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 C'est une blague? [Olivia ♥]

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MessageSujet: C'est une blague? [Olivia ♥]   Dim 24 Aoû - 16:06






C'est une blague?

Avec Olivia R. O'Ceallaigh



Encore une nouvelle journée d’homme marié. Une nouvelle journée qui me rapprochait un peu plus de ma libération. Un nouveau jour dans cette demeure bien loin de chez moi. Cela fait maintenant un peu plus d’une semaine que Livia et moi jouons la comédie chez ses parents. Ça ne me dérange pas spécialement, je commence à en avoir l’habitude, puis Livia n’est quand même pas un thon. Mais heureusement, je n’ai plus que quelques jours à tenir, à la fin de la semaine, je retrouverai enfin ma maison à New York, mon bureau, ma vie. Elle m’a déjà trainé pendant deux semaines dans sa famille, je n’ai qu’une hâte, c’est de rentrer. Je n’aime pas l’ambiance ici. Jouer l’amoureux transit ne me dérange pas, je commence à avoir l’habitude, mais voir des gosses courir partout, le regard de sa mère qui ne me quitte jamais, bref, je commence à saturer. J’ai besoin de sortir, de me changer les idées, de prendre l’air… Là c’est carrément impossible, j’ai l’impression qu’on est toujours sur mon dos, je déteste ça. Et puis si j’ai quitté mon pays c’est pour m’éloigner de ma famille étouffante – entre autre – pas pour en trouver une autre. Enfin, je n’ai pas le choix, je subis simplement sans réellement avoir mon mot à dire. Bientôt je serai libre, je compte même les jours. Cinq jours encore. Plus que cinq petits jours et je retrouverai enfin mon chez moi. Mais en attendant, je vais devoir supporter tout ça.

Je sentais d’ailleurs que je n’étais pas réellement apprécié ici, notamment par son père. Il était extrêmement froid avec moi, et je dois dire que ça me dérangeait assez. Mais bon, j’essayais de faire abstraction de tout ça. Et quoi de mieux que de se replonger dans le boulot pour ça ? Nous étions tous dans le jardin, installés dans des fauteuils près d’une table. Je les avais prévenus que je devais me remettre au travail, alors j’avais emmené mon ordinateur que j’avais posé sur mes genoux. C’est bien les vacances mais le boulot ne va pas se faire tout seul. Je discutais de temps en temps avec la famille quand on s’adressait à moi, mais pour le reste j’étais assez concentré, comme d’habitude lorsqu’il était sujet de mon travail. J’ai toujours été très pointilleux et perfectionniste dans ce domaine. J’aime mon travail. J’avais d’ailleurs reçu plusieurs manuscrits de jeunes auteurs que je devais lire. Je n’avais jamais eu de difficultés pour lire avec du bruit autour de moi, même si je préférais être au calme. Bon là dans le cas présent, je n’avais pas le choix, je devais faire avec. Mais comme toujours, j’étais concentré dans ma lecture. J’avais pas mal de boulot en retard avec ces vacances improvisées, alors je me devais de tout rattraper. De toute façon, ça ira mieux quand je retournerai au bureau lundi prochain, loin de cette cacophonie qui me rappelle horriblement ma propre famille…

En une semaine, j’avais reçu un peu trop de manuscrits à mon gout. Il allait falloir que je délègue un peu. Les vacances en famille c’est bien, mais ma chère femme va quand même devoir bosser un minimum hein. Je sélectionnais donc deux-trois manuscrits – ceux qui m’inspiraient le moins – que j’envoyais ensuite sur la boite mail de ma chère et tendre. Voilà, ce serait bien qu’elle s’y mette aussi, les vacances ne sont pas éternelles. Je levai alors le nez de mon écran pour regarder ma chère épouse. Un joli sourire s’affichait sur mon visage alors que je lui attrapais doucement la main, caressant sa paume avec mon pouce. Enfin, d’une voix mielleuse et empestant l’amour, je m’adressai à elle.

« Ma chérie, je t’ai envoyé quelques manuscrits, il faudrait que tu me donnes ton avis là-dessus s’il te plait. »

Et pas dans trois ans merci. Il faudrait que le retard soit complètement rattrapé d’ici lundi pour qu’on ne soit pas submergé en retournant au bureau. Surtout que je suis sûr qu’une pile de dossiers m’attend déjà sur mon bureau…

« Il faudrait qu’on se mette à jour d’ici lundi. »

En gros bouge-toi.




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MessageSujet: Re: C'est une blague? [Olivia ♥]   Dim 24 Aoû - 17:46

c'est une blague?

j'essaie juste... j'essaie juste de concilier les choses qui font ma vie, tu vois. J'essaie juste de faire au mieux.

Je n'avais jamais envisagé d'être un jour actrice et pourtant, il semblait finalement que j'étais assez douée pour et que cela s'avérait en plus être un talent naturel. Du moins, c'est ce que je me disais, alors qu'allongée sur une chaise longue du jardin, je veillais à ce que Billy - la petite dernière des voisins - ne tombe pas de mes genoux où elle s'amusait à jouer les funambules, tout en écoutant ma sœur pépié sur mon très cher petit mari - adorable, charmant, amoureux et sexy, selon sa propre définition -. Je souriais tendrement de temps en temps, regardant en direction de l'homme, tout à fait occupé sur son ordinateur portable, jouant les parfaites petites femmes amoureuses. « Je sais. Je m'étais trompé sur toute la ligne avec lui. » Et ça c'était sincère, même si ma sœur pensait que je voulais dire qu'il était bien meilleur homme qu'il ne le semblait au premier abord. Non, en fait, il s'avérait surtout qu'il était pire. Acteur parfait, jouant brillamment les amoureux transit et les hommes galants et doux, alors qu'il ne s'était jamais révélé plus fourbe et connard de première que depuis que notre accord avait été passé.

L'enfant manqua de tomber, une nouvelle fois et je la rattrapais au dernier moment, lui arrachant un rire comme je n'en avais plus entendu depuis mes dernières vacances à la maison. Cette ambiance me manquait. Ma famille me manquait, le bruit permanent, la conscience d'avoir toujours quelqu'un d'aimant à portée de main, dans la pièce voisine ou parfois même à juste quelques mètres. New York était froid et solitaire, la Californie restait mon coin de bonheur, mon coin de chaleur. J'avais besoin de ça, surtout en ce moment et je savais qu'eux avaient besoin de moi. La situation ses derniers temps était complexe et mon mariage surprise n'avait rien arrangé. Mon père m'en voulait de n'avoir rien dit avant que cela ne soit fait, ma mère me reprochait de n'avoir invité personne et tous, fratrie y compris, trouvaient étrange que je file soudain le parfait amour avec un homme que je détestais ouvertement deux mois plus tôt encore.

Billy sauta finalement de mes jambes, atterrissant lourdement sur le sol, avant de s'enfuir en riant, tandis que je me redressais à mon tour. Je connaissais l'air qu'affichait désormais Owen. Je le connaissais bien trop et je savais que d'ici deux minutes, il allait me donner des ordres que je devrais suivre, à la lettre et rapidement. Dans deux minutes, il ne serait plus le mari concentré sur son travail, il serait le patron. Mieux valait que je sois proche de lui à ce moment-là, que les mots ne sortent pas trop fort, surtout s'il devait me dire de me manier dans mon travail. « Excuse-moi », dis-je à ma sœur en souriant. « Je crois que mon cher petit mari va momentanément oublier sa femme pour quémander son assistante. Il faut que je lui rappelle à quoi servent les vacances ! » Ma sœur hocha la tête et je partie en direction de mon cher et tendre. Je ne cherchais même plus à cacher ce double jeu. Owen O'Ceallaigh restait mon patron avant toute chose et cela tout le monde le savait. Il signait toujours mes chèques à la fin du mois et je restais son assistante en public autant qu'en privé. La seule différence tendait maintenant à la manière dont il me donnait ses ordres en public, même si je connaissais par cœur son fonctionnement et savait sans difficultés lire entre les lignes pour y trouver les paroles du vrai Owen O'Ceallaigh.

A peine arrivée à ses côtés, l'irlandais saisit ma main avec tendresse et m'annonça le travail envoyé. Je lui souris amoureusement et hochait la tête. « Je m'y mets au plus vite mon cœur », dis-je en me penchant, mon visage à quelques centimètres à peine du sien. Ignorant totalement "et c'était pour hier, boniche" très bien dissimulé sous son jeu d'acteur, j'ajoutais d'une voix mutine : « Je voudrais juste quelque-chose avant... » Puis je me penchais un peu plus, sur sa chaise, mes bras posé de chaque côté de lui, alors que j'allais jusqu'à son oreille. Pour n'importe quel regard extérieur, cela devait ressembler aux avances suggestives d'une femme amoureuse. « Il faut qu'on parle. Maintenant. Patron ! », murmurais-je à son oreille, toute trace taquine disparu, remplacée par mon ton professionnel habituel. Lorsque je me redressais, cependant, plus aucune trace de sérieux, juste un grand sourire et un regard équivoque sur une quelconque proposition peu sage que je lui aurais faite à l'oreille et je pris la direction de la maison, rejoignant rapidement notre chambre sans un regard en arrière. J'avais eu peur qu'il me trahisse les premiers jours, mais je m'étais rapidement rendu à l'évidence. Je pouvais lui faire confiance. Il n'allait pas nous trahir devant ma famille. Il avait signé pour cela et allait s'y conformer. Cela faisait partie de l'engagement que nous avions fait l'un envers l'autre. Et si je savais une chose à propos d'Owen O'Ceallaigh, c'était qu'il honorait toujours ses contrats. Je devais avouer que je comptais un petit peu là-dessus quand il entrerait dans la chambre et refermerait la porte derrière lui.

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MessageSujet: Re: C'est une blague? [Olivia ♥]   Dim 24 Aoû - 18:38






C'est une blague?

Avec Olivia R. O'Ceallaigh



Au fil des années, on avait développé une sorte de communication par le regard. Je n’avais qu’à la regarder d’une certaine façon pour qu’elle se ramène illico. Et cette fois encore, la manœuvre avait fonctionné. Assis sur ma chaise avec mon pc, j’avais simplement levé les yeux vers elle et elle avait quitté sa sœur pour me rejoindre. C’est merveilleux, encore mieux qu’un chien, je n’ai même pas besoin de siffler. Un petit jeu d’acteur plus tard et je lui avais balancé subtilement mes ordres. En privé, la tournure de ma phrase aurait été différente et surtout elle n’aurait pas eu droit à ce charmant petit surnom, mais en famille, on se devait de se montrer hypocritement fou l’un de l’autre. Je savais depuis longtemps que j’avais des talents d’acteur, je pouvais donc les mettre en pratique assez facilement.

Evidemment, elle n’était pas stupide et comprenait rapidement les messages subtilement cachés dans mes paroles. Mon sourire de crétin amoureux s’élargit en entendant mon petit surnom affectif. « Mon cœur ». Répugnant. Tu as plus qu’intérêt à t’y mettre tout de suite, on perd déjà un temps fou à brasser de l’air avec ta famille. Mon regard ne quittait pas le sien, lorsqu’elle s’approcha de mon visage. Quoi ? Qu’est-ce qu’elle veut ? Etrangement, ça ne me plait pas trop. Mais j’affichai un petit sourire en coin tout de même, ça avait l’air d’une proposition coquine de loin – alors qu’on n’a encore rien fait. Je penchais même légèrement la tête pour lui faciliter l’accès à mon oreille, glissant par la même occasion l’une de mes mains sur la sienne. Ça sent la mauvaise messe basse…

Il faut qu’on parle, patron. Je m’en doutais. Là ça redevient sérieux. Parfait, on va pouvoir aborder le sujet du boulot en retard, chose que je n’aime pas, je déteste quand tout n’est pas fait dans les temps. Je vais te la secouer un peu pour qu’elle se bouge celle-là. Ras le bol de se la couler douce. Un petit air taquin se dessinait sur mon visage alors que je lui répondais.

« Bien sûr mon amour. »

Le tout servi avec un grand sourire. Avant qu’elle se ne redresse, je lui avais même embrassé brièvement la joue. Une fois qu’elle fut debout, je lui adressais le même air taquin avec un sourire en coin. Lorsqu’elle tourna les talons, j’en profitais pour la suivre du regard, mon regard fixé sur ses fesses principalement, un sourire figé sur le visage. Je refermai mon ordinateur et me levai à mon tour. Après un simple « Excusez-nous » auprès de sa famille, je pris également la direction de la maison et la suivais jusque dans la chambre. Parfait, prenons une petite pause. En avançant dans la maison, je jetai des coups d’œil dans les pièces devant lesquelles je passais et dans les couloirs pour vérifier qu’on était bien seuls. Rien à signaler, parfait. Arrivé à l’étage, je m’engouffrai dans la chambre, la laissant refermer la porte derrière nous. J’allais poser mon ordi sur le lit puis je lui fis face, croisant les bras. Mon sourire avait laissé place à un air on ne peut plus sérieux, voire légèrement agacé. Je n’en peux plus de sa famille.

« J’ai hâte de rentrer, le travail s’accumule et je déteste être en retard. Il va falloir se bouger sérieusement Madame O’Ceallaigh. »

J’avais bien insisté sur son nom, en guise de mépris sans doute ? Enfin, je pouvais lui dire ce que je voulais sans prendre de gants et paraitre niais au possible.

« C’est bien beau de prendre des vacances en famille et de se la couler douce, mais il ne faut pas oublier le boulot pour autant, lui n’attend pas. »

Ce n’est plus le mari aimant qui parle, mais le patron autoritaire.

« J’espère que c’était de ça dont il était question. »

Quoi d’autre ?




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MessageSujet: Re: C'est une blague? [Olivia ♥]   Dim 24 Aoû - 21:25

c'est une blague?

j'essaie juste... j'essaie juste de concilier les choses qui font ma vie, tu vois. J'essaie juste de faire au mieux.

Quatre ans. Quatre ans que je me tapais son humeur de rêve jour et nuit. Littéralement. Owen O'Ceallaigh était typiquement le genre de patron pour qui les heures de repos et le temps libre n'existaient pas. L'heure du déjeuner était devenu un doux rêve depuis longtemps pour moi et mes nuits complètes de l'année se comptaient sur les doigts d'une seule main... Depuis plus d'une semaine, il devait ronger son frein, pauvre petite chose déracinée. Les sourires mielleux, les moments tendres et paresseux dans le jardin, les longs dîners de famille où les conversations n'avaient aucun autre but que de passer le plus de temps possible ensemble. Bon sang comme il détestait toutes ses petites choses et comme je me délectais de les lui imposer. Pour une fois, j'avais un peu de pouvoir sur lui et je n'allais pas me faire prier pour en profiter. Je devais avouer que c'était aussi un peu pour cela que je n'étais pas pressée de quitter ma famille. S'il y avait d'autres raisons bien plus louables, il y avait aussi un peu de ça. Parce qu'ici au moins, j'avais un peu de paix. Si je voulais échapper à son service, il me suffisait de partir quelque part avec un membre de ma famille ou de l'inciter à participer à une activité entre hommes et à ignorer ses SMS furibonds. Je pouvais alors m'offrir une heure ou deux et il me suffisait, ensuite, de rattraper mes heures chômées, avant qu'il ne remette la main sur moi en privé. Et j'étais douée pour ça, aussi. Voilà pourquoi j'étais toujours son assistante après quatre ans, alors que la majorité de celles qui m'avaient précédé n'avaient pas durée plus de trois mois.

Une fois dans l'intimité de la petite chambre que nous partagions, je le regardais silencieusement poser son ordinateur portable sur le lit... notre lit. Un frisson parcouru mon dos quand je pensais à nos nuits et nos réveils - encore une fois -, au fait que nous partagions vraiment ce lit. Oh, nous ne faisions rien, nous ne faisions que dormir, mais je ne pouvais qu'admettre que malgré tous mes efforts pour me coucher le plus loin possible de lui le soir, je me réveillais tous les matins dans ses bras, son torse contre mon dos, son bras autour de mes épaules ou de mes hanches, son souffle caressant délicatement ma nuque... Cela n'avait absolument rien de professionnel et n'était stipulé nulle part dans le contrat qui nous liait par le mariage... alors allez comprendre pourquoi, tous les matins, c'était là notre position, notre manière de nous réveiller...

Owen se retourna alors vers moi et la réalité revint au galop, alors qu'il me disait qu'il avait hâte de rentrer, qu'il allait falloir se bouger - traduction : il allait falloir que JE me bouge - pour être à jour avant notre grand retour. Il fallait cesser de se la couler douce, disait-il. Je soupirais en haussant les épaules. « Finalement, c'était quand même bien mieux quand j'avais de vraies vacances loin de vous, Monsieur O'Ceallaigh », dis-je froidement, me dirigeant vers la commode près de la fenêtre. « Oh moins c'était des vraies vacances sans le patron sur le dos. » Je le vouvoyais toujours en privé... du moins la plupart du temps, même s'il m'arrivait de plus en plus de le tutoyer, séquelles du trop plein de temps passer à jouer le parfait petit couple. Ce qui était clairement nouveau, en revanche, c'était tout ce que j'osais enfin lui dire en face, comme le fait qu'il était insupportable. C'était lui qui m'obligeait, par notre contrat de mariage stupide, à le trimbaler ici. Qu'il me reproche d'y être n'avait donc pas lieu d'être à mes yeux et je pouvais me permettre de lui dire qu'il était infecte et qu'il ne pouvait s'en prendre qu'à lui. Et tant pis s'il n'aimait pas ça. Tant pis s'il me reprochait mon comportement qui n'avait plus rien de professionnel. Ici, j'étais sa femme de blanc, plus que son assistante et je me foutais bien de dépasser les limites. J'étais en vacances, bordel. Je ne lui aurais jamais dit ce genre de choses au bureau, mais ici et maintenant... Il n'y avait que s'il acceptait mon nouveau deal que je devrais cesser de dire ces choses que j'avais sur le cœur.

Et quand il espéra que je demande cette entrevue en privée pour parler travail, justement, je soupirais une nouvelle fois et tirais le tiroir le plus haut de la commode pour en sortir un agenda que j'ouvris rapidement à la bonne page. « J'ai déplacé la vidéo conférence avec votre dernière petite perle littéraire à vendredi 17h. Il ne pouvait finalement par mardi et c'était votre seul créneau de libre avant la semaine prochaine, donc vu que c'est urgent... J'ai aussi eu Miss Caldwell au téléphone ce matin et son manuscrit avance bien. Elle vous l'envoie pour samedi ce qui rentre dans le planning prévisionnel. Une certaine Lisa a appelé, elle est à L.A. Jusqu'à la fin du mois et elle a appris par hasard que vous étiez également en ville. Si vous devez la rejoindre, essayez au moins de prétendre que vous voulez aller faire du tourisme. Tromper ouvertement sa femme si peu de temps après le mariage ne serait pas bon, ni pour notre accord, ni pour vos contrats Californiens. Si vous voulez que je vous prenne une chambre, j'en connais un hôtel luxueux et tranquille où vous ne risquez pas de faire une mauvaise rencontre... » Avais-je vraiment l'air aussi agacé que j'en avais le sentiment en m'entendant parler ? Qu'est-ce qui me prenait ? J'avais déjà fait ça des dizaines de fois à New York... même si tous les deux avions prétendu à l'époque que ça n'était qu'une location de chambre pour une amie qui n'avait nulle part ou dormir... Comme si ça pouvait être vrai... Je me repris vite et tournais quelques pages avant de refermer l'agenda pour le remettre à sa place. « J'ai vu les trois contrats que vous devez signer aussi ! Tout concordait avec les accords initiaux, mais le service juridique tenait vraiment à les revoir de fond en comble avant toute signature, ils me les faxent à 16h et vous n'aurez plus qu'à les signer pour que je les renvoie. Quant aux manuscrits que vous m'avez envoyés et bien... il s'avère que nos petits dîners en amoureux manquent cruellement mon tendre époux et il a entendu parlé d'un charmant petit italien en centre-ville qu'il adorerait tester. Alors, tout naturellement et puisqu'il se pourrait que nous restions un peu plus longtemps que prévu en Californie, il s'est dit que c'était le moment idéal pour qu'on échappe aux regards de ma famille et qu'on se fasse un petit tête-à-tête romantique », dis-je en lui lançant un regard appuyé pour lui faire comprendre que je lui offrais la possibilité d'une soirée loin de la maison et loin de ma famille et moi, espérant qu'il n'avait pas encore assimilé que je venais de lui dire que je comptais rester à Santa Monica encore quelques temps. « Je pourrais bien avancer sur mon travail pendant mon diner et je pense que ça serait le moment idéal pour vous échapper et aller voir cette fameuse Lisa. »

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MessageSujet: Re: C'est une blague? [Olivia ♥]   Dim 24 Aoû - 23:32






C'est une blague?

Avec Olivia R. O'Ceallaigh



Il n’y a pas de secret, l’efficacité résulte de l’acharnement et de la rigueur. Je me dois d’être exigent en permanence pour atteindre mon but, l’excellence. Si je ne fais que relâcher la bride ne serait-ce qu’un minimum alors le petit personnel prend ses aises et devient moins efficace. A chaque instant, il faut être sur leur dos pour avoir un coup d’avance sur les concurrents. Des vacances ? Pour quoi faire ? Il n’y a rien de plus inutile et de pire en termes de perte de temps. Alors, vous imaginez bien à quel point je me sens frustré depuis que je suis ici en pseudo vacances. Je n’ai qu’une hâte, c’est de retourner au boulot pour reprendre fermement les choses en main. Et je vais commencer dès maintenant. Je lui ai laissé une semaine de répit, mais à présent c’est terminé. J’espère d’ailleurs pour elle qu’elle compte me parler boulot.

Mais non. Au final, ce fut une cascade de reproches que je me prenais en pleine face. Ah, elle en avait pris de l’assurance depuis notre mariage. Elle n’hésitait plus à me dire tout ce qu’elle avait sur le cœur, et cela n’avait rien de romantique ou de niais comme quand nous étions en public. Je suis peut-être son mari, du moins je dois jouer ce rôle, mais qu’elle n’oublie pas que je suis avant tout son patron. Mes sourcils se froncèrent en l’écoutant, voilà donc la raison de sa volonté de s’entretenir en privé avec moi ? Se plaindre ?

« Oui justement parlons-en, je suis votre patron. Votre patron. Et j’aimerais que vous cessiez d’oublier ce détail. Je suis peut-être le mari sur les papiers, mais je suis avant tout le boss, ma chère. »

Il est bien de remettre les choses à leur place de temps en temps. Elle a souvent tendance à oublier qui commande ici. Une petite piqûre de rappel ne fait jamais de mal. Jamais aucune de mes assistantes n’avait osé me parler de cette façon et j’aimerais que cela continue ainsi. Durant nos rapports professionnels, je la vouvoyais toujours. Cela mettait une certaine distance et je gardais ma place de supérieur. Les seuls moments où je me permettais de la tutoyer – volontairement ou non – étaient lors des phases de mensonges et de faux semblants devant les gens. Il est vrai que ça fait un peu tâche de vouvoyer sa femme lorsqu’on est intime. L’autre moment, involontaire cette fois, correspondait aux prises de tête, quand je haussais le ton ou que la colère montait, j’avais tendance à la tutoyer. Lorsqu’elle m’agaçait aussi. Enfin, ce n’était pas le cas pour le moment.

