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 Steady as she goes

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MessageSujet: Steady as she goes    Ven 6 Juin - 4:20


Are you steady now?

Mi-Mai 2015.

"Good morning Los Angeles, I hope you're ready for this beautiful day..."

Un. Deux. Trois.
Trois oranges, oui, cela devait être suffisant.

La radio à fond dans son appartement, et pied nus, Ava se posait une question existentielle, combien d'oranges pour son jus ce matin. Trois? Oui, trois c'était bien. Elle ne voyait même pas pourquoi est-ce qu'elle se posait la question aujourd'hui, elle avait effectué tous ces gestes depuis maintenant deux semaines, la routine commençait enfin à rentrer. La blonde se levait généralement vers 7heures, incapable de dormir plus longtemps, pas tout à fait habituée à son nouveau lit, elle enfilait son jogging et une brassière de sport et ses écouteurs dans les oreilles, elle allait courir. Elle revenait généralement une heure plus tard, puis c'était l'heure de son jus d'orange et enfin sa douche. Sauf qu'aujourd'hui, Ava n'arrivait pas à rester en place. Elle ne savait pas si c'était le fait que cette cuisine était toujours nouvelle pour elle ou autre chose. La blonde était dans cet apartement depuis environ deux semaines, trois peut être, les détails étaient un peu flous. Elle avait pratiquement sauté sur cette occasion, en ayant plus qu'assez d'hésiter et de toujours se trouver des excuses. Elle voulait aller mieux, elle voulait aller de l'avant, elle voulait arrêter de passer sa main sur son ventre désormais plat et se dire que quelque chose manquait, elle voulait arrêter de se réveiller en pleine nuit parce qu'elle pensait que la terre tremblait et plus que jamais, elle voulait être en mesure de pouvoir regarder Luke dans les yeux sans trembler ou même sans que son coeur s'emballe. Elle en demandait beaucoup trop. Après tout, il avait été là, il avait été quand le pire était arrivé et sans lui, pas de doute que ni elle ni le bébé n'aurait été envie.

Merci, lui avait dit Dave et Chris, merci pour tout. Mais merci pour quoi au juste? Cette grossesse avait été celle de trop, Ava le réalisait à présent, elle n'était pas prête, elle n'avait pas été prête, elle avait évité le regard de Luke alors que l'enfant disparaissait, ce dernier ne comprenant certainement pas. Ou alors c'était Ava qui était trop aveugle, qui ne voyait pas qu'on leur arrachait leur enfant. L'un dans l'autre c'était pareil. Les choses n'avaient fait qu'empirer à partir de là, entre le médecin qui lui avait ordonné de se reposer et Scott qui lui avait donné des nouvelles de Luya. Son monde s'écroulait, il n'y avait rien, rien à part les bras de Luke, Luke et son regard qui s'était durci et ses sourires qui avaient disparu. Disparu, il avait attrapé son rasoir électrique et juste comme ça, l'homme qui l'avait fait craqué avait disparu, il était autre chose à présent. Être dans ses bras n'était plus pareil et elle se sentait épiée, il voulait la protéger mais non, ce n'était pas à lui, ce n'était pas à lui de le faire et le protéger contre quoi? Luke ne pouvait pas la sauver. Alors elle avait fuit, oui, elle avait fuit et elle avait trouvé cet appartement, elle s'était également remise à peindre, elle avait repris les séances photos pour ses mains et dès qu'elle le pouvait, elle allait voir Luya, qui lui aussi se remettait de ses propres blessures.

Elle allait, elle allait bien... Ce qui n'expliquait toujours pas pourquoi est-ce qu'elle avait les mains tremblantes autour de son verre. Ava poussa un soupir avant d'aller vers la salle de bain, se déshabillant rapidement pour aller dans la cabine de douche, évitant son propre reflet. Luke venait cet après midi, elle l'avait invité, c'était la moindre des choses, à présent que son appartement était meublé et présentable, elle n'avait plus aucune excuse, elle ne pouvait plus se cacher. C'était également sa manière de dire à Luke: regarde je vais bien, alors arrête de t'inquiéter. Ou peut être que c'était plus que ça, peut être qu'elle voulait l'impressionner... Peu importe, peu importe... Ava resta une bonne heure sous l'eau chaude, essayant de faire partir sa nervosité mais c'était impossible et elle le savait. Elle finit par sortir de la salle de bain, se séchant rapidement avant de s'habiller. Pas une robe, non pas aujourd'hui, elle enfila un short en jean et... oui, une des chemises de Luke qui s'était égarée dans ses affaires, elle retroussa les manches et noua la chemise à hauteur de son nombril  et alla s'occuper de ses cheveux. Luke les préférait bouclés et non raide pas vrai? "God ... Ava what are you doing?" Oui, que faisait-elle? Elle n'avait pas besoin de faire ça, ils étaient amis, juste amis, il venait juste pour... pour voir son appartement et voilà, ils finiraient peut être sur le canapé pour regarder un match de basket en buvant des bières (et non elle n'était pas partie acheté sa bière préférée exprès) et voilà...

Cette pensée en tête Ava quitta son miroir et s'emparant de quelques pinceaux et de sa palette de couleur, elle se laissa tomber sur un pouf dans son salon et elle se mit à peindre. Elle ne vit pas le temps passer et elle sursauta en entendant la sonnerie. "Crap." murmura la blonde, se mettant immédiatement sur ses deux pieds. Ne réalisant même pas qu'elle avait de la peinture sur le visage,  Ava se précipita pour ouvrir la porte d'entrée, un sourire aux lèvres tandis que ses yeux se posaient sur Luke. "Hey, sorry I didn't... anyway... I..." Elle s'arrêta en plein milieu de sa phrase. "Did you have any trouble to find the address? Come inside, don't just stand there."

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MessageSujet: Re: Steady as she goes    Dim 6 Juil - 15:05

Vingt-huit, vingt-neuf, trente.
Oui, trente pompes, c’était sans doute suffisant.

Torse nu dans son salon, Luke s’était extirpé de ses draps peu de temps avant midi, se grattant les reins sans aucune classe avant de venir faire passer ses ongles sur sa poitrine, baillant à s’en rompre la mâchoire, exactement comme à chaque réveil. La vision encore trouble, il avait ouvert la porte de son frigo en quête de quelque chose de comestible, l’estomac déjà dans les talons alors que ses paupières n’étaient relevées que depuis quelques minutes seulement. Entre un vieux pot de confiture et quelques oeufs qui trainaient, le choix fut vite fait, et s’armant d’une poêle, il prépara une demi douzaine d’oeufs à la manière des Fincher, c’est-à-dire de la façon la plus anarchique qui soit. Son « maigre » repas une fois englouti, il s’était accordé un instant de répit sur son canapé avant de se lancer dans un marathon qu’il s’imposait quotidiennement. S’étirant pour éviter de contrarier ses muscles, il procéda ensuite à toute une série d’exercice dans le seul but de se maintenir en forme. Mais depuis peu, depuis le 14 février très exactement, Luke avait mis un point d’honneur à réaliser ce genre d’entrainement et il mettait même les bouchées doubles. Il n’était peut-être plus dans l’armée mais le jeune homme n’avait pourtant pas fini de se battre et il en avait récemment pris conscience… Était-ce vraiment la peine de relater les faits ? Non, pas quand ces derniers tournaient déjà en boucle dans la tête de Luke qui ne parvenait pas à effacer le souvenir du sang d’Ava, même lorsqu’il fermait les yeux. Il la cherchait parfois au beau milieu de la nuit, et petit à petit, il en vint à faire ces rêves étranges où les balles sifflaient à nouveau non loin de ses oreilles, où les bombes retentissaient au loin, où ses compagnons tombaient un par un sans qu’il ne puisse avoir le temps de s’attarder sur leur dépouille. Parfois c’était Ava qui tombait juste à ses côtés, le coeur transpercé par une munition qu’elle ne pouvait évidemment pas éviter, et la même scène était rejouée en boucle. Les cris, le sang, la peur et puis les paupières d’Ava qui se fermaient tandis que Luke la tenait contre lui, priant pour qu’elle revienne et qu’elle ne l’abandonne pas.

