grand chose si ce n'est ma dignité et je m'apprête justement à la foutre aux chiottes avec tout ce qui y ressemble : honneur, amour-propre, raison... Ce genre de petits détails sans lesquels un Bernstein n'en est plus un. Oui, je vais frapper chez un Bernstein que je n'ai jamais considéré comme tel. Mon frangin, cet abruti. Mon frangin survivant pour être plus précise. Je n'aime pas dire mon frangin tout court, j'ai l'impression de trahir Derek d'une certaine façon. Putain, Derek, il a fallu qu'il crève. Sinon, il aurait été là pour moi, lui. Il aurait été un vrai Bernstein qui ne fait pas honte à son nom. Le seul enfant de la famille digne d'en être en somme. Soyons honnête, mère célibataire au chômage, c'est pas trop dans le délire "famille parfaite". C'est pour ça que j'ai fuit. Qu'est-ce que j'ai d'une Bernstein maintenant, je vais même jusqu'à fuir plutôt que d'affronter mes problèmes. A croire que je prends exemple sur Parker, l'idiot du village. Comme quoi, je ne fais pas toujours les bons choix, je ne choisis pas toujours les bons modèles. Même moi, je ne suis pas parfaite, comme quoi, personne ne l'est.

Mais cessons de détourner l'attention, de reculer l'échéance. Je suis face à la porte, papier en main. J'ai vérifier que c'était le bon numéro une dizaine de fois déjà. Allez savoir, j'ai même la nausée maintenant. Je me dis que c'est parce que je suis enceinte. Je ramène tout à ça maintenant. Alors qu'en fait, enceinte ou pas, l'idée de voir Parker me donne nécessairement envie de gerber. Non, je ne veux même pas être méchante quand je dis ça. Le stress me donne toujours la nausée, c'est dans ma tête tout ça. Ou pas. J'en sais rien. C'est juste un constat que j'ai fait, j'en tire surement des conclusions rapides. Comme avec tout ce que je fais. Sauf la physique quantique, mais ça, c'est une autre question. Bon aller. Sonner. Si je me laisse aller dans mes pensées, je ne vais jamais le faire. J'ai ma valise à la maison, mon sac de voyage sur le dos... Il va me fermer la porte au nez aussitôt qu'il va me voir. Ça ne fait aucun doute. Mais autant essayer plutôt que de payer l'hôtel sans vraiment savoir. J'appuie lentement sur la sonnerie comme si je ne voulais pas vraiment. Gut up Solveig! J'avoue que le truc qui me perturbe le plus est de savoir s'il va me reconnaître. Je ne sais pas vraiment si j'ai changé depuis la dernière fois. Je ne sais plus quand c'était la dernière fois. Pour ce qui est de savoir si je vais le reconnaître, si une tronche de branleur se présente devant moi, je ne pourrais pas vraiment m'y tromper. Je me dit que je n'aurais pas du le fuir à chaque fois qu'il venait rendre visite à papa et maman, depuis mes 16 ans. En même temps, il ne voulait pas me voir, et réciproquement. C'est juste qu'aujourd'hui, j'aimerais que le mot famille ai un sens. Je doute que pour lui ça change quelque chose. Si je lui promet un neveu ou une nièce peut-être..? Non, il trouverait le moyen de vouloir vendre le gosse pour s'acheter son alcool, sa drogue ou ses putes. J'en sais rien de ce qu'il se paie et je m'en tamponne. Tant que c'est pas avec de l'argent obtenu en vendant le parasite qui réside en ce moment en mon bas-ventre. Parce que c'est MON parasite. Ouais, je suis possessive, même quand j'ai Alien en moi. Bref. Bouge ton cul Parker. Il est 15h, ne me dis pas que tu dors encore à une telle heure?!

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MessageSujet: Re: Je crois qu'on appelle ça se jetter dans la gueule du loup. [Ft. Parker]   Dim 14 Juil - 4:06



bernstein² ✖ je crois qu'on appelle ça
se jeter dans la gueule du loup.


J'avais quitté Charleston comme un type en cavale. Pas un au revoir, pas un mot, rien. J'étais parti sur un coup de tête, sans une pensée pour le peu d'amis qui m'entouraient ou ma propre famille. On pouvait sans doute penser que j'en crevais d'envie depuis des années, que j'attendais la première occasion valable pour me faire la malle. Mais non. Si j'avais voulu me tirer, je l'aurais fait sans attendre de me trouver une excuse convenable. Je détestais cette ville, cette maison, cette vie. Mais je détestais toujours tout. Je m'emmerdais à Salzburg, je m'emmerdais à Charleston. Je m'emmerdais toujours, partout. M'enfuir ne changerait pas la donne. D'accord, des facteurs de choix auraient pu m'influencer. Plus de bahut, plus de voisinage au regard méprisable, plus d'obligations, quelles qu'elles soient. Mais je me fichais bien de mes études, ne voyais les couleurs des murs de mon établissement qu'une fois de temps à autre, quand je n'avais rien de mieux à faire ou qu'il me fallait une ou deux nouvelles filles à me mettre dans la poche. Je n'étais pas parti parce que j'en avais envie, mais je ne pouvais simplement plus rester là. Je ne devais plus rester là. Je l'avais compris après l'enterrement, alors que je fumais une clope dans le jardin avec les gamins Callaway et que je les regardais à travers la baie vitrée. Ma mère, dont le brandy faisait bientôt briller les yeux davantage que les larmes. Mon père, qui discutait avec deux connards en uniforme, fier de savoir que son fils avait crevé pour la Nation. Ma soeur, qu'on faisait papillonner d'une tante à un vieil ami pour la consoler, pendant qu'elle en profitait pour remplir son assiette à tous les coins de la pièce. Je n'avais pas ma place avec eux, avec aucun d'entre eux. Le seul point qui me reliait à eux avait disparu. J'étais le frère de Derek et ils étaient la famille de Derek, mais ils n'étaient pas la mienne. Voir un drapeau américain étalé sur une boîte en bois ne me réchauffait pas le coeur. Entendre les hommages de sombres inconnus, répétés sans aucun doute à la lettre près à chaque fois que l'un de leur pions se fait exploser à l'autre bout de la Terre, ne m'emplissait pas de fierté. Ce n'était pas une surprise. Je n'avais jamais été l'un d'eux. Je me fichais de pouvoir jouer d'un instrument, de connaître les bases de la prospérité, de savoir comment me mettre tout le monde dans la poche. Je n'avais pas besoin de devenir un artiste renommé pour finir à boire comme un trou, comme ma mère, ni même des conseils de mon père pour me remplir les poches en paris crasseux et magouilles, ce qui, en fin de compte, se rapprochait aussi de sa méthode à lui. Et quant à ma soeur... Je ne l'avais jamais vraiment considérée comme telle, quoique, je ne sais même pas si j'ai la moindre notion de ce qu'une soeur peut être. Je n'avais pas besoin de m'inspirer d'elle pour manipuler les gens à ma guise, même si je n'avais aucun doute sur ses capacités à être une parfaite vraie petite hypocrite. Rien ne me rattachait à eux. Mais tout les rattachait à lui. Le sourire de ma mère, la démarche de mon père, les yeux de ma soeur. Je le voyais à travers eux, maintenant que je savais que je ne le verrais plus jamais. Et ça, je ne pouvais pas le supporter. Je voulais l'oublier, pour de bon.


