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 take my hand, and I will be fine. ft Thayer

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MessageSujet: take my hand, and I will be fine. ft Thayer   Mar 7 Fév - 23:40




Muse avait l'impression de ne plus rien sentir, d'être comme dans du coton, et de peser une tonne... Tellement lourde qu'elle n'arrivait pas à ouvrir les paupières. Non, en fait, pour être plus exact, elle se sentait privée de force, comme si aucune énergie ne circulait dans son corps. Elle se fit tout même violence pour cligner des yeux, mais la clarté l'aveugla et elle les referma tout de suite. Petit à petit, elle sortait des brumes du sommeil, mais se sentait encore dans un brouillard épais. Où était-elle, et pourquoi se sentait-elle si faible? Elle réalisa qu'elle était recouverte de tissus, et en bougeant ses doigts, elle ne trouva pas la matière très agréable, un peu rugueuse en tous cas. Elle chercha à bouger la main droite, puis son bras, mais quelques chose l'a retint, et lui envoya une douleur aiguë dans l'avant bras, ce qui la fît grimacer. On l'avait attaché? Non, elle ne comprenait pas, pourquoi était-elle retenue? Où est-ce qu'elle se trouvait? Elle bougea ensuite le bras gauche, naturellement, sans que rien ne la retienne. Elle comprenait encore moins... À quoi était-elle attachée. Et elle se sentait si faible, si anesthésiée qu'elle était incapable de réfléchir correctement, avec logique et lucidité. Anesthésiée. Le mot produisit un déclic dans son esprit. La fusillade, la confusion, les secours, l'ambulance, l'hôpital. C'est là qu'elle se trouvait, à l'hôpital. Elle se força à nouveau à ouvrir les yeux, et mît quelques secondes à s'habituer à la lumière artificielle qui avait cette fâcheuse tendance à lui vriller le crâne. Elle était recouverte d'un drap, qui était en effet rugueux, et d'une légère couverture. Instinctivement, elle porta sa main à sa cuisse, et ressentit une vive douleur à l'endroit où elle avait été touchée. Voilà, elle sentait quelque chose au moins. « Vous êtes enfin réveillée! » s'exclama une fois féminine, que Muse ne tarda pas à identifier, en posant son regard sur elle. Elle devait avoir environ le même âge qu'elle, les cheveux blonds, mais plus foncés que les siens, des traits fins, et un visage très doux. Elle portait un badge, accroché à sa blouse de couleur vert clair. Leah Clarke, infirmière, indiquait son badge. « Vous vous sentez bien ? » demanda-t-elle ensuite. Aucune idée. Elle se sentait plus réveillée que quelques instants auparavant, mais elle avait toujours autant l’impression d’être engourdie. Elle hocha tout de même la tête, se disant qu’après tout, puisqu’elle était à l’hôpital, elle n’était pas censée se sentir dans une forme olympique, mais en même temps, elle ne se sentait pas l’article de la mort non plus. Alors… c’est qu’elle ne devait pas aller si mal que ça au final. « On vous a donné des antidouleurs », l’informa l’infirmière. Quoi ?! Muse écarquilla les yeux et eût du mal à avaler sa salive. Elle tourna la tête sur le côté, et vit enfin à quoi son poignet était accroché. Une perfusion. Ils étaient donc là, les antidouleurs qu’elle redoutait tant. Elle était morte de trouille à l’idée de prendre des médicaments de ce genre, parce qu’elle sortait tout juste de la drogue, alors… Elle ne voulait pas y retomber, par quelque moyen que ce soit. « Vous êtes sûre que ça va ? » demanda à nouveau l’infirmière. « Est-ce… » commença-t-elle avant de s’éclaircir la voix, un peu trop rauque à son goût. « Est-ce que vous pouvez me retirer la perfusion ? » L’infirmière la dévisagea en écarquillant les yeux. « C’est bien la première fois qu’on me demande ça ! » répondit-elle en laissant échapper un léger rire de ses lèvres. Sauf que Muse était sérieuse. Très sérieuse. Et la jeune femme en face d’elle s’en aperçut, puisque son sourire la quitta immédiatement. « Si je fais ça vous allez souffrir le martyre, et puis, il n’y a pas que des antidouleurs là-dedans, vous avez été sérieusement touchée, et comme tous les gens qui se trouvent ici, vous avez besoin d’être soignée ! » Tant pis, elle endurerait la douleur, mais elle ne voulait pas prendre un tel risque… Cependant, l’infirmière ne semblait pas décidée à lui accorder cette volonté. « Au fait, vous avez un visiteur… Très mignon ! » lui annonça-t-elle avec un sourire malicieux aux lèvres, pendant qu’elle vérifiait la perfusion de Muse. Cette dernière esquissa un léger sourire. Thayer, évidemment… Qui d’autre ? « Tout est bon, je vais lui dire qu’il peut venir vous voir ! » ajouta-t-elle, avant de s’éclipser de la chambre. La jeune femme blonde attendit de voir la porte s'ouvrir à nouveau, avec une certaine anxiété.
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MessageSujet: Re: take my hand, and I will be fine. ft Thayer   Dim 4 Mar - 22:48



