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 There's no remedy for memory | Ethan

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MessageSujet: There's no remedy for memory | Ethan   Mer 6 Aoû - 22:07



Gabriella ouvrit la porte de sa chambre et la referma derrière elle. La jeune femme venait de rentrer d’une longue nuit blanche et avait la tête sens dessus-dessous. Une migraine infernale la brûlait de l’intérieur. Elle avait veillé toute la soirée et avait longuement réfléchi à la décision qu’elle avait prise au cours des dernières heures. Sortie jusqu’au petit matin, elle avait patiemment attendu que la maison soit vide pour rentrer. Gabriella connaissait parfaitement les heures à laquelle Ethan conduisait son fils à l’école et partait ensuite travailler. Elle ne s’occupait plus vraiment de Jayden depuis qu’elle avait perdu sa garde et ne surveillait pas d’apparence ce qui se passait mais la jeune femme était en réalité bien plus au courant qu’elle ne le laissait paraître. Elle poussa un soupir et attendit quelques secondes pour être sûre d’être bien seule. Gabriella se pencha ensuite en-dessous de son lit et attrapa une petite valise qu’elle ouvrit et déposa sur ses couvertures non défaites. Elle se tourna ensuite vers sa garde-robe dans laquelle elle attrapa plusieurs tenues au hasard qu’elle enfonça dans le sac. Sa décision était prise. La jeune maman y avait longuement songé cette nuit. Quel exemple montrait-elle à son fils ? De quel droit faisait-elle endurer à Ethan et à Jayden ce qu’elle n’arrivait pas à oublier ? Gabriella considérait qu’il était mieux pour tout le monde qu’elle parte quelques temps… voire plus. Elle s’en voulait déjà intérieurement de ses plans mais n’avait nullement l’intention de revenir en arrière. Une fois la petite valise terminée, la jeune femme ferma le sac et s’assit quelques instants sur le lit. C’était trop dur. Elle ne pouvait tout simplement pas partir sans mot dire. Gabriella sortit alors de la chambre et se dirigea dans la cuisine où elle attrapa un stylo et une feuille dans un tiroir avant d’écrire quelques lignes pour expliquer son départ. Son frère ne comprendrait sûrement pas au début mais ils s’y feraient. Gabriella couchait les mots sur papier d’une écriture fébrile et tremblante. Son ventre vide la nouait de l’intérieur, elle était toutefois bien incapable d’avaler quoique ce soit. Une fois le message achevé, la jeune femme le laissa bien en évidence sur la table et retourna dans sa chambre. Si Gabriella avait longuement réfléchi avant de prendre sa décision, elle n’avait en revanche pas songé à l’après. Où irait-elle ? Pour faire quoi ? Arriverait-elle à supporter l’absence des deux êtres les plus chers dans sa vie ? Elle réalisait soudainement qu’elle réagissait comme leur père adoptif… sauf que lui n’avait pensé qu’à lui et non au bien de son entourage en les abandonnant. La situation était tellement différente dans leur cas. Gabriella avait peur de déraper devant son fils, de ne plus arriver à lui cacher ses troubles, déjà qu’il ne comprenait pas pourquoi sa mère n’avait plus le droit de s’occuper de lui comme avant. Comment lui expliquer qu’elle avait tellement changé depuis la mort de son père qu’elle avait été considérée comme incapable de garder Jayden ? Cette soirée lui avait fait prendre conscience qu’elle devait s’éloigner… au moins le temps de reprendre le contrôle et de ne plus faire de rechutes. Avant de partir, Gabriella fila sous la douche pour se délester des fragrances de la soirée. Elle alluma le jet d’eau assez fort de sorte qu’elle n’entendit pas la porte d’entrée claquer. Au bout de quelques minutes, la jeune maman sortit pour s’habiller et terminer de se préparer. Elle préférait partir directement après et ne pas rester dormir au risque de les croiser car s’ils rentraient, ils ne la laisseraient évidemment pas faire. Les cheveux encore humides, Gabriella quitta la salle de bains et rejoignit sa chambre. Alors qu’elle entrait à la hâte pour prendre ses affaires prêtes sur le lit, elle tomba soudain nez à nez avec… son frère. « Ethan ?! » S’exclama-t-elle sous le coup de la surprise. « Tu es déjà rentré ? » Et me***. N’était-il pas censé travailler ou quelque chose comme ça ?
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MessageSujet: Re: There's no remedy for memory | Ethan   Mer 6 Aoû - 22:25

La journée avait commencée comme d’habitude ou du moins, presque comme d’habitude. Le réveil s’était mis à sonner à six heures précises et bien que ne soit toujours aussi difficile pour lui, Ethan se leva plus grincheux que jamais. Ne perdant pas de temps, il était allé se doucher et s’était habillé pour affronter la journée avant de ne descendre préparer le petit déjeuner pour Jayden. Une fois l’heure adéquate arrivée, Ethan monta à l’étage et réveilla le garçon comme il le faisait d’habitude en lui demandant de se lever doucement et de commencer à se préparer. Il avait d’ailleurs volontairement parlé des tartines déjà grillées qui l’attendaient d’ores et déjà à l’étage parce qu’il savait que ce serait sa plus grande motivation pour se lever et affronter une nouvelle journée. Jayden avait beau ne pas beaucoup poser de questions sur la situation, il n’était pas des plus à l’aise et ça paraissait normal dans le fond car même si les adultes étaient un peu dépassés par la situation, il était difficile de s’imaginer ce qu’il devait en penser lui, qui ne comprenait même pas les raisons de ce changement soudain. Une fois le petit déjeuner terminé, Ethan s’occupa de tout ranger alors que Jayden montait se brosser les dents, vérifier ses affaires une dernière fois et enfiler sa veste puisqu’il était temps de partir. Regardant sa montre un instant, le Jefferson indiqua à Jayden d’aller l’attendre dans la voiture alors que lui montait à l’étage avant de toquer à la porte entrouverte de la chambre de Gabriella. Celle-ci s’ouvrit plus grand malgré lui et qu’elle ne fut pas sa surprise lorsqu’il alluma la lumière ? Personne. Le lit n’était même pas défait. Ethan resta silencieux en observant la pièce. Ce scénario se répétait un peu trop souvent à son gout mais après tout, elle était grande et pouvait bien faire ce qu’elle voulait même si, ce n’était pas forcément le meilleur moyen ‘d’oublier’ . Il referma donc la porte puis sortit avant de monter en voiture et de prendre la route afin de conduire Jayden à son école et de rejoindre l’agence de son travail. S’il avait été en pause à un certain moment à ce niveau là, il avait bien été forcé finalement de reprendre essayant par ailleurs de trouver des ‘cas’ plus proches pour qu’il n’ait pas à quitter ou s’éloigner trop longtemps de son domicile, de Gabriella et de Jayden. Arrivé au bureau, la matinée s’entama du même genre que son réveil : désagréable. A peine avait-il posé les pieds à l’accueil qu’il se rendit compte qu’il avait oublié des papiers importants chez lui et qu’il ne pouvait pas se présenter sans. Tentant de garder son calme, il se contenta de jurer dans sa barbe puis ressortit en remontant dans sa voiture afin de repartir. Inutile de dire que, pour un mardi matin banal, le début de journée s’annonçait déjà merdique et ne lui donnait qu’une envie : se changer et retourner dormir bien confortablement et au chaud dans son lit. Au terminus, Ethan sortit de la voiture et s’alluma une cigarette. Il savait que ce n’était pas bon, Jayden lui avait d’ailleurs assez souvent répété comme ça mais puisqu’il s’empêchait déjà d’en griller devant lui, il se disait qu’il fallait en profiter maintenant surtout que ça l’aiderait à se détendre après tout l’engrenage perpétuel et incroyablement chiant du matin. Alors qu’il sortait ses clefs pour ouvrir la porte d’entrée, il la trouva à sa grande surprise ouverte. Haussant les épaules, il ne chercha pas midi à quatorze heures : Gaby devait être rentrée. *Pas trop tôt.* Pensa-t-il en passant le pas de la porte, la refermant avec son pied derrière lui. Il héla le nom de sa sœur mais aucune réponse. Visiblement, cette dernière était sous la douche et peut-être que ça valait mieux ainsi même si Ethan ne savait pas exactement où elle avait traînée la veille et avec qui surtout jusqu’au petit matin. Le jeune homme posa ses clefs sur la table et farfouilla pour trouver ses papiers avant de ne voir une feuille posée à l’évidence dans la cuisine. Intrigué puisqu’elle ne se trouvait pas là ce matin, il en était certain, il éteignit sa cigarette et s’approcha pour la contempler avant de l’attraper et d’en lire chaque lignes. Sa mâchoire se resserrait petit à petit et au fond de lui, il espérait juste que ce soit une très mauvaise blague ou juste une décision pas si importante prise et écrite sous l’emprise de l’alcool. Peu importe. Ethan releva la tête et froissa la feuille en la roulant en boule dans son poing. Gueule de bois ou pas, encore bourrée même, il s’en foutait, ils devaient discuter. Il espérait simplement qu’elle était bien réveiller parce que sinon il allait s’en charger sans problèmes. Ethan monta sans faire de bruits puis entra dans la chambre. Oh. Encore mieux. Non seulement elle avait écrit ce torchon mais en plus ses affaires semblaient déjà prêtes. Si c’est pas merveilleux. Comptait-elle s’enfuir comme une voleuse en laissant son fils derrière sans même lui donner un au revoir ? Elle savait très bien pourtant l’avis qu’Ethan avait sur la question : après ce qu’avait fait leur père, il trouvait ça impardonnable. L’abandon était la pire des choses et encore plus lorsqu’un enfant se retrouvait concerné. L’eau s’arrêta de couler alors que le Jefferson se tenait debout, bien droit les bras croisés et l’air dur. Cette fois, il ne laisserait pas passer, il fallait que ça sorte et ce même s’ils risquaient une scène. Une fois dans la pièce, Gaby exprima la surprise qu’elle avait de le voir devant elle. Forcément. Si elle n’avait pas été sure de son absence elle n’aurait probablement pas monté tout ça. Un faux sourire naquit sur ses lèvres mais rien de rassurant : « Surprise. Ravi de te voir aussi. Tu t’y attendais pas hein ? » Il n’avait aucune envie de se battre mais si elle cherchait elle allait trouver. « Toi c’est plutôt l’inverse que je devrais dire, tu viens de rentrer. » Rétorqua-t-il pour bien montrer son mécontentement. Le Jefferson desserrait la main afin de mettre en évidence le bout de papier juste devant les yeux de Gabriella afin qu‘elle ne puisse pas nier devant la preuve capitale. « J’espère que t’as une bonne explication. C’est quoi ces conneries ? » Demanda-t-il sèchement. Il n’avait qu’une envie : prendre sa valise, ranger les affaires qui s’y trouvaient à leur place habituelle et la balancer ensuite par la fenêtre. Comme ça, elle aura voyagé en mode express et ça aura été gratuit en plus. « Et je te previens, te fous pas de ma gueule. » La prévint-il déjà pas mal irrité. Réveil difficile, obligé de revenir à la maison et maintenant engueulade avec sa soeur dans les prévisions, génial.