Et j'avais réussi mon coup. Ici, Derek Bernstein n'existait qu'une fois de temps en temps, quand quelques photos d'enfants paraissaient, dont les quatre membres encore bien entiers et pas l'ombre d'un air terrorisé sur leurs traits menaçaient d'améliorer mon image, si l'on venait à savoir que j'en étais l'auteur. Je n'en avais parlé à personne et personne ne le connaissait, sauf Jason, mais lui, je savais bien qu'il était bien placé pour savoir que moins on en parle, mieux on se porte. J'avais presque oublié mon frère, ou plutôt toute la souffrance que j'avais fui de Charleston. Je vivais sûrement dans le déni, mais ça, personne ne pouvait le savoir, et c'était bien comme ça. Et puis, la voilà qui débarque, avec sa petite tête de chieuse qui lui ressemble beaucoup trop. Je l'observe alors qu'elle me répond, toujours mon sourire foireux aux lèvres, on dirait bien que je l'agace mais je m'en fous. Non seulement par principe, mais aussi parce que je ne m'y intéresse pas, je ne le remarque peut-être même pas, trop frappé par toutes les images et les souvenirs que j'avais cru avoir effacé en m'exilant à l'extrême opposé du pays. Raté. Comme si ça ne suffisait pas, la réplique sur laquelle elle rebondit le concerne, de la manière la plus directe comme la plus dégueulasse. Cette fois-ci, je ne peux que l'entendre et ça a le mérite d'effacer mon sourire. Merde, je clous des souris séchées au mur, je prends mon pied à coucher sur papier glacé tout ce qu'il y a de plus gore et son trait d'humour parvient à me choquer. Je pourrais presque lui tirer mon chapeau, si je n'avais pas envie de lui en retourner une sur-le-champs. Je m'empresse toutefois de lui cacher ça, en reprenant une expression dépourvue de tout sentiment autre que le mépris et le cynisme. « Dans le mille. Je vous les aurais bien envoyés pour Noël, mais j'ai flippé à l'idée que la souillasse les confonde avec les morceaux de dinde. Ça aurait été con de vous voir en prison pour nécrophagisme, quand même.  » La meilleure des défenses, c'est l'attaque, et je préfère me joindre à sa petite blague de merde que dégobiller sur ses pompes, quoique, c'était tentant aussi. Mais non, vu le prix des substances qui macère encore dans mon ventre, ça serait du gâchis. Pas de petites économies, c'est la crise. « L'humour macabre, la clope ? Merde, qu'est-ce qui s'est passé... T'as pas eu 20 sur 20 à ton dernier test de catéchisme et t'as décidé de te rebeller ? » Je mets toute l'inquiétude que je peux dans mon regard tandis qu'elle me rend ma cigarette. La parfaite petite Solveig. La parfaite petite brune qui chante comme un ange, qui est trop mignonne dans sa robe bleu pâquerette des champs arc-en-ciel et qui brille et qui est merveilleuse et brillante et irréprochable. La voilà qui me crache sa fumée à la gueule, pile poil 15 ans après qu'elle ait retourné ma chambre de fond en comble pour rapporter à notre père un paquet de Marlboro qui lui servirait à justifier son envie perpétuelle et brûlante de me traiter comme une merde finie. L'ironie. Penser à ça me rappelle à leur relation, du moins, ce dont je m'en souvenais, et de la mienne et de toute l'estime qu'il peut me porter. Merde, mais qu'est-ce qu'elle fout là ? « Quoique, non, si tu te ramènes là, c'est que tu joues déjà à un autre niveau. Papa n'a pas voulu te payer une nouvelle voiture et tu viens faire une photo souvenir avec moi pour le faire chanter ? » Je dis ça sur le ton de la plaisanterie, encore, toujours, mais ce n'est pas si faux que ça. Je suis le diable en personne, l'infâme erreur de la famille, l'étranger à la lignée irréprochable des Bernstein, et elle, son adorable petite princesse. Si elle est là, c'est qu'elle veut vraiment, vraiment l'énerver.  « Y'a pas mal d'amateurs de trans' dans l'immeuble. Je voudrais pas priver un voisin de rencontrer l'amour de sa vie, la confusion est vite faite. »  Je dis ça,  mais je m'écarte quand même de la porte, une poignée de secondes plus tard. Allez savoir pourquoi, un effet retardé du crack, un élan de bonté, un excès de pitié pour mon voisinage qui, non, j'en suis certain, ne serait en aucun cas ravi de rencontrer cette merdeuse finie ? Probablement un peu de tout ça, recouvert par une bonne couche de dépit. Je suis blasé, encore plus qu'avant, encore plus que jamais. Le moral sapé pour de bon et la journée définitivement foiré, je cherche un fond d'alcool à descendre aussi sec pour mieux serrer les dents et attendre que ça passe ensuite. « C'est quoi, ces valises ? Toujours les bonnes vieilles habitudes, l'une pleine de bouffe, l'autre pour tout gerber ?  » Ma réplique suit un regard furtif vers elle, qui, malheureusement, inévitablement, m'avait emboité le pas. Mes prunelles se sont ensuite posées sur ses traits, sur lesquels je vois un air horrifié se peindre à mesure qu'elle s'avance, avant de ne détourner les yeux sur les photos qui finissent de se développer là contre le mur. « Fais gaffe, si c'est le cas, tu pourrais attirer la colonie de rats qui vivent dans la cuisine. Ils sont pas commodes quand ils ont faim, et ça m'emmerderait un peu que toi et ta graisse ne les déciment tous. » Je parcoure les visages et les couleurs qui apparaissent sur les rectangles de papier, mais sans plus les voir réellement, avant que je me retourne vers elle, soudain le visage aussi froid et sans bonheur aucun qu'il l'aurait été, si je n'avais pas joué la carte du cynisme depuis que je lui avais ouvert la porte, il y a une poignée de minutes maintenant. Plus de sourire mauvais, plus de jeu d'acteur savamment exagéré, plus la moindre émotion. Juste moi, mon impassibilité et mon dégoût profond pour ma cadette et ses iris à la Derek. « Qu'est-ce que tu viens foutre ici ? »

 



Dernière édition par Parker H. Bernstein le Dim 3 Aoû - 1:35, édité 2 fois
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MessageSujet: Re: Je crois qu'on appelle ça se jetter dans la gueule du loup. [Ft. Parker]   Dim 14 Juil - 11:23




