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  “ – the simple question of life. ”

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MessageSujet: “ – the simple question of life. ”   Dim 6 Avr - 13:27





the simple question of life.
Billie B. Salinger & Arsène M. Smith

Il arpentait les couloirs de l'hôpital avec une confiance effrayante. Un dossier sous le bras, il cherchait une chambre. Il n'arrêtait pas de jouer avec les bonbons qu'il gardait dans ses poches. Il s'amusait à jongler avec, en plein milieu du couloir, tout en marchant. Ce n'était pas très judicieux, mais il arrivait à éviter les gens qui étaient là, tout en gardant avec lui c'est deux mêmes bonbons, qui de temps en temps s'envolaient dans les airs. L'un était à la fraise et l'autre au citron. Quelqu'un lui avait dit une fois que le citron était un bon remède contre la maladie. C'était juste un placebo en réalité. Une technique de parent pour que les enfants arrêtent de se plaindre pour un rien. Il en avait fait les frais plus jeune, lors de vacances à la mer. Il devait avoir cinq ou six ans quand sa deuxième maman lui avait balancé un paquet de petits bonbons au citron en précisant que c'était là le remède à tout mal de ventre. Mais rien n'avait empêché son ventre de vouloir recracher c'est même petit bonbon dû à un terrible et long trajet en voiture. Surtout que durant ce même trajet à la mer, ses parents (noté son père biologique et la copine de sa mère, interné) n'arrêtaient pas de se disputer, encore et encore. Plus que d'avoir mal au ventre, le pauvre petit avait aussi hérité d'un mal de crâne. Il n'avait jamais eu de vacances tranquilles. C'était sans doute trop demandé avec la famille qu'il avait, mais quand même. Après tout ce temps, il s'était contenté de négliger sa vie passée, car c'était pour lui l'unique solution pour vivre, réellement. Quand il était arrivé à LA, il avait eu la sensation de découvrir ce que "respirer" voulait dire. À peine était-il descendu de l'avion que quelque chose était entré dans ses poumons. Plus que de l'air, c'était aussi la joie de se sentir enfin loin de tout ce qui l'avait enfermé et étouffé durant toutes ces années. Que ça soit sa famille, sa vie ou encore son ex-petite amie. Maintenant qu'il était là, il avait enfin l'impression d'être ce qu'il devait être et si ça ne tenait qu'à lui, il aurait bien aimé ne plus jamais devoir retourner à Chicago.

Il s'arrêta devant une chambre et un numéro en particulier. Il rangea les bonbons dans sa poche de droite avant de s'accouder au mur et d'ouvrir le dossier qu'il se trimbalait depuis quelques minutes. « - Billie Blue Salinger... » Ses yeux se penchèrent sur les feuilles présentes. Née un 1er janvier 89, Billie était une veuve, maman d'une petite fille du nom de River. L'indice de sa masse corporelle était assez bas, en dessous de 15. Ce qui expliquait sans doute le diagnostic des médecins. Le dossier médical de la jeune fille était assez bref, peut-être parce qu'elle n'était pas de LA. Il aurait peut-être dû aller prendre contact avec l'hôpital où elle était née, en Nouvelle Orléans. Passons, ça n'avait pas tant d'importance que ça en réalité. Après tout, vu son état physique, il n'avait pas grand-chose à faire. Amenée inanimer à l'hôpital, elle venait d'être transférée dans le service psychiatrie après qu'on lui est diagnostiqué des troubles du sommeil et de nutrition assez sévère. C'était Arsène qui se retrouvait avec l'affaire sur les bras. L'anorexie mentale est un trouble du comportement assez dangereux. Il était de son devoir de trouver la cause de tout ça et d'estimer le danger que Billie encourait. Refermant le dossier qu'il garda en main, Arsène toqua deux fois avant d'entrée dans la chambre de la patiente.

« - Bonjour Mme Salinger, je suis le Dr Smith. » Il ferma la porte avant de se retourner vers la blonde qui était là. Voilà donc sa patiente. Malgré son état de fatigue présent, elle n'était pas désagréable à regarder.

« - Pour faire simple, je serais votre psychiatre jusqu'à nouvel ordre. Je suis donc venu débuter nos séances, qui sont - je tiens à le préciser - obligatoire. Du moins pour le moment. Puisqu'en attendant que votre état s'améliore, on ne va pas vous faire marcher jusqu'à mon bureau. On n'est pas des monstres. Dites-moi, est-ce que vous savez pourquoi vous êtes là ? »

Il attrapa une chaise et s'installa près du lit tout en prenant un stylo qui traînait dans sa poche. Question basique. Bien que les infirmiers lui aient déjà posé les questions de base pour savoir où en était son état, il se contentait juste de débuter la séance la plus rapidement possible. Il n'était pas du genre à prendre son temps et ça, tout le monde le savait. Il fallait déjà valider l'hypothèse d'anorexie et prendre en compte une démarche de guérison rapide. Il posa ses yeux sur la demoiselle en face de lui.
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MessageSujet: Re: “ – the simple question of life. ”   Dim 6 Avr - 22:18





the simple question of life.
Billie B. Salinger & Arsène M. Smith

Sommeil. Silence. Vide. Angoisse. Absence. Eveil. Réveil.

Le temps s’étire. A l’infini. Sans sens, sans consistance. La bouche est pâteuse. Le sommeil est désagréable, forcé, lourd et pénible. Le réveil est épouvantable, déplacé, inamical. L’ambiance est froide, il faudra être patient. C’est une camisole. Pas de bruit, pas d’odeur. Un espèce d’endroit aphone et vide. Ce n’est pas naturel. Ca colle le bourdon, le cafard. L’angoisse.

Billie se réveille. Doucement. Elle a la tête qui fait mal, la langue qui ne semble pas à sa place. Elle a le corps endormi, l’impression d’avoir été assommé. Le sentiment de s’être fait roulé dessus par un camion. L’impression d’avoir été privé de souvenir, d’avoir souffert du temps. Le réveil comme un enfer. Le coeur qui se remet à battre. Les poumons qui se remettent en marche. Dans toute leur douleur. Des souvenirs qui afflux. Souvenirs des réveils similaires. Et puis l’envie de pleurer. Brutalement, et de ne plus jamais s’arrêter. Le coeur qui se sert, qui manque d’oxygène. Et progressivement, la panique. La panique d’être ici, de ne pas savoir pourquoi, de ne surtout pas vouloir être là. Et puis le manque. Le manque de l’autre, d’autrui. Et donc l’absence.

Quatre mur blanc, blanc beige peut être. Blanc faussement propre, sale finalement. Ca à de quoi rendre fou. Et le tube transparent, sur le bras, dans le bras, qui dérange et qui gratte. Et dont on ne comprend pas bien la fonction. Le malaise dans l’âme et dans l’être, l’envie de tout rejeter, de crier, et de courir. L’envie d’air pur, de pouvoir se brûler les poumons sur des kilomètres. L’envie de s’évanouir, asphyxié. Asphyxié d’avoir vécu. Pas d’avoir somnolé.

L’hôpital c’est une somnolence, un cocon pour ceux qui ne sont pas assez fort pour l’extérieur. Pour les déficients immunitaires, pour les malades et tout ceux qui n’y arrive pas, qui n’y arrive plus, qui n’y sont peut être jamais arrivé. Peut importe. Elle y arrive, elle y arrivait, elle allait y arriver. Peut importe pourquoi. Elle n’a pas besoin de ça. Elle n’a surtout pas besoin de ça.

La réponse qui arrive comme un coup bas. « Vous avez été amenée inconsciente, et nous devons vous garder en observation jusqu’à ce que vous ayez retrouver vos forces. » Inconscience. Force. Il voulait tester sa force ? Fallait-il qu’elle le frappe pour lui prouver ? Elle en avait de la force, ce n’était pas le problème. Quand à son inconscience. Ca arrive à tout le monde, une petite baisse de tension, une crise d’hypoglycémie, ou même s’être relevée trop vite. Ca ne mérite pas une hospitalisation.

Et le silence. Le silence pour se protéger, le silence pour protester. Parce qu’on est pas d’accord. Parce qu’on ne veut pas comprendre. On ne veut pas jouer avec les cartes que l’on nous donne. On ne veut même pas faire de sourire. Ce sont tous des tortionnaires, des bourreaux, qui font d’elle, leur prisonnière. L’heure du repas qui amène une moue boudeuse, une simple phrase qui résume tout. « Je n’ai pas faim. » Rien de plus que la vérité. La même vérité qu’elle se trimballait depuis des mois. Elle n’avait plus faim. Manger était devenu désagréable, sa gorge refusait de s’ouvrir suffisamment, tout avait mauvais goût dans sa gorge, et surtout, elle était vite rassasié, trop vite. Manger plus lui donnait envie de vomir. Et ici, c’était particulièrement mauvais, comment espérait-il lui faire manger quelque chose d’aussi infâme. Peut être que ça pourrait la tuer. Ou peut être pas. C’était le propre des hôpitaux, être parfaitement aseptisé. Pas d’émotion, pas de goût, pas de son.

Quelqu’un qui rentre. Un instant elle espère voir Aidan. Lui demander s’il ne pouvait pas trouver un moyen de la faire sortir. Mais finalement, peut être pas. Elle ne se voyait pas, et elle devait avoir une tête à faire peur. Si elle s’était évanouie. Et puis elle sentait encore sa langue qui râpait au fond de sa gorge, et sa tête qui cognait. Non, finalement elle voulait pas le voir comme ça. Il allait s’inquiéter. Elle ne voulait pas l’inquiéter. Il avait déjà suffisamment dans son assiette. Lui non plus n’avait pas été épargné. Elle ne voulait pas être un fardeau. Elle pouvait se débrouiller toute seule. Surtout elle voulait se débrouiller toute seule. Ce n’était pas lui. Tant mieux finalement. Mais c’était une blouse blanche. Elle ferma les yeux, étira un sourire dans une grimace. Elle ne voulait pas les voir, ces blouses blanches.