Dernière édition par Ethan A. Jefferson le Mer 6 Aoû - 23:10, édité 2 fois
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MessageSujet: Re: There's no remedy for memory | Ethan   Mer 6 Aoû - 22:43


Partir. Gabriella avait longuement réfléchi à cette possibilité. Elle avait pesé le pour et le contre ; la seconde liste était beaucoup plus lourdement chargée que la première. La jeune femme avait le ventre serré mais elle ne devait pas hésiter sous peine de changer d’avis. Il n’était pas trop tard, puisque personne n’était là et ne saurait les intentions qu’elle avait eues mais quand Gaby avait une idée en tête, elle était bornée et revenait rarement dessus. La jolie brune songeait à son fils. Il était pratiquement tout ce qu’elle avait et pourtant elle avait l’impression de ne pas être capable de lui apporter ce dont lui avait si désespérément besoin : une mère. Ethan était heureusement là pour rattraper les pots cassés et jouait ce rôle qu’elle n’assumait presque plus depuis deux ans. Parfois, quand les rechutes s’espaçaient, ils partageaient de beaux moments. Quand elle croyait enfin toucher le bonheur du bout des doigts, les mauvais souvenirs la submergeaient à nouveau, elle craquait et resombrait. Gabriella ne voulait plus qu’ils s’inquiètent pour elle. Jayden commençait à être assez grand pour comprendre et même si elle faisait tout son possible pour lui cacher la vérité, il devinait ce qui se passait. La jeune femme sortit de sa rêverie et quitta alors la salle de bains, une fois prête, pour aller chercher ses affaires. Arrivée devant sa porte, elle prit une inspiration comme pour se donner du courage et ouvrit. La surprise s’afficha sur le visage de Gabriella lorsqu’elle trouva Ethan dans sa chambre. Elle ne s’attendait pas à le voir dans la pièce et encore moins à ce qu’il rentre aussi vite chez eux. La malchance était vraiment de son côté pour le coup. La jeune femme avait espéré que tout se passe en douceur mais avec la feuille qu’il tenait entre les mains, elle pouvait oublier cette idée. Son frère ne comprendrait sûrement pas le pourquoi du comment et ne serait sûrement pas prêt à lui pardonner ce qu’elle s’apprêtait à faire, cependant Gabriella n’avait pas l’intention de revenir sur sa décision bien que le voir rendait d’autant plus difficile de la prendre. Ethan usa du sarcasme sur le fait qu’elle n’était pas rentrée cette nuit. La jeune maman préféra ne pas rétorquer. Son frère s’occupait tellement de tout dans cette maison qu’elle n’avait pas vraiment le droit de lui répondre et préférait surtout se retenir pour ne pas que la discussion parte en vrille. Impulsive comme elle était, il valait mieux éviter. Gabriella se contenta donc de maintenir son regard et d’avancer dans la pièce pour fermer sa valise. Elle le sentait sur le qui-vive à côté d’elle, Ethan était tendu comme un fil de fer prêt à éclater tandis que ses muscles frémissaient. Il lui tendit alors la feuille sous les yeux. Gabriella ne comptait absolument pas lui nier la vérité. Elle n’en était plus là. « Tout est dit. On sait très bien que c’est ce qu’il y a le mieux à faire. » Répondit la jeune femme aussi sèchement. Elle était déjà absente la plupart du temps alors qu’est-ce que ça changerait ? Gabriella était bien consciente de l’inquiéter, de ne pas être un exemple pour son fils et surtout elle n’aimait pas ce qu’elle leur faisait vivre mais ne se sentant pas sur le point de changer, la meilleure solution était de s’éloigner. Et puis, il n’y avait pas que ça mais c’était tellement plus compliqué qu’elle n’avait pas envie d’entrer dans les détails et de lui expliquer. Ethan la prendrait pour une folle. « C’est temporaire.» Ajouta-t-elle alors d’une voix qui essayait de revenir à un ton plus calme bien qu’elle n’en savait strictement rien en réalité. Alors que son frère protestait déjà, Gabriella poussa un soupir et quitta tout simplement la chambre en laissant tout là et se dirigea vers la cuisine. Elle n’était pas revenue pour se prendre la tête et sa migraine la rendait beaucoup moins réceptive à la discussion.
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MessageSujet: Re: There's no remedy for memory | Ethan   Mer 6 Aoû - 23:09