Il y eut ensuite cette nuit étrange au cours de laquelle Luke avait rêvé de ses parents, le visage de son père ressemblant au sien, celui de sa mère semblable à celui d’Ava. Sa génitrice était à l’agonie, son père tentait de la sauver tandis qu’ils abandonnaient Luke juste là, à même le sol, imprégné de l’odeur et du sang de sa mère, se débattant et criant pour attirer l’attention, les suppliant de ne pas le laisser là. En vain. Luke s’était réveillé, ruisselant de sueur, persuadé que sa naissance s’était produite dans les mêmes circonstances et qu’il venait tout simplement de perpétrer la tradition. Voilà tout ce qu’il avait à transmettre en héritage : l’abandon. Alors il avait tenté d’aller de l’avant, il avait voulu se débarrasser de cette partie de lui qui commençait à l’étouffer, retrouvant enfin l’homme fort et puissant qui avait survécu et qui pouvait vaincre les pires des catastrophes. Une fois le crane rasé, il s’était occupé de ses muscles avec grand intérêt, procédant chaque matin à l’exécution d’une bonne dizaine d’exercices différents, et ce jour-là, après une cinquantaine d’abdominaux, quelques tractions, un peu d’haltérophilie sous sa forme la plus simple et finalement une trentaine de pompes, Luke semblait satisfait et sa douche lui paraissait plutôt méritée. Après avoir passé un long moment immobile sous le jet d’eau, il s’était décidé à sortir de la salle de bain pour aller s’habiller, changeant plusieurs fois de tenue, comportement qui ne lui ressemblait pas. Depuis quand Luke se souciait-il de l’impression qu’il pouvait faire ? Surtout avec Ava qui l’avait vu dans ses moments les plus glorieux mais aussi lorsqu’il se laissait aller et que le jogging semblait être le seul bout de tissu qu’il avait encore à se mettre. Malgré tout, il essaya sans doute l’intégralité de son armoire avant de se décider à enfiler un jean et une chemise, laissant les deux premiers boutons de son col ouverts.

Quand il sonna à la porte, il baissa rapidement la tête pour vérifier sa tenue, prenant une grand inspiration afin de se donner du courage, se débarrassant rapidement de toutes les pensées négatives qui lui polluaient l’esprit. Fallait-il qu’il lui fasse part de son récent projet ou bien devait-il se contenter de sourire et de faire semblant que tout allait pour le mieux ? La deuxième solution semblait la plus appropriée. Ava avait besoin de lui, de sa présence et de son soutien, et Luke ne pourrait pas supporter qu’elle s’écroule à nouveau. Alors quand la porte s’ouvrit, le jeune homme arbora l’un de ses plus beaux sourires, le souffle aussitôt coupé par la jolie blonde qui se trouvait face à lui, cette dernière vêtue d’un short en jean, chose plutôt rare, et… Est-ce qu’il rêvait ou bien était-ce une de ses chemises qu’elle avait mise sur ses épaules ? Luke fronçât rapidement les sourcils avant de sourire de plus belle. S’il en avait eu le courage, il l’aurait soulevée avant de l’emmener jusque dans sa chambre sans attendre qu’elle lui fasse faire le tour du propriétaire, et il aurait fait tout son possible pour embrasser Ava et ainsi lui faire oublier ce terrible souvenir qu’ils avaient en commun. Mais il n’en avait pas la force, évidemment qu’il ne s’en sentait plus capable. Et s’il n’avait même plus ça alors à quoi bon ?

Luke fut tiré de ses pensées par la jeune femme qui l’invitait à entrer et sans se faire prier davantage, le beau brun fit un pas en avant, ne quittant pas Ava des yeux, son sourire s’éternisant sur ses lèvres quand il aperçut la peinture sur le visage de la blondinette. N’osant pas la toucher, il lui fit simplement remarquer, ses paroles teintées d’un léger rire. « You have… paint. Right next to your nose. » Ne souhaitant pas laisser le temps à l'embarras de s'installer entre eux, Luke tendit un joli sac à Ava, son regard n’osant pas croiser le sien. « Here, I bought you a little something. It’s better than just flowers I guess. » Il haussa les épaules distraitement comme si ce cadeau n’avait pas grand intérêt et qu’il l’avait choisi à la hâte alors que c’était en réalité tout le contraire. « Anyway show me around, I wanna see what it looks like here. And we don’t want me to get lost, right ? » Fourrant à présent ses mains dans ses poches, il faisait tout son possible pour se convaincre que rien d’affreux ne pourrait se produire simplement parce qu’il venait d’entrer dans cet appartement. Tout irait bien, vraiment.

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MessageSujet: Re: Steady as she goes    Mar 15 Juil - 17:31

Il n'avait suffit que d'un sourire.

Un seul sourire de la part de Luke pour que la jeune Sparks se rende compte qu'elle n'était pas prête. Elle n'était pas prête pour tout, pas prête pour jouer de nouveau, pas prête pour dire au monde qu'elle allait bien et encore moins prête à faire face au sourire de Luke. Il la croyait forte, invincible sans doute, surtout quand il l'avait vu plus bas que terre et qu'il l'avait vue littéralement hurler pour s'accrocher à quelque chose, s'accrocher à quelque chose d'aussi précieux qu'une vie. L'illusion n'était plus aussi parfaite devant Luke, elle avait juste envie de le tirer à l'intérieur de chez elle pour se blottir dans ses bras et lui demander pardon. Pardon pour les silences et pardon pour tous les baisers qu'elle avait déposés sur ces lèvres là en prétendant qu'il était à elle. Et qu'elle était à lui. Plus personne ne pourrait jamais poser ses mains sur les hanches d'Ava sans qu'elle ne se sente cassée, sans qu'elle ressente le besoin d'arrêter cette personne... c'était Luke. Luke qui l'avait fait sourire et Luke encore qui l'avait soulevée de terre à maintes reprise pour la gratifier d'un sourire. Comme celui qu'il avait sur le visage à présent.

God you're so beautiful...

Ava se souvenait encore de ces mots qu'il avait murmurés tout près de ses lèvres, il y a des mois de cela avant de l'embrasser pour la première fois. Rien ne l'avait obligé à agir de la sorte, elle avait déjà accepté de se laisser séduire et de resserrer ses jambes autour de la taille du jeune homme et de s'accrocher à lui et de crier son prénom. L'accord était déjà passé, pas besoin d'en rajouter un peu plus pour compléter l'illusion. Luke jouait-il cependant? Rien ne l'y obligeait, il la trouvait jolie tout simplement. Il aurait pu partir à maintes reprises mais il était là, toujours là alors que son amie Ava apparaissait devant sa porte à trois heures du matin juste pour l'embrasser et juste pour finir dans ses draps où elle se sentait en sécurité. Savait-il que lors de cette fameuse nuit, Ava avait eu le malheur d'appeler sa mère et la conversation l'avait laissée dans un état lamentable alors ... Luke. Peut être qu'il avait pu le lire sur son visage, à croire qu'il savait toujours quoi faire. Et aujourd'hui ... il était là. Cheveux court, chemise légèrement ouverte et un franc sourire aux lèvres. Juste pour elle, et elle réalisait bien que c'était la première fois que quelqu'un comptait autant pour elle. Luke juste Luke. Il prit enfin la parole et Ava rougit, portant automatiquement sa main à son nez.  "Oh yeah I was just... Never mind that." Elle laissa échapper un léger rire, relevant le regard pour rencontrer les yeux de Luke. Que faisait-elle là à se tenir sans rien faire. Elle aurait dû l'embrasser. Est-ce qu'elle pouvait? Elle n'en savait rien, elle ne le ferait pas avec un autre ami. Oui. Un ami. Oh mais comment pouvait-on croire à ces mensonges, elle n'était même pas crédible. Elle fut surprise par le cadeau. Ava s'en empara, les mains tremblantes, ses yeux posés sur la boite comme si c'était un véritable trésor.  "You didn't have to I... Anyway, don't stand here so yeah... " Elle se sentait plus que stupide, elle l'avait déjà dit ça, et la blonde finit par s'écarter, laissant Luke rentrer dans son appartement.