Parker - Solveig


Oh. Mon. Dieu. C'est quand je sens ce genre d'odeur que je sais pourquoi je ne fréquente pas les déchets de ce genre. Il vit dans la décharge du coin ou quoi? Et puis sérieusement, regardez-le! Oui, maintenant, l'envie de vomir est bien due à Parker, j'en suis sûre, pas à une quelconque grossesse. Dire que je pensais que le pire serait de revoir sa sale face, mais là, j'ai comme un doute. L'odeur ou l'image..? Je pense que ce sera le bruit, qui me gènera le plus. Quand il aura fini de jouer à la statue et qu'il ouvrira sa grande gueule pleine de dents pour me cracher quelques crasses à la gueule. Comme ceux qu'il m'a dit, avant de partir, et qui sont restés gravés dans mon crâne. « On n'a jamais pu se blairer, Solveig. Barre-toi du chemin. » ... J'étais qu'une pauvre gosse à l'époque, qui voulait bien paraître et faire plaisir à tout le monde, qui voulait essayer de recoller les morceaux et retrouver un frangin qui en vaille la peine. Et ce n'était de toute évidence pas Parker qui allait pouvoir remplir le rôle. J'ai retenu cette phrase, j'entends encore son ton de branleur. C'est la dernière chose qu'il m'a dite et je me suis appliquée à la respecter : ne pas pouvoir le blairer et ne pas croiser son chemin. Jusqu'à aujourd'hui. Oh, je ne peux toujours pas le blairer, et avec l'odeur qui agresse mes narines depuis que cette porte s'est ouverte, ça n'en est que plus vrai. Mais voilà que je me place, de mon plein gré, sur son chemin. Devant sa porte en l'occurrence. Alors qu'il me toise sans bouger, j'ai l'impression que je vais crever. Me liquéfier sur place. Oh oui, crever, la voie de sortie facile. Ce serait tellement plus évident, pour moi comme pour lui. Mais que voulez-vous, l'honneur du nom Bernstein, tout ça... Non, on ne choisit pas la voie de sortie facile, on choisit d'affronter ce regard de branleur sans ciller. Il sort sa clope de sa bouche et semble remarquer mes bagages au passage. Et oui, je viens avec tout ce qu'il faut. Cadeau bonus. Sérieusement, j'ai songé à un moment que vivre dans une telle porcherie serait plus évident que de vivre avec mon taré de petit copain. Meilleur pour moi? Rah, mon cerveau et ses raisonnements erronés! Mais je ne peux pas faire demi-tour, non, plus maintenant. Plus maintenant qu'il ouvre la bouche. Je ne vais pas lui faire le plaisir immense de fuir devant sa connerie innommable. Oh que non.

Et tout ça pour me dire quoi? Me demander si je vends des aspirateurs. Maintenant, il fait comme s'il ne me connaissait pas. Désolée gars, mais tu m'as fixée trop longtemps avec ton air d'abruti fini pour que l'excuse soit valable. Certes, on pourrait blamer un quelconque état second du aux drogues, mais j'ai l'impression qu'il m'a reconnue. Vite fait. Il fait juste semblant pour m'emmerder. J'ai bien envie de lui dire que, s'il en a un tout neuf, d'aspirateur, il ferait mieux de l'utiliser plutôt que de le laisser dans son placard... mais non. Ne pas trop la jouer garce. Il n'aime pas les gens avec du répondant, à moins que ce soit ses potes ou qu'il puisse les sauter par la suite pour reprendre le dessus. Pas que je le connaisse si bien que ça, mais il est juste un de ces mecs. Un de ces mecs parmi tant d'autre qui s'aiment beaucoup trop pour se rendre compte qu'ils ne sont que des rebuts de l'humanité. Ouais, un gars pas trop compliqué à comprendre. C'est l'avantage, je sais à quoi m'attendre avec lui, au moins. Il me remercie et va pour fermer la porte mais j'ai trouvé le temps de placer mon sac en position stratégique. On ne ferme pas les portes au nez de filles comme moi. Oh que non. Du moins, pas sans éclater les affaires que j'ai dans mon sac. Et si l'idée lui vient, je serais bien emmerdée. Apparemment, il est trop stone pour y penser. Tant mieux. Je peux respirer. Il tente de continuer sur sa lancée. Témoin de Jehovah. Moi. Scientologue, à la limite, pourquoi pas? Y en a certains qui ont la classe... Mais témoin de Jehovah, ça a quelque chose de sale. De stalker dans l'âme. Je le laisse finir, avec son éternel air sarcastique. « Et la famille, tu l'a aussi empaillée dans ton placard? » Je le regarde, pas du tout amusée par son humeur qu'il pense irrésistible. En même temps, il se suffit à lui-même. C'est pour se marrer tout seul comme un con qu'il se fout de ma gueule, pas besoin que ça m'amuse. Tant mieux, s'il fallait en plus que je prétendre être bon public pour entrer dans ses bonnes grâces. Je ne veux pas entrer dans ses bonnes grâces, juste dans son appartement. « T'as retrouvé les bouts du corps de Derek et tu les as emmenés chez un taxidermiste? » Ah, la guerre et le plaisir des bombes artisanales. Non, ce n'est pas de l'humour, ça ne me fait pas rire non plus. Ce n'est pas le but, je ne suis pas là pour faire le clown. Je lui arrache sa clope des mains, tire une longue bouffée et la lui rend. Oui, j'en ai besoin là. Je m'en contrefous des effets sur le foetus, c'est pas un alien dans mon ventre qui va me faire changer mes habitudes. Il faut que je me calme, il me faut de la nicotine, j'en prends. Point barre. Si mon parasite nait difforme, je m'en voudrais à ce moment là. Oh, et puis on en est pas là putain, je vais pas penser à tout ça alors que je dois encore affronter Parker. Oui, affronter. Vous avez pas encore compris que ça n'était pas vraiment une partie de plaisir de revoir sa tête de con? Et non, je ne m'emporte pas. Ou peut-être. On a qu'à dire que ce sont les hormones de toute façon. « Tu te bouges de là et tu me laisses entrer ou tu assumes que des gens puissent te voir en ma piètre compagnie? » Je suppose qu'il ne va pas bouger d'ici un bout de temps, mais cela peut-être une bonne chose d'instiller l'idée. Doucement. Manipuler les abrutis, j'ai été forte à ça à un moment. Parker, c'est différent. Plus connard que débile. Moins malléable. Pour ne pas dire pas malléable du tout. Mais tout ce que je demande, c'est pouvoir m'étaler dans un canapé et respirer un bon coup. Même si le canapé est immonde, pue la mort et appartient à Parker.

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MessageSujet: Re: Je crois qu'on appelle ça se jetter dans la gueule du loup. [Ft. Parker]   Sam 20 Juil - 2:08



bernstein² ✖ je crois qu'on appelle ça
se jeter dans la gueule du loup.