Ethan ne pouvait pas exactement dire avec précision ce qui l’énervait le plus : qu’elle ait eu cette idée complètement stupide, qu’elle ne prenne même pas la peine de lui répondre ou qu’elle ferme sa valise comme si de rien n’était et qu’elle comptait toujours sur le fait de s’éclipser. Alors là, si elle croyait qu’elle allait sortir de cette maison, c’était hors de question. Tant pis si Ethan manquait le travail, tant pis s’il devait l’enfermer dans cette foutue chambre, tant pis s’ils se disputaient comme des chiffonniers pour le restant de la journée, de la semaine, du mois du moment qu’elle restait là et qu’elle ne les laissait pas tomber son fils et lui. Elle avait beau croire que son rôle était invisible et inexistant, elle avait tort. Elle ne pouvait pas se rendre compte, dans l’état dans lequel elle était, combien son fils avait besoin d’elle, sa dernière attache parentale après la disparition soudaine de son père. Sauf que ça, Ethan comptait bien le lui faire comprendre d’une manière ou d’une autre. Il avait déjà subi la disparition de son père, la mort ‘fictive’ de sa mère lorsqu’elle était tombée en dépression, hors de question que ce soit maintenant au tour de la sœur dont il était le plus proche. Même s’il se cachait derrière l’excuse de ‘ton fils a besoin de toi’ , Ethan ne pouvait nier que ça l’affecterait lui aussi et beaucoup plus qu’il ne voulait l’admettre parce que cela revenait à accepter qu’il ressentait quelque chose au-delà de ce lien fraternel qu’ils partageaient depuis toujours. Il savait qu’elle n’allait pas bien et que, même si elle s’accrochait de son mieux, elle était loin d’être sortie du trou mais de là à s’imaginer qu’elle allait prendre ses cliques et ses claques sans rien dire à personne avant de partir, il en restait toujours autant stupéfait. Sans plus attendre une seconde, Ethan envoya la boule de papier valser au fond de la pièce et se dirigea à son tour vers la valise, posée sur le lit, qu’il rouvrit et vida au moins de moitié en prenant une poignée d’habits qu’il balança en vrac sur le lit de manière pourtant très calme et sereine. Ce n’était pas du tout représentatif de son humeur et des étincelles qui commençaient à monter jusqu’à son cerveau en faisant diminuer au passage sa patience au fur et à mesure. Il se tourna ensuite vers la jeune femme en essayant de capter son regard pour qu’elle voit combien cette décision pouvait lui paraître dénuée de sens et incendiaire. « Le mieux à faire pour qui ? Pour lui ou pour toi ? » C’était dur oui, peut-être même un peu trop mais il le fallait pour lui faire ouvrir les yeux. Elle avait beau croire que cela arrangerait tout le monde et que ce serait bénéfique pour son fils, Ethan n’y voyait là, sous la colère, qu’une décision égoïste et irresponsable. « Temporaire ? » Répéta-t-il ébahi avant de reprendre : « Temporaire ? Mais je m’en fous ! Tu crois vraiment que je vais te laisser prendre ta petite valise et te barrer tranquillement en me laissant ton fils ?! » Il ne criait pas mais les traits de son visage le faisaient probablement pour lui. Il ne comprenait tout simplement pas comment elle pouvait penser et dire de telles choses sérieusement. « Oui, TON fils Gaby ! Tu te rends compte de ce que tu dis ? » Il avait envie d’aller jusqu’à elle, de la prendre par les épaules et de la secouer pour lui remettre les idées bien en place mais il ne pouvait pas se montrer brutal et encore moins avec elle. « Il doit déjà vivre avec l‘absence de son père, ne lui impose pas celle de sa mère. » Reprit-il douloureusement. Cette situation le dépassait totalement. Si autrefois il pensait que s’occuper tout d’un coup d’un enfant et en avoir la responsabilité était la chose la plus difficile qu’il n’avait jamais faite, maintenant qu’il en était là à devoir supplier sa sœur de ne pas partir, il ne pouvait s’empêcher de penser ironiquement que les choses allaient de mieux en mieux. La vérité c’est que tout partait en vrilles et qu’il n’avait aucune idée de comment s’y prendre pour régler les choses le plus simplement et le plus efficacement que possible. Après tout, il n’avait jamais eu à le faire. Petit, son grand-frère s’en occupait à sa place, à leur place à tous , en grandissant il s’était tant bien que mal occupé de lui mais n’avait sur les épaules la responsabilité de personne d’autre. Et maintenant.. Maintenant il se sentait plus impuissant que jamais. Il était spectateur du malheur de sa sœur et le pire était qu’il était conscient qu’il ne pourrait pas l’aider tant qu’elle ne s’ouvrirait pas complètement à lui. « Et puis il n‘y a pas que Jay, il y a moi aussi. » Reprit-il en plantant son regard dans le sien. Ce qu’il voulait dire par là c’est qu’il n’y parviendrait pas sans elle et il savait qu’elle allait comprendre l’insinuation. Ils n’avaient plus besoin depuis longtemps de dire clairement leurs pensées, ils se comprenaient assez pour s’épargner ces efforts. Il n’en mettrait rien mais il était anxieux. Pour la première fois depuis qu’il était à Pasadena il avait vraiment peur que sa sœur se casse en le laissant seul avec Jayden et comme à chaque fois qu’il avait peur, Ethan se cacha derrière des bêtises pour essayer de régler la situation et le désaccord : « C’est décidé, tu restes. » Sans attendre, il lui tourna le dos et commença à plier les vêtements en les rangeant un peu au hasard dans l’armoire et les différentes étagères. Elle l’arrêterait sans doute mais aucune importance, il ne comptait pas la laisser gagner aussi facilement. Si elle voulait sortir d’ici, elle allait devoir se battre.

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MessageSujet: Re: There's no remedy for memory | Ethan   Mar 2 Sep - 17:21



La vérité de l’un n’était pas toujours forcément celle de l’autre. Chacun défendait une idée aux arguments valables mais ne pouvait concevoir la réalité d’une autre éventualité. Ethan n’arrivait pas à la laisser partir pour les raisons qu’il évoquait, Gabriella ne parvenait pas à rester parce qu’elle se sentait incapable d’assumer ce rôle de mère en ce moment. Contrairement à un travail, un parent plein de bon sens ne pouvait pas démissionner de la charge d’un enfant ou la mettre entre parenthèses. La jeune femme n’était cependant pas dans son état normal et choisissait consciemment de s’éloigner loin d’eux sous peine de recraquer devant son fils. Alors quand Ethan s’avança pour retirer par brassées les vêtements dans sa valise et lui demanda si c’était le mieux pour Jayden ou pour elle, Gabriella rétorqua de plus belle. « Pour vous. Pour nous tous. » N’ayant pas la force physique de lutter contre son frère, la jolie brune se contenta de croiser les bras et afficha une petite moue tout en essayant de le rassurer : son départ était temporaire, elle ne comptait pas les abandonner. Ethan ne l’entendait cependant pas de cette oreille et continua sur sa lancée. Il refusait de la laisser partir aussi facilement, que ce soit définitivement ou non d’ailleurs. Lorsque son frère poursuivit en lui rappelant que Jayden était son fils à elle, la jeune femme ne sourcilla pas. Ethan se servait bien trop souvent de cette corde sensible qu’était supposément l’instinct maternel, mais ses paroles n’éveillaient plus rien en elle, persuadée qu’elle était du bien-être de son fils aussi éloigné d’elle que possible justement. Lui rappeler l’abandon dont ils avaient été victime d’abord par leurs parents respectifs, ensuite en quelque sorte par leur père adoptif, ne changerait rien à sa décision. Elle ne connaissait que trop bien ce sentiment ; elle jugeait pourtant ce prix bien moins élevé comparé à ce qu’elle pourrait faire en restant dans l’entourage de son fils, mais aussi dans celui d’Ethan. Comment aurait-elle été capable de lui admettre qu’elle commençait à avoir des sentiments confus à son encontre, des pensées interdites sans aucun doute régies par sa bipolarité déstabilisante ? Comment aurait-elle pu le lui dire franchement, alors qu’elle-même n’était ni sûre de rien, ni ne comprenait quoique ce soit à ce qui se passait ? « Il est beaucoup mieux avec toi. Tu le sais très bien. » Gabriella prit une nouvelle inspiration, elle perdait sérieusement patience à toujours devoir se justifier. Elle avait parfois l’impression qu’Ethan endossait le rôle de psychologue lui aussi, elle détestait quand il s’y mettait. « Vraiment ? Tu penses qu’il a besoin d’une mère folle et irresponsable ? » Rappela-t-elle d’une voix cinglante. Décroisant les bras, elle s’apprêtait à quitter le seuil de la chambre, lorsqu’il mit exactement le doigt sur un des problèmes qui la préoccupait en ce moment. Il y avait lui, en plus de Jayden. Elle se contenta cependant d’éluder l’allusion par une pirouette. « Soyons honnêtes. Tu es mieux sans moi aussi. » Elle était égoïste et irresponsable peut-être, mais Gabriella avait besoin de partir quelques temps et de faire le vide dans sa tête. Ce serait pour un mieux. La forcer à rester était prendre le risque de la voir disjoncter à nouveau, mais Ethan en avait-il seulement conscience ? Sans doute pas. La présence de Gabriella, dans l’état d’esprit qu’elle avait en ce moment, pouvait être beaucoup trop nocive pour son fils. Il commençait à grandir et à être en âge de comprendre ce qui se passait, toutefois la jeune maman préférait justement lui épargner cette image dégradante de son incapacité à s’en occuper… les trois-quarts du temps. Combien de parents tentaient-ils malgré eux de protéger leurs enfants le plus longtemps possible, dans l’espoir de limiter les dégâts ? De par son travail en agence de voyage, elle pourrait facilement trouver un prétexte pour dire qu’elle devait s’absenter quelques jours, sauf que voir Jayden avant de partir et lui mentir en pleine face, était une « épreuve » beaucoup trop difficile pour elle. Gabriella ne s’en sentait pas capable. Elle préférait déléguer ce rôle à Ethan qui, depuis qu’il s’occupait de son fils et en avait la responsabilité, avait beaucoup changé. En bien. La jeune femme poussa un soupir las lorsqu’il conclut d’une voix qui n’appelait à aucune autre issue qu’elle devrait rester. Si elle devait se battre pour quitter cette maison, ça ne l’arrêterait nullement. « Tu crois que garder mes affaires m’en empêchera ? » Lança-t-elle d’une voix soudainement chargée d’une aura de défi. Joignant le geste à la parole, elle se pencha en avant pour attraper la poignée de la porte et la referma derrière elle dans le but de le ralentir. Gabriella marcha ensuite d’un pas rapide vers la cuisine et attrapa son sac à mains pendant à une des chaises ainsi que ses clefs. Prête à partir, elle s’approcha de l’entrée pour quitter la maison. Son choix n’appelait pas à discussion non plus. Elle pouvait se montrer très bornée quand elle le pouvait. Mais alors qu’elle s’apprêtait à l’ouvrir, il surgit promptement et se mettait déjà en travers de son chemin pour l’empêcher de partir. Gabriella manqua de crier et s’énerva, tapant des poings contre son torse pour essayer de passer. « Laisse-moi sortir ! » Alors qu’elle avait plutôt su se maîtriser jusqu’à présent, une vague sourde de colère grimpait en elle. Pourquoi l’obligeait-il à rester ? Pourquoi s’obligeait-il à continuer d’endurer ça ? Ethan comprendrait vite son erreur. « Quoi ? Tu vas vraiment rester planté là et me retenir ici ? » Voyant qu’elle n’aurait pas gain de cause, elle opta pour une autre tactique. Gabriella recula d’un pas et attrapa un vase posé sur la cuisine. Celui-ci tomba sur le sol dans un bruit fracassant. De nombreux éclats s’éparpillèrent dans la pièce. « Je continuerai jusqu’à ce que tu me laisses partir. » Et elle n’avait cure de s’en prendre à toute la maison s’il le fallait. Quand Gabriella avait une idée en tête, difficile de la faire changer d’avis. Celle d’avoir l’impression d’être comme un oiseau en cage était définitivement ancré en elle.

