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 I am your father - Billie

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MessageSujet: I am your father - Billie   Ven 7 Fév - 19:51


You have the emotional range of a tea spoon.


I guess that's what happens at the end, you start thinking about the beginning. ⊹ J'étais pas venu pour la voir. Je m'étais jamais inquiété d'elle, je m'étais même jamais soucié de son existence. J'avais déjà pas l'aptitude d'être présent pour les marmots que j'avais déclarés à la mairie, je risquais pas d'être capable de gérer ceux dont personne ne savait qu'ils existaient. Je considérais pas mes filles comme mes filles, alors quel était le statut de filles qui n'étaient même pas vraiment mes filles tout en portant tout de même une partie de mon patrimoine génétique ? J'étais pas ce genre de père qui une fois qu'il a abandonné ses enfants essaie de les retrouver ou bien qui regrette son geste ou bien qui les fait adopter pour ensuite recevoir des photos chaque année en attendant le jour où les dits gosses débarqueront parce qu'ils ont fait leur crise existentielle – période hormonale intense où on se rend compte que la vie ne se résume pas aux billes et au cartes pokémon- et qu'ils ont décidé de retrouver leurs vrais parents. Non. Je n'étais pas venu pour la voir. J'avais juste trouvé l'occasion d'avoir un logement gratuit ou du moins pas cher. J'étais pas venu pour faire amende honorable, pour essayer de la connaître ou pour organiser une chouette petite réunion de famille. J'étais juste venu parce que c'était la seule valeur de la famille pour moi : la piaule. Je lui demandais pas de m'aimer, je lui demandais pas de vouloir me connaître. J'étais pas venu rattraper le temps perdu, je lui demandais pas de vouloir le faire. Je lui demandais même pas de me parler. D'ailleurs si elle m'ignorait ça m'irait très bien tant qu'il y avait le chauffage, l'eau courante et un frigo plein. J'en attendais pas plus d'elle. J'avais jamais rien attendu de plus de personne. J'avais même pas spécialement envie de décliner mon identité. Mais bon. Si je me doutais que, vu ce que j'avais pu étudier des comportements humains de référence, elle aurait du mal à me laisser m'installer chez elle, ce serait encore pire si je passais pour un parfait inconnu. Ce que j'étais de toute évidence, mais j'avais l'atout sang en poche. Les gens aident toujours ceux qui partagent leur sang.

Curieuse chose que la famille. Un partage génétique lié à de curieuses pratiques sociales qui font cohabiter des personnes parfois diamétralement opposées et qui les fait s'aimer, en règle général, alors que rien n'aurait pu les faire s'adresser la parole s'ils n'étaient pas de la même famille. Un concept puissant et terriblement ancré dans les habitude de la société. J'étais le seul à voir ça pour ce que c'était vraiment. Nous étions seulement la continuité de l'espèce. Nous étions des cellules, tous. Sur le plan atomique je ne ressemblais pas plus à mon frère qu'à un japonais. Mais sur le plan génétique si. Et c'était la génétique qui comptait. J'étais lié à mon frère. C'était mon frère parce que nous étions entrés dans le monde par la même porte.

J'éteignis l'eau, appréciant les restes de chaleur sur ma peau. Il n'y avait pas de tapis de bain. Je sortis de la douche, posant bien à plat mes pieds trempés sur le sol froid. J'attrapai une serviette que je nouai autour de ma taille, laissant derrière moi des traces de pas humides. Je jetai un rapide coup d’œil à ma veste. J'hésitai. C'était peut être pas une bonne idée. En même temps je ne voyais pas pourquoi ne pas le faire. C'était la première fois que j'étais chez elle, je ne voulais pas qu'elle me chasse. Si j'étais venu chez elle c'est que je n'avais pas envie de dépenser une fortune en hôtel ou de monopoliser ma précieuse intelligence pour me trouver un endroit où habiter. D'un autre côté je serai peut être plus sensible après, ce qui objectivement ferait bonne impression. Elle n'était pas obligé de me voir tel que j'étais tout de suite. Pas que je m'en soucie. Ce qu'elle pensait me passerait de toute manière assez loin au dessus de la tête. Dormir au chaud ce soir me préoccupait davantage en revanche. Et puis merde. J'attrapai ma veste et sorti le sachet de la poche intérieure. Si Pandora me voyait je pense qu'elle m'assassinerait sur le champ. Je sais, je sais. Dans la salle de bain de ma fille. En même temps il valait mieux que je prenne mon rail dans sa salle de bain où je ne dérangerai personne à part peut être l'évier qui s'en remettrai j'en suis sûr, plutôt que de faire ça dans son salon.

Je rejetai la tête en arrière, sentant les effets venir. Je ne savais pas ce que ça faisait aux personnes normales mais pour moi c'était diablement agréable. Je sentais mon cerveau activé comme même un esprit comme le mien ne pouvait pas le faire de lui même. Après avoir passé la main dans mes cheveux j'ouvris la porte de la salle de bain, toujours la serviette nouée autour de la taille je décidai de faire un petit tour du propriétaire, histoire de me faire une idée de là où j'allais séjourner pour les temps à venir. Je passai devant une chambre fermée d'où s'élevait une respiration sereine. Nous n'étions donc pas que deux dans cet appart. C'était fâcheux. Je préférerais éviter que nous soyons trop nombreux, je n'avais pas prévu qu'elle puisse avoir un colocataire. Et puis qui dormait à cette heure là ? Quelle heure était-il d'ailleurs ? Je n'en avais pas la moindre idée.

Je retournai dans la pièce où je m'étais présenté il y a quelques minutes avant d'aller à la douche. Elle n'était pas là. Je décidai de l'attendre dans la cuisine. Je m’asseyais sur une chaise, mes doigts commençant rapidement à s'agiter sur la table. Je regrettais déjà d'avoir balancé mon paquet de clopes, c'était malin ça. Tout d'un coup je la vis entrer dans la pièce. Je réalisai qu'elle n'avait toujours pas dit un mot depuis que j'étais entré. Se pouvait-il qu'elle soit muette ? Ou sourde ? Ou les deux ? Etait-il possible qu'un patrimoine d'une aussi bonne qualité que le mien et un sperme assez performant pour me donner 6 filles en 7 ans puisse produire une personne avec de tels défauts physique ? Pas que je n'aime pas les sourds et les muets, si elle était muette elle ne m'adresserai pas la parole et ça ne serait pas plus mal. Cependant qu'elle soit sourde était plus embêtant. Je n'étais pas du genre bavard mais quand je parlais c'est que je jugeais que c'était assez important pour que la personne à qui c'était adressé l'entende. Il n'y avait qu'une façon de le savoir. Assieds toi. J'attendis qu'elle soit en face de moi pour parler à nouveau. J'aurais peut être du tenter un sourire, il me semble que c'est qu'il fallait faire normalement. Mais je n'avais pas envie. Je n'aimais pas sourire. Ce n'était pas un geste très naturel, à moins que quelque chose ne soit drôle. Je n'avais pas le sentiment que la situation soit drôle. Tu comprends ce que je dis?


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MessageSujet: Re: I am your father - Billie   Sam 8 Fév - 17:09


You have the emotional range of a tea spoon.


I guess that's what happens at the end, you start thinking about the beginning. ⊹ Après avoir vu l’homme filer dans la salle de bain, Billie était restée interdite dans le salon. What the fuck ? Billie devait être l’une des rares orphelines à ne pas attendre ce genre de coup du sort avec impatience, et là il fallait avouer qu’il se présentait de manière plus que douteuse. Billie venait à peine de coucher River, après lui avoir jouer au saxophone l’une des comptines qu’elle lui composait lors de ses insomnies. Elle avait probablement à présent plusieurs heures de travail sans aucun bruit avant que River ne se réveille, si elle se réveillait, car des deux Salinger il fallait avouer que River était celle qui dormait comme un ange. Alors elle pourrait surement tranquillement se mettre à jour dans son boulot pour le cabinet, peut être même qu’elle aurait le temps de faire un peu son mémoire pour la fac... Seulement si elle était efficace.

Mais finalement c’était plutôt mal partit... Pour être efficace. Plantée au milieu de son salon la bouche légèrement entrouverte il était difficile de voir comment elle allait pouvoir se mettre à bosser. C’était comme si subitement il faisait noir. Noir dans son cerveau, noir dan sa tête et tout partout. Complètement noir. C’était comme si le sang n’affluait plus dans ses veines, et que ses pieds commençaient déjà à se nécroser sous le manque de sang. Elle en perdit d’ailleurs l’équilibre. Elle se rattrapa, les lumières se rallumèrent vaguement le temps pour le cerveau de donner le bon ordre. Reprenant vaguement ses esprits, elle remarqua que l’homme n’était plus là. Elle avait surement rêvé... Oui forcément. C’était la seule explication. Sous le choc d’un rêve éveillé franchement réel elle se dirigea dans la chambre de River. Elle n’avait pas envie de travailler, et regarder River dormir était étrangement rassurant, reposant. Peut être parce qu’elle aimait bien entendre la respiration douce de sa fiche, et voir sa petite poitrine qui se soulève doucement.

C’était un rêve donc ? Elle aurait pourtant jurer l’avoir vu... Lui... Annibal... Enfin c’était ce qu’il lui avait dit non... Rejouons ce qu’il y a jouer. Assise devant le berceau de River Billie ferma les yeux un instant essayant de se rappeler de la scène qui venait de se dérouler, pour de vrai... ou peut être pas...

Elle était sortie de la chambre de River, elle était aller à la table pour se mettre à travailler, et l’on avait sonné. Elle s’était dépêchée d’aller ouvrir de peur qu’on ne sonne une deuxième fois et qu’on ne réveille River. «Bonjour Billie.» Elle n’avait pas réagit, elle avait peut être seulement soulevé un souvenir de surprise. Elle ne connaissait pas l’homme. Il la connaissait. Ce n’était pas rassurant. Elle n’avait rien eu le temps de dire qu’il l’avait déplacée et qu’il était rentrer chez elle, comme si de rien était posant on sac sur le canapé. Bien sûr il n’avait pas l’air méchant... Seulement mal poli... Billie était restée sur le cul. Enfin plutôt le dos contre le mur à côté de la porte, la bouche légèrement ouverte. « C'est gentil de proposer mais le canapé m'ira très bien, tu peux garder ta chambre.» Si ses yeux n’avait pas encore été suffisamment ecquarquillé elle ne pouvait désormais pas faire mieux. «Oh. Juste. Evite de m'appeler Papa. Annibal fera l'affaire.» Ah... Finalement si. Défiant ainsi toutes les lois physiques, chimique, de graviter et d’autre chose, le visage de Billie s’était tordu dans une grimace de surprise et d’incompréhension. What the fuck ? C’était quoi cette blague ? Ce n’était pas le genre d’Aidan... Peut être que c’était celui de Luke... Ou alors... Non elle ne trouvait pas... Et puis ce n’était pas drôle... Ce mec était un con... Elle n’avait pas eu le temps de réagir qu’il avait filé. Elle avait entendu une porte claquer... Et ce n’était pas celle d’entrée... Putain il était passé ou... Ah la salle de bain...

Peut être que c’était vrai finalement... Aurait-elle réellement pu inventer une telle situation toute seule ? Je veux dire elle avait de l’imagination... Mais tout de même... Pourquoi aurait-elle fait ce genre de chose éveillée ? Ca n’avait aucun sens. Aucun.

Elle entendit la porte s’ouvrir et soupira. C’était donc vrai... Avait-elle réellement envie d’y retourner ? C’était le rêve de toute gamine de rencontrer son père... Enfin de toute gamine qui n’en avait pas... Mais elle n’en avait pas... Elle en avait deux... Deux qui avait été mieux que tout... Mieux que celui là certainement... Finalement en deux secondes, trois phrases, elle lui pardonnait de l’avoir jeté à la poubelle. Ca avait peut être été mieux... Enfin bien sûr elle ne savait pas. Elle s’en fichait. Elle ne faisait pas partit de ces orphelins qui rêvent de rencontrer leur parent biologique... Si le mec disait la vérité. Elle finit par sortir de la chambre. Elle n’allait pas rester enfermé dans la chambre de River. Si le mec était en faite un voleur ? Qui serait venu prendre une douche... Pourquoi pas après tout... Un voleur clochard... Il faisait quand même propre sur lui... Con, mal-élevé.. Mais propre sur lui... Elle sortie par le salon qui donnait sur une cuisine américaine et au bar, l’Annibal... Ca ressemble à l’animal... C’est plutôt juste. Enfin l’animal assis, torse nu... Sérieusement. Ses sourcils rejouèrent la même grimace que plus tôt... Qu’est ce que c’était que cet individus... «Assieds toi.» Sérieusement ? Et si elle ne voulait pas s’assoir ? Elle était chez elle quand même... Bordel de merde. Elle cligna un instant des yeux cherchant à réactiver son cerveau... Comment devait elle agir dans ce genre de situation. Elle regarda un instant l’homme. Cligna à nouveau des yeux. Penses comme Birdie... Enfin non. Penses comme toi même, agit comme Birdie. Ou un mix des deux... Qu’est ce qu’on aurait fait ? Elle détailla l’homme. Il avait surement la quarantaine... Forcément s’il était son père il devait même avoir plus. Il était pas mal... En même temps elle n’était pas moche... Birdie l’aurait surement embrassé... Pour voir.. Parce qu’elle n’aurait pas cru que ça puisse être son père... Mais en cas de doute... C’était mal venu... Puis Billie n’était pas Birdie... Pas tout à fait... «Tu comprends ce que je dis?» Elle pencha doucement sa tête sur la gauche, interdit par tant de... Manque de sociabilité. Elle s’approcha rapidement et l’assena brutalement de deux coups, sans prévenir. Le premier une baffe, avant que sa main ne se referme en poing qu’elle écrase plus bas au niveau de son entrejambe. Elle relève la tête, passe sa main dans ses cheveux, le fixe le regard noir. Oui peut être qu’on aurait agit comme ça, avec Birdie. «Le première c’est pour le manque cruel de politesse, de manière. Le deuxième c’est pour avoir fait des gosses poubelles.» C’était fou, ça faisait du bien. Beaucoup de bien. Beaucoup trop de bien. «Maintenant Annibal, si tu veux bien te donner la peine de t’habiller, et de redemander ce que tu veux en y mettant un minimum les formes, tu verras que tu auras peut être plus de chance d’obtenir une réponse positive.» dit-elle sévèrement d’une voix posée, comme si elle était entrain d’engueuler un môme... A vrai dire lorsque River faisait n’importe quoi, elle réagissait de la même manière, froide et impassible, très calme. «Et puisque tu sais que je m’appelle Billie, pas besoin de m’appeler maman» dit-elle d’un ton dégoulinant de cynisme. Evidement si l’on devait tomber sur un père complètement jeté, qu’elle devrait éduquer... C’était forcément pour elle. Elle leva un instant les yeux aux ciels. Sérieusement ? Elle ne croyait pas en Dieu... Mais si ce n’était pas ça... Qu’est ce qui jouait au con avec elle ?