J'avais quitté Charleston comme un type en cavale. Pas un au revoir, pas un mot, rien. J'étais parti sur un coup de tête, sans une pensée pour le peu d'amis qui m'entouraient ou ma propre famille. On pouvait sans doute penser que j'en crevais d'envie depuis des années, que j'attendais la première occasion valable pour me faire la malle. Mais non. Si j'avais voulu me tirer, je l'aurais fait sans attendre de me trouver une excuse convenable. Je détestais cette ville, cette maison, cette vie. Mais je détestais toujours tout. Je m'emmerdais à Salzburg, je m'emmerdais à Charleston. Je m'emmerdais toujours, partout. M'enfuir ne changerait pas la donne. D'accord, des facteurs de choix auraient pu m'influencer. Plus de bahut, plus de voisinage au regard méprisable, plus d'obligations, quelles qu'elles soient. Mais je me fichais bien de mes études, ne voyais les couleurs des murs de mon établissement qu'une fois de temps à autre, quand je n'avais rien de mieux à faire ou qu'il me fallait une ou deux nouvelles filles à me mettre dans la poche. Je n'étais pas parti parce que j'en avais envie, mais je ne pouvais simplement plus rester là. Je ne devais plus rester là. Je l'avais compris après l'enterrement, alors que je fumais une clope dans le jardin avec les gamins Callaway et que je les regardais à travers la baie vitrée. Ma mère, dont le brandy faisait bientôt briller les yeux davantage que les larmes. Mon père, qui discutait avec deux connards en uniforme, fier de savoir que son fils avait crevé pour la Nation. Ma soeur, qu'on faisait papillonner d'une tante à un vieil ami pour la consoler, pendant qu'elle en profitait pour remplir son assiette à tous les coins de la pièce. Je n'avais pas ma place avec eux, avec aucun d'entre eux. Le seul point qui me reliait à eux avait disparu. J'étais le frère de Derek et ils étaient la famille de Derek, mais ils n'étaient pas la mienne. Voir un drapeau américain étalé sur une boîte en bois ne me réchauffait pas le coeur. Entendre les hommages de sombres inconnus, répétés sans aucun doute à la lettre près à chaque fois que l'un de leur pions se fait exploser à l'autre bout de la Terre, ne m'emplissait pas de fierté. Ce n'était pas une surprise. Je n'avais jamais été l'un d'eux. Je me fichais de pouvoir jouer d'un instrument, de connaître les bases de la prospérité, de savoir comment me mettre tout le monde dans la poche. Je n'avais pas besoin de devenir un artiste renommé pour finir à boire comme un trou, comme ma mère, ni même des conseils de mon père pour me remplir les poches en paris crasseux et magouilles, ce qui, en fin de compte, se rapprochait aussi de sa méthode à lui. Et quant à ma soeur... Je ne l'avais jamais vraiment considérée comme telle, quoique, je ne sais même pas si j'ai la moindre notion de ce qu'une soeur peut être. Je n'avais pas besoin de m'inspirer d'elle pour manipuler les gens à ma guise, même si je n'avais aucun doute sur ses capacités à être une parfaite vraie petite hypocrite. Rien ne me rattachait à eux. Mais tout les rattachait à lui. Le sourire de ma mère, la démarche de mon père, les yeux de ma soeur. Je le voyais à travers eux, maintenant que je savais que je ne le verrais plus jamais. Et ça, je ne pouvais pas le supporter. Je voulais l'oublier, pour de bon.


Et j'avais réussi mon coup. Ici, Derek Bernstein n'existait qu'une fois de temps en temps, quand quelques photos d'enfants paraissaient, dont les quatre membres encore bien entiers et pas l'ombre d'un air terrorisé sur leurs traits menaçaient d'améliorer mon image, si l'on venait à savoir que j'en étais l'auteur. Je n'en avais parlé à personne et personne ne le connaissait, sauf Jason, mais lui, je savais bien qu'il était bien placé pour savoir que moins on en parle, mieux on se porte. J'avais presque oublié mon frère, ou plutôt toute la souffrance que j'avais fui de Charleston. Je vivais sûrement dans le déni, mais ça, personne ne pouvait le savoir, et c'était bien comme ça. Et puis, la voilà qui débarque, avec sa petite tête de chieuse qui lui ressemble beaucoup trop. Je l'observe alors qu'elle me répond, toujours mon sourire foireux aux lèvres, on dirait bien que je l'agace mais je m'en fous. Non seulement par principe, mais aussi parce que je ne m'y intéresse pas, je ne le remarque peut-être même pas, trop frappé par toutes les images et les souvenirs que j'avais cru avoir effacé en m'exilant à l'extrême opposé du pays. Raté. Comme si ça ne suffisait pas, la réplique sur laquelle elle rebondit le concerne, de la manière la plus directe comme la plus dégueulasse. Cette fois-ci, je ne peux que l'entendre et ça a le mérite d'effacer mon sourire. Merde, je clous des souris séchées au mur, je prends mon pied à coucher sur papier glacé tout ce qu'il y a de plus gore et son trait d'humour parvient à me choquer. Je pourrais presque lui tirer mon chapeau, si je n'avais pas envie de lui en retourner une sur-le-champs. Je m'empresse toutefois de lui cacher ça, en reprenant une expression dépourvue de tout sentiment autre que le mépris et le cynisme. « Dans le mille. Je vous les aurais bien envoyés pour Noël, mais j'ai flippé à l'idée que la souillasse les confonde avec les morceaux de dinde. Ça aurait été con de vous voir en prison pour nécrophagisme, quand même.  » La meilleure des défenses, c'est l'attaque, et je préfère me joindre à sa petite blague de merde que dégobiller sur ses pompes, quoique, c'était tentant aussi. Mais non, vu le prix des substances qui macère encore dans mon ventre, ça serait du gâchis. Pas de petites économies, c'est la crise. « L'humour macabre, la clope ? Merde, qu'est-ce qui s'est passé... T'as pas eu 20 sur 20 à ton dernier test de catéchisme et t'as décidé de te rebeller ? » Je mets toute l'inquiétude que je peux dans mon regard tandis qu'elle me rend ma cigarette. La parfaite petite Solveig. La parfaite petite brune qui chante comme un ange, qui est trop mignonne dans sa robe bleu pâquerette des champs arc-en-ciel et qui brille et qui est merveilleuse et brillante et irréprochable. La voilà qui me crache sa fumée à la gueule, pile poil 15 ans après qu'elle ait retourné ma chambre de fond en comble pour rapporter à notre père un paquet de Marlboro qui lui servirait à justifier son envie perpétuelle et brûlante de me traiter comme une merde finie. L'ironie. Penser à ça me rappelle à leur relation, du moins, ce dont je m'en souvenais, et de la mienne et de toute l'estime qu'il peut me porter. Merde, mais qu'est-ce qu'elle fout là ? « Quoique, non, si tu te ramènes là, c'est que tu joues déjà à un autre niveau. Papa n'a pas voulu te payer une nouvelle voiture et tu viens faire une photo souvenir avec moi pour le faire chanter ? » Je dis ça sur le ton de la plaisanterie, encore, toujours, mais ce n'est pas si faux que ça. Je suis le diable en personne, l'infâme erreur de la famille, l'étranger à la lignée irréprochable des Bernstein, et elle, son adorable petite princesse. Si elle est là, c'est qu'elle veut vraiment, vraiment l'énerver.  « Y'a pas mal d'amateurs de trans' dans l'immeuble. Je voudrais pas priver un voisin de rencontrer l'amour de sa vie, la confusion est vite faite. »  Je dis ça,  mais je m'écarte quand même de la porte, une poignée de secondes plus tard. Allez savoir pourquoi, un effet retardé du crack, un élan de bonté, un excès de pitié pour mon voisinage qui, non, j'en suis certain, ne serait en aucun cas ravi de rencontrer cette merdeuse finie ? Probablement un peu de tout ça, recouvert par une bonne couche de dépit. Je suis blasé, encore plus qu'avant, encore plus que jamais. Le moral sapé pour de bon et la journée définitivement foiré, je cherche un fond d'alcool à descendre aussi sec pour mieux serrer les dents et attendre que ça passe ensuite. « C'est quoi, ces valises ? Toujours les bonnes vieilles habitudes, l'une pleine de bouffe, l'autre pour tout gerber ?  » Ma réplique suit un regard furtif vers elle, qui, malheureusement, inévitablement, m'avait emboité le pas. Mes prunelles se sont ensuite posées sur ses traits, sur lesquels je vois un air horrifié se peindre à mesure qu'elle s'avance, avant de ne détourner les yeux sur les photos qui finissent de se développer là contre le mur. « Fais gaffe, si c'est le cas, tu pourrais attirer la colonie de rats qui vivent dans la cuisine. Ils sont pas commodes quand ils ont faim, et ça m'emmerderait un peu que toi et ta graisse ne les déciment tous. » Je parcoure les visages et les couleurs qui apparaissent sur les rectangles de papier, mais sans plus les voir réellement, avant que je me retourne vers elle, soudain le visage aussi froid et sans bonheur aucun qu'il l'aurait été, si je n'avais pas joué la carte du cynisme depuis que je lui avais ouvert la porte, il y a une poignée de minutes maintenant. Plus de sourire mauvais, plus de jeu d'acteur savamment exagéré, plus la moindre émotion. Juste moi, mon impassibilité et mon dégoût profond pour ma cadette et ses iris à la Derek. « Qu'est-ce que tu viens foutre ici ? »