« Je vous prierais donc de me parler différemment. »

Pas de merci, ni de s’il vous plait. Je ne lui demande pas son avis, je lui impose – encore une fois. Je parlais d’une voix calme et courtoise, même si l’on pouvait sentir une petite pointe d’agacement. Oui, elle m’horripile quand elle me tient tête. Mais la voyant sortir l’agenda, je soupirais un coup pour relâcher la pression. Bien, parlons boulot. Et reprend ta place d’assistante obéissante. Je l’écoutais attentivement dans sa longue explication sans l’interrompre, retenant les informations qu’elle me divulguait. La vidéoconférence vendredi à 17h, avec le jeune écrivain prometteur d’à peine 20 ans, bien. Miss Caldwell, samedi, d’accord. Parfait. Lisa ? A Los Angeles ? Et bien je vois que les nouvelles vont vite. Cette fille n’a pas froid aux yeux, elle m’a clairement fait du rentre dedans la dernière fois que je l’ai vue. Il est vrai qu’elle est plutôt attirante et en temps normal, je pense que j’aurais déjà passé une ou deux nuits avec elle… Mais dans l’état actuel des choses, disons que mes projets sexuels sont plutôt mis à rude épreuve. Cependant, il va falloir que je trouve une solution à ce … problème… J’ai des besoins et en lui disant oui, je n’ai pas fait vœux d’abstinence que je sache…

Je haussais un sourcil en écoutant la suite de ses paroles. Est-ce qu’elle lit dans mes pensées ? Non parce que là… C’est très perturbant. Et en plus de ça, elle est carrément prête à m’arranger le coup. Et bien, j’ai une épouse parfaite – si on veut. Cependant je sentais une légère pointe d’agacement dans ses paroles. La conclusion que j’en tirais immédiatement, était qu’elle était jalouse ? Cette conclusion me parut tellement évidente qu’un petit sourire vint éclairer mon visage auparavant assombri. Je m’avançais alors doucement dans sa direction en décroisant les bras.

« Une petite seconde. Serait-ce une pointe d’agacement que je perçois là ? »

Mon sourire s’agrandit alors que je me stoppai juste devant elle. Je posai une main sur sa joue et l’autre sur sa hanche alors que je la rapprochais de moi en la regardant d’un air taquin, voire provocant.

« Ma chère et tendre serait-elle jalouse ? Tu sais ma chérie, un mariage, ça se consomme. Je comprendrais parfaitement que tu aies des besoins et là au moins, l’expression se taper son patron pour réussir prendrait tout son sens. »

Evidemment je m’amusais à la mettre mal à l’aise, je savais qu’elle avait du mal avec ce sujet. Est-ce qu’elle a déjà eu des liaisons dans sa vie ? Vu comment elle est coincée, ça m’étonnerait. Et puis la faire chier sera ma petite vengeance. Même s’il y a une part de vrai dans mes paroles. Je ne la rejetterais jamais si un jour, il lui prend l’envie de coucher avec moi. Je peux bien lui faire ce plaisir.

Je l’avais ensuite relâchée et j’avais reculé d’un pas ou deux pour la regarder poser l’agenda. Elle reprit ensuite la parole. Ah oui les contrats que je dois signer. D’accord, je les signerai à 16h donc. C’est quand même bien pratique une assistante, parce que franchement, toute cette partie administrative me sort par les yeux. Heureusement que j’ai quelqu’un pour faire le sale boulot. Mais de quoi parlait-elle ensuite ? J’arquais un sourcil pour tenter de comprendre. Son tendre époux… Moi donc. J’aurais entendu parler d’un restaurant italien ? Ici ? Dans une région que je ne connais absolument pas ? Euh… Quoi ? Comment ? Pardon ? Mon cerveau s’était mis en pause sur le petit « un peu plus longtemps que prévu » qu’elle avait subtilement glissé dans sa phrase. J’avais tiqué sur ce passage et avais complètement occulté la fin. Je serais bien incapable de savoir de quoi elle avait ensuite parlé. Je clignai alors des yeux assez rapidement d’un air ébahi avant de lever mes mains devant moi.

« Attends, attends. Pardon ? Je crois que j’ai mal compris là. Comment ça un peu plus longtemps que prévu ? Non non non, on devait rester deux semaines, pas un jour de plus. »

Je commençais à hausser le ton doucement, n’appréciant pas vraiment le fait de m’être fait pigeonner de la sorte. Elle se moque de moi là n’est-ce pas ? Alors là, oublié le dîner, oubliée la Lisa. Il est hors de question que je reste plus longtemps ici !

« Qu’est-ce que c’est que cette arnaque ? Tu te moques de moi j’espère ? »

Je m’approchai légèrement et commençai à parler en serrant les dents pour éviter de parler trop fort.

« Je ne supporterai pas de rester ici plus longtemps avec ton père qui me déteste et ta mère qui ne cesse de me fixer. »

Je soupirais un grand coup avant de pincer les lèvres et de lever les yeux au ciel. Je baissai ensuite la tête, fermai les yeux et me pinçais l’arête du nez.

« Pourquoi je ne l’ai pas su avant ? Pourquoi me prendre en traitre à la fin du séjour en m’achetant en plus ? »

Oui, le coup de la Lisa était clairement là pour m’acheter pour que je coopère sans rechigner. Mais je sentais cette annonce comme de la traitrise, pourquoi ne pas l’avoir dit dès le début ? Plutôt que de me mettre le couteau sous la gorge…




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Dernière édition par Owen O'Ceallaigh le Sam 27 Sep - 22:26, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: C'est une blague? [Olivia ♥]   Lun 25 Aoû - 1:31

c'est une blague?

j'essaie juste... j'essaie juste de concilier les choses qui font ma vie, tu vois. J'essaie juste de faire au mieux.

Cet homme n'était qu'une ordure. Une ordure finie. Parfois, j'en venais à regretter d'avoir des remords à utiliser plus fortement la situation. Après tout, je détenais littéralement son avenir entre mes mains. Si je demandais le divorce plus tôt - ou pire, l'annulation du mariage - ou si j'allais voir le service de l'immigration, pleurer à chaude larme sur le fait que mon patron avait abusé de sa position pour me faire contracter un mariage blanc pour obtenir des papiers... Je pouvais le mettre dans le prochain avion en partance pour l'Irlande en un claquement de doigts et j'avais parfaitement conscience du pouvoir que je détenais ainsi sur lui... tous les deux en avions parfaitement conscience, même si ma réticence à utiliser ce pouvoir faisait qu'il prétendait lui-même l'avoir oublié. Le fait qu'il continue à me considérer comme une simple bonniche et à me traiter comme il le faisait ne tenait qu'au fait que je le laissais faire et n'avais pas assez de cran pour le menacer directement et ouvertement. Il pourrait probablement me lécher les bottes pour éviter que cela n'arrive... A moins qu'il ne demande lui-même le divorce et ne trouve une de ses petites poules d'un soir ou deux pour jouer le rôle de l'épouse modèle. Sauf que cela, j'en doutais fort. Il ne m'avait pas choisi par hasard pour ce rôle. Il aurait pu prendre n'importe quelle conne. Il aurait pu promettre monde et merveilles à la première greluche venue et n'aurait pas eu à faire de contrat ou tout du moins pas un contrat qui le desservait en partie ou le contraignait à faire des choses. Il n'aurait eu qu'à jouer les hommes amoureux et à attendre patiemment. Sauf qu'il se serait coltiné une véritable épouse pendant un temps indéterminé. Une fille à qui il aurait fait croire à l'amour et qui se serait réellement pris pour sa femme, avec tous les droits et les exigences qu'elle pourrait attendre en devenant madame O'Ceallaigh. Il lui aurait fallu supporter une crétine peroxydée dans son lit, tous les soirs, dans sa vie, tous les jours. J'avais au moins le mérite de n'être sa femme qu'aux yeux de tous. Dans l'intimité, je restais son assistante, pas son épouse et je n'avais aucune exigence, aucun droit d'épouse. Ni demande d'exclusivité, ni même demande de devoir conjugal, pas même de virée shopping avec le compte bien fourni de mon époux. Je n'exigeais même pas le respect... Rien que pour ça, je devais être l'épouse parfaite pour lui.

Je rongeais donc mon frein, une fois de plus, alors qu'il me rappelait qui était le boss, où était ma place et comment je me devais de lui parler, moi la petite assistante qui n'avait même pas le droit à un s'il vous plait ou à un merci. Et puis il se mit à sourire. Cet enfoiré s'amusa de l'agacement perçant dans ma voix face à cette Lisa. Bâtard qu'il était. Il me fallut tous les efforts du monde pour ne pas réagir à son approche, pour ne pas lui balancer une question sur qui manquait soudainement de professionnalisme, alors qu'il posait ses mains sur moi, sur ma joue et ma hanche, la chaleur de sa peau diffusant facilement à travers mes vêtements et irradiant ma joue. Bordel de merde... Il était mon patron et c'était un connard de première. Il fallait absolument que je garde ça en tête parce que... parce que je ne pouvais nier qu'il n'était pas totalement dénué de charme. Je ne pouvais pas mentir au point de prétendre que l'azur de ses yeux n'avait pas quelque-chose de captivant. Que la chaleur de son corps quand il se tenait contre moi ne réchauffait pas quelque-chose de mort depuis longtemps au fond de moi. Que la douceur de ses lèvres, contraste sanglant avec la rugosité de ses joues mal rasées et de la pilosité de son torse, n'avait pas le don de m'enivrer lorsqu'on s'embrassait devant ma famille. Que sa voix aux accents riches d'un gaélique dont il voulait se détourner n'avait pas un effet très pervers lorsqu'il haussait le ton sur moi... Stop Livia ! Patron. Connard. Mauvais plan. C'est tout ce dont tu dois te souvenir.

Il n'en fallut pas plus pour moi que de l'entendre parler de l'expression « se taper son patron pour réussir » pour que je reprenne contenance et attende qu'il s'éloigne de moi. J'étais droite comme un piquet, raide, non réactive, attendant simplement que le malaise imposé par cette proximité qui tenait tant du jeu pour lui, cesse enfin. Une fois de nouveau seule dans mon espace vital, je poursuivais et lui relatait tout ce que j'avais à dire de plus professionnel. Vidéo-conférence, contrats, avancé des travaux en cours, tout y passa et en moins de deux, il était au courant de tout ce que j'avais travaillé dans mon coin pendant cette « semaine de vacances ». S'il croyait que je me la coulais douce, sans penser à tout ce qu'il voulait me faire faire ensuite pour rattraper le repos que je méritais. Oh non, je le connaissais trop pour ça. Je connaissais ses exigences et j'allais aux devants. L'assistante parfaite, je vous dis.

Enfin, presque parfaite. Parce que j'essayais quand même d'obtenir quelques avantages à cette situation. Tentative qui ne passa malheureusement pas aussi inaperçu que je l'avais espéré, puisqu'il bloqua rapidement sur le « plus longtemps que prévu » que j'avais tenté de faire passer en douce. Il refusa catégoriquement, cependant, rappelant qu'ils ne devaient rester que deux semaines, pas un jour de plus, que je l'arnaquais et que mes parents le détestaient ou ne cessait de l'observer et qu'il ne pourrait le tolérer plus longtemps. « Mon père ne te déteste pas, il ne te fais juste pas confiance parce que... peu importe. Ça n'est pas contre toi spécifiquement. C'est juste un papa qui voit un gars s'approcher de sa fille et la lui prendre et... bah tu vois le truc », soulignais-je, oubliant le vouvoiement aussi vite qu'il l'avait fait alors que le sujet ne se prêtait plus aux pirouettes de la politesse et de la bienséance. « Quant à ma mère, elle cherche juste à comprendre comment je peux dire que je suis folle amoureuse de toi maintenant alors que tu me fais vivre l'enfer depuis que j'ai été mise à ton service. » Je haussais les épaules à moitié amusé. « Si tu veux mon avis, elle examine plus mon comportement que le tien et doit se demander si je ne fais pas semblant de t'aimer pour monter dans la hiérarchie. » Et en plus ça pourrait être vrai, ça serait bien le genre de ma mère de me le balancer en ajoutant une petite pique sur le fait que j'avais fui à l'autre bout du pays.

Il me demanda pourquoi il ne l'avait pas su avant et pourquoi je le prenais ainsi en traite et je soupirais, baissant les yeux en posant les mains sur mes hanches. Je lui devais au moins l'honnêteté. « Écoutes je... je sais que je t'en demande beaucoup. Énormément même. Mais le fait est que je n'avais pas l'intention de rester plus longtemps en arrivant ici. Ma famille et moi... pour un tas de raisons qui me sont personnelles, on a eu beaucoup de mal à une période et j'ai failli les perdre. Je pensais que notre histoire abracadabrante de mariage allait m'éloigner d'eux, mais bizarrement, depuis que tu es là, les choses s'arrangent entre nous. On parle de choses dont on avait pas parlé depuis des années et on arrive à faire la paix avec certaines choses. Et ce n'est que la partie immergé de l'iceberg de toutes les raisons qui me poussent à rester un peu plus longtemps. » Je parlais vite, essayant de dire un maximum de choses avant qu'il ne me coupe ou avant que je ne me rétracte, essayant d'être le plus honnête possible malgré toutes les choses que je ne pouvais pas lui dire. « S'il faut qu'on révise le contrat, que j'enlève un manuscrit du deal ou deux mêmes... S'il faut que tu ne me juges que sur un manuscrit pour qu'on reste plus longtemps, alors on change le deal. On sera pas en vacances éternelles, on reprend le boulot comme avant dès lundi ! Je reçois déjà tout par courriel ou colis depuis le début de la semaine et toi aussi. On est pas obligé d'être à New York pour travailler et on aura les mêmes horaires de travail. Personne n'aura le droit d'approcher le bureau de mon père où on établira notre QG et tu auras l'avantage de dormir juste à côté de ton assistante si tu penses à un truc à lui faire faire à trois heures du matin », ajoutais-je avec un petit sourire de gamine faisant une bonne blague. « Je leur dirais de se calmer, de te laisser tranquille », poursuivis-je en désespoir de cause, prête à tout lui donner pour qu'il accepte. « On fera des dîners en amoureux tous les soirs pour que tu n'aies pas à les subir aux repas. On... On... » Okay, j'étais à court d'idée. Il ne restait que la menace d'aller pleurer au bureau de l'immigration... Oui, elle en était arrivée au point de l'acheter et pouvait se mettre à la menace s'il le fallait, mais il ne comprenait pas les enjeux. Le fait que pour la première fois depuis plus de dix ans, sa famille ait besoin d'elle, compte sur elle et prenne le temps de régler de vieux conflits avec elle... C'était trop inespéré et trop beau pour qu'elle parte maintenant.

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MessageSujet: Re: C'est une blague? [Olivia ♥]   Lun 25 Aoû - 12:28






C'est une blague?

Avec Olivia R. O'Ceallaigh



Cette femme est quand même incroyable… Mais pas forcément dans le bon sens du terme. Elle doit être la première femme que j’ai côtoyée dans toute ma vie à ne pas réagir alors que je lui propose ouvertement de s’envoyer en l’air avec moi. Si j’avais été un peu faible d’esprit et peu sûr de moi, je l’aurais mal pris et j’aurais été vexé. Pire, je me serais carrément remis en question. Mais ce n’est pas le cas. Connaissant mon énorme potentiel et surtout connaissant parfaitement ma petite assistante coincée, ça ne m’étonne pas. A-t-elle toujours été aussi frigide ? Il n’y a qu’à voir le soir quand on se couche, elle s’allonge le plus loin possible, limite au bord du lit dans son coin. Je n’ai pas la peste, je ne vais pas te refiler une maladie par simple contact. Mais manque de bol pour elle, je suis le genre de personne qui dort mieux à plusieurs. De ce fait, j’ai tendance à coller la personne qui dort avec moi. Je n’aime pas réellement dormir tout seul, ce qui expliquerait beaucoup de choses. Du coup, tous les matins, je me réveille collé à elle, avec un bras autour de son corps. Je n’y peux rien, c’est automatique. Et elle va devoir s’y habituer, au moins le temps qu’on rentre à New York. Enfin, peut-être qu’un jour, elle aura un déclic et se décoincera un peu. Un mariage sans consommation, c’est quand même un comble, surtout pour moi – certes c’est un mariage blanc mais bon.

En m’éloignant d’elle je ne pus m’empêcher de la comparer à un glaçon, voire à un manche à balai, tellement elle se tenait droite, raide et immobile. Seigneur… Elle me désespère par moment. Je n’ai rien à redire quant à son professionnalisme et à son efficacité au travail, mais au niveau relationnel, c’est autre chose. Il n’y a qu’avec sa famille qu’elle est réellement différente. Est-ce donc là la vraie Olivia ? Souriante, chaleureuse, agréable avec toutes ces personnes qu’elle connait si bien ? Je dois avouer que la première fois que je l’ai vue comme ça, j’étais surpris. Je ne la pensais pas aussi… Vivante ? Oui, je crois que c’est le mot. Je ne la pensais même pas capable de sourire, pensant qu’en fait mon assistante n’était qu’un robot. Les apparences sont trompeuses et c’est fou de constater à quel point cette expression nous va si bien.

Ce que je constatais également, c’est que mine de rien, elle avait bossé durant cette semaine de vacances anticipées. Je ne sais pas exactement quand elle s’y était mise, mais le résultat était là. Quand je vous dis que c’est un robot. Si ça se trouve, elle ne dort pas la nuit… Ce qui ne m’étonnerait pas.

Enfin, par la suite, j’avais plutôt mal pris le fait que nous devions prolonger ces merveilleuses petites vacances en famille. Moi qui me faisais déjà une joie de retrouver ma maison, ma piscine, mon canapé si confortable, mon grand lit si chaleureux et surtout mon bureau, et bien on peut dire que j’étais déçu. Me coltiner sa famille encore plus longtemps… Jouer l’hypocrite 24h sur 24 et l’amoureux transit – je n’avais rien à dire sur ce point, je l’avais accepté, puis ça me permettait d’en profiter un peu – tout cela allait encore continuer… Je n’étais pas d’accord, le deal, c’était de rester deux semaines, pas une de plus.

Après avoir râlé, en me contenant tout de même un minimum pour ne pas hurler et alerter toute la maison, j’écoutais ses arguments, le visage fermé et les bras croisés, me mordant l’intérieur de la bouche de temps en temps pour contenir mon agacement. Son père ne me déteste pas ? Sans rire. Oui, je vois le topo, le papa est un homme hyper protecteur qui montre les dents dès qu’un homme s’approche de sa fille chérie, soit. Sauf que l’homme en question est marié à présent, les techniques d’intimidation et autres conneries sont bien inutiles maintenant parce que je ne risque pas de partir, du moins pas avant que j’aie mes papiers. Après, bye bye tout le monde. Quant à la mère, c’est sûr que si ma charmante femme n’a fait que me descendre et me critiquer pendant des années, ça doit lui faire bizarre que je sois devenu son gendre. Elle n’est pas folle. Et puis, vivre l’enfer, n’exagérons rien. Je ne suis pas non plus un tyran. Enfin. C’est son boulot de m’obéir, et le mien de lui donner des ordres, alors je ne vois pas où est le problème. Et je constate également que la mère ne connait pas sa fille. Olivia se marierait avec son patron pour monter dans la hiérarchie ? Laissez moi rire, elle est déjà insensible à mes avances…

« Ta mère te connait mal alors, étant donné ta frigidité face à moi. »

Enfin bref, là n’est pas le sujet. Elle passe à côté de quelque chose, c’est son problème. Mais le souci actuel était surtout la prolongation des vacances. C’est ça qui me dérangeait le plus. Je ne suis pas chez moi ici. Et vivre constamment sous leur toit m’étouffe, j’ai besoin de sortir, de visiter un peu la ville. Mais après lui avoir demandé pourquoi elle ne m’avait pas prévenu avant, son attitude changea. Ce qui me surprit légèrement. Si elle m’en demande beaucoup ? Là en ce moment oui. Il faut bien le reconnaitre. Qu’elle s’estime heureuse que je ne lui présente pas la mienne de famille… Mais bon, je l’écoutais sans l’interrompre – de toute façon elle ne m’en laissait pas le temps. Si j’avais été un type sensible, fleur bleue, niais et compagnie, j’aurais pu verser une petite larme. Oh c’est touchant. Mais malheureusement pour elle, ce n’est pas le cas. Je me fiche éperdument qu’elle renoue avec sa famille. Je me retournai pour faire quelques pas et levai les yeux au ciel. Sortons les violons allons-y. Je pourrais passer pour un sans cœur – ce qui serait vrai – mais là franchement son histoire de famille était le cadet de mes soucis.

En revanche, la partie suivante m’intéressait un peu plus. Je basculai donc de nouveau vers elle et arquai un sourcil, posant mes mains sur mes hanches. Enlever un ou deux manuscrits ? Non. D’une part, on ne touche pas au contrat initial. Et d’autre part, je préfère avoir plusieurs manuscrits pour juger correctement ce que je lis. Un auteur peut très bien pondre une perle avec beaucoup de chance, puis le reste est bon à jeter. Mieux vaut plusieurs essais. Par contre la suite était plus intéressante. Emprunter le bureau de son père ? Hum. Reprendre nos horaires de travail. La faire bosser en pleine nuit. Oui, que ses parents me laissent tranquille ça m’intéresse également. Des dîners en amoureux ? Tous les soirs ? Euh. Bon l’argent n’est pas un problème, certes, mais me coltiner son humeur changeant à chaque repas ? Au moins ça nous fera une pause dans nos jeux de rôle. Hum hum. Ah tiens, il semblerait qu’elle soit à court d’argument ? Je la regardais sans réellement la regarder, le regard assez vague, j’étais en fait en pleine réflexion. Il faut bien que je me rende à l’évidence, je n’avais pas réellement le choix en fait. Théoriquement, dans toute cette histoire, je ne devrais pas être en position de négocier. C’est moi le clandestin si je puis dire. Elle est juste trop gentille – ou trop conne – pour oser dire quelque chose, et dieu sait que j’en profite. Ce n’est pas pour rien que je l’ai choisie elle pour m’épouser. Puis apparemment, elle a déjà tout prévu. Je soupirai alors un grand coup.

« On ne touche pas au contrat initial. On garde les trois manuscrits. On gardera les mêmes horaires, ce qui signifie que je ne veux pas de retard sous prétexte qu’on est en vacances. Dans le bureau, on sera comme au boulot, que personne ne vienne nous déranger. »

Je ne veux pas qu’un membre de sa famille vienne squatter pendant les heures de boulot, ou même qu’un gosse débarque.

« L’ambiance moins étouffante m’intéresse également, j’aimerais arrêter de me sentir épié au moindre mouvement. »

C’est assez lourd, vraiment.

« Et j’aimerais également sortir d’ici au moins une fois par jour. Repas ou autre peu importe, mais il me faut de l’air. »

Je serai même prêt à acheter une maison en ville rien que pour avoir la paix et ne plus les avoir sur le dos, c’est pour dire. Mais bon, on ne va pas rester éternellement ici n'est-ce pas ?

« Combien de temps ? »

Quelques jours ça passe encore, mais certainement pas des mois. Si c’est ça, j’achète ma propre maison dans le coin et j’aurais au moins mon chez moi et pas toute la marmaille de gosses qui hurlent à longueur de journée.

« Parce que si c’est pour rester longtemps, je refuse de vivre sous le même toit que ta famille éternellement. J’ai passé l’âge de vivre chez papa maman, j’ai besoin de mon indépendance sinon je deviens dingue. »

Si j’ai quitté ma famille de cinglés c’est pour ça.

« Autant acheter une maison dans le coin… »

Ce serait une situation beaucoup plus gérable.




codage de whatsername.