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MessageSujet: Re: I am your father - Billie   Sam 8 Fév - 20:43


You have the emotional range of a tea spoon.


I guess that's what happens at the end, you start thinking about the beginning. ⊹ Ils vous présentaient la paternité comme une expérience salvatrice. Comme ce qui allait changer votre vie. La paternité c'était bien. Il y avait qu'à voir toutes les publicités avec ces hommes aux dents si blanches et aux cheveux gominés qui empestaient le bonheur made in Hollywood. La paternité c'est la même chose qu'une comédie romantique bon marché. La paternité ça vous change un homme. C'est niais, c'est dégoulinant de sucre, biberon et excréments soigneusement emballé dans des beaux papiers cadeaux ultra absorbant. T'as des problèmes pour gérer ta vie ? T'es obsédé par ton boulot ? Tu sautes tout ce qui bouge ? Tu bois ? Tu fumes ? T'es émotionnellement en manque ? Au fond tu veux juste qu'on t'aime ? Deviens père. Tu deviendras responsable, tu auras une magnifique créature toute plissée et braillante qui occupera tout ton temps, t'auras des câlins qui sentent la couche pleine à volonté. Fais un gosse qu'ils disaient. Fais un gosse et tu deviendras un homme meilleur. Tu seras un père. On croit que le stéréotype de la mère est le seul à accompagner la naissance d'un enfant. Ce n'est pas le seul. Les pères aussi sont visés. Les pères sont parfaits, ils sont le bon côté de la balance. Ils jouent au football ou au basketball avec leurs enfants, ils rient devant les dessins animés avec eux, ils leur font faire leur devoir. Ce sont également eux qui les grondent. Ils sont l'autorité. L'équilibre. Quel ramassis de connerie. Tu bois ? Tu continuas à boire. Tu sautes tout ce qui bouge ? Ta femme t'attireras pas plus après plusieurs grossesses.

Ça marchait pas. Pour moi en tout cas ça marchait pas. Parce que j'avais pas de problèmes. Parce que je voulais pas être père. Parce que mes gosses c'était ça mon problème. J'avais jamais rien demandé. Je voulais pas de marmots. Je sais pas si j'en aurais voulu à 30 ans mais je suis totalement sûr qu'à 18 ans je voulais tout sauf ça. À 18 ans je voulais juste culbuter une jolie fille, plutôt cultivée et presque intéressante. Je voulais pas l'engrosser. La vie est une salope. Y a des couples qui rêvent d'avoir un enfant, des hommes qui bavent devant leur télé en s'imaginant faire un putain de gâteau au chocolat à partir d'une poudre suspecte avec leurs gamins. Et y a moi. Moi qui en voulait pas un. Moi qui aime pas le gâteau au chocolat. Moi qui aime pas les gens. Moi qui aime pas. Et moi on m'en a refourgué 6. Deux paires de jumelles, qui est capable de faire deux fois des jumelles ? Je dois avoir un sperme de compétition, j'aurais du le vendre. Je demandais à personne de me comprendre. J'avais pas besoin de circonstances atténuantes. J'étais pas un bon père parce que je n'en étais pas un. C'est tout. Je n'avais pas passé le cap de la paternité. J'aurais fait un pas trop mauvais parrain. Je détestais pas les gosses. J'aurais pu être gentil avec eux deux ou trois fois par an, leur envoyer un cadeau pour leur anniversaire. Et puis c'est tout. Je voulais pas être leur exemple, elles seraient jamais assez bien pour le suivre.

Mais la fécondation avait pas demandé mon consentement. Elle avait opéré, mes petits soldats avaient bien fait leur travail, ils avaient bien mené le siège, assez bien pour qu'un des leurs, plausiblement le meilleur, ou bien seulement un chanceux, ait réussi à passer, à atteindre l'objectif. Il avait déclenché la réaction en chaîne, initié une multiplication exponentielle des cellules. C'était la fin, on ne pouvait plus rien faire. On aurait pu étouffer la vie qui se formait, on aurait pu user de l'arme ultime, s'en débarrasser mais elles n'avaient jamais voulu. Les femmes semblent assez sentimentales quand on en vient à ce qui habite leur utérus.

Alors je me retrouvais à lui faire face. Une de celles que j'avais crées. Elle était presque comme une partie de moi. Un fragment de mon propre être. Elle ne pouvait pas me chasser de chez elle, en faisant ça elle chasserait la moitié de ce qu'elle était. Je me demandais quel avait été sa vie. Je me demandais ce qui lui était arrivé. Je ne ressentais pas vraiment de culpabilité, je ne connaissais pas ce sentiment, mais la drogue que j'avais ingéré me poussait à me préoccuper un peu d'elle tout de même. Si je n'arrivais pas à me sentir totalement concerné j'arrivais tout de même à un degré de presque empathie. Elle s'était assise. Je lui avais demandé, c'était normal. Enfin les gens y mettaient en général plus de forme, mais j'avais toujours trouvé les formes diablement superflues. Elle n'avait toujours rien dit. Je commençais vraiment à me poser des questions sur le bon fonctionnement de son appareil auditif et de ses cordes vocales. Ça ne pouvait pas être un problème de langue, elle vivait à Los Angeles, elle devait parler anglais, et je lui avait parlé en anglais. Outch. Je l'avais pas vue venir celle là. Je ne savais toujours pas si elle était sourde ou muette mais sa paume venait de s'abattre sur mon visage me prouvant qu'elle n'était pas manchote et qu'elle savait se servir de ces appendices. Elle était pas bien de m'attaquer comme ça ? Avant même que j'ai le temps de réagir, d'ouvrir la bouche ou de tenter de me mettre à l'abri de cette fille qui avait de toute évidence du mal à gérer ses émotions je ressentis une intense douleur au niveau de mon service trois pièce alors qu'elle venait d'abattre son poings sur mon entrejambe. Putain de bordel de merde. laissai-je échapper en portant les mains à ma dignité bafouée en un geste réflexe. Elle était pas bien ou quoi ? Elle avait pas idée à quel point cette zone était sensible. Ça faisait un mal de chien et mon visage se tordit même en un furtif spasme de douleur. «Le première c’est pour le manque cruel de politesse, de manière. Le deuxième c’est pour avoir fait des gosses poubelles.» Elle savait parler. Elle n'était pas sourde, ni muette. Bien. Mais ça ne l'autorisait pas à être violente. Je ne sais pas d'où elle tenait ça. Sa mère n'était pas violente. Moi non plus. Je n'étais pas impoli, j'évitais juste des manières inutiles et qui me feraient perdre mon temps. Je préférais qualifier ça d'efficacité. Gosses poubelles. J'esquissais un rictus presque amusé. C'était assez drôle comme expression et pas si loin de la réalité en fin de compte.  Tu n'es pas un gosse poubelle, tu es juste un gosse tout court. Ce qui était la même chose. «Maintenant Annibal, si tu veux bien te donner la peine de t’habiller, et de redemander ce que tu veux en y mettant un minimum les formes, tu verras que tu auras peut être plus de chance d’obtenir une réponse positive.» Je ne sais pas vraiment à quel accueil je m'étais attendu mais certainement pas à ça. Dans l'opinion collective les enfants abandonnés étaient en général très heureux de retrouver leurs parents biologique. Elle non. J'étais presque intéressé par l'absence de lien émotionnel qu'elle semblait avoir tissé autour de l'image de son père. «Et puisque tu sais que je m’appelle Billie, pas besoin de m’appeler maman» Elle avait même un peu de répondant cette petite, pas besoin de test ADN, elle devait bien être ma fille, et puis il fallait reconnaître qu'elle était objectivement plutôt très joli, avec une mère comme la sienne c'était le moins qu'elle puisse avoir. Cependant malgré ce qu'elle pensait, je n'avais pas du tout besoin d'être baby-sitté. Pourquoi est ce que les gens accordent tellement d'importance à la forme ? Je me redressai un peu sur la chaise. Je crois que je vais rester comme ça, il me semble que cette discussion a plutôt bien commencé et je m'en voudrais de briser le lien évident qui s'est fait entre nous juste pour aller mettre un t-shirt et un caleçon. Je n'avais pas l'intention de recommencer cette tentative d’établir le contact, je n'avais pas que ça à faire de discuter avec elle, et que je sois habillé ou pas ne changerait de toute manière rien à notre échange verbal. Quand à ma demande, il s'agit juste d'un toit, de ton canapé. Je sais que je n'ai pas demandé et qu'il n'y a toujours pas de point d’interrogation à la fin de ma phrase mais puisque tu viens de me broyer les couilles je suppose que tu me dois bien ça. Je faisais un père d'une classe folle. Maintenant tu attends sûrement que je me présente. Annibal Luke-Eros Ginsburg. Bientôt 43 ans. Je suis ton père. Pas d'allergies répertoriées à part le latex. Tu dois avoir des questions alors vas y, comme ça ce sera fait. Pour ma part je n'en ai qu'une qui est ton coloc ? Elle allait pouvoir me poser quelques questions, elle serait contente et je n'aurais peut être plus jamais besoin de lui adresser la parole.


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MessageSujet: Re: I am your father - Billie   Sam 8 Fév - 23:42


You have the emotional range of a tea spoon.


I guess that's what happens at the end, you start thinking about the beginning. ⊹ Billie était très famille. Peut être parce que même sans elle en avait toujours eu une. Elle avait toujours eu Birdie. Le privilège d’avoir une jumelle. Et puis elle avait eu Sloan et Isaac. Et ils avaient été parfait. Une famille peu commune, mais une famille rêvé. Billie n’aurait pas osé demander mieux. Ou peut être que si, peut être que parfois le soir lorsqu’elle venait à pleurer en silence parce qu’elle ne supportait plus les moqueries à cause de ses papas, elle pensait à ce que s’était si elle avait des parents hétérosexuelles... Un papa et une maman comme tout le monde. Mais ça n’allait pas. Ca ne cadrait pas. Parce que si c’était plus simple, elle ne pouvait pas avoir un papa et une maman... Pas sans jeter aux oubliettes Sloan ou Isaac. Et elle ne saurait pas choisir. Elle les aimait tous les deux. Elle les voulait tous les deux comme papas. Alors elle avait finit par envoyer bouler les autres. Elle avait finit par se blinder. Et puis ils étaient partis. Et peut être qu’elle s’était demandé si c’était aussi comme ça qu’étaient partis son papa et sa maman, si les jumelles avaient une raison pour être seule. Mais elles s’avaient l’une l’autre, et beaucoup de liberté. Et elle avait eu Reaver... Et elle n’avait pas vraiment eu le temps de penser à ses parents biologiques. Elle s’en foutait, elle s’était trouvé une nouvelle famille. Un homme a aimer qui l’aimerait pour toujours, malgré les conneries. Un frère attentif et parfait, d’autre soeur. Et elle s’en fichait de ses parents. Peut être qu’ils avaient eu une bonne raison, peut être pas... Peut importe... Au final, ils avaient probablement plus manqué quelque chose qu’elle, en les laissant. Parce qu’elle avait été une enfant parfaite. Une de celle qui fait la fierté de ses parents, des professeurs, de tout le monde. Alors oui elle se foutait éperdument de son père, de sa mère. Elle ne dirait pas non à des soeurs, des frères, de sang... Parce qu’elle avait perdu Birdie. Et même si personne ne pouvait la remplacer, elle se demandait ce que cela aurait fait s’ils avaient été plus nombreux. Plus nombreux pour se soutenir, pour ressentir la plaie béante qu’elle avait, pour supporter le manque. Peut être que ça aurait été plus facile... Peut être qu’elle aurait été intéressé sa mère... Pour voir... Parce qu’elle n’avait jamais eu de vrai figure féminine dans sa vie. Enfin si, Birdie. Mais Birdie c’était elle. C’était différent... Elle avait eu sa tante, Anthéa aussi... Mais ça aussi c’était différent... Elle était féminine certes, mais ce n’était pas une figure. Alors une mère pourquoi pas... Pour voir... Mais un père ? Elle en avait eu deux, parfait avec ça... Elle se foutait d’un potentiel troisième qui serait forcément moins bien...

Et la preuve. De tous les pères moins bien qu’elle aurait pu s’imaginer elle n’avait jamais imaginé... Ca. Ce n’était même pas une vrai chose... C’était un espèce de robot d’efficacité, qui vous balancerait surement qu’un seul mot à la tronche si ça lui permettait d’obtenir plus vite ce qu’il veut. C’était éventuellement un mannequin de chirurgie esthétique... Le mec en plastique trop parfait qui est sensé vous donner envie de lui ressembler... Mais on avait pas envie. C’était trop lisse, robotique. Enfin on s’en foutait en soit de son physique... C’était son père... Son père... Elle était pas sur de réaliser... Elle était pas sûr de savoir quoi en faire... Son père... Son père... C’était drôle... Ca ne faisait même pas vraiment de sens dans sa tête. Il paraît que plus on répète un mot, plus il perd de sens... Mais même sans le répéter celui là ne faisait plus aucun sens dans sa tête... Enfin le mot en lui même si... Peut être... Mais pas sur lui. Il n’avait pas l’air d’être père. De pouvoir l’être. «Putain de bordel de merde.» C’était risible. Elle avait lâché un rire. Parce qu’au fond il le méritait surement. Peut être pas de sa part à elle... Quoique... Mais de la part de quelqu’un d’autre surement. Il n’avait pas l’air d’être quelqu’un de bien sympathique. «Tu n'es pas un gosse poubelle, tu es juste un gosse tout court.» Elle leva les yeux au ciel. Un gosse... Et lui alors ? «non justement je n’ai jamais été un gosse, pas pour toi en tout cas.» Ce n’était pas un reproche, ce n’était rien, juste la vérité. Elle n’était plus une gosse depuis longtemps. Mais il ne pouvait pas le savoir, il ne l’avait pas vu grandir après tout. Ce n’était pas un reproche, elle s’en foutait, complètement, ça se trahissait dans sa voix, dans son regard. «Pourquoi est ce que les gens accordent tellement d'importance à la forme ?» Il posait vraiment cette question ? Il devait pourtant le savoir. Parce que la forme était la seule chose qui régissait les relations sociales. Mais il ne devait pas comprendre, lui écrasait les gens, sans ses foutues formes. «Je crois que je vais rester comme ça, il me semble que cette discussion a plutôt bien commencé et je m'en voudrais de briser le lien évident qui s'est fait entre nous juste pour aller mettre un t-shirt et un caleçon.» Elle haussa un sourcil. Il avait l’air de se foutre de sa gueule. Il débarquait dans sa vie après plus de vingt quatre ans, et se foutait de sa gueule. Elle n’était pourtant pas sanguine... Mais là elle n’avait même pas envie de faire d’effort. D’un geste brusque elle saisit un pan de la serviette et tira un coup sec. «Maintenant tu peux aller te rhabiller.» fit-elle mauvaise. C’était surement pas correcte, mais au fond elle s’en fichait du correct, incorrect. Elle était trop souvent trop correct pour pouvoir encaisser d’être un peu incorrect. Surtout face à quelqu’un qui ne savait de toute façon pas gérer ces définitions là. «Quand à ma demande, il s'agit juste d'un toit, de ton canapé. Je sais que je n'ai pas demandé et qu'il n'y a toujours pas de point d’interrogation à la fin de ma phrase mais puisque tu viens de me broyer les couilles je suppose que tu me dois bien ça.» Elle lui devait bien ça ? Elle écquarquilla les yeux. le pire c’est qu’il avait l’air sérieux. Tout à fait sérieux. Beaucoup trop sérieux. «Qu’on soit clair je ne te dois rien... Tu serais un auguste inconnu clochard que tu aurais plus de chance de pouvoir profiter de mon canapé... Et peut importe le nombre de fois que je te brise les couilles ça ne changera rien. Mais vas-y profite de mon canapé.» De toute façon elle ne savait pas dire non. Pas parce que c’était soit disant son père. Parce que c’était quelqu’un. Point. «Maintenant tu attends sûrement que je me présente. Annibal Luke-Eros Ginsburg. Bientôt 43 ans. Je suis ton père. Pas d'allergies répertoriées à part le latex. Tu dois avoir des questions alors vas y, comme ça ce sera fait. Pour ma part je n'en ai qu'une qui est ton coloc ?» Nom à coucher dehors... Enfin Ginsburg ça avait l’air français. Mais elle s’en fichait. Il pouvait être ce qu’il était. Il était jeune. 19 ans de plus qu’elle... C’était peut être pour ça... Et son allergie au latex clairement. Elle le regarda étrangement. Un coloc ? Elle avait une tête à avoir un coloc. «Je n’ai pas de coloc.» dit-elle simplement. River n’était pas un coloc, et elle n’avait pas envie de parler d’elle. Pas avec lui... Elle serait bien obligé s’il vivait sur son canapé... Mais elle avait le temps... Jusqu’à ce que River se mette à hurler en faite. «Je n’ai aucune question» dit-elle froidement. «Tu seras le mec qui squatte mon canapé... Quelques jours... jusqu’à ce que tu te trouves quelques choses...» Elle était bonne mais quand même... «J’ai plus de pères depuis que j’ai quatorze ans... Je ne vais pas recommencer à en avoir un.» Il fallait qu’on soit clair... Et qu’Annibal est envie de jouer au père ou non... Et il était plutôt clair que non, vivre avec un mec qui était supposé être son père équivalait pour elle à vivre avec son père.