 

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MessageSujet: Re: Je crois qu'on appelle ça se jetter dans la gueule du loup. [Ft. Parker]   Lun 22 Juil - 18:01




Parker - Solveig


A mon plus grand étonnement, son éternel sourire de branleur disparaît à ma remarque sur Derek. Et bien quoi? Monsieur n'aime pas que j'ose parler de notre frangin adoré? La seule chose que nous avions en commun à dire vrai. En fait, je crois que ce qu'il n'aime pas, c'est surtout que j'ouvre ma gueule pour lui répondre. Un Parker, ce n'est pas sentimental. C'est juste prétentieux. Du coup, il répond et je me contente de lever les yeux au ciel. Il faut toujours qu'il essaie d'aller plus loin. Cannibaliser Derek, vraiment? Mais je laisse passer. Et je sens que si j'arrive à entrer dans cet appartement, ça va être mon principal mode de vie. Laisser passer. Ignorer Parker pour mieux le supporter. Je n'ai jamais connu d'autre méthode. Certes, j'ai essayer de lui pourrir la vie, mais cela n'a jamais rendu la mienne plus calme. Même si ça l'a rendue plus drôle, sans nul doute. Certes, Parker n'était jamais trop affecté par mes tentatives désespérées de l'emmerder, mais j'avais l'impression de réaliser quelque chose. Pour le bien de la société. Pour mon bien surtout. Risquer les représailles n'était pas vraiment un problème, il y avait toujours eu papa pour me soutenir, même quand je jouais à la peste. Parce que j'ai toujours été plus crédible que lui aux yeux de notre paternel, même quand je mentais comme une arracheuse de dents. Et le voilà qui note dans mon attitude une marque de rébellion. Je ne peux pas retenir un sourire sarcastique. C'est tellement mignon. Il ne m'a pas vue depuis un siècle et il croit que parce que j'ai adopté un humour de merde et que je fume, je suis devenue une "rebelle". Je sais pas où il a trouvé sa définition de rebelle. Je ne sais pas s'il se rend bien compte que j'ai 24 ans maintenant. 24 ans et le droit de fumer sans que ça puisse concerner mon père. Et c'est pas comme si notre mère allait trouver quelque chose à redire sur le fait que je fume. C'est toujours mieux que de sombrer dans l'alcool. Alors oui, sa réplique m'arrache un sourire. Je ne suis plus la petite fille en pleure qui voudrait que son frangin soit encore en vie. J'ai grandi. Contrairement à lui qui semble avoir persévéré dans sa voie. Je n'en dirais pas plus sur ce que j'en pense sinon je vais finir par me répéter. Alors non, je ne me suis pas planté à mon test de catéchisme parce que je n'ai plus de tests. Parce que j'ai 24 ans. J'ai l'impression de faire une fixation dessus et de vouloir l'imprimer dans son crâne et je ne sais pas vraiment pourquoi. Parce qu'au fond, qu'importe ce que Parker pense de moi, hein? Qu'importe qu'il me prenne pour une pauvre gosse qui a décidé de perdre la raison et de prétendument se rebeller à l'aide d'une pauvre clope et d'une vanne mal placée? Qu'importe qu'au contraire, il me prenne pour une de ces pétasses qui mettent leur père à leurs pieds à coups de caprices. J'ai comme envie de lui dire ce pour quoi je suis là, que je me suis faite engrossée et que je fuis, mais il ne comprendrait pas. C'est Parker, il ne comprend pas les choses simples. Il essaie même un instant de me faire croire qu'il va me laisser dehors pour faire profiter ses voisins de mon exquise compagnie. Si seulement ça pouvait être aussi facile pour lui. Je doute que ses voisins soient de dangereux mafieux et si j'y mets du mien, ils finiront par le caillasser pour se débarrasser de moi. Chieuse professionnelle que je suis.

Mais le plus bizarre, dans tout ça, c'est que contrairement à ce qu'il laisse entendre, il s'écarte pour me laisser entrer. J'avoue que je reste un peu coite. Je m'attendais à plus de mauvaise foi et plus de résistance. Au moins, juste pour me faire chier. Il y a quelque chose de trop facile dans sa façon de dégager le chemin, et ça ne me plaît pas trop. Enfin, rien ne l'empêche d'attraper mes valises par la suite et de tout balancer par la fenêtre. Sauf s'il craint la mort, évidemment. Parce qu'on ne touche pas à mes affaires. En tout cas, j'entre sagement, sans un mot, et je le suis d'un air un peu timide. Timidité qui fait rapidement place à l'effroi. Mon dieu, ceci n'est pas un appartement. Ceci est un taudis. Un squat. Ou un truc du genre. Ce genre d'endroit où je ne pensais jamais mettre les pieds un jour. Il lance une remarque mal placée sur mes problèmes alimentaires mais je suis trop préoccupée par la saleté ambiante que je ne peux même pas y réagir. Si je vomis dans cet endroit, ce ne sera certainement pas parce que j'ai mangé et que je n'aurais pas du. Ce sera plutôt parce que j'ai vu un truc que je n'aurais pas du voir. Et je préfère encore ne pas essayer de deviner ce que ça pourrait être. Des rats dans sa cuisine? Il veut seulement faire une blague mais j'ai un doute sur la chose. Il y a sûrement des rongeurs dans le coin. Si ce n'est pire, du genre des cafards. Entre parasites, ils doivent s'entendre, non? Calme tes pensées ma petite Solveig, soit aimable et reconnaissante qu'il t'ai laissée entrer dans sa garçonnière. Son antre. Sa porcherie. Ouais, bon, pour la reconnaissance, on repassera quand il acceptera de m'héberger sur le long terme. Et c'est franchement pas gagner vu son air de "je m'en fous de ce que tu fais là mais je te le demande quand même". Oui, c'est un air très particulier, que je n'ai jamais retrouvé que chez lui. Oh, je sais le faire aussi, mais me l'adresser, il n'y a que Parker qui le puisse. Un air trop neutre empli de trop de mépris. Je crois que c'est de famille, ce mépris. On le maîtrise tous aussi bien, et même ce frangin non-voulu. Comme quoi, on partage peut-être un peu du même sang. Un peu. Oui, je me convainc comme je peux, j'essaie de lui trouver des qualités, même les trucs les plus nuls possible. Parce que si je veux survivre dans ce taudis, il faut bien que j'essaie d'apprécier celui qui m'héberge. Essayer seulement. Mais en attendant, il faut le convaincre de me laisser squatter le coin le moins sale de son gourbi. Si je peux le trouver. Au pire, je nettoierais une parcelle pour me mettre à l'abri des relents de Parker. Je ne sais pas trop ce que ces relents comprennent, mais ils sont nocifs, ça ne fait aucun doute. « Je me suis dit que ce serait le dernier endroit où quiconque penserait à venir me chercher, et j'ai pas envie qu'on me trouve. » Vague. Vague mais honnête. Même moi, je commence à me dire que je ne peux pas vraiment me retrouver là. Avec ma valise et mon sac de voyage. Non, c'est un mauvais rêve. Si seulement. « Et puis je suis en cloque aussi, du coup, ça me ferait chier de dormir sous un pont. » Ouais. Je me suis dit que j'allais attendre... Mais en fait non. Ca finira bien par se voir. Il finira bien par le savoir. Je ne compte pas jouer sur son instinct familial et se réjouir à l'idée d'être tonton, mais je me dis qu'il faut qu'il sache. Un instant, je me rappelle que je n'en ai toujours aucune preuve concrète, que ça pourrait être un mensonge, et puis je l'écarte aussi vite. Je sais très bien qu'Alien vit dans mon corps. Et il faut que j'arrête de formuler la chose ainsi, sinon, je vais finir par l'appeler comme ça, mon gosse. Alien. Papa en ferait une syncope.