« - Bonjour Mme Salinger, je suis le Dr Smith. »

Elle avait eu envie de rire. Dr Smith. Il n’y avait pas plus ridicule. Comment pouvait-il se faire respecter avec un nom aussi courant. C’était comme être monsieur personne, ou plutôt monsieur tout le monde. C’était triste. C’était à l’image d’un hôpital, un nom qui ne prenait aucune position. Enfin peut être que ce n’était pas réellement important. Peut être qu’elle faisait simplement une fixette dessus pour éviter d’avoir à penser à autre chose. C’était bien ridicule. Et puis de toute façon il savait son nom à elle. Elle n’avait donc plus rien à dire, plus rien à faire. Plus qu’à tenir sa moue renfrogner. Elle n’était pas d’humeur à sourire. Elle n’en avait pas envie, et elle n’en avait pas la force. Elle sentait les cernes tirer ses paupières.

Psychiatre. Obligatoire. Diable, il savait faire plaisir. Devait-elle lui faire un câlin ? Lui offrir une bise peut être ? Pour le remercier de sa tentative d’humour. Elle le regardait froide. Froide et vide. Comme cette hôpital, comme tout ce qu’elle avait l’impression de toucher. Pour la première fois depuis très longtemps elle avait l’air triste. Le genre de tristesse qui ne passerait jamais. Qui ne pourrait pas passer. Quelque chose d’infini. Un manque latent qui ne se comblerait pas. Et puis une question. Une simple question. Et déjà, elle ne voulait pas y répondre.

« - Parce que vous n’aviez pas assez de patient et que vous avez commencé à ramasser toutes les femmes qui s’évanouissent ? »

On dit que l’humour est la plus confortable des défenses. Mais elle n’avait pas envie de rire. Et pour lui ôté son rire, il fallait être un drôle d’oiseau. Un monstre surement, contrairement à ce qu’il pouvait bien dire.

«  - Vous n’avez pas le droit de m’obliger. Vous ne pouvez pas me garder contre ma propre volonté. »

Sa voix n’était pas si assurée que ça, elle n’était pas sur du bien fondée de ce qu’elle avançait. La psychiatrie, c’était bien un domaine qui dérogeait à beaucoup de règle de bienséance. Internement de force etc…

«  - Je veux voir ma fille. »

Elle avait la gorge qui se serrait, comme lorsqu’elle mangeait. Ses mains trituraient le draps autours d’elle, son regard fuyant papillonait nerveusement dans la salle sans s’arrêter sur le soit disant docteur. Elle ne lui faisait pas confiance.
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MessageSujet: Re: “ – the simple question of life. ”   Lun 7 Avr - 11:07






the simple question of life.
Billie B. Salinger & Arsène M. Smith

Il se sentait chez lui, même à l'hôpital, mais il savait pertinemment que ce n'était pas le cas des patients. Surtout ceux qui ont un blackout complet entre le moment où ils sont à l'extérieur et celui où ils se retrouvent sur un lit d'hôpital. Le contraste était effrayant et stressant. Les questions se multipliaient sans doute dans leur tête, s'entrechoquant avec d'autres sans jamais trouver une réponse directe. Il ne s'attendait pas à ce que Billie coopère directement. Elle devait avoir peur et surtout elle devait être dans l'incompréhension totale. Comment un psychiatre tel qu'Arsène allait-il lui expliquer calmement ce qui était en train de se passer ? Oh, il allait sûrement mettre les points sur les i, mais calmement n'était pas une facette de sa personnalité. Tout était toujours extravagant chez lui. Que ça soit sa façon d'agir ou sa façon de parler, il n'oubliait jamais qu'il fallait vivre la vie à fond, peu importe la situation. C'était sans doute ce qui expliquait ce sourire, tracé à l'indélébile sur son visage, affichant avec conviction que monsieur était fière d'être ce qu'il était et fier d'être assis là. À peine s'était-il assis sur cette chaise froide et rigide près du lit où se trouvait sa toute nouvelle patiente que celle-ci ne manqua pas de rétorquer d'une façon à laquelle il s'attendait. Elle n'échappait pas à cette masse de personne qui n'était pas prête à accepter quoi que ce soit. Quand les choses n'allaient pas dans leurs sens, ils décidaient tout simplement de se fermer en espérant que tout reviendrait à la normale. Arsène sentait qu'il allait être confronté à quelques difficultés avec Billie. Il suffisait de faire attention à son regard et à son visage. Il y avait des signes qui ne trompaient jamais.

Arsène était observateur, toujours. S'il prenait son temps pour parler - et il parlait beaucoup - c'était parce qu'il faisait attention aux détails. À la façon de prononcer un mot, ou de lancer un regard après une phrase. Les petits mouvements musculaires sur le visage, l'intonation ou encore la façon dont vos mains bougent au fur et à mesure que la conversation avance, exprimait beaucoup plus que les mots utilisaient. Billie était bloquée. D'une part, elle ne semblait pas réaliser la gravité de sa situation, ce qui était normal, et d'une autre elle avait conscience que gardait le silence sur ce qui se passait était la seule façon de se protéger. Le réveil avait sans doute été difficile, ce qui ne l'étonnait même pas. Arsène s'adossa un peu mieux à son siège, ne quittant du regard Billie qu'une fraction de seconde. Il remarqua le plateau de nourriture, encore remplis. Elle n'avait donc pas touché à son plateau-repas. Super. Les gens avec le ventre vide sont toujours grognon. Gardant ce léger sourire qui le caractérisait tant, ainsi que le dossier de sa patiente ouvert sur ses genoux, il écoutait les réponses qu'elle lui offrait, presque avec indifférence. C'était sans doute parce que son visage n'exprimait pas grand-chose, une neutralité assez imposante en soi.

« - J'en déduis que c'est votre façon de dire que vous n'en avez pas la moindre idée. Perte de mémoire où c'est juste vous, qui n'avait pas du tout envie de parler au gentil docteur que je suis ? » Tout en parlant, il notait quelques mots. Il releva la tête quand la jeune femme lui avoua qu'ils n'avaient pas le droit de la garder. Oh, elle était mignonne. Il sentait l'incertitude et aussi la crainte de devoir rester là encore un long moment. D'ailleurs, elle ne tarda pas à répliquer en avouant vouloir voir sa fille.

« - River, c'est ça ? Eh bien vous la verrez... une fois qu'on estimera que vous n'êtes plus un danger pour vous-même. » Et il lui offrit un sourire amical, avant de reprendre. « - Mme Salinger, si vous êtes là aujourd'hui c'est parce que votre indice de masse corporelle est tellement bas que votre corps ne peut même plus supporter la charge de travail que vous vous imposez. Si vous continuez à vivre de cette façon, vous risquez gros. Et si votre état de santé ne vous effraie pas, pensez à votre fille que les services sociaux vont se faire un plaisir de prendre en charge. » Il s'était légèrement penché, pour que son regard ne quitte pas un seul instant celui de Billie. « - Vous n'avez pas faim ? » Il pointa avec son stylo le plateau-repas à côté du lit de Billie.

Il n'aimait pas avoir l'impression de perdre son temps et généralement, avec les patients difficiles, c'était un véritable défi de faire avancer les choses. Cependant, il ne s'ennuyait pas avec Billie. Du moins pas pour l'instant. Il avait l'impression que malgré tous les signes présents dans cette pièce et dans son dossier, c'était trop facile de diagnostiquer une anorexie sévère. La perte de la faim, le manque d'effort physique, le manque de sommeil... c'était des symptômes qui pouvaient aussi venir d'une tout autre maladie. Psychique ou physique. C'était encore trop pour savoir ce qui se passait dans le corps de Billie ou encore dans sa tête, mais à peine avait-il entendu le son de sa voix, qu'un frisson l'avait parcouru. Presque par automatisme, tous ses sens s'étaient éveillés pour ne penser qu'à une chose : Elle. Il voulait découvrir ce qui se passait et le psychiatre en lui était prêt à y passer la journée si nécessaire - non, en vérité il ne pouvait pas, il avait d'autre patient quand même. Il y avait une pointe d'excitation qui commençait à se faire sentir et ça c'était nouveau pour Arsène.
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MessageSujet: Re: “ – the simple question of life. ”   Ven 11 Avr - 11:59






the simple question of life.
Billie B. Salinger & Arsène M. Smith

Billie se demandait qui pouvait bien apprécier les hôpitaux. Les hypocondriaques peut être. Et encore, il n’y avait surement pas d’endroit plus rempli de germe en tout genre, on ne sait jamais, que le cancer se transmette par partage d’air. Les médecins surement, sinon leur vie serait un enfer, ça devait être un grand terrain de jeu, avec des cas plus ou moins tordus à analyser. Mais elle n’était pas médecin. Elle n’était pas hypocondriaque. Elle était même jamais malade. Pas même un rhume. Ou du moins elle faisait comme si de rien était. Il fallait une fièvre épouvantable pour l’attacher à son lit. Ou un évanouissement incontrôlé, et peut être un peu trop long. Mais Billie ne s’arrêtait pas, et ne supportait pas d’être alité. Notamment parce qu’elle n’arrivait pas à dormir, et que traîner dans un lit sans pouvoir fermer les yeux … ca devenait vite une petite torture.