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MessageSujet: Re: I am your father - Billie   Mar 4 Mar - 22:14


You have the emotional range of a tea spoon.


I guess that's what happens at the end, you start thinking about the beginning. ⊹ Si ça avait un garçon est ce que ça aurait été mieux ? Je dis pas si j'avais eu 6 garçons parce que dans tous les cas la quantité reste totalement disproportionnée, surtout pour moi. Mais si j'en avais eu un, si y avait eu un XY au milieu de tout ça est ce que ça m'aurait aidé ? Est-ce que ça aurait été plus facile ? Est-ce que ça m'aurait fait réaliser ma paternité ? Je pense pas. Je sais pas. Il aurait attendu la même chose de moi. Il faut arrêter de se mentir, une gamine et un petit mec c'est la même chose, on en habille juste un en rose et l'autre en bleu. Mais on peut pas cacher la vérité, on peut pas cacher ce que les deux veulent vraiment. Ils veulent des câlins, ils veulent de l'affection, ils veulent que vous les preniez dans vos bras pour pouvoir déverser leur bave sur vous. Ça me faisait rire ces parents qui veulent une fille, ou bien qui veulent un garçon. Ils comprennent pas, ils comprennent rien. J'aurai pu faire de n'importe laquelle de mes filles un être que la société aurait ensuite qualifié de masculine, peut être pas physiquement -quoiqu'on fait tout ce qu'on veut maintenant- mais dans l'attitude j'aurais pu.

Au fond elles ont eu de la chance de m'avoir comme géniteur. Je leur ai rendu service, elles s'en rendront sûrement jamais compte, ou peut être que si mais je leur ai offert ce que beaucoup n'ont pas. Je leur ai offert une forme de liberté. Je leur ai permis de se développer totalement librement, j'ai diminué par deux l'influence qu'elles ont reçu pendant leurs jeunes années et qui les a conditionnées pour tout le reste de leur vie. Je ne leur ai pas imposé mon modèle, je ne les ai pas influencée, pas éduquée. Mon absence fait partie de leur développement certes mais c'est mieux que de leur avoir transmis tout un tas de codes tacites et écrasants que véhicule la société. Je les ai laissées vierge de toute notion de rapport à l'homme, libre de se faire leur image des rapports sociaux. Mes filles sont libres. Pas totalement mais plus que la plupart des autres êtres humains.

Billie elle a pas eu cette chance. Elle m'a pas eu. D'autre diraient qu'au contraire elle a eu de la chance de pas m'avoir. Enfin ça dépendra des points de vue je suppose, ça dépendra de l'idéologie de celui qui parle. Il y en a qui ne jurent que par les parents biologiques, d'autres qui pensent qu'au contraire on est mieux sans. L'orphelinat sonne souvent comme une chose très triste, pourtant Billie n'a pas l'air d'avoir eu de problème de ce côté là, elle n'a pas l'air désaxée, ni aigrie, ni fauchée. Elle a pas l'air d'être totalement épanouie mais qui l'est ? Si on imagine qu'elle a eu une famille aimante c'est peut être la plus chanceuse de mes filles, elle et sa sœur, chez nous elles vont souvent par paires. Elles ont peut être eu des parents parfaits, une maman parfaite, un papa parfait. Toute cette perfection m'écoeur rien que d'y penser. J'suis presque fier de constater qu'elle tient assez de moi pour pas avoir l'air d'être cette perfection incarnée, comme dans une pub pour consommateurs de toute manière déjà acquis dès que le logo de la marque apparaît.

Elle était violente, vivante, vive. Tout ce que j'étais pas. Elle était comme sa mère, sanguine. Elle avait pas mon calme, elle avait sûrement pas mon cerveau non plus. Cependant elle avait pas l'air totalement inintéressante. Elle avait du cran. Même dans les scénarios potaches de films commerciaux qu'on était si bons pour produire aux Etats Unis, il était assez rare qu'une jeune femme foute un coup de poing dans les parties intimes de son géniteur en guise de bienvenue. Elle devait avoir 24 ans si ma mémoire était bonne, à peu près en tout cas. Je sais pas si ça importait vraiment. Et elle riait. Elle riait de ma surprise. Je trouvais pas ça drôle, ça faisait terriblement mal et n'importe qui aurait diablement regretté une telle action. Alors qu'est ce qui m'arrêtait ? Que ce soit une femme ? Ça m'avait jamais gêné outre mesure auparavant. Que ce soit ma fille ? Ça ne signifiait pas grand chose. Que ce soit celle qui allait me prêter un peu de sa vie en m'accueillant chez elle ? Je crois que c'était la partie la plus intéressante de l'équation. Il devait y avoir une ou deux personnes dans le monde, voire un peu plus qui approuvaient son geste, toutes les personnes qui avaient jamais osé le faire elles mêmes. Elle prétendait avoir jamais été un gosse. Ridicule. Tout le monde a été un gosse, même moi dans un passé brumeux j'ai du avoir été un bambin aux mains trop petites et à la voix trop aiguë qu'au fond toute personne réellement saine et objective a juste envie d'étouffer avec son oreiller. Pour moi c'est sûr qu'elle avait pas vraiment été un gosse. Elle était passé directement de la case bébé à rien. Comme ça, d'un coup de baguette magique. Curieusement je ne sentais même pas de réel reproche ou colère dans sa voix alors qu'elle avait lâché cette phrase. Comme si elle était résignée. Comme si elle s'en fichait. C'était mon domaine ça de m'en ficher, pas le sien. Cette gamine était paradoxale. Elle semblait accrochée à sa précieuse forme, aux manières, à tout ce que ses crétins de parents avaient bien pu lui transmettre comme valeurs sociales et pourtant elle mettait son père biologique à nu lors de la première conversation. Une tradition inhabituelle. «Maintenant tu peux aller te rhabiller.» C'était pas spécialement un acte très intelligent ou utile et mais c'était plutôt intéressant, ça montrait un caractère assez fort et ça accentuait encore plus cette impression que j'avais qu'elle ne me considérait pas plus comme son père que moi elle comme ma fille. Cependant c'était une perte totale de temps. J'étais un homme très à l'aise avec son corps, je n'avais pas de quoi rougir, loin de là. Il se trouve que je collais plutôt bien aux normes de la société de ce côté là, à défaut d'être socialement adapté mon physique lui était bien pourvu. Me retrouver nu devant elle ne me posait pas le moindre soucis, il ne s'agissait que d'une enveloppe corporelle qui n'avait aucune incidence sur notre conversation. J'étais de toute manière désormais sec alors porter une serviette ou pas ne changeait plus rien. Il ne faisait pas non plus froid alors je n'avais aucune raison objective d'interrompre cette conversation dans le seul but de me vêtir. Je n'en ressens toujours pas la nécessité. Répondis-je sur un ton neutre, un demi sourire ornant mon visage. La bienséance était un concept tellement surfait.

Je n'avais pas l'habitude de demander, ça ne faisait pas partie de mes attributions. Demander impliquait des capacités de sociabilité que je ne possédais de toute évidence pas. Alors je prenais. Je prenais ce qui m'arrangeait, ce dont j'avais besoin, ce que je voulais. Ça avait toujours été comme ça. «Qu’on soit clair je ne te dois rien... Tu serais un auguste inconnu clochard que tu aurais plus de chance de pouvoir profiter de mon canapé... Et peut importe le nombre de fois que je te brise les couilles ça ne changera rien. Mais vas-y profite de mon canapé.» C'est qu'elle n'était pas si facile à amadouer que cela cette petite. Teigneuse et têtue. Heureusement que j'avais pas eu à l'élever celle là. Elle était du genre à offrir son canapé à un clochard inconnu pardessus le marché, son altruisme était assez intéressant, inutile mais intéressant. En soit elle me devait la vie, sans moi elle n'existerait pas, qu'elle le veuille ou non je l'avais créée. J’espérais qu'en réalité elle n'avais pas l'intention de me briser les parties génitales plusieurs fois. L'expérience unique me suffisait. Elle avait accepté ma non question. C'était le principal. C'était tout ce que je voulais, le reste je m'en fichai, ça n'avait pas d'importance. Pas de coloc. Étrange, j'aurais pourtant juré avoir entendu une respiration dans cette chambre en sortant de la douche. Peut être seulement un ami à elle. Peut importe. Tant que je n'aurais pas à supporter la présence d'une autre personne qu'elle ça m'allait très bien. Moins on était, mieux c'était. En revanche elle ne pouvait pas ne pas avoir de question. C'était insensé. J'étais persuadé que même moi à sa place j'aurais eu au moins une question. Le mec qui squatte quelques jours. Qu'elle était naïve. Comme si j'allais partir de sitôt. Enfin, qu'elle s'en persuade tant qu'elle le veut, elle m'avait laissé entrer chez elle, c'était trop tard, j'étais là, je ne partirai plus avant un moment. Oh. Elle avait perdu son père à quatorze ans, la cocaïne me rendait presque ému par la nouvelle, un père biologique inconnu et un père adoptif qui meurt alors qu'elle n'est qu'une adolescente, il semblerait que son karma ne soit pas à son meilleur. Être le mec qui squatte ton canapé me va très bien. Je ne veux rien de plus. Je ne suis pas venu ici pour renouer des liens familiaux inexistants entre nous. Je suis désolé pour ton père. Mais si tu veux en parler abstiens toi avec moi, je ne serais pas d'une bonne écoute, enfin je suppose que tu as déjà pu faire ton deuil avec ta mère. Je n'étais pas le mieux placer pour lui parler de son père décédé que je n'avais nullement l'intention de remplacer. Je suis surpris que tu n'ai pas de questions, même pas sur ta mère ou tes sœurs. Mais enfin si on s'est tout dit je pense que la conversation est finie. Je commençais à me lever. Oh. D'ailleurs je ne risque pas de voir ta jumelle dont j'ai oublié le nom débarquer au moins, tant qu'on parle de sœurs ?


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MessageSujet: Re: I am your father - Billie   Ven 7 Mar - 11:44


You have the emotional range of a tea spoon.


I guess that's what happens at the end, you start thinking about the beginning. ⊹ Tout ça elle ne l’avait pas vu venir. Enfin, elle savait bien qu’elle était née d’un père et d’une père. Isaac et Sloan lui avait plus d’une fois raconter comment elles avaient été adopté. Mais dans un soucis de santé mentale, ou je ne sais quoi, elle avait très tôt supprimé la question des parents biologiques. Elles s’étaient imaginés milles histoires rocambolesque de plus en plus noir et définitivement au fil des ans. Ils étaient mort. Voilà. C’était une réponse parfaitement logique à un abandon. Il n’y avait pas vraiment à discuter. Alors forcément elle n’avait pas vu venir ce coup là... Un père. Sur son paillasson. Enfin maintenant dans son appartement, en serviette avec ça... Enfin, sans rien maintenant, parce qu’elle avait eu la bonne idée de lui retirer sa serviette...

Qu’est-ce qui n’allait pas chez elle ? Est-ce que c’était ça, le complexe d’oedipe non résolu ? Retirer la serviette de son père pour le forcer à s’habillé ? Non surement pas. Elle avait eu deux pères, elle avait largement eu assez de temps pour combler ce complexe d’oedipe. Aucun problème la dessus. Mais qu’est ce qui n’allait pas chez elle ? Ca ne correspondait à aucune règle. Ni celle de la pudeur, de la bienséance, ou du rapport père/fille. En même temps, la notion de père s’attachait très mal à cet homme. Il lui avait dit qu’il était son père comme il aurait pu dire qu’il était son frère, ou le père de la voisine... Ca ne faisait aucun sens, et ça ne trouvait aucune raisonnance dans sa tête.

Elle n’avait rien vu venir. Ni l’arrivée tardive. Ni le manque de respect. Ni même ses réactions sans queue ni tête. Et maintenant elle se retrouvait face à un homme nu... Ce qui en soit ne la dérangeait pas tant que ça... Sauf que c’était sensé être son père. Et que cette information travaillait dans un coin de sa tête, alors que son regard déviait malgré elle vers la partie désormais dénudé de l’anatomie de l’homme. Elle s’efforça de ne porter aucun jugement de valeur, et détourna rapidement le regard, le fixant si possible de manière définitive dans celui du dit père. Elle l’aurait bien accroché sur un objet se regard, mais elle ne voulait pas se laisser intimider. Elle était peut être borné. Mais lui semblait encore plus con, et si elle se fichait bien qu’il soit son père ou le pape, elle ne voulait pas lui laisser gagner la partie. Elle aurait ce qu’elle voulait.