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MessageSujet: Re: There's no remedy for memory | Ethan   Mar 2 Sep - 23:41

Qu’elle lui réponde qu’elle faisait ça pour eux justement, fut la goutte d’eau qui faisait déborder le vase. C’était faux. Elle se cachait, lâchement, sournoisement, derrière des excuses toutes trouvées mais ç ne marchait plus avec lui. L’eau avait coulée sous les ponts, trop de temps était passé pour qu’elle puisse encore prétendre toutes ces conneries. Il était temps de bouger, de remuer dans le bon sens du terme et d’aller de l’avant, tête haute. Elle choisit la solution de facilité en s’enfuyant, en partant loin de ses responsabilités mais heureusement, lui est là pour essayer de la remettre sur le droit chemin. Essayer, seulement. Tenter de la faire changer d’avis, encore plus lorsqu’elle était dans cet état de crise était comme vouloir calmer un taureau tout vêtu de rouge. Stupide. Vain.  En gros. « Je sais pas ce qui m‘effraie le plus de croire, que tu cherches encore toute une ribambelle d‘excuses afin de t‘en sortir ou alors que tu penses sérieusement ce que tu es en train de dire au fond de toi. » Répliqua-t-il plus calmement et de manière un peu détachée. Son esprit travaillait à mille lui faisant prendre réellement conscience, là, face àlamer mûr qu’il fallait qu’il tente le tout pour le temps afin de la retenir. Il prenait réellement conscience qu’il ne pouvait pas la perdre, pas maintenant. S’il avait réussi à se faire au rôle du tonton/responsable légal, c’était uniquement parce qu’il la savait à proximité afin de le conseiller, de l’aider un minimum dans sa tache. Que devenait-il, lui, sans elle ? D’autant plus lorsqu’on savait qu’il était revenu majoritairement pour elle. Il pensait que les choses s’arrangeraient d’elles-mêmes en la soutenant, en se montrant présent et en faisant tout pour qu’elle remonte la pente avec les meilleures armes mais non. Elle semblait toujours aussi.. Déconnectée. Du monde, de lui, de son fils. Peut-être même d’elle-même qui pouvait bien le savoir ? « Non il ne l‘est pas ! C‘est mon neveu, on rigole bien ensemble mais c‘est toi sa mère. Sa dernière  ‘vraie‘ attache. Ce qu‘il pense lui c‘est qu‘on s‘amuse bien mais que sa mère lui manque. » Jayden ne le lui avait pas dit clairement mais le lui avait plus ou moins fait comprendre par le biais de quelques questions auxquelles Ethan ne savait pas quoi répondre. Allait-elle bien ? Pas vraiment. Il fallait cependant voiler la vérité afin de ne pas l’inquiéter. Allait-elle aller mieux ? Sans aucun doute. Sourire de mise, évidemment, pour crédibiliser. Et si elle n’allait pas mieux ? Et si elle ne s’en remettait complètement ? Hypothèse à laquelle il ne voulait pas penser, trop difficile à encaisser et même seulement à imaginer. Elle n’avait pas le droit de lui faire ça. De leur faire ça. « Tu n‘es PAS folle ! » Haussa-t-il à son tour le ton la regardant d’un œil encore plus dur et mauvais. Il avait horreur de ce terme d’autant plus que, des deux, c’était plutôt lui qu’elle était en train de rendre fou et pas qu’un peu. Folle non, certainement pas. Perdue, lunatique. Ce n’était pas glorieux mais il préférait toujours voir les choses dans ce sens plutôt que dans celui de la jeune femme. Il ne répliqua cependant pas à la notion d’irresponsabilité. Son comportement ces derniers temps, et même depuis qu’il s’occupait de Jayden presque à temps plein, on ne pouvait pas dire qu’elle avait fait les meilleurs choix et opté pour les meilleures attitudes à avoir. Loin de là même. De la à l’autoproclamer d’un terme aussi fort était tout de même sans doute exagéré. « Tu es .. Mal et tu en as parfaitement le droit mais ça fait parti de ces choses qu‘il faut que tu apprennes à gérer. » Elle ne pourrait pas fuir tout sa vie à chaque fois qu’un problème semblant insurmontable se forgeait devant elle. Au contraire elle devait y aller à bras le corps, l’affronter, le vaincre, le détruire en miettes jusqu’à ce qu’il n’en reste qu’un amas de débris. Le pire fut lorsqu’elle lâcha une énième bombe en lui disant qu’il était mieux sans elle. De quoi droit se permettait-elle d’en juger ? Elle n’avait rien à dire à ce propos. Lui seul était capable d’énumérer le fond de sa pensée à milles lieux d’ailleurs de ce qu’elle venait de lui sortir comme ânerie. « Ca tu n‘en sais rien alors je te conseille de ne pas t‘aventurer sur ce sujet. » Evidemment dans ses doutes malsains, elle ne se doutait pas une seule seconde de l’impact qu’elle avait sur lui. Cette influence, cette bonne onde , cette sensation agréable volant dans l’air lorsqu’ils passaient un moment ensemble. Mieux sans elle ? La blague. Il ne la lâcherait pas de si tôt qu’elle le veuille ou non et ce, même si elle essayait de le convaincre que ça arrangerait tous leurs problèmes jusqu’au dernier. Ce n’était bien entendu pas le cas mais, aveuglée par son besoin de changement, elle n’en voyait rien. « Si ça ne suffit pas alors je ferai pire. » Ainsi, elle ne pouvait plus dire qu’elle n’était pas au courant de la menace qui pesait sur sa tête. Jayden n’était pas là, occasion idéale d’en parler sans faux semblants, sans mensonges, sans filtres. Ils pouvaient être eux-mêmes, se disputer jusqu’à pas d’heure, se crier dessus comme deux mômes pas sur la même longueur d’onde si ça leur plaisait. Elle parvint à sortir de la chambre et , alors qu’il l’entend s’afférer en bas et s’apprêter à sortir, il l’intercepte en bloquant la porte. Si elle continue sur ce chemin pointilleux, c’est elle qu’il va prendre et la faire passer en travers. Plusieurs fois même peut-être, si une ne suffit pas. Ethan la pousse doucement en arrière pour l’empêcher d’atteindre la porte encore une fois alors qu’un « non » strict et froid s’échappe de ses lèvres. Il finit par croiser les bras, pensant qu’elle abandonne, et hoche la tête avant de reprendre « S‘il le faut je le ferai. Tu sais que j‘en suis capable en plus. » Et, même s’il s’attendait à ce qu’elle pète literallement une durite, ce ne fut rien en comparaison de ce qui arrivait. Verte de rage, Gabriella empoignait un vase qu’elle explosait au sol visiblement prête à continuer avec tout ce qui lui tomber sous la main pendant des jours et des jours. Il ne pouvait pas la laisser faire ça. Pas comme ça. Pas sans rien faire. « Stop, on arrête là ! Calme toi bordel. » Grimace-t-il avant d’approcher d’elle pour l’empêcher de casser tout le mobilier. Sans se poser plus de questions, il l’entoure de ses bras pour essayer de l’immobiliser et lui crit :  « Putain Gaby , tu te rends compte de ce que t‘es en train de faire ? » Plus elle se débat, plus il ressert son étreinte autour d’elle, quitte à prendre de nouveaux coups. Ca ne le dérange pas, du moment que le calme revient entre eux.  