Alors oui, une visite, une simple visite, elle lui avait de passer afin de le rassurer, de lui montrer qu'elle habitait dans un véritable endroit avec quatre murs, plus besoin d'envahir autant l'espace personnel du Fincher, pas vrai? Cette pensée ne la réjouissait pas plus que cela, mais ce n'était certainement pas Ava qui allait le montrer. Non, elle se contenta de guider Luke dans le salon.  "Yeah, so that's the living room, as you can see the kitchen is near by but I don't really use that... a lot, I'm kinda trying to lose weight, anyway... There's my room in a back and the bathroom and ... another room for.. you know, just in case so... this is home." Posant la cadeau sur la table basse, elle s'évertua à ranger ses pinceaux et autres, Luke savait certes qu'elle dessinait mais pas la peine de l'informer plus que ça, ils n'étaient que des amis pas vrai? Ava ne savait pas, elle ne savait plus, au final, elle laissa ses pinceaux là où ils étaient, pivotant de nouveau pour faire face à Luke. Oui. Le cadeau. "I'm just gonna open it, okay?" disait-elle ça pour se rassurer? Oui, certainement, mais elle en avait vraiment besoin là tout de suite. Ce fut donc avec des mains tremblantes que la blonde finit par déchirer l'emballage. Un sourire se dessina sur son visage en découvrant son cadeau, elle ouvrit la boite en carton et sortit la lampe du papier bulles. Des fleurs étaient dessinées dessus, l'objet était beau et se fondrait très bien dans le décor et oui, il avait raison, c'était beaucoup mieux que des fleurs.

"God Luke you didn't have to... " Le reste de sa phrase resta coincée dans sa gorge, c'était stupide mais c'était son premier vrai cadeau depuis qu'elle était dans cet appartement, c'était peut être elle qui voyait des signes partout mais elle s'en fichait, c'était une très bonne façon de commencer tout ceci. Elle, oui, même elle pouvait recommencer depuis le début et avoir une seconde chance et essayer de trouver la vraie Ava, celle qui était beaucoup moins cassée et qui serait sans doute en mesure d'aimer Luke et lui donner ce fils qu'il méritait tant. "It's just perfect." murmura Ava et sans vraiment y réfléchir plus que cela, vraiment, tout était parfait n'est-ce pas? Elle passa ses bras autour du cou de Luke et déposa un baiser aux coins des lèvres de ce dernier.

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MessageSujet: Re: Steady as she goes    Ven 8 Aoû - 21:07

Luke fronçait les sourcils, suivant Ava à la trace comme un parfait chien de garde pour s’assurer que tout était aux normes, que le propriétaire d’Ava ne lui avait pas joué de mauvais tour en lui refourguant un appartement susceptible de partir en lambeaux au premier coup de vent. Il l’écoutait d’une oreille distraite, observant rapidement les pièces qu’elle évoquait en faisant attention à ce que son comportement ne paraisse pas trop suspect ou intrusif. Le jeune homme semblait frustré de ne pas pouvoir visiter chaque pièce à sa guise, se retrouvant coincé dans le salon sans être capable de trouver de véritable excuse pour revenir sur ses pas et vérifier que tout allait pour le mieux. Après tout, il était courant de faire abstraction de quelques détails lors des emménagements, mais ces derniers finissaient par s’avérer plus importants quand on déballait enfin les cartons pour tout mettre en ordre. Et si une prise ne fonctionnait pas correctement et qu’Ava entreprenait de la changer tout seule ? Ou peu importait le problème en vérité, elle devrait maintenant faire face à la moindre urgence par ses propres moyens, seule, sans l’aide de personne. Cela n’aurait pas du être un problème pour Luke mais il ne pouvait vraisemblablement pas s'empêcher de se torturait l’esprit à chaque fois qu’il songeait à de telles choses. Il avait beau se répéter mille fois par jour qu’elle serait plus heureuse ainsi et qu’elle pourrait repartir sur de bonnes bases, prendre un nouveau départ et véritablement s’épanouir, il pouvait tout de même sentir ce léger pincement dans sa poitrine qui lui donnait irrémédiablement envie de courir jusque chez elle pour lui demander l’autorisation de le laisser veiller sur elle. Il se fichait éperdument du reste, il souhaitait simplement passer une nuit ou deux sur son canapé, les yeux rivés vers le plafond, l’oreille aux aguets, près à débarquer dès qu’il entendrait la jeune femme gémir désespérément son prénom dans l’obscurité.

Mais Ava n’avait pas besoin de lui.
Elle n’avait plus besoin de lui à présent.

Se tournant vers elle pour maintenant l’observer discrètement sous toutes les coutures, il finit par lever les yeux au ciel lorsqu’elle fit remarquer qu’elle avait besoin d’un régime. Luke se retint d’ouvrir la bouche pour lui dire à quel point il la trouvait parfaite. Il avait eu le même genre de discussion avec Billie quelques semaines en arrière, et il avait songé à lui répondre la même chose. Seulement, avec Billie, il avait osé le faire. Les mots étaient sortis naturellement parce qu’elle savait l’écouter de temps à autre. Oh bien sûr, il ne disait jamais rien de primordiale, rien d’important. Il faisait le pitre pour voir ses lèvres se tordre en un joli sourire et il se mordait la lèvre pour se retenir de l’embrasser encore et encore. Est-ce que Luke était heureux ainsi ? Sans doute, il était bien trop tôt pour pouvoir le dire avec certitude. Mais avec Billie tout semblait plus simple parce qu’elle ne lui avait jamais rien imposé. Peut-être qu’ils n’étaient encore que des amis qui se découvraient et qui avaient envie d’aller plus loin. Peut-être qu’ils étaient sur le point de tomber amoureux l’un de l’autre et de faire un bout de chemin ensemble. Peut-être qu’ils n’étaient rien de tout ceci et qu’ils étaient simplement égarés et perdus et qu’ils avaient besoin de se rassurer en plongeant dans le regard de l’autre et en oubliant le reste du monde. Ce n’était pas pareil avec Ava, évidemment. Elle était belle, elle était resplendissante et Luke aurait donné sa vie pour la sauver, pour qu’elle soit heureuse et pour que son sourire à elle ne quitte jamais ses lèvres. Mais Ava lui avait dit qu’ils seraient amis, jamais rien de plus que cela. Il n’y avait rien d’autre à envisager, rien de possible, pas d’avenir à imaginer avec la blonde. Non, Luke n’était dans les bras ou dans le lit d’Ava que pour la satisfaire un peu, sans doute pour la distraire quand elle était d'humeur. Alors en sa présence, Luke ne disait rien. Il se contentait d’être à ses côtés, juste pour lui rappeler qu’il était bel et bien là et qu’il ne comptait aller nulle part. Il s’assurait qu’elle se portait bien, qu’elle n’était pas tourmentée et que personne ne cherchait à l’atteindre et c’était suffisant. Tout le reste, il avait décidé de l’enfouir profondément, gardant tous les mots qu’il n’avait jamais osé prononcé quelque part dans les méandres de ses entrailles, toute cette bile s’amassant là au point de lui donner la nausée.