thayer and muse

2001 ; New York

Thayer, quatorze ans, se trouvait dans la chambre de Muse Evans, la fille la plus populaire de son collège. Jamais il n’aurait imaginé se trouver dans cette situation quelques heures plus tôt et pourtant tout avait changé en quelques instants. Leur rencontre avait été pour le moins douloureuse, quand il s’était pris un coup de genoux dans les bijoux de famille comme réponse à sa proposition de devenir sa petite amie. S’il l’avait fait, c’était parce qu’il avait vu en elle le potentielle d’une reine qui aurait pu régner à ses côtés. Car après tout, au départ c’était lui celui qui était respecté par tous. Seulement, Muse avait été plus vive que lui et s’était hissée toute seule au sommet. S’en était suivi une gueguerre de gosses où chacun formait un camp, montrant qui était le plus populaire des deux. Le genre de conneries que l’on fait au collège en somme. Lui qui était si mystérieux sur sa famille avait intrigué la jeune blonde et cette dernière avait décidé de le suivre chez-lui. S’en était suivi une scène d’horreur pour le jeune homme quand elle avait débarqué dans son taudis. Non seulement elle était au courant qu’il était pauvre, mais aussi que son père était un être exécrable qui n’hésitait pas à faire l’amour avec de parfaites inconnues dans la crasse et sans se soucier d’être vu par son fils. Un monde qu’il aurait voulu gardé enfermé à tout jamais au fond de lui venait d’être découvert par cette fille qui le pensait son égale. Après tout, personne ne sachant la vérité sur sa vie, les rumeurs allaient bon train. On le pensait riche, habitant dans un appartement ou maison de luxe, promis à un bel avenir et il faisait tout pour qu’on le croit, acceptant des boulots pas toujours légaux pour s’acheter des fringues de marques et prétendre que tout allait bien dans sa vie. Tout venait de s’écrouler et il s’attendait à la voir rire, à ce que tous le méprisent demain, ou pire, qu’ils aient pitié de lui. Non, il ne s’était pas attendu à ce qu’elle lui prenne la main et l’emmène en courant vers l’endroit où il connaitrait pour la première fois la tendresse. Les parents de Muse l’avaient accueilli sans poser de question, lui souriant comme s’il faisait parti des leurs. Lui offrant d’abord le repas, ils avaient ensuite entamé un jeu de société en famille et le petit frère de Muse s’était endormi sur ses genoux comme s’il faisait déjà parti de ce foyer si doux. Suite à cela, on lui avait proposé de rester dormir et ils lui avaient préparé un lit dans le salon. Une vraie couette, des coussins qui sentaient bons et la sensation d’être aimé même l’espace d’un instant. Lorsque tout le monde s’était endormi, Muse était venue le chercher et il se trouvait à présent sur son lit face à elle. Ouvrant la bouche pour parler, il se rendit compte qu’aucun son ne venait. Il était tellement reconnaissant qu’il ne savait pas comment le faire passer par la parole. Muse comprit et elle vint l’enlacer, comme l’aurait fait une sœur. C’est à ce moment seulement que ses larmes coulèrent, semblant ne jamais vouloir s’arrêter. Combien de temps était passé ainsi, il était impossible de le savoir, mais quand il se réveilla le lendemain matin, il était blotti contre elle et elle avait les yeux, comme quelqu’un ayant pleuré durant des heures. Jamais personne n’avait pleuré pour lui, du moins par compassion à son égard, pas comme les larmes de sa mère qui regrettait de l’avoir mis au monde. Glissant sa main dans la sienne, il attendit qu’elle se réveille et embrassa ses deux yeux tendrement. « On restera toujours ensemble, c’est une promesse. » Tendant son petit doigt, il attendit qu’elle fasse de même afin de la sceller. Oui, cette relation devait toujours durer, toujours.

