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 Je n'attends que toi.

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MessageSujet: Je n'attends que toi.   Sam 6 Sep - 15:19

Je n'attends que toi.
(Alfred De Musset) ▽ « La vie est un sommeil, l'amour en est le rêve, Et vous aurez vécu si vous avez aimé. »
Mon bipeur est posé sur mon bar dans l’éventualité d’une urgence. Les cas sont rares car en générale je planifie mes opérations. Cependant, certains accidents graves demandent l’attention d’un expert en neurologie. Nous sommes plusieurs à l’hôpital à exercer dans cette branche, alors plusieurs cas doivent se présenter en même temps avant qu’on réquisitionne de mon temps libre. Bien que les incidents soient nombreux dans une ville comme Los Angeles, je n’ai entendu mon bipeur que deux fois à mon domicile depuis que je travaille au Good Samaritan Hospital, ce qui me permet de poursuivre mes recherches dans l’étude de l’organe que je tente de guérir de ces maux, chaque jour de ma vie. C’est actuellement ce que je fais. Mon pc portable est connecté à ma télévision et me permet de voir des documentaires avec plus de détail. Assis sur le sol, devant mon canapé, je prends des notes, avec pour support ma cuisse, sur toutes les informations que je trouve nécessaire afin de creuser ce qui m’échappe, à moi et au reste du corps médical. J’aimerai éradiquer quelques maladies avant de quitter cette terre. C’est un but que j’atteindrais peut-être jamais, mais c’est potentiellement ce qui pourrait me rendre heureux à défaut d’avoir le droit au bonheur autrement. Parce que si je travaille autant ces dernières semaines, si je m’exténue tant à la tâche et que je cesse de vivre en dehors de mes activités professionnelles, c’est que dans les autres domaines, j’ai un zéro pointé. Ma famille n’est pas ce que j’espère. Mes parents m’appellent une fois par mois avec un peu de chance - car s’ils tombent sur le répondeur, je n’ai le droit qu’à un pauvre message sans intérêt. Nouveau dans la ville, je n’ai pas autant d’amis que j’aimerai en avoir. Mes anciens, ceux de New York, se sont rangés du côté de mon ex. Il faut dire que mon état après la rupture ne donnait pas forcément envie de m’accompagner pour le reste de ma vie. Côté cœur…Et bien côté cœur, s’il est bien remplie, il est loin d’être comblé. D’ailleurs, un grand vide semble enflé depuis quelques semaines. C’est bien la raison principale de ce travail assidue.

Bien que j’aie l’esprit occupé, j’y pense encore et toujours. Je me sens heureux d’être amoureux, mais torturé de ne pas pourvoir le rappeler. Je joue à un jeu dangereux, je le sais. Je l’évite depuis quelques temps parce que le voir ou même l’entendre égaye ma journée tout comme cela me la détruit. J’aimerai pouvoir me dire qu’on se verra le soir, qu’on passera la nuit ensemble ou se prélasseront dans le lit le week-end entier afin de contenter notre amour, mais plus rien n’est sure. Il ne s’agit pas de moi. Je sais ce que je veux, je le veux lui. Mais lui ? Que veut-il ? Souhaite-t-il ne rien changer de sa vie ? J’ai pourtant perçu le contraire au détour d’un baiser. Ma plume griffonne sur le papier et je lis ce que mon esprit me dicte avant de le rayer « amour refoulé ». Je vais aller loin s’il n’accepte pas de m’aimer. Pourquoi le bonheur de chacun dépend toujours des autres ? Je dois me reconcentrer sur le cerveau, mon cœur est trop douloureux. L’image à l’écran pourrait m’aider, c’est un vieux scientifique qui parle. Il a le crâne dégarni, des lunettes posées sur le bout de son nez, il regarde par-dessus. Il ressemble à mon premier professeur de mathématique en Amérique. Sur l poche de sa blouse, il y a un stylo argenté avec des petits motifs gravés. C’est marrant, mais cela attire mon regard. J’ai déjà vu un stylo de ce genre, c’était dans ses mains, filant entre ses doigts pour y écrire un numéro de téléphone sur un bout de papier. Ce souvenir me revient en tête, Les yeux de Raphaël suivent chaque chiffre qu’il écrit avec élégance, puis il les lève vers moi, un sourire aux lèvres. A ce moment-là, je reconnais déjà l’évidence, mais j’ignore le chemin périlleux qui m’attend. Et voilà qu’un vieux médecin me rappelle le plus bel homme qui m’ait été donné de rencontrer, juste à cause d’un stylo – et sans doute offert par sa femme ! Misère.