Forcément se retrouver dans une pièce blanche folie, dans un lit propre angoissant, avec devant soit un plateau vitaminé dégueulasse, c’était la pire chose qui pouvait lui arriver. Sans exagérer. Le pire c’est qu’elle ne voyait pas réellement pourquoi on l’avait amené ici. Ca arrivait surement à plein de gens de s’évanouir, surtout à l’UCLA. Généralement un concierge venait te filer un sucre, une couverture de survie peut être, position PLS si vraiment ça n’allait pas, ou alors les secours, mais aussitôt sur pied, hop, on te disait de rentrer chez toi, et on n’en faisait pas tout un plat. Clairement, là, elle avait l’impression d’être interné. Peut être parce qu’aucun médecin n’avait parlé de sortie, et que tous semblait l’avoir installer dans ses murs de manière définitive. Ou là, peut être qu’elle exagérait, mais pour plus que quelques heures le temps qu’elle se réveille complètement. Et c’était là que sa compréhension de l’histoire s’arrêtait.

Elle se souvenait très bien de ce qui s’était passé. A quelques détails près qui étaient encore un peu flou. Elle s’était réveillé en hurlant, comme à son habitude maintenant, vers les coup de 4h. Elle ne se souvenait pas s’être couché avant 3h. Elle n’avait pas eu l’impression d’être reposée. Mais elle était resté un temps suffisamment long sous la douche pour avoir l’impression de pouvoir tenir la journée. De toute façon elle n’avait vaguement pas le choix, elle n’avait aucune envie de se rendormir. Elle s’était pris une première tasse de café, bien serré, comme à son habitude, et elle avait commencé à travailler. Sa patronne serait contente, elle aurait finit ses dossiers plus tôt que prévu. Elle était partie s’occuper de River vers 7h, lorsque que cette dernière se réveillait, et l’avait déposé à la crèche à 8h avant d’aller à l’université pour ses cours du matin. Elle avait pris deux autres tasses de café, ce qui lui faisait bien office de déjeuner. Elle n’avait pas faim, elle n’y avait même pas pensé une seule seconde. Le cauchemar de la nuit s’était même évaporé dans son esprit au fur à mesure des heures de la journée alors qu’elle focalisait son cerveau sur diverse activité. Elle avait du s’évanouir sur le coup de 14h. Elle quittait la fac pour rejoindre le groupe, elle n’avait même pas eu le temps de se sentir mal qu’elle devait déjà être par terre, elle ne s’était même pas sentie tomber. La lumière c’était juste éteinte, brutalement. Sur le coup elle avait du trouver ça agréable, plus aucune pensée parasite, plus rien, un silence parfait, calme et reposant. Excepté qu’elle n’était pas consciente pour s’en rendre compte et pour l’apprécier. Là elle ne saurait pas dire ce qu’il s’est passé, mais elle le devinait aisément. on avait du s’affoler, essayer de la réveillé. Rien ne l’avait fait réagir, alors on avait du appeler les secours, ils étaient arrivés, avait du essayer de la ranimer pareille. Rassuré par la présence d’un pouls faible, et d’une respiration timide, il l’avait néanmoins amené à l’hôpital.

Et on en était là. Elle était réveillé. Elle respirait toute seule, et mise à part l’impression désagréable d’être dans le brouillard, elle avait l’impression d’aller bien. La seule raison pour laquelle elle n’allait pas bien était qu’elle était dans un hôpital, et que personne ne semblait d’accord pour la laisser sortir. Sinon, mise à part ça. Tout allait bien.

« - J'en déduis que c'est votre façon de dire que vous n'en avez pas la moindre idée. Perte de mémoire où c'est juste vous, qui n'avait pas du tout envie de parler au gentil docteur que je suis ?»

Elle le regarda l’air étrange, le regard froid, la moue boudeuse. Se foutait-il de sa gueule ? Il pensait qu’elle avait quel âge pour qu’il lui parle comme à une demeurée ? Gentil docteur. Mon cul oui. Et il allait sortir une peluche de sa poche et la faire parler à sa place aussi ? Il ne fallait pas croire qu’un évanouissement altérait ses capacités mentales. Elle allait bien.

« - J’ai pas deux ans… Vous pouvez me parler normalement. Et je sais très bien pourquoi et comment je suis arrivé ici. Ca ne m’explique pas pourquoi je ne peux pas ressortir… Parce que vous n’avez pas l’intention de me laisser sortir, je me trompe ? »

Mais il avait raison, malgré ses mots qui l’agaçait. Elle n’avait aucune envie de lui parler. Lui parler de quoi de toute façon ? Elle n’avait rien à dire. Enfin si, plein de chose, elle était bavarde, parler n’était vraiment pas un problème. Mais elle n’avait rien à dire à un médecin qui la séquestrait dans une chambre débile d’hôpital.

« - River, c'est ça ? Eh bien vous la verrez... une fois qu'on estimera que vous n'êtes plus un danger pour vous-même. »


Son sourire l’agaçait. Ce n’était réellement pas nécessaire. Un danger pour vous-même. De quoi il parlait ?

« - Hé ! Je me suis évanouie naturellement, j’ai pas essayé de me tuer, merci bien. »

Grogna-t-elle comme si on venait de l’accuser de la pire chose au monde. Dans sa tête ça l’était. Elle qui adorait la vie, et qui l’avait vu s’effilocher de tous les côtés, l’idée même de mettre fin à ses jours délibérément alors qu’on avait la chance d’être encore en vie la révulsait. Alors un danger pour elle même ? Pourquoi ferait-elle une chose pareille ? Elle allait bien. Ou du moins faisait tout pour que ça aille bien. Pour que ça aille mieux. Alors monsieur je juge parce que je j’ai un doctorat en cerveau humain. Va te faire voir.

« - Mme Salinger, si vous êtes là aujourd'hui c'est parce que votre indice de masse corporelle est tellement bas que votre corps ne peut même plus supporter la charge de travail que vous vous imposez. Si vous continuez à vivre de cette façon, vous risquez gros. Et si votre état de santé ne vous effraie pas, pensez à votre fille que les services sociaux vont se faire un plaisir de prendre en charge. »

Il la fixait un peu trop brutalement, ça lui faisait mal aux paupières de les garder ouverte pour soutenir son regard. Elle n’était pas bien sûr de comprendre ce qu’il lui disait. Le début en tout cas. La fin, elle avait compris. Elle s’en offusquait. Brutalement même, se rehaussant sur son lit. Le regard soudainement sombre, vexé et furieux.

« - Ca c’est fin ! Ca vous arrive souvent de menacer vos patientes pour obtenir quelque chose ? Les résultats sont bon ? »

Elle croisa ses bras contre sa poitrine, finissant de se refermer comme une huitre. « Enfoiré » murmura-t-elle pour elle même, se souciant peu de s’il entendait ou pas. Elle n’était généralement pas violente, pas vulgaire, pas méchante. Mais s’il y avait bien une personne à qui il ne fallait pas toucher, c’était River. Et lui faire remarquer sans aucune subtilité qu’elle pourrait être une mauvaise mère qui abandonnerait sa fille au service sociaux. Néanmoins la remarque du docteur Smith faisait son bonhomme de chemin dans la tête de Billie. Elle n’avait strictement aucune idée de ce que pouvait être un indice de masse corporelle n’ayant jamais vraiment fait attention à son poids. Mais il avait dit bas, et supporter. Il avait dit effrayé, et gros aussi. Le tout ensemble ne faisait pas beaucoup de sens dans sa tête. Mais ça faisait du chemin. Son regard s’adoucissait progressivement, ses sourcils se fronçant pour marquer son incompréhension. Elle ne faisait plus vraiment gaffe au docteur, elle essayait juste de trouver un sens à ce qu’il pouvait bien lui dire.

« - Vous n'avez pas faim ? »

Elle regarda le plateau immonde devant elle, et hocha négativement la tête, naturellement. Non, elle n’avait pas faim. Dans son ventre c’était le calme plat. « - Pas vraiment, j’ai mangé… » Elle s’arrêta au milieu de sa phrase incapable de se rappeler la dernière fois qu’elle avait mangé. Pas aujourd’hui en tout cas, quel heure était-il ? Le café est-ce que ça pouvait compté. Hier soir qu’est ce qu’elle avait dîné ? Elle avait du goûter pendant qu’elle préparait le dîner pour River, manger quelques bouchées avec elle. C’était sûr. River ne mangeait rien tant que Billie ne goûtait pas. Mais après… En même temps elle n’avait pas faim. Vraiment pas faim. Elle avait du bien manger hier… A midi. Surement.

Les yeux perdus dans le vague elle avait complètement abandonné sa recherche de son dernier repas, c’était ridicule comme jeu, elle ne savait même pas pourquoi elle se l’était lancé. Elle avait surement mangé à un moment ou à un autre, elle ne se souvenait plus quoi. Elle n’accordait pas beaucoup d’importance à ce qu’elle mange, ça n’a pas grand intérêt. Elle continua à réfléchir sur les mots du docteur. Masse corporel. Elle n’était pas très massive. Charlie lui avait dit il y a plusieurs mois qu’elle avait maigrie. Elle regarda un instant ses poignets, effectivement, fin. D’une voix atone elle finit par lâcher, encore une fois, plus pour elle même que pour l’autre.