2005 ; New York

Thayer et Muse ont dix-huit ans, quatre ans a passé depuis cette promesse trahie par le jeune homme deux ans plus tôt. L’amour avait tout balayé sur son passage et dès qu’il avait croisé le regard de cette magnifique brune, son cœur avait été capturé. Oubliant Muse, il l’avait laissée de côté ainsi que sa famille. A dire vrai, les seules fois où ils se voyaient, c’était quand il allait rendre visite à son petit frère. Si elle avait toujours une importance particulière à ses yeux, il ne lui montrait plus, piétinant tout ce qu’ils avaient vécus sans s’en apercevoir. Quand Joey avait rompu avec lui, partant sans se retourner, c’était vers son amie la plus proche qu’il était revenu. Un acte égoïste qui tombait au pire des moments, quand elle venait de perdre toute sa famille. Une tragédie qui finit d’achever Thayer qui brisa la fenêtre de Muse afin de la rejoindre et de la prendre dans ses bras. L’amour était une connerie, à cause de lui tout le monde était mort, celle qu’il considérait comme une sœur lui avait tourné le dos et souffrait plus que jamais. Tout ça pour quoi ? Pour finir avec le cœur brisé sans aucune possibilité d’agir. Tout avait basculé pour eux à ce moment-là, dans un élan de désespoir, ils avaient décidés de guérir leur solitude en ne faisant qu’un. Cette nuit-là avait été différente de toutes celles que Thayer avait pu connaitre. Après tout, Muse était tellement importante pour lui, même s’il l’avait oublié durant deux ans, mais aussi parce qu’elle marquait la fin de leur amitié pour autre chose. Une relation qui était vouée à l’échec parce qu’elle avait démarrée de la pire des manières, parce qu’ils étaient au fond du trou et qu’aucun des deux ne serait capable de relever l’autre. « Ensemble, pour toujours. » Cette fois, il scella cette promesse d’un baiser doux et sincère. Cette nuit-là, il se promit de ne plus jamais la quitter. « Je serais là pour te protéger quoiqu’il arrive. »

2011 ; Los Angeles

Thayer était en état de choc. Il y a encore à peine une heure il se trouvait devant Joey, la seule femme qu’il ait jamais aimé. Celle qui a brisé son cœur et l’a toujours empêché d’aimer à nouveau, de s’ouvrir aux autres. Après six ans, il n’aurait jamais imaginé la revoir, surtout dans ces conditions. Se remémorant le baiser, la colère qu’il avait ressenti, puis cette peine qu’il pensait oubliée pour toujours, il secoua la tête. Non, il ne referait pas cette erreur deux fois. Muse ne serait plus jamais seule à cause de cette femme. Un enfant, un mari, il avait envi de gerber. N’était-il pas assez bien pour elle, pourquoi était-elle partie dans une autre ville pour former sa petite vie parfaite ? « AHHH » Une infirmière passant par là sursauta en l’entendant crier et accéléra le pas afin de sortir de son champ de vision, il faut dire qu’il faisait peine à voir avec ses yeux en bataille, ses yeux gonflés par la fatigue et les larmes et ses fringues en désordre. Tentant de se remettre un peu en ordre, il soupira à nouveau. Qu’allait-il dire en la revoyant ? Lui qui avait juré de toujours la protéger s’était retrouvé à sauver une parfaite inconnue à sa place, quelle connerie. Il ne comprenait toujours pas son geste et avait cette envie irrépressible de se frapper jusqu’à s’évanouir, histoire de calmer sa culpabilité. « Vous pouvez entrer maintenant. » Une infirmière lui souriait, l’invitant à aller voir Muse. Il hocha la tête et se leva avec difficulté, il avait encore les jambes flageolantes. Quand il entra, il mit un moment avant de la regarder en face, de peur d’affronter son regard. Thayer était rongé par la culpabilité et la souffrance de la voir ainsi, dans un lit d’hôpital par sa faute, comme s’il était l’homme à avoir pressé la détente. Rapprochant une chaise de son lit, il se mit de sorte à être le plus proche d’elle sans la gêner et pris sa main dans la sienne puis l’amena à sa joue. Ses yeux se fermèrent un court instant et il eut un sourire doux. « J’ai eu tellement peur. » Une larme coula sur sa joue qu’il essuya rapidement. Gardant sa main dans la sienne, il s’effondra sur elle, sa tête sur son ventre. « Ne me fait plus jamais peur comme ça. » Ses larmes coulèrent à nouveau et il serra le poing. « Je suis désolé d'avoir brisé ma promesse. » Les sentiments de Thayer se déchainaient comme un orage en lui, partagé entre tristesse, culpabilité, colère, souffrance, bonheur de la voir en vie. Il avait rarement été aussi mal.