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MessageSujet: Re: There's no remedy for memory | Ethan   Mer 3 Sep - 0:41



Et il continuait. Ethan s’entêtait à lui répondre à chacun de ses arguments, chacune de ses raisons, pour essayer de démonter une par une ses excuses. En réalité, Gabriella n’en avait pas vraiment à donner. Il lui demandait des explications, sauf qu’ils étaient tous les deux conscients qu’elle souhaitait partir pour fuir ses responsabilités. La jeune maman ne se sentait pas capable de les assumer, dans une période où elle sombrait de nouveau inexorablement vers un mauvais passage. S’éloigner de son fils lui apparaissait comme la meilleure solution, le temps pour elle de mettre cette mauvaise passe derrière elle. Il était entre de bonnes mains en compagnie d’Ethan. Son frère pensait tout le contraire d’elle, refusant de voir dans son comportement autre chose qu’un égoïsme irréfléchi. Il avait cependant raison sur une chose : Gabriella avait peur, peur de leur faire plus de mal en restant et préférait donc la solution de facilité, celle qui ne lui exigerait pas de garder la face devant son fils et de continuer à prétendre que tout allait bien. Elle avait crû que la situation s’était arrangée ces derniers mois, surtout depuis qu’Ethan les avait rejoint Jayden et elle, mais tout s’était de nouveau retrouvé chambouler quand elle avait commencé à perdre la notion exacte de ses sentiments. Ils étaient devenus proches, beaucoup trop proches, et cette seule idée la consumait. Ce changement n’était pas normal, sa folie devait avoir repris le dessus pour qu’elle puisse seulement oser le penser. Coincée dans son silence et son déni, Gabriella sombrait à nouveau, elle s’enfonçait. La perte de son mari avait été le déclencheur, l’accident qui l’avait emporté du moins. La jeune femme ne s’en était jamais vraiment remise, cependant elle avait appris à vivre dans cette réalité où il n’était plus. Pourtant, elle resombrait, vraiment, le cauchemar recommençait, tous comme les images qui habitaient ses nuits, elle revivait chaque mauvais sentiments ressentis depuis lors, se rappelait alors de l’arrivée d’Ethan, de son soutien, de leur rapprochement soudain, et resombrait à nouveau. Comment la personne qui lui maintenait la tête hors de l’eau quelques mois auparavant pouvait être inconsciemment, sans le vouloir, être devenue celle, qu’elle cherchait à fuir aujourd’hui ? « Tu as raison. Il n’y a pas d’excuse. C’est comme ça, c’est tout. » Se contenta-t-elle alors de répondre, fatiguée de devoir trouver soi-disant des explications valables. Un point sur lequel Gabriella ne démordrait cependant pas était le rôle que tenait son frère dans la vie de son fils. Dépourvue d’un instinct maternel dit « normal », la jeune maman pensait au bien-être de Jayden en s’éloignant de lui plutôt que de s’en occuper. Il n’avait pas besoin d’une mère folle dans son entourage, qui pourrait craquer à tout moment devant lui. C’était… possible. Ethan préférait peut-être penser que non, mais Gabriella n’était plus sûre de répondre d’elle à tout moment. Ce n’était pas de la mauvaise volonté, elle n’était juste plus tout à fait elle-même. D’ailleurs, ces maudits psychologues lui avaient prescrit des médicaments qu’elle était obligée de prendre pour continuer de voir son fils. Si elle n’était pas dingue, pourquoi devait-elle continuer de les avaler quotidiennement ? « Je préfère que sa mère lui manque plutôt que de lui faire mal autrement. » Pas en levant la main sur lui bien sûr, elle ne pourrait jamais faire preuve d’un tel acte, mais en pétant les plombs devant son fils par exemple ou en craquant… Lorsqu’elle prononça le mot « folle », Ethan sortit littéralement de ses gonds. Il détestait quand elle mettait en lumière la réalité, préférant se voiler la face plutôt que d’accepter la vérité. Gabriella n’était peut-être pas dans un état qu’on pourrait qualifier de « dément » à proprement parler, mais elle n’était pas non plus la plus saine d’esprit, hormis peut-être sur sa condition. Ethan lui sortit cependant une autre vérité, qui celle-là, pouvait difficilement être contredite : elle pouvait être mal mais devait apprendre à faire avec. Le nœud du problème était là justement. Elle avait l’impression de ne pas y arriver, d’être totalement perdue. « Je ne peux pas. » Souffla-t-elle, à défaut de savoir quoi dire d’autres. La voix de son frère adoptif siffla ensuite lorsqu’il lui demanda de ne pas s’engager sur le terrain de… de quoi au juste ? De ce qu’elle pouvait représenter pour lui ou l’inverse ? Un peu des deux sans doute, bien que Gabriella en ignorait l’ampleur du côté d’Ethan. Considérant que la discussion était close et qu’elle s’adressait à un mur, elle choisit la solution qu’elle savait le mieux appliquer : la fuite en bonne et due forme. Gabriella fila de la chambre et se dirigea vers la sortie, en bas, sauf qu’il la rattrapa avant qu’elle puisse s’évanouir dans le décor. Pétant littéralement les plombs, la jeune maman s’énerva contre lui et lui assena des coups sur son torse, tandis qu’Ethan lui barrait la route. Ne voyant pas d’autres solutions, elle recula et attrapa le premier objet qui lui tomba sous la main, un vase qui éclata au sol en mille morceaux. S’il le faudrait, toute la maison y passerait. Il essaya alors de la raisonner, de lui demander si elle se rendait bien compte de ce qu’elle faisait. Pas vraiment non. Gabriella n’avait qu’une idée en tête, sortir, et tant qu’il s’y opposerait, elle ne décolèrerait pas. « Lâche-moi ! » Cria-t-elle quand Ethan l’entoura de ses bras pour l’empêcher de continuer. La jeune femme se rebella de plus belle et lutta en essayant de le repousser, mais rien n’y faisait, il resserra son emprise. « Pourquoi tu fais ça ? Pourquoi… » Balbutia-t-elle au bout de quelques minutes d’efforts, toujours coincée dans ses bras, à bout de souffle, épuisée par sa propre colère. Baissant les bras le long de son corps, Gabriella détourna les yeux. Des larmes de rage et d’incompréhension coulaient le long de ses joues. Il ne comprenait rien. Non, rien. « C’est vraiment à ce genre de scènes que tu veux qu’il assiste ? » L’interpella-t-elle alors en relevant les yeux vers lui. Elle s’emmura ensuite dans un long silence, ignorant s’il se déciderait enfin à la laisser passer ou non. C’était bien sûr peine perdue, comme il le lui avait fait comprendre.
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MessageSujet: Re: There's no remedy for memory | Ethan   Mer 3 Sep - 1:26