Un instant elle envisagea de se déshabiller aussi, histoire de lui montrer à quel point ça pouvait être gênant. Mais elle se résigna. C’était encore une idée conne. Aussi conne que lui retirer sa serviette. Si elle n’avait aucun problème avec son corps elle en avait avec l’idée de père/fille nu dans un salon, et vu le manque total de convenance de l’homme, elle eut peur qu’il ne ressente jamais aucune gêne. Cette idée équivalait vraiment à se tirer une balle dans le pied... Mais puisqu’il ne «sentait toujours pas la nécessité» de s’habiller. Et bien elle allait employer la méthode forte. Après tout, elle avait de la tchatche, et il était chez elle, en invité presque forcé.

«On va reformuler ça autrement. Rhabillez-vous !» Ordre. Pas une question, pas une demande polie. Un ordre. Les pupilles toujours profondément ancré dans les siennes, le regard sombre et sérieux, elle ne cillait pas. «Parce que je vois deux suites possibles à ce genre de situation.» Sa voix était calme. la voix d’une enseignante, ou plus vraisemblablement, d’une avocate. «La suite puérile d’abord. Vous m’agacez, restez nu pour laisser prendre l’air et la poussière à votre bite, je l’attrape et la tire de toute mes forces...» Puérile violente tout de même. Et s’il pensait que parce qu’il était «son père» elle hésiterait à attraper ses parties intimes, il se fourrait le doigt profondément dans l’oeil. Il y a quelques années quand Birdie était encore en vie, elle aurait surement douté, préférant laisser le privilège des réactions non raisonnée à sa soeur... Mais maintenant qu’elle n’était plus là, elle assumait avec joie sa façade compliqué et légèrement désaxée. «La suite plus raisonnée. Vous êtes un inconnu qui prétend certes être mon père nu dans mon appartement alors que je ne vous ai pas invité à rentrer. Au mieux si j’appelle la police vous passez pour un exhibitionniste. Au pire pour un pervers violeur... Et le temps qu’on prouve que vous êtes bien mon père, si vous l’êtes bien, vous aurez passé au mieux une bonne nuit à vous geler le cul dans une cellule.» Qu’il cherche la faille la dedans, il n’en trouverait pas. Et puis il suffisait qu’elle amène River pour que de violeur il passe à pédophile. Alors honnêtement, il ferait juste mieux de s’habiller. C’est tout de même fou d’avoir à demander de la sorte.

Ca aurait pu très bien se passer. Qu’elle l’est vu venir ou non. Ce n’est pas la question. Ce n’est pas tant la surprise qui l’ennuie. Elle est du genre à se laisser surprendre, à ne pas forcément se braquer. Billie, elle est malléable. Depuis le temps, elle a appris. Elle a été elle, elle a été sa soeur. Elle a fait dans le compliqué. Elle s’est s’adapter. Ce n’est donc pas la surprise. Ce n’est pas tant le faite qu’il dise être son père. Elle en avait fait le deuil, de se père là. Elle lui avait pardonné son absence. Elle lui avait trouvé des raisons. Elle aurait pu être contente. De lui tomber dessus. De le retrouver. Elle aurait pu y trouver un intérêt. Elle aurait pu lui pardonner une deuxième fois. De ne pas être mort, finalement, d’avoir simplement choisis d’être absent de sa vie. Elle est grande parfois, elle est sage, elle aurait pardonné. C’est son genre après. La gentillesse jusqu’au fond de la connerie. Alors oui, ça aurait pu très bien se passer. Il y avait même peu de raison que ça se passe mal. Elle n’attendait pas grand chose. Elle n’attendait même rien de lui. Rien si ce n’est peut être le minimum. un peu de politesse, un peu de respect. Quelque chose comme ça. Et visiblement, c’était déjà trop. Ca aurait pu très bien se passer. A un détail près. A un détail qu’il semblait être un enfoiré, un égocentrique, égoïste, maniaque peut être. A l’idée près qu’elle ne voulait pas un père, qu’elle ne voulait pas d’un squatteur, et qu’elle ne savait pas dire non, qu’il ne lui demandait même pas la permission de toute façon.

Encore un truc qu’elle n’avait pas vu venir, qu’elle n’était pas sûr d’avoir mérité. Il y avait un petit con là haut qui devait se dire qu’elle savait bien encaissé. Qui en rajoutait toujours une couche.

«Être le mec qui squatte ton canapé me va très bien. Je ne veux rien de plus. Je ne suis pas venu ici pour renouer des liens familiaux inexistants entre nous. Je suis désolé pour ton père. Mais si tu veux en parler abstiens toi avec moi, je ne serais pas d'une bonne écoute, enfin je suppose que tu as déjà pu faire ton deuil avec ta mère.» Sa mère ? Avait-elle dit qu’elle en avait eu une. Elle en avait pas eu. Parce que la sienne l’avait posé sur le couvercle d’une poubelle. Parce qu’elle avait peut être pas eu le courage de la foutre dedans. Que... Billie ne savait pas. Elle avait arrêté de se poser la question il y a longtemps. Elle n’avait pas eu de mère. Elle n’avait pas vraiment fait son deuil au font. Elle ne faisait pas le deuil. Elle enterrait. Très loin. Et elle faisait tout pour ne pas y penser. Elle ignorait. Elle effaçait... Comme sur un tableau d’école. «Mes pères.» répondit-elle sèchement. Pour expliquer la chose. Pour rendre honneur à leur mémoire, ou je ne sais quoi. Il s’en foutait. Mais elle ne s’en foutait pas. Après tout s’il était son père, il avait le droit de savoir. Il devait même savoir. Des bouts de la vie qu’elle avait eu. Deux pères. Pas de mère. «Mes pères, pas mon père. Isaac et Sloan.» Là elle ne savait pas pourquoi elle avait dit les noms. Pour être sur que cette fois si il comprenne bien. Ses parents étaient gay. Oui homosexuel. Oui elle n’avait jamais rien fait de droit dans sa vie. Mais ça lui allait bien, le tordu, généralement. Ca expliquait peut être même le coup de la serviette. Ou peut être pas. Elle se doutait qu’il s’en fichait. Ce n’était même pas vraiment pour lui qu’il le disait. C’était pour elle. Pour eux aussi. Pour leur mémoire. «Je suis surpris que tu n'ai pas de questions, même pas sur ta mère ou tes sœurs. Mais enfin si on s'est tout dit je pense que la conversation est finie.» Il l’avait un peu arrêté net. Il n’avait pas l’air d’être du genre à vouloir parler. Et pourtant il lui mettait dans la bouche des questions. Pas sur sa mère, elle s’en fichait autant que de l’homme qui se trouvait devant elle, son père. Ils n’étaient que des géniteurs, un patrimoine génétique tout au plus. Mais des soeurs. Des pauvres filles qu’il avait abandonné aussi. Non probablement pas. Il n’était pas du genre à rechercher sa progéniture. S’il les avait abandonné, il n’en aurait pas parler. Mais s’il ne les avait pas abandonné... Elles avaient été les seules ? Elle et Birdie ? Dont il ne voulait pas ? Elle avait beau s’en foutre, c’était vexant. Qu’avaient-elle fait ? Et comment c’était de grandir avec un homme comme ça ? Comme père ? Et dans une famille avec un père et une mère ? Ce n’était pas pour lui qu’il avait des questions. C’était pour elles, ces soeurs. D’elles, elle voulait tout savoir. «J’ai des soeurs ?» demanda-t-elle suspicieuse. Fâchée de lui donner raison. Elle aurait voulu ne pas avoir de question. S’en foutre royalement. Mais il avait su attisé son semblant de curiosité.

«Oh. D'ailleurs je ne risque pas de voir ta jumelle dont j'ai oublié le nom débarquer au moins, tant qu'on parle de sœurs ?» Là elle eu l’impression de se prendre une claque monumentale. Elle resta là estomaquée devant lui, incapable de dire ce qui la choquait plus. L’évocation pure et simple de sa jumelle. Ou le je m’en foutisme latent qui se détachait en filigrane ? Son visage se ferma encore plus, si c’était possible. Elle aurait pu lui en coller une, hurler, ou le faire sortir dehors. Mais River dormait à côté. Et elle s’était promis de ne pas le laisser gagner. De s’en foutre de lui. De ne pas se laisser atteindre. De l’atteindre lui. De gagner la partie. Elle était la plus forte des deux. «Birdie ?» La voix était déjà glaciale, vidée de tout sentiment, d’attachement, ou peut importe. Ca lui coutait pourtant un rein dans parler. De mettre des mots sur ce qui allait suivre. Elle déglutit discrètement, péniblement. «T’as pas d’inquiétude à te faire.» ajouta-t-elle avec un ton presque plus gentil, comme si elle se préoccupait de son bien être, du faite qu’il avait peur de tomber sur une deuxième comme elle. Et il aurait raison. Si Birdie avait été encore là, il aurait eu raison d’avoir peur, de ne pas vouloir la croiser. Birdie était pire que Billie. Bien pire. Il n’y aurait pas survécu. Quand Billie était une tempête, Birdie était un ouragan. «Elle est morte il y a trois ans.» Ton clinique, froid, journalistique. Une information jeté sur la table, lancée aussi lourdement que la manière dont ils les avaient abandonné surement. Dans te dents pensa-t-elle doucement. Ca l’aurait presque fait sourire, si subitement elle n’avait pas tant eu envie de pleurer. Mais elle resta impassible, ses yeux toujours ancré dans les siens, dénué de toutes expressions.


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MessageSujet: Re: I am your father - Billie   Sam 5 Avr - 18:56


You have the emotional range of a tea spoon.


I guess that's what happens at the end, you start thinking about the beginning. ⊹ Six filles. Enfin quatre. Y en avait deux qui avaient jamais vraiment fait partie du compte. Pas qu'elles aient une quelconque tare. Elles étaient arrivées au mauvais moment, elles étaient arrivées trop nombreuses, dans le ventre de la mauvaise femme. Peut être que si elles avaient été qu'une on l'aurait gardée, peut être que si Pandora m'avait moins aimé elle les aurait gardées, peut être que si moi je l'avais plus aimée je l'aurais laissée les garder. Peut être que s'il n'y avait pas eu Jude on les aurait gardées, s'il n'y avait pas eu mon père. Peut être que si je n'avais pas été moi on les aurait gardées. Avec des 'on' on refaisait l'histoire. Mais l'histoire changerait pas elle. Pas le fait que j'avais convaincu Pandora de s'en débarrasser, pas le fait que ça m'avait pas empêché d'avoir encore deux filles par la suite, que j'avais pas pu forcer la main à Pandora, une deuxième fois. Non. C'était sa deuxième fois. Elle lâcherait pas le morceau. Et puis peut être aussi que j'pensais être presque prêt à l'époque.

Pandora elle aurait voulu les garder. Pandora elle voulait les aimer. Elle demandait que ça, des enfants, des petites filles. Elle, moi et les jumelles. Pandora elle m'aimait, elle croyait encore en moi. Elle était comme une femme battue, convaincue que cette fois j'allais changer. J'avais jamais levé la main sur elle mais au fond je savais que ces années avec moi l'avaient brisée. Pourtant elle était forte, elle s'en était remise, après mon départ j'avais pas pris de ses nouvelles mais je suis persuadé qu'elle avait du réussir à retrouver sa foi en l'humanité. Elle avait à nouveau vu le meilleur dans les gens, elle l'avait toujours fait pour moi, jusqu'à ce que ce soit trop, même pour elle. Alors si elle avait pu elle les aurait serré dans ses bras ses bébés, elle les aurait chérie comme le plus doux trésor que la Terre ait jamais produit. Le problème de Pandora c'était moi, c'était son amour pour moi. Alors elle a tiré un trait sur son bonheur parce que j'en voulais pas de ces mômes, parce que c'était à cause d'eux que je trompais ma femme, parce que c'était mes mômes qui m'avaient poussés jusque dans les bras de Pandora. Elle voulait pas me perdre. Et au fond elle espérait. Elle y croyait, je changerais, et un jour elle l'aurait son bébé, un jour je serais prêt. J'ai jamais été prêt mais elle l'a eu sa fille au final. Elle a même eu mon amour, plus que quiconque, ce dont j'étais capable de mieux en tout cas. Même ça ça a pourtant pas suffit. Pandora était une femme forte. J'ai bien fait de la quitter. Elle m'a détesté pour ça. Je le sais, c'est sûr, parce qu'au fond elle m'aimait encore un peu, même si la haine qu'elle me portait cachait par moment cet amour, remplacé par le mépris que j'avais réussi à susciter au fil des années. Elle me hait, elle rêve d'aller chier sur ma tombe, j'l'ai abandonné. Elle m'a perdu, et ça lui a même pas rendu ses filles. Ça aurait été pire, si j'étais resté. Elle m'aurait haï encore plus. Si je l'avais épousée elle y aurait pas survécu. J'l'ai fait parce que j'en pouvais plus, parce que ça servait à rien, j'étais jamais là, ça me servait plus à rien de rester. Et puis peut être aussi parce qu'au fond je lui devais bien ça. Parce que j'avais presque réussi à l'aimer.

Billie lui ressemblait un peu. Elle avait ces yeux, et quels yeux, elle avait son mauvais caractère aussi. Je suppose que Billie devait être le genre de fille sur laquelle on se retourne. Pandora elle vous faisait vous prendre un mur. Aussi dénué d'empathie que je puisse être, j'suis pas aveugle pour autant. J'ai jamais vu une femme aussi belle que Pandora. Ni une femme aussi déterminée. Et Billie semblait avoir pris ces deux aspects de sa génitrice. Entêtée et conventionnelle, ça c'était sûr qu'elle le tenait pas de moi en tout cas. Elle y tenait à ce que je m'habille, il fallait pas me foutre à poil dans ce cas là. Elle parlai comme Pandora. J'avais l'impression de l'entendre à travers elle, un discours posé, une voix d'avocate, et cet agacement de devoir me faire des reproches. Ça devait être la poudre magique qui me donnait cette impression. Billie pouvait pas tenir ça de sa mère, elle l'avait jamais connue. La cam me rendait un peu sentimental faut croire, parce que tout me rappelait Pando. C'était stupide. Il fallait que je me reconcentre. Si t'avais pas enlevé ma serviette, j'aurais pas la queue à l'air. C'est à se demander lequel de nous deux a le moins de manières. Je me levai de la chaise sans prendre la peine de remettre la serviette. D'un pas lent et tranquille je me dirigeai vers le sac que j'avais laissé dans le salon, sans me presser. J'enfilai un caleçon et un pantalon. J'hésitai quelques instant à rester ainsi pour la pousser d'avantage à bout et puis je pensais aux efforts que je devrais fournir si elle me chassait ou appelait la police, pas que ça me pose de problème enfin si. Elle le savait pas mais si j'avais cédé c'était en partie parce qu'elle avait l'air assez sérieuse et qu'ayant un précédent avec la justice j'avais pas hâte de les revoir. J'enfilai donc finalement un T-Shirt. J'étais sec, le timing était bon.