Dernière édition par Owen O'Ceallaigh le Sam 27 Sep - 22:26, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: C'est une blague? [Olivia ♥]   Lun 25 Aoû - 15:59

c'est une blague?

j'essaie juste... j'essaie juste de concilier les choses qui font ma vie, tu vois. J'essaie juste de faire au mieux.

Ses avances à peine voilées avaient toujours été difficile à supporter, parce que la proximité d'un homme n'avait plus fait partie des choses qui me mettaient à l'aise depuis longtemps. Depuis Dimitri en fait. Les hommes étaient cruels, particulièrement le genre d'hommes qu'était Owen O'Ceallaigh. Ils prenaient ce qu'ils voulaient et jetaient sans remords. Owen avait au moins le mérite d'être clair sur ce point, cependant et heureusement. Cela rendait tout de même les choses plus faciles. S'il avait été un bon gars, vraiment désespéré, mais ne voulant pas profiter de la situation, j'aurais pu être touchée et me laisser prendre au piège. Mais non. Lui n'était qu'un salop et il en jouait en se foutant bien de ce que les gens pouvaient en penser autour de lui. Cela ne m'empêchait pas d'être mal à l'aise et de mal tolérer sa proximité, cependant. Tout aurait été bien plus simple s'il n'était pas physiquement attirant... mais alors il n'aurait pas été un séducteur et un goujat comme il l'était. Heureusement donc que son caractère exécrable était là pour compenser l'effet et pour me rappeler, jour après jour, que lui plus qu'un autre ne méritait nullement mon intérêt. Il n'avait même pas besoin de jouer avec mes sentiments pour me blesser. Il me mettait déjà hors de moi au naturel.

J'avais capté son intérêt en parlant deal plutôt que cœur. Je n'aurais pas dû m'en formaliser, pourtant. Je savais que c'était un être sans cœur. Tout ce qui comptait pour lui, c'était le bénéfice qu'apportait les choses. Oui il pouvait se montrer juste dans les contrats et mettaient toujours un point d'honneur à les respecter, mais c'était là tout ce qu'il faisait, justement. Était-il seulement capable de commettre un acte désintéressé ? Pouvait-il seulement être touché par quoi que ce soir, hormis dans son ego et sa soif de notoriété ? Même souhaiter l'anniversaire de sa mère ne semblait avoir que pour but d'avoir la paix une année de plus. Et encore... Ça, je le savais uniquement parce que j'avais appris par accident que sa mère était encore en vie, parce qu'elle avait appelé chez lui un jour où je surveillais l'avancée des travaux dans sa salle de bain. Comme si cela faisait partie de mon boulot de m'occuper de ses problèmes de plomberie. Non mais sérieusement ! Quand je disais que j'étais sa bonniche. Enfin bref, il n'avait même pas fallu compter sur lui pour avoir des réponses. Non, tout ce que j'avais, c'était le message enregistré sur un répondeur et que j'avais entendu malgré toute ma volonté de ne pas y prêter attention. Une maman touchée par le cadeau qu'elle avait reçu et qui le remerciait en lui disant qu'il lui manquait. Le peu de fois où j'avais osé poser des questions sur sa famille - c'est-à-dire le jour de la formulation de notre contrat, quand je lui avais demandé en quoi ce serait si terrible de retourner vivre en Irlande - il m'avait rembarré, me disant que ça n'était pas mes affaires et avait laissé sous-entendre que sa famille n'était pas le point important de l'histoire - ce qui était un gros mensonge d'après moi -. En somme, il avait fallu que je compile moi-même les informations pour me faire une idée et j'en étais rendu au point où je songeais qu'il ne voulait pas retrouver les siens et qu'il voulait se dissocier totalement de sa famille, ce que lui offrait les Etats-Unis. Ça n'était sans doute pas tout, mais c'était un début... non ? Bref, Owen O'Ceallaigh n'avait pas de cœur. Pour l'intéresser, il fallait parler business. Point final.

Ce dont je me formalisais, cependant, c'était la manière dont il parlait de ma mère. D'où se donnait-il le droit de la juger et de juger notre relation. Il ne la connaissait pas, ne me connaissait pas. Et il n'était clairement pas en droit de juger. Surtout quand il jugeait... bien. Oui, ma mère ne me connaissait pas vraiment, mais à qui la faute ? La majorité de mes mensonges actuels tenaient lieu parce qu'il m'avait poussé à ce contrat ridicule. C'était pour les préserver de ce que cet homme là était prêt à faire pour son propre bien que je mentais à ma famille et l'obligeait à leur mentir. Ma pauvre maman. Elle n'aurait jamais supporté que je m'abaisse à ce deal. Elle n'aurait jamais supporté de savoir que j'accordais si peu d'importance à ma vie privée que je l'avais mise sous contrat au profit de ma carrière, avec un type qui n'avait même pas de respect pour moi en tant que personne humaine. A quoi m'étais-je abaissé pour lui ? Alors non, il n'avait pas le droit de juger ma mère. Jamais.

Il refusa catégoriquement de toucher au contrat initial et pendant une seconde, j'en viens à me demander si je n'allais pas vraiment devoir utiliser ma dernière arme, mais il poursuivit en accords sur les horaires et le bureau, trouvant finalement son profit dans le deal qu'elle lui proposait et elle hocha la tête. « On est en vacances jusqu'à dimanche », rappela-t-elle tout de même, car cela était déjà inscrit dans leur accord et non négociable. « Et dès lundi je redeviens simplement votre assistante dans l'intimité du bureau et pendant toutes nos heures de travail. » Elle était d'accord avec ça. Tant qu'elle pouvait profiter de sa famille le reste du temps, elle n'allait pas rechigner à redevenir l'esclave personnelle de M. O'Ceallaigh.

Il ajouta qu'il voulait qu'on cesse de l'épier et elle hocha une nouvelle fois la tête, même si elle ne pouvait pas être aussi catégorique sur ce point. « Je ne peux rien garantir pour les heures où je ne dois pas officiellement travailler avec vous, mais je leur parlerais. Chaque fois que vous serez dans le bureau, personne ne viendra vous déranger, ça je le garantie. Je leur dirais que vous avez besoin de vos moments de solitude, loin du monde, loin de moi. Que pour les vacances vous avez fait l'effort de ne pas prendre ses moments là pour me faire plaisir et passer du temps avec eux, mais que si on reste plus longtemps, vous avez besoin de vos petites habitudes. Vous pourrez vous échapper sans avoir à m'attendre, sans qu'on trouve des excuses. » Je pouvais au moins faire ça. Il n'était pas difficile de prétendre qu'il était un loup solitaire, que son sale caractère passé cachait ce besoin de solitude. Qu'avec son temps passé seul avec lui-même, il se montrait tout de suite bien plus agréable à vivre. Je pouvais redorer son comportement passé avec moi en lui offrant sa liberté. Je savais être convaincante dans mes mensonges. Ce jeu nous l'avait montré.

Je baissais les yeux lorsqu'il me demanda combien de temps. Combien de temps ? Bonne question. « Je ne sais pas, combien de temps », avouais-je en évitant son regard. « Quelques semaines... Un ou deux mois tout au plus. Cela dépendra de... la situation. De comment cela se passe entre eux et moi. » Il était hors de question que son comportement à lui soit un risque. Si je lui disais qu'il pouvait compter dans la balance, il allait se montrer infecte, rien que pour que j'ai honte et que nous partions. L'amoureux transit exécrable avec ma famille... Non, je ne devais pas le permettre. Il fallait qu'il continue de se montrer gentil et tolérant avec eux. C'était essentiel pour que mes parents y croient. Jamais je ne leur aurais présenté un homme qui ne se serait pas bien comporté avec eux... même s'ils m'avaient forcé la main en apprenant par d'obscurs moyens que je m'étais mariée.

Et puis il parla d'acheter une maison dans le coin s'ils devaient rester longtemps et je secouais la tête par la négative. « Mauvais plan », assurais-je avec assurance. « Le concept d'intimité n'existe pas dans cette famille et j'dois déjà lutter tous les jours ici pour qu'on en ait un minimum. Alors d'une, si on prend une maison ailleurs, ça va que plus les inciter à ne pas nous laisser d'espace et de deux, pour le divorce, ça sera galère. Vous n'allez pas acheter une maison pour la revendre d'ici un an. A la rigueur louer si ça devient vraiment insupportable ici, mais ça ne changera pas grand-chose. Il viendront à la maison et si vous refusez qu'il vienne ils nous diront de venir et on ne pourra pas leur refuser. Mieux vaut négocier des pièces ici que de tenter le coup de la maison. Croyez-moi, j'ai essayé. Pourquoi vous pensez que j'ai mis plusieurs états entre nous ? » Okay, à m'écouter, rester était un véritable enfer et en un sens, ça l'était, mais c'était là toute l'ironie de cette situation et de ma vie de famille. J'adorais les miens et j'étais profondément attaché à ces gens qui étaient de mon sang, mais les supporter au quotidien était un enfer que j'avais toujours autant envie de fuir qu'à l'adolescence. Rien ne me manquait plus que mon petit appartement tranquille à New York. Mais comme je le lui avais dit, les choses évoluaient entre nous comme elles n'avaient pas évolué depuis des années. Depuis mon mariage annulé et mon avortement en fait... deux choses que je détestais remettre sur la table... mais je ne pouvais pas laisser passer cette chance. Je ne pouvais pas me permettre de passer à côté de ça, si on devait arriver à tourner la page et si je pouvais avoir une chance de repartir avec une famille acceptant mon choix de vivre à New York.

Pour celer l'accord, je lui tendis la main, attendant qu'il me la serre ou y ajoute des points. « On est d'accord ? »

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MessageSujet: Re: C'est une blague? [Olivia ♥]   Lun 25 Aoû - 17:31






C'est une blague?

Avec Olivia R. O'Ceallaigh



J’avais tout de même de la chance dans mon malheur. Chance que Livia ne soit pas sournoise. Au lieu de trouver tout un tas de compromis, au lieu de tenter d’améliorer la situation actuelle, elle aurait pu tout simplement me menacer. Elle sait pertinemment que je suis en situation irrégulière, la simple menace de me balancer au service de l’immigration aurait suffit. Je me serais énervé c’est certain, un coup aussi bas aurait été intolérable. D’ailleurs, à sa place, je ne me serais pas gêné pour remettre ça sur le tapis. Mais ce n’est pas dans sa nature il semblerait. Je suis donc fier de mon choix. Mais dans un sens, on dépend l’un de l’autre, beaucoup plus que ce qu’on pourrait penser. J’ai besoin d’elle en tant qu’assistante et pour les papiers, mais elle a aussi besoin de moi pour monter les échelons. Puis selon ses propres dires, ma présence l’aide à se réconcilier avec sa famille. On a donc besoin l’un de l’autre, et dieu sait que je ne supporte pas d’être dépendant de quelqu’un. Mais je n’ai qu’une année à tenir, tout au plus. J’y arriverai, j’ai juste à prendre sur moi en attendant.

Concernant le problème actuel, le deal était assez tentant – surtout que je n’avais pas le choix. Je ne pouvais pas partir tout seul pour rentrer à New York en la laissant seule avec sa famille. Le mec ultra amoureux que je suis censé être n’abandonnerait pas sa femme je suppose, ça ferait mauvais genre. Au pire, j’aurais pu prétexter une urgence. J’aurais pu rentrer parce que l’un de mes proches avait eu un accident ? Quelque chose comme ça ? Mais comme je ne savais pas ce que Livia avait dit à sa famille sur moi, je ne pouvais pas prétendre ce genre de chose. Surtout si elle leur a déjà dit que ma famille vit en Irlande. Ou alors peut-être un ami ? Hum, je n’y ai pas pensé… C’est trop tard maintenant. Mais je peux toujours garder cette excuse dans un coin de ma tête si j’arrive à saturation. A méditer.

En vacances jusqu’à dimanche, oui. Je le sais. Même si on ne reste quand même pas inactifs. A partir de lundi, on reprend les horaires et le boulot bien en main. Elle n’y échappera pas. Bien, lundi on reprend le boulot d’arrache pied pour rattraper le petit retard du coup. Puisqu’apparemment elle a quand même bossé, un minimum. J’aurai également des coups de fil à passer très prochainement, certains délais arrivent à terme et je n’ai toujours pas le moindre manuscrit pour certain. Il va falloir que je les secoue un peu.

« Bien, vivement lundi. »

Je n’ai jamais réellement apprécié les vacances. Je suis un acharné du boulot et je déteste rester à ne rien faire. Et dans ces cas-là, je m’ennuie. Ce n’est pas comme si, dans le cas présent, je pouvais sortir où et quand je voulais. Je n’ai aucune liberté ici… Et je crois que c’est ce qui me gêne le plus, il va vraiment falloir remédier à ça. Quant au fait d’arrêter de m’épier, ce serait bien aussi. Ouais qu’elle leur en parle tiens, qu’ils me lâchent la grappe tous autant qu’ils sont. Oh oui, je les veux ces moments de solitude et loin de tous si possible. Au moins, après deux ou trois heures passées seul en ville, je reviendrai de meilleure humeur, près à jouer de nouveau le bel hypocrite amoureux de leur chère fille. J’acquiesçais donc d’un signe de tête pour lui montrer que j’étais d’accord avec ça. Bien, on avance.

Mais pour combien de temps ? Parce que c’est bien beau tout ça, mais pendant combien de temps va-t-on devoir jouer la comédie ? Je suis certes un bon acteur, mais à force, c’est usant. Mais pourquoi baissait-elle la tête à cette question ? Qu’elle ne me sorte pas qu’on va rester des mois ici ! Je fronçais les sourcils, attendant qu’elle réagisse.

Pardon ? Comment ça elle ne sait pas combien de temps ? Ce n’est quand même pas compliqué d’estimer un temps imparti non ? J’ouvris alors de grands yeux, bloquant sur le « deux mois ». Attends, pardon ? Deux mois ? Deux longs mois ici ? Non ce n’est juste pas possible. Ça dépendra de la situation ? Et bien qu’elle se bouge pour l’améliorer et vite !

« Deux mois ?! Sérieusement ? Aussi longtemps ? »

J’avais l’air désespéré, vraiment. Non ce n’est pas possible. Je me tournai alors pour faire quelques pas vers la fenêtre passant mes deux mains dans mes cheveux pour les laisser posées au sommet de mon crâne. Deux mois… Deux mois à supporter ça. Huit semaines à entendre des gosses hurler et à me montrer gentil et souriant avec tout le monde. Une soixantaine de jours à jouer à l’amoureux transit non stop et à avoir les parents sur le dos. Je soupirai fortement. Il me fallait quelques minutes pour me faire à l’idée. Sans lui accorder le moindre regard, et fixant les gens que je voyais par la fenêtre, je pris la parole.

« Ce n’est pas possible de réduire cette durée ? »

Deux mois… L’option de prendre une maison – ou même un appart au point où j’en suis – était très très tentante. Mais apparemment, ce n’était pas une bonne idée. Et pourquoi ça ? Je me retournai donc dans sa direction, laissant tomber mes bras le long de mon corps, me contentant de la regarder d’un air perplexe. Comment ça mauvais plan ? Je le trouve bien ce plan moi. Pour le divorce ce ne sera pas un problème, je me fiche de devoir la vendre dans un an, au pire, je pourrai toujours la louer. Cependant ses raisons ne sont pas valables – pas pour moi. Il suffit de mettre des limites dès le début pour ne pas se faire importuner. Il faut savoir se montrer ferme dans certaines situations – ce qu’elle ne sait pas faire vraisemblablement.

« Ah oui ? Et c’est pour ça que tu ne veux plus partir à présent ? »

C’est bien gentil de dire qu’elle a fait exprès de mettre plusieurs états entre sa famille et elle, mais aujourd’hui, qu’est-ce qu’elle fait ? Elle ne veut plus repartir. Alors pour faire ça, autant vivre près d’eux… Il n’y a pas de logique là-dedans.

«  Je reste sur l’idée d’avoir un coin rien qu’à moi, enfin à nous, loin d’ici. Appart ou maison peu importe, mais j’ai besoin d’avoir mon chez moi. J’ai besoin de me sentir libre de mes mouvements et des mes actes.  Je n’aime pas être dépendant des autres et là c’est clairement ce que je suis. Tes parents nous hébergent, je le leur dois. Et je n’aime pas devoir quoique ce soit. Avoir des pièces privées ne sera pas suffisant. J’ai besoin d’être libre, d’avoir le sentiment de faire ce que je veux. Imaginons qu’il me prenne l’envie de sortir en pleine nuit et que je tombe sur ta mère ? Il va falloir que je trouve un mensonge à lui baratiner, exactement comme un ado qui cherche à fuguer de la maison ou à faire le mur. Oh excusez moi madame, j’avais envie de m’envoyer en l’air, ça fait longtemps. Je ne suis plus un gamin, je suis un adulte, j’ai besoin de pouvoir faire ce que je veux quand je le veux sans avoir l’autorisation de qui que ce soit. C’est si difficile à comprendre ? »

Ce serait une situation terrible… Admettons que je rentre tard d’une soirée, légèrement alcoolisé, avouant à sa propre mère que je viens de tromper sa charmante fille ? C’est tout bonnement impossible.

«  Ou pire, je peux rentrer bourré et balancer la vérité malgré moi à ton père par exemple. Et je ne pense pas que ton père apprécierait d’apprendre que je viens de faire la fête, seul, entouré de filles. Je suis plutôt bavard avec un coup dans le nez. Crois-moi, avoir des pièces ici n’est pas une bonne idée. Il nous faut un chez nous. »

Qu’elle ne croit pas que sous prétexte qu’on est ici, je vais rester bien sagement à l’attendre pour dormir. J’ai besoin de sortir pour m’amuser, décompresser et boire. Or, dans la situation actuelle c’est impensable.

« J’ai limite l’impression d’être en prison ici. Je ne suis pas le genre à m’installer tranquillement dans un canapé avec une couverture et ma charmante femme pour regarder la télé comme un couple de vieux, certainement pas. »

Non, je suis plus du genre à sortir en boite ou dans des bars.

« Donc on mettra les choses au point avec ta famille pour avoir la paix, mais avec un appart ou une maison à nous. »

Tout en parlant depuis tout à l’heure, j’étais revenu vers elle. Elle me tendait la main à présent. J’y jetai un rapide coup d’œil avant de reporter mon regard dans le sien. D’accord ?

« Uniquement avec une habitation à nous. »

Si elle accepte, alors je serrerai sa main pour conclure le deal.




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MessageSujet: Re: C'est une blague? [Olivia ♥]   Lun 25 Aoû - 22:13

c'est une blague?

j'essaie juste... j'essaie juste de concilier les choses qui font ma vie, tu vois. J'essaie juste de faire au mieux.

Je devais tout tenter pour obtenir gain de cause, je ne cessais de me le dire et pourtant, je ne parvenais pas à utiliser ma seule arme. Trop bonne, trop conne disait le dicton. J'étais certaine qu'Owen adorerait me le rappeler s'il n'avait pas trop peur de me mettre en rogne et de me pousser à l'utiliser. Lui n'était pas con et certainement pas bon. Il n'aurait eu aucun remords à l'utiliser si la situation avait été inversée. Mais non. Je ne voulais pas m'abaisser à son niveau. Ça n'est pas parce que mon cher petit mari était un vrai connard de première que je devais devenir un monstre moi aussi. Je n'avais pas été élevé comme ça. Je n'avais pas été élevé avec l'apprentissage du langage châtié non plus, ni dans l'optique de quitter un jour Santa Monica, non plus... mais sur trois leçons, j'en avais déjà retenu une. Pas mal, non ?

Owen vociféra quand j'avançais un délai de deux mois. Trop long pour lui, apparemment. Et bien vite, il me demanda s'il n'était pas possible de réduire cette durée. Quand je lui expliquais cependant pourquoi je comprenais son envie pressante de fuir - la même que la mienne - il s'étonna que je veuille rester malgré tout. Que pouvais-je dire ? Que pouvais-je ajouter ? J'avais un grain - voir plusieurs - je le savais. On allait pas me changer maintenant. J'aimais ma famille autant que j'avais du mal à la supporter et j'avais besoin d'eux autant que j'avais envie de les fuir. C'était comme ça. Si seulement monsieur se préoccupait d'autre chose que de sa petite personne, il aurait pu finir par le comprendre. Peine perdue avec lui.

Et puis il affirma rester sur l'idée de son chez lui... chez ''nous''... Pourquoi bloquait-on tous deux sur le mot ?... Il plaida sa cause en parlant de sortie, de beuverie, de filles avec qui il aurait couché et une nouvelle fois, une vague de chaleur m'envahit et je la contrais en fourrant mes mains dans les poches arrières de mon jean, l'écoutant imaginer une scène où il fuirait un soir pour aller coucher avec une fille ou une autre, rentrer complètement saoul au petit matin et expliquer à sa mère - sous l'effet de l'alcool - qu'il était parti s'envoyer en l'air. Je serrais les dents, furieuse. « Si cela arrivait, alors annuler notre mariage me semblerait la seule solution », dis-je finalement entre mes dents, abandonnant toute idée d'être une fille bien... Quoique non. Ne rien dire faisait partie du contrat initial. Saoul ou pas, le contrat fonctionnait toujours. S'il avouait à mes parents, peu importe la raison, que nous jouions la comédie, alors le contrat devenait nul et non avenu et l'annulation évidente.

Mais il avait raison. Il n'était plus un adolescent et moi non plus et jouer le jeu dès le petit déjeuner, jusqu'au coucher me rendait malade. Tout autant que le fais de surveiller constamment mes arrières parce que je faisais quelque-chose d'interdit dans cette maison. J'avais aussi besoin de ma liberté, d'un endroit où je pourrais juste le fuir, sans avoir à craindre d'être vu en train de le repousser ou de cracher sur ses ordres déraisonnables. J'avais besoin de mon espace pour respirer, celui-là même qui me manquait cruellement dans la maison de mon enfance. Et puis une maison à nous, ça signifiait pouvoir avoir deux chambres, non ? J'allais enfin pouvoir quitter son lit et ses bras autour de moi au réveil. J'allais enfin retrouver mon intimité et arrêter de me retrouver avec mon patron à moitié nu tous les soirs. Je ne pouvais pas nier que cette idée-là était des plus tentantes. Je me mordis la lèvre, réfléchissant. Il y avait un million de raisons pour lesquelles ça pouvait être très utile et un million d'autres qui me disaient que c'était une très mauvaise idée et que ça allait nous pousser à être moins prudent. Et qui disait moins prudent, disait plus de chance de se faire attraper.

Après un moment, alors qu'il attendait que j'accorde l'habitation, je soupirais et hochait la tête. « D'accord... Mais pas une villa ou un truc trop tape à l’œil... quelque-chose qui montre que c'est temporaire et qu'on va pas s'installer définitivement. Ça serait pire à gérer encore s'ils se mettaient à imaginer qu'on pense s'installer », dit-elle en ressortant sa main droite de sa poche, la tendant pour signer l'accord. « Et tu ne ramènes pas tes conquêtes à la maison ! Je les connais, ils peuvent passer à n'importe quelle heure et j'ai pas envie de devoir planquer ta putain dans le placards pendant que je prends un café avec ma mère. Et tu fais attention quand tu sors. Mes frères et sœurs aussi vont en boite... ou dieu seul sait où tu traîneras. »

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MessageSujet: Re: C'est une blague? [Olivia ♥]   Lun 25 Aoû - 23:39






C'est une blague?