« - Je vais bien. »

Elle ne cherchait même plus à s’en persuader. Elle en était persuadé. Elle ne comprenait pas pourquoi on voulait la garder là, puisqu’elle allait bien. Et si l’évanouissement semblait ressembler à une sonnette d’alarme, elle ne comprenait tout simplement pas pourquoi elle avait été tirée. C’était ridicule.
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MessageSujet: Re: “ – the simple question of life. ”   Mer 23 Avr - 21:45






the simple question of life.
Billie B. Salinger & Arsène M. Smith

Sa maison était là, parmi ce bâtiment destiné à la survie et à l'aide de l'espèce humaine. Si on devait comparer le nombre d'heures qu'il avait faite chez lui, dans son appartement, et celle qu'il avait faite ici, à l'hôpital, on remarquerait vite la différence. Sa vie était là, guidée par ses patients parfois plus fous les uns que les autres. Et parmi cette folie, cette perte de soi et cet oubli de l'esprit, Arsène régner en maître comme un mage dont rien n'avait de secret pour lui. Il ne faisait pas ce qu'il faisait actuellement parce qu'il ne savait rien faire d'autre. Il exécutait les différentes facettes de son métier avec subtilité parce qu'il aimait ça. D'ailleurs, il faudrait dire ses métiers, car Arsène était toujours porté par une curiosité du savoir qui le poussait à aller plus loin que les simples théorisations de la psychanalyse. Parmi les cas classiques, les cas répétitifs, il y avait ce qui apportait cette nuance nouvelle à son travail. Ceux qui entraînaient la flamme de sa passion, qui lui donnaient envie d'aller plus loin. Et il y avait ceux dont l'esprit était-elle qu'Arsène en ressentait une connexion et par la suite un besoin obsessionnel à l'aide. En réalité, il n'avait connu ça qu'une fois et c'était sa mère. La folie était une parfaite description de sa personne. Arsène lui-même n'avait jamais eu l'occasion de la connaitre entièrement et aujourd'hui encore c'était une véritable torture. Il y avait ce vide en lui, ce trou en plein coeur, laissait par l'absence d'une mère maternelle, une mère qui sait automatiquement ses troubles en posant un simple regard sur lui. Il avait toujours su que ce vide était causé par l'enfermement de sa vraie mère, même petit. Il n'y pouvait rien, il était perspicace et quand les uniques parents qu'il avait, l'avait usé tel un objet à moitié brisé, il était normal qu'au bout d'un moment, il finisse par se croire brisé lui-même. Quelque chose ne marchait pas en lui, il l'avait toujours sentie. Cette impression d'être une machine inachevé, dont il manque un rouage, c'était ce qui avait fait qu'il avait du mal à s'attacher aux gens autour de lui. Il ne voyait pas l'intérêt de s'ouvrir à qui que ce soit si c'est pour que tôt ou tard, il se fasse jeter, comme une vieille poupée avec laquelle on ne veut plus jouer.

Il y avait des gens qui comptaient pour lui. Des gens pour qui il était prêt à pas mal de choses, mais il se cachait toujours de dire quoi que ce soit ou de faire quoi que ce soit de trop révélateur. Le problème d'Arsène résidait dans cette peur des relations, dans cette idée qu'il était trop difficile de souffrir d'une absence. Il n'avait jamais connu sa mère, mais son absence lui avait fait mal. Alors, à l'idée que ceux qu'il connaissait, finiraient par partir, il se disait que l'ampleur de l'absence n'en serait que plus grand, que plus douloureux. Il n'était pas prêt, encore aujourd'hui, à subir ça. Il avait déjà assez vécu de choses pour supporter une telle peine. Alors, il se concentrait. Sur les autres plus que sur lui-même. Sur la vie plus que sur ses rêves. Il se contentait d'exister plutôt que de vivre son existence. C'est ainsi que comme la plupart des autres jours, Arsène avait vêtu sa blouse de psychiatre, franchissant les couloirs de l'hôpital dans la nonchalance la plus totale. Où il irait, ce qu'il ferait ? À quoi bon penser à son propre avenir s'il n'était pas capable dépurer l'avenir de ses propres patients . D'ailleurs, en parlant de patient, il en avait une nouvelle maintenant. Une jeune femme dont le cas était aussi répétitif que d'autres. Oh Arsène ne s'étonnait plus de rien, mais tout de même. À peine s'était-il installé, avait-il débuté la conversation que quelque chose sortait de la jeune femme. Une aura à part. Quelque chose de différent et Arsène avait du mal à détacher ses yeux de sa nouvelle patiente. Il était intrigué. Pas par sa beauté - bien qu'il aurait pu, il n'était pas aveugle - il était plutôt intrigué par sa façon d'agir, de penser, de parler. Des patients difficiles, muet même, il en avait déjà eu. Ce n'était pas nouveau. Mais Billie était, différente tout simplement. Il y avait de la contradiction entre ses gestes et ses paroles, mais aussi beaucoup de questions - trop peut-être - dans ses yeux. Se retrouvait enfermé entre quatre murs blanc d'un hôpital, c'était normal qu'on finisse par avoir peur pour sa propre vie, même si l'endroit en question était celui le plus recommandé pour votre santé.

C'est tout simplement la peur de découvrir qu'on ne sait même pas qui nous sommes, tout simplement.

Arsène était posé, attentif et surtout fidèle à lui-même. Nul doute qu'il avait l'air de ce médecin, un peu trop familier, un peu trop excessif. Le genre de médecin qu'on a envie de frapper parfois, dans l'espoir que cela change les choses. Il n'y avait pas de chance que ça arrive.

« - C'est bon à savoir. » Il offrit un nouveau sourire, comme si cela était suffisant. Elle savait donc . Mais visiblement, elle mentait puisqu'elle ne faisait que contourner la question. Bien essayé, mais le sourire d'Arsène en disait long. Il pouvait jouer le jeu pendant des heures, mais d'autre patients attendaient. D'autres avaient besoin de son aide et surtout d'autres étaient plus enclins à s'ouvrir à lui pour son aide. Cependant, dans sa classe naturelle, Arsène reprit la parole s'adressant dans le calme le plus total. Elle voulait sortir . Alors elle n'avait qu'à essayer de comprendre la situation avant de vouloir s'enfuir aussi vite de l'hôpital. Il ne fallait pas prendre les médecins pour des gens stupides qui enfermaient n'importe qui. Ce n'était pas une blague, il était question de sa vie. « - Naturellement ? » Il hésita à pouffer, mais ce n'était pas très professionnel. Elle essayait de se défendre, c'était déjà ça. En ce qui concerne la partie du suicide, c'était autre chose. Ça peut être inconscient. Même lorsqu'on veut croquer la vie à pleine dent, le cerveau peut faire faire l'inverse. Oh, complexité, quand tu nous tiens. C'était marrant qu'elle parle de se tuer, comme si ça pouvait être le cas. Comme si, malgré l'horreur de l'idée, une partie d'elle aurait pu choisir cette option. Pour ça, il faut un déclencheur. Une raison. Un motif. Décidant de reprendre en main le peu de professionnalisme en lui, Arsène tenta tout de même de rendre la situation plus claire pour la demoiselle. Elle voulait qu'il lui parle comme à un adulte, elle allait être servie.

La mention de sa fille, c'était touché un point faible et un point fort en même temps.

« - Je ne menace pas, j'expose la réalité. Je ne suis pas un médecin très subtil, je vous l'accorde. Maintenant, l'hôpital ne vous laissera pas sortir avant d'être sûr de votre état de santé. Alors, savez-vous ce qui vous est arrivé et pourquoi vous êtes là ? » Il était aimable quand même. Et la petite insulte n'était pas passée inaperçue, mais dans son travail Arsène était confronté à des crises d'anxiété encore plus fort. Parfois, les patients avaient besoin d'être secoués. Pour les ramener il n'y avait pas mieux. C'était ce qu'Arsène faisait, avec Billie. Un retour brutal à la réalité et à ses conséquences. Nul doute que ses paroles touchaient Billie d'une façon ou d'une autre, même si la phrase dans son ensemble ne semblait pas très claire. La réflexion était maîtresse des pensées de Billie, Arsène pouvait le voir et cela ne pouvait qu'être bénéfique.

« - Vous en êtes sûr ? » Et comme l'imbécile caché en lui, il griffonna un hamburger sur son calepin, caché dans le dossier de la demoiselle. Lui, il avait faim. Pratiquement toutes les deux heures. Comme les hobbits. Sa conception de la vie était simple et claire et son ventre pouvait avaler quantité. Sa question valait pour deux choses : premièrement le fait qu'elle avouait avoir déjà mangé - pur mensonge quand on passe plus de 24h le ventre vide dans un hôpital. Deuxièmement pour ce murmure qui n'atteignait qu'elle. Je vais bien. C'était parce qu'elle était conscience et cet état lui disait que ça allait, mais ça n'était pas le cas. Arsène le ressentait. Arsène le savait.

« - Vous savez ce qu'est l'anorexie ? » Il avait posé son stylo sur le dossier qu'il avait sur les genoux. Il avait attendu que le silence prenne sa place un moment avant de lancer sa question. Ce n'était pas compliqué comme question, à voir maintenant la réponse.
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MessageSujet: Re: “ – the simple question of life. ”   Jeu 24 Avr - 20:19





the simple question of life.
Billie B. Salinger & Arsène M. Smith


Billie n’était pas malade, elle n’avait jamais été malade, elle ne serait jamais malade, ou en tout cas pas avant longtemps, pas avant l’âge de la retraite. D’après elle c’était un état d’esprit. Il y avait des gens comme ça, qui tombait toujours malade, qui se laissait tomber malade. Les personnalités stressée, dépressive, et plus encore. Peut être que c’était du à déficits moléculaire, elle n’en savait rien, elle s’en foutait. Elle ne leur faisait même pas de reproche. Elle disait juste qu’elle n’ était pas comme ça. Elle n’avait jamais loupé un seul jour d’école pour maladie. Elle n’avait jamais eu la moindre petite migraine. Bon bien sûr parfois ça allait moins bien que d’autres jours. Mais dans l’ensemble on ne la voyait jamais malade. Les rares fois ou elle l’était, elle ne montrait rien. De la même manière elle ne s’était jamais rien cassé. Enfin bref, sa santé avait toujours au top. Enfin sauf pendant sa grossesse, mais là elle avait eut des circonstance atténuante. Elle était fatiguée en permanence et souffrait comme toute femme des déboires de sa grossesse. Son déni de grossesse n’avait d’ailleurs pas aidé à arranger le truc, et elle avait finit par se retrouver allaité au lit pour éviter un accouchement trop prématuré qui tuerait sans doute le bébé qui avait déjà un retard de croissance. Et ses mois avait été sans aucun doute les pires de sa vie. Alors la simple idée de recommencer, pour x ou y raison lui paraissait intolérable. Surtout qu’aujourd’hui elle n’avait pas le ventre comme une baleine, loin de là. On ne voyait même plus son ventre de grossesse. Enfin elle avait retrouvé une apparence tout à fait normal et un ventre des plus plats. Beaucoup de femme pouvait la haïr pour ça.