Je mets l’arrêt sur image, un croquis de cerveau montre des zones actives et inactives pendant les rêves. Je me lève et décide de m’hydrater. Ces pensées échauffent l’esprit et assèches mon palais.  Je me dirige vers le frigo et jette un œil sur mon bipeur : rien. J’avais tant envie d’une urgence à cet instant précis. Mais ce fut la sonnette de l’appartement qui retentit. Regard perplexe vers la porte, je n’attends personne. Je pense à mon voisin qui n’a pas l’air très en grande forme, ces derniers temps. Mais il a l’habitude de frapper avec irrégularité. J’observe rapidement l’état des lieux. La cuisine est en ordre, seul mes clés de voiture et mon bipeur traine sur le bar. La vaisselle est faite, je n’aime pas qu’elle traine. Le salon est presque en ordre, il y a juste la table basse submergée de livres et de feuilles de note, accompagnés de mon téléphone portable. J’hésite à ranger le tout avant d’ouvrir, cependant, expédier tout ça à la va-vite m’embrouillera certainement lorsque je devrais m’y remettre. J’aime que tout soit dans l’ordre, méthodiquement classé. Je pose mon œil sur le judas et mon cœur bat à tout rompre. L’inattendu se tient derrière ma porte. Je ne sais pas pourquoi, mais j’ai pour réflexe de passer les mains sur mon tee-shirt dans l’espoir d’y effacer les éventuels faux-plis. Je décide d’ouvrir tout de même sans plus attendre. Face à son visage, je n’arrive pas à lui sourire franchement, j’ai plutôt un air peiné. Mon cœur rayonne pourtant, mais il pleure également. Son expression n’est pas celle que je préfère. J’aimerai qu’il soit simplement heureux, même si j’imagine que tout ceci ne doit pas être simple pour lui. Dans les deux choix, il rendra une personne malheureuse. Et soudain, j’imagine que cela pourrait être moi ! Je le pense souvent à vrai dire, mais le voir avec moi en pensée arrive toujours à me rassurer. Là, je suis effrayé. Effrayé qu’il me dise au revoir et effrayé par ce que pourrait être ma réaction. Je n’ai pas envie de le laisser m’échapper. Je n’ai plus envie de laisser les gens que j’aime m’abandonner et, aussi vite que cela a pu arriver, je crois que je ne pourrais jamais aimer autant une autre personne que lui. « Salut ! » lancé-je presque timidement, envahie soudainement par la culpabilité d’avoir fait le mort aussi longtemps. Je jette un œil dans le couloir et pour éviter les commérages de l’immeuble, je lui propose : « Entre. » Après un petit silence, je précise inutilement avec un soupçon d’étonnement et crainte : «  Je ne t’attendais pas. ». Il a beau tenter d’avoir bonne mine, je suis inquiet. Je voudrais pouvoir me noyer dans son regard, mais j’ai peur de me noyer dans des larmes qui pourraient y naitre pour me dire que notre histoire ne commencera pas.


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Dernière édition par Donovan Stone le Lun 8 Sep - 9:35, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Je n'attends que toi.   Dim 7 Sep - 16:00

Je n'attends que toi.
(Alfred De Musset) ▽ « La vie est un sommeil, l'amour en est le rêve, Et vous aurez vécu si vous avez aimé. »


Allez Raphaël, lâche ce volant et descends de la voiture.

Je pouvais bien m'exhorter à le faire, je restais le derrière vissé sur le cuir de ma luxueuse voiture, incapable de faire le moindre geste. J'avais l'impression que je m'apprêtais à sauter dans le vide. Ma vie n'était qu’un immense bordel en vérité. Oh en apparence, tout allait très bien. J'avais une superbe villa, une femme magnifique, deux enfants adorables, un boulot renommé et gratifiant. Oui, en apparence, je vivais une existence rêvée que beaucoup devaient m'envier. Une existence dont je n'étais qu'un spectateur. J'étais étranger à ce bonheur apparent. Cela avait toujours été plus ou moins le cas, même si je n'en avais pris conscience qu'en tombant sous le charme d'un regard bleu et d'un esprit brillant. J'avais refoulé trop longtemps mes propres aspirations, me coulant dans le moule créé par mon père, par ma famille, sentant comme jamais le poids qui pesait sur mes épaules et m'écrasait.