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MessageSujet: Re: Je crois qu'on appelle ça se jetter dans la gueule du loup. [Ft. Parker]   Mar 23 Juil - 13:05



bernstein² ✖ je crois qu'on appelle ça
se jeter dans la gueule du loup.


« Qu'est-ce que tu fous là ? Verpiss dich! » La cohabitation n'avait jamais été facile, il fallait bien l'admettre, et pas seulement entre les autres et moi, contrairement à ce que mon père aimait souligner entre deux discussions sur la météo et les derniers résultats de Wimbledon durant les repas de famille. Je n'étais peut-être pas commode, mais tout le monde se marchait dessus, s'agaçait. La maison était énorme, les chambres spacieuses et les couloirs vastes, mais c'était trop petit. Faut croire que les Bernstein se fichent bien des mètres carrés, que leurs égos surdimensionnés effacent en un claquement de doigt. C'était sûrement le propre de chaque famille, en fin de compte,  d'en arriver, un jour ou l'autre, de temps en temps, au point où chacun de ses membres ne peut voir en peinture les autres, le temps de quelques heures, d'une soirée. Ici, c'était un peu différent. Plus complexes, plus subtiles, les échauffourées se traînaient bien plus longtemps, les soupirs à chaque croisement dans le couloir se répétaient jour après jour. Aussi, si les confrontations se faisaient plus discrètes chez nous, parce que voilà, traiter ouvertement sa femme de souillasse ou son père de sale con, ça ne fait pas très Mozartien, quand même,  elles n'en étaient pas moins intenses, corrosives. Toutefois, dans ces moments-là, la meilleure des solutions était la même partout : s'isoler. Filer dans sa chambre, falcutativement claquer la porte derrière soi et obligatoirement ruminer tout son énervement dans son oreiller et/ou dans le bong posé là, derrière le lit. Au choix. « Avec Papa on cherche le doudou de Frimousse et il m'a dit de venir ici et de bien chercher sous le lit et dans les tiroirs. C'est quoi ce truc ?  » Posé là, derrière le lit ? Rectification faite, serré dans la main de votre petite soeur, la fouine surentraînée de votre paternel qui, comme par hasard, l'envoie dans la seule pièce où le chien ne passera pas, même à deux doigts de l'agonie - à moins qu'elle n'ait enfin pris son envol et n'agisse en freelance ? Je ne m'en soucie pas, trop énervé par ma journée, les cours, les profs, les élèves, les merdeux de l'équipe de softball, les surveillants, l'infirmière, le directeur, ma mère dont l'odeur de bourbon embaumait l'air même hors de la voiture avec laquelle elle est venue me chercher pour mon exclusion journalière. Je veux juste me cloisonner dans ma chambre et faire le plein de munitions d'ici à ce que l'autre déchet autrichien vienne me sortir son sermon habituel, la veine de la tempe palpitante, et Solveig assise sur mon lit n'entre pas dans l'équation. « Barre-toi, j'te dis, ou je... » La fin de ma phrase restera un mystère, même si ça n'en est certainement pas un, elle devait bien se douter d'à quelle sauce elle allait être bouffée, à force, mais Derek arrive déjà en trombe dans mon dos - lui aussi devait bien connaître la musique et son radar à emmerdes devait s'être enclenché à l'instant même où il m'avait entendu monter les marches de l'escalier. « Schatzli, j'ai vu le jouet de Frimousse dans le jardin ! Viens, on va le chercher ensemble... et on cueillera des jolies fleurs pour le vase de Parker, tant qu'on y est. » Je ne sais pas à qui il est venu porter secours, mais je me plais à me dire que c'est ma mise à moi qu'il sauve et qu'il la fera tomber malencontreusement dans la piscine, lestée d'une ou deux briques. « Hey, prenez votre clébard de merde avec !  »