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MessageSujet: Re: take my hand, and I will be fine. ft Thayer   Ven 9 Mar - 17:29





2011, Los Angeles

Muse était dans le brouillard, et avait l’impression de ne plus réagir avec aucune logique. Elle mit un moment avant de réaliser où elle se trouvait. A l’hôpital. Elle n’était pas attachée, elle avait une perfusion au bras. On lui avait tiré dessus pendant qu’elle faisait des courses avec Thayer. Les souvenirs remontaient à la surface petit à petit. Où était-il d’ailleurs ?! Tout se bousculait dans sa tête. Et d’ailleurs, cette perfusion… L’infirmière présente dans sa chambre l’informa qu’elle avait besoin d’antidouleurs. Non… Non, il fallait lui retirer cette perfusion tout de suite ! Ils ne comprenaient pas, elle venait de décrocher, elle ne pouvait pas replonger là-dedans. Elle savait comment ça fonctionnait, on s’habitue à cette douce sensation d’être dans du coton, et du jour au lendemain, on ne peut plus s’en passer. Il fallait qu’elle lui retire cette fichue perfusion. Maintenant ! L’infirmière semblait la prendre pour une cinglée complète… Elle allait souffrir le martyre si elle la privait d’antidouleurs. Mais pourquoi ne voulait-elle pas comprendre que c’est après qu’elle souffrirait encore le martyre ?! Muse préféra se taire à la mention de Thayer. Enfin, l’infirmière ne lui avait pas dit son prénom, elle avait simplement parlé d’un visiteur mignon. Ca ne pouvait être que lui. Qui d’autre pouvait se mettre les infirmières dans la poche, avec autant de facilité ?! Et puis ce n’est pas comme si elle connaissait des tonnes de personnes à Los Angeles. Il y avait bien Katherine, mais ce n’était pas un homme… Quant à Reaver, ils ne se connaissaient pas depuis suffisamment longtemps pour qu’il soit là. Alors c’était forcément Thayer, et puis… Et puis elle avait besoin que ce soit lui. Voilà tout. L’infirmière sortit de sa chambre, et elle attendit que la porte s’ouvre à nouveau. C’était bien lui. Il avait l’air fatigué et mal. Elle le suivit du regard, aller chercher une chaise qu’il installa près de son lit, puis prit sa main dans la sienne. « J’ai eu tellement peur. » Elle réalisa qu’une larme coulait sur sa joue, avant qu’il ne pose sa tête contre son ventre. « Ne me fait plus jamais peur comme ça. » D’autres larmes ?! Elle se sentait tellement abrutie encore… Les effets de l’anesthésie ? « Je suis désolé d'avoir brisé ma promesse. » Promesse. Ce mot tellement rempli de souvenirs…


2001, New York

Un coup de genoux dans une partie sensible. C’est comme ça que tout avait démarré. Muse avait débarqué de Suède, à New York, à l’âge de quatorze ans. Dernière année au collège, elle voulait se faire une réputation avant d’entrer au lycée. Elle savait qu’elle avait tous les atouts pour elle. Tout d’abord, elle ne portait pas de grosses lunettes disgracieuses, ni d’appareil dentaire qui l’empêchait de sourire, et n’avait pas de problème de kilo en trop. Blonde aux yeux bleus, un charme tout à fait scandinave qui avait fait son petit effet dans cette école. Elle n’avait eu aucune difficulté à intégrer l’équipe des pom-pom girls, ce qui serait un plus indéniable pour intégrer celle du lycée. Les filles la jalousaient, les garçons semblaient apprécier ses charmes. Elle n’avait beau être qu’une adolescente dans un nouvel environnement, elle avait envie de briller, et certainement pas que quelqu’un se serve d’elle pour être sommet. C’est ainsi que Thayer avait reçu un coup de genoux sans délicatesse pour toute réponse à son envie que Muse devienne sa petite amie. Il était mignon oui, mais… Elle voulait d’abord se faire une place de choix ici. Et pour ceci, elle ne pouvait compter que sur elle. Les gamins peuvent être tellement cruels entre eux ! Une petite guerre s’était instaurée entre les deux adolescents. Au final, ils s’en sortaient avec une certaine équivalence. Intriguée par ce garçon qui avait tout pour lui, Muse l’avait suivi à la sortie des cours. Mais plus elle avançait, plus elle avait pris conscience que quelque chose clochait. Il ne se dirigeait pas du tout vers les beaux quartiers. Est-ce qu’il l’avait repéré et essayait de la semer ?! Bon sang si ses parents apprenaient qu’elle s’était baladée ici, il la consignerait probablement pour l’année à venir ! Mais elle avait tenu bon, têtue comme elle était, et l’avait suivi jusqu’à chez lui… Assistant à une scène à laquelle elle n’aurait jamais cru assister. Le père de Thayer qui couchait avec une femme qui n’était visiblement pas la sienne. Il ne lui avait pas fallu plus de quelques secondes pour se mettre à la place du jeune garçon, et avait attrapé sa main pour l’entraîner dehors. Elle ne pouvait pas le laisser là, rival ou pas, non c’était trop affreux. Et puis, d’une certaine façon, elle réalisait qu’elle s’était mise à apprécier Thayer. Leur rivalité ne les avait pas poussés à s’éviter, mais à se confronter sans cesse. Non, vraiment, elle ne lui était pas indifférente. Elle ne l’avait lâché que lorsqu’ils étaient arrivés chez elle. Sa famille l’avait accueilli, et son petit frère Ted, l’avait adopté en une soirée. Ca devait être plus amusant pour lui d’avoir un grand frère de substitution, plutôt qu’une grande sœur casse pieds. Il était resté dormir à la maison ce soir là, sur le canapé du salon. Mais dès que les lumières s’étaient éteintes, Muse était allée le chercher pour le faire venir dans sa chambre. Elle avait passé ses bras autour de lui, peut-être parce qu’elle savait qu’aucun mot ne serait suffisamment réconforté. Il avait pleuré, elle aussi, jusqu’à ce que le sommeil les emporte dans les bras de Morphée. Le lendemain matin, elle s’était réveillée lovée contre lui, sa main dans la sienne. Un baiser sur ses paupières, qui l’avait fait sourire. « On restera toujours ensemble, c’est une promesse. » Elle avait accroché son petit doigt au sien pour sceller ce pacte. Ca avait été le plus doux des réveils…