Donovan... Il avait fait voler en éclat cette existence confortable et étriquée. Je ne me suis pas méfié. Je n'ai vu en nos sorties qu'un moyen de m'amuser, de passer un moment agréable avec un homme qui pouvait très vite devenir un ami et un confident... Quelle surprise que de m’apercevoir combien je m'étais trompé en voyant là une amitié innocente quand elle était en réalité bien plus complexe et que mes sentiments se faisaient plus profonds au fur et à mesure du temps... jusqu'à déraper. Commettre l'irréparable. Le coup de marteau qui a fait voler le miroir de mes illusions en éclats. Comment rester serein quand on voit toute sa vie se fissurer... Quand on s'aperçoit que son existence est un mensonge... j'ai fui... Je n'en suis pas fier d'ailleurs. Ce n'est pas mon habitude d'être lâche... Ou peut-être que si, quand je vois combien je me suis toujours plié aux exigences de ma famille e oubliant de vivre pour moi. Je n'ai jamais osé affronter mon père.

J'ai blessé Donovan, je le sais. Mon silence radio a du être un coup douloureux pour lui. Et quand j'ai décidé de lui demander pardon, c'est lui qui m'a évité. Signe, s'il en est besoin, que je l'ai meurtri. Pourra-t-il seulement comprendre les enjeux qui se trouvent dans la balance ? Ce que je peux perdre en acceptant mes sentiments ? Tout... Je perds tout. Mon épouse. L'affection de mon père... Ma renommée. L'homosexualité n'est pas forcément bien acceptée partout. Les gens font les hypocrites, sourient, disent que c'est formidable de s'assumer, mais à côté de cela, ils discutent dans votre dos, ils chuchotent. Et si je perdais l'affection de mes enfants ? Et comment réagira la femme bafouée qu'est mon épouse si je demande le divorce ? Je n'ai aucun soucis financier, elle non plus, mais cela pourrait coûter cher. Et mes collègues ? Les médias ? Tellement de sacrifices pour une passion qui pourrait être illusoire. Un feu de pailles. Je sais l'amour inconstant...

Je suis trop pétri de doutes pour parvenir à prendre une décisions. Alors il est temps de me confronter à l'homme qui m'a jeté dans ce tourbillon infernal. Peut-être qu'en sa présence je saurais enfin qui choisir... La raison ou la passion. Cela fait trop longtemps que je n'ai pas entendu sa voix, son rire, pas plongé mon regard dans le sien, senti ses yeux bleus sur ma personne. Cela me manque. Il me manque, ne me laisse aucune heure en paix. Aucune minute. J'ai essayé de me perdre dans mon travail, de renouer avec mon épouse. Mais tout sonne faux. Cette comédie a assez duré. Aujourd'hui, une décision sera prise. Pour le bien de tout le monde, pour enfin cesser ce jeu de dupe qui m'empoisonne.

Allez, maintenant Raph, tu vas prendre ton courage à deux mains et sortir de cette voiture !

Je desserrais le volant, ouvrant la portière pour m'extirper du bolide, avant de la claquer. Allez, on carre les épaules, et c'est parti. J'avance d'une démarche que j'espère assurée, jusqu'à la porte de Donovan. J'appuie sur la sonnette sans prendre le temps de réfléchir et de tergiverser encore deux heures sur le palier. J'étais en costume, sortant du travail. J'étais nerveux, beaucoup trop. Je n'étais jamais nerveux. J'étais du genre décontracté. D'habitude. Pas quand ma vie était en jeu, ainsi que mon cœur.

Quand la porte s'ouvrit, mon cœur cessa de battre la chamade pour se figer dans ma poitrine, avant de repartir de plus belle, en un battement assourdissant à mes oreilles. Donovan devait l'entendre, ce n'était pas possible autrement. Il est le premier à rompre ce silence pesant.