Je m'étais rassis en face d'elle, aussi lentement et silencieusement que je m'étais levé. Ses pères ? Oh. Je vois. C'était pas moi qui allait cracher sur les gays. J'étais pas le mieux placé je crois. J'aimais les femmes, je les trouvais belles, mais aussi objectivement que les femmes m'étaient désirable, je ne résistais pas à l'attirance d'un bel homme. Je n'étais donc pas le moins du monde perturbé par le fait que ma fille puisse avoir eu deux pères. Et puis au fond j'm'en fichais, elle aurait pu être élevée par un couple de canard, ou par personne, ou par un seul parent que ça aurait été pareil pour moi. Mais c'était assez ironique en fait. Aucune de mes filles n'avaient vraiment eu de père et elle, elle en avait eu deux. Isaac et Sloan... Isaac... c'est marrant mon frère Isaac était gay aussi je crois. J'avais dis ça tout haut sans y faire attention, une réflexion personnelle qui m'avait échappé.

Une lueur d'intérêt s'était allumée dans ses yeux. C'est vrai, elle savait pas, pour moi elle savait, parce que moi je m'en foutais. Mais en soit elle pouvait pas savoir, elle pouvait pas deviner qu'elle avait des sœurs. On avait pas envoyé de petite cartes pour prévenir, pas de petit faire part rose pour lui annoncer que les autres on les avait gardées, qu'on espérait que Birdie et elle étaient heureuse loin de nous, bisous papa et maman. Non. Ça pour en avoir t'en as. Oui. T'aurais difficilement pu en avoir plus. En comptant ta paire t'en a 5 des sœurs. Ou comment apprendre à quelqu'un que sa famille venait de passer de 0 à 6 en quelques secondes. De rien, ne me remercie pas. Elle était où d'ailleurs sa paire à elle ? Je me rappelai encore qu'elles étaient deux quand on les avait abandonnées. Elles étaient restées ensemble en plus il me semble. Bien qu'on puisse pas dire que j'avais suivi l'histoire de très près, elles avaient peut être été séparée au final. Son visage devint dur. Elles avaient peut être été séparée en fin de compte. «Birdie ?» Non, non. La reine des abeilles. Sa voix était froide, sèche et précise. En soit c'était une manière assez clair de parler, j'appréciai plutôt. Oh je savais qu'il fallait pas que je m'en fasse, d'ailleurs ça m'inquiétait pas non plus, plus que ça, j'avais juste pas envie de me retrouver avec encore une autre fille sur les bras. Quoi ? Morte ? Oui morte. J'avais répété ça, comme un benet. Surpris. C'était dur de me surprendre mais là le choque du même passé dans mes yeux pendant quelques instants. Une de mes filles était morte. Je l'avais jamais connue mais tout de même. J'étais vulnérable, j'étais pas mal défoncé quand même. Mon cerveau s'arrêta de fonctionner pendant dix longues secondes. Et puis la machine se remit en marche, aussi rapidement qu'elle avait planté. Comment ? C'était une question scientifique. C'était ma façon à moi de presque m'en soucier. J'arrivais pas à être affecté, après tout je l'avais jamais vue, mais je pouvais l'imaginer, identique à la jeune fille qui me faisait face. A cette gamine qui ressemblait tellement à Pando, à cette gosse qui était aussi insupportable que moi. J'arrivais pas non plus à ne pas du tout m'en soucier. C'était étrange.


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MessageSujet: Re: I am your father - Billie   Dim 6 Avr - 18:10


You have the emotional range of a tea spoon.


I guess that's what happens at the end, you start thinking about the beginning. ⊹ Sa vie était un bordel sans nom. Comment est-ce que les choses avaient pu un jour devenir si compliqué ? Elle même n’arrivait plus à trouver les mots dans sa tête pour s’expliquer la situation. Sa vie ne faisait plus aucun sens. Elle n’était même plus sûr qu’elle est eu un sens à un moment ou à un autre, mais cette fois c’était définitif, ça ne ressemblait à plus rien. Ca ne voulait plus rien dire non plus. C’était… Une bonne migraine.

Ou était passé la petite fille insouciante qui se fichait bien de ce qui pouvait arriver parce qu’elle avait ses papas pour rattraper ses conneries, sa jumelle pour la suivre dans toutes ses entreprises ? Ou était passé la blondinette féroce et rieuse qui glissait sur la vie avec une facilité déconcertante. Vous savez la gamine douée en tout, jolie comme un coeur, à laquelle on a envie de prévenir son avenir sans nuage.

En même temps peut être que finalement elle n’avait jamais eu une vie facile. Cette gamine. Peut être que ce n’était que dans sa tête, que dans ses yeux et que dans son coeur que ça sonnait simple. Mais ça ne l’avait surement jamais été. Elle avait deux papas. Peut être une maman quelque part, et surement un troisième papa, un de ceux qui ne vous veut pas, mais qui vous a fait quand même. Rien que ça, ce n’était peut être déjà pas simple. Mais elle n’en avait pas eu conscience. Longtemps, il n’y avait rien eu à réfléchir, elle avait deux papas comme d’autre n’en avait qu’un, et comme d’autre encore avait un papa, une maman. Mais puisqu’ils étaient heureux comme ça, c’était suffisant non ? Elle avait une jumelle aussi. Ce n’était pas particulièrement compliqué, ce n’était simplement pas si commun que ça. Et puis deux gouttes d’eau. Impossible à reconnaître. Si elles s’y mettaient. Oui. Peut être que ça n’avait jamais été simple. Mais pour elle, c’était comme de l’eau de roche. Elle ne se mélangeait pas avec sa jumelle, naturellement, elle n’hésitait pas sur la manière d’appeler un de ses papas ou l’autre. Tout était naturel, comme la brise, ou ses sourires.

Mais maintenant ? Elle avait du mal à expliquer. Parce que ces papas, ils n’étaient plus là. Parce qu’il n’y avait plus l’amour évident qui se passait d’explication. Parce que de loin, si elle y réfléchissait vraiment, elle avait la nostalgie qui lui rongeait le coeur. Les souvenirs heureux devenaient ternes et fuyant, et parfois, elle avait l’impression d’être submergé. Parce que Birdie, elle n’était plus là non plus. Les gens n’avaient plus rien à mélanger. Mais au moins ça expliquait certaine chose. Ca expliquait qu’on puisse ne pas la comprendre, ça expliquait cette dualité, ce paradoxe. Elles étaient effectivement deux. Maintenant qu’elle était seule, comment expliquer. Comment dire que tout était dans sa tête, et que tout ce qui avait un jour paru très simple était devenu très compliqué. Comment dire ce que les mots ne savent plus parler ?

Elle était sensé être avocate. Enfin, elle le serait bientôt. Elle était compositrice. Les mots, elle les connaissait, elle les maîtrisait. Elle n’avait jamais eu de problème avec eux. Ils étaient des amis, des compagnons des voyages, des témoins de simplicité. Mais là, face à cet homme, elle ne les trouvait pas. Enfin, il ne faisait plus beaucoup de sens dans son cerveau. Ceux proféré par l’homme n’en faisait aucun en tout cas. Papa. C’était con comme mot. Comme si un père ça tombait de la génétique. Enfin peut être que c’est comme ça que ça marche. Mais pas tant que ça dans sa vie à elle. Si on la laissait faire, elle aurait une vilaine ride sur le front à force de froncer les sourcils. Cet homme elle ne le comprenait pas. Et il l’agaçait. Profondément.

« Si t’avais pas enlevé ma serviette, j’aurais pas la queue à l’air. C’est à se demander lequel de nous deux à le moins de manière. » Ses narines se gonflèrent d’une rage imperceptible. Se pensait-il malin ? A quel sauce avait-il été éduqué lui ? Elle n’avait pas réellement envie de lui faire un cours. Elle n’était même pas sûr d’avoir réellement envie de lui parler. Pas tant qu’il serait nu en tout cas. Ca devenait gênant. Enfin, pas que ça soit réellement le genre de Billie d’être gênée, mais quand même. L’idée de la situation était gênante. Alors éventuellement, au bout d’un moment, sa conscience serait gênée. « On est chez moi, c’est ma serviette, et tu n’as jamais demandé la permission d’aller prendre ta douche… » Histoire de dire quand même… Que niveau bonne manière… Elle en avait peut être manqué en lui retirant sa serviette, mais il l’avait cherché. « J’ai même oublié ton prénom… Si tu l’as dit… Et je ne compte pas t’appeler papa donc… » Qu’on soit d’accord. Des pères elle en avait eu assez… Peut être qu’elle aurait été moins récalcitrante auprès d’une mère. Mais peut être aussi qu’une mère aurait été moins conne. Enfin, rien est moins sûr surement. Mais tout de même.

« Isaac… C’est marrant mon frère Isaac aussi était gay je crois. » C’était drôle… Parce que sur le coup, Billie n’avait pas eu l’impression qu’on lui adressait la parole. Pourtant elle avait entendu. Et les mots étaient venu la frapper jusqu’à l’arrière de son crâne. Là, une petite tape bien sentie. Elle aurait pu s’étouffer. Il était con, ou il le faisait exprès ? Se rendait-il seulement compte de ce qu’il disait ? Non bien sûr. Il y avait surement une tripoté d’Isaac gay à la nouvelle Orléans. Aucune chance que… Oh tout était beaucoup trop compliqué. Ou peut être si simple. Avoir été élevé par mégarde par son oncle… Est-ce qu’Isaac avait été au courant ? Surement pas. Il n’avait jamais parlé de sa famille. « Pour ce que ça vaut, ça pourrait être lui… Il était le seul mec décent d’une famille d’abrutit qui la renié à cause de son orientation sexuelle. » Elle avait toujours le même ton un peu glaçant, le ton de celle qui ne voulait pas s’attendrir, qui ne souhaitait même pas s’ouvrir. Le ton de celle qui était bien obligé d’admettre qu’elle ne jetterait pas son géniteur hors de chez elle, mais qui n’avait aucune véritable envie de le supporter. Alors elle lui accordait l’hospitalité contre une bonne dose de manque de sympathie. Birdie aurait surement été fière.

Tracassé elle finit par bouger et par aller farfouiller dans un tiroir de son bureau. Il l’avait dit, c’était drôle. Combien de chance au juste. Pas beaucoup. Enfin, peut être beaucoup finalement. Ca valait le coup de vérifier. Il n’y avait surement pas grand chose à trouver, il suffisait de retrouver l’acte de décès d’Isaac, et son nom de famille. Pas Salinger, celui de naissance, celui dont elle n’avait jamais entendu parlé, celui qui avait toujours été renié des diners familiaux. Sloan détestait la famille d’Isaac. La famille d’Isaac l’avait cassé. S’ils savaient aujourd’hui que peut être c’était cette même famille qui avait fait leur bonheur en jetant deux jumelles à la poubelle, seraient-ils heureux ou encore plus énervé par le manque de décence de cette famille ? Elle fouilla quelques minutes avant de trouver le papier en question. « Isaac Ginsburg. Ton frère ? » Plus clinique on ne ferait pas. Elle rangea précautionneusement tous les papiers dans le tiroir, pensive. C’était drôle. C’était tordu… Honnêtement, elle ne savait plus trop quoi en penser.

Il voulu lui faire parler de sa famille. Enfin lui faire poser des questions. Mais ses questions elle ne les avait pas sur le bout de la langue. Elle ne savait rien, et pendant longtemps elle avait pensé que c’était mieux comme ça. Au moins pas de déception. Et puis, qu’est ce que ça changerait ? A vingt quatre ans elle voulait s’en ficher. Elle avait finit de grandir, et parfois elle avait l’impression d’avoir tout vue, d’en avoir trop vu. Alors maintenant, une famille, elle en ferait quoi ? Elle s’en était fait une. Elle n’avait attendu l’autorisation de personne, elle n’avait pas attendu les liens de sang. Et puis son sang à lui, elle n’en voulait pas. « Ca pour en avoir t’en as. Oui. » Rien que pour ça, elle le frapperait. Cette manière évidente de dire les choses, comme on parle du fromage ou d’un verre de vin. Passe moi le sel. Tu as quatre soeurs. Quatre. Quatre c’est beaucoup. Quatre c’était le nombre que vous étiez, tout mouillé de chaud, Isaac, Sloan, Birdie et toi. Quatre c’est tout ce que tu n’as jamais eu, et finalement ce n’est qu’une infime partie du tout. Mais autant, ça ne fait pas vraiment de sens. Elles sont placées comment là dedans pour avoir été celle qui ont dégagée ? C’était quoi leur problème à elles pour qu’il ne souhaite pas les garder ? Elle restait interdite, l’estomac retourné. Quatre. Ca faisait coup de poing. Pas de quoi qu’il se disait surement. L’enfoiré. Elle ne savait même plus quoi dire. Merci ? Merci de m’avoir laissé, de les avoir gardé elle ? Sale con ? Elle ne savait pas. Après tout, elle ne savait pas la vie qu’elles avaient eu les quatre. Elle n’allait pas se plaindre de ses pères, elle les avait aimé, elle n’aurait voulu personne d’autre qu’eux. Mais là, elle aurait eu des soeurs, probablement une mère, et un père. Elle aurait eu une vie normal, simple, rien de compliqué à expliquer. Vraiment rien. Elle l’aurait peut être détesté ce père. Comme là, et alors ? Est-ce que ça aurait tout changé ? Maintenant elle avait plein de question qui lui brûlait les lèvres, ses soeurs elle voulait les voir, elle voulait comprendre. Comprendre quelle vie elle n’avait pas eu. Pas pour se faire du mal, pas pour se faire du bien. Juste pour savoir. Pour être au courant. Et puis c’était ces soeurs. C’était quelque chose qu’elle avait toujours voulu. C’était important, non ?  « Elles savent ? » Et de toutes les questions c’était la seule chose qui était sortie. Est-ce qu’elles aussi étaient au courant ? Est-ce qu’elles savaient pour les deux jumelles perdues dans la nature, enfin ce qu’il en reste.

D’ailleurs, il demandait. De la pire des manières. Elle avait envie de rire. Un rire nerveux et diabolique. La nouvelle, elle avait envie de la lui cracher à la figure. Un coup aussi violent qu’un coup de crosse de révolver, aussi sec qu’une balle bien placée. Elle savait que c’était peine perdu, mais au fond elle avait envie que ça lui fasse aussi mal. Il avait envie qu’il sente le manque. Il ne le sentirait pas. Il ne la connaissait pas. Et il n’avait pas l’air d’être du genre à ressentir quoique ce soit. Mais elle voulait que ça claque quelque part. Elle avait envie de le choquer. D’ouvrir la vérité avec un grand couteau de cuisine et de la faire dégueuler ses tripes. A cette vérité puante. Ca serait rouge sang. « Comment ? » Merci. Merci de demander. Merci pour l’opportunité. Alors Billie, elle avait planté son regard dans le sien. Elle s’était appuyé sur le bar derrière elle. Elle pouvait jouer la forte, elle pouvait jouer la glaciale, la guerrière. Mais à ce jeu là, elle savait que sans appui, c’était elle qui allait flancher. C’était surement elle que ça atteindrait plus. Mais pour un clignement de paupière, juste pour le voir déglutir, elle prendrait bien le risque. Alors elle plantait ses deux lames brunes dans les siennes, et elle avait lâchée, clinique, froide, scientifique. « Trouée de balle. » C’était presque irréaliste à dire. La vérité c’est qu’elle n’en savait trop rien. Elle avait longtemps cru à une tumeur. Et puis elle avait vu Luca. Elle avait compris. Finalement. Mais le mode opératoire exacte, elle n’en savait rien. Si ça se trouve elle n’avait pas souffert, si ça se trouve ça avait été horrible. Elle déglutit. Pourquoi est-ce qu’elle y pensait ? « La mafia Italienne de la Nouvelle Orléans. » finit-elle par ajouté, comme pour donner de la couleur à ses paroles, pour les fixer dans une réalité. Elle baissa son regard brutalement. Elle n’arrivait pas à soutenir celui de l’autre, pas en disant ça. Elle passa derrière le bar se frottant les mains nerveusement, et allumant l’eau elle laissa l’eau couler sur ses mains. Comme pour se laver. De quoi elle ne savait pas trop. De ses souvenirs, de sa vie, de toute cette complication. La tête baissée sur le lavabo elle se massa doucement ses tempes avec de l’eau froide, cherchant à effacer de son esprit les marques de Luca.