2005, New York

L’année de terminale de Muse ne s’était pas passée comme dans un teen movie. Sa blessure au genou la privant de danse, Thayer qui était toujours avec cette garce de Joey… Est-ce qu’elle devait perdre tout ce qu’elle aimait ? Apparemment oui, puisque le coup de grâce était arrivé avec cet accident tragique qui avait tué ses parents et son petit frère. Un chauffard ivre, voilà à quoi se résumait sa vie qui venait de basculer dans le cauchemar. Toujours indépendante, Muse allait devoir apprendre à l’être encore plus. Et puis Thayer était arrivé… Joey avait disparu du tableau. Vous n’imaginez pas à quel point ça lui avait semblé dérisoire sur le moment, qu’il vienne lui parler de sa rupture avec si précieuse petite amie, alors que sa famille venait de mourir. Ca l’avait mise tellement en colère, qu’il ose se pointer maintenant, alors qu’il ne lui adressait quasiment plus la parole depuis deux longues années ! Alors elle n’existait à ses yeux, que lorsque Joey n’était plus là ?! Voilà ce qu’elle s’était dit quand il avait débarqué chez elle, et qu’elle avait refusé de lui ouvrir. Il avait tout de même trouvé le moyen d’entrer… Par la fenêtre ! Et trop fatiguée pour lui en vouloir davantage, elle lui avait pardonné, parce qu’il restait la seule personne sur qui elle pouvait compter. « Ensemble, pour toujours. » Cette fois-ci, c’étaient leurs lèvres qui avaient scellé ce pacte. C’était sans doute le pire des moments pour débuter une relation amoureuse. Mais ce baiser avait donné la sensation à Muse d’être vivante, ce qui ne lui était pas arrivé depuis longtemps. « Je serais là pour te protéger quoiqu’il arrive. » Comment ne pas le croire ? C’était trop bon à entendre. Alors elle l’avait embrassé, encore et encore, pour sceller ce pacte, encore et encore, et se sentir vivante, encore et encore.


2011, Los Angeles

« Je serais là pour te protéger quoi qu’il arrive »… Les images revenaient. Il avait plongé sur Katherine. Non pas que Muse voulait que son amie prenne une balle à sa place, loin de là, mais… Mais rien. Il avait protégé quelqu’un d’autre, voilà tout. Les images continuaient de revenir. Il l’avait embrassé, alors que c’était la première fois qu’il la voyait. C’était bien la première fois n’est-ce pas ?! Oui évidemment, Katherine le lui aurait dit, elle lui faisait confiance. Tout de suite, les larmes de Thayer lui semblaient bien moins réelles, bien moins touchantes, alors elle bougea pour qu’il relève sa tête, avant de retirer sa main de la sienne. « Arrête », dit-elle simplement, l’air renfrogné. « On restera toujours ensemble », alors qu’il embrassait une personne qui comptait pour elle, juste devant son nez… Le cœur de Muse s’emplissait d’amertume à mesure que les pensées affluaient dans son esprit. « Tu l’as embrassé… » lâcha-t-elle, plus comme une constatation que comme un reproche. Les médicaments l’empêchaient de se mettre en colère, ils l’assommaient trop pour ça. Son esprit était tellement embrumé qu’elle ne se préoccupait même plus de la balle qu’on lui avait tirée dessus… Il n’y avait que ce baiser qui revenait sans cesse à son esprit. « Et tu l’as sauvé » conclut-elle, les yeux dans le vague. Est-ce qu’il était venu à ses côtés quand il avait vu qu’elle était blessée ?! Ses souvenirs de ce qui s’était passé étaient brouillés, et elle se rappelait surtout d’avoir entendu la voix de Reaver.
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MessageSujet: Re: take my hand, and I will be fine. ft Thayer   Sam 17 Mar - 19:58