Enfin la haïr… S’il la voyait aujourd’hui prostrée dans son lit d’hôpital, surement qu’il n’oserait plus rien dire. Elle avait l’air pitoyable. Et honnêtement si on voyait qu’elle pouvait encore être ravissante, sa maigreur commençait à tirer sur le squelettique, notamment sur les poignets. Et comme elle n’était pas maquillée, la fatigue commençait à se lire sur ses traits. Les cernes s’étendaient violine sous ses yeux, et tous ses traits semblaient se tirer sous une fatigue qu’elle n’assimilait et ne comprenait pas. Et le médecin ne l’aimait pas. Elle le trouvait trop jeune, trop arrogant, et peut être même trop mignon. Elle n’avait pas envie de lui faire confiance, elle n’avait pas envie de lui confier quoique ce soit. Il ne la m’était pas à l’aise. Bien sûr elle avait bien conscience que celui qui serait capable de la mettre à l’aise dans un hôpital serait surement un dieu sur terre, mais néanmoins celui là, pour le moment, ne pouvait pas faire pire. Tout chez lui l’agaçait. Et c’était principalement parce qu’elle était déjà particulièrement agacée de se retrouver dans un lit trop blanc. Mais il empirait les choses, il était sarcastique, et il ne la prenait pas au sérieux. Est-ce qu’il essayait de la croire seulement ? Parce qu’elle n’était pas une menteuse. Et quelle était - presque - de bonne volonté. Enfin elle n’était peut être pas de bonne volonté, mais disons que si on lui expliquait clairement ce qu’il y avait à faire pour sortir d’ici elle le ferait sans aucun doute. Elle n’était pas récalcitrante à « aller mieux » selon leur critère, du moment que ça se faisait rapidement. Dans la journée si possible.

« Naturellement ? »

Elle le fusilla du regard alors qu’elle eu l’impression qu’un rire restait bloqué dans sa gorge. Qu’est ce que c’était que cette question. Evidement que c’était naturellement. Comment est-ce que ça pouvait être d’autre. Elle s’énerva. « De cause naturelle ! Putain j’en sais rien, vous m’agacez à la fin, vous savez mieux que moi comment ça se passe ces merdes là. Je me suis évanouie, et je n’avais rien fait pour ! » En même temps qui se poussait à s’évanouir, ça n’avait aucun sens. Il s’en rendait compte n’est-ce pas ? Enfin peut être qu’en réalité, son inconscient avait tout fait pour. Ou alors qu’elle prenait des décisions plus ou moins consciente qui altérait sévèrement son système immunitaire. Mais si elle avait fait quelque chose de travers elle ne s’en rendait pas vraiment compte. En même temps, à force d’être trop à l’écoute des autres, il y a longtemps qu’elle avait cessé d’être à l’écoute de soit.

« Je ne menace pas, j’expose la réalité. Je ne suis pas un médecin très subtil, je vous l’accorde. Mais l’hôpital ne vous laissera pas sortir avant d’être sûr de votre état de santé. Alors, savez-vous ce qui vous est arrivé et pourquoi vous êtes là ? »

Elle avait ricané. Pas très subtil. C’était un putain d’euphémisme. Ce mec était un éléphant dans un magasin de porcelaine au service… Au service quoi d’ailleurs ? Et puis elle avait écarquillé les yeux. Il se foutait de sa gueule ? Il allait lui reposer la question ? Mais il était bouché en plus de manquer de subtilité. Elle explosa. « Mais vous le faite exprès ? Je vous l’ai dit ! Je me suis évanouie à l’université ! » La suite comment voulez vous qu’elle la sache, elle venait de se réveiller, ou presque. Et ce n’était pas cet abrutit en blouse blanche qui l’aidait à comprendre quoique ce soit. Elle finit par croiser ses bras contre son ventre, pour se tenir chaud d’une part, et pour se calmer. En ce moment elle avait rarement chaud, elle avait même un mal fou à se réchauffé malgré l’arrivé d’un printemps doux. Elle s’enterrait généralement sous les couches de pull, et gardait presque constamment son manteau. « Vous avez retiré le chauffage ? » demanda-t-elle sans montrer les premiers signes de frissonnement. Il faut dire que sa blouse d’hôpital ne l’habillait pas particulièrement. « Je dois faire quoi pour vous prouvez mon bon état de santé? » Elle n’était pas consciente. Elle se roulait même dans une inconscience qu’elle devait juger confortable. C’était incroyable. Elle s’était même défendue. Elle n’avait pas faim, elle avait déjà mangé, elle allait bien.

« Vous en êtes sûr ? »

La question la question la frappa de plein fouet, elle le regarda étrangement, songeuse. Sûr de quoi ? D’avoir manger ? De ne pas avoir faim ? D’aller bien ? Bien sûr qu’elle était sûr d’avoir manger, sinon pourquoi n’aurait elle pas faim ? Bon d’accord, peut être qu’elle n’était pas aussi sûr de ça d’avoir manger, mais elle était sûr de ne pas avoir faim. Quand au fait d’aller bien, tout ici criait que non, elle n’allait pas bien, mais il y avait une voix encore plus forte dans sa tête qui lui disait qu’elle allait bien. Alors si la voix le disait. Par soucis d’honnêteté elle finit par rajouter. « Je ne sais plus quand j’ai mangé… Mais je n’ai pas faim… Et j’en suis sûr. » C’était pire qu’un manque d’appétit, c’était presque un dégout, l’impression que si elle mangeait ça allait l’étouffer, qu’elle allait être mal. La elle était bien, elle ne ressentait pas le besoin de manger. Etait-ce un problème ? De manger quand on a faim ? Et seulement lorsqu’on a faim ?

« Vous savez ce qu’est l’anorexie. »

Elle haussa faiblement les épaules, lasse, avant de répondre rapidement. « Problème nutritionnel psychologique qui… marche avec la non acceptation de soit, de son corps, besoin de contrôler les choses par ce que l’on mange… mange peu… Se fait vomir… » Elle avait parlé machinalement, se rappelant de ce qu’elle avait entendu, ce qu’elle avait pu lire. L’information mis plusieurs minutes à monter au cerveau avant qu’elle se sente réellement offusquée. Elle cria presque, outrée. « Je ne suis pas anorexique ! » Ses yeux ronds comme des billes assassinaient le médecin qui avait décidément une très mauvaise manière de parler à ses patients. « Je n’ai aucun problème avec mon corps et je n’ai clairement pas besoin de maigrir ! » Clairement, le problème c’est qu’elle maigrissait quand même. « Je ne me fais pas vomir, et je mange à ma faim… » c’était surement pour elle qu’on avait créé l’expression appétit d’oiseau. Cette fois-ci elle le répéta avec plus de confiance en elle et plus de violence. « Je vais bien ! »
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MessageSujet: Re: “ – the simple question of life. ”   Jeu 8 Mai - 15:54






the simple question of life.
Billie B. Salinger & Arsène M. Smith

Il lui arrivait souvent de se pencher en arrière sur son fauteuil, pour regarder le plafond de son bureau. Ça l'aidait à penser moins. Ses yeux fixaient le plafond comme si le néant se trouvait au-dessus de sa tête et aucun mot ne parvenait à son esprit. Le silence se faisait instantanément, comme par miracle et tout ce qui lui restait à faire était de respirer. Un retour à l'essentiel de l'humanité en somme. Il prenait le temps à chaque respiration, savourant l'air qui entrait dans ses poumons sans pour autant avoir la moindre idée en tête, le moindre sentiment même. C'était l'effet de l'hôpital. Du travail, trop souvent lourd et trop souvent accumulé en un tas de dossiers empilés. Et dans cet endroit qu'il considérait comme sa maison, il s'autorisait à respirer.

Parfois, quand il se sentait réellement couper du reste du monde, il fermait les yeux. Non pas qu'il avait envie de s'imaginer ailleurs, pas du tout, mais c'était le repos ultime. Sa façon à lui d'économiser son énergie, celle qu'il dépensait chaque jour comme un malade. Il ressentait son coeur ralentir, sa pression disparaitre et tout le reste du monde s'engouffrait dans un trou noir imaginaire. Il avait cette sensation de disparaitre et au fond c'était sans doute tout ce qu'il voulait. Oui, il voulait ne plus exister tout simplement. Parce que s'il n'existait pas, il ne pouvait avoir aucun sentiment. Aucun tracas. Aucun problème en tête qui l'étoufferait à mesure qu'il avancerait dans la vie. Parce que s'il n'existait pas il n'y avait alors ni futur, ni passé, ni présent. Il n'y avait rien, tout simplement. Et alors qu'il avait l'impression de ne plus rien ressentir, quelque chose le ramenait à la surface de ce monde. Ses yeux s'ouvraient, retrouvant l'image d'un plafond trop longtemps fixé. Et son corps le poussait à bouger, pour lui rappeler cette chose essentielle à sa survie : il était en vie. Il était bel et bien là et disparaitre n'allait pas l'aider à améliorer les choses. Il devait faire face, se battre et respirer devant le monde, pas devant le néant. Et comme si ce moment n'avait jamais existé, il retrouvait à sa tâche, reprenant le cours de son travail comme si cette pause n'avait pas existai. En face de Billie, l'idée même de fixer le plafond était impensable, parce que quelque chose était en train de se produire. Quelque chose de nouveau, d'excitant et d'intrigant. Quelque chose qui réveillait en lui une flamme jadis éteinte et qui le poussait à garder les yeux ouverts, fixait sur cette femme, allongé devant lui. Elle n'était pas au top de sa forme. Physiquement parlant, peu la trouverait attirante en ce moment même. Surtout voyait son état. Mais Arsène ne pouvait s'empêcher de voir plus que ce qu'on lui montrait.