« Salut. »

Je souris légèrement, sans vraiment donner le change. En tous les cas, j'ai un début de réponse à mes questions alors que je me sens déjà vibrer en sa présence, que je me sens revivre après des semaines à me morfondre. Voilà, je suis devant sa porte et il peut m'envoyer balader, comme m'inviter. Je mériterais qu'il me dise de partir. Pourtant, il ne le fait pas, me proposant d'entrer, avant d'ajouter qu'il ne m'attendait pas.

« Le contraire aurait été étonnant, je ne pensais pas non plus être là ce matin. »

Aveu d'une décision prise rapidement. Mais pas sur un coup de tête pour autant.

« Je ne te dérange pas ? »

Ah j'avais envie de me gifler. Qu'est-ce que c'était que ce dialogue pauvre, comme deux inconnus... Nous étions gênés l'un avec l'autre et c'était ma faute.

« Je suis venu pour parler. »

De tout. De nous.

« Et te demander pardon de mon comportement. »



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MessageSujet: Re: Je n'attends que toi.   Dim 7 Sep - 19:03

Je n'attends que toi.
(Alfred De Musset) ▽ « La vie est un sommeil, l'amour en est le rêve, Et vous aurez vécu si vous avez aimé. »
« Je ne t’attendais pas », cette phrase est sortie toute seule, sans que j’aie eu le temps de la retenir. Car, en réfléchissant, elle ne voulait rien dire. Elle n’était même pas correcte. Bien sûr que je l’attendais.  En fait, je priai chaque soir pour qu’il se donne la peine de venir ou même de m’obliger à le croiser. Je n’espérai que ça, que je sois confronté à sa présence, par obligation. J’aurai pu me résoudre à aller à sa rencontre et faire le chemin tout seul, comme un grand. Seulement, j’avais tellement peur de la finalité d’une nouvelle rencontre que je n’ai osé pas le faire. Sans compter que sa femme n’avait pas l’air de m’avoir dans son collimateur. Elle avait bien perçu une gêne de ma part, mais rien ne me signalait qu’il lui avait révélé notre dérapage. Le pire dans cette histoire, c’est que je me sens coupable de ne pas me sentir coupable de ce baiser, alors que je sais qu’il est susceptible de briser une famille. Raphaël a le mauvais rôle, j’en ai conscience, mais je ne sais pas s’il y a vraiment un coupable ou seulement des victimes.  

La main toujours sur la poignée, je l’ai invité à entrer. Il n’y a pas de retour en arrière possible. Aujourd’hui, je saurai. Aujourd’hui, je vais avoir ma réponse et je mentirai si je n’avouai pas que je suis pétrifié. C’est pour cela que j’ai fermé cette porte, mais que je continue toujours à serrer cette fichue poignée avec une force inutile. Je crois que si j’écoutai ma peur, je fuirai, quittant mon propre appartement pour hurler dans les rues comme si j’étais pourchassé par des démons. Mes démons à moi, en cet instant, c’est l’amour et ses complications. Courage Donovan, tu en as affronté d’autres ! Je cherche une histoire de cœur dont j’ai moi-même mis fin, mais je me vois chialer comme un bambin à chacune de mes souvenirs de rupture. Je lâche alors la poignée et me retourne, m’adossant avec lourdeur sur l’entrée. J’ai lâché prise, je ne vais pas m’enfuir et ne lui laisserai pas faire de même. Il répond à ma question et je me mors la lèvre inférieure. Il a l’air aussi instable que moi, ne prenant ses décisions que sur des coups de tête afin de ne pas renoncer. Est-ce bon signe ? Pour le coup, c’est tout noir ou tout blanc.