Luke baissa la tête l’espace d’une seconde tandis que la jeune femme ouvrait le cadeau qu’il lui avait apporté. Ça ne lui ressemblait pas d’être aussi résigné, lui qui était fort, vaillant et courageux, qui avait combattu les pires horreurs, qui avait côtoyé la folie des hommes depuis si longtemps. Ce n’était pas dans son habitude de montrer un quelconque signe de faiblesse ou d’anxiété, mais pourtant, face à Ava qui déchirait le papier autour de la lampe qu’il avait choisi pour elle, il se sentait petit et minable. Fort heureusement elle appréciait le geste, elle était même plus rayonnante que jamais tandis qu’elle s’approchait de lui pour lui montrer sa gratitude. D’abord ses mains qui semblaient bien plus près que d’ordinaire, puis ses bras autour de sa nuque. Est-ce qu’elle allait passer ses mains dans ses cheveux, comme il en rêvait souvent ? Oui, Luke la cherchait parfois la nuit, quand il pouvait presque sentir le monde s’écrouler autour de lui et qu’il n’avait plus la force de luter, qu’il ne pouvait plus tenir debout sans l’aide de quelqu’un d’autre. Et dans ces moments-là, il songeait à ses doigts fins sur son crâne, parce qu’il n’y avait plus que cela pour pouvoir le rassurer. Mais elle n’était pas là, elle n’était pas à ses côtés. Elle était partie à présent parce qu’elle n’avait pas besoin de lui.

Parce qu'elle n’avait plus besoin de lui.

Oui, ces mots martelaient sans cesse son crâne depuis qu’il avait sonné à la porte de la blonde, afin de s’assurer qu’il ne s’emballerait pas, qu’il ne saisirait pas ses hanches pour l’embrasser comme autrefois, quand il se rendait bien compte qu’il n’avait plus rien à dire et que sa langue ne servait à rien d’autre à part à la combler de toutes les manières possibles et imaginables. Il ne voulait pas que ses mains ne dérapent et ne viennent s’aventurer là où il n’avait plus le droit d’aller depuis le séisme, depuis que leurs vies avaient basculé. Il sentit les lèvres d’Ava près des siennes, trop près des siennes pour que cela ne le grise pas, pour qu’il ne sente pas son corps soudainement parcouru d’un frisson, pour qu’il ne soit pas ivre de son parfum et de la pureté de ses lèvres. Leurs visages se séparèrent juste un instant, une courte seconde trop insoutenable pour Luke qui voulait déjà la rejoindre alors qu’elle se trouvait pourtant devant elle et qu’il pouvait la soulever à sa guise. Non pas pour l’emmener jusque dans la chambre et la dévêtir, non, juste pour la porter dans les airs et la faire tourner pour voir ses cheveux valser avec eux. Il avait envie de la sentir tout contre lui, de danser un peu, peut-être même de blottir sa tête dans son cou pour s’imprégner de son odeur. Est-ce qu’il devenait fou ? Sans doute. À force de ne rien dire, à force de ne plus parler, peut-être qu’il était en train de sombrer dans la plus belle des démences.

Luke se contenta de sourire. Il avait envie de lui dire qu’il ne pouvait plus jouer à ce petit jeu-là, qu’il n’avait pas envie de faire croire que tout allait pour le mieux quand il fallait à tout prix qu’ils mettent les choses à plat afin qu’il ne finisse pas par faire une véritable connerie, le genre de pétage de plomb qui lui donnerait droit à un aller simple pour le commissariat sans passer par la case départ, sans toucher vingt mille dollars. Il aurait du la repousser calmement pour lui faire comprendre que le séisme l'avait littéralement détruit, pour lui avouer aussi que les choses ne pouvaient plus être comme avant maintenant qu’il avait passé la vitesse supérieure avec Billie. Billie qui l’écoutait. Billie qui ne lui avait jamais rien promis mais qui ne lui interdisait pas de ressentir quoi que ce soit, qui n’érigeait aucune barrière autour d’elle, certainement consciente que Luke en avait assez de se battre et de batailler pour avoir l'impression d'exister un tant soit peu. Lui aussi avait envie d’hurler, de crier, de pleurer, de taper du point sur la table. Mais Ava n’avait pas les épaules pour entendre tout ça, personne ne les avait véritablement.

Alors Luke continua de faire semblant, comme si tout allait pour le mieux. Il ne prononça pas un mot, observant Ava, renonçant une fois encore à faire d’elle la seule femme de sa vie, rangeant ses sentiments quelque part où personne ne pourrait les atteindre à moins qu’on entreprenne de lui arracher le coeur et de le disséquer minutieusement. Le beau brun embrassa le front de la blondinette. « I am glad you like it. » Il contempla les lèvres d’Ava un instant, ce doux trésor qu'il n'avait plus la force de convoiter, avant de retourner toute son attention vers la cuisine, s’éclaircissant la gorge et faisant un pas pour se libérer doucement de l’étreinte de la jeune femme. « Should I get us something to drink ? I hope you have beer. » Son sourire semblait s’étendre jusque vers ses oreilles, mais ce n’était pourtant pas Luke... La lueur qui habitait autrefois ses iris claires l'avait définitivement quitté.

Parce que pour la première fois de sa vie devant une femme, Luke se sentait faible et misérable.
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MessageSujet: Re: Steady as she goes    Dim 10 Aoû - 19:59

Il avait souri et il avait fini par reculer.

Que croyait-il? Qu’il était vraiment si doué que ça et que personne n’était capable de comprendre ou de lire Luke Fincher? Dans un sens… Il avait raison, la parade était plutôt bien réussie et si quelqu’un faisait comme si tout allait bien dans leur vie et que tout était parfait, alors oui, il aurait pu croire en ce mensonge.

Luke oubliait qu’Ava était déjà cassée elle aussi et qu’elle avait ses propres blessures. Il oubliait qu’elle connaissait les faux sourires parce qu’elle les avait utilisés à maintes reprises, trop de fois, pour se sortir de situations où elle avait juste envie d’hurler et de dire au reste du monde… Non. Stop. I’m not okay, this is not okay. Mais elle avait gardé ses lèvres scellées et elle n’avait rien dit, se disant que de toute façon… Personne n’était là pour écouter, personne pour comprendre et surtout personne pour s'arrêter. Elle n’avait que seize ans quand elle avait réalisé tout ceci, dans le fond, les gens étaient bien trop occupés à faire attention aux apparences pour faire attention à... elle. Elle n’était qu’une fille en uniforme et peut être que pour Luke elle serait toujours la femme enceinte, ou celle qui était faible ou celle qui avait définitivement ruiné sa vie. Ava ne savait pas, elle ne pouvait pas se résoudre à lui demander la vérité car dans le fond, la vérité, elle n’était pas encore prête à l’entendre et elle n’était pas encore prête à l’accepter. C’était peut être totalement égoïste mais bon… Que dire? Que faire? Rester de marbre? Hurler? Elle avait envie de lui dire qu’elle avait fuit de Los Angeles il y a quelques semaines parce qu’elle s’était retrouvée toute seule et qu’elle avait eu peur et qu’elle avait été complètement pétrifiée à l’idée de l’appeler pour demander de l’aide. Elle avait honte, tellement honte, elle était censée être une amie, son amie, pas un fardeau qu’il devait transporter et ce la tête haute, les épaules bien droite et sans jamais rien demander en retour. Elle n’était pas sa responsabilité et peut être que quelque part, Ava n’avait fait que lui donner les mauvais signes depuis le début.