thayer and muse

Bouddha a dit « Le bonheur est né de l’altruisme et le malheur de l’égoïsme. », une vérité qui n’a cessé de se confirmer durant la vie de Thayer. On ne nait pas égoïste, on le devient. Du moins, c’était ce dont était persuadé le jeune homme. Qu’il est aisé de tendre la main aux autres lorsque l’on a toujours eu des personnes sur qui compter et qui auraient fait la même chose en retour. Souvent, dans des séries ou des films, il avait pu voir des personnages qui étaient comme lui, nés dans une famille qui les rejetait, souffrant un peu plus chaque jour, mais qui restaient debout et gardaient un sourire sincère, prêt à pardonner le monde sa cruauté quoiqu’on leur inflige. Quelle belle connerie ! Quand il était né, il était un petit bébé blond adorable, le genre qui rendrait gâteuse toutes les mémés. Le genre de chiard qui ne pleure pas trop et qui ri dès qu’il le peut, le gosse rêvé de nombreux parents, mais voilà le petit ange était tombé en enfer. Son père trompait déjà sa mère à l’époque et c’était plus dans l’idée d’avoir une boniche à la maison qu’il avait accepté de se marier avec elle plutôt que dans l’espoir de fonder un vrai foyer. Sa mère, elle, avait été forcée de dire oui à l’autel par ses parents et se retrouvait enfermée dans une relation qui l’épuisait tout cela à cause d’un petit être qui ne cessait de rire de son malheur. Si dans les premières années de sa vie, le petit tenta d’avoir l’attention de ses parents, en ramenant des bonnes notes ou en s’essayant à des attaques bisous surprise, il fut bien vite ramené à la réalité. Sa présence n’était pas nécessaire, pire, on aurait préféré qu’il n’eut jamais existé. Son père passait ses journées à roter ou à coucher avec des inconnues, ne lui accordant de l’attention que lorsqu’il souhaitait une bière ou un objet qu’il ne pouvait pas atteindre et sa mère travaillait trop pour prendre le temps de le voir, sans parler des fois où elle disparaissait tout simplement du jour au lendemain. Les seuls jours où il existait à leurs yeux étaient quand il était temps de lui payer ses frais de scolarité ou quand il devenait inévitable de lui acheter de nouveaux vêtements. A ces moments-là, il avait toute leur attention et ressentait toute la haine qu’ils éprouvaient pour lui. Une nuisance, voilà ce qu’il était pour ses parents et quand sa mère l’abandonna finalement, à ses douze ans, pour fonder une nouvelle famille, il comprit que cela ne changerait jamais. C’est à ce moment précis qu’il décida qu’il ne servait à rien de vivre pour les autres, seul sa propre survie comptait. Il n’était qu’un gosse, mais il commença à faire des boulots pas très légaux et devint une star dans le collège où il entra. Secret, on l’imaginait petit prince ou fils du détenteur d’une multinationale. Son sourire ne le quittait quasiment jamais et nul n’aurait découvert qui il était vraiment. Ce qu’il pouvait détester toutes ces personnes ayant des parents prêt à les engueuler quand ils revenaient trop tard de soirée ou s’ils ramenaient une mauvaise note. Lui pouvait tout se permettre, une liberté qui le faisait souffrir. Sa vie, il la vivait dans une solitude profonde, refusant de s’attacher aux autres parce que cela reviendrait à prendre le risque de les voir le quitter à nouveau. Il avait l’impression qu’il contenait toute la misère du monde, qu’il avait tout les droits et que même s’il faisait souffrir parfois les autres, ce ne serait jamais rien par rapport à ce qu’il avait souffert lui.