Il remarquait les différentes émotions que dévoilait son regard. Et quelque part, ça le touchait d'une façon ou d'une autre. Mais il se contentait d'être ce psychiatre, un peu malade sur les bords. Tiens, malade. C'était lui, le vrai malade dans l'histoire. Quelque part, tout le monde s'en doutait, mais un psychiatre sain d'esprit était forcément un mauvais psychiatre. Car seul le vise peut comprendre le vise. Et la folie, la folie. C'est ainsi que fonctionne le monde et s'il fallait abandonner une partie de sa personne pour comprendre Billie, Arsène était heureux de se sacrifier chaque seconde un peu plus pour découvrir qui elle était. Naturellement. En réalité ce n'était pas une question, mais une simple répétition. Parce qu'il trouvait le thème drôle, quelque part. Il ne reprit pas Billie sur le coup, se la laisser s'exprimer. Il n'y avait rien de mieux que la colère pour faire parler. C'était une tactique de novice, mais au moins c'était efficace.

Elle n'avait pas mentionné le lieu plus tôt. C'était mieux. Elle croisa fermement les bras, ce qu'Arsène nota aussitôt. C'était l'expression du blocage. Elle était sur la défensive. Et elle avait froid. Pas besoin de trembler pour voir la chair de poule qui l'avaient déjà attaqué. C'était un symptôme de l'anorexie. C'était dû à l'absence d'alimentation. Mais quelque chose déranger le psychiatre. Il avait du mal à croire l'anorexie, malgré les symptômes. Quelque chose lui disait que le comportement morbide de Billie venait d'autre chose. « - Non, c'est allumé. » Rajouta-t-il, sans pour autant vérifier. La température de la pièce était relativement bonne. Mais visiblement pas pour mademoiselle qui lui demanda alors ce qu'elle devait faire pour prouver qu'elle était en bonne santé. « - Rien du tout. Vous ne l'êtes pas, c'est prouvé. » Bah quoi ? Il n'allait pas s'abstenir de lui la vérité, si . Elle n'avait pas besoin de se défendre plus, il avait les résultats sous ses yeux. La preuve irréfutable que ça n'allait pas pour elle. Rien ne pouvait prouver le contraire. C'est alors qu'il lui demandait si elle était certaine... certaine d'avoir mangé. Certaine d'être bien. La question regroupait plusieurs choses, inconsciemment. Aux vues du regard que la jeune femme lui donna, Arsène pensa avoir touché juste.

« - Pourtant, vous devriez. »

Avec son état actuel, son ventre devrait être en train de crier famine. Elle devrait être en train de manger sa compote à la pomme comme une malade même si la pomme était le dernier de ses fruits préférés. Parce qu'on mange pour survivre et pas l'inverse et qu'actuellement, elle avait besoin de force. Sauf qu'elle ne touchait à rien et avec son poids actuel, il était évident qu'il serait temps qu'elle reprenne du poids. Mais Arsène eut l'impression qu'elle n'avait pas faim parce qu'elle n'avait tout simplement pas envie. Que ce n'était pas par « obsession de perdre du poids. » car habituellement, même les anorexiques, mangent un morceau ou deux pour faire croire que tout va bien, mais chez Billie c'était extrême. Son cerveau s'était bloqué, au point où son corps ne pouvait même plus agir par inconscience. C'était dangereux. Alors Arsène lui demanda si elle savait ce que l'anorexie était et il fut surpris de l'entendre sortir à ceci près, une définition similaire à ceux des dictionnaires. Et il ria, avant de reprendre son sérieux.

« - Eh bien, ce n'est pas l'avis des médecins. » Mais Arsène était sur le point de changer d'avis, aussi. Parce qu'il avait une réelle conviction dans la voix de Billie. Elle n'avait pas de problème avec son corps, elle n'avait pas besoin de maigrir. Elle disait qu'elle ne vomissait pas et qu'elle mangeait à sa faim... C'était étrange. Arsène posa le dossier sur une table basse, près du lit, avant de croiser les bras. Posture réflexive chez lui. Elle ne semblait pas avoir peur de grossir ou de reprendre du poids, encore moins croire qu'elle était en surpoids, ce que les anorexiques admettent sans aucune honte. Elle pouvait être en plein déni, mais ce n'était pas ça. Elle n'était pas anorexique, parce que'elle-même savait, ce que cela impliquait. Elle ne semblait pas obsessionnelle envers les aliments, non, elle semblait plutôt juste... indifférente.

« - Qu'est-ce que vous faites dans la vie ? » Non, il ne changeait pas subitement de sujet. Il vérifiait juste certain point. Les anorexiques détruisent leur vie sociale, s'excluent par automatisme pour éviter de manger face aux autres. Ils abandonnent les loisirs, les amis... Il y avait beaucoup à vérifier, mais quelque chose disait à Arsène que sa perte de poids et son manque d'alimentation n'étaient pas dus à une anorexie. C'était peut-être autre chose de beaucoup plus profond, de beaucoup plus psychologique.
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MessageSujet: Re: “ – the simple question of life. ”   Dim 11 Mai - 22:09





the simple question of life.
Billie B. Salinger & Arsène M. Smith

Billie sentait qu’il appréciait sa position. Il avait dans les gestes, dans sa manière d’être dans la manière de poser sa voix, d’agir et d’être là devant elle quelque chose de suffisant et de légèrement arrogant. Il était heureux d’être là. Bien sûr, heureusement pour lui, c’était son métier, et s’il devait tirer une tête de dix mètres de long tous les matins en se levant et être gêné devant toutes les patientes alors ça serait sacrément pénible. Mais Billie n’était pas d’humeur à voir les choses de cette manière, et se sentait presque insulté par le bonheur du docteur Smith. Parce que si lui avait presque l’air de prendre son pied, c’était plutôt l’enfer pour elle. Il expliquait les choses à moitié, s’amusait à jouer au devinette, et pire que ça il ne cessait de plus ou moins l’insulter. Bon probablement moins que plus, mais Billie ne prenait pas les phrases du genre « tu vas mal » à la légère. Seulement elle n’était pas conne, et pourtant dieu ce qu’elle aurait donné pour l’être en cet instant, et elle comprenait bien ce qu’il lui disait. Oui elle le comprenait. Mais non elle ne l’assimilait pas, et elle ne voulait surtout pas le reconnaître. Elle ne comprenait pas. Elle tombait des nues. Ca ne faisait aucun sens, comment avait-elle pu en arriver là. C’était d’un stupide. Je veux dire hier elle était bien et aujourd’hui elle était au porte de la mort si elle continuait sur cette voix là ? Il fallait avouer que c’était tout de même un peu gros à avaler… Pourtant elle voyait bien le sérieux dans les yeux du Smith. Le sérieux et le professionnalisme insupportable. Elle voyait bien la finisse de ses poignets, sa peau très pâle qu’elle avait l’impression qu’elle allait devenir transparante, et puis le froid. Il n’était pas normal d’avoir aussi froid. Elle avait toujours été plutôt frileuse… mais on était en Avril, et le printemps était clément cette année, elle était sous des couvertures… Il n’y avait aucune raison d’avoir froid à ce point. Mais le chauffage était allumé. Il le lui disait. De but en blanc, sans même vérifier. Il était d’ailleurs culotté. Comment voulait-il qu’elle le croit s’il ne faisait même pas au moins semblant ?

« Vous pouvez vérifier ? J’ai vraiment froid. »

Elle aurait du comprendre, elle aurait du entendre ce qu’elle disait, ce qu’il disait. Ca aurait du faire du sens dans sa tête, elle aurait du reconnaître, elle aurait du s’affaisser, elle aurait du écouter. Mais son cerveau refusait. Si elle avait froid il devait y avoir une explication extrêmement logique. Si sa peau était aussi blanche, c’est qu’on sortait de l’hivers, qu’elle avait passé beaucoup de temps enfermé chez elle, à la bibliothèque ou dans des salles noires de concert, si elle était fine c’était juste son métabolisme. Elle avait surement toujours été comme ça. « - Rien du tout. Vous ne l'êtes pas, c'est prouvé. » Bon là, le coco il était juste violent. Elle eut un mouvement de recul, ses yeux s’ouvrant en grand dévoilant toute l’orbite, la bouche entre ouverte.

« Prouvé ? Vous m’avez rien prouvé ! »


Oh clairement elle savait être casse couille. Enfin surtout bornée et visiblement incapable de reconnaître la réalité en face. C’était absolument terrible. En même temps il fallait avoué qu’il manquait cruellement de manière.

« Vous vous êtes un goujat, c’est prouvé par votre manque de délicatesse, moi en revanche… »

Il fallait être d’une mauvaise fois sans borne pour oser dire à un médecin qu’il ne savait rien de son état. Surtout lorsqu’on se retrouvait à l’hôpital après s’être évanoui, ce qui prouvait tout seul qu’elle n’allait pas si bien qu’elle voulait le dire. Mais on n’oblige pas les gens à comprendre. Ou peut être que si, mais pas avec les méthodes aussi peu agréable que celle employé par le docteur. « - Pourtant, vous devriez. » Voilà de quoi elle parlait. Ce manque de forme. A peine une phrase. Des mots jeter dans le vide, sur un ton presque froid. Ca le gênerait d’y mettre les formes, d’ajouter un complément, d’avoir l’air d’en avoir quelque chose à foutre. Pourtant vous devriez. Devriez quoi ? Manger, avoir faim ? Faire la vaisselle ? Bon ok, il suffit de se souvenir de quoi on parle pour pouvoir répondre. Mais il suffit oui ! Elle pourrait avoir perdu la tête et ne plus avoir de mémoire. Vu qu’il paraissait qu’elle était malade ! Ca aurait pu lui taper sur le cerveau… Toutes ses conneries. Alors il pourrait au moins y mettre les formes… Ce con.