Peut être que leur aventure aurait dû s’arrêter après cette fameuse rencontre dans ce bar, Ava ne savait même pas. Elle se souvenait encore d’être rentrée chez Chris et Dave avec la tête qui lui tournait et le nom de Luke encore sur les lèvres, elle n’avait même pas voulu prendre de douche, ne désirant pas effacer les traces qu’il avait laissé en elle, elle voulait lui appartenir pour toujours. Pour toujours. Pourquoi l’avoir rappelé? Pourquoi avoir continué? Parce que c’était facile bordel, parce qu’il répondait toujours, parce qu’il était toujours prévenant et attentionné et ce alors qu’il savait très bien qu’ils fonçaient tous les deux dans le mur. Elle n’avait jamais eu à trop essayer ou même à faire semblant devant lui, elle avait toujours été elle-même, sans retenue, sans y réfléchir à deux fois. Elle avait répondu à tous les sourires de Luke et lui avait lancé des piques pour le voir sourire en retour et juste pour le sentir près d'elle. La nuit quand elle croyait qu’il dormait et qu’elle prétendait être trop fatiguée pour rentrer chez elle, Ava lui avait tenu la main et elle s’était blottie dans ses bras. Elle ne s’était jamais vue en amie, elle avait dressé des limites qu’elle n’avait pas pu tenir car elle n’avait tout simplement jamais rencontré un homme comme Luke, il était unique.

Au final, il avait eu l’air joueur et railleur et qva l’avait pris pour une ancienne star du lycée, dans le genre quaterback mais pas de l’espèce qui s’en prend aux amateurs de mathématiques et autre, mais plutôt celui sympa que tout le monde adorait et en qui tout le monde croyait pour intégrer une université et ce malgré le fait qu’il n’est pas les notes qu’il fallait. Naturellement, il s’était engagé dans l’armée, peut être dans un élan de patriotisme ou parce que cela lui semblait être la bonne chose à faire, Ava avait vu les plaques sur le torse de Luke et elle avait senti ces dernière caresser sa peau lors de leur étreinte charnelle, chose qui la rendait toujours folle...  Luke Fincher, héro de guerre, pas mort en combat mais en vie et cela changeait tout, il était en vie et il s’en sortait dans la vie de tous les jours… Non, Ava n’avait jamais rencontré d’homme comme ça, qui se souciait si peu de lui-même qu’il faisait toujours passer les autres avant. Ava avait été tentée plus d’une fois, de demander à Luke s’il y avait d’autres filles comme elle mais non… Il était sincère, pour l’instant il n’y avait qu’elle et dans le fond, il était bien libre de coucher avec qui il le voulait, mais dès lors que cela arriverait, Ava se ferait une raison et voudrait très probablement mettre un terme à leur… À leur quoi? À leur relation? Elle se savait hypocrite mais après être restée dans les bras de Luke dans cette chambre d’hôpital, elle se sentait incapable d’être vraiment en couple avec lui et dans le même temps elle dépassait toutes les limites de la relation amie. Elle y pensait, surtout depuis la fin de sa grossesse et elle rêvait même de lui demander ce qu’il pensait de leur situation. Elle avait peur d’entendre ses mots à lui, si peur mais dans le même temps… Est-ce que cela serait aussi terrible que cela d’admettre qu’elle avait de véritables sentiments pour Luke et qu’elle lui donnait, leur donnait, une véritable chance? Le monde n’allait pas s’écrouler si c’était le cas…

Oui Luke Fincher lui donnait envie de laisser tomber le masque et de juste courir dans ses bras et de pleurer, de pleurer et d’être vraiment faible dans ses bras à lui et le laisser voir toutes ses cicatrices et lui faire promettre qu’il ne partirait plus jamais et qu’il continuerait de l’aimer, peu importe la raison, peu importe le reste du monde. Elle ne pouvait pas connaître la réponse si elle ne demandait pas, pas vrai? Elle devait poser la question, tôt ou tard, elle lui devait au moins ça. Car Luke avait beau la voir d’une certaine façon, il ne se voyait pas, et il oubliait qu’il en avait beaucoup montré à Ava. Beaucoup plus qu’il ne le laissait y penser, elle l’avait vu sourire, elle avait vu le regard qu’il abordait la première fois qu’elle avait prononcé le mot ami, la première fois qu’elle avait osé ériger des barrières entre eux. I don’t want to run away, but I have to because I don’t know if you’re going to run after me… I don’t know that yet. Elle l’avait vu insouciant, un carton de pizza à la main alors qu’il arrivait à l’improviste, elle l’avait vu inquiet, elle l’avait vu conserver son calme et veiller sur elle. Elle le connaissait, oui, elle le connaissait et elle ne voulait pas qu’il devienne un fantôme, elle ne voulait pas qu’il disparaisse.

« Luke wait. » murmura t-elle alors qu’il scrutait sa cuisine. « Luke wait. » répéta t-elle un peu plus fort, relevant la tête pour pouvoir lui faire face. Elle n’osa pas se rapprocher de lui encore une fois, il avait besoin de son espace à lui, peut être besoin de temps, peut être besoin d’une vie loin d’elle, sans qu’on le retienne et sans personne pour lui brûler les ailes. Ava prit une profonde inspiration, se passant une main dans les cheveux, les mots lui manquant soudainement, elle aurait dû en avoir plein et son coeur aurait dû battre moins fort dans sa poitrine mais elle ne contrôlait rien aujourd’hui semblait-il. Pourquoi est-ce qu’il ne l’avait pas embrassé? Et pourquoi est-ce que ce détail était aussi important à ses yeux? « I just… » Pause. On inspire, on expire, voilà dans quel état elle était, elle avait tellement peur, elle essayait d’aller de l’avant mais elle ne pouvait pas décemment avancer tant qu’il y avait toujours cette porte ouverte entre eux. « I just want to say thank you and to let you know how sorry I am about everything that happened that day and just… thank you for staying in the hospital with me and taking care of me, I never ever thanked you for that and I should have it’s just… been a crazy journey since I’m in L.A. but I want you to know that I wouldn’t be here and … fine if you can call that without you so… Thank you. » La voix de la blonde semblait brisée, elle ne savait pas ce qu’elle faisait là, elle ne savait pas si elle lui disait au revoir ou si elle lui disait la vérité. « I also want you to know that I… I never met a man like you okay? You’re amazing and I’m not just saying that to say that… I should have said that sooner and I was just being selfish and just being glad that you were here … You could have left me to live your life... But instead you took care of me and I just… I don’t know Luke it’s like… Life is messy okay, especially mine, but no matter what, I’m glad you’re a part of my life and I want you to know that if you need anything, even if I know that you’re never going to admit it out loud… just anything, I’m here okay, it’s not just you worrying about me, I also worry about you a lot… To be honest you’re all I think about lately and I don’t know what to make of that because you deserve someone that can make you happy all the time and… yeah… I just want you to be happy. » La blonde avait parlé rapidement, trop rapidement et elle finit enfin par se taire, rangeant ses mains dans les poches de son jean, regardant ses pieds et se retenant d’ajouter que s’il lui laissait un peu de temps pour mettre de l’ordre dans sa vie, peut être qu’elle pouvait être cette personne-là, mais non, il n’avait pas à attendre, il y avait sûrement quelqu’un de mieux pour lui… Quelque part mais pas dans cet appartement.
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MessageSujet: Re: Steady as she goes    Lun 11 Aoû - 3:19