La cohabitation n'avait jamais été facile, encore moins lorsque l'ainé était parti se foutre volontairement en phase terminale. Alors, là, je me permets  de délaisser mon air je m'en foutiste, sans gêne ou remord, au profit de la tronche d'un type qui vient de découvrir qu'il vient de Krypton et qu'il va devoir changer toute sa garde-robe pour un moule-bite rouge flashy. Elle, ici, des bagages, « j'ai pas envie qu'on me trouve » ? J'ai peut-être le cerveau un brin cramé par les vapeurs de la chambre noire où j'ai passé trop de temps et par tout le reste, aussi, mais je ne suis pas con, enfin, pas trop, et là, le tableau est vite dressé. Heureusement que je suis encore un peu stone, sinon, j'aurais déjà la tête dans un sac en papier, à y respirer furieusement  une crise d'angoisse sévère. Là, dès que le courant daigne à revenir et que les connections entre mes neurones se refont, je relativise vite fait. C'était sûrement un nouveau trait de son humour de merde que je lui ai découvert tantôt ou un nouveau coup fourré pour m'emmerder. Et puis, ici ne signifiait pas forcément chez moi. Chez moi. Je détourne brièvement le regard et balaie les alentours. Il n'y avait pas de doute sur le fait que ce soit mon endroit, bien à moi, bien comme moi. L'appartement en lui-même partait pourtant sur de bonnes bases et aux vues du loyer, rien ne le prédestinait à finir ainsi, assombri par des rideaux constamment tirés, par mon sens de la décoration tout particulier, par des restes de soirée à la pelle. D'ailleurs, quelques mois en arrière, on aurait presque pu y trouver un peu de cachet derrière les nuages de fumée qui ont noirci les murs, même une certaine classe. Il était resté dans l'état dans lequel je l'avais quitté, deux années et des poussière plus tôt, alors encore en couple avec une pimbêche que je voulais persuader que j'étais un bon type, thuné à bon escient, dans un milieu qui se veut lisse et parfait - à moins qu'elle s'en soit convaincue toute seule, en achetant des dessous de verre et des jolis cadres pour mettre les jolies photos que j'allais potentiellement faire d'elle. Et puis, j'étais parti d'un jour à l'autre, et vider les lieux n'avait pas été nécessaire, ni même aguichant. Aussi, j'étais revenu pas mal de temps plus tard, et, à ma sortie du coma et donc de l'hôpital, me retrouver dans ces lieux qui ne me ressemblaient pas et qui n'avaient plus aucun sens, maintenant débarrassé de Lou - enfin, que je croyais, mais ça, cette une autre histoire - ne me plaisait que très moyennement.  Alors, j'avais laissé le soin à ma vie de redécorer les lieux comme il le fallait. Ma vie, mes habitudes, mes excès, mes démons comme tous les abrutis de puritains religieux qui peuplaient ce monde pourraient le définir.  Mais ce n'est que ma vie. Une vie que je crame des deux bouts, que j'use à fond, que je gaspille à tout va, pour vivre l'instant présent aussi fort que brusquement. Pas ma faute, j'ai toujours été une cigale et pas une fourmi. Une cigale rongée par l'alcool, la poudre et sûrement une bonne demi-douzaine de maladies vénériennes, mais une cigale quand même. La fourmi, c'était Derek. Celui qui étudiait, celui qui excellait, celui qui se préservait. Moi, j'étais l'autre, l'autre poids qui équilibrait la balance, l'abruti misanthrope et inutile. Faut croire que le voie obscure est toujours la meilleure à suivre. J'étais encore là. Vivant, bien vivant,  à continuer mes conneries, à me défoncer avec la première daube qui me passe sous le nez, à détruire les autres, à rendre le monde un peu plus nocif alors que lui, mon frangin, le héros sur son cheval blanc, la fierté de la famille, le bon petit soldat patriote, ça fait des plombes qu'il a été digéré par les asticots au fond de sa tombe. Mes yeux retournent sur Solveig, déjà esquinté de me frapper à son souvenir toutes les deux minutes alors que j'avais si bien réussi mon déni jusque là, fatigué aussi de ne pas comprendre, de ne pas savoir quoi comprendre. Alors, je reprends ma contenance, du mieux que je peux, et je ressors la carte du cynisme, parce que ça, je connais sur le bout des doigts, j'ai besoin de faire autant d'effort pour me servir de cette faculté là que j'en fais pour respirer. « 4000 bornes pour te cacher ? C'était pourtant pas nécessaire, 'suffisait d'aller te planquer du côté de la banlieue de Charleston. Les écoles publiques, pas de Bentley sur les parkings, les maisons sans portail en fer forgé et la moitié des mexicains employés par les parents comme voisinage...  Schauderhaft ! Ta majesté y mettrait les pieds encore moins volontiers qu'ici. » J'ajoute une petite courbette en fin de phrase - le souci du détail. Du détail, oui, de la véracité... Pas vraiment. Je savais bien  que la dernière des possibilités à laquelle penserait notre père, en cherchant sa précieuse petite impératrice, serait qu'elle soit ici, chez moi. Encore faudrait-il qu'il sache où je vive, d'ailleurs, seule ma mère avait daigné s'y intéresser et beurrée comme elle était quand je le lui ai dit, je suppose qu'elle ne doit se souvenir que d'avoir parlé avec un type d'Hollywood, peut-être Redford, en tout cas, elle se plaît sûrement à le raconter ainsi à ses amies lors de leurs séances de dégustation de vin quotidiennes. Je ne poursuis toutefois pas dans mon foutage de gueule clair et net ; elle m'en empêche, en plaçant une nouvelle réplique, qui a le mérite de me clouer le bec, à nouveau.  J'hausse un sourcil, soudain interdit, laisse mes yeux la toiser de bas en haut, s'attardant au niveau soudain suspect de son ventre. En cloque. En cloque ? Je songe à nouveau à la théorie de la grosse blague fumeuse, mais j'ai vite fait de me raviser. Elle ne rigolerait pas avec ça, elle ne me ferait pas ce coup-là. Pas que ça soit de mauvais goût ou touche un sujet sensible, bien loin de là : c'est juste que ce n'est pas drôle, ni même utile. Prétexter d'être enceinte ne m'apitoierait pas le moins du monde, elle le sait aussi bien que moi, ça ne me rendrait pas tout crème non plus et je ne lâcherais une petite larmichette d'émotion. Non, ça ne lui servirait à rien d'inventer une histoire du genre, c'était donc vrai. Elle était enceinte. Un ange passe. Bien. Je lâche un baillement qui efface tout trace de curiosité de mes traits avant de reprendre la parole, souriant.

« Un petit consanguin ? Tu as fini par prendre l'expression "lèche-cul" au pied de la lettre avec papa ? » Ouais, parce que dans ma tête, il n'y avait que cette tête de con pour la trouver rien qu'un brin jolie ou rien de supportable. « Enfin non, me dis rien, je voudrais pas me spoiler les histoires croustillantes pour le prochain Noël en famille. » À cet instant, je ne sais pas ce qui est le plus improbable, entre l'inceste et l'hypothèse où je me pointerai une fois à ce genre de fête - peu importe, je me contente de sourire largement, parce qu'au fond, je m'en bats comme de l'an quarante. Déjà que la voir plantée devant ma porte m'avait mis un coup, que son projet de s'installer ici n'avait pas amélioré, l'annonce de sa grossesse avait mis le point final : j'étais passé de l'incompréhension et de la méfiance à la simple ignorance, en bonne et due forme. Finalement, si j'étais parti si loin d'eux, c'est bien que je me fichais royalement de ce que pouvait devenir leurs vies, et ce n'est pas maintenant que ça allait changer, surtout pas. Enceinte, travestie, mourante, je n'avais pas une once d'intérêt pour elle - quoique si elle venait à clamser, mon père serait bien emmerdé au moment de faire son testament et j'aurais peut-être une infime chance de toucher son blé, en fin de compte. « En tout cas, ça me ravit que tu veuilles que ton foetus prenne exemple sur son tonton dès maintenant, vraiment, mais si quelqu'un doit gerber ici tous les matins, ça sera moi et personne d'autre.  » Moue désolée, je sors une nouvelle cigarette et l'allume dans la foulée, en m'allant m'asseoir dans le canapé là. « De toute façon, je suis sûr que les parents seront ravis de te payer un joli petit triplex sur Sunset Boulevard...  » Un léger sourire s'éprend du coin de mes lèvres, tout en ironie et subtilité quant à ce que je pense de leur façon de gâter leurs enfants - enfin, ceux qu'ils ne renient pas, j'entends -, avant que mon regard se l'élargisse brusquement et que je vrille mes pupilles  jusque là fixées sur la braise de ma clope sur ma soeur. « Attends... De qui tu te caches, au juste ? Ils sont au courant ?  » Pour le coup, mon sourire brille franchement plus, et en toute bonne volonté, une fois n'est pas coutume. Si elle me balance la bombe qu'elle cache son futur rejeton à ses parents chéris, pour le coup, je vais réviser mon jugement quant à sa pension ici. La foutre dehors plus tard, avec un gamin que j'aurai réussi à rendre accro au crack sous le bras et la renvoyer chez mon cher père qui n'en sait rien, ça, ça serait un putain de pied à prendre. Je tapote la place à côté de moi sur le canapé, en me redressant légèrement, l'air du type qui veut tout savoir, tout d'un coup.