Elle fut arrêté par un bruit, un cri plutôt. River. Elle éteignit rapidement le robinet, secouant sa tête avant de filer sans même faire attention à son hôte vers la chambre qui n’abritait effectivement aucun colocataire. Elle se pencha près du berceau caressant doucement sa fille, essayant de la calmer à distance.


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MessageSujet: Re: I am your father - Billie   Dim 15 Juin - 19:57


You have the emotional range of a tea spoon.


I guess that's what happens at the end, you start thinking about the beginning. ⊹ Aussi loin que je m'en souvienne j'avais toujours eu un problème avec ça, avec la notion de devoir demander. Il ne fallait pas se servir tout seul, il ne fallait pas faire tout ce qu'on avait envie. Il ne fallait pas. Pourquoi ? Parce qu'il fallait demander d'abord. À quoi bon ? Ça changerait quoi ? N'importe quel gosse serait capable de vous donner le principal inconvénient de demander avant de faire quoique ce soit. Si on demande on s'expose à un refus et alors il ne nous reste plus que deux solutions, l'accepter ou y désobéir délibérément. Si on saute le moment où on devrait hypothétiquement s’enquérir d'une autorisation ou ignore si la réponse aurait été oui ou non. On n'a donc aucune idée de si on a le droit de le faire ou pas. Pourtant on peut nous reprocher non pas d'avoir fait l'action en elle même mais de justement ne pas avoir posé la question auparavant. Alors le problème n'était pas vraiment dans le faite de demander ou pas. Le problème était dans cette idée que l'on doit demander. C'est le respect, à ce qu'on dit. J'ai toujours fait sans. J'économise du temps et de la salive. Je ne suis pas n'importe qui, je ne suis pas le premier benêt au coin de la rue. Je ne fais pas les choses pour le plaisir de les faire, je le fais parce que c'est utile. Rien n'est laissé au hasard. Tout a une raison. Ou en tout cas tout ce que je ne fais pas c'est parce que je n'en vois pas la nécessite. Et tout ce qui se réfère à une simple référence à un code de conduite sociale ne peut pas être réellement considéré comme relevant du nécessaire.

Je ne voyais pas d'inconvénient à me balader une serviette de bain autour de la taille dans l'appartement parce que je n'avais nullement besoin de me rhabiller dans l'immédiat. Au contraire, il valait mieux que je laisse aux reliquats d'humidité sur ma peau le temps de totalement disparaître pour être par la suite plus sec et confortable dans mes habits. Et pourquoi attendre d'être habillé avant de m'entretenir avec Billie ? Ce ne serait que perte de temps. Qu'est ce que j'aurais fait pendant ce temps ? Admirer une décoration d'intérieur que j'avais enregistré au premier coup d'oeil et dont je n'avais absolument rien à faire ? Autant être efficace et optimiser mon temps.

Alors non j'avais pas demandé l'autorisation d'aller prendre ma douche. Je suppose que l'argument de l'autorité paternel ne lui semblerait pas vraiment pertinent dans ce cas précis. Pourtant un père ne demandait pas à son enfant la permission de faire quoique ce soit et plus généralement l'aîné avait autorité sur le plus jeune. J'avais observé ce phénomène de déférence envers l'âge à de multiple reprise, ce qui était profondément irrationnel puisque l'intelligence n'avait aucun rapport direct avec le nombre d'années et que de la même façon que l'enfant était souvent encore simple d'esprit le vieux n'échappait pas aux prises de la sénilité. J'aimais pas me répéter alors ma réponse fut brève et neutre. Annibal J'en avais rien à faire qu'elle m'appelle papa ou pas. Je serais jamais son père. Jamais vraiment. Techniquement si, j'étais son géniteur mais j'entrerai jamais dans la définition que la société collait au père. Alors qu'elle m'appelle par mon prénom c'était pas plus mal, j'avais plus de chance de répondre si elle m'apostrophait ainsi. Je lui en aurait pas voulu non plus de vouloir me donner du mot aux deux syllabes. Elle aurait pas été la première à essayer après tout.

Famille d’abrutis. Elle y allait un peu fort. Bien que les Ginsburg ne soient en effet pas spécialement une famille dénotant d'une intelligence hors du commun, excepté moi même bien entendu. Isaac n'était d'ailleurs pas très rapide d'esprit, même si je suppose que par rapport à la norme il ne devait pas être trop bête non plus. Il était plutôt malin. C'était mon frère alors j'avais un certain attachement pour lui. Disons qu'il faisait partie de ces personnes que j'avais toujours toléré, je l'avais peut être même un peu aimé. Pas autant que notre sœur. Notre sœur était réellement intelligente elle. Pas autant que moi, cela va s'en dire mais pour une personne correspondant à la norme son esprit était plutôt vif. Isaac avait toujours été tellement différent. Il n'y a pas beaucoup de personnes pouvant me ressembler mais Isaac était je pense ce qui pouvait le plus s'éloigner de ma personne. Ça avait été un garçon rieur et sensible. Il avait besoin d'attention, en permanence. C'était un gouffre à affection, il l'absorbait pour ensuite en rendre le bénéfice en sollicitude et gentillesse pour ceux qui l'entouraient. Malheureusement Isaac aimait les hommes et chez les Ginsburg on était pas vraiment moderne. Alors notre père l'a mis à la porte, tout simplement. Ça ne m'a pas vraiment touché, parce que c'était pas plus mal pour lui, il était libre et puis parce que ça ne changeait pas grand chose pour moi. Et pendant toutes ces années je n'avais pas eu la moindre nouvelle de lui, je ne l'avais jamais revu. Tout à coup. Alors que j'allais peut être me rendre compte qu'il était mort je ressentais un petit manque, tout petit, de la taille d'un atome sûrement, pas plus mais tout de même. Peut être que j'aurais du essayé de le revoir. Ça n'avait rien à voir avec un devoir social bien sûr, mais tout de même c'était mon frère. Je crois que je l'aimais, un peu. Je hochai la tête alors que la sentence venait de tomber. J'aurais pu apprécier une bonne cigarette à ce moment précis. Isaac. Mon frère. ça voulait rien dire. C'était ma façon à moi de dire que j'étais désolé, que j'aurais voulu apprendre qu'il était heureux, que c'était mon frère, ce mot suffisait.

Isaac avait élevé mes filles. C'était étrange, surréaliste. Les probabilités étaient presque nulles. J'étais presque heureux. Isaac avait offert à ces filles ce que je n'aurais jamais pu leur donner et moi j'avais offert à mon frère ce qu'il ne pouvait avoir tout seul. Je l'avais laissé aimer mes erreurs, les réparer, comme toujours. Il avait toujours été le bon frère de nous deux. Tout le monde n'avait d'yeux que pour moi, le petit génie, le brut de décoffrage, moi même j'avais conscience d'être supérieur à lui. Pourtant j'avais conscience qu'au sens défini par la société, il était un bien meilleur humain que moi. Il avait été désavoué pour son orientation sexuelle alors que moi même je ne faisais pas de discrimination entre les hommes ou les femmes. Mais peut être que lui c'était plus grave parce qu'il était réellement capable d'aimer.

J'étais pas très famille. Mon frère était mort il y a plusieurs années, sans que je le sache. Je n'avais pas vu ma sœur depuis une éternité et j'ignorais ce que devenaient mes parents. J'avais abandonnés toutes mes filles et amantes et aujourd'hui la seule raison pour laquelle je rendais visite à Billie c'était pour un toit. Pourtant je savais que mes filles existaient, bien qu'elle ne soient pas vraiment mes filles évidemment. Alors je pensais qu'elle savait aussi. Comment aurait-elle pu ? Elle ne savait pas pour Isaac, elle ne savait pas pour ses sœurs, elle ne savait pas pour moi. Si ses sœurs elles savaient pour Billie et l'autre en B ? Bonne question. Je ne pense pas. En tout cas je ne leur en avait jamais parlé. Pour quoi faire ? Hey au fait les filles vous savez pas quoi ? Vous êtes en réalité encore plus nombreuses parce qu'il y en a deux dont on s'est déjà débarrassé. J'étais déjà pas le père le plus présent et bavard. Je faisais acte de présence de temps en temps pour les jeux et les câlins, fallait pas m'en demander plus, j'allais pas leur faire un cour sur la généalogie familiale. Non. Je ne pense pas. A moins que Pandora leur en ait parlé. Pandora ta mère j'entends. Disons que la situation familiale est ce qu'on qualifierait de compliqué par rapport au modèle de base impliquant 'maman, papa, les quelques bambins et le chien'. Ma femme a eu des jumelles, puis deux ans plus tard Pandora en a eu elle aussi. Dont toi. Puis ma femme a eu une fille. Puis Pandora une. Puis j'ai divorcé. J'avais la garde. Je suis parti. Pandora ne leur a pas dit. Elle n'en a jamais reparlé à vrai dire, pas qu'il y ait de quoi tergiverser mais elle devenait triste chaque année à cette date et elle avait ces yeux près à dégouliner, cet air de femme prête à s'effondrer, presque malade. Je savais que Pandora avait été affectée par l'épisode des jumelles, beaucoup même. Je n'avais cependant rien fait, rien dit. Il n'y avait rien à faire, rien à dire. Je venais de planter le décor familial, brutalement, sans pincettes, chronologiquement, comme un rapport médical à vrai dire. J'avais seulement fait ce que je savais faire. Enoncer les faits.

Celle là je la connaîtrais jamais. C'était étrange d'y penser, qu'elle était un mystère à jamais. Son absence me donnait presque envie de la connaître. L'inconnu m'attirait. Cependant elle n'était qu'une femme, je n'avais pas d'intérêt spécifique à rencontrer les hommes ou les femmes. Je ne pouvais m'empêcher de me demander si elle était intelligente, si elle me ressemblait. J'avais beau ne pas reconnaître ma parenté j'étais pleinement conscient de l'influence génétique que j'avais eu inévitablement sur elle. Je me demandais si elle était identique à Billie face à moi. Je me demandais si elle ressemblait autant à Pandora. Je me demandais si elle tenait un peu de mon caractère. Mon cerveau défoncé fonctionnait trop vite, beaucoup trop vite. Les scénarios se succédaient et la vérité mettait du temps à s'imprimer. Elle n'était rien du tout. Elle était morte. Je ne la connaissais pas et pourtant c'était comme si une petite partie de moi était morte, un atome, de la même taille que celui d'Isaac. Je ne sais pas ce qui arrivait presque à moi, que le fruit de mes entrailles ne soit plus, que mon frère ne soit plus ou bien que mon frère ait perdu un enfant, mon enfant. Des balles. La mafia. Pas commun. Ça me rappelait presque le boulot. À qu'est ce que ça me manquait le boulot tien. On a arrêté le meurtrier ? Si j'avais pu je me serais dégoûté à ce moment précis, si j'avais pu je me serais craché à la gueule, je me serais méprisé pour considérer Birdie comme un simple corps potentiel à examiner, comme un simple fantasme de mon retour à la police scientifique ou l'hôpital. L'envie y était presque mais je ne pouvais pas, parce que c'était logique, parce que ça ne prenait compte que des faits, ça niait son identité en tant que ma fille. C'était moi.

Billie n'était pas bien. Elle me tournait le dos. Et puis ce cri. Et puis Billie avait disparu. J'aurais pu reconnaître ce cri entre mille. Ce cri qui m'empêchait de dormir la nuit et m'encourageait à ne pas rentrer, qui me poussait à m'échapper, seul un gosse pouvait pousser ce genre de cri. J'étais seul dans la cuisine. Billie n'avais toujours pas répondu à ma question. Alors je m'étais levé pour la suivre. Pour voir la chose qui dormait mais n'était pas un colocataire et qui maintenant était réveillée. Je m'approchais sans un bruit, restant dans l’entrebâillement de la porte. C'est à toi ? A croire que c'était de famille la parenté précoce. Parce que c'était la seule solution que cette chose soit son bébé, à moins qu'elle fasse du baby-sitting et une fois encore mon cerveau suractivé fit la liste de tous les scénarios possibles, établissant les ordres de probabilités, essayant d'ignorer la dominante faisant de moi un grand père.


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MessageSujet: Re: I am your father - Billie   Sam 28 Juin - 17:31


You have the emotional range of a tea spoon.


I guess that's what happens at the end, you start thinking about the beginning. ⊹ C’était drôle. Au fond. Bien loin. Billie n’avait jamais été clinique. Billie n’était pas froide. Billie n’était pas particulièrement exubérante non plus. Billie n’était pas Birdie. Mais Billie n’était pas froide. Billie était douce, joviale, forte aussi et sarcastique quand elle voulait. Mais Billie était sociable, bavarde, sur d’elle, honnête. Billie savait se taire aussi, lorsqu’il fallait écouter. Billie écoutait bien. Mais là il n’y avait rien à écouter. L’homme était clinique, l’homme était froid, l’homme était étrange. L’homme sonnait faut. Vous savez il sonnait comme une carapace, comme une apparence, comme quelque chose d’un peu drôle, d’un peu trop bizarre, comme quelque chose que l’on arrive pas à comprendre, comme un foutu casse tête chinois. Vous savez ces bouts de bois un peu dur, ces trucs incompréhensibles qui vous font des noeuds au cerveau, sans jamais s’énerver eux, sans jamais se casser. A moins d’y aller extrêmement fort. L’homme ressemblait à ça. Mais Billie ne voulait pas se casser les neurones. Elle ne voulait même pas essayer de le comprendre. Elle en avait rien à foutre. Enfin elle voulait en avoir rien à foutre. Et lorsque Billie voulait, alors elle faisait. Elle avait décrété ça, il y a longtemps. Enfin pas tant que ça, lorsque Birdie était morte. Parce que ce jour là, elle avait compris. Elle avait compris que Birdie n’était pas juste plus exubérante, qu’elle était juste plus honnête, plus vraie, qu’elle faisait tout, tout ce qu’elle voulait, parfois à tord, parfois sans réfléchir, sans trop de raison, mais qu’elle le faisait, parce qu’elle le sentait. Elle trouvait ça important. De faire, de sentir. Elle avait décidé d’arrêter de se cacher derrière sa soeur, parce qu’elle pouvait plus principalement, et elle avait décidé de se battre pour ce qu’elle voulait, tout ce qu’elle voulait. C’était une battante. Une battante douce et parfois discrète. Une battante au sourire caressant et aux yeux pétillants. Mais une battante quand même. Une de celle pour qui rien ne tient debout et qui à pourtant l’air d’être plus droite et plus grande que n’importe qui. Il y avait quelque chose de fort et de beau dans sa manière d’être forte. Billie était une très belle femme. Mais là ça n’avait aucune importance.