« Et bien j’en sais rien, j’ai pas faim, c’est tout… Et puis ça a l’air dégueulasse, j’ai la gorge qui se serre rien qu’à regarder ça. »

Qu’elle femme compliqué. Enfin elle jouait très clairement sa chieuse. En même temps l’autre en face le méritait largement. Parce que maintenant monsieur osait l’accuser d’anorexie. Oh ! Elle n’était pas conne. Elle était peut être pas au top de sa forme. Quand même, elle devenait légèrement moins bornée sur le sujet. Mais il ne fallait pas déconner. De la à être anorexique. D’autant plus qu’elle savait exactement en quoi consistait la « maladie ». Mais il en avait rien à foutre de ce qu’elle disait. Il restait dans son truc, dans son diagnostique, dans son petit entretient. Il serrait les bras sur sa poitrine, pour se donner l’air intelligent. Et elle, elle allait s’énerver.

« Eh bien l’avis des médecins je l’emmerde ! Depuis quand on fait ce genre de diagnostique avant même d’avoir parler au patient ? Vous vous basez sur quoi ? Sur mon poids ? Ca vous est jamais arrivé de rencontrer des patientes naturellement maigre ? Je sais quand même ce que je dis quand je vous dis que je ne suis pas anorexique ! »

Elle rangea définitivement ses bras contre son torse, notamment pour s’apporter un peu de chaleur, et pour essayer de se calmer. Soudainement fatiguée de l’effort que lui avait demander son énervement, elle glissa contre les oreillers s’enfonçant un peu sous la couverture. Elle ferma un instant les yeux, sentant sa respiration se ralentir. C’était presque si elle s’endormait sans même s’en rendre compte. Elle fut néanmoins réveillée par une nouvelle question. « - Qu'est-ce que vous faites dans la vie ? » Ah bah tiens… Il s’intéressait un minimum à ce qu’elle était ? Il ne se contentait pas de mal parler et de la peser pendant qu’elle est inconsciente ? Bien sûr elle était tentée par l’envoyer au diable et par ne rien répondre. Mais elle était plutôt fière de tout ce qu’elle faisait, alors bon…

« Je suis en dernière année de droit et je prépare l’examen du barreau pour la fin de l’année, et j’ai un groupe de jazz qui marche plutôt bien… »

Plutôt bien elle était plutôt très humble. Mais bon en même temps le jazz n’était pas le style musical le plus écouté, alors elle n’allait pas non plus se vanter à outrance.

«  D’ailleurs on a un concert à la fin de la semaine, il faudra que j’y sois. »

L’air de rien, comme ça, elle disait qu’elle ne resterait pas plus longtemps… Sisi, elle y croyait encore.
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MessageSujet: Re: “ – the simple question of life. ”   Mer 18 Juin - 21:30






the simple question of life.
Billie B. Salinger & Arsène M. Smith

Il haussa les épaules. Si elle voulait qu'il vérifie, il le ferait. Il n'était pas là pour lui mentir, se jouer d'elle. Il était là en tant que médecin et il était prêt à faire ce qu'il fallait pour que Billie se rend compte de la situation qu'elle était en train de traverser. D'une part, elle mettait sa vie en danger bêtement et de l'autre elle ne le réalisait même pas. C'était compliqué, c'était difficile aussi. Il pouvait parler, dire les choses sans faire le moindre détour qu'il y avait peu de chances que la jeune femme ne comprenne réellement ce qui était en train de lui arriver. D'un geste lent, il se leva, posant son dossier sur la chaise. Il se dirigea vers le chauffage qui se trouvait sur le mur d'en face et vérifia si tout fonctionnait. Tout semblait bon. Il se retourna, sous le regard curieux de Billie. « - C'est fait. Et ça marche. » De son regard, il lui disait : ose me contredire, encore. Arsène n'était pas quelqu'un de très sociable, lui-même le savait. Sa façon d'être, de parler à ceux qui l'entouraient, était trop directe pour que quiconque s'attache à lui facilement. Il avait juste grandi avec l'idée qu'il n'y avait pas besoin de réfléchir trop longtemps avant de dire quoi que ce soit. C'était gênant pour certain, normal pour d'autres. Certains étaient mal à l'aise à cause de ça aussi et il ne s'excusait jamais d'être qui il était. C'était dangereux, parfois, il le savait. Il suffisait de se retrouver devant la mauvaise personne et d'agir comme il le faisait pour se retrouver dans la rue, deux bonnes baffes à la figure. Le pire c'est qu'actuellement, il savait pertinemment que Billie rêverait de lui foutre une bonne baffe. D'ailleurs, la façon dont elle réagissait alors qu'il lui disait clairement et simplement que son état était mal et que c'était prouvé, elle s'exclama directement qu'il n'avait rien prouvé. Et comme un con, il souriait parce que c'était le genre de réaction qui le faisait toujours rire. Bon, quelque part, ce n'était pas très professionnel, mais ça avait son bon... parfois. Il reprit sa place, soupirant légèrement, avant de reposer ses yeux sur la jeune femme.

« - Pas besoin de le dire, c'est une chose dont j'ai pris conscience il y a bien longtemps. En revanche, vous, vous avez même du mal à voir ce qui se trouve sous votre nez. » Il haussa les épaules. Les personnes anorexiques ont tout simplement du mal à se voir en face. À se regarder dans le miroir. C'était peut-être le cas de Billie, comme peut-être pas. Depuis le début de ce rendez-vous, Arsène notait des points assez étranges. Quelque part, la majorité des symptômes prouvaient l'anorexie et donc l'analyse des médecins, mais d'un autre côté, Arsène avait l'impression qu'autre chose était en jeu. Et une fois sa curiosité piquée, il ne pouvait s'empêcher que de poursuivre le rendez-vous. Elle n'avait pas faim, alors qu'elle devrait. Il n'avait pas besoin de dire plus. C'est fou, beaucoup se demanderaient pourquoi Arsène continuait d'exercer avec des façons de faire pareille. Il y avait un air sur son visage, un espèce de truc qui donnait l'impression qu'on avait en face de soi quelqu'un qui n'en avait tout simplement rien à foutre. Alors qu'en réalité, personne ne s'investissait autant qu'Arsène. Il aimait juste faire les choses sans qu'on ne le remarque. Il aimait faire des détours. Et quelque part, il le faisait avec Billie. C'était un bon moyen pour savoir dans quel état le mental du patient était. Est-ce qu'elle arrivait à suivre ? Comprenait-elle ce qui était en train de passer ?

« - D’accord, alors qu’est-ce que vous aimeriez manger ? » D’accord, la bouffe à l’hôpital, ce n’était pas le must. D’après ce qu’on racontait. Lui ne mangeait jamais ici. Mais si elle voulait le tester, elle pouvait essayer. Il était capable de commander un truc pour voir si elle était capable de manger. Et de le faire maintenant. Il était capable de rester devant elle pour voir si elle mangeait, convenablement. Il était relou, même lui s’en rendait compte. Au pire, il mangerait avec elle. Comme ça elle n’aurait pas l’impression qu’il l’observe comme un animal dans un laboratoire. Soit. Il lança alors le sujet : L’anorexie. Billie savait parfaitement ce que c’était. Elle savait parfaitement en quoi la maladie consistait. Et c’était un peu perturbant pour ne pas dire beaucoup. Elle affirmait ne pas l’air, mais encore une fois, si ce n’était pas l’anorexie, qu’est-ce que c’était ? Et alors qu’Arsène croisa les bras tout en ricanant légèrement, il ne lâcha en rien son je-m’en-foutisme lorsque Billie se rebella une nouvelle.

« - Le corps peut parfois dire des choses dont on n'est pas conscient. Mais vous n'avez pas tort, parfois les médecins se trompent dans leurs analyses. Certaines choses leur échappent. Mais l'avis des médecins, je m'en fiche royalement... » Il fronça les sourcils. « - Mais il faut bien que quelqu'un vérifie si ses crétins ont vu juste, non ? Alors, ne soyez pas offensé s'ils vous jugent anorexique. Ça n'a rien d'honteux. » Il prit un air très sérieux sur la fin. Elle s'énervait beaucoup trop vite pour une chose qu'elle n'était pas censée être. Ça arrivait souvent, mais Arsène voulait être sûr qu'elle le sait, vraiment. Qu'elle comprenne qu'elle n'avait aucune raison de s'énerver, que ce n'était pas comme ça que les choses allaient s'arranger. Il l'observa alors dans son lit, fermant les yeux. La fatigue, le ressentait-elle ? Sentait-elle à quel point c'était fort ? À quel point son corps était épuisé . À quel point elle avait besoin de force . Visiblement, elle finissait des études en droit et avait même un groupe de jazz... « - J'adorerais vous entendre. Qu'est-ce que vous faites dans le groupe, vous chantez ? »

Elle avait donc une vie assez active. Arsène laissa le silence prendre le dessus l'espace d'une minute.