Verpiss dich : casse-toi / Schatzli : ma puce / Schauderhaft : quelle horreur
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MessageSujet: Re: Je crois qu'on appelle ça se jetter dans la gueule du loup. [Ft. Parker]   Mar 30 Juil - 14:12




Parker - Solveig


Évidemment, il essaie de me dire que j'aurais pas du faire autant de chemin pour ses beaux yeux. C'est vrai qu'à priori les latinos des bas fonds de Charleston pourraient paraître au niveau. Si on avait évoqué l'idée avant que je mette les pieds dans cet appartement, j'aurais peut-être trouvé les deux supplices comparables. Peut-être. D'un côté des étrangers vivant dans la crasse, de l'autre, mon frangin. Maintenant, la balance est rompu puisque je suis chez mon frangin qui vit dans la crasse. Sa présence n'est plus contrebalancée par un semblant d'ordre, d'humanité. Non, tout est sale. Tout pue. On aurait presque l'impression d'être dans la tête de Parker tant ça lui correspond. En d'autres termes : l'enfer sur Terre. Et c'est ce que je cherchais, je devrais m'en réjouir. L'enfer sur terre, parce qu'effectivement, je suis une princesse qui n'aime pas fréquenter le bas peuple et les gens sales. En gros, voilà la réalité. J'aimerais que tout le monde soit comme moi des fois, qu'ils comprennent tous enfin qu'un minimum de tenue n'a jamais tué personne. Mais allez essayer de raisonner ce genre de personne. Évidemment qu'il ne comprend pas. Même s'il sait pertinemment que mon enfer sur terre, c'est ici. Il ne fait que me provoquer. Et étrangement ça ne me fait rien. Je me contente de lui faire savoir que j'ai un alien dans le ventre. Pas la peine de répondre à tout cela. Pas la peine de lui rappeler qu'il est la personne que je veux le moins voir sur cette terre. Pas la peine de lui rappeler que je partage avec notre père l'horreur de l'échec. Et il est un échec vivant. Si l'échec avait un dieu, il serait un dieu de l'échec. Et croyez-moi, atteindre un tel rang n'est pas une réussite, sinon, ce serait trop facile. Quoi qu'au moins, il fait les choses à fond. Il s'investit. Quand il s'agit d'être le dernier des loosers, il sait y mettre du sien. Si l'on voulait vraiment lui attribuer des points, on pourrait raisonner ainsi. Je ne veux pas vraiment lui attribuer des points. Certes, j'essaie de le remonter dans mon estime à l'occasion, mais c'est uniquement pour ne pas me maudire d'avoir eu l'idée de venir ici. Lui attribuer des bons points n'a jamais été dans mon programme, finir par l'apprécier non plus. Et au cas où mon cerveau trop plein d'hormones jouerait au con, il me rappelle à quel point il peut être un pauvre type répugnant.

Oser prétendre que mon gosse est celui de mon père. Je lève à nouveau les yeux au ciel, les lèvres pincées. Oui, je n'apprécie pas qu'un abruti comme lui calomnie les membres de la famille qui ont plus de valeur à mes yeux. N'importe qui peut cracher sur Parker, j'applaudirais avec enthousiasme, mais on ne dit pas un mot sur mon père. Et on ne tient surtout pas ce genre de propos malvenus. Non, mon père n'est pas un de ces cons qui poussent l'adoration de leur gosse jusqu'à l'adultère. Il peut tromper notre mère s'il le souhaite, mais il n'y a aucune chance que ce soit avec moi. Simplement parce que j'ai trop d'estime pour moi-même pour faire ce genre de chose. J'adore mon père, mais je mérite mieux. Et j'ai bien envie de lui dire qu'il n'y aura pas d'histoire croustillante au repas de famille. Parce que l'Alien qui vit dans mon ventre ne se fera pas remarquer en allant se pointer aux-dits repas. Je ne me barre pas pour rien tout de même. Fuir ma famille, fuir tout le reste. Ce n'est pas pour me ramener deux jours après l'accouchement. Et voilà qu'il décrète qu'il est le seul à avoir le droit de gerber tous les matins dans son appartement. Si ça peut lui faire plaisir, j'suis prête à décaler les horaires, ne gerber que le matin! Quel dévouement de ma part. Et puis, la nausée n'est pas systématique voyons! Ouais, bon, les raisonnements de ce genre ne sont pas faits pour lui. Il a juste trouvé le moyen le plus débile de me dire non. Et s'il doit me le dire dans toutes les langues, je ne doute pas qu'il le fera. Je me contente de soupirer. Parce que, franchement, qu'est-ce que j'espérais? Qu'il m'accueille à bras ouverts? Alors quoi, j'essaie d'insister encore un peu? Parce qu'entre être mise à la porte et être mise à la porte, je peux de toute façon risquer le tout pour le tout. Il se rallume une clope et va s'étaler dans son canapé. Le mal de pied du au trop long voyage me lance et j'ai envie de l'étrangler. Ouais, l'étrangler, puis m'asseoir. Ou le contraire. Et quand il me dit que les parents me paieront un logement, je reste un peu sur le cul. Il comprend pas grand chose à la vie celui-là. Et voilà. Son sourire s'efface, et l'on peut lire dans ses yeux qu'un déclic à eu lieu dans son crâne pourtant trop vide. Je laisse l'information faire son chemin dans son esprit avec un air des plus neutres. Voir un peu blasé. Allez Parker, fait fonctionner ce qui te sert de cervelle. Et le voilà qui sourit d'un air ravi. Va savoir pourquoi. Le fait que je prenne un chemin qui ne corresponde pas à mon parcours de fille parfaite le fait marrer? Sans aucun doute. Il tapote la place à côté de lui et je vois enfin la délivrance. M'ASSEOIR! Il ne m'en faut pas plus. Pour un peu, je le considèrerais comme mon frère et pour un peu, je lui raconterais toute ma vie, tout ce qu'il veut savoir! Mais non en fait. Parce que j'ai ce que l'on appelle de la mémoire et que le repos de mes pieds ne peut pas effacer qui il est. Mais c'est avec délectation que je m'étale dans le canapé miteux. Sale. Mais qu'importe, je suis assise. C'est pas pire qu'un bus. « J'ai dit aux parents que je partais en voyage, reste à savoir quand est-ce qu'ils commenceront à s'en inquiéter. » S'ils ne s'inquiètent pas déjà, vu que les voyages, ça n'a jamais été mon genre. « Et je me cache de qui je veux. » Parce que s'il semble intéressé, je sais pertinemment qu'il n'y a que le fait que je fuis la famille qui l'intéresse. Mes histoires diverses et variées avec des mecs pas très biens dans leurs têtes, je doute que cela devienne son sujet de discussion favori. Et puis, je ne suis pas là pour lui faire la discussion, je suis là pour m'incruster comme la crasse dans son canapé. Je le regarde un instant, pensive. J'ai du mal à comprendre son fonctionnement des fois. Il trépignait à l'idée de pouvoir me foutre à la porte, et savoir que j'ai fuit le foyer familial sans en parler aux parents semble tout changer. « Qu'est-ce que tu veux que je te raconte pour avoir le droit de squatter ici..? » Question franche. Trop franche peut-être..? J'ai pas envie de jouer au chat, pas envie de me compliquer la tâche. S'il veut que je lui dise que je ne suis qu'une sale gosse qui a découché pour aller se taper le premier con venu, je suis prête à lui faire ce plaisir. Mais je crois qu'il veut surtout comprendre pourquoi la fille prodige à abandonner son père adoré pour aller retrouver son frère paria. Et moi aussi, je me pose la question.

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Je crois qu'on appelle ça se jetter dans la gueule du loup. [Ft. Parker]

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