J’ai envie de lui répondre que cela dépend des nouvelles qu’il m’apporte, mais je n’ose pas. En réalité, il y a un énorme combat dans tout mon être. La colère me demande de lui hurler dessus, de lui dire à quel point je me suis sentie abandonné, ; la joie me dicte de plonger dans ses bras et de l’étreindre jusqu’à calmer les battements de mon cœurs et plus encore si cela me semble trop court ; le désir ne s’occupe que de ses lèvres qui remuent, pour me dire ce qui lui semble poli, et aimerait les sceller avec les miennes ; la jalousie veut qu’on parle de sa femme ; la frustration voudrait me faire chialer à genou et à ses pieds. Tant de sensations qui me poussent à être rationnel et à agir sans devenir une caricature grotesque. En signe de réponse, j’hausse simplement les épaules. C’est mon corps qui commande, ma bouche aurait souhaité lui dire qu’il ne me dérangera jamais, mais ce serait accorder un pardon trop rapide. J’étudie tellement mes actions pour éviter les faux pas, que j’en ai perdu ma voix. Ah, je faisais bien le fier en ouvrant la porte, mais il semblerait que pour ces petites paroles, j’ai utilisé tout mon courage.

Ma gorge est nouée, mon cerveau en ébullition. J’acquiesce à la raison de sa venue. Le verdict ne tardera pas alors. J’ai tant besoin que ces choix aillent en ma faveur, aussi égoïste que cela puisse être. Mais en y songeant, je prends des risques moi aussi. Ce n’est pas comme si je ne mettais pas en péril l’atmosphère de mon milieu professionnel. C’est une question de pas de bol. Il s’avère que sa femme est ma supérieure, qui aurait pu le croire ? D’accord, je le savais lorsque mon cœur a chaviré mais tout cela ne se contrôle pas, si ? « Je crois que cela s’impose si on ne veut pas passer notre temps à s’éviter. » Les mots m’ont échappé, et aussi vite que je le regrette, je lui ai révélé que je me suis montré des plus distants et consciemment. Lui a cherché à me joindre ces derniers jours, alors je rectifie pour atténuer ma remarque : « Si je ne dois pas passer mon temps à t’éviter, en fait. » J’ai une grimace en entendant ma rectification. Je suis l’auteur majoritaire de cette impasse, c’est moi qui n’est pas voulu faire face à l’inévitable.

Lorsqu’il s’excuse, joie et désir se mêlent pour prendre le pouvoir, mais j’estime que la colère a le droit de les retenir.  J’ai toujours trouvé ça beau une personne qui s’excuse, c’est tellement rare de nos jours. Lorsqu’elle se présentait dans un beau costume et atteignait tant mon cœur, c’était pire encore : Des excuses haut de gamme. Il ne faut pas que je cède. De plus, je ne connais pas réellement ses intentions. Et s’il me repoussait m’affligeant un : « je me suis mal fait comprendre » qui me laisserait chaos ! Je ne peux pas, il me faut garder un peu de fierté dans l’éventualité d’une chute. Mes mains traînent dans mon dos et rencontre la poignée. Je repense à la fuite. « C’était puéril ! » balancé-je afin d’éviter de partir. Mais la phrase ne me semble pas juste, mal destiné alors j’ajoute avec honnêteté : « Je n’ai pas été très mature sur ce point. Tu avais tes raisons, mais les miennes étaient celle d’un ado pré-pubère. » Voilà que je retourne ma propre attaque contre moi, mais cela me semple plus correct ainsi. C’est vrai, je n’ai pas été mieux de mon côté, à fuir mes responsabilités. J’ai trente ans passé, merde ! J’embrasse un homme marié et je le laisse planter là, sous prétexte qu’il ne m’a pas donné signe de vie pendant des semaines. Il avait peut-être du tri à faire. Je sais que je pense qu’il n’a rien dit à sa femme. Mais cette dernière fut peut-être prête à entendre la nouvelle. A savoir, elle le trompait déjà avec un autre et n’attendait qu’une révélation du genre pour se libérer. Non, ce n’est pas possible. Comment peut-on aller voir ailleurs lorsqu’on était marié à un homme comme Raphaël. Avec cette certitude, je n’arrive pas à retenir cette question : « Tu as parlé à ta femme ? … Je veux dire, tu lui as dit ce qui s’est passé entre…nous ? » J’ai hésité sur le dernier mot. Y’a-t-il vraiment un « nous » ou suis-je le seul à le croire ? Mon ton n’était pas accusateur, mais j’aurai jugé être un poil trop vif. J’avale ma salive avec difficulté. Je suis toujours cramponné secrètement à ma poignée.