Avec Olivia R. O'Ceallaigh



Quoiqu’elle décide, je camperai sur mes positions. Ce lieu à moi – à nous – je le veux et je l’aurai. J’ai encore tout un tas d’arguments en réserve alors ce n’est pas un problème. Puis franchement, à bientôt 35 ans, vivre encore chez les parents – pire, les beaux-parents en fait – c’est tout simplement hors de question. J’aime me promener à mon aise chez moi – comprenons ici avec très peu de tissu – or c’est impossible ici. J’ai besoin également d’avoir un espace rien qu’à moi, j’ai besoin d’intimité sans famille collante autour de moi ni d’assistante ou de femme, juste seul. Et depuis que je suis là, à part quand je prends ma douche, je n’en ai jamais eu. Donc, si elle s’obstine à refuser la maison, je ne lâcherai pas. Je suis du genre borné quand je m’y mets, et quand j’ai décidé quelque chose, c’est comme ça et pas autrement. Là, à l’heure actuelle, j’ai l’impression d’avoir fait un bond de 15 ans en arrière et d’être de retour chez moi, en Irlande.

Apparemment, elle n’avait pas apprécié mon petit exemple avec ses parents. C’était pourtant vrai. Si l’un des deux me tombait dessus alors que je rentrais de soirée, qu’est-ce que j’aurais pu dire ? Que je m’étais perdu dans le jardin en cherchant les toilettes ? Non mais franchement, niveau crédibilité zéro. Concernant mon état d’ébriété, j’avais un peu exagéré. J’étais certes très bavard, mais je ne balançais pas pour autant les secrets. Sinon, je peux aisément assuré que j’aurais été viré depuis longtemps. M’enfin, c’était juste pour illustrer un peu mes propos mais apparemment ma chère femme n’avait pas réellement apprécié mon exemple et grinçait des dents. La voir agacée pour une simple supposition était assez amusant je dois dire, je ne pus m’empêcher de rire légèrement.

« T’emballes pas mon cœur. » Je m’approchai d’elle et lui attrapai le menton entre mes doigts, levant ensuite son visage vers le mien, continuant après un petit clin d’œil. « Je t’aime voyons, et j’honore toujours mes contrats surtout. »

Oui surtout. Je déposai un rapide baiser sur ses lèvres avant de la lâcher et de me reculer. Je tiens à ce mariage même si je ne le montre pas spécialement. Il est mon passeport pour la nationalité américaine, je ne vais certainement pas cracher dessus. J’attendais ensuite patiemment sa réponse quant à ma proposition sur la maison. Je n’en démordrai pas, alors accepte ma jolie. Je la voyais réfléchir, pesant très certainement le pour et le contre. Il y a plus d’avantages selon moi, c’est évident. Pourquoi prendre tant de temps pour réfléchir ? De quoi a-t-elle peur ? Si sa famille est trop envahissante, je les calmerai gentiment et avec politesse. Je sais me montrer courtois quand il le faut, je ne suis pas un rustre.

Puis, enfin, elle se décida, bien ce n’est pas trop tôt. Non pas une villa, une petite maison ou un appart suffira, je ne compte pas passer ma vie ici. Non non, on ne s’installera pas, pas ici et pas tous les deux non. Je suis déjà installé à New York, seul, dans MA maison. Inutile d’avoir des habitations partout. C’est juste temporaire, on est d’accord.

« Oui quelque chose de petit. »

Si une petite maison existe aux Etats-Unis bien sûr. Dans ce pays tout est démesurément grand, alors bonne chance pour trouver une petite maison… Surtout en Californie. Enfin, l’espoir fait vivre. Je la vis ensuite sortir sa main de sa poche. Bien, j’ai l’impression qu’on est d’accord. Cependant, elle ajouta une dernière chose. Comme si j’étais assez stupide pour ramener une fille chez moi, avec ma femme sous le même toit ? Hum, quoique, ouais c’est possible en fait. Mais plutôt en pleine nuit, après une soirée. J’aimerais tellement voir la tête de Livia le matin au réveil en croisant une fille dans la salle de bain, elle qui semblait jalouse tout à l’heure. Ou pire qu’elle nous entende la nuit. Est-ce qu’elle serait capable de venir frapper à la porte ou contre le mur pour nous demander de baisser le son ? Ou est-ce que sa frigidité disparaitrait et elle souhaiterait se joindre à nous ? Oui bon Owen, arrête de fantasmer. Je fis disparaitre mon petit sourire de mon visage pour revenir à la réalité. Oh, cacher ma putain ? C’est charmant. Ah oui, c’est vrai que ses frères et sœurs risquent de me croiser… Seigneur, je vais devoir me cacher… Pire qu’un prisonnier recherché par les flics… Vivement que je retourne à New York ! Et je constate également qu’elle me sous-estime. Je ne traine pas n’importe où… Enfin tout est relatif, et tout dépend surtout de ce qu’elle entend par là.

« Oui Maman. Oh pardon, chérie. »

C’est vrai quoi, j’ai l’impression d’avoir une mère en face de moi qui donne des recommandations, pas toujours amicales, à son fils. Bref, je tendis ma main pour serrer la sienne, acceptant ainsi le marché.

« Ça marche, mais inutile de te montrer aussi virulente avec ces pauvres filles. Si tu accomplissais réellement tes devoirs de femme mariée, je n’aurais pas besoin de ça. Je suis un homme, j’ai certains besoins à satisfaire, si ce n’est pas ton cas, c’est ton problème. »

Allez bim. Si elle n’a pas besoin de rapports sexuels de temps en temps, tant pis pour elle. Ça ne m’étonnerait pas d’ailleurs. Je relâchai ensuite sa main et affichai soudainement un grand sourire sur le visage avant de me diriger vers la porte, attrapant la poignée et me retournant pour la regarder.

« Bien, maintenant on sort ! On doit trouver une maison, mais en plus je t’invite boire un verre pour fêter ça ! »

Je rajoutais avec un grand sourire hypocrite.

« Tu n’as pas le droit de refuser mon cœur. »

Oui, c’est un ordre. On va sortir de cette enfer dès maintenant.




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MessageSujet: Re: C'est une blague? [Olivia ♥]   Mar 26 Aoû - 11:21

c'est une blague?

j'essaie juste... j'essaie juste de concilier les choses qui font ma vie, tu vois. J'essaie juste de faire au mieux.

Parfois, il avait tant de facilité à abuser de la condition, à jouer de notre « mariage » pour dépasser les limites du professionnel. Je savais qu'il prenait plaisir à me toucher et à m'embrasser en public. Pas parce que j'étais un joli trophée, pas parce qu'il en avait le désir, mais parce que cela me mettait mal à l'aise, peu importe la facilité que j'avais de jouer la comédie. Il était mon patron, nous avions un contrat et cela impliquait les câlins, les mots d'amours et les baisers. Toutes ses choses que je n'accordais même pas aux hommes de passages dans ma vie. Je détestais qu'il me touche et il le savait et il adorait en abuser. Et voilà que maintenant, il en abusait en privé aussi. Me « rassurant » à grand coup de « Je t'aime » et de bisous volés. J'essayais de me concentrer sur sa promesse d'honorer toujours ses contrats - que je savais plus vrai que tout le reste - et évitait soigneusement de réagir au reste. Il s'amusait avec moi et rien ne lui faisait plus plaisir que de me voir réagir vigoureusement à ses actions. Je ne devais pas lui donner ce plaisir.

Vivre avec cet homme était définitivement un combat de chaque instant. Une guerre des nerfs invraisemblables. Je me demandais encore pourquoi je tenais. Pourquoi je m'acharnais à lui donner ce qu'il voulait... A oui, parce que j'avais une bonne contrepartie en échange. Un contrat initial qui me convenait. Et puisqu'il fallait en passer par là pour obtenir quelque-chose de lui, j'avais signé, inconsciente que j'étais dans quoi je m'embarquais... et j'avais un gros défaut. J'honorais toujours mes contrats, moi aussi. Il était donc hors de question que je lâche l'affaire. Je pouvais négocier les termes du contrat, le rééquilibrer au besoin... mais le mettre au feu... non, hors de question. J'avais trop d’ego pour ça.

Il accepta le « petit » logement et l'espace d'une seconde, je me demandais ce que signifiait petit pour lui. J'étais une assistante personnelle. J'avais un bon revenu, mais les appartements à New York étaient si cher que mon « petit chez moi » avait des allures de palace. Quant à cette maison, immense pour certains, elle était si souvent remplie de gens qu'elle semblait trop petite pour nous tous, trop encombré... Je savais par expérience que petit dépendait toujours du contexte et pour un homme comme Owen O'Ceallaigh, habitué aux fastes et au luxe,... déterminé à me pourrir la vie qui plus est. ''Petit'' me faisait peur. Dans un sens comme dans l'autre. Mais soit, il y concédait, c'était déjà ça. Et tout ce qui pouvait signifier à ma famille que la prise d'un logement était temporaire était bon à prendre.

Puis je posais mes conditions quant à sa « liberté » et il se moqua de moi, m'obligeant une fois de plus à inspirer longuement et à laisser de côté tout ce qu'il pouvait dire pour me rendre folle. Ca lui ferait trop plaisir, pensais-je à nouveau avec vigueur. Tu ne peux pas lui donner cette satisfaction, Livia. Il fallait que je garde cela en tête. Je ne pouvais pas lui offrir ce plaisir-là. Il avait déjà trop la main sur moi pour que je l'autorise. Le fait qu'il sourit en parlant de ma virulence face aux traînées qu'il pouvait conduire dans son lit était déjà bien plus que je ne pouvais toléré. Le voilà qu'il exultait de ma... quoi ? Jalousie ? Non, je n'étais pas jalouse, c'est juste que je n'étais pas là pour l'entendre prendre son pied avec qui que ce soit. Je n'avais pas à subir ça. Et soyons honnêtes, pour coucher avec lui, il fallait avoir peu de jugeote et placer le physique et le sexe avant toute chose. Je n'étais pas désespéré à ce point. J'avais un minimum d'estime de moi pour ne pas aller dans les bras d'un crétin comme lui, trop arrogant et égocentrique pour prendre en compte la personnalité d'une femme... et la respecter.

« Oh, pardonnez-moi patron, mais je croyais que mariage blanc était synonyme d'intérêt commun n'ayant ni à voir avec l'amour, ni avec le sexe », raillais-je lorsqu'il expliqua que si je faisais mon devoir conjugal, il n'aurait pas à aller voir ailleurs pour satisfaire ses besoins primaires. « Je n'ai eu notion, nulle part dans le contrat, que je devais également vous servir de vide bourses », crachais-je en imaginant sans mal comment j'aurais réagi s'il avait inclus les rapports sexuels dans le contrat. Même pas en rêve O'Ceallaigh !

Il serra ma main, en accord avec les termes du contrat et m'annonça que nous allions sortir, trouver une maison et fêter ça. J'allais refuser, bien sûr, ne voulant pas rentrer dans ce jeu-là, mais il me lança son plus beau sourire de séducteur - et son plus faux, par la même occasion - pour m'annoncer que je n'avais pas le droit de refuser. Je soupirais et m'approchais donc de lui, passant mon bras sous le sien pour m'y accrocher. « Oh mon amour, tu sais tellement comment me parler », dis-je sans cacher toute l'ironie et l'hypocrisie dans ma voix. « Oh ! Attends ! » Je lâchais son bras une minute pour aller chercher ma tablette. Il allait m'abandonner dans un coin dès passé le coin de la rue de toute manière. Il cherchait juste une raison de fuir la maison après tout, non ? Bref, autant profiter de ce moment où je serais seule pour avancer dans le boulot qu'il m'avait envoyé juste avant que cette conversation ne commence. « Allons-y, alors », dit-elle en lui passant devant.

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MessageSujet: Re: C'est une blague? [Olivia ♥]   Mar 26 Aoû - 12:47






C'est une blague?

Avec Olivia R. O'Ceallaigh



Je pense que depuis que nous sommes mariés, je ne me suis jamais autant amusé. Attention, ce n’est pas le même genre d’amusement que lorsque je sors le soir, non rien à voir. Mais disons que Livia est une réelle source de distraction. En public, il n’y a rien de drôle à l’embrasser ou à avoir des gestes tendres, c’est le contrat. En revanche en privé c’est autre chose. Ça m’amuse de plus en plus souvent de la taquiner et de continuer à jouer mon rôle de parfait petit mari aimant, parce que je sais parfaitement qu’elle n’aime pas ça. En public elle n’a rien à dire parce qu’elle n’a pas le choix, mais en privé c’est différent. Je sens bien qu’elle se raidit et qu’elle ne supporte pas que je sois aussi proche. Mais tant qu’elle réagira de cette manière, je ne pourrais pas m’empêcher de continuer. Je suis un chieur, c’est dans ma nature après tout. Et en plus de mon assistante et de ma femme, elle est devenue ma petite distraction. Le problème avec moi, c’est que si on me tend la main, j’arrache le bras avec. Je suis le genre de personne qui repousse toujours plus loin les limites. La preuve, je commençais déjà à parler sexe avec elle. Bien sûr, c’était pour la mettre mal à l’aise, même s’il y avait une infime part de vrai dans mes paroles.

Mon sourire s’élargit en l’entendant. J’eus même limite un petit rire lorsqu’elle évoqua le vide bourses. Elle a du répondant, j’aime ça. Au moins, ma femme n’est pas une potiche sans cervelle avec qui je me serais ennuyé dès le premier jour du mariage. Avec elle au moins, je sais que je peux m’amuser. En parlant de vider les bourses, heureusement pour moi également qu’elle n’est pas vénale au point de me vider mon compte en banque. Je ne suis pas réellement regardant de ce côté-là, je suis même plutôt du genre à dépenser sans compter – je sais pertinemment que j’en ai les moyens. Mais je ne supporte pas le genre de femme à réclamer sans cesse des cadeaux, des fringues, des bijoux ou autre. Les cadeaux viennent de moi, parce que j’en ai envie, pas parce qu’on me force la main. Enfin, revenons au sujet.

« J’espère donc pour toi que ta chère maman ne te parlera jamais d’enfant. »

D’ici l’année prochaine, il est évident que sa mère abordera le sujet. Vu le nombre de gosses qui trainent dans les parages, il me semble logique que le sujet effleure l’esprit de sa mère. De plus Livia a dépassé la trentaine, c’est l’âge moyen pour avoir des mioches. Après il sera trop tard. Peut-être qu’elle n’y songera pas dans l’immédiat, mais elle y pensera c’est une évidence. Ma propre mère l’a déjà évoqué alors qu’elle savait pertinemment que je n’avais personne. Moi père ? Laissez-moi rire.

Bien nous sommes d’accord alors sortons de cette maison de fous ! Enfin ! Elle n’avait pas réellement son mot à dire, et je l’obligeais à me suivre plus qu’autre chose. D’une part parce qu’un amoureux fou de sa femme ne sortirait pas sans elle, également parce que j’ai besoin d’air et d’autre part, parce que je suis sûr que ça lui ferait également du bien de sortir aussi. Avoir constamment sa famille sur le dos, c’est épuisant. D’ailleurs, elle ne rechigna pas et vint me rejoindre en prenant mon bras. Je lui adressais un joli sourire hypocrite à sa réplique, évidemment que je sais comment te parler, comment te manipuler également. J’ouvrais la porte pour sortir de la pièce mais elle me lâcha rapidement pour aller chercher quelque chose. Qu’est-ce qu’elle fait ? Sa tablette ? Pourquoi est-ce qu’elle l’emmène ? Elle passa devant moi pour sortir de la chambre alors que je restais dans l’encadrement.

« Qu’est-ce que tu fais ? Pourquoi tu prends ta tablette ? »

Je fronçais les sourcils l’air perplexe avant de prendre un air de malheureux déçu des agissements de sa femme.

« Tu oses mettre de la technologie entre nous alors que je te propose une sortie en amoureux ? Tu me déçois mon cœur. »

Non elle n’emmènera pas sa tablette. Je ne sais pas ce qu’elle s’imagine mais elle n’aura pas le temps de jouer dessus ou de bosser. Elle compte avancer dans son travail alors qu’on sort en ville ensemble ? Elle me pense ennuyant c’est ça ? Non non. Je lui ai dit que je l’invitais à boire un verre, alors je le ferai. Elle passera la soirée avec moi. Ce soir, je n’ai pas l’intention de l’abandonner dans un coin. Je m’avançais donc vers elle pour lui pendre sa tablette et la poser sur un meuble dans la chambre. Je refermais la porte derrière moi avant de revenir vers elle pour lui prendre la main.

« Bien, c’est mieux. Tu n’en auras pas besoin. Ce soir, je suis la seule chose dont tu auras besoin. »

Allons-y. Nous traversions les couloirs, main dans la main mais arrivé au rez-de-chaussée je me stoppais.

« Prévenons tes parents qu’on sort, non ? »

Ce serait mieux et c’est la moindre des choses. Et qu’ils ne nous attendent pas pour manger, on rentrera dans la nuit. Si je prépare quelque chose ? Oh voyons. Mon unique but pour cette soirée est de prendre l’air, de me détendre, de penser à autre chose et de décoincer ma femme, rien de plus.




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MessageSujet: Re: C'est une blague? [Olivia ♥]   Mar 26 Aoû - 16:27

c'est une blague?

j'essaie juste... j'essaie juste de concilier les choses qui font ma vie, tu vois. J'essaie juste de faire au mieux.

Et ça l'éclatait vraiment le pauvre bougre. Je pouvais le voir, l'entendre. A chaque réplique, il en balançait une autre. Okay, je devais avouer, il avait élevé la répartie au rang d'art et je me surprenais à apprendre dans ce domaine, à ses côtés. Oh je n'étais pas aussi tenace que lui et je finissais souvent par abandonner, mais cela valait sans doute mieux. Une chance pour moi que je sois patiente. Je savais que j'aurais d'autres moyens de gagner qu'en ayant le dernier mot. La question principale restait, cependant. Pourquoi je prenais de plus en plus de plaisir à nos petites joutes verbales ? Étais-je finalement en train de développer un syndrome de Stockholm ? Est-ce que c'était finalement arrivée, à force d'être à la merci de mon bourreau, je développais une certaine sorte d'affection à nos rapports conflictuelles et à mon statut d'esclave ? Bon sang, j'avais toujours douté de ma santé mentale, mais je ne pensais pas devenir un jour vraiment psycho. Si le sujet enfant vient sur le tapis, je serais forcé de dire à ma mère que mon pauvre petit mari n'a malheureusement pas de spermatozoïdes assez performants pour m'inséminer, songeais-je avec un sourire. Non, je n'allais pas le lui dire tout de suite. J'allais garder ça pour moi encore un petit moment. Qu'il gagne la bataille du jour. La guerre était pour moi.

Il s'étonna que je prenne ma tablette pour sortir et je lui lançais un regard entendu. Était-il sérieux ? Voulait-il vraiment jouer le mari modèle et m'emmener réellement boire un verre ? Pitié, pas à moi. Il allait avoir carrément mieux à faire que de se taper un verre avec son assistante et nous n'allions pas jouer la comédie au dehors s'il n'y avait personne que je connaissais en vue, alors... La question était plutôt de savoir à quoi lui jouait exactement ? Et lorsqu'il s'offusqua de la « technologie entre nous », alors que nous « sortions en amoureux », je roulais des yeux en soupirant. « Oh pitié... », murmurais-je, juste au cas où quelqu'un passerait par là sans que je m'en aperçoive. Après, il allait me reprocher de prendre du bon temps et de ne pas faire mon travail. Comme si le fait qu'il me donne du travail alors que j'étais théoriquement en vacances n'était pas déjà suffisant.

Mais non, monsieur avait d'autres projets et monsieur était contre. Très bien, songeais-je alors qu'il m'arrachait l'engin des mains pour le reposer dans la chambre. Qu'il ne vienne surtout pas se plaindre ensuite que j'ai pris du retard dans mes devoirs. Bon sang, je vais devoir me taper une nuit blanche pour pouvoir lui donner au moins une critique demain. Parfois je le maudissais vraiment. Est-ce que ce sorcier vaudou spécialiste des malédictions squattait encore Venice Beach ? J'étais en train de me dire qu'il faudrait que j'aille vérifier, mais avant, il me faudrait déterminer à quoi je le condamnais. Boutons purulents sur tout le corps ou déficit masculin prononcé ? Alopécie soudaine ! Sans ses cheveux, sa maudite barbe faussement laissé à l'état naturel et la pilosité sauvage de son torse... Il serait clairement beaucoup moins sexy ! Bon, j'avais au moins mon téléphone portable s'il me jetait au bord de la route... Ou quittait le navire en d'autres compagnies.

Je roulais de nouveau des yeux lorsqu'il annonça que ce soir il serait la seule chose dont j'avais besoin, mais me retint de tout commentaire déplacé. Nous commencions déjà à traverser le couloir et notre intimité n'en était désormais plus. Je connaissais trop ma famille pour ne pas ignorer que d'un moment à l'autre, nous allions croiser quelqu'un. « Excuse-moi, mon amour », dis-je donc avec toute la sincérité dont j'étais capable. « Tu sais que je n'aime pas être cause de tes retards dans le travail. Mais tu as raison ! Profitons un peu de nous. » Je m'accrochais à sa main et lui offrit mon plus beau sourire. « Oui allons les prévenir. Si jamais nous ne devions pas être à l'heure pour le dîner... » Sous-entendu s'il disparaissait et que je devais couvrir son absence. Impossible d'envisager qu'il passe plus d'une heure avec moi pour autre chose que le travail ou cette foutue comédie... « Autant qu'ils ne nous attendent pas. On se débrouillera pour trouver quelque-chose à manger. » Oh, ça me faisait penser qu'il ne fallait surtout pas que j'oublie mon sac à main. Il avait largement assez d'argent pour payer à manger, certes, mais s'il était interdit de refuser quelque-chose d'offert, il était hors de question que j'abuse de son compte en banque. J'étais son épouse pour la galerie, pas par amour, ni par profit pécunié.

Et c'est toujours nos doigts entrelacés que je le conduisis jusqu'à la cuisine où ma mère regardait le petit monde évoluant dans le jardin. Malgré moi, je serrais un peu plus la main dans la mienne, alors que je songeais qu'il allait aussi falloir aborder le fait que nous allions déménager et donc rester un peu plus longtemps que prévu en ville. Et merde... « Hum... Maman... », l'interpellais-je doucement. « Oh ! Les enfants », dit-elle en se tournant vers nous, souriant en regardant ostensiblement nos mains jointes. « Owen m'a proposé une petite sortie à deux et... On ne sait pas trop combien de temps on va rester en ville, donc... Ne nous attendez pas pour dîner... Okay ? » Le visage de ma mère valait tout l'or du monde à ce moment-là. Elle avait l'air tellement surprise. En quoi était-ce si inenvisageable que deux amoureux veuillent s'offrir une soirée sans personne ? Oh oui, bien sûr. Depuis leur premier enfant, eux n'avaient plus jamais eu ce besoin-là. Ce besoin pourtant vital pour un couple, de se retrouver un peu en tête-à-tête. Étaient-ils vraiment normaux ? « Bon très bien ! Mais... il y a une raison particulière à ce soudain besoin ? » Nous y voilà. Mère trop curieuse et perspicace. Je me mordis la lèvre inférieure et regardais Owen en appel au secours. Pourquoi avais-je tant de mal à dire les choses ?

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MessageSujet: Re: C'est une blague? [Olivia ♥]   Mar 26 Aoû - 17:58






C'est une blague?