Finalement Gabriella admit, sans doute sans le penser, qu’il avait raison et qu’il n’y avait pas de raison particulière pour expliquer son comportement. « C’est comme ça c’est tout. »  Une deuxième gifle télépathique dans la gueule . Que répondre à ça franchement? Elle semblait avoir perdu tout espoir, toute possibilité que les choses s’arrangent quant à lui.. Ethan voulait bien faire des efforts pour l’aider, aider son fils mais si elle n’y mettait pas du sien, il ne pouvait décemment pas effectuer tout le travail tout seul. Sans elle. Une bonne partie du « traitement » de Gabriella était de garder la tête froide, de reprendre goût petit à petit à certaines choses jusqu’à ce qu’il lui soit à nouveau plaisant de vivre entourée des siens, de travailler et tout le reste. Inutile qu’on aille jusqu’au point où elle se lèverait en chantonnant, qu’elle sifflerait en rythme avec les oiseaux au printemps et sautillerait partout de bonheur mais tout de même. De la bonne humeur, un sourire, un rire,.. Était-ce vraiment trop demandé ? Ethan souffrait silencieusement de la voir s’effondrer lentement sous ses yeux sans pouvoir y faire quoi que ce soit. Enfin, ce n’était pas comme s’il était sur de lui depuis le début bien au contraire en même temps. Lorsqu’on lui avait proposé la garde de Jayden, il s’était surtout demandé comment il allait faire et ne s’y était pas cru à la hauteur. Ce n’était qu’à force de pratique, d’acharnement, de gourdes aussi que cela lui a permis d’apprendre qu’il y était finalement réussi. Il n’y avait pas de secret au bonheur hormis peut-être savoir se satisfaire de peu pour se rendre la vie un peu plus facile. Elle n’y arrivait plus, visiblement, toute seule alors il ne comptait pas lésiner sur les moyens de l’y aider. Sa méthode de lui laisser le temps de gérer toute seule de son côté ne marchait pas vraiment , loin de là même et c’est pourquoi, en la voyant exploser ce vase au sol, qu’il s’était dit qu’il était temps de mettre les bouchers doubles et de retrousser sérieusement ses manches. Il n’était pas simplement là pour s’occuper de Jayden, vérifier qu’il faisait tout comme il fallait, qu’il n’avait besoin de rien, qu’il ne lui manquait rien mais aussi pour Gabriella. Surtout pour elle en vérité. Il savait que rester aussi proche d’elle comme ils l’avaient été durant ces dernières semaines n’était pas forcément une bonne idée surtout en vue de ses questionnements récents mais il ne pouvait la laisser tomber, pas maintenant, pas après tous ces efforts déjà faits. Elle avait fait des progrès, elle le pouvait encore. Personne n’avait dit que ça allait être simple. Elle avait tout simplement perdu confiance et il suffisait de l’entendre parler d’elle pour le savoir. « Peut-être qu‘il a aussi son mot à dire là-dedans. En faisant ça, tu lui enlève son libre arbitre et tu ne peux rien lui faire de pire actuellement. Tu dois lui laisser la possibilité de faire ses choix, prendre ses décisions. Pas lui couper l‘herbe sous les pieds. » Il continue d’argumenter bien qu’il sait que ce ne sera jamais suffisant pour elle. Tête de mule comme elle l’était, son idée était faite et elle ne l’oublierait pas de sitôt. Ce qui faisait aussi son charme de caractère pouvait se montrer à certains moments, vraiment agaçant voire même super énervant. Elle en était sans doute consciente même si ça aussi, elle en faisait abstraction. « Tu ne peux pas ou tu ne veux pas ? Ce sont là deux choses bien différentes. » Il était sans doute un peu trop dur avec elle, trop rude compte tenu du fait de ce qu’elle avait vécu première et vivait depuis deuxièmes mais cela lui semblait nécessaire. Grandes conneries, grands moyens pour les contrer. Normal, non ? Partir d’ici, et puis quoi encore, de qui se fichait-elle en pensant qu’elle allait réussir son coup ? En parlant de coup, ce fut bien plus qu’une petite tape qui s’abattit sur lui mais plutôt un nuage de rage, de colère, de tristesse à la fois. Elle le frappait, aussi fort qu’elle le pouvait pour essayer de se dégager et de le dégager lui-même sans doute mais ça ne marchait bien. Il était trop fort pour elle, à son plus grand ravissement d’ailleurs. Lui ne sentait rien, rien d’autre qu’une tentative désespérée de la dernière chance pour essayer de prendre la fuite. Tentative qui échoua et, qui il l’espérait, était déjà loin dans son esprit maintenant qu’elle avait bien du imprimer qu’il ne la laisserait pas faire en gardant les bras croisés. « Hors de question, pas avant que tu te calme. Je suis clair ?! » Il suffit de quelques secondes d’attente supplémentaire pour qu’elle cesse finalement se retrouvant ainsi, en pleurs, dans ses bras. Ethan, peu habitué à la voir dans cet état puisqu’elle mettait un point d’honneur à cacher ses faiblesses la plupart du temps, la lâcha complètement. « Parce qu‘il faut bien que quelqu‘un le fasse et tente de t‘ouvrir les yeux. » Son ton est plus calme, plus doux. Tout comme ses gestes. Ses mains se posent de part et d’autre de son visage, essuyant les traces maudites de larmes qui souillent ses joues. S’il y a bien une chose avec laquelle il a du mal, hormis de la voir en mode furie, c’est de la voir pleurer. « Et parce que je tiens à toi. J‘ai besoin de toi, j‘ai besoin que tu ailles mieux. » Inutile d’ajouter qu’il voulait la voir heureuse à nouveau même s’il le pensait. Dire ce genre de trucs c’était pas sa tasse de thé et autant ne pas se mettre dans l’embarras en plus de tout le reste. « Je ferai tout ce qui est en mon pouvoir pour que ce genre de situations n‘arrivent plus, qu‘il soit là ou non. » Il reste quelques instants par la suite là, à la regarder avant de retirer ses mains de son visage. Elle semble être calmée et c’est une très bonne chose. « Tu vas aller mieux. Il n‘y a pas d‘autre alternative. » Ajouta Ethan sur de lui. « Je t‘ai poussée à bout je le sais mais tout ça, là, il fallait que ça sorte une fois pour toute. » Tout comme lui, elle avait tendance à prendre énormément sur elle jusqu’au moment où elle n’y parvienne plus ce qui n’était pas une bonne chose, il en était conscient. Toute cette colère, cette tristesse qui venaient d’éclater, elles n’étaient pas directement dirigées vers lui. Tout ça n’était que le fruit d’un silence d’or qu’elle avait préféré garder même quand les choses n’allaient pas. Hors de question de la quitter de vue surtout si c’était pour qu’elle s’échappe par une fenêtre, une baie vitrée ou même un conduit d’aération pourquoi pas.

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MessageSujet: Re: There's no remedy for memory | Ethan   Mer 3 Sep - 2:14