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MessageSujet: Re: Je n'attends que toi.   Dim 28 Sep - 10:12

Je n'attends que toi.
(Alfred De Musset) ▽ « La vie est un sommeil, l'amour en est le rêve, Et vous aurez vécu si vous avez aimé. »


Maintenant que je me retrouvais face à lui, il fallait aller jusqu'au bout de ma démarche. Je n'avais pas le choix. J'avais prévu toutes sortes de discours, je m'étais échiné à peser le pour et le contre, à réfléchir, encore et encore, me coupant de lui pour le faire sans que mes sentiments n'interfèrent et alors que je me retrouvais à fondre sous son regard azuré, je me rendais compte que la réponse à toutes mes questions était évidente. J'étais totalement influencé par lui, par ce que je ressentais. Ce n'était pas rationnel, mais depuis quand l'amour l'était-il ? L'évidence, elle se tenait devant moi. J'avais lutté tout ce temps. Vraiment. J'avais essayé de rentrer dans le rang, de sauver mon mariage, pour mes enfants, mais aussi par lâcheté. Ma famille allait me renier et mon boulot... Je n'en avais aucune idée. Un respectable procureur, père de famille modèle, époux aimant qui envoie tout en l'air pour vivre sa folle passion pour un autre homme... J'avais peur d'assumer cette image là. Au fond, c'était bien la lâcheté qui m'avait tenu éloigné de lui.

Nous devions donc parler et je le lui dis sans attendre. Parler de ce qui nous arrive, de ces semaines à s'éviter, de ce que cela implique pour moi. Il devait comprendre ma démarche, comprendre les enjeux et surtout ce que je pouvais laisser derrière moi pour lui. J'avais sans doute besoin d'être rassuré, besoin de savoir que je ne me lançais pas dans pareille folie qui ne serait qu'un feu de paille. Je ne demandais pas de longs discours, ni une promesse d'engagement, mais au moins l'assurance que mes sentiments étaient partagés. Juste cela. Que ce n'était pas un jeu, une passade pour lui et qu'il avait bien conscience d'où cela pouvait nous mener. Je l'estimais assez pour croire en sa bonne foi. Mais malgré cela, je voulais l'entendre. Il acquiesça alors, estimant cela nécessaire. Au moins, nous étions d'accord.

Je souris quand il rectifia ses propres paroles, essayant de me détendre.

« C'est de bonne guerre. »

Je l'avais mérité. Il avait toutes les raisons du monde à m'en vouloir et désirer me le faire payer. Je ne lui avais fourni aucune explication. Alors oui, je lui devais des excuses, c'était la moindre des choses. Et quand il ajouta que c'était puéril, je le regardais avec incertitude, avant qu'il n'ajoute rapidement que ses réactions étaient dignes d'un adolescent. Cette fois, je laissais un éclat de rire résonner chez lui. Dieu que cela m'avait manqué alors que j'étais proche de la déprime et vivais comme un fantôme depuis que nous nous étions quittés.

« Cela peut avoir son charme. »

Je le taquinais, avant de reprendre d'un ton léger, pour mieux masquer ma propre gravité et ma peur :

« Cela peut aussi être la réaction d'un homme blessé. »

Et je savais lui avoir fait du mal par mon comportement. Je haussais les épaules, reprenant dans un sourire :

« Je dirais que pour le coup, nous avons été aussi idiots, niais et maladroits que des ados. »

Je ne savais pas très bien par où commencer d'ailleurs. Il y avait tant à dire... Mais Donovan devait être tellement impatient, qu'il fut le premier à mettre les pieds dans le plat me demandant si j'avais parlé à ma femme de ce qu'il s'était passé entre nous. Je pris une ample inspiration, avant de secouer la tête en signe de dénégation. Je m'humectais les lèvres, nerveusement.

Allez Raph, tu es un brillant orateur d'ordinaire, fais un effort !