Avec Olivia R. O'Ceallaigh



Je ne sais pas si c’est parce que je suis le patron ou si c’est dans sa nature de s’écraser, mais je remarque que c’est toujours moi qui ai le dernier mot. Oh, ça ne m’étonne absolument pas, j’ai toujours eu de la répartie et pour me faire taire il faut s’accrocher, mais j’aurais pensé qu’elle avait un peu plus de cran que ça. C’est vrai quoi, depuis peu elle n’hésite pas à dire ce qu’elle pense quitte à me tenir tête. Mais sans doute, n’a-t-elle plus rien à dire au bout d’un moment, contrairement à moi. La répartie c’est important surtout quand on veut se faire un nom dans ce monde de requins. Si on se laisse écraser par les autres, on est fini. Et ça, c’est hors de question que ça m’arrive. J’ai déjà eu affaire à bien pire qu’elle et j’ai toujours eu le dernier mot. Toujours.

A présent que nous étions dans le couloir, le jeu de rôle reprenait et nos masques étaient de nouveau enfilés. Allez, jouons le parfait petit imbécile amoureux de sa femme. Finies les piques et autres vacheries à moins d’être extrêmement discret, mais ne prenons pas de risque, avec une famille aussi nombreuse, les murs ont des oreilles. Je tournai la tête dans sa direction lorsqu’elle s’excusa pour lui adresser un magnifique sourire.

« Ce n’est rien, tu as du mal à te détacher du boulot, je comprends ma puce. »

Ou pas. Le boulot est ce qu’il y a de plus important, il est donc normal d’y penser constamment. Et heureusement que tu ne me causes pas de retard dans mon travail, j’aurais une autre assistante sinon. Je crois d’ailleurs qu’en y réfléchissant, Livia est celle qui est restée le plus longtemps en tant qu’assistante personnelle. Les gens performants, on les garde.

La prochaine étape avant ma liberté était au moins de prévenir ses parents. La moindre des choses est quand même d’informer sa mère qu’elle doit compter deux personnes en moins pour le repas de ce soir. Inutile qu’elle cuisine de trop. Et surtout qu’ils ne nous attendent pas. J’aime beaucoup le « Si jamais » de ma chère femme. Elle pense peut-être rentrer pour l’heure du dîner ? Ou du dessert ? Non je ne crois pas. On ne sera pas à l’heure pour le repas, on mangera en ville. Je ne répondis rien cependant, me contentant d’acquiescer en souriant. Bien, attendons de tomber sur quelqu’un maintenant.

Et finalement, nous croisions sa mère dans la cuisine, à regarder sans doute sa progéniture par la fenêtre comme n’importe quelle mère poule, inquiète qu’il arrive quoi que ce soit à ses précieux mioches… A peine entrés dans la pièce, je sentais ses doigts serrer un peu plus les miens. Serait-elle nerveuse de parler à sa génitrice ? Pour quelle raison ? Elle ne va pas la manger… S’il y avait bien une chose dont j’étais certain, c’est que je n’avais absolument pas peur de mes parents. Les parents n’inspirent pas la peur, ni l’angoisse, alors pourquoi semblait-elle si hésitante ? Quand elle s’adressa à sa mère, j’eus l’impression de voir une gamine lui demandant l’autorisation de sortir… Oh my God. Je ne pouvais pas le faire, mais intérieurement je levai les yeux au ciel. Mais si c’est possible. « Les enfants… » Comment pouvait-elle nous appeler de cette façon ? Ai-je réellement l’aspect d’un gosse ? Seigneur non.

Je restais pour le moment spectateur, assistant malgré moi à une scène d’une niaiserie sans nom. Je rêve ou ma femme, une adulte de plus de trente ans, vient de demander l’autorisation à sa mère de sortir avec son mari ? Je ne sais pas réellement si c’était son but, mais en voyant la scène d’un regard extérieur, c’est fortement ce que j’en pensais. Mon dieu, achevez la. Et moi, comme le parfait imbécile, je restais là à sourire légèrement à sa mère. Mais pourquoi sa mère semblait si surprise à la fin ? Elle aussi était choquée de la voir attendre son accord ? Non ? Ah ce n’était pas ça apparemment. Qu’est-ce qu’il lui prend à elle aussi ? Pourquoi tire-t-elle une tête de merlan frit ? Qu’est-ce qu’il y a de surprenant dans la situation actuelle ?

J’eus rapidement la réponse cependant avec sa question tout aussi idiote que sa réaction. Une raison particulière ? Vraiment ? Oui, en effet, j’en ai marre de me coller une famille de cinglés. J’ai envie de respirer et de prendre l’air. Qu’est-ce qu’il y a de choquant là-dedans ? Ses autres enfants ne sortent jamais peut-être ? Je pensais que ma femme allait lui répondre. Mais rien. Le silence. Qu’est-ce qu’elle attend pour lui sortir un bobard ? Ce n’est qu’en tournant la tête dans sa direction que je vis ce regard. Un regard d’appel à l’aide. Oh bordel non. Elle n’est même pas capable de parler avec sa mère ? Non mais je rêve. Bon, je vais donc prendre les choses en main, comme toujours. Je reportai alors mon regard vers sa chère maman.

« Sauf votre respect Madame, ai-je réellement besoin d’avoir une raison pour inviter la femme que j’aime au restaurant ? »

Je lui adressai ensuite mon plus beau sourire, histoire de faire passer la pilule. En plus de cela, je lâchais la main de mon assistante pour passer mon bras autour de ses épaules pour ainsi la rapprocher de moi et lui déposer un baiser sur la tempe. Main que je finis par poser sur sa hanche.

« De plus, je ne connais pas du tout la région, ce serait donc un immense plaisir de découvrir la ville avec votre si merveilleuse fille. »

Toujours complimenter la famille, les enfants face aux parents. Ils aiment tellement sentir qu’ils les ont bien élevés. Mais j’ai réellement l’impression de demander l’autorisation de sortir et ça ne me plait pas. Vivement qu’on déménage.

« Je suis sûr qu’il y a pas mal d’endroits intéressants à visiter en couple. »

Ou seul. Mais là pour ce soir, nous serons à deux. Bien on y va maintenant ? Ou on doit attendre la bénédiction de la mère supérieure là ?




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MessageSujet: Re: C'est une blague? [Olivia ♥]   Mar 26 Aoû - 21:38

c'est une blague?

j'essaie juste... j'essaie juste de concilier les choses qui font ma vie, tu vois. J'essaie juste de faire au mieux.

Et le jeu avait repris si facilement, si naturellement. Alors que je regardais ma mère, la conviction profonde dans le regard qu'elle avait affaire à deux jeunes gens très amoureux, je ne pouvais m'empêcher de me demander si nous étions réellement doué ou si toute ma famille était tout bonnement aveugle. Mais les autres alors ? Les voisins, les conjoints de ma fratrie, les enfants ? Étaient-ils tous aussi dégénérés que les principales personnes de ma vie ? Non, nous devions être doué pour prétendre nous aimer, sinon nous n'aurions pas tenu ainsi deux semaines. En un sens, j'en étais heureuse. D'autant plus qu'Owen semblait être bien accepté par la famille, malgré les doutes qui pesaient encore sur la sincérité de nos sentiments. Le divorce serait une déchirure pour eux, mais ça serait toujours plus facile à avaler que le fait que leur fille avait accepté un mariage blanc pour faire avancer sa carrière.

Posant les yeux sur mon ''mari'', j'espérais qu'il m'aide. Un psychologue se ferait décidément un plaisir sans nom de m'analyser de A à Z. Il y avait tant de choses qui déraillaient complètement chez moi. Heureusement, en « parfait petit amoureux », Owen intervint, demandant s'il avait réellement besoin d'une raison pour emmener dîner dehors la femme qu'il aimait. Et alors qu'il m'enlaçait, m'attirant dans une étreinte pour embrasser ma tempe, avant de passer un bras autour de ma taille, j'entourais la sienne de mes bras et collait mon front contre son épaule, avant de le regarder avec tendresse. Oh il pouvait se montrer si mignon quand il le voulait. Charmant garçon. Il était toujours étonnant de voir combien il pouvait se montrer amoureux et passionné quand il y mettait un peu du sien. Dommage que tout cela ne soit que calculé et pour obtenir quelque-chose. Il aurait pu avoir tant de charme si seulement il avait été une personne agréable à vivre. Mais non, il était juste insupportable et ça, c'était très difficile à oublier.

L'homme poursuivit en précisant le fait qu'ils n'avaient, jusqu'à présent, pas vraiment visité cette région qu'il ne connaissait pas, passant de la pommade à ma mère sur combien j'étais merveilleuse. J'avais envie de lui dire de ne pas en faire trop sous peine de nous faire avoir, mais son regard semblait si convaincant... que je me serais presque mis à le croire moi aussi. Heureusement que la scène qu'il m'avait faite dans notre chambre encore tout à l'heure me rappelait viruleusement qu'il n'avait absolument aucune estime de moi et qu'à ses yeux, je n'étais sans doute même pas digne de figurer au tableau du genre humain. Il avait vraiment envie de se mettre ma mère dans la poche pour pouvoir obtenir sa liberté... et sans doute plus de choses encore. Qui sait ce qu'il pouvait prévoir pour avoir paix et avantage sur moi. Je n'étais pas dupe là-dessus. S'il se mettait mes parents dans la poche, lui n'aurait aucun scrupule à me faire du chantage devant eux, avec leur appuie pour obtenir tout ce qu'il voulait et même si ça ne serait pas de grosses choses, ça pouvait être suffisant pour me pourrir la vie.

C'est quand il se mit à parler des endroits à visiter en couple que je me décidais à reprendre les choses en mains. Voilà, nous lui avions dit de ne pas nous attendre, c'était fait. Pas la peine d'étaler toutes les choses qu'il avait en tête « à faire à deux », non plus. Cette conversation pouvait vite dérailler, je le savais et mieux valait l'éviter. Les joies d'avoir un mari qui adorait vous mettre mal à l'aise et une mère qui ne connaissait pas le principe d'intimité, de tabou et de conversation à aborder avec précaution quand on parle à son enfant. Non non non, je ne voulais surtout pas y penser. Aussi me libérais-je de son étreinte. « Bon et si on y allait, hein ?! »

Reprenant rapidement sa main, je le tirais hors de la cuisine le plus vite possible. « Bonne soirée maman ! A demain ! Embrasse les autres pour nous ! » Et en moins de deux, nous étions à l'extérieur de la maison, ma veste et mon sac à la main, à attendre que Monsieur O'Ceallaigh se décide à ouvrir sa voiture afin que nous puissions nous enfuir. « Prêt à retrouver la liberté ? », me moquais-je, soudainement bien guillerette. Fuir la maison me faisait toujours ce drôle d'effet, comme lorsqu'elle faisait le mur lorsqu'elle était adolescente. Et bien qu'il y avait fort à parier que cette joie serait tout aussi soudaine de fugace, rien ne pouvait salir son humeur... et encore une fois, tant pis si elle semblait folle. De toute manière, il y avait fort à parier qu'elle l'était totalement. Et là, je réalisais. J'étais avec mon patron et je fuyais ma maison et la mascarade de notre grand coup de foudre. Je me calmais donc immédiatement et reprenais contenance, me montrant plus sérieuse. « Bar lounge bien classieux ou pub à l'irlandaise ? », demandais-je pour lui indiquer la route, pas vraiment sur de ce que mon patron préférait comme ambiance, ni même certaine qu'il soit attiré par tout ce qui venait de chez lui. Avait-il déjà porté du vert pour la St Patrick ? Buvait-il souvent de la bière ? Je n'en avais aucune idée.

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MessageSujet: Re: C'est une blague? [Olivia ♥]   Mar 26 Aoû - 23:01






C'est une blague?

Avec Olivia R. O'Ceallaigh



Mon petit numéro de charme avait l’air de fonctionner sur la chère maman. Je sais que je suis irrésistible et que toutes les filles succombent à mon charme, excepté l’iceberg qui me sert d’épouse. Mais bon, ça viendra avec le temps, je suis sûr que je peux réussir à faire fondre son cœur de glace. Et je suis même persuadé qu’un verre ou deux ne lui fera pas de mal et qu’elle saura se laisser aller un peu. Aucune fille ne m’a jamais résisté, elle est bien la première, mais elle doit se retenir c’est évident. C’est pourquoi je vais l’aider à se lâcher un peu. Ça ne doit pas être agréable d’être coincé constamment. Comment fait-elle, elle se détend une fois seule ? Est-ce qu’elle a des amis au moins ? Je ne l’ai jamais vu avec personne. Est-ce que ça lui arrive de sortir ? Est-ce qu’elle s’est déjà prise une cuite ? Son comportement m’intrigue tellement. Elle est une énigme à elle toute seule, et comme elle est ma nouvelle distraction, je me dois de percer ses mystères. Et si en passant je pouvais faire en sorte que sa mère m’apprécie pour qu’elle me révèle quelques petites choses sur sa chère fille, je ne vais certainement pas cracher dessus. Je suis sûr que je peux facilement me la mettre dans la poche. Après tout, c’est sa fille qu’elle surveille apparemment, puisqu’elle pense qu’elle ne m’a épousé que pour l’argent ou monter les échelons. Je suis donc une victime à ses yeux, par extension. A méditer donc. Et puis, la pommade, je sais parfaitement la passer.

J’abordais ensuite le sujet des différents lieux à visiter en couple. Peut-être que sa mère aurait des endroits à nous indiquer ? Peut-être que la ville regorge de lieux sympas où je pourrais l’emmener – ou même visiter seul. Je me demande comment ma chère femme réagirait si je l’emmenais dans un sex shop. Elle a l’air tellement frigide. Est-ce qu’elle serait gênée ? Elle ne supporte déjà pas quand je l’approche de trop près, alors dans ce genre d’endroit ? Ce serait une chose à faire tiens. Il y a tellement d’endroits où je pourrais l’emmener en fait, tellement de lieux où je suis quasiment sûr qu’elle n’a jamais mis les pieds. Mais alors que j’étais perdu dans mes pensées, voilà que cette chère assistante retrouvait la parole. Ah tiens, ça y est elle n’est plus muette ou apeurée ? Oui, effectivement, si on y allait ? On ne va pas camper là tout de même. J’allais acquiescer mais elle me prit rapidement la main pour me sortir de la pièce, non, pour me sortir de la maison en fait. J’eus juste le temps de dire un petit « Bonne soirée » à sa mère, rien de plus que je me retrouvais déjà dehors. Eh bien, elle est rapide quand elle veut.

« Ça c’est de la rapidité. »

Je me dirigeais donc vers ma voiture décapotable et sortis les clés de ma poche. Oh oui ma liberté ! Je lui adressai un petit sourire, sincère cette fois avant de déverrouiller mon véhicule.

« Oh ça oui ! Et tu vas également savoir ce que ça fait d’être libre. »

Elle semblait joyeuse tout à coup, mais réellement cette fois, pas comme lorsqu’elle jouait la comédie. Oh, est-ce qu’elle commencerait à se lâcher un peu ? Mais mon espoir fut de courte durée, la voilà qui reprenait son air sérieux et coincé. Damn. J’ouvris la portière côté conducteur et m’installai derrière le volant. Ma précieuse voiture, enfin je te retrouve ! C’est si bon. J’attachai ma ceinture et laissai glisser mes mains sur le volant en souriant, comme si je n’avais pas revu mon trésor depuis longtemps, alors qu’elle dormait devant la maison.

Sa question en revanche me paraissait stupide. Tout le monde sait, et surtout les irlandais, que les meilleurs bars viennent de chez nous. Alors pour fêter notre liberté, rien de tel qu’un vrai pub comme j’en ai chez moi. Je n’avais pas envie de retourner dans mon pays, mais ce n’était pas pour autant que je crachais sur mes valeurs et mes traditions. Bien au contraire, ce sont les gens que j’ai fui, pas ma culture. Je tournai alors la tête dans sa direction, une expression de défi sur mon visage.

« C’est pourtant évident. Les pubs irlandais font les meilleures bières du monde, tu dois y gouter. Sinon tu passes à côté de quelque chose, vraiment. »

Je mis en marche le moteur, prêt à écouter mon GPS vivant pour me guider à travers les rues de la ville jusqu’à notre destination. J’avais hâte, réellement ! Pendant le trajet, je me rendais compte à quel point j’étais près de la vérité lorsque j’avais parlé de GPS. En effet, j’avais réellement l’impression d’en avoir un dans la voiture. Elle se contentait de simples « Tournez à droite », « A gauche », « Tout droit », si je faisais abstraction de sa présence, je m’y serais réellement cru… Enfin. J’étais concentré sur le trajet, du coup, je ne parlais pas plus, et je ne voulais surtout pas prendre le risque de la déconcentrer pour qu’on se perde. Puis en y réfléchissant, elle est l’une des seules qui verra les différentes facettes de ma personnalité. Pas que je sois schizophrène ou autre non non. C’est juste que je me comporte de telle façon au bureau, d’une autre façon lorsque je joue son mari, mais je suis également différent lorsque je sors.

Enfin bon, au bout d’un moment, on arrivait enfin à destination. Je garais ma voiture sur une place de parking, je coupai le moteur et je sortis. J’attendais qu’elle sorte également avant de verrouiller mon bébé. Théoriquement, on retrouve la même ambiance dans tous les bars irlandais du monde, espérons que ce soit bon dans celui-là aussi. J’avançais vers les portes d’entrée tout en jetant quelques coups d’œil derrière moi pour voir si elle me suivait. On ne sait jamais, elle peut encore s’enfuir et d’ailleurs pour que ce ne soit pas le cas, je l’attendais et posais une main dans son dos quand elle arrivait à ma hauteur.

J’ouvrais enfin les portes pour nous engouffrer à l’intérieur de l’établissement et là, je pouvais assurer que je n’étais pas déçu. Même ambiance, même odeur, j’avais l’impression d’être chez moi. Tout souriant, je la faisais entrer à l’intérieur, je dois avouer que ça fait du bien de renouer avec ses racines de temps en temps. Je pris une grosse bouffée d’air avant de me tourner vers elle.

« Il n’y a pas à dire, on retrouve la même ambiance dans tous les pubs irlandais. C’est juste génial. Allez viens. »

Toujours avec l’une de mes mains dans son dos, je l’attirais dans la grande pièce et cherchais une table du regard. Une un peu à l’écart serait l’idéal, mais de toute façon avec la musique et le bruit des conversations, il y a peu de chance qu’on soit entendu, au cas où. Je m’aventurais donc à travers la pièce avec ma charmante femme à mes côtés, cherchant une table mais jetant également des coups d’œil aux serveuses. Il y en avait des vraiment pas mal. Vraiment. Je ne pus donc m’empêcher de leur adresser des sourires charmeurs en passant devant elle ou même des petits clins d’œil. Oui, on ne change pas les vieilles habitudes.

Arrivés devant la table que j’avais repérée dans un coin, je laissais Livia s’asseoir pour m’installer en face d’elle. Je m’étais mis face à la salle comme ça je pouvais observer tout le monde. C’est un emplacement stratégique que je garde par habitude. Enfin, je portais mon regard sur mon assistante.

« Si tu viens dans un pub irlandais, tu es obligée de boire de la bière, j’espère que tu aimes ça. »

Je reconnais que j’avais perdu l’habitude de la vouvoyer, mais je vouvoyais rarement les gens avec qui je sortais. La jolie serveuse brune que j’avais repérée arriva rapidement et m’offrit un sourire splendide, nous demandant ensuite ce qu’on voulait boire.

« Deux bières ma jolie. »

Je lui répondis avec un sourire, le sien n’avait pas quitté son visage alors qu’elle repartait avec nos commandes. Bien, ça c’est réglé. A présent, faisons la conversation. Je posais mes coudes sur la table et me rapprochais légèrement pour mieux s’entendre.

« Alors Livia, parle-moi un peu de toi. Lorsque tu vivais ici, où est-ce que tu avais l’habitude d’aller ? »

Je m’intéresse un minimum à elle, puis pour le moment elle est la seule personne à me tenir compagnie. De plus, on est en dehors du boulot, en dehors de sa famille, c’est l’occasion d’apprendre à se connaitre non ? Et comme ça, je saurais si elle a toujours été coincée ou si elle sortait avant. Je ne sais pas grand-chose d’elle en fin de compte.





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MessageSujet: Re: C'est une blague? [Olivia ♥]   Mer 27 Aoû - 13:40

c'est une blague?

j'essaie juste... j'essaie juste de concilier les choses qui font ma vie, tu vois. J'essaie juste de faire au mieux.

Je n'appréciais pas beaucoup laisser mon patron entrer ainsi dans mon intimité, mais je n'avais pas le choix. Le deal et la nécessité étaient ainsi. Nous vivions dans un monde de requin. Si la moindre personne au bureau doutait de notre histoire, alors non seulement son plan tomberait à l'eau et il retournerait en Irlande avec interdiction de revenir sur le sol américain, mais en plus, moi j'irais en prison, parce que ce mariage était un véritable délit. Ici, c'était encore pire. C'était ma vie et le regard de ma famille sur moi, qui était en jeu. Le contrat était en jeu, la réalité de notre action aussi, mais tout ce qui comptait pour moi, c'était que ma famille ne sache pas. Je voulais qu'ils croient à notre amour et qu'ils pensent à celui-ci avait, finalement, été bien éphémère. Il fallait qu'ils en soient convaincu, qu'ils pensent qu'une fois de plus, j'avais écouté mon cœur et m'était désillusionné. C'était - encore - la solution la plus douce que je pouvais leur offrir à cette histoire. Tout le reste était trop horrible. Que je sois la fille profiteuse qui utilisait l'intérêt de son patron pour monter dans les rangs ou le mariage blanc pour son bénéfice à lui. Ça n'était pas cet homme horrible que je voulais protéger de leur jugement, c'était moi. Même si j'utilisais un drôle de moyen pour cela. Tout aurait été tellement plus simple s'ils n'avaient jamais appris que je m'étais mariée...

Owen répondit amusé à ma petite boutade sur la liberté, m'assurant que moi aussi, j'allais être libre et je ne pus refréner une grimace dès qu'il eut le dos tourné. Comme si je pouvais être libre en sa présence et qu'il n'était pas la plaie de mon existence. Sans lui, je n'aurais même pas eu l'idée de rester plus longtemps auprès de ma famille. Tout aurait été comme d'habitude. Deux longues semaines à avoir mes parents sur le dos pour savoir combien de temps j'allais rester célibataire et l'envie de fuir au plus vite dès mes vacances terminées. Pendant tout le trajet jusqu'au pub - puisque monsieur semblait finalement attaché à ses racines et décréta qu'il fallait absolument que je goûte à la « vraie bière » - je lui indiquais simplement la route, plus efficace qu'un GPS, imaginant sans mal les deux atroces semaines que j'aurais passées en famille en l'absence d'un mari dans l'équation. Toute ma relation avec ma famille était des plus paradoxales. Je les aimais tellement et j'avais toujours hâte de les retrouver, mais à peine arrivée, je n'avais de nouveau plus qu'une hâte : repartir. Cette relation bancale et à double sens avait toujours été ainsi, depuis ma plus tendre jeunesse. Avec lui, tout s'inversait. J'avais envie de fuir, mais je restais, quand avant, j'avais envie de rester, mais fuyait. J'avais envie que les choses avancent, que les problèmes que nous avions se règlent et Owen O'Ceallaigh était clairement la dernière personne que j'aurais pensé avoir une influence là-dessus. A quoi je ressemblais, sérieusement ?