Un pas. Juste ça. Luke n’avait fait qu’un pas en avant lorsqu’il entendit la voix de la jeune femme qui le tirait vers l’arrière, le ramenant vers elle comme à chaque fois qu’il voulait tenter de s’échapper pour respirer un peu et reprendre ses esprits. Un pas en avant, trois pas en arrière. Il se retourna, son sourire toujours fermement accroché à ses lèvres, le regard aussi charmeur que d’ordinaire. Il savait qu’il ne pouvait pas lui montrer à quel point il était abattu, ou bien encore à quel point il se sentait faible devant elle, surtout quand elle prononçait son prénom dans un murmure, un souffle désespéré qui n’était destiné qu’à lui et à personne d’autre. Elle avait son prénom sur les lèvres et son coeur dans la main, seulement elle ne réalisait pas, elle ne se rendait compte de rien. Elle aurait pu lui avouer avoir commis les pires crimes de l’humanité, il se serait contenté de la prendre dans ses bras pour caresser doucement ses cheveux et son dos afin de la rassurer, comme il l’avait toujours fait, comme il le ferait sans doute jusqu’à ce qu’elle se lasse et qu’elle trouve un autre homme. Un autre qui mériterait le moindre de ses regards, le moindre de ses baisers. Un autre qui aurait le droit de partager avec elle ce qu’elle avait toujours refusé d’offrir à Luke. Un autre qui pourrait lui confier son amour pendant des heures durant, qui pourrait lui répéter les trois mêmes mots à l’infini en posant de délicats baisers sur ses mains et sur ses joues roses. Un autre qui poserait ses mains sur elle à n’importe quelle heure du jour ou de la nuit, un autre qui la posséderait de la manière la plus intime qui soit, qui la verrait nue et parfaite, habillée de rien, seulement vêtue de l’amour qu’on lui porterait. Bien sûr qu’elle méritait cet autre, bien sûr qu’elle y avait droit.

Seulement Luke savait.

Il savait, au plus profond de ses tripes, que le jour où cela finirait par arriver, quelque chose se briserait en lui. Il savait qu’il traverserait la ville pour aller retrouver sa mère, la seule femme qui ait accepté de l’aimer alors que sa véritable génitrice l’avait lâchement abandonné au creux de la nuit noire. Le soldat mettrait alors ses deux genoux à terre, se laissant tomber sur le sol comme un vulgaire condamné à mort, et il resterait là, la joue collée contre le ventre de cette mère qui ne l’avait jamais porté, priant pourtant pour rejoindre sa chair comme si elle l’avait vraiment vu naitre, les larmes quittant enfin ses yeux pour venir rouler sur la robe intacte de sa mère impuissante et dépassée. Peut-être qu’il crierait, qu’il hurlerait, ou peut-être que la boule dans sa gorge ne lui permettrait plus de prononcer un seul mot, le contraignant au silence le plus insoutenable. Peut-être qu’il périrait ainsi, priant pour qu’on vienne coller le canon d’une arme sur sa tempe battante, ou qu’on vienne lui arracher le coeur à mains nues.

Elle avait son prénom sur les lèvres et son coeur dans la main.

Mais Luke savait aussi qu’il ne pouvait pas lui en vouloir. Ç’aurait été affreusement hypocrite de sa part de lui reprocher ce genre de choses, de lui faire souffrir le poids de sa propre tristesse. Parce qu’il ne la supportait plus, pas vrai ? Chacun de ses regards était un couteau de plus qu’on venait remuer dans sa chair déjà à vif, la moindre main qu’elle passait dans sa belle chevelure blonde ressemblait à un véritable supplice. Et si les mots qu’elle prononçait étaient les derniers qu’elle lui adressait avant de disparaitre, avant de vaciller dans l’obscurité pour ne plus jamais réapparaitre ? Et si sa petite étincelle venait à s’éteindre pour l’abandonner au creux de cette nuit noire, ces mêmes ténèbres qui avaient été témoins de sa naissance ? Il devait chérir chaque phrase, chaque terme qu’elle choisissait, les ranger dans un coin de sa tête comme s’ils étaient de véritables trésors. Il devait se souvenir de tout car lui plus que quiconque savait à quel point la vie pouvait être cruelle quand elle décidait de reprendre tout ce qu’elle avait pu offrir. Elle avait faillit lui reprendre Ava, son Ava, en plein coeur du mois de février de cette même année. La vision de Luke s'était troublée tandis qu’il la serrait contre lui, et il avait vu le monde se flétrir et perdre de ses couleurs quand elle n’était soudainement plus là pour lui sourire. Alors que faisait-il ? Malgré la douleur, malgré l’envie de retourner au front afin d’avoir la chance de se faire exploser la cervelle pour enfin cesser de penser, il se tenait droit devant elle, la tête haute et les épaules jamais courbées pour lui rappeler qu’il était plus grand, plus fort. Pour lui rappeler qu’il était utile et indispensable à sa vie, pour se donner l’illusion de l’être. Pour qu’elle ne puisse pas voir le poids qu’il portait sur son dos et qui lui faisait courber l’échine lorsqu’il était seul et qu’il n’avait plus que la bière pour l’accompagner dans son infortune. Lui aussi avait eu peur même s’il n’avait pas donné naissance au gamin qu’il avait pourtant recueilli dans ses bras comme s’il s’agissait du sien. Pire encore, il avait été conscient quand Ava ne l’était plus et il se souvenait de tout ce qui avait pu se produire dès lors que les paupières de la jeune femme s’étaient closes. Lui aussi avait besoin d’une épaule sur laquelle se reposer mais il n’avait plus que les siennes, et entre Billie qui ne se plaignait de rien mais à qui il ne pouvait certainement pas s’empêcher de tendre la main et Ava qui le rongeait littéralement de l’intérieur au point de le rendre fou et misérable, il ne pouvait tout simplement pas se permettre de montrer le moindre signe de faiblesse.

Ainsi elle l’avait appelé et il s’était aussitôt retourné, souriant comme au premier jour, comme si tout allait pour le mieux, parce qu’il n’avait pas d’autre solution, parce qu’il n’avait pas le choix et qu’elle ne lui laissait pas d’autre option. Que ferait-elle s’il lui avouait qu’il était complètement détruit et qu’il ne restait sûrement plus grand chose du type fier et sûr de lui qu’elle avait rencontré quelques mois auparavant ? Elle s’excuserait sans doute, il la connaissait suffisamment pour savoir qu’elle se mettrait à culpabiliser d’avoir croisé son chemin en cette nuit d’octobre. Mais ce n’était certainement pas cela qu’il voulait entendre. Non, il ne voulait pas la voir retourner le problème dans tous les sens pour se l’accaparer et devenir la victime principale de cette affaire. Évidemment que les choses n’avaient pas été faciles pour elle mais Luke avait toujours bataillé auprès d’elle et Ava l’avait repoussé à chaque fois qu’il faisait un pas en avant. Un pas en avant, trois pas en arrière. Exactement comme à cet instant précis ou elle le rappelait encore. Mais il en avait assez, assez d’être là, assez d’être présent. Il voulait qu’on l’entende, qu’on l’écoute. Ou peut-être que non, peut-être qu’il n’avait rien à dire. Il voulait simplement s’asseoir dans un coin et boire de la bière jusqu’à se sentir à nouveau suffisamment puissant pour se mettre à rire à gorge déployée ou bien encore pour provoquer des bagarres dignes des terrains d’entrainements militaires. Il voulait juste qu’Ava le libère une bonne fois pour toute, qu’elle lui enfonce un couteau en plein coeur en lui disant qu’elle n’avait plus besoin de lui, qu’il pouvait retourner d’où il était venu. Et il serait certainement retourné dans les bras de Billie par la suite, parce qu’il se sentait bien auprès d’elle, parce qu’elle lui faisait oublier toutes les fois où on n’avait pas voulu de lui, parce qu’elle ne l’avait jamais repoussé.