Ce fut avant de rencontrer Muse à ses quatorze ans, elle qui découvrit inopinément la vérité qu’il cachait à tous lui montra pour la première fois ce que cela voulait vraiment dire de tendre la main à quelqu’un. Enfin il comprit en quoi l’altruisme menait au bonheur, au sien, mais surtout à celui des autres. S’il rentrait parfois chez lui pendant quelques heures, il passait tout son temps à l’école, dehors à bosser ou avec Muse et sa famille. Ces deux ans furent les plus beaux de sa vie parce qu’il su se concentrer sur son bonheur plutôt que sur cette souffrance qu’il avait emmagasiné en lui. A nouveau, le centre de son monde n’était plus lui-même, mais bien ces personnes lui offrant l’amour qu’il avait toujours attendu. Petit à petit, il apprit à les aimer en retour, à éprouver une réelle tendresse à leur égard et c’est finalement grâce à eux et surtout à Muse qu’il s’autorisé à faire exploser cette carapace autour de son cœur. Deux ans plus tard, il rencontrait Joey et devenait l’un de ces débiles heureux qui ne voient que la personne qui fait battre leur cœur. S’il venait parfois rendre visite à sa famille d’adoption, ils n’étaient plus le centre de son monde. C’est ainsi qu’il apprit une nouvelle forme d’égoïsme, celui des personnes amoureuses. Un égoïsme partagé qui exclu tous les autres, mais qui apportait un réel bonheur au couple concerné, en échange de souffrance pour ceux se faisant délaisser. Il l’expérimenta deux ans et fut de nouveau abandonné, abandon rapidement suivi de la mort de ceux lui ayant pour la première fois tendu la main. C’est ainsi qu’il renoua avec la première forme d’égoïsme qu’il avait connu, qui permet de survivre, mais n’amène pas au bonheur. Muse était devenu tout son univers et il voulait qu’elle ne soit qu’à lui, mais pour les mauvaises raisons, juste pour être certain de ne pas être seul, mais en ignorant si cela la rendait heureuse ou non. Cette forme d’amour malsain qui ne peut mener qu’à la souffrance, celui où on ne pense qu’à soit et son malheur sans imaginer que l’autre puisse être dans une situation pire que la notre. Une douleur qui eut quatre ans pour se diffuser dans leur cœur, pour s’y creuser une place d’où on ne pouvait la détrôner et qui le mena de nouveau à la solitude. Encore une fois, il perdit la seule qui connaissait tout de lui, à qui il n’avait jamais rien caché, après tout même Joey ne savait pas pour ses parents. C’est à ce moment-là qu’il s’était promis de ne jamais plus se laisser emporter par cet égoïsme et d’accepter, lorsqu’il tombait sur des personnes incroyables comme elles qu’il n’était pas le seul à souffrir, de voir plus loin derrière ses actions et pas juste de jouer au con quand cela lui chantait. Cependant, quand elle était revenue à lui après deux ans, il n’avait été porté que par sa souffrance. Qu’il l’ait poussé à le faire ou non, elle avait tout de même finie par l’abandonner dans le passé et il voulait lui infliger cette souffrance à son tour. Touché par sa détresse, il avait d’abord décidé de lui rendre la vie qu’il lui avait volée, une vie sans drogue et sans avoir à vendre son corps, une vie qu’il avait pu fonder après son départ. Cela faisait partie du travail qu’il avait fait sur lui-même, de cette fameuse résolution de ne pas laisser sa souffrance passée le gouverner, d’apprendre à considérer la souffrance de l’autre. Quelle bonne blague ! Quand il la regardait heureuse avec d’autres, il souhaitait juste la blesser, lui montrer que sans lui elle ne peut être heureuse, lui faire payer son abandon. Alors il devenait cruel, remarquait la peine dans ses yeux, s’en délectait, puis se détestait à nouveau pour celui qu’il était. Durant la fusillade, il avait été jusqu’à embrasser une parfaite inconnue juste parce qu’elle semblait avoir reconnue Muse et qu’il savait que cela lui ferait de la peine. Etait-ce pour cette même raison qu’il avait sauté sur elle au moment du coup de feu et par sur son amie d’enfance ? Non, c’était juste son corps qui avait agi seul, de la pire manière possible, le laissant seul avec sa connerie et sa culpabilité. Une nouvelle fois, il s’était promis de tout oublier, d’effacer leur passé de souffrance pour ne se rappeler que de ces doux moments adolescents qu’ils avaient partagés, de cette fille qui lui avait pour la première fois tendue la main. Une nouvelle fois, il avait trahi sa promesse en un temps record. Lui qui pleurait sur son lit, heureux à en crever qu’elle soit tirée d’affaire, était rongé par la culpabilité. Une heure plus tôt, il était encore avec Joey, la même personne qui avait écarté Muse de lui quelques années plus tôt. Toutes les parcelles de son corps étaient encore en ébullition, le baiser qu’il avait forcé sur elle, le moment où il avait souhaité la violer pour finir de la détruire, mais surtout le fait que l’espace d’un moment il l’avait totalement oubliée une nouvelle fois alors qu’elle était gravement blessée. Non, il ne voulait plus penser à Joey ni à ce qui venait de se passer entre eux.