Très rapidement, notre destination fut atteinte et il prit le chemin du pub, ne manquant pas de s'assurer que je le suivais, posant sa main dans mon dos pour me guider en première à l'intérieur. Je le laissais trouver une table, nous installer comme bon lui semblait et fit mon possible pour ne rien dire et ne rien montrer quand il regarda ostensiblement les serveuses. J'avais déjà rapidement fait le tour des visages et constaté qu'il n'y avait personne de ma connaissance dans l'assemblée. Tant mieux. Nous allions pouvoir être le patron et son assistante. Je n'étais pas d'humeur à jouer la petite épouse totalement amoureuse ce soir. Pas alors que cette invitation avait clairement pour but de m'emmerder... A moins qu'il veuille en savoir plus sur moi, avoir plus d'armes contre moi. Je n'oubliais pas que cette situation était des plus efficaces pour cela. En deux semaines, il en savait déjà plus sur moi qu'il n'avait pu chercher à en savoir en quatre ans et cela me mettait plus que mal à l'aise. C'était un patron abusif et j'étais une parfaite petite esclave. Il n'avait rien besoin de savoir de plus que ce qu'il savait déjà : ce que je valais professionnellement. Sauf qu'ici, dans ma famille, il découvrait qui j'étais à l'extérieur et il découvrait l'humaine détraquée sous le robot professionnel... merde, je ne voulais pas qu'il sache tout ça. Je ne voulais pas qu'il connaisse mes faiblesses, mes secrets et mes mensonges.

Il m'annonça qu'il était obligatoire qu'ici, je boive de la bière, me demandant quand même pour la forme si j'aimais ça et je hochais la tête en croisant mes mains sur la table, gardant malgré moi la posture professionnelle que j'empruntais chaque fois que je me retrouvais assise en face de lui au travail. On ne changeait pas ce qui était inscrit dans vos gènes. Pub ou bureau, j'étais son assistante ce soir, pas sa femme ou sa conquête avide de finir dans son lit. « Je dois dire que je suis une mauvaise consommatrice, cependant. Je bois plus de bières aromatisées genre produits pour filles que des vraies bières de qualité... », concédais-je à lui révéler. En fait, j'adorais la bière. C'était sans doute la boisson qui m'accompagnait le plus dans mes soirées solitaires à la maison. Mais comme je le lui avais dit, j'étais une fille dans l'âme à ce niveau et je raffolais des Kriek cerises et autres Desperados. Pour les « vraies bières », les blondes, brunes, rousses simples restaient une sorte de mystère pour moi. Elles n'avaient pas le même goût, pas la même force, ça je savais, mais je n'en savais pas grand-chose de plus. « Désolé... Je suis une véritable amatrice sur le sujet », dis-je malgré moi, comme si je m'en voulais d'insulter une part importante de sa culture. M'en voulais-je vraiment ou était-ce par habitude de ne pas vouloir contrarier les gens qui ne m'avaient rien fait ?

Il commanda deux boissons, ne se gênant pas pour faire tourner la tête de la serveuse devant moi et je roulais des yeux. Vraiment ? Il allait jouer à ça toute la soirée ? Si oui, qu'il me laisse partir de suite. Je n'allais pas le regarder préparer son prochain plan cul et lui servir uniquement de distraction le temps qu'il trouve un meilleur poisson. Soit c'était moi, soit c'était les donzelles, pas les deux... Attendez, comment ça 'soit c'est moi' ? Bordel Livia !!!

Finalement, l'homme se reconcentra sur moi, s'approchant un peu par-dessus la table pour mieux m'entendre et prononça la phrase que je n'avais vraiment, mais alors vraiment, pas envie d'entendre. Que je lui parle un peu de moi, que je lui divulgue des informations, que je devienne... quoi ? Humaine à ses yeux ? Comme s'il en avait quelque-chose à faire. Non, c'était trop inconcevable pour moi qu'il veuille vraiment en savoir plus sur moi. Il y avait autre chose. C'était un passe-temps. J'étais juste une distraction. Un manège intéressant dans la fête foraine. Je n'étais pas moi. Je soupirais, décidé à ne pas lui répondre, mais après une seconde de réflexion, sa question ne me parut pas si bête et les raisons de lui donner une réponse se firent vivace. Mes parents finiraient par lui poser des questions, lui demander comment était notre vie ensemble, lui parler de moi. S'il apprenait tout par eux, rien de tout cela n'aurait de logique. Une femme amoureuse parlait d'elle et écoutait son mari parler de lui. Une femme amoureuse savait des choses sur ses manies, ses habitudes et son passé et il en allait de même pour lui. Reculant un peu dans ma chaise, je croisais mes bras autour de moi et croisait les jambes, véritable armure de chair et d'os, alors que je regardais un peu autour de moi. « Je suis déjà venue ici une ou deux fois, mais c'était les anciens patrons », avouais-je avant de le regarder de nouveau. « Mais c'était il y a plus de dix ans. Côté déco, ça n'a pas beaucoup changé. » Ni niveau ambiance d'ailleurs. « Si on vous interroge sur le sujet », poursuivis-je pour bien lui faire comprendre que mes 'révélations' étaient calculées, faites pour que notre histoire colle, pas parce que je voulais vraiment lui parler. « Il y a un petit café du côté du bâtiment nord de l'Université. Au lycée on y allait souvent avec les copains. C'est là-bas que je passais le plus clair de mon temps, même si j'ai bien dû essayer la moitié des bars et des clubs de la ville... » Je haussais les épaules, plus vraiment très sûr. On avait essayé tellement d'endroit, mais on avait nos fiefs, comme tous les jeunes, je suppose. La Livia adolescente n'avait rien à voir avec la Olivia de maintenant. J'avais eu une adolescence... digne de ce nom, dirons nous. Soirées pas toujours autorisées, alcool trop consommé, bêtises dans les bâtiments publics la nuit. J'avais même eu quelques problèmes sur des manifs étudiantes où je m'étais montré un peu trop... passionnées. Rien qui ne m'avait conduit à un casier judiciaire, mais j'avais eu quelques démêlés avec des vigiles... et du travail d'intérêt général. M'enfin ça, il n'avait pas besoin de le savoir. Pour de vrai ou pour le jeu. Une femme n'allait certainement pas se vanter auprès de son capitaliste de mari d'avoir été une militante des droits sociaux et de l'écologie dans sa jeunesse.

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MessageSujet: Re: C'est une blague? [Olivia ♥]   Mer 27 Aoû - 19:48






C'est une blague?

Avec Olivia R. O'Ceallaigh



J’étais installé à mon aise, les coudes sur la table, dans une posture tout à fait normale. Le genre de pose détendue. Mais quand je la regardais s’asseoir, je ne pus qu’arquer un sourcil. Elle est sérieuse ? Même lorsqu’elle sort, elle se tient toujours aussi droite ? Aussi raide ? Aussi crispée ? Si j’étais vulgaire, j’aurais déjà employé une expression peu flatteuse avec un balai pour qualifier sa rigidité. Mais je ne m’abaisse pas à ça. Je ne fis aucune remarque sur sa façon de se tenir, pour le moment – mais ça viendra. En tout cas, elle acquiesçait lorsque je lui avais demandé si elle aimait la bière. Bien, qui n’aime pas ça de toute façon ? C’est le genre de boisson universelle que tout le monde connait, et il en existe tellement de sortes qu’il est évident que le monde entier aime la bière. Mais la meilleure reste la vraie, la bière irlandaise et ça, elle le découvrira bien assez tôt.

Mais finalement, elle ajouta quelque petits commentaires. Comme le fait qu’elle ne buvait que des bières pour femmes. D’un sens c’était assez étonnant. Elle, boire de l’alcool ? Si on considère évidemment que ces bières en contiennent très légèrement. Je la voyais plutôt le soir chez elle avec une robe de chambre et un chocolat chaud à regarder une série à l’eau de rose. Ce serait bien son genre. Mais d’un autre côté, boire des bières aromatisées, c’est bien un truc de femme. Pour se donner l’illusion de boire de l’alcool. Mais ce genre de boisson est aussi inoffensif qu’un verre de lait… C’est sûr que les vraies bières de qualité, on ne les trouve que dans ce genre de pub.

« Tu auras donc l’occasion d’en gouter une vraie ce soir. Et tu sentiras la différence, je te le garantis. »


La différence, pour la sentir, elle la sentira, ça n’a clairement rien à voir. Et soudainement, elle s’excusa. Mais pour quelle raison ? Je ne vois pas ce qu’elle a fait qui prête à présenter ses excuses, alors pourquoi ? C’est assez surprenant, sachant qu’elle me sort ça d’un seul coup, sans prévenir. Jamais ça ne m’arriverait. D’une part parce que s’excuser est un signe de faiblesse et d’autre part… Parce que je ne suis pas faible. Enfin toujours est-il que je ne comprenais pas sa raison. J’affichais un air perplexe, fronçant les sourcils.

« Et alors ? Ce n’est pas une raison pour s’excuser. Il faut bien commencer un jour. »

Tout le monde ne nait pas professionnel dans tous les domaines – à quelques exceptions près. J’espère qu’elle n’est pas du genre à s’excuser pour un rien, quelle réputation je vais avoir moi ? Avec une femme qui s’excuse tout le temps pour des broutilles… Moi marié à une faible… Non, il va falloir que j’agisse là-dessus si jamais elle s’excuse de nouveau.

Par la suite la serveuse me ramena à la réalité et comme à mon habitude, je ne m’étais pas gêné pour la charmer malgré moi – ou pas. C’était devenu une véritable habitude, lorsque je voyais une jolie fille, je me sentais obligé de lui sourire, de la regarder d’une certaine façon… Bref de faire du charme. C’était presque un réflexe, un automatisme, je n’y pouvais rien. C’était plus fort que moi.

Bien une fois la commande passée, je m’étais concentré sur elle. Il faut que j’apprenne à la connaitre, pour un tas de raison. Pour pouvoir utiliser les informations à mon avantage tout d’abord. Toute information sur les personnes proches de moi est bonne à prendre. On ne sait jamais, un jour, j’aurais peut-être l’occasion de faire du chantage. Pour me faire une meilleure idée de la personne qui est censée être la plus importante à mes yeux à présent – oui censée, parce qu’en top position, c’est moi. Mais également au cas où ses parents me posent des questions en privé. Il vaut mieux être prévoyant. Ils peuvent très bien avoir l’envie de me tester un jour et me demander quelle est sa couleur préférée. Et très franchement, je n’en sais rien. Or, un couple doit tout savoir l’un de l’autre. Jusqu’à ces petits détails insignifiants comme sa taille de vêtement, sa date d’anniversaire et ce genre de connerie. Cependant à voir l’expression de son visage, elle n’avait pas l’air de vouloir répondre. Jusqu’à ce qu’elle arrive à la même réflexion que moi – du moins je suppose, est-ce qu’elle m’aurait répondu sinon ? Elle finit par me répondre en reprenant une pose de coincée.

Euh… Livia. Es-tu certaine que je m’intéresse à la déco qu’avaient mis les anciens proprios ? Et effectivement, elle avait eu la même pensée que moi, « si on vous interroge », sous-entendu ses parents. Café près de l’université. Ok. Rien de bien passionnant donc. J’ai une femme barbante. Ah, elle a essayé les bars et les clubs, c’est déjà plus intéressant ! Je me redressais légèrement sur ma chaise. J’attendais qu’elle continue, qu’elle raconte des évènements marquants, des conneries faites, ce genre de choses. Mais rien. Elle s’arrêta là. Ah. C’est tout ? Moi qui m’attendais à un scoop. Je restais sur ma faim là. J’étais limite déçu.

« C’est tout ? Pas de conneries ? Pas de folie, rien ? »

Enfin, en y réfléchissant, ce n’est pas vraiment étonnant… Mais plus je la regarde, plus sa posture m’agace, j’ai l’impression de la faire passer un entretien d’embauche.

« Tu sais quoi ? Tu vas te détendre un peu pour commencer. Tu m’as l’air crispé, or tu n’es pas en entretien là. Le temps d’une soirée, oublie que je suis ton patron. Comporte-toi comme si j’étais un ami, ou ton mari tiens. »

Ce soir, je n’avais pas envie de passer ma soirée avec mon assistante mais avec une personne avec qui j’avais envie de discuter, de me détendre.

« Et tutoie moi. Ça aidera. »

On va essayer de réduire la distance entre nous, puis de toute façon, ça ira mieux quand elle aura bu un peu.

« Bon, tu y as certainement pensé aussi, mais un couple doit se connaitre sur le bout des doigts. Si tes parents viennent à me demander quelle est ta couleur préférée, je serais bien incapable de répondre. Alors ce soir, c’est ce qu’on va faire. »

Je sortis mon téléphone portable et activais l’application bloc-notes pour pouvoir prendre des notes. On va déjà poser les questions chiantes au début pour poser des questions plus intéressantes plus tard. Puis, l’alcool l’aidera surement.

« Alors, ta couleur préférée ? Ton plat préféré ? Sais-tu cuisiner ? Ta date d’anniversaire ? La taille de tes vêtements ? Et pas que les pantalons. As-tu des animaux ? »

J’avais enchainé les questions au fur et à mesure qu’elles me passaient par la tête. Même si la dernière question me paraissait un peu idiote étant donné qu’elle n’avait pas ramené de chien ou de chat avec elle chez ses parents. Enfin bon, c’est donnant-donnant, si elle me pose des questions, j’y répondrais également.





codage de whatsername.


Dernière édition par Owen O'Ceallaigh le Sam 27 Sep - 22:28, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: C'est une blague? [Olivia ♥]   Jeu 28 Aoû - 1:16

c'est une blague?

j'essaie juste... j'essaie juste de concilier les choses qui font ma vie, tu vois. J'essaie juste de faire au mieux.

Lui était un poisson dans l'eau, moi un poisson hors de l'eau. Comment voulait-il que je me sente à l'aise ici, avec lui... Avec lui, putain. Il m'assura que j'aurais l'occasion de goûter de la vraie bière et me promit que je sentirais la différence. Bon courage. A l'époque où je buvais vraiment de l'alcool régulièrement, le goût n'était pas le plus important. L'enivrement était recherché rapidement. Maintenant, je m'intéressais plus au goût, mais je buvais seule, ce qui était si pathétique que ma consommation d'alcool était proche du zéro... Quoique je me prenais quand même une bonne cuite ou deux par an... sans compter les dérapages aux repas familiaux. Mais bon, là n'était pas l'important, ni la question. Qu'est-ce qu'il en avait à foutre que je sois une consommatrice compulsive ou une sainte ? Quoique. Si je disais sainte, il allait probablement me trouver encore plus pathétique qu'il ne le pensait déjà.

Avis qui se ressentit tout à fait lorsqu'il s'étonna que je n'en dise pas plus sur mes soirées jeunesses. Est-ce que c'était tout ? Non, bien sûr que non. Il me prenait pour quoi ? Ah oui, pour sa parfaite petite assistante trop lisse. Pas de conneries ? De folies ? Bien sûr que si. Des tas. Trop. Des douloureuses, plus que des rigolotes, mais il y en avait eu quelques bonnes aussi. Des qui parvinrent tout de même à m'arracher un sourire amusé alors que je replongeais dans mes souvenirs. Si, il y avait eu de très bons moments. Pas toujours légaux, pas toujours acceptés par la société... Bon sang ma mère m'aurait tué si elle en avait su le quart... non attendez, ma mère en savait plus du quart, bien sûr... Pourquoi n'étais-je pas encore morte, en fait ? Parce que c'était ma mère,... avec toute sa manière complètement incohérente de gérer une famille... Enfin bref, je n'allais pas repartir sur ça. Non. Pas alors que monsieur m'intimait de me détendre. Genre, me détendre. Il croyait vraiment que c'était en m'intimant d'un ton autoritaire de me détendre et de lâcher un peu le statut d'assistante face à son patron que j'allais réussir à répondre autre chose que « oui patron » en m'éloignant le dos encore plus droit et le cul encore plus coincé ? J'avais des problèmes de comportement et des gros, j'en avais conscience, mais lui n'était pas franchement mieux avec son besoin permanent de se sentir supérieur et maître de ses obéissants sujets. Bon d'accord, sa voix était assez douce quand même, presque... encourageante, mais son regard trahissait l'agacement et l'ordre... à moins que j'ai oublié à force ce qu'était une demande gentille de sa part sans commande. M'avait-il seulement parlé une fois en dehors de notre spectacle quotidien pour me faire une demande et non me donner un ordre ?

Il soumit l'idée que je me comporte - pour une fois - comme si j'étais avec un ami et je haussais un sourcil. Sérieusement ? Il voulait jouer les 'amis' ce soir. Là, j'allais rire. Mais quand il proposa plutôt comme avec son mari, le rire s'effaça. Surtout quand il ajouta que je pouvais le tutoyer, que ça aiderait déjà à détendre l'atmosphère. Un pub comme celui-là, il doit bien y avoir des rats qui traînent et donc de la mort aux rats dans les placards, non ? Un peu de poudre dans son verre et c'est bon ! En plus, avec un peu de chance, on me proposera pour reprendre sa place, vu que je connais bien le travail... Okay, non, stop, pas de meurtre... même si c'est tentant. Et puis il poursuivit en expliquant l'intérêt d'en savoir plus sur moi, pour notre petite comédie et je compris que nous étions sur la même longueur d'onde à ce sujet, au moins en partie. Qu'il ne s'attende pas à tout un tas de révélations, cependant. J'allais en dire un maximum, mais pas me dévoiler non plus.

Ça n'était qu'un jeu. Une comédie de plus. Donner les bons mots, les bons regards et faire attention à chaque révélation. Servir le jeu, mais pas me desservir moi. Je pouvais le faire et le berner lui aussi. J'en étais certaine. Et lorsqu'il me bombarda de questions, je me dis qu'il était temps d'entrer en scène. « Bien ! », dis-je finalement au bout d'un moment. Je me redressais sur ma chaise, mais uniquement pour trouver une position plus confortable que celle de retrait. Décroisant mes jambes pour mettre mes deux pieds au sol, je posais mes avant-bras sur la table et m'affalait un peu dans mon siège. Pas trop pour ne pas être négligé, mais assez pour être... plus à l'aise ?

« J'ai pas vraiment de couleur préférée. J'ai pas l'impression que ça change grand-chose à ma vie. Mais ma mère te dira vert, mon père noir, ma sœur dira que c'est plus le rouge. Répond un truc du genre 'ça dépend de son humeur' et ça passera très bien. Pour la cuisine, à la maison, c'était primordial de savoir faire. Tu sais jamais ce que vont ramener les voisins pour le dîner, ni qui sera au dîner d'ailleurs, alors vaut mieux savoir se préparer des trucs si tu veux pas finir avec des céréales et des sandwich pour seule alimentation pendant parfois des semaines. Je ne suis pas non plus un grand chef, mais j'me débrouille et j'sais improviser avec n'importe quoi. Je fais très bien les desserts, par contre. Quant à un plat préféré... je dirais la dinde farci de Thanksgiving. C'est toujours ma mère qui la fait, à la maison », expliquais-je, me perdant soudainement totalement dans mes souvenirs, mon regard s'illuminant de la joie que j'avais toujours ressentit pendant cette fête. Depuis mon départ pour New York, je ne revenais jamais plus de trois jours pour les fêtes de Thanksgiving, n'ayant que le week-end de libre pour sauter dans l'avion et venir passer les fêtes avant de repartir travailler. C'était peu, mais suffisant. Chaque seconde avec eux comptaient et nous n'avions pas le temps pour ressasser le passé comme nous l'avions pendant les deux semaines d'été ou Noël et le jour de l'an. Je regardais toujours cette célébration là avec mon âme d'enfant aimant sa famille plus que tout au monde. « Pendant longtemps elle ne voulait pas en faire plus que nécessaire, mais invitait toujours des gens au dernier moment, alors avec mes frères et sœurs on luttait à la fourchette pour obtenir plus de farce et plus de viande... et comme le ou la plus petite perdait toujours, on finissait par lui remplir son assiette et on se contentait des légumes. » Levant les yeux sur mon patron, je me rendis compte de la stupidité avec laquelle je m'étais plongée dans une histoire dont il se contrefichait à coup sûr et secouait la tête. « Bref, pour le reste, c'est le 30 juin, et je n'ai pas d'animaux. J'avais une plante verte à une époque, mais je passe tellement de temps au bureau qu'elle est morte de déshydratation. Et si on te demande ma taille de vêtements, tu n'auras qu'à dire que je refuse catégoriquement de te la donner parce que je veux que tu continues à croire que je suis une taille mannequin et que tu réaliserais combien tu m'idéalises en vérité si je te donnais une vraie valeur que tu pourrais comparer à Kate Moss. » Non, ça, il ne fallait pas y compter. Il n'aurait jamais mes mensurations. Qu'il prenne un mètre ruban et tente de me mesurer pour voir. Mais attention, j'avais grandi avec deux grands frères qui n'en avaient rien à faire que je sois une fille dans les combats. « Oh et si, pour la petite anecdote, il faut que tu saches que je suis née deux semaines avant la date initialement prévue. Ma mère adore dire à tout le monde que j'avais hâte de rejoindre la famille. » Je roulais des yeux malgré moi. « Si j'avais su... »

J'avais débité mes réponses sans ciller, sans oublier la moindre question et sans même avoir eu besoin de prendre des notes. Déformation professionnelle, une fois de plus. Travailler avec Owen O'Ceallaigh nécessitait d'avoir une mémoire immédiate phénoménale pour pouvoir engendrer un maximum d'informations sans avoir à prendre de notes. « Et donc toi », dis-je enfin, sentant que c'était mon tour de pouvoir légitimement poser des questions. Mais que demander ? Anniversaire ? Je devais lui passer un « HAPPY X YEARS » tous les ans à la même date. Mensurations ? Couleur préférée ? Quand on joue à ''bobonne va au pressing'', on finissait par avoir de bonnes idées pour ses questions là. Les animaux ? Idem, je connaissais son intérieur et tout ce qu'il contenait de vivant ou de mort... Cuir de vache qualité premium ! « Dis-moi un truc que personne ne sait », dis-je finalement en croisant mes pieds sous ma chaise, me rapprochant en m'appuyant de mes bras sur la table. « N'importe quoi ! »

Et merde Ce fut le moment totalement inapproprié que la serveuse choisie pour venir poser nos consommations sur la table, regardant avec une avidité qu'elle peinait à cacher mon cher patron. Elle mit un temps incalculable pour poser deux malheureuses choppes sur la table, tant et si bien que je finissais par croiser les bras, grognant de frustration. « Celle là aussi tu vas te la taper dès que j'aurais le dos tourné », demandais-je à mon mari avant de me tourner vers la fille. « Franchement, vous le voulez ? Je vous le donne. Ce petit... non je resterais polie pour une fois », dis-je comme si j'étais en plein combat avec moi-même. « Juste... protégez-vous, mademoiselle d'accord. Cette petite ordure a été voir ailleurs et m'a refilé les morpions de sa pétasse ! C'est tout ce que j'ai à dire ! » Okay, là il allait vouloir me tuer, mais rien que pour la mine décomposée de la serveuse et la tranquillité relative que nous aurions ensuite, ça valait le coup. Désolé monsieur O'Ceallaigh, mais ce soir, vous ne coucherez avec aucune d'entre elles. Reposant un regard amusé sur mon patron, je haussais les épaules, lui montrant bien que sa réaction ne me faisait absolument pas peur. « Quoi ? Tu m'as dit de me comporter comme si j'étais ta femme. Si mon mari draguait ouvertement une serveuse en ma présence, je m'assurerais que la ville entière sache que son pénis est impraticable. » Venais-je vraiment de parler de l'organe de mon patron ?