« Non. »

Réponse lapidaire, sans doute beaucoup trop pour un homme qui est suspendu à mes lèvres. Que va-t-il aller s'imaginer suite à cela ? Alors je reprends très vite : 

« Pas encore... En fait, durant tout ce temps, j'ai réfléchi, j'ai essayer de faire la part des choses, de peser le pour et le contre de me lancer dans cette aventure insensée et pourtant si tentante... Donovan, je ne peux pas laisser toute ma vie derrière moi, je ne peux pas décidé de tout ignorer sur un coup de tête... J'ai le choix entre une vie d'apparence idéale, une femme séduisante, de beaux enfants, une carrière prometteuse, la fierté de mes parents et... un bout de chemin avec toi, ou je pourrais enfin être moi-même, sans jouer une comédie qui me fatigue et me consume à petits feux... Mais je perdrais ma famille, l'estime de mes pairs... Est-ce que tu comprends mon silence ? »

Je me mordis la lèvre inférieure, me trouvant maladroit dans mes paroles qui étaient pourtant le reflet de mon ressenti, du chaos qui m'agitait.

« Mais je ne peux fuir indéfiniment... J'ai essayé de faire abstraction de mes sentiments... Et maintenant que je suis ici, que je te vois, le choix à faire me semble évident... Il me manque le courage. »



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MessageSujet: Re: Je n'attends que toi.   Dim 28 Sep - 17:19

Je n'attends que toi.
(Alfred De Musset) ▽ « La vie est un sommeil, l'amour en est le rêve, Et vous aurez vécu si vous avez aimé. »

Mon comportement, je ne le contrôle pas. J’agis un peu comme mes parole : Comme un gamin. J’ai du mal à retenir ce qui doit l’être. Je suis même obligé de revenir en arrière, me contredisant, avouant mes faiblesses, lui donnant l’avantage alors que je lui en veux. C’est indéniable ! J’ai besoin de lui, je le veux pour moi seul et, comme frapper par la malchance, rien ne se déroule comme ça devrait être. Je suis tombé amoureux d’un homme marié. Marié à une femme ! J’aurai du abandonné la bataille dès le flot d’information, mais je n’y suis pas parvenu. Son visage s’est gravé dans mon esprit et lui tout entier s’est fusionné à mon âme. En tant que médecin, je suis plus scientifique que paranormal, mais je dois bien avouer que l’image de l’âme-sœur me parle. J’avais décidé de tirer un trait sur l’amour et de me consacrer au travail afin d’oublier mes mésaventures de New York. Au lieu de ça, l’amour s’est invité sur mon lieu de travail et pourrait même mettre ce dernier en péril. Mais, étonnamment, je m’en fous. Je suis aveuglé par l’envie d’être tout pour lui. Qu’importe si nos vies doivent ressembler à celles d’un clochard, il serait mon abri, ma chaleur et je serai son abri, sa chaleur. Il faut absolument que j’arrête de rêvasser comme une pucelle devant je ne sais quel chanteur à demi nu.

Apparemment, lui aussi voit cette relation comme un combat. Le problème actuel, c’est que je ne sais toujours pas dans quel camp il se trouve, ni pour qui il se bat. Cela m’effraie. Je sais qu’il ne s’amuserait pas à me torturer pour me dire qu’il n’y aura jamais rien entre nous. Mais sa présence reste requise pour m’annoncer qu’il restera dans sa vie familiale et qu’il fallait oublier cette histoire. C’était un homme trop bien pour n’envoyer qu’un message ou me proposer une relation partagée dans le plus grand secret. Seulement, je regagne un peu d’espoir lorsqu’il évoque que ma façon d’agir, de ces derniers temps, pouvait paraître séduisante.  Je sens un sourire se fendre sur mes lèvres alors que je baisse la tête, légèrement intimidé par ce que je prends pour du flirte. Cela a un côté rassurant pour moi. Tous ces moments à penser qu’il avait tiré un trait sur moi ne deviennent que des ombres qui s’estompent sous une nouvelle lueur. « J’ai plus ressenti ça comme une torture qu’un jeu d’amant. ». Dis-je dans un murmure. Ce n’était pas un reproche mais le partage d’une sensation. Heureusement, j’avais trouvé le boulot comme échappatoire. J’étais d’ailleurs plus serein, solitaire, chez moi à faire des recherches pour mes travaux qu’à l’hôpital à craindre le changement d’humeur de ma supérieure suite à une révélation. Ses paroles suivantes ont tendance à me consoler. Il ne parait pas m’en vouloir. Heureusement qu’il est si conciliant, car je suis déjà capable de culpabiliser pour deux tout en essayant de faire croire que je dirige ma colère contre qu’une seule personne. Ça se goupille mal pour en donner l’illusion. Je n’arrête pas de revenir sur mes piques pour me les attribuer.