En quoi Jayden pourrait-il décider de ce qui était le mieux pour lui à son âge et en ignorant tout de la situation ? Gabriella ne voyait pas où Ethan voulait en venir mais ce n’était pas une très bonne idée. Elle considérait que son fils n’avait pas à devoir prendre une si lourde décision si jeune et préférait qu’il continue à ignorer la situation. Bien sûr, Jayden était loin d’être stupide et se rendait bien compte que sa mère n’était pas dans l’état normal de toutes les mamans pour s’occuper de lui, toutefois il pensait encore que son attitude était liée à la perte de son mari et donc de son père à lui, rien d’autre. Il n’avait jamais eu la désagréable malchance de connaître l’envers du décor, notamment au travers des crises de Gabriella. Elle avait miraculeusement toujours su se contenir devant lui car, malgré une irresponsabilité évidente, elle essayait tout de même de sauver les apparences devant Jayden pour l’épargner. Lui aussi avait perdu quelqu’un, la maturité dont il avait pourtant fait preuve à un si jeune âge était pourtant impressionnante, tout le contraire de sa mère en somme. « Je t’arrête tout de suite. Il est hors de question de lui en parler. » Dit-elle. Gabriella n’avait peut-être plus la garde de son fils, mais là encore, Jayden ignorait tous les tenants et aboutissants de l’histoire. Officiellement, à ses yeux, Ethan en avait la garde provisoire le temps que « maman se rétablisse ». Les deux jeunes adultes avaient bien conscience, eux, que ce temporaire risquait encore de se prolonger un moment. Heureusement, Jayden n’avait pas été placé dans un foyer et dans une famille inconnue grâce à la rescousse d’Ethan, qu’elle ne pourrait jamais assez remercier d’assumer ce rôle à sa place, sauf qu’elle était tellement dans son délire que Gabriella ne se rendait même pas compte de cette chance qu’elle avait de pouvoir continuer de fréquenter son fils au quotidien, uniquement grâce à l’intervention de son « frère ». « Peut-être… mais le résultat est le même. » Rétorqua-t-elle ensuite, lorsqu’il lui demanda si elle ne voulait pas plutôt que la situation s’améliore. Gabriella ne savait pas que répondre à cette question tacite. Si elle pouvait arrêter de se sentir perdue entre toutes ces histoires, elle essayerait de s’en accommoder, cependant seul un capharnaüm infini régnait dans sa tête. Prenant ses jambes à son cou, la jeune femme choisit alors de quitter la maison, aussitôt rattrapée par Ethan qui lui barra la route et la prit dans ses bras pour l’empêcher de casser toute la décoration intérieure au passage. Ce n’est que lorsque sa colère se dissipa quelque peu, que Gabriella accepta d’entendre – écouter était déjà un mot trop fort – ce qu’il lui dit. Elle détestait ces moments où, une foule de sentiments puissants prenait le dessus en elle, régis par un lunatisme exacerbé. Gabriella était passée de la colère aux larmes de rage et de frustration en quelques minutes seulement, après avoir tenté par tous les moyens de se détacher de lui. Ethan était beaucoup trop fort pour elle. À nouveau, elle lui intima de la lâcher mais il attendit patiemment qu’elle se calme, enfin se calmer, c’était un bien grand mot, dans un contexte où la jeune maman se sentait à nouveau vulnérable et détestait encore plus l’afficher, même si devant Ethan, ce n’était plus vraiment un problème. Il la connaissait souvent bien mieux qu’elle-même, bien que lui donner raison lui aurait arraché la langue. Gabriella leva les yeux vers lui lorsqu’il posa les mains sur son visage. La vision de ses larmes lui était-elle aussi insoutenable que cela l’était pour elle de craquer encore devant lui ? Ethan lui fit alors un aveu oral auquel il ne l’avait pas souvent habituée. Je tiens à toi. J’ai besoin de toi. Savait-il seulement à quel point, elle, tenait à lui et dans quelle mesure elle avait besoin de lui ? Peu probable. Une nouvelle fois, Gabriella s’emmura dans le silence, préférant ne rien répondre, parce qu’elle ignorait tout simplement que dire après ce qui venait de se passer. Alors que s’excuser aurait certainement été de mise pour toute personne normale, cette pensée ne traversait bien évidemment pas la tête de la jeune maman qui, même si elle était calmée, ne démordait pas de son idée : le meilleur scénario à son sens pour son fils était qu’elle quitte cette maison le temps d’aller ‘mieux’… quoique. La détermination d’Ethan à ce qu’elle reste parmi eux commençait à éveiller en elle le doute sur le bien-fondé de ses propres intentions. Devait-elle renoncer et essayer d’affronter ses problèmes à bras le corps, quitte à le faire devant son fils ? Non, non. Gabriella ne pouvait pas le laisser s’immiscer dans sa tête et la convaincre aussi facilement. C’était ça le problème d’Ethan. Il avait l’air tellement convaincu que tout se passerait bien dans le meilleur des mondes au final, qu’il finissait presque par l’y faire croire, elle aussi. Il l’avait poussée à bout certes mais elle n’y était pas allée de main morte non plus. Il avait raison dans un sens. Mieux valait peut-être qu’elle renonce aujourd’hui, surtout en sa présence. Gabriella pourrait toujours retenter le coup un jour prochain si le cœur lui en disait. Avec Ethan dans la maison, c’était perdu d’avance. « Tu vas faire quoi maintenant ? Rester ici pour me surveiller au lieu d’aller travailler ? » Demanda-t-elle en changeant complètement de sujet, par pour ignorer tout ce qu’il venait d’avouer alors qu’elle avait parfaitement entendu, mais surtout parce qu’elle ne savait pas quoi répondre au fait qu’il venait de s’ouvrir à elle ainsi ou de la psychanalyser, au choix. Pourquoi fallait-il que maudit Ethan trouve toujours les mots qu’il fallait pour la calmer ? Parce qu’il était ce dont elle avait le plus besoin après son fils.
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MessageSujet: Re: There's no remedy for memory | Ethan   Sam 25 Oct - 22:22

Ethan haussa doucement les épaules d‘un air désinvolte. Si elle pensait que la situation présente allait pouvoir s‘étendre encore sur des décennies, elle se foutait le doigt dans l‘œil. Un jour où l‘autre, il faudrait qu‘elle reprenne sa place de mère, de responsable légal de ce gosse. Il savait pertinemment qu’elle souffrait atrocement et que, la perte de la garde de son fils lui avait tapé encore un coup au moral, qu’elle ne prenait pas cette expérience comme des vacances mais tout de même. Si elle continuait de faire un pas en avant pour en faire ensuite trois en arrière, ils n’allaient pas aller très loin. « Parce que tu crois qu‘il faudra lui en parler ? Il est pas con ce gamin, un jour ou l‘autre il finira par comprendre comme un grand que y‘a quelque chose qui cloche. » Soutenant le regard de Gabriella, il tenta d‘y voir une quelconque réponse. Est-ce que ce qu‘il était en train de lui dire la touchait au moins, lui parlait ? Remettait-elle réellement sa décision en doute afin d‘y voir un peu plus clair ou s‘enfuirait à la minute même où il tournerait les talons ? Aucune idée. Elle avait beau ne plus réussir à cacher les choses -ou ses émotions peu importe- ce méli-mélo et ces changements d’humeur laissaient le Jefferson tout autant sur le cul. Pas facile de s’y retrouver dans tout ça et encore moins de ne savoir comment réagir. Il ne faut pas être trop brusque parce la personne en face souffre beaucoup et que c’est la cause principale de ses pétages de plombs mais il faut être assez ferme pour lui faire comprendre que son idée, ses idées, c’est de la merde et rien d’autre. Evidemment, trouver un moyen pour le dire avec un peu plus de tact. Quoi que, ce n’est pas toujours obligatoire.  « Tu te dis ça pour avoir meilleure conscience ? » Posa-t-il la question qui lui traversait à l‘instant l‘esprit sans même chercher à la retenir. Forcément, à se chercher des excuses ou à voir seulement ce que l‘on voulait, ça semblait bien moins dégueulasse. Sauf que ce qu‘il verrait Jayden, c‘est pas seulement le résultat mais il se demanderait pourquoi aussi. Elle semblait trop vite l’oublier au gout d’Ethan d’ailleurs. Depuis le temps qu’il s’occupait de son fils il avait appris un peu à comprendre comment pensaient, comment réagissaient les enfants la première étant qu’ils demandaient toujours « pourquoi ? » . A tout bout de champs, d’ailleurs. « Pourquoi on dit du ketchup alors que c’est de la sauce avec de la tomate ? » « pourquoi on dit un pétale de rose et pas une pétale de rose ? » « pourquoi ceci , pourquoi cela » . « Puisque tu n‘en as plus besoin, tu m‘en voudras pas de te prendre ça hein. » Lâcha-t-il en revenant près du lit et en prenant ladite valise qu‘il s‘était retenu in extremis de balancer à travers la fenêtre, qu‘elle soit fermée ou non d‘ailleurs. Elle n’en avait plus besoin et n’en aura certainement plus dans les jours qui viennent non plus d’ailleurs. Si elle croit pouvoir fuir ses responsabilités et sa vie aussi facilement , encore une fois elle rêve éveillée. Le Jefferson posa la valise dans le couloir , remettant à plus tard son rangement ou plutôt la cachette qu’il allait trouver pour ne pas qu’elle puisse la remplir à nouveau de sitôt et se tourna vers Gabriella à sa question. Sourire agaçant au bord des lèvres, l’agent immobilier croisa les bras et lui répondit d’un ton enjoué qui ne lui était plus familier depuis déjà quelques temps en vue des circonstances : « C‘était pas exactement l‘idée que j‘avais mais puisque tu le proposes, avec grand plaisir ! » Détournant le regard, il se baissa pour attraper la valise « Je vais aller à la cuisine nous préparer quelque chose puisqu‘il semblerait qu‘on va passer toute la journée collés l‘un à l‘autre. J‘en ai déjà la chair de poule rien qu‘à y penser » La nargua-t-il encore volontairement en imitant ce même spasme qu‘il avait lorsqu‘il était pris de frissons. « Alors, thé, café, chocolat, jus d‘orange, sirop, eau, qu‘est-ce que je te sers ? » Et c’est sur ces belles paroles qu’il se rendit dans sa chambre pour y poser la valise. Si elle allait la chercher dans son temple, sa caverne ça irait mal pour son derrière ça il pouvait l’en assurer. Puis c’est sans attendre qu’il se dirigea vers les escaliers pour se rendre à la cuisine tout en criant « J‘ai pas entendu, tu veux quoi ? » Faisait-il exprès de la chercher pour qu‘elle éclate à nouveau d‘une colère noire ? Peut-être bien que oui. Ce qu’elle devait comprendre était que le but principal n’était pas de la sortir de ses gonds mais de lui montrer à quel point c’était énervant autant pour elle d’être materner, que pour lui de devoir s’occuper non seulement de son fils, mais aussi d’elle d’une certaine façon. Si elle ne le faisait pas toute seule, il fallait bien que quelqu’un s’en charge.  