Là elle était presque étrange. Mais l’homme, il ne devait pas le remarquer. L’homme ne la connaissait pas. Parce que l’homme l’avait abandonné. Au fond elle s’en foutait. Au fond elle en était presque heureuse. Elle n’aurait pas aimé l’avoir comme père. Elle avait aimé ses pères. Mais tout de même, il l’avait abandonné, il se foutait d’elle, face à lui elle pouvait être qui elle voulait, même la moins agréable des personnes. De toute façon elle ne voulait pas être agréable, pas avec lui. Elle n’avait pas envie de faire d’effort. Elle était fatiguée d’avance de voir cette nouvelle personne dans sa vie. C’était épuisant. Alors elle préférait ignorer. Alors elle était froide, et clinique lorsqu’il posait des questions. Elle n’allait pas lui raconter des anecdotes d’enfance,d ‘adolescence, ou de jamais. Ca n’avait aucune importance, il devait en avoir rien à foutre.

« Annibal » Son nom. Elle aurait presque eu envie de rire. Elle ne connaissait rien de lui, mais étrangement Annibal ça lui allait bien. Peut être parce qu’il y avait aussi quelques chose de clinique et de froid dans ce nom. Et surtout d’inconventionel. « Tu l’aimes ce prénom non ? » dit-elle sarcastique. C’était une question con, une question qui ne méritait même pas de réponse. C’était purement rhétorique, même pas pour être méchante, juste parce qu’elle avait l’impression de comprendre. Mais qu’elle ne ferait pas plus d’effort que ça. Pas plus d’effort que ce lui tombera naturellement dans la bouche. Il ne le mérite pas. Et il le sait. Il ne demandera jamais plus probablement. Heureusement. Son canapé et c’est tout.

Et il amène des soeurs sur le tapis. De manière clinique aussi, comme on sort des organes d’un corps mort. Enfin elle suppose, elle n’a jamais fait ce genre de chose. Mais ça ressemble à un dossier d’avocat, un truc froid fait de fait, c’est à l’avocat de réchauffer le tout. Pandora. Bilie sourit. Annibal et Pandora. C’est drôle. C’est fait pour faire souffrir un couple avec de tel nom. Elle ne dit rien, elle écoute, et elle fixe. Elle fixe froidement, comme si aucune vie passait à travers ses iris délavées. Elle écoute l’histoire invraissemblable. Elle est presque contente de ne pas en avoir fait parti. Elle n’arrive pas à s’attacher à cette mère triste pour elle. Triste mais pas au point de les avoir cherchée. Est-ce qu’elle en veut d’une mère ? Ca pour le coup elle en a jamais eu, contrairement aux pères. Mais est-ce qu’elle en veut ? Ou est-ce qu’elle en a rien à foutre ? Peut être qu’elle en a rien à foutre. « Donc quatre soeurs » Elle fait une moue, elle fait mine de s’en foutre, de Pandora, de tout le reste, de la première femme. Leur histoire d’adulte, elle s’en fout. C’est dépassé, c’est réchauffé, ça ne la concerne pas. « Leur nom ? » Peut être que des soeurs ça l’intéresse. Elle qui a toujours rêvé d’avoir une grande famille. Elle a tiré un trait sur les parents, quand bien même ils resurgiraient au compte goute comme aujourd’hui. Mais des frères et soeurs, elle s’en invente toujours, en dehors des liens du sang, alors des vrais, peut être que ça l’intéresserait. « Mais tu sais peut être rien d’elle en faite… » Vu comme il a l’air d’être père de l’année ça ne serait même pas étonnant. « Tu sais leur âge au moins ? » là elle est particulièrement froide, chacun de ses mots cris l’inutilité de l’homme qui a investit son salon. Elle lève les yeux au ciel avant qu’il ne demande pour Birdie. Elle les baisse immédiatement. Elle inspire. Elle crache le morceau, sec, sans sentiment. Il revient à la charge, elle se montre encore plus tranchante. Il comprend, qu’elle ne veut pas en parler ? Il comprend que c’est pesant, que c’est lourd ? Ou non ? Ou il n’est pas fait pour comprendre ? Ou c’est un abrutit de parasite ? « On a arrêté le meurtrier ? » Elle le regarde, discrètement, depuis l’évier ou elle se masse les tempes, depuis l’évier ou elle se guérit de son histoire. Elle aura envie de le foudroyer du regard. Elle aurait envie de lui hurler dessus. Elle aurait envie de tout lui jeter à la figure. De lui dire oui on la arrêté, calciné, sur le pont de Los Angeles ou il a explosé. Sur le pont de Los Angeles ou il a fait des dizaines de victime. Sur le pont de Los Angeles ou il a arraché le putain de père de ma fille. Mais elle se masse les tempes, et elle laisse filer des larmes dans l’eau froide, et elle élude. Elle crachera ça plus tard, si elle en a envie. Elle sait que ça ne servirait à rien de crier, il s’en fouterait. Elle se demande ce qui le touche, au fond.

Et puis sa fille se réveille et la sort de sa torpeur. Pendant un moment elle oublie presque le fameux père, l’intrus chez elle, et elle file sur le berceau de sa fille. Elle pense qu’il faudra en acheter un plus grand, dans quelques mois, elle grandit à folle allure. Elle se demande dans combien de temps elle ne pourra plus la porter. Elle entend pas Annibal rappliquer derrière elle, mais c’est sa voix qui l’arrête. « C'est à toi ? » Elle rit doucement. C’est à toi. Oui c’est ma lampe préférée. Elle se pince les lèvres et elle attrape River qui pleure toujours, elle la pose sur sa poitrine et elle la sert contre elle, la berçant doucement. « C’est à moi ! » Quelque part ça la tue pas mal de dire ça. Mais franchement, elle pense le contraire. Ca se sent dans la douceur de ses gestes. « River, elle a dix huit mois » et des poussières. Elle la berce doucement et elle caresse le bout de son nez. « River c’est ton grand père, mais ne t’attache pas à lui, il est inutile. » souffle-t-elle en jouant contre les joues de sa fille, et l’embrassant doucement. Il voit comment on fait ? Comment on aime un enfant ? Il sait pas faire elle parie. Elle repose doucement River dans son lit, et lui donne sa main. River attrape ses doigts à pleine main et joue avec alors que Billie commence à chantonner. I sure do, have a mum and dad, somewhere we sure do. Elle caresse le ventre de River dont les yeux se ferme doucement, le sourire aux lèvres. I do have, one twin and two dads, one day i do had. Elle a la voix bien particulière quand elle chante. Une voix bien différente de celle qu’elle parle. I do met, boys and girls, brothers and sisters, for a life time. Elle a une voix fragile et un peu rocailleuse, une voix blues. I do find, one lover to old me tight, somewhere i'll find him again. Elle chante en murmurant, elle ignore Annibal derrière elle, elle s’en fiche s’il écoute, s’il entend. I do have, a daughter with no dad, an heroic one i'll say when she'll ask. River ferme les yeux, elle accompagne le mouvement de paupière dans un geste tendre. Everyone do have, family bed time story, to sing and sing, in the dead of the night. Elle se relève doucement du berceau en sentant les yeux de River clot. Everyone do have, mum, dad, sister, brother, lover, children's lullaby, to sing and sing till your heart smile. Et elle se baisse doucement pour déposer un baisé sur le front avant de se retourner et de pousser Annibal vers la sortie. « dehors, elle dort, pas de bruit. » Elle est de nouveau sèche, il est presque drôle de voir comment elle peut changer du tout au tout en si peu de temps.


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MessageSujet: Re: I am your father - Billie   Jeu 31 Juil - 21:43


You have the emotional range of a tea spoon.


I guess that's what happens at the end, you start thinking about the beginning. ⊹ C'est pas comme si je le faisais exprès. J'suis pas un personnage de série. J'suis pas le mec un peu ténébreux, un peu mystérieux, toujours froid et sarcastique qui se révèle être en fait une pauvre âme esseulée en manque d'amour. J'suis pas un gentil qui se la joue bad guy. J'suis pas un homme qui se donne un genre, j'essaie pas d'être quelqu'un que je ne suis pas, j'veux pas rentrer dans le moule. J'peux pas. J'suis comme ça. Pour de vrai. Je ressens pas de culpabilité ou même de responsabilité pour ce que ça change. J'suis pas un je m'en foutiste par rebellion face à un système qui me laisse incompris. C'est moi qui comprends pas le système, qui suis pas fait pour m'entendre avec lui. J'suis pas réglé sur la normale c'est tout. J'me préoccupe pas des autres mais c'est pas parce que j'ai été blessé et que depuis je veux que tout l'univers en fasse les frais. Ça m'intéresse tout simplement pas. C'est pas en haut de ma liste des choses importantes à faire.

Les choses importantes à faire. Si je devais faire une liste de ce genre, qu'est ce que je mettrais dessus ? Dormir, manger ? Tout ce que je pense pas à faire, où tout ce pour quoi je trouve pas le temps c'est ce que ça n'est pas si important que ça après tout. Mon absence de connexion sociale à la conséquence positive de limiter mes besoin à ce qu'il y a de plus primaire. Mes journées sont assez standard. J'ai besoin de ma ligne, parce que ça active mon esprit, parce que ça me donne l'impression d'être encore plus intelligent, et objectivement ça augmente aussi mon rendement. Et puis parfois parce que ça me donne l'impression d'être un peu plus un humain dans toute la partie émotionnelle, j'ai l'impression que la cocaïne m'aide à supporter les autres, qu'elle me permet de ressentir un peu le genre d'émotions qu'ils ressentent. Beaucoup diront que c'est une impression, que ça change rien, que c'est psychologique. Mais beaucoup de choses sont psychologiques. Je suis un sociopathe. C'est dans ma tête que ça se passe, alors pourquoi est ce qu'un peu d'auto aveuglement ne marcherait pas par rapport à ça ?

Tout ça c'est des ressentis, des analyses, des interprétations. Tout à fait le genre de choses qui ne sont pas du tout dans mes cordes. Je préfère les maladie physique. Les faits. J'aime ce qui est irréfutable. Ce qui est vrai.

Tu l’aimes ce prénom non ? Si je l'aime ? Je sais pas. C'est le mien c'est tout. L'amour c'est bien subjectif comme notion, c'est bien futile. Il est pas question de ça ici. Il est juste question d'un peu d'exactitude. Il est question d'elle retenant mon prénom. Parce que c'est important quand même. C'est un de mes seuls réels liens sociaux. Pour ce que j'en ai à faire elle pourrait bien m'appeler comme elle veut, n'importe comment. Ça changerait rien. Sauf que c'est à Annibal que je me reconnaîtrai, parce que ce prénom c'est le lien entre mon être et ma réalité social, c'est l'extérieur de mon identité. C'est le minimum auquel même moi je suis soumis. Elle aurait pu m'appeler Lecter si elle préférait, les médecins étaient absolument fan de cette plaisanterie qui avait encore cours aujourd'hui, mais pas sûr que ce soit vraiment son genre à elle.

Billie elle est face à moi. Elle me regarde avec son regard pleinde jugement. Je sens le dégoût, peut être un peu de déception même si elle l'admettra pas. Je la connais pas, mais sa fierté est palpable. Elle dira qu'elle a jamais rien attendu de son père biologique de toutes manières mais pas besoin d'avoir un master en relations humaines pour dire que cette petite ne s'attendait tout de même pas à un type comme moi. Je suis chez cette étrangère et je suis sensé la considérer moi comme ma fille ? Je suis sensé lui sauter dans les bras, lui faire faire l'avion, m'excuser et commencer dès à présent à rattraper le temps perdu ? Je la connais pas. Elle m'a pas manqué. Je suis pas un pauvre type qui avait pas assez de sous pour s'occuper de son gosse et a préféré s'en débarasser pour qu'elle ait une meilleure vie. J'avais pas beaucoup d'argent à l'époque maid la laisser était à vocation totalement égoïste Je voulais juste pas d'elle. Ni de sa sœur. Je voulais pas de ces gosses. J'en avais pas besoin. Ça peut sembler être méchant, très méchant. Détestable même. Et les adorateurs de caniche et de pelouse bien entretenues me lapideraient sûrement pour de tels propos. Pourtant c'est juste la vérité, et il n'y a pas de méchanceté là dedans.

Je suis pas méchant. Je suis juste pas gentil non plus. Et Billie c'est pas la perle de ma vie, c'est pas ma fille, c'est rien. C'est une parmi les six autres. C'est un semi lien imposé. Un petit ancrage dicté par la suprématie des liens du sang. Et c'est même pas comme si elle avait été l'erreur, l'exception à ma parfaite vie, c'est pas comme si je m'étais laissé aller une fois à offrir mon adn hors du commun à un autre être vivant. Non. Elle avait des sœurs. Quatre sœurs en effet. Sauf qu'elle elle le savait pas ça. Maintenant elle sait. Je lui ai raconté l'histoire. Sommairement bien sûr, es faits suffisent et elle a pas besoin que je lui raconte le peu de fois où j'ai changé des couches, ou bien les histoires que ses frangines préféraient. Je m'en souviendrais sûrement même pas. Manifestement elle est plus intéressée par ses sœurs que par sa mère. Elle se dit peut être que si elle est comme moi ça e vaut pas la peine. Ce qui objectivement est une réflexion sensée. Il faut admettre que je ne lui apporterai pas grand-chose, à part partager un peu de ma science je peux rien pour elle. Pourtant elle devrait savoir que je n'aurais jamais pu avoir une relation avec quelqu'un qui me ressemble. Deux personnes totalement asociale n'auraient pas pu former quoique ce soit. Il avait fallut que sa mère soit à mon opposé pour que ça puisse sembler marcher un moment. Il avait fallut que Pandora soit totalement dévouée aux autres, qu'elle s'évertue à toujours voir le bien, même quand il n'y en avait pas. Leur nom ? Hum voyons voir. On va faire dans l'ordre ça sera plus simple. Jade et Astrée. Les jumelles. Antigone et Eliott. Je savais pas grand-chose d'elles c'est vrai mais j'avais quand même les bases. En y réfléchissant j'étais en effet incapable de donner la couleur préférée de l'une d'elle, ou bien leur livre ou film préféré, je n'en avais absolument aucune idée. Mais je les connaissais tout de même un peu, certaines plus que d'autres. Jade était la plus distante, je crois qu'elle me ressemble plus qu'elle ne voudrait l'admettre. Astrée est un peu comme Pandora, elle a toujours été en quête d'une affection que j'étais tout simplement incapable de lui donner. Antigone et Eliott étaient petites quand je suis parti, mais elles ont peut être eu un peu plus de chance, entre temps je m'étais peut être un peu habitué à ce que j'étais sensé faire comme papa. Leur âge aussi je le sais. Elle semble douter de mes connaissances mais elle ne m'interroge que sur les faits. Des faits qui sont liés à ma propre vie. Les étapes de ma vie je les connais. Je pourrais même me rappeler de leurs dates de naissance si on me le demandait, parce que j'ai une mémoire pour tout ce qui est concret et irréfutable. Le rôle que la société attend que je remplisse en tant que père n'est fondé sur rien, il ne s'agit que d'un amas de conventions. Jade et Astrée ont 26 ans. Eliott en a 20 et Antigone 18. Les faits. Rien que les faits.