Luke se contentait de sourire et d’écouter. Il se contentait d’être là sans pour autant exister.

Elle commençât par le remercier, évoquant ce jour de février où plus rien n’avait de sens, où l’urgence lui avait fait prendre conscience des sentiments qu’il éprouvait véritablement à son égard. Mais il ne broncha pas, impassible, le même éclat toujours présent dans ses yeux clairs. L’armée lui avait appris à garder son sang froid dans les pires situations, et même si Luke était réputé pour être impulsif et pour réagir au quart de tour, les moments les plus insoutenables exigeaient une certaine concentration. Est-ce que cet instant pouvait être rangé parmi les plus atroces ? Il était trop tôt pour en juger, le regard de Luke s’égarant parfois sur les lèvres d’Ava qui ne cessaient de bouger, ce dernier songeant à quel point elle était belle, à quel point elle finirait par lui manquer.

Il hocha la tête, un peu déboussolé, ne sachant que répondre à la blondinette qui lui faisait face et qui admettait qu’elle ne serait sans doute pas là sans lui. Of course you would be here without me, pensa-t-il, acceptant modestement ses remerciements en la gratifiant d’un signe de tête poli, son sourire illuminant toujours gracieusement le reste de son visage. Luke était sur le point de faire demi-tour à nouveau pour retrouver le chemin du frigo et ainsi rejoindre sa véritable maitresse, sa boisson favorite, celle dont il ne pourrait jamais se passer et dans laquelle il noyait tous les mots qui restaient coincés sur le bout de sa langue et qu’il n’avait pas eu l’audace de prononcer ; mais il resta immobile en entendant la voix d’Ava qui reprenait.

Amazing.
Oh no, he was not amazing. He was far from it. If anything, he was not amazing.

Luke fronçât les sourcils, pas certain d’être prêt à entendre ce genre de choses sortir de la bouche de son amie. Il restait sur ses gardes, se préparant à tout, au pire surtout, son visage se figeant littéralement pour ne plus rien laisser transparaitre, pour ne plus trahir ses sentiments. Le beau brun ne s’attarda pas plus sur le reste des propos que la femme pouvait tenir, ravalant sa colère pour ne pas la brusquer ; parce qu’il ne pouvait pas se permettre de lui reprocher quoi que ce soit, pas vrai ? Il avait été d’accord avec tous les termes de leur petit contrat rédigé à l’amiable, alors pourquoi diable est-ce qu’il sentait ses mâchoires se serrer subitement tandis qu’il ne la quittait pas des yeux ? Elle lui promettait d’être là s’il avait besoin de quoi que ce soit, admettant qu’il était tout ce à quoi elle pensait ces derniers temps, lui confiant qu’il méritait quelqu’un qui le rendrait heureux. Et quand il songea que le discours d’Ava ne pouvait tout simplement plus empirer, elle lui infligea le coup de grâce, finissant son parfait petit couplet sur un « I just want you to be happy. » tellement hypocrite qu’il aurait pu en rire s’il n’était pas trop occupé à planter son regard droit dans celui d’Ava.

Luke aurait du lui répondre d’aller se faire foutre, avant de partir en claquant la porte, clairement et simplement. Mais il ne pouvait pas lui reprocher d’être perdue, il ne pouvait pas lui en vouloir d’essayer de réconforter un ami alors qu’il aurait tout fait pour que ce soit elle qui puisse le rendre heureux. Au lieu de cela, elle le torturait, elle le rendait dingue, occupant la moindre de ses pensées pour se l’accaparer complètement, une petite voix à l’arrière de son crâne le rappelant toujours à l’ordre pour qu’il se souvienne qu’il n’avait pas le droit d’éprouver quoi que ce soit à son égard à part de la tendresse amicale. Peut-être que tout était de sa faute au fond ? Peut-être qu’il aurait du fuir avant que tout ne commence ? Il s’était dit qu’il était capable de faire la part des choses, qu’il pouvait continuer de coucher avec elle sans tomber amoureux, mais il se tenait maintenant devant elle à se dire qu’il pourrait passer sa vie entière sans la toucher si elle continuait de lui sourire et de prononcer son prénom. Elle avait son prénom sur les lèvres et son coeur dans la main, et elle venait de le serrer dans sa paume avec une telle force que Luke se demandait s’il allait pouvoir un jour le récupérer. Non, qu’elle le garde, qu’elle le porte autour du cou, elle qui avait enfin réussi à lui arracher là où d’autres femmes n’avaient même pas eu la chance de l’effleurer.

Une longe minute s’écoula au cours de laquelle Luke resta crispé, essayant vainement de se faire une raison pour ne pas s’emporter. « Anything, right ? Well I still need a fucking beer. » Trop tard. Il sentait déjà les pulsations de son coeur qui s’accéléraient tandis qu’il se dirigeait finalement vers la cuisine afin d’ouvrir le frigo, se saisissant de la première bière qui se trouvait à sa portée avant de la décapsuler contre le bord du comptoir, prenant garde à ne pas salir les lieux avec la mousse de sa boisson. Deux, trois, quatre gorgées. Mais ce n’était pas suffisant, cela ne l’aiderait en rien. Cela ne suffirait pas. Le jeune homme n’avait pas pris la peine de vérifier si Ava l’avait suivit ou non, mais le simple fait de la retrouver et de croiser à nouveau son regard lui retourna l’estomac. Non, c’était injuste, elle n’avait pas le droit de lui dire ça. Elle ne pouvait pas se permettre de lui interdire d’être heureux pour finalement jurer que c’était tout ce qu’elle souhaitait pour lui. « Don’t look at me like that okay ? What do you want me to say huh ? Fine. Okay. Yes. Your life is messy and you went through rough shit lately. I know that because guess what, I was there. And don’t even start to apologize for it because once again Ava, this was not your fault and a part of me is actually so fucking glad that I was there because who knows what might have happened to you if I hadn’t been around. But do not tell me for a second that you worry about me. Do not tell me what I do and don’t deserve. Do not tell me that I am amazing and that you can’t stop thinking about me lately because damn, I cannot hear all that. I just can’t stand you saying all that crap just to make me feel… I don’t even know how I’m supposed to feel right now. Should I kiss you ? Should I just hold you ? Do you need me to make you feel good about yourself ? Do you need me to comfort you ? Do you want me to shut up and I don’t know… Undress you or something ? I have no fucking clue what’s my purpose here anymore because you keep saying that we’re just friends and then you go on and on about how amazing I am and how I deserve to be happy. Well you know what Ava ? That’s fucked up. You can’t keep me from being happy with you and then just… Tell me you wish I will be happy with someone else. You can’t just tell me that I’m amazing or whatever, just to say afterwards that you hope I’m gonna find happiness with someone that I will truly deserve. Can’t you see how wrong this is, huh ? Can’t you just see how hypocritical this is for you to say ? And what about what happened just a second ago huh ? Are you going to pretend that you were never about to kiss me, right there and now ? Well let me ask you something Ava... Do you do that with all your friends ? Do you just keep messing with our heads until we’re so messed up we can’t even think anymore ? Just tell me because I fucking need to know. Or maybe it’s just me. Maybe I’m just too dumb to… Fuck, now I’m fucking pissed when I swore to myself I would never act like that in front of you because I know you’re just gonna… Never mind. Who fucking cares anyway ? Now if you’ll excuse me, I need to get fucking drunk because I’m pretty sure that’s the one thing that would make me happy right about fucking now. »

Prenant quelques gorgées de bière pour la route, il posa sèchement la bouteille sur le comptoir avant de se diriger vers la porte d’entrée. Un pas en avant, la tête haute, convaincu qu'il ne reviendrait plus en arrière, son regard se posa sur la lampe qu’il avait apporté avec lui, son coeur ratant un battement, comme si on venait de le lui arracher. Peut-être que l’heure était venue et qu’il était enfin temps pour Luke de traverser la ville pour aller retrouver sa mère et la supplier de mettre fin à son calvaire. Ou peut-être que cela ne servait plus à rien, maintenant qu'il était déjà mort, laissant son coeur bien au chaud dans les longs doigts fins d'Ava, son Ava.
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MessageSujet: Re: Steady as she goes    Mer 3 Sep - 22:53

Qui pouvait y croire?