Pour ne pas paraître à sa merci, ce que je suis à deux doigts d’être, je pose tout de suite la question qui m’a rongé pendant des semaines. J’aurai aimé sortir cette carte plus méthodiquement, plus gentiment également, mais quels sont mes armes contre cet homme qui, en quelques minutes, est capable de rendre fou mon cœur. C’est un peu déloyal, mais je n’ai rien d’autre pour dissimuler ma dépendance envers lui. Un soupire de déception traverse mes lèvres. Je baisse les yeux, ressers la poignée de la porte derrière moi. J’ai la sensation qu’elle va se briser sous ma force. Cette puissance replace les larmes que je ne laisse pas apparaître. Je sers la mâchoire, n’ose plus le regarder. Alors il comble le silence. Dans ses explications, des passages me blessent, me tiraillent l’estomac, griffent mon cœur. Je ferme les yeux en les écoutants et serre mes paupières à chacune d’entre elles. Femmes séduisantes, beaux enfants, carrière prometteuse, fierté de ces parents. Comment pouvais-je lui ôter tout cela ? Briser sa vie qui semble tellement apprécier ? Je me sens mal. Je culpabilise toujours plus fort, mais je lui en veux toujours. J’agis comme s’il avait décidé que je devienne dépendant de lui. N’en est-il pas coupable au final ? Il a entretenu mon attirance envers lui. Il ne m’a jamais repoussé, sauf…après ce baiser. Que dois-je croire ? Que dois-je penser ? Je plonge un regard accusateur  dans le sien : « Un bout de chemin avec moi ? C’est ce que tu vois ? Un simple bout de chemin ? » Demandé-je en insistant sur le mot « bout ». Je comprends ses hésitations. L’homme qui n’en a pas n’est pas humain. Cela le rend plus précieux encore. Je ne veux pas qu’il m’en veuille de ses choix qui pourraient être plus les miens que les siens, au final. Seulement, moi, je vois bien plus qu’un bout de chemin, je perçois l’autoroute du bonheur qui nous mène jusqu’au bout de notre vie et plus encore. Pas cette étendu de goudron qui s’écaille avec le temps, mais plus un parcours de pelouse luxuriante orné de fleur à l’odorat indescriptible. Voilà où me mène mes lectures de romans à l’eau de rose. Mon romantisme a intérêt de rester dans ma tête ou il ferait fuir n’importe qui osera m’aimer. « Je comprends » finit-je par lâcher « Mais il y’a une différence entre la compréhension et l’acceptation. » Mon ton est plus serein, plus innocent. Mais j’ai une sorte de fragilité dans la voix que je tente de dissimuler.

J’entends la poignée grincer légèrement. Pas un cri strident, plus une plainte de remerciement. J’ai lâché prise. Son choix semble évident et si je m’écoute, je foncerai sur lui pour m’en assurer, mais ces paroles maladroites ne se sont pas encore estompées. S’il semble que je sois sa porte de sortie pour se libérer d’une vie d’illusion, je ne sais pas si je suis prêt à essuyer une nouvelle relation temporaire. Le bout de chemin reste en travers de ma gorge : « Depuis notre rencontre, je n’ai cessé de penser à toi Raphaël. J’ai joué avec le feu en acceptant une simple amitié. Je suis désolé de ce que tu dois traverser, mais si je me montre aussi impatient, c’est parce que j’ai… » Je fais quelques pas vers lui, mes yeux scrutent chaque détail de son visage : « Je ne peux pas me contenter de ça alors que j’ai envie d’être avec toi chaque jour et de ressentir ce que j’ai ressenti lorsque nous nous sommes embrassés. Et je ne vois pas qu’un bout de chemin ensemble, j’ai envie de faire le reste du mien à tes côtés. » Je m’éloigne pestant de mettre trop dévoilé. Je place mes mains derrière ma nuque et me fige à quelques mètres de la fenêtre : « Je ne veux pas te faire peur avec tout ça. J’ai juste besoin d’être honnête. »

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