Manifestement elle est pas aussi à l'aise que moi d'ailleurs avec les faits. Elle répond pas à ma question. J'aimerais savoir. J'aimerais savoir si on a trouvé celui qui a tué ma fille, s'il a souffert, s'il est mort, s'il avait une raison. Pas que je me soucis de la deuxième jumelle abandonnée mais c'est une partie de moi, alors j'aimerais savoir. Mais Billie semble pas vouloir lâcher le morceau, c'est pas sa faute, elle est humaine, elle a du mal à faire face à toutes les émotions qui doivent lui tomber dessus. Mon cerveau ralenti un peu alors que la cocaïne commence à être doucement éliminée par mon corps. J'ai pas besoin qu'elle me le dise. Je trouverai tout seul.

Un cri. Un cri de bébé. Un cri de gosse. Pas un tout petit mais ça doit pas être un bien grand non plus. Je la suis alors qu'elle va vers la chambre dont venaient les bruits de respiration que j'ai entendu en sortant de la douche. River. Enchanté. Grand père. What ? Je suis grand-père. Bordel de dieu. Je suis déjà trop jeune pour avoir six filles mais alors pour être grand-père ? C'est encore un nouveau mot, une nouvelle étiquette que la société essaie de me coller sur le front, le problème c'est que l'antiadhésif de ma peau est plutôt efficace. Mais grand-père c'est pas trop dur si ? J'peux peut être y arriver à ça. Je sais pas. Je considère pas encore sa mère comme ma fille alors. Je regarde par dessus son épaule alors qu'elle chante. Elle a une plutôt jolie voix. River est plutôt mignonne, enfin en tout cas elle a l'air en bonne santé, je lui ferais bien un petit examen rapide pour être sûr mais Billie comprendrait pas. Elle me chasse de la chambre, comme si j'allais parler. Au cas où elle avait pas remarquer je suis pas ce qu'on rencontre de plus causant dans le genre.

On retourne dans la cuisine et on s'asseoit, et je la regarde. Parce que je suis un peu curieux de cette gamine tout de même. Tu t'attendais pas à un mec comme moi hein ? Mais t'as eu de la chance d'avoir Isaac. C'était un bon type. Tu me fais penser à ta mère. Mais bordel grand-père. Il a un père d'ailleurs ce gosse ? Je savais pas trop pourquoi j'avais dit ça. C'était sorti en vrac, comme si une pensée m'avait échappé, comme si la cocaïne avait parlé pour moi. C'était honnête, comme tout ce que je disais, mais un peu plus personnel peut être. Ça devait être un moyen de lui dire que j'étais pas inutile, juste pas comme les autres, qu'elle avait eu de la chance de pas m'avoir, que sa mère était quelqu'un de bien, que je lui souhaitais que le père de son enfant ne soit pas comme moi.


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MessageSujet: Re: I am your father - Billie   Jeu 21 Aoû - 13:52


You have the emotional range of a tea spoon.


I guess that's what happens at the end, you start thinking about the beginning. ⊹ Billie souffrait. La présence d’Annibal la faisait souffrir. Il ne pouvait pas comprendre. Elle le voyait dans ses yeux, il était incapable de comprendre ce sentiment. Lorsqu’elle le regardait, elle se demandait s’il était capable de comprendre quelque chose du genre… Elle avait bien vu comment il était entré chez elle. Aucun père n’aurait fait ça. Pas même un père qu’elle aurait connu depuis sa naissance. Il y avait toujours plus de retenue, de tendresse d’un père vers une fille. Enfin elle pensait. Il aurait pu ne pas se présenter comme son père. Il avait clairement l’air d’en avoir rien à foutre. C’était drôle, ce paradoxe. Il venait là, demandant quelque chose, se présentant comme un homme qu’elle devrait détester. Elle se demandait ce qui l’avait décidé à venir ici, la nécessité. Surement. Mais même, que c’était-il passé dans sa tête. A quel réaction s’était-il attendu. Il avait bien du imaginer quelque chose. On ne peut pas venir voir une fille que l’on a jamais vu parce qu’on la abandonné sans aucune attente. Il avait du imaginé qu’elle l’accueillerait en larme, trop heureuse de rencontrer le père qu’elle n’avait jamais eu et qu’elle rêvait de rencontrer. Ou quelque chose comme ça. Sinon il n’aurait pas pris le risque de se la jouer à la Star Wars. Mais il n’avait pas l’air d’être quelqu’un qui supporterait les débordement de sentiment, d’affection, de pleure. Il aurait été mal, embarrassé même si elle avait réagit comme ça. Ou alors il aurait été un connard, et la situation se serait vite retourné contre lui. Une fille, même voulant à tout pris rencontrer son père, se retourne vite contre son géniteur lorsqu’elle est bafouée plusieurs fois. Ou alors elle est d’une faiblesse ultime. Au fond, ça devait l’arranger que Billie ne soit pas comme ça. Ca devait l’arranger qu’elle soit d’une gentillesse froide. Qu’elle soit trop gentille pour refuser, trop froide et cynique sur le sujet pour réellement vouloir le connaître. Pour lui c’était surement la solution idéal. Parce qu’il aurait pu risquer le contraire. Il aurait pu tomber sur la fille agressive, haineuse. Il serait tombé sur Birdie il n’aurait plus eu de couille pour procréer à l’heure qu’il est et il serait surement sur le paver… Ou alors elle l’aurait appelé, et elle serait venu jouer la soeur gentille. Sur, avec Birdie il aurait eu moins de chance. Mais bien sûr, maintenant qu’il était là, bien installé dans un appartement qui n’était pas le sien et qui n’avait aucune envie de l’accueillir mais qui le ferait quand même, il ne verrait rien de la douleur de Billie. Il serait incapable de la comprendre, il ne compatirait pas. Il resterait étranger à elle. Il n’était rien. Il n’était pas son père.

Elle souffrait, tout de même, de le voir là après vingt quatre ans. Elle souffrait de rencontrer un total abrutit qu’elle n’avait pas la force de mettre dehors. Elle se ferait petite dans sa souffrance de fille bafouée qui retrouve un père qui ne regrette rien. Ce n’était pas étonnant, il avait rien d’un père. C’était même étonnant qu’il puisse se présenter comme tel. Il a l’air d’en avoir conscience. Il en a juste rien à foutre. Elle se renseigne sur ses soeurs, c’est drôle que des filles. Elles ont du avoir une vie tellement différente… Elle n’est pas sûr de savoir si elle doit les envier. Leur vie n’a pas forcément du être joyeuse avec un père comme ça. L’impression de ne pas être aimé devait être cuisante. Elle n’a pas eu ça. A la place elle a eu le jugement extérieur parce qu’elle était une fille adopté par des homosexuels. Mais elle n’arrive pas à déterminé ce qui est le pire, ce qui est le mieux. Elle a été heureuse, très heureuse, et elle a tout perdu, progressivement. Elles, elles sont probablement partie de rien, enfin de pas grand chose. C’est difficile d’y penser. Jade et Astrée. Des jumelles. Pas étonnant qu’il est six filles… Si déjà en deux fournées il pouvait en avoir quatre. Pour un mec qui ne veut pas être père, c’est pas de chance se laisse-t-elle à penser, comme pour lui donner des raisons. Mais elle ne veut pas lui donner des raison, elle s’en fou. Elle ne veut rien avoir à faire avec un type comme lui. Elle essaye de se focaliser sur ses soeurs. Antigone et Elliott. Elle aime bien les prénoms de ses soeurs. C’est assez superficielle, mais elle ne connaît que ça. Un instant elle se demande si elle leur ressemble. Est-ce que qu’on peut le voir, qu’elles sont soeurs ? Comme un nez au milieu d’une figure ? Et puis elle entend leurs âges. Deux avant, les jumelles, c’est comme si c’était un, deux après. Elle se pince la lèvre. Elles sont arrivés au milieu, et ils n’ont pas voulu d’elle. Aouch on pourrait dire. Pourtant elle ne s’est jamais imaginé avoir une place dans cette famille qui l’avait rejeté. Elle n’avait pas chercher à trouver des raisons à ses parents pour les avoir abandonné. Elle avait fait avec, elle s’était dit que c’était pour le mieux. Elle avait eu le mieux. Le mieux qui n’avait pas duré assez longtemps. Mais voilà, elle s’était re-retrouvé orpheline à 14 ans, et même si elle n’avait jamais vraiment pensé à ses parents biologiques, apprendre aujourd’hui qu’ils n’avaient jamais été très loin, avec leur propre famille, leurs autres filles. C’était un coup de poignard vicieux qu’elle ne s’était pas préparé à recevoir. Elle le regarda le regard vide, le coeur tambourinant pourtant dans sa poitrine. Elle ne pleurerait pas, ce n’était pas son genre, ça faisait un moment qu’elle ne pleurait plus. « Et donc on est juste arrivé au mauvais moment avec la mauvaise femme… Parce que tu ne sais pas tenir ta queue. » Elle souffle, un peu rancunière. Pourtant la vie de ses filles n’a pas l’air bien fameuse, avoir un père comme ça, ça craint. Mais ça lui aurait éviter la douleur de perdre encore une fois ses parents. Leurs vie auraient été différente, extrêmement différente. Elle n’arrivait pas à s’empêcher d’y penser. C’était pourtant ridicule. « En faite, ne répond pas. Je ne veux pas savoir. Je m’en fou. Ca ne changerait rien. » Peut importe les raisons. Peut importe les potentiels regrets - elle doutait qu’il puisse en avoir de toute façon. Elle s’en foutait.

River se met à crier, c’est une bonne excuse. Une bonne excuse pour s’échapper de tout ça. Pour s’échapper des et si insupportable. Pour échapper au question pour Birdie. Qu’est-ce qu’il en a foutre de toute façon ? Est-ce qu’elle a envie de lui en parler ? Non. Elle n’a pas envie d’en parler. River crit, elle la berce contre elle, et pendant quelques minutes elle a l’impression que son coeur se répare contre sa fille. C’est étonnant, le pouvoir d’un enfant. Elle lui sourit, elle ne voit plus qu’elle, et elle s’enveloppe dans leur bulle alors qu’elle lui chante sa berceuse écrite pour elle. S’en est une parmis d’autre, elle fait ça lorsqu’elle s’ennuie, lui écrire des berceuses. Le premier mot de River c’était musique, prononcé un peu difficilement, et elle a du le dire plusieurs fois avant que Billie ne comprenne. Mais effectivement l’appartement était plongé dans le plus grand des silences quand elle avait demandé. C’était rare que l’appartement soit silencieux. Soit elle jouait, soit elle lançait des vinyles. Mais il y avait toujours une mélodie quelque part. Elle avait rit en entendant River demander. River était magique. Une fois River endormis elle sortie Annibal de la chambre. Elle n’était pas sûr de ce qu’il pourrait faire. Mais il n’avait aucun sens des convenances alors elle ne préférait pas prendre de risque.

Ils furent bien vite de retour à la cuisine. Et elle eut à peine le temps de s’assoir qu’il lança la plus grande tirade de question qu’il n’ai jamais faite. Probablement. Chaque phrase, chaque point ou point d’interrogation sonnait pour Billie comme une claque. Il était violent lorsqu’il s’intéressait à quelqu’un. Il le savait. Elle chercha par ou commencer. Elle laissa son esprit prendre en compte les questions. Une après l’autre. A partir de la fin. La plus violente surement. Celle qui aurait pu la mettre K.O. Il a un père ce gosse ? Non, elle est la vierge marie. A son avis ? Bien sûr qu’il a un père. Elle avale sa salive, elle inspire lourdement. Délicatement elle passe ses mains derrière sa nuque et défait la fine chaine qui pend à son cou. Elle retire le pendentif et dévoile une bague de fiançailles qui pendait à la chaine. Elle la pose sur le comptoir. « Il est mort. Avant sa naissance. » Elle regarde fixement la bague, essaye d’être la plus neutre possible, d’être aussi froide qu’un vieux journal. Elle avale à nouveau sa salive. En parlant comme ça, elle a l’impression d’être morte. Elle n’a pas l’habitude d’être aussi pu chaleureuse. Mais peut être qu’en parlant de ça, elle a des raisons d’être morte. « Un attentat sur le pont de Los Angeles. La voiture de l’homme qui a tué Birdie a explosé au milieu du pont. Il faisait parti des victimes. » Décidément cet homme, Luca, elle avait de quoi le haïr. Elle aurait pu lui dire toute la vérité, le kidnapping, et toutes les raisons. Mais franchement, ça ne le concernait pas. Elle avait déjà suffisamment l’air d’être une victime avec toutes ses morts, elle ne voulait pas en rajouter. Elle ferme les yeux. Elle essaye de se rappeler du reste de sa tirade. Ah oui. Ses lèvres s’étirèrent en un fin sourire. Elle ramassa la bague sur le comptoir, la rangea sous son t-shirt et raccrocha la chaine dans son coup. « Je ne sais pas pourquoi tu dis tout ça. Mais n’essaye pas de penser que j’ai eu de la chance ou quoique ce soit. » Surtout si c’était pour se sentir mieux après. « Tu ne sais rien de ma vie. Tu ne peux pas savoir. » Elle avait un ton relativement neutre, sous lequel perçait surement une certaine agressivité. Cet homme avait le don de la mettre hors d’elle avec son calme inhumain. « Isaac était un père génial, mais il est mort quand j’avais quatorze. » Quatorze ans, c’est jeune. « Ca fait dix ans que je n’ai plus de parent. Alors je me fiches, de toi, de ma mère. Vous n’êtes rien. Vous n’avez jamais existé pour moi. » Ils sont justes un tas de chromosome qui l’ont formé. Rien de plus. « Pour ce que ça vaut, je ne te considère pas comme le grand père de River. Je te considère tout au plus comme le SDF du coin qui avait besoin d’une bonne douche et d’un canapé. » Ca c’était pas cool. En même temps on était pas très loin de la vérité. « Je vais te chercher des draps. » dit-elle en se dirigeant vers sa chambre à elle. Elle revient quelques minutes plus tard avec les bras chargés de draps. « Tu restes le temps que tu as besoin, mais tant que tu es là, tu fais les courses, et tu ranges derrière toi. » L’évident, elle n’est pas directrice d’hôtel après tout.


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