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MessageSujet: Re: C'est une blague? [Olivia ♥]   Jeu 28 Aoû - 18:31






C'est une blague?

Avec Olivia R. O'Ceallaigh



Je lui avais balancé tout un tas de questions et à présent j’attendais qu’elle me réponde avec un air de défi sur le visage et mon téléphone en main. C’est le moment d’apprendre des choses intéressantes. Qu’elle s’estime heureuse d’ailleurs, les questions que j’ai posées ne sont pas trop personnelles. J’aurais pu faire pire, bien pire. Mais inutile de la braquer maintenant. Elle avait l’air enclin à répondre en tout cas et plutôt motivée puisqu’enfin, elle adoptait une pose plus décontractée. Bien, en effet, commençons donc. Je l’écoutais attentivement sans jamais la couper – cela m’était impossible de toute manière – et je prenais des notes sur ce qui me semblait le plus important. Pour la couleur, je constate que personne n’est d’accord, du coup, ce sera au feeling. Elle sait donc faire la cuisine apparemment. Intéressant, ça peut toujours servir. Il me semblera donc évident qu’en tant que mari j’aie déjà gouté à sa cuisine si les parents m’en parlent. Surtout les desserts donc. Ok. Et la dinde en plat préféré. C’est noté.

Je baissais la tête vers mon téléphone de temps en temps pour y prendre des notes, l’écoutant sans dire un mot et acquiesçant de temps en temps pour lui indiquer que je suivais ce qu’elle disait. Après avoir parlé de Thanksgiving, elle s’arrêta, du coup, je relevai la tête vers elle. Personnellement, je n’ai jamais célébré cette fête, elle n’existe pas en Irlande et depuis que je suis ici, je n’ai jamais réellement trouvé d’intérêt à fêter ce jour-là en particulier. Ça fait peut-être 16 ans que je vis dans ce pays, mais je suis resté attaché à la culture de mon pays d’origine, sans réellement tester celle de la première puissance mondiale. De toute façon, les moments et les repas en famille, très peu pour moi. Inutile de me rappeler que je suis seul ici. Bref, je constatais surtout qu’elle semblait heureuse d’évoquer ce sujet. La preuve, elle raconta même une petite anecdote, perdue dans ses pensées, ses souvenirs. Je ne saurais dire pourquoi, mais je me sentais attendri par cette révélation. C’est mignon. Il m’arrivait aussi de me battre avec mes frères et sœurs pour avoir le dernier morceau de tarte, ou le dernier bout de viande, presque à chaque repas en fait. Sa petite histoire me fit penser à ma famille, dessinant un petit sourire nostalgique sur mon visage, malgré moi.

Son changement de sujet me surprit légèrement d’ailleurs et je repris mes esprits pour y noter sa date d’anniversaire dans mes notes. Quant aux animaux, je m’en doutais. Se plaindrait-elle subtilement qu’elle travaille trop avec la mort de sa plante verte ? Bon, peu importe, je ne suis pas son patron ce soir. Et je constate également qu’elle ne me donne pas sa taille de vêtement. Pourquoi ? Pourquoi les femmes sont-elles aussi complexées quand on parle de taille, de poids et de tout ce qui s’en rapporte ? Pourquoi ne pas parler de ça ouvertement comme nous les hommes ? On ne juge personne avec sa taille de vêtement. C’est vraiment un critère féminin que je ne comprendrai jamais. Enfin passons.

Puis vint une petite anecdote sur sa naissance. Deux semaines avant ? Ce n’est pas énorme. Mais si sa mère est fière de le dire, alors je dois l’imprimer dans un coin de ma tête, ça peut toujours servir. Et oui, on ne choisit pas sa famille. On pense tous la même chose, si seulement j’avais eu une autre famille, mais au final, on fait avec ce qu’on a et il y a toujours pire.

« Ok, je m’en souviendrai. »

Bon, je pense qu’elle avait répondu à toutes mes questions. Je ne crois pas qu’elle en ait oublié une. Il n’y avait pourtant pas forcément de logique dans l’enchainement de mes questions. Mais encore une fois, elle me montre son professionnalisme. Des assistantes aussi performantes, on n’en croise qu’une chaque décennie. Je ne suis pas prêt de la lâcher celle-là.

Finalement, elle me retourna la question sans vraiment me la poser. Je posai mon téléphone sur la table et croisai les doigts, attendant qu’elle me demande quelque chose. Je suis certain qu’elle me connait mieux que moi je la connais. Elle est déjà venue chez moi, je n’ai jamais vu son appart, ou sa maison ? Je ne sais même pas. Et malgré elle, elle a dû en apprendre des choses en découvrant ma maison. Mais je ne m’en cache pas, alors je m’en fiche. Elle doit certainement réfléchir à ce qu’elle ne sait pas sur moi. Au final, elle ne me posa pas de question précise, c’était plutôt à moi de me débrouiller pour trouver quelque chose. Un truc sur moi que personne ne sait ? Je ne sais pas. D’un sens, beaucoup de choses se savent sur moi, mais d’un autre côté, je reste assez discret. C’est assez paradoxal, mais personne ne connait rien de ma vie avant mon arrivée dans ce pays. Je ne parle jamais de ma famille ou de ma vie là-bas, ça doit donc être le seul sujet dont personne ne sache rien. En dehors de ça, je ne sais pas trop. Mes habitudes, elle commence à les connaitre et quand on vivra ensemble ce sera réglé. Mes gouts, elle en connait un certain nombre aussi, il n’y a qu’à voir ma maison.

Mais alors que je réfléchissais à tout ça, la charmante serveuse revenait avec nos bières. Ah oui, je commence à avoir soif ! Bon timing. Je remarquai immédiatement qu’elle me dévorait du regard et la lenteur calculée dont elle faisait preuve pour déposer nos consommations sur la table. Evidemment, le dragueur invétéré que j’étais, ne put s’empêcher de lui sourire également. Pas un sourire nostalgique comme tout à l’heure, pas un sourire chaleureux, mais plutôt un sourire charmeur. C’est plus fort que moi et forcément mon regard ne resta pas figé sur son visage non. La situation m’amusa alors lorsque j’entendis une sorte de grognement. Ah, la jalouse est de retour. Mais lorsqu’elle s’adressa à moi, je fus tellement surpris que mon sourire disparut illico alors que je reportai mon regard sur elle. J’en étais presque bouche bée, lèvres entrouvertes, le regard plein d’incompréhension. Qu’est-ce qu’elle me fait ? Je n’avais pas le temps de réagir qu’elle s’adressait ensuite à la pauvre serveuse. Au fur et à mesure qu’elle parlait, j’arquai un sourcil pour tenter de comprendre son petit jeu. Ce petit quoi ? Cette petite ordure… Oh rien que ça. Pardon ? Des morpions ? Moi ? Oh seigneur… Je ne suis pas stupide. La serveuse partit rapidement ensuite, ce qui ne m’étonna pas. Avec une mégère pareille, n’importe quelle nana saine d’esprit aurait rapidement pris la fuite. Cependant… alors qu’elle s’expliquait sur sa réaction, prétextant une attitude de femme mariée – ah elle est mariée quand ça l’arrange celle-là ! – une certaine satisfaction commençait à apparaitre dans un coin de ma tête. Mais oui, c’est évident ! Réfléchis Owen ! Tout à l’heure dans la chambre, elle semblait jalouse de Lisa et de toutes les potentielles trainées, pour reprendre ses termes, que je pourrais fréquenter. Et là, elle vient expressément de pulvériser les espoirs de la jeune serveuse – et les miens aussi du coup – une seule conclusion s’offre à moi ! Je lui plais et elle est jalouse !

Réaction certainement inattendue, mais j’explosai de rire. Littéralement. Je riais sans m’arrêter pendant de longues minutes, posant finalement une main sur mon ventre à cause des crampes. Non mais là vraiment ! C’est incroyable à quel point elle peut être mauvaise ! Elle protège son territoire, c’est mignon. Je finis quand même par me calmer, me contentant de sourire. Ça faisait longtemps que je n’avais pas ri comme ça, vraiment.

« Livia, Livia, Livia… Tu caches bien ton jeu. »

Je ne dis rien de plus sur le sujet, gardant mon opinion pour moi. Elle a un faible pour moi, c’est évident et ça expliquerait énormément de choses. Notamment le fait qu’elle soit si dévouée, je lui demande n’importe quoi, elle le fait. Je comprends mieux pourquoi elle a accepté de m’épouser. Ses conditions, c’était juste pour la forme, pour ne pas faire fille facile. Je vois. Bien, j’attrapais ma choppe pour la lever à notre santé, toujours ce sourire affiché sur mon visage.

« Allez à la tienne ma chérie. »

J’amenai ma choppe à mes lèvres, mais avant de boire, je tenais à ajouter un petit commentaire.

« Mais rassure-toi, je suis en parfaite santé. »

Après un petit clin d’œil à son attention, je laissai glisser cette boisson merveilleuse entre mes lèvres. Excellente ! La même que chez moi ! J’en bus plusieurs gorgées avant de la reposer devant moi, j’étais requinqué. J’attendais qu’elle boive avant de lui poser ma fameuse question.

« Alors ? Tu aimes ? »

Si elle me dit non, c’est qu’elle y met de la mauvaise volonté. Il n’y a rien de meilleur que la vraie bière irlandaise ! Enfin, revenons à notre sujet de départ. Elle voulait savoir quelque chose sur moi ? Quelque chose que personne ne savait ? Je n’avais pas envie de parler de ma famille, mais c’était le seul sujet dont personne ne connaissait rien. Autant rester vague. Je changerai de sujet si elle me pose des questions.

« Pour répondre à ta question, hum … Je viens d’une famille nombreuse. »

Voilà, ce sera suffisant, inutile de s’étaler sur le sujet. Et d’ailleurs, autant rebondir sur autre chose.

« Tu as déjà aimé quelqu’un ? Réellement ? »

J’étais assez sérieux pour le coup. Evoquer ma famille m’avait coupé l’envie de sourire, du coup, le reste de la conversation en pâtissait également. Je ne sais pas vraiment pourquoi j’avais posé ce genre de question, mais sur le moment, ça m’intéressait. Est-ce qu’elle est du genre solitaire ou est-ce qu’elle avait une vie bien remplie avant ? En tant que mari, je dois connaitre un minimum son passé. Je suppose.





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MessageSujet: Re: C'est une blague? [Olivia ♥]   Ven 29 Aoû - 15:54

c'est une blague?

j'essaie juste... j'essaie juste de concilier les choses qui font ma vie, tu vois. J'essaie juste de faire au mieux.

Je le vis prendre des notes avec soin sur mes réponses, alors qu'il hochait la tête de temps en temps. Bien, au moins, il prenait à cœur de garder précieusement certaines informations qui pourraient servir en cas d'interrogatoire carabiné de la part de ma famille. Heureusement, car même si j'avais fait en sorte qu'ils le laissent tranquille, prétextant qu'il était déjà assez stressé de rencontrer ma famille et qu'il avait conscience de l'importance de leur plaire pour que notre couple fonctionne - AHAHAH - je n'oubliais pas qu'ils savaient se montrer déterminé dans ce genre de situation. A un moment ou à un autre, l'un d'eux testeraient notre amour, juste pour être sûr et dans un sens comme dans l'autre - lui vis-à-vis de moi, comme moi vis-à-vis de lui - il nous fallait y être préparé. Un mariage sur un « coup de tête », tel que le nôtre avait été affiché dès le début - demandait encore plus de précautions. Si nous prétendions avoir voulu la bague au doigt et l'emménagement en commun le plus vite possible, il fallait que cela paraisse réel et que nous connaissions un maximum de choses des petites habitudes de vies de l'un et de l'autre. En un sens, dormir dans la même chambre dès notre premier jour ici avait été une aubaine. On avait beaucoup appris de l'un et de l'autre dans notre moment le plus intime qu'est le couché, même si nous ne jouions plus de rôle à ce moment-là. La promiscuité nous faisait toujours apprendre des choses.

L'interruption de la serveuse fut plus qu'un dérangement alors que c'était à mon tour d'en savoir plus sur lui. Pas que je le désirais réellement... je veux dire... moins j'avais affaire à cette personne et mieux je me sentais, mais il fallait que je connaisse ma part de son intime aussi. Que j'ai mes propres armes pour l'interrogatoire en règle auquel je serais sujette. Et puis en fait, si. Savoir quelque-chose que personne d'autre ne savait serait une arme imparable pour moi. Pas en tant que fan girl - comme il sembla le penser dès lors qu'il me regarda après le départ de la serveuse - mais en tant que secrétaire et compagne d'affaire. Notre relation tenait tellement du combat. Plus j'avais d'arme sur lui, plus j'avais de moyens de pressions. Je n'étais pas comme ça à l'origine. Je ne concevais ni ma personne, ni mon travail, sous ce fonctionnement-là. Mais lui oui et au vu d'où il en était maintenant, au vu de sa réussite, je savais que pour le surpasser, il me faudrait malheureusement utiliser les mêmes armes. Plus intelligemment, moins machiavéliquement, mais il me fallait des munitions.

Après le départ de la serveuse, Owen me regarda avec de grands yeux, probablement surpris que j'ai aussi peu de honte à employer de basses façons d'avoir la paix et ma victoire de la soirée. Je crus un instant qu'il allait me tuer... ou pire encore, me virer. Mais il n'en fit rien. Non. Owen O'Ceallaigh ne me fustigea pas pour la réputation que je venais de lui faire, ni ne sembla vouloir me tuer. Au contraire, il éclata de rire. Un rire franc et féroce, comme je n'en avais entendu que très rarement. Ça n'était pas le rire du travail, celui qu'il utilisait pour se mettre les professionnels dans la poche. Ni celui qu'il servait à ses maîtresses, séducteur, mais tellement calculateur lorsqu'on le connaissait un tant soit peu. Son rire était franc, sortant du cœur et le prenant aux tripes. Et alors qu'il posait sa main sur son ventre pour se tenir les abdominaux malmenés par ce rire, je me dis que peut-être, c'était après tout réellement ce qu'il attendait de moi. Il voulait que je lui montre une autre Olivia, après tout. Il voulait savoir ce qui se cachait sous la surface de marbre de sa parfaite petite assistante. Il m'avoua que je cachais finalement bien mon jeu et j'en venais à cette conclusion, alors qu'il m'intimait de trinquer. Tu ne sais rien de moi, Owen O'Ceallaigh, songeais-je avec un sourire en prenant ma propre bière. Tu ne sais pas de quoi je suis capable. La Olivia qu'il connaissait était trop sage, obnubilée par son boulot. C'était une caricature de moi-même que je jouais depuis des années, maintenant. Il ne connaissait pas la femme que j'avais fait taire pendant toutes ses années. Celle qui reprenait vie ici, à m'en terrifier jusqu'à l'os. Il ne connaissait pas la femme qui lui aurait mis un coup de pied au cul en lui disant d'aller se faire foutre à la seconde où il avait commencé à me traiter comme une moins que rien. Cette femme que je ne voulais plus être parce qu'aussi forte qu'elle était, elle avait un cœur palpitant et que ce cœur avait été trop douloureusement malmené.

Apportant la chope à mes lèvres, j'avalais une goulée de ma boisson, laissant le pétillant rouler sur ma langue, laissant derrière lui la saveur prononcée de l'orge. J'avalais une seconde gorgée avec plaisir, laissant la marque de qualité envahir ma bouche. Oh délice trop longtemps laissé de côté à la faveur des choses après et sans goût qu'était ma vie. Je devais l'avouer, cela faisait du bien de ne plus être la femme sans tâche et sans âme. Cela faisait du bien de sentir mon cœur palpiter comme un dératé parce que je ne m'écrasais pas et montrait qui avait le pouvoir entre la fille sexy au plateau et moi. Ça faisait du bien de montrer que je n'étais pas juste la plante verte sans goût dans le coin de la pièce, mais belle et bien une personne qui - quand elle le voulait - pouvait compter dans la balance.

Je pris délibérément mon temps, alors qu'il avait parlé avant de boire, m'assurant qu'il était parfaitement sain, contrairement à mes mots face à la serveuse et je souriais avec amusement alors que je reposais ma chope sur la table. « Oh mais j'espère bien, mon cher. Je n'aurais pas eu une nuit de noces torride avec un homme dont les résultats des tests MST avant le mariage étaient mauvais », dis-je avec un clin d’œil qui en disait long sur toutes les choses peu avouables que je pouvais éventuellement avoir en tête concernant cette fameuse nuit. Nous n'avions rien fait, certes et je n'avais aucune envie d'imaginer quoique ce soit avec lui en rapport avec un lit et une folle passion. Mais cela ne m'empêchait pas d'avoir certaines petites idées, ni certains souvenirs, qui valaient probablement son petit pesant de cacahuètes aux yeux de ce dragueur compulsif. Oh, ça pour avoir une toute autre Olivia que celle qu'il avait au bureau, il était servi.

Puis il me demanda si j'aimais et je hochais la tête en sirotant tranquillement. « J'avais presque oublié ce que ça faisait », avouais-je en oubliant soudainement toutes les interprétations qu'il pourrait faire de ce genre d'aveux.

Puis ce fut à son tour de passer aux aveux, justement et cela ne me surprit finalement qu'à moitié qu'il me dise pour la première fois qu'il venait, lui aussi, d'une famille nombreuse. Qu'à moitié parce qu'elle avait vu le regard qu'il portait sur sa propre famille et ça n'était pas celui d'un enfant unique envieux ou d'un enfant membre d'une fratrie plus « conventionnelle », ne comprenant définitivement pas comment il était possible de supporter plus de deux frères et sœurs. Non, il avait ce même regard qu'elle, nostalgique des temps passés et désireux de fuir au plus vite loin de cette tribu de dingue. Il avait cette soif de silence et de solitude qu'ont ceux qui ne trouvent pas de répit dans leur propre maison. Sa demande pour une maison à eux, loin de tout ce petit monde, n'était pas un caprice pour asseoir sa domination, mais un besoin vital et je laissais un nouveau petit sourire s'imprimer sur mon visage, avant de reprendre ses termes précédents. « Et c'est tout ? », demandais-je presque malicieusement, avant de reprendre mon sérieux. « T'as pas quelque-chose de plus... précis ? Un truc que les parents d'une famille nombreuse ne devineraient pas rien qu'en te regardant ? » Mais la question fut rapidement coupée par une autre qu'il me posa et qui me fit me raidir de nouveau et plus que jamais. D'où osait-il demander cela ?

« Je suis amoureuse de toi », dis-je sans pouvoir cacher la froideur des mots "amoureuse" et "toi" que j'étais censé dire avec passion en public et qui me donnait envie de vomir et le blocage inhérent à tout ce qui portait sur l'accès à mon cœur. « Et aucun parent digne de ce nom n'irait parler des anciens amours de leur fille à leur gendre », ajoutais-je pour clore la discussion, avant de réaliser ô combien il allait s'interroger sur le sujet. Mes parents ne parleraient jamais de Dimitri en premier, c'était certain. Dimitri était plus qu'un nom imprononçable chez les miens. Et dans cette famille où le tabou n'existe pas, le fait même que l'évocation d'une simple personne soit interdite signifiait toute l'importance de ne jamais... jamais aborder le sujet. J'allais changer de sujet, quand je réalisais que j'avais affaire à Owen et qu'il n'allait assurément pas se contenter d'un froid « n'en parlons plus » comme unique réponse. Même si ma réaction répondait amplement à sa question, j'étais certaine qu'il voudrait en savoir plus et il fallait qu'il comprenne bien que ce sujet-là n'était pas abordable. Avec moi d'une part, mais d'autant plus avec ma famille. « Je suis sérieuse, Monsieur », dis-je, réemployant directement mon ton et mon discours professionnel pour lui faire comprendre que sur ce terrain-là, il était hors de question de jouer, ni de s'amuser et que le contrat était en jeu. « Si j'apprends que vous avez posé la moindre question sur ce sujet à un membre de ma famille, au diable les conséquences pour moi et pour vous, mais on arrête tout. » Je n'arrivais peut-être toujours pas à le menacer directement de le mettre face aux services d'immigration, mais le message ne pouvait que passer. Et tant pis si je faisais dans le mélodrame. De toute façon, ma réponse avait été comme hurlé à la seconde où il m'avait posé la question. Mon corps tout entier m'avait trahi.

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MessageSujet: Re: C'est une blague? [Olivia ♥]   Dim 31 Aoû - 0:51






C'est une blague?

Avec Olivia R. O'Ceallaigh



Connaitre des petits détails – que j’aurais trouvé insignifiants il y a encore quelques mois – pourrait très bien nous sauver la mise si l’un des membres de sa famille se décidait soudainement à me faire passer un interrogatoire. En tant qu’homme fou amoureux de cette fille, je me devais de connaitre tout plein de choses sur elle, des informations aussi minimes soient-elles. Il ne fallait pas prendre de risques. On avait pas mal appris l’un sur l’autre durant toute cette semaine, notamment le soir en se couchant, étant seuls, on en profitait pour se mettre d’accord sur certains évènements par exemple. Mais tout en discrétion, là c’était différent. J’avais prétexté l’excuse des parents pour en apprendre plus sur elle – ce qui n’était pas réellement faux non plus – mais ma motivation principale était de découvrir le vrai visage de mon assistante. Pas celui de la femme mariée qu’elle joue devant sa famille. Pas celui de l’assistante que je vois tous les jours. Mais celui de la femme qu’elle est réellement. Celle sans masque ni rôle. Voilà véritablement ce que je voulais savoir.

J’avais ensuite retrouvé avec un certain plaisir le merveilleux gout d’une vraie bière irlandaise. C’est dingue, même si on ne se trouve pas sur le sol celtique, la bière a le même gout. C’est tout de même incroyable. Enfin ça me faisait tout de même plaisir de retrouver un peu de mes racines, c’est si rare. Mais ça fait du bien. Des fois, je me dis que mon pays me manque, j’y suis attaché mine de rien. Ma famille, bien que particulière, me manque aussi par moment. Mais il m’est impossible d’y retourner. Je refuse de tout perdre ici. Je me suis donné tellement de mal pour arriver là où j’en suis. Ce serait une véritable erreur de tout quitter. J’ai ma maison et ma vie ici, il est hors de question que je perde mon boulot, c’est tout ce que j’ai. Et je ne veux surtout pas retrouver cette cinglée. Madison… Je suis même étonné qu’elle ne soit pas venue aux Etats-Unis pour me retrouver… Non, ma famille ne lui aurait pas dit dans quelle ville j’habite. Bref, chassons ce souvenir désagréable de mon esprit, et concentrons nous sur Livia. C’est plus intéressant.

J’attendais sa réaction quant à la bière. J’étais sûr et certain qu’elle la trouvera bonne, voire excellente. Mais je constatais qu’elle prenait bien son temps. Au final, ce n’est pas à ma question qu’elle répondait, mais à ma remarque quant à mon état de santé. Je ne suis pas stupide au point de me taper n’importe qui sans me protéger. Cependant sa réplique m’arracha un petit sourire. Une nuit de noces torride ? Ah oui ? Son clin d’œil m’indiqua clairement qu’elle avait déjà dû s’imaginer ce genre de chose, à défaut de pratiquer. J’ai l’impression qu’elle se lâche un peu au fur et à mesure de la soirée et ça me fait plaisir. Au placard l’assistante coincée, montre-moi qui tu es vraiment.