Qui pouvait croire au petit discours si tranquille et si serein d’Ava? Qui pouvait croire qu’elle voulait véritablement le bonheur du brun après tout ce qu’elle lui avait infligé? Elle ne le réalisait peut être pas, non la blonde ne le voyait pas, mais ils étaient tous les deux dans le même bateau, tous les deux la même galère. Elle l’avait sans doute oublié, oui, sans doute oublié que dans le fond, elle croyait au prince charmant. Ava était certes tombée enceinte à dix sept ans mais cela n’avait jamais refroidi ses élans de romantisme, sa première grossesse avait été une erreur et alors qu’elle avait quitté la Floride pour explorer le monde, elle était toujours persuadée qu’il y avait quelqu’un pour elle, là quelque part. Le monde était petit, ça, on s’en rendait vite compte à force de voyager, six heures d’avion, une journée de voiture, ce n’était strictement rien… Du temps, elle en avait à revendre, elle en avait eu à perdre. Mais elle avait été déçue, alors elle avait oublié ce beau prince qui devait attendre, elle avait été blessée, alors elle avait oublié, elle avait été trahi alors elle avait oublié… Mais la vérité était là et son coeur ne pouvait pas tant avoir changé depuis ses années de jeunesse, du temps où Ava montait sur les podiums pour les concours de beauté et qu’elle proclamait qu’elle trouverait le mari parfait et qu’ils vivraient en banlieue pour pouvoir être proche de leur travail respectif et de l’école de leur enfant. Ça n’était pas juste un rêve de petite fille et tous les hommes n’étaient pas des salauds. Elle n’avait juste pas eu de chance alors elle avait enfoui sa peine, tout au fond d’elle même, tout au fond. Luke ne savait pas qu’elle ne s’était pas autorisée à pleurer depuis des années, que les larmes de sa grossesse étaient des vraies larmes, celles qu’elle n’avait jamais laisser rouler sur ses joues depuis longtemps. Non, sa mère lui avait tout fait pour qu’elle comprenne qu’elle était jolie et qu’elle devait tout faire pour montrer uniquement cela aux gens. Au diable la personnalité, Ava n’avait qu’à être jolie et à tout faire pour plaire. Pendant trop longtemps, elle avait eu du mal à faire entendre sa voix, craignant d’être mise de côté ou même blâmée, mais non, Ava une voix et elle avait des opinions bien arrêtées. Mais les larmes, sa tristesse, personne ne devait la voir ainsi, personne ne devait la voir faible et personne ne devait voir à quel point elle avait peur et que dans le fond, elle était toujours une petite fille fragile. Juste une fille avec toujours des rêves plein la tête.

Elle n’avait rien dit de tout ceci à Luke, peut être que s’ils étaient rencontrés différemment, des années auparavant, elle aurait rougi en entendant une de ses blagues, se serait laisser draguer et elle aurait mis les pieds avec plaisir dans ce restaurant pour leur premier rendez vous. Mais cela ne s’était pas passé comme ça et tout ce qu’elle lui avait dit c’était triste mais… C’était juste pour se protéger. Juste pour se protéger elle parce qu’il n’y avait aucune garantie que Luke ne soit pas comme les autres pas vrai? Elle mourrait peut être d’envie de se blottir dans ses bras mais rien ne lui garantissait que Luke n’était pas comme les autres, qu’il pouvait la protéger, l’aimer… Elle ne pouvait pas juste se fier à son instinct, pas quand ce dernier l’avait trop trahi. Non, mais eux ils avaient ça, ils avaient tous les jours passés ensemble, toutes les fois où il l’avait fait rire, où elle l’avait pris en photo à son insu seulement pour courir se réfugier loin de lui et cacher l’appareil photo. Il y avait eu les jours, il y avait eu les rires, pourquoi est-ce que ce n’était pas suffisant. Elle fixa Luke, le regard vide tandis qu’il reprenait la paroles. Elle avait fait ça, elle l’avait brisé, elle l’avait usé.

« I know that because guess what, I was here. »

Il n’aurait pas dû être là, elle aurait dû être seule, toute seule, au moins, ils n’en seraient pas là aujourd’hui. Luke était en colère et elle voulait lui dire d’arrêter. D’arrêter de parler parce qu’elle non plus ne savait pas, elle ne savait plus ce qu’elle avait le droit de dire ou de faire, elle était fatiguée de dépenser une énergie qu’elle n’avait pas pour être son amie. Oui, Luke devait l’embrasser, oui, il devait la prendre dans ses bras, oui il devait la réconforter et lui dire que tout allait bien se passer, mais bien parce qu’il en avait envie. Ava ne savait plus, peut être qu’elle se trompait, peut être que Luke était juste là pour elle et pour se soulager de temps en temps et qu’elle ne comptait pas. Non. Non.

« … Do you do that with all your friends? »

Non, bien sûr que non, non, Ava ne s’amusait pas à ruiner la vie des gens de la sorte. Elle l’avait retenu pendant longtemps, elle l’avait étouffé, lui qui n’avait voulu que l’aimer. Elle lui avait dit non, Luke avait toutes les raisons du monde d’être en colère, lui, plus que quiconque, il était encore venu aujourd’hui pour un ami parfait et exemplaire et peut être plus. Il la connaissait, savait qu’elle allait s’en vouloir et se fermer et ne plus parler. Il l’avait vue faible, il l’avait vue comme personne ne devait jamais la voir.

« Luke I… » Il partait, il partait à tout jamais probablement de sa vie, mais Ava avait une voix faible et les mots ne venaient plus. Que dire? Le brun avait déjà tout dit, il avait raison sur toute la ligne, elle ne savait même pas s’il existait des mots pour réparer ses erreurs à elle. Elle ne savait pas si elle devait supplier, se mettre à genoux, crier elle aussi et s’énerver, elle ne savait plus. Elle aussi avait souffert au cour des derniers mois, elle aussi et… Et il partait. Elle ne savait pas quoi dire là tout de suite. Think Ava, think.

Wait. I’m sorry. Please don’t go. I’m an idiot. I don’t know how to say those things.
Wait. I love you. I’m in love with you okay, and I want this to work really want this to work.
Wait. I need you more than ever okay? And I want you to need me too.
Wait. Please don’t go.

Trop tard. Trop tard. La porte s’était fermée et elle était désormais seule dans son appartement. Ava laissa échapper le souffle qu’elle retenait depuis plusieurs secondes. Mais Luke était parti. Elle avait prévu de lui montrer son appartement et pourquoi pas même tous les clichés qu’elle avait fait de lui et lui demander s’il était libre dans la semaine pour qu’ils aillent au restaurant ou au cinéma et qu’elle lui fasse comprendre qu’elle était prête. Qu’il était le seul homme avec qui elle voulait se lancer dans cette aventure. Il était le seul mais il était parti.

« I’m sorry. »

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