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MessageSujet: Re: There's no remedy for memory | Ethan   Sam 25 Oct - 23:42



Gabriella ne démordait pas sur le fait qu’elle préférait préserver Jayden de toute cette histoire. Lorsqu’Ethan la piqua une nouvelle fois à ce sujet, la jeune femme retrouva un ton tout aussi vif. « Que quelque chose cloche chez moi ou entre nous ? » Elle leva les yeux vers son frère adoptif et maintint son regard quelques secondes. C’était la première fois que Gabriella osait mettre des mots aussi clairement sur une réalité sous-jacente, celle qu’elle refusait d’entrevoir en temps normal. L’Hawkins avait peut-être de sérieux problèmes psychologiques depuis toujours, exacerbés par la perte de son mari deux ans auparavant, par contre son instinct, lui, la trompait rarement. Elle n’était pas « folle » pour tout, en l’occurrence, pour l’attirance malsaine qui régnait entre eux, du moins de son côté à elle. Cherchait-elle vraiment à se donner meilleure conscience pour justifier son départ ? Ne connaissait-il pas la véritable raison de ce problème ? Sans doute. Néanmoins, entendre ces paroles sortir de la bouche d’Ethan rendait la situation plus… tranchante. « Si tu le dis. » Se contenta-t-elle de  répondre d’un ton froid. Gabriella se libéra de son emprise, maintenant qu’elle était plus ou moins calmée, résignée à abandonner, pour l’instant, son idée de quitter la maison. Rien ne pourrait la faire changer d’avis, si ce n’était la bouille de Jayden rentrant de l’école, heureux de retrouver son chez lui après une longue journée de bêtises entre gamins. La jeune maman réalisa qu’elle ne savait même pas ce que son fils voyait en cours, ni quels étaient ses copains de classe, ce genre de choses. Bien souvent, Gabriella répondait aux abonnées absentes lorsqu’il était l’heure d’aller le chercher, une tâche qu’elle déléguait autant que faire se pouvait à Ethan. Elle s’informa alors de ses intentions : comptait-il rester pour la surveiller toute la journée ou se déciderait-il à partir travailler ? La première option semblait la plus plausible, une perspective déplaisante qu’il lui confirma rapidement sur un ton qui lui déplut. Joignant le geste à la parole pour l’empêcher tout acte de départ dans la seconde, Ethan s’empara de la valise dans sa chambre pour la changer de place. Gabriella esquissa un sourire en coin. Croyait-il vraiment qu’un simple sac de vêtements l’empêcherait de mettre son plan à exécution ? La jeune femme n’était pas matérialiste pour un sou et pouvait très bien claquer la porte sans rien du tout, même sans ses papiers. Son frère annonça ensuite qu’il comptait préparer quelque chose, de quoi tenir cette journée ensemble. Si Gabriella appréciait généralement sa compagnie, aujourd’hui, les heures promettaient d’être longues, teintées d’une tension palpable. « Fais pour toi, j’ai pas faim. » Rétorqua-t-elle sur le qui-vive. Sa mauvaise humeur reprenait le dessus. Contrariée de ne pas pouvoir agir comme bon lui semblait, Gabriella voyait une autre option. Ethan voulait rester ici pour la chaperonner ? Grand bien lui fasse. Elle n’était pas obligée de demeurer à côté de lui pour écouter ses piques – sans doute méritées - jusqu’au retour de Jayden. Après avoir rangé la valise dans sa propre chambre, Ethan descendit les escaliers pour la rejoindre dans la cuisine et répéta une nouvelle fois sa question.  « Je t’ai dit que je ne voulais rien. » Son ton se voulait plus tranchant, qui n’appelait pas à contestation. Aussi tête brûlée que lui quand elle s’y mettait, Gabriella se montrait inflexible et se cachait derrière un mur veuf de toutes émotions apparentes. « Je vais dormir un peu, à tout à l’heure. » Dit-elle, en attrapant une bouteille d’eau qui trainait sur le comptoir de la cuisine. Qu’Ethan se rassure… La jeune maman n’était pas assez folle pour sauter de l’étage du dessus. Elle avait de toute façon des heures de sommeil à rattraper après cette nuit d’errance à l’extérieur sans avoir fermé l’œil. Tout ce qu’elle voulait était trouvé un prétexte pour ne pas rester dans ses parages. La jeune femme monta donc dans sa chambre, posa la bouteille sur la table de nuit et retira ses chaussures. Elle hésita à garder les vêtements qu’elle avait sur elle au cas où son frère déciderait de passer dans la journée  pour les lui piquer aussi. C’était un peu extrême, mais il en était capable. Toutefois, elle troqua sa tenue contre une nuisette pour se mettre plus à l’aise, puis passa ensuite rapidement dans la salle de bains pour prendre ses boîtes de médicaments prescrits par les psychologues afin de ne pas se lever cinq fois dans la journée, avant de retourner dans sa chambre. Gabriella s’était soudainement souvenue qu’elle avait le moyen de verrouiller sa porte de l’intérieur. La jeune femme avait toujours promis de ne pas en faire usage, en cas de complications, cependant les choses étaient différentes aujourd’hui. Bien décidée à ne pas se laisser faire et à avoir la paix d’une façon ou d’une autre, elle ferma la porte et le clic du verrou se fit ensuite entendre. Ethan ne pourrait pas entrer dans la pièce à moins de défoncer la porte… ce qu’il était capable de faire mais pas de prime abord. Gabriella tira les rideaux, puis s’installa dans son lit et ingurgita les cachets qu’elle devait prendre à l’aide de la bouteille avant de s’endormir… sauf qu’elle ne ferma pas vraiment les yeux. Ouvrant de nouveaux les paupières, elle se retourna à plusieurs reprises avant de regarder une nouvelle fois les médicaments qui trainaient sur la table de nuit. Une petite voix insidieuse s’immergea alors dans sa tête, une voix qui n’avait jamais pris une telle évidence auparavant. Bipolarité, bonjour. Et si… Et si la solution était beaucoup plus facile et à sa portée qu’elle le croyait ? Désorientée par ce qui venait de lui traverser l’esprit, Gabriella se redressa quelque peu et s’assit. Et si… ? La jeune femme tenta de prendre du recul mais sa tête ne voulait plus fonctionner, ne voulait plus se raccorder à la raison pour réfléchir à ce qui était entrain de se passer. Sous le coup d'une envie impulsive, presque instinctive, ses mains fébriles ouvraient les différentes boîtes de médicaments pour étaler les cachets devant elle. La jeune maman ne pouvait tout simplement pas être ce que l’on attendait d’elle. Attrapant par poignée les cachets au hasard, elle en avala silencieusement gorgées par gorgées. Sentant son corps se laisser lentement dépasser par le combat inégal qui se jouerait dans son estomac, son esprit se confondit dans la confusion de ces évidences. Gabriella était trop faible sans doute pour supporter ce qui l’entourait ; c’était bien connu, la vie appliquait la loi des plus forts et offrait en pâture les cœurs trop abîmés. Gabriella ouvrit de nouveau les yeux, acceptant ce destin brisé, une existence morcelée de pensées trop sombres, qu’elle n’osait avouer. Elle avait toujours souffert de l’abandon, de la perte, déjà à sa naissance par sa propre famille. Alors qu’aujourd’hui, un autre être se préoccupait d’elle, Gabriella n’arrivait pas à l’accepter et le rejetait de toutes ces forces, cet attachement malsain. La jeune femme s’allongea de nouveau et posa sa tête sur l’oreiller, des larmes silencieuses s’invitaient derechef sur ses joues. Jayden. Gabriella n’aurait pas su revoir son fils, pas dans ces circonstances. Elle n’avait pas réfléchi et ne le voulait pas. La jeune maman sentit un calme profond l’envahir, trop sereine que pour être encore lucide ; folie d’autodestruction acquise petit à petit, au fil des mois, comme la gangrène douloureuse qui s’était propagée dans son cerveau. Ethan n’était pas conscient des dégâts intérieurs en elle, pas à ce point. Ressentant en elle une soudaine paix intérieure, Gabriella plongea petit à petit dans un sommeil à la tranquillité trop longtemps disparue, un sommeil bien trop profond que pour être naturel.
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There's no remedy for memory | Ethan

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