« Une nuit de noces torride hein ? Raconte-moi alors, histoire d’avoir la même version. Parce qu’étrangement, je n’en ai aucun souvenir. »

Evidemment, puisqu’on n’était pas parti. Est-elle capable de parler sexe sans tabou ? J’attends de voir. Mais en attendant, en parlant de nuit de noces, on est censé être parti quelque part je suppose ? En général, les couples partent en voyage pour ça. Il faudrait peut-être qu’on se mettre d’accord sur la destination. Soyons un peu sérieux deux minutes.

« En parlant de ça, quelle destination ? Et si tes parents sont assez pointilleux pour demander des photos du voyage ou s’ils veulent voir les billets d’avion ? »

On ne sait jamais, je ne connais pas bien ses parents, mais ils ont l’air d’être du genre chiant.

« Ou alors, on part réellement en voyage quelque part, prétextant que le voyage de noces n’a pas encore été réalisé. »

Pour faire plus vrai, on peut toujours partir en voyage une petite semaine, sur une île, genre Hawaii ou un coin paradisiaque comme ça. On prendra des photos pour faire plus vrai et au moins, on ne pourra pas mentir, on y serait réellement allé. Evidemment, ce ne seront pas vraiment des vacances, le cadre aura changé, mais pas le boulot.

Concernant la bière, elle semblait d’accord sur le fait qu’elle était excellente. Normal. Elle avait oublié ce que ça faisait ? Elle ne sort donc jamais ? J‘avais raison pour le coup de la couette et du chocolat chaud devant la télé ? Ou alors, elle ne boit jamais d’alcool ? Après tout, c’est son style de vie, c’est son problème. Si elle aime être grand-mère avant l’âge tant pis. Mais elle passe à côté de beaucoup de choses.

Comme elle me l’avait demandé, j’avais dévoilé quelque chose que personne ne savait. Je n’avais jamais parlé de quoi que ce soit concernant ma famille à personne. Elle est la première à savoir que je viens d’une famille nombreuse. J’estime que c’est déjà bien. Mais je souris lorsqu’elle reprit mes termes. Oui, c’est tout. Elle semblait bien curieuse d’en apprendre plus pourtant. Si elle veut connaitre des détails sur ma famille, elle va se heurter à un mur. Je n’ai rien à dire et je n’ai pas envie de parler d’eux. Plus précis ? Non. Je n’ai rien à dire de spécial sur ma famille. J’ai une famille bizarre, c’est tout.

De toute façon, j’avais déjà changé de sujet, alors c’est trop tard pour revenir dessus. Je ne parlerai pas de ma famille ce soir, ni aucun autre soir. Pas encore. Ma question suivante n’était pas bien passée apparemment vu sa réaction. Ce qui me surprit un peu je dois dire. Je ne m’attendais pas à ce qu’elle soit aussi … Agressive ? Je constatais surtout que j’avais touché un point sensible vu la froideur de sa voix. Certes, je n’avais peut-être pas besoin de savoir ça pour l’éventuel interrogatoire de ses parents, c’était plus une curiosité personnelle. Cependant, sa réaction était intrigante. Pourquoi s’était-elle refermée aussi rapidement et aussi violemment ? Une blessure du passé ? Un cœur brisé ? Un amour qui s’est mal fini ? Je suppose. Si elle n’avait jamais été amoureuse de personne, elle n’aurait pas réagi de cette façon. Cela cache donc un secret. Et il semblerait qu’elle ne veuille pas en parler. Encore une énigme que j’ai envie de résoudre. Elle avait clos la discussion, mais je ne pouvais pas m’empêcher d’y penser. Qu’est-ce qui a bien pu se passer ?

Et voilà que l’assistante refit surface, m’appelant même Monsieur. Ces derniers temps, je ne l’avais plus entendu m’appeler comme ça. Oui, je constate que tu es sérieuse. Le sujet semblait tellement sensible… Au point de couper court au contrat, jetant par la même occasion son éventuelle progression dans le domaine éditorial. Le secret était bien gardé, et lourd apparemment. Quelque chose de terrible avait dû se passer. Assez pour tout arrêter. Bien.

« D’accord. Alors on évite également le sujet de ma vie en Irlande. Si tes parents posent des questions sur mon enfance, tu leur dis simplement que tout était normal. Rien de particulier. Et que j’ai quitté mon pays parce que j’étais fasciné par les Etats-Unis. »

Ce n’est pas entièrement vrai, ni entièrement faux. Si je suis venu aux Etats-Unis, c’est pour m’éloigner de ma famille et de mon ex, principalement. Personne ne saura les raisons, ça ne concerne que moi. J’ai également choisi ce continent parce qu’il était éloigné de mon pays d’une part, mais également parce que dans mon esprit, tout est possible en Amérique. Les plus grandes stars font fortune ici, ce n’est pas pour rien que c’est la première puissance mondiale. Enfin. La version que je lui ai expliquée suffira. Si jamais ils insistent, je saurai toujours me débrouiller pour rebondir et m’en sortir. C’est comme ça que j’ai toujours fait de toute façon.

« Concernant la révélation plus précise, je ne sais pas. Tu sais beaucoup plus de choses sur moi que je n’en sais sur toi. »

Qu’est-ce que je pourrais lui dire ? Je refuse de parler de ma famille, donc comme ça c’est réglé. J’ai tiré un trait sur ma vie irlandaise, ma vie a commencé depuis que je suis ici.

« Je suis arrivé aux Etats-Unis à 18 ans, avec à peine 200 dollars en poche. Quasiment tout mon argent  était parti dans mon billet d’avion et dans le passeport. Et voilà où j’en suis maintenant. »

J’étais extrêmement fier de mon parcours. Je suis parti de rien, et me voilà maintenant éditeur dans une très grande maison d’édition, j’ai ma propre maison et assez d’argent pour vivre tranquille pendant très longtemps. Que demander de plus ? Mes papiers… Je bus une nouvelle gorgée de ma bière pour faire passer tout ça, pour me remettre de bonne humeur. On va arrêter de repenser au passé et d’être nostalgique. Parlons d’un sujet plus gai !

« Alors dis-moi, à quand remonte ta dernière relation sexuelle ? »

Ben quoi ? Je veux savoir si elle est capable d’en parler librement ou si elle a des tabous. Et qu’elle ne me dise pas que ça fait partie du sujet qu’il ne faut pas aborder, on peut très bien s’envoyer en l’air sans amour, j’en suis la preuve vivante. Mais soudain, l’illumination ! Je sais ce qu’on va faire pour pimenter la soirée ! Et c’est un excellent moyen d’en apprendre plus sur l’autre !

« Oh attends, je sais ce qu’on va faire ! Tu connais le jeu Je n’ai jamais ? C’est simple, je dis une phrase, par exemple, je n’ai jamais sauté en parachute. Si tu l’as déjà fait, tu bois. Sinon, c’est à ton tour. On est dans un bar, c’est l’endroit idéal pour jouer à ce genre de jeu. Et c’est un bon moyen d’apprendre à se connaitre. »

Je lui servais un joli sourire pour la convaincre de se laisser tenter. Evidemment, je connaissais parfaitement la traitrise de ce genre de jeu, mais autant s’amuser tout en se découvrant. La discussion sera moins chiante.

« Allez, je te laisse même commencer. »

C’est parti. Voyons sa résistance à l’alcool. Personnellement, je le tiens très bien. Mais elle ?





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MessageSujet: Re: C'est une blague? [Olivia ♥]   Mar 2 Sep - 22:24

c'est une blague?

j'essaie juste... j'essaie juste de concilier les choses qui font ma vie, tu vois. J'essaie juste de faire au mieux.

Ça faisait un bien fou d'être soit. Même chez moi, dans la propre maison de mes parents, je n'étais plus moi, depuis qu'il était là et ça faisait du bien, pour une fois, d'être presque entièrement moi, de retrouver la Livia de Californie, joueuse et sincère, limite maladroite, bipolaire ou folle à lier. Oui, j'étais folle à lier, comme toute ma famille et cela m'arrivait de laisser cette part de moi prendre le dessus sur le reste, aussi rapidement et furtivement que pour le reste. La vraie Livia agissait et réfléchissait souvent après coup. La Livia professionnelle était un robot, analysant tout point par point, méticuleusement et rapidement, avant d'agir. La Liva professionnelle qu'il connaissait si bien n'aurait jamais parlé de la santé de son entrejambe, ni parlé de sexe torride lors de leur nuit de noces fictive. La vraie Livia n'avait aucune réticence à parler de ce genre de choses et souriait malicieusement de lui montrer qu'elle aussi avait du bagou.

Je souris de plus belle, toujours plus amusé, lorsqu'il me demanda plus de détails sur notre nuit de noces afin que nous accordions nos violons et fit mine de m'offusquer lorsqu'il nota qu'il n'en avait aucun souvenir. « Moi qui pensais que tu allais pouvoir me vendre du rêve en me racontant comment tu l'avais vécu. Je suis assez déçue. Finalement tu es comme tous les hommes. Quelques verres en trop et tu sautes sur la première venue sans même te souvenir de comment c'était. » Je buvais une nouvelle gorgée alors qu'il demandait la destination de notre lune de miel, demandant comment nous allions faire pour les photos et si nous devions prévoir un vrai voyage et je haussais les épaules. « On peut toujours prétendre que nous étions beaucoup trop occupé dans notre chambre d'hôtel pour prendre des photos et pour la destination... Fait comme tu le sens. De toute façon, je n'ai clairement pas les moyens de participer aux frais d'un voyage de noces et il est hors de question que tu en payes la totalité, alors on peut tout aussi bien l'avoir fait à la maison à New York que ça resterait d'une logique imparable. » Je vivais dans un des appartements aux prix les plus abordables dans un quartier favorisé de New York et dépensait déjà tellement d'argent dans mon logement, mes tailleurs pour le travail et mes billets d'avion pour Los Angeles que ça n'était une surprise pour aucun des membres de ma famille que je n'ai même pas de quoi m'offrir une journée au spa. Que je n'ai pas pu débourser un centime pour une semaine aux Caraïbes ou dieu sait où pour vivre d'amour et d'eaux fraîches avec mon cher petit mari ne leur paraîtrait donc pas suspect et eux mieux que personne savaient que je n'aurais jamais laissé l'homme tout payer sans aider au moins un peu. Je n'étais pas vénale et encore moins profiteuse. Je ne supportais déjà pas de vivre sur le dos de ma famille, celle qui m'avait donné naissance et élevé, ça n'était pas pour profiter des richesses d'un mari que j'avais eu la chance de « choisir » dans la classe la plus fortunée.

Puis je revenais une minute sur la bière, lui assurant que ça faisait longtemps que je n'en avais pas bu et que cela faisait un bien fou et c'était vrai. Depuis combien de temps exactement m'interdisais-je ce genre de petits plaisirs ? A oui, depuis que j'avais tiré un trait sur celle que j'étais lorsque je vivais à New York. Depuis mon mariage avor... depuis mon mariage raté et jeté aux ordures et depuis qu'à cause de cette peine et de la pitié que je pouvais inspirer à mes sois-disant amis, je m'étais éloigné de tout le monde, ne gardant que des relations cordiales avec l'essentiel de mes connaissances et abandonnant l'idée de me faire de nouveaux amis... de vrais amis. Bref, depuis que j'avais tiré un trait sur une existence d'humaine pour ne me concentrer que sur ma carrière. Vieille fille solitaire, entourée de chats - probablement - avec une merveilleuse histoire professionnelle derrière moi, mais aucun enfant à rendre fière de ma vie, ni aucun mari à pleurer le jour où je serais trop vieille pour avoir encore un peu de compagnie. Voilà mon avenir tel que je l'imaginais. Triste, n'est-ce pas ? Avec un peu de chance, j'aurais toujours mes neveux et mes nièces pour pleurer la pauvre tante Livia, à la fin. Mais passons. J'étais encore jeune et j'avais toute ma vie professionnelle à faire progresser. Il allait juste falloir composer avec « divorcée » sur le papier.

Tout autant que je puisse être réticente à parler de ma famille, il semblait qu'Owen l'était encore plus. Lorsqu'il s'agissait de parler de la sienne. Tant mieux, en un sens. Nous pouvions contractualiser là-dessus aussi si cela devenait nécessaire, mais en attendant, j'étais certaine qu'il ne poserait pas de questions sur la « vraie fois où j'avais été amoureuse » tant que je pouvais utiliser son aversion pour les confidences familiales comme bouclier. Il me fit donc le laïus habituel, m'expliquant qu'il me fallait répondre un simple « RAS » en cas d'interrogatoire sur le sujet et je hochais la tête. Nous étions d'accord. Rien à dire pour son enfance dans son pays natal et moi je n'avais rien à dire sur ma vie sentimentale passée. Après tout, notre relation était exclusivement faite de contrat à base de points et de contreparties. L'amour avec un grand A. N'est-ce pas ?

Penser que la discussion s'arrêterait là, tout simplement, était mal connaître Owen O'Ceallaigh, cependant et rapidement, l'homme reprit son jeu favori : Trouver comment me percer à jour en me mettant dans la situation la plus désagréable possible. Avant cela, cependant, il répondit quand même à ma question, m'expliquant que je savais bien plus de choses sur lui qu'il n'en savait sur moi de toute manière et me relatant son arrivée aux Etats-Unis de manière très succincte, avant de conclure par ce que je savais déjà sur l'homme qu'il était maintenant. Un homme qui n'était parti de rien et qui avait construit un véritable mini-empire autour de lui. J'avais du mal à douter qu'il ne puisse pas un jour devenir encore plus fort, connu et reconnu. Je le voyais tellement réussir dans tout ce qu'il entreprenait, j'apprenais tant à ses côtés, même s'il ne m'enseignait rien, parce que je le regardais seulement mener d'une poigne de fer ses projets. Pas étonnant qu'il ait besoin d'une assistante parfaite. Il était un tel bourreau de travail, d'une exigence permanente et d'une rigueur à toutes épreuves. Ca n'était pas cela que je lui reprochais. Je lui enviais même ce don naturel qu'il avait pour mener ses affaires avec un calibrage d'orfèvre. Non, je lui reprochais tout le reste. Son mauvais caractère, son impolitesse, la façon dont il traitait les femmes - ma personne plus particulièrement - et sa tendance maladive à me prendre pour sa bonne même à l'extérieur de notre cadre professionnel. J'avais été sa femme esclave avant même qu'il ne me passe la bague au doigt et avant comme maintenant, je n'étais pas amoureuse et lui et je ne l'aimais même certainement pas assez pour pouvoir supporter cela.

Et puis le revoilà parti, me posant une question qui me fit manquer de m'étouffer avec ma bière. D'un geste rapide, toussant encore un peu, j'enlevais le liquide tomber sur mon menton du bout des doigts et les léchait pour ne pas perdre une goutte de ma précieuse boisson... « C'est un peu... très hors sujet, en fait ! », notais-je en reposant ma chope sur la table, croisant les bras pour me pencher vers lui et le regarder dans les yeux. « Et très personnel... » Mais n'en étions nous pas venu au point où plus rien n'était personnel à ses yeux ? Étonnamment, je préférais encore lui parler de ma vie sexuelle que de lui parler de mes peines de cœur, alors sans quitter ses pupilles des yeux, je lui offris un petit sourire innocent avant de répondre. « Ça dépend un petit peu. Tu veux dire avec un être humain ou avec un jouet à pile ? » Oui, j'avais une vie palpitante. Mon dieu. Et je savais très bien que j'utilisais le prétexte du boulot pour limiter au maximum mes contacts intimes avec l'espèce masculine, préférant cacher que la vraie raison du malaise constant qui me prenait dès qu'un homme avait droit d'entrer dans mon lit. Il allait me trouver pathétique, à tous les coups, mais tant pis. Mieux valait rester le robot pathétique que d'être la pauvre cruche au traumatisme tant psychologique que physique. Mon corps mutilé m'appartenait même si la mutilation était interne. J'aimais l'idée qu'elle reste invisible, quel qu'en soient les conséquences.

Et puis je vis l'illumination dans son regard, la soudaine idée « lumineuse ». Et merde, songeais-je, deux secondes avant qu'il n'émette sa trouvaille. Je n'ai jamais. Un jeu auquel je n'avais pas joué depuis des années. Et en homme galant - Tiens, il l'était quand ça l'arrangeait lui - il me laissa même la primeur de commencer, me proposant sans vraiment me laisser le choix ni le droit de jouer, ni le droit de ne pas commencer. Génial, il allait falloir que je trouve quelque-chose. Si possible de correct, de vraiment révélateur pour moi et surtout... surtout, quelque-chose qui ne fasse pas pitié. « Je n'ai jamais... » Quoi au juste ? La liste était pourtant longue, mais tout me paraissait si stupide. Je n'ai jamais mangé vietnamien ! Et alors ? Qu'y avait-il d'extraordinaire à découvrir que lui oui... ou non... Je ne voulais pas attaquer le plan sexuel non plus, mais avec la famille interdite et le boulot déjà connu par cœur, les possibilités valables et un tant soit peu acceptable pour monsieur n'étaient pas nombreuses. « ... fait d'études supérieures, après le lycée », finis-je par dire en désespoir de cause. Ne sachant pas vraiment où j'avais accepté de mettre les pieds. Vu ses questions, il n'allait pas hésiter à pointer en détail certains « Je n'ai jamais ».

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MessageSujet: Re: C'est une blague? [Olivia ♥]   Lun 29 Sep - 21:17






C'est une blague?

Avec Olivia R. O'Ceallaigh



Une chose était sûre, la femme que j’avais en face de moi à ce moment présent n’avait plus rien à voir avec celle que je côtoyais tous les jours. Le jour et la nuit, vraiment. Je peux comprendre qu’elle garde une attitude professionnelle souvent, notamment pendant les heures de boulot, mais pas constamment. A un moment donné, le naturel revient. Mais elle non. Jamais. Elle est tout le temps en mode secrétaire parfaite. Comment fait-elle pour contenir sa vraie nature vingt-quatre heures sur vingt-quatre ? Et surtout quel est l’intérêt de cacher sa véritable façon d’être ? Laissons-nous aller, relâchons la pression. Vivons comme nous le souhaitons, tout simplement. Mais apparemment ce n’est pas son cas. Soit.

Elle se libère tellement qu’elle ose même parler de notre hypothétique nuit de noces. Bien, mais dans ce cas, voyons jusqu’où elle peut en parler. C’est bien beau d’aborder le sujet, mais il faut continuer dedans et ne pas tourner autour du pot. Puis, je n’étais tellement pas habitué qu’elle aborde ce genre de chose, que ça m’amusait de lui en demander plus. Et forcément, en lui demandant les détails, elle avait évité habilement la question. Pourquoi est-ce que ça ne m’étonne pas ? Tellement prévisible. Je haussais alors un sourcil en souriant légèrement.

« Moi, je suis surtout déçu que tu n’en parles pas. Tu commences, mais ne finis pas. »

Et elle reporte la faute sur moi pour éviter de me raconter. Il va donc falloir que je la fasse boire pour que sa langue se délie un peu. Bien. Pas de souci. Relever sa dernière réplique qui me provoque ouvertement ? Non. Inutile. Je l’évite moi aussi. Je regardai un instant ma boisson et relevai juste les yeux vers elle en souriant d’un air de défi.

« Je ne vends pas du rêve avec la parole, mon coeur. »

Non, j’utilise mon corps pour ça. Et ça fonctionne plutôt bien. Je suis doué je dois dire. Des années de pratique. Elle le découvrira un jour. Quant à sa réponse concernant la destination de la lune de miel, la fin ne me plaisait pas vraiment. Bon tout d’abord, je ne suis pas le genre de personne faite pour le mariage, mais si je m’étais réellement marié par envie, je n’aurais pas voulu rester chez moi pour le voyage de noces… ça craint, vraiment.

« Une lune de miel à la maison… Non mais vraiment. Le but c’est de voyager pas de rester chez soi. Bon, on va dire qu’on ne l’a pas encore fait. Je refuse qu’on me prenne pour un radin qui a passé son voyage de noces chez lui, alors qu’il a clairement les moyens de voyager. »

J’ai tout de même une réputation à tenir. Alors on mettra ça au point plus tard. Quitte à voyager, autant partir dans un endroit paradisiaque. Pas dans un quartier minable ou dans un hôtel miteux. Je vaux mieux que ça. Et elle aussi, si on prend en compte la maison de ses parents. Bref sujet clos il semblerait.

Je lui avais ensuite posé une question d’une extrême indiscrétion qui, j’en étais certain, serait éludée également. D’ailleurs, je constatais que ma question sortie un peu de nulle part l’avait prise au dépourvu aux vues de sa tentative ratée de boire correctement. Hors sujet ? Oui et non. J’ai parlé de sa vie amoureuse précédemment donc on reste dans le thème sans aborder le sujet qui fâche. C’est juste un détournement de la conversation, rien de plus. Et c’est ma femme à présent, alors ça m’intéresse – en partie. Oui, c’est également un sujet personnel. A mon tour, je posai mes bras sur la table et me rapprochai d’elle.

« En effet. »

Mais bon, de mon point de vue, aucun sujet n’est intime ou tabou en ce qui concerne le sexe, alors pourquoi s’offusquer ? Je pensais qu’elle allait détourner la conversation ou fuir encore une fois. Mais elle n’en fit rien, au contraire. A sa question, mon sourire s’élargissait. D’accord. Je ne pense pas qu’elle soit du genre à sortir dans les bars pour chercher un mec avec qui coucher alors je suppose qu’elle utilise des jouets bien plus souvent. Je ne quittais pas son regard avant de lui répondre.

« Avec un être humain évidemment, un jouet c’est trop simple, il vit chez toi. »

Elle peut limite s’amuser seule tous les jours, ce n’est pas ce qui m’intéresse le plus. Bon reprenons ce pour quoi je l’ai amenée dans un lieu comme celui-ci, découvrir qui elle est vraiment. La voir se lâcher, percer sa carapace, la faire boire un peu – beaucoup ?- pour qu’elle m’avoue des choses sur elle, qui pourront toujours me servir par la suite. On ne sait jamais. Puis on est tout de suite plus agréable et plus bavard avec un verre ou deux dans le nez. Cependant, ce n’est pas en savourant une bière que l’alcool prendra effet rapidement. Il faut accélérer les choses. Et quoi de mieux pour ça qu’un petit jeu basé sur les confidences et la boisson ? L’illumination. Evidemment je la laissais commencer. Je suis certain que je tiendrai mieux l’alcool qu’elle, elle sera bourrée avant moi. En attendant qu’elle trouve une question, je me remettais au fond de mon siège, calant mon dos contre le dossier. Je suis curieux d’entendre ce qu’elle va me sortir. Perso, la question est déjà toute trouvée. Oui, tu n’as jamais ? Jamais quoi ? Puis la question tomba. Bon ok, je vois que tu n’es pas inspirée. Je secouai la tête en fermant les yeux quelques secondes, l’air de dire « pauvre fille tu t’es plantée. » J’amenai ma main vers mon verre pour l’attraper, mais je ne fis rien d’autre.

« Moi non plus. »

Bon dans ce jeu, à chaque réponse qu’elle soit affirmative ou négative, la personne qui répond doit argumenter un minimum, alors allons-y.

« J’ai eu mon diplôme de fin de lycée. Je devais intégrer l’université en Irlande, mais au lieu de ça, je suis venu aux Etats-Unis pour travailler. »

Bien, à mon tour ! La concernant, un sujet m’intéresse tout particulièrement et mon but est de la faire boire. Alors autant poser des questions dont je suis quasi sûr de la réponse. Je pris alors un air provocant en souriant avant d’affirmer d’une voix tout à fait innocente.

« Je n’ai jamais couché avec un homme. »


Je suis sûr que pour elle c’est le cas. Je le sais. Allez bois ma chérie.






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