« - Si vous retrouvez vos forces, pourquoi pas. » Lança-t-il un peu dans le vide, réfléchissant à la situation. La perte de faim ne pouvait pas être liée à ses activités. Logiquement, ça devrait l'augmenter. À force d'aller à droite et à gauche... le stress des études aussi. Elle avait même une fille à charge. Et elle n'avait aucun problème avec qui elle était, avec son physique. Elle se trouvait sans doute juste un peu maigre, sans pour autant se rendre compte que c'était trop. Dans sa tête, Arsène faisait de nouveau la liste des symptômes, mettant en évidence ce qui pour lui était bon et pas et puis d'un coup, il se mit à le faire sur son calepin. Il pensa alors automatiquement à une dépression. Mais une dépression éloigne les activités et les groupes et renforce l'isolement. Cependant, il voyait bien là la majeure partie des symptômes d'une dépression. À cause de quoi ? Il n'en savait rien. Pour l'instant. Si elle avait froid, c'était à cause de son corps. Elle était trop faible et cette faiblesse était le résultat d'un manque d'appétit. Manger pour vivre. Cette phrase se retournait en boucle dans la tête d'Arsène. Si on accompagne ça avec une faible estime de soi... Hum non, c'était plus complexe encore. Arsène se frotta la tête.

« - Est-ce que votre vie vous plait ? » Arsène fouina dans le dossier, il voulait voir à quand remonter le dernier examen médical de la jeune fille. Avec un peu de mathématiques, il pouvait en déduire le nombre de temps qu'il lui aurait fallu pour perdre un tel poids. Mettre une période qui aurait pu, inconsciemment, enclencher cette perte d'appétit...

(pardon pour le retard, j'ai perdue la réponse à un moment, ça m'a donné la flem du coup  )
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MessageSujet: Re: “ – the simple question of life. ”   Jeu 26 Juin - 18:38





the simple question of life.
Billie B. Salinger & Arsène M. Smith


Billie n’était pas à l’aise. Elle n’aimait pas se retrouver à l’hôpital. Elle ne supportait pas de se sentir malade. Elle ne voulait pas être malade. Elle ne voulait pas l’accepter. C’était évident. Il devait même forcément s’en rendre compte. C’était le premier problème. Ou peut être qu’il ne le voyait pas. Peut être que l’image de la perfection de Billie c’était effrité avec le temps. Peut être que justement la maladie avait brisé le miroir de son existence. Peut être qu’enfermée dans son dénie, elle était la seule à ne pas s’en être rendue compte. En même temps Aidan non plus n’avait rien vu. Oh bien sûr il devait savoir qu’elle n’était pas au maximum de sa forme, mais elle n’avait aucune raison de l’être, ces trois dernières années avaient été un véritable enfer pour elle, et il était étrange qu’elle n’est pas craqué plus tôt. Quoiqu’il en soit le déni était maintenant dans ses gênes. Après son déni de grossesse, il n’était pas étonnant qu’elle fasse un déni de maladie. Elle avait clairement du mal à remarquer l’évidence. S’en était presque pitoyable quand on y pensait. Mais elle espérait, elle était à moitié persuadé, qu’elle pouvait s’en sortir toute seule. Elle aimait qu’on puisse compter sur elle, elle n’aimait pas avoir à compter sur les autres. Foutu perfection.

« - C'est fait. Et ça marche. » Ah et s’il y avait une chose dont on pouvait être sûr, c’était qu’Arsène n’en avait rien à foutre, de cette foutue perfection. Il n’y croyait probablement pas. Il voyait à moitié clair dans son jeu. Pas complètement, parce que sinon il aurait déjà compris. Et là, il n’avait pas toutes les cartes en main. ll fallait dire qu’elle ne lui donnait rien. Elle le regarda durement. D’accord, compris. Le problème c’est que ça ne résolvait pas grand chose. Le chauffage avait beau marcher, elle avait froid. Elle baissa le regard visiblement emmerdée. Elle savait que ce n’était pas normal. Elle avait beau être dans le déni elle n’était pas complètement stupide. Elle se mordit la lèvre avant de soupirer et de demander. « C’est possible d’avoir une autre couverture ? » Parce qu’elle sentait son corps se contracter sous les frissons, et c’était désagréable. Elle avait l’impression d’avoir de la fièvre, mais non, elle se sentait juste froide, terriblement froide. Dans ses mots aussi, quand elle n’explosait pas.

« - Pas besoin de le dire, c'est une chose dont j'ai pris conscience il y a bien longtemps. En revanche, vous, vous avez même du mal à voir ce qui se trouve sous votre nez. » Elle le regarda de travers. Qu’il aille se faire voir. Elle se mordit la lèvre d’agacement. Elle voulait se lever, mais elle n’en trouvait pas la force, elle n’arrivait même pas à appuyer convenablement ses bras sur le lit pour se lever. Qu’est ce qu’elle avait l’air pitoyable. « Si je décide de vous croire, il se passe quoi ? » Elle ne baissait pas les armes, et non elle ne le croyait pas pour autant. Elle avait beaucoup commencer à se rendre compte de son état, elle ne voulait pas accepter la gravité de la situation. C’était tout au plus un gros coup de moue, qui trouverait forcément une explication toute bête, il fallait qu’elle dorme, et puis tout rentrerait dans l’ordre. Le problème était qu’elle ne dormait pas, ou peu… Il le savait ça ? Elle n’espérait pas, sinon ils allaient la garder ad vitam eternam. « Si je vous crois, et que je dis que je ferais des efforts, je peux rentrer ? » demanda-t-elle avec toute la puissance de voix qu’elle était capable de fournir. Elle était déterminée à rentrer. Elle avait mille chose à faire, et n’avait pas de temps à perdre dans l’aile des fous.

« - D’accord, alors qu’est-ce que vous aimeriez manger ? » Elle le regarda étrangement. Il faisait son gentil, mais n’avait-il pas entendu ce qu’elle venait de dire ? Elle n’avait pas faim. Ce n’était pas qu’une question de bouffe. Elle n’était pas stupide non plus. « Je n’en sais rien, je n’ai pas faim. » Elle était têtue lorsqu’elle voulait, mais que pouvait-elle dire ? Il n’y avait pas dix mille raison pour son poids, elle ne mangeait presque rien, elle devait presque se forcer à avaler quelque chose. « Mais je prendrais bien un café. » Forcément, ça lui donnerait l’impression de retrouver des forces. Elle n’était pas sûr qu’il était sage de dire ça, il allait la prendre pour une addict après. Et peut être qu’elle l’était, le café était presque sa source la plus importante de nutriment. « - Le corps peut parfois dire des choses dont on n'est pas conscient. Mais vous n'avez pas tort, parfois les médecins se trompent dans leurs analyses. Certaines choses leur échappent. Mais l'avis des médecins, je m'en fiche royalement... » Elle le regarda légèrement perturbé, que voulait-il dire ? Elle n’était pas sur de suivre. S’il se fichait des médecins alors qu’il en était un… Ce mec était définitivement bizarre. « - Mais il faut bien que quelqu'un vérifie si ses crétins ont vu juste, non ? Alors, ne soyez pas offensé s'ils vous jugent anorexique. Ça n'a rien d'honteux. » C’est là qu’il se trompait, c’était honteux pour elle. Elle n’était pas faible. Elle croisa les bras sur son torse. « Eh bien vous voyez, ils se sont trompé ! Je suis plus forte que ça. » Plus forte que tout. Plus forte que sa soeur malgré tout ce qu’elle avait pu penser. Elle était celle qui restait toujours. Celle que l’on achevait pas. Celle qui était pour le moment terriblement fatiguée. Peut être pourrait-elle dormir, si elle fermait les yeux.

« - J'adorerais vous entendre. Qu'est-ce que vous faites dans le groupe, vous chantez ? » Elle le regarda un instant, silencieuse. Il demandait vraiment ? Il s’intéressait à ce qu’elle faisait ? Pas seulement pour un point de vue médical ? « Je compose, et je joue du saxophone et de la trompette » Enfin la trompette en ce moment elle avait laissé tombé… Elle n’avait plus assez de souffle. Le saxo ça passait un peu mieux. « Je chante parfois pour remplacer la chanteuse. » Mais elle aimait moins ça. Elle n’aimait pas tellement sa voix. Assez rocailleuse quand elle chantait. Elle avait la voix un peu brisé. Les gens avaient tendance à trouver qu’elle aillait bien avec les chansons, elle trouvait que ça n’allait pas avec l’image qu’elle souhaitait donner d’elle. Mais sa voix, c’était juste le reflet de ce qu’elle était, de ce qu’elle ne voulait pas voir. Sa voix avait cette fragilité dont elle ne voulait pas. « - Si vous retrouvez vos forces, pourquoi pas. » Elle le jaugea du regard, qu’il essaye de la berner et ça allait mal se passer. « C’est une promesse ? » demanda-t-elle pour s’assurer de ce qu’il venait de lancer. « Je dois faire quoi ? » Bah quoi, si elle devait lui prouver quelque chose, autant s’y mettre tout de suite, et elle serait sortie plus vite.

« - Est-ce que votre vie vous plait ? » Elle fronça les sourcils interloqué par sa question. Est-ce que ça vie lui plaisait ? Elle eut un mouvement de recul en encaissant la question, se rendant soudain compte qu’elle ne se l’était jamais posé, qu’on ne lui avait jamais demandé. « Oui, je… » Bien sûr qu’elle aimait sa vie. Qui avait-il a ne pas aimer ? C’était ridicule. Pourquoi est-ce que quelque chose la dérangeait alors ? « J’ai une petite fille magnifique… » Mais plus son père. Reaver. Elle se pinça la lèvre. Oui ça vie lui plaisait… Comment pourrait-il en être autrement. Elle baissa le regard triturant les draps avec ses doigts. « Bien sûr elle me plait ! » Si elle lui plaisait pas elle ne saurait pas dire ce qui n’allait pas. Elle avait tout choisit. Enfin pas River, mais elle était heureuse de l’avoir, c’était sa princesse. Son groupe, ses études, elle avait tout choisit. Bon il y avait Luke qui posait des soucis, il y avait le passé qui la hantait. Mais c’était comme ça pour tout le monde. Elle était heureuse. Elle n’était pas déprimée. « Pourquoi cette question ? » demanda-t-elle visiblement mal à l’aise. Ce médecin était étrange.


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