« Et tu l’as sauvée » Un couteau se planta dans le cœur de Thayer, que pouvait-il répondre à cela ? Il était le seul coupable, une nouvelle fois il avait montré qu’il était indigne de sa confiance et il n’avait qu’une peur, qu’elle parte à nouveau. Emporté par cette pensée et cette peur, il se releva et l’enlaça le plus étroitement possible, plus étroitement qu’il ne l’avait jamais fait. C’était comme s’il s’agrippait à une bouée, quoiqu’il dise à ce moment précis, rien ne pourrait changer les faits. Dans ses bras se trouvait l’une des trois femmes ayant le plus comptée à ses yeux. La première avait été sa mère qui n’avait jamais voulu de lui et avait décidé de fonder une autre famille, le laissant à l’abandon. La deuxième avait été Muse, qui si douce lui avait tendu la main pour ne jamais la lâcher et enfin Joey à qui il avait tout donné pour finir meurtri et encore plus brisé qu’il ne l’était auparavant. S’il en avait voulu à la belle blonde de l’avoir quitté, il se rendait compte à présent de l’ordure qu’il avait été avec elle toutes ces années. S’il ne se pardonnerait pas une chose, cela serait de la laisser de côté pour chercher à reconquérir Joey une nouvelle fois. Dire que cette rencontre fortuite l’avait bouleversé serait un euphémisme, mais il avait aussi réalisé à quel point Muse était importante à ses yeux et que finalement elle avait toujours été fidèle à leur relation et que son départ n’avait résulté que de la souffrance qu’il lui avait infligé. Et puis, n’était-elle pas à nouveau revenue vers lui ? Les sentiments qu’il éprouvait pour son ex, il avait décidé de les enfouir au fond de lui-même et de se concentrer uniquement sur cette femme merveilleuse qui avait toutes les raisons du monde de lui en vouloir. Il était temps de suivre les préceptes de bouddha et de ne plus se laisser maîtriser par son égoïsme. C’est pourquoi il décida de faire ce qu’il n’aurait fait pour aucune autre, admettre ses erreurs. C’est ce qui avait poussé Erin à le quitter, ainsi que d’autres de ses amis précieux et il ne souhaitait pas perdre Muse à nouveau. Conscient que des mots ne suffiraient pas à exprimer sa sincérité, il décida tout de même de lui les dire tout en la gardant dans ses bras, qu’elle l’accepte ou non elle ne pouvait fuir son étreinte. « Tu peux m’insulter, me traiter de connard fini, me frapper jusqu’à me faire saigner, m’en vouloir toute la vie et me le faire payer chaque jour. Je n’ai aucune excuse à te donner, rien pour me faire pardonner, je te demande juste une chose, me le laisse pas. » Ses bras relâchèrent légèrement son étreinte, lui permettant de mettre son visage face au sien. « Pourquoi ? C’est bien ce que tu te demandes, non ? Qu’est-ce que tu as à gagner à rester avec ce même mec qui n’a cessé de te faire souffrir toutes ces années ? » Il eut un demi-sourire, c’est vrai qu’elle n’avait rien à y gagner. « Je dois l’avouer, rien. Toutefois, il y a une chose qui est certaine et que j’ai mis trop de temps à remarquer c'est que… » C’était quelques temps plus tôt, quand il était avec Joey. Il s’était aperçu de l’importance de Muse à ses yeux, mais aussi qu’il n’avait jamais laissé une chance à leur amour, le laissant toujours au second plan. Il voulait échapper à la souffrance que lui avait infligées ses retrouvailles avec son premier amour, détruire cette envie qu’il avait de la retrouver pour tout reconstruire avec elle parce qu’il avait peur de souffrir, peur de la voir à nouveau le laisser comme s’il n’était rien. Non, ce qu’il voulait c’était essayer à nouveau avec Muse, mais cette fois en la regardant sincèrement et sans se complaindre dans son propre malheur. Il voulait le retrouver cet amour égoïste où l’on aime à deux, pleure à deux et surtout on est heureux à deux. Comment n’avait-il pas réalisé plus tôt ? Peut être parce que l’humain n’est normalement pas capable d’aimer autant deux personnes, parce qu’il lui semblait déjà impossible d’éprouver de tels sentiments pour une personne un jour, alors deux cela relevait de l’hérésie, mais il en était certain à présent. C’est souvent lorsque l’on pense l’avoir perdue que l’on se rend compte à quel point une personne peut être importante à nos yeux. « … je t’aime. » Une larme coula sur sa joue, signe d’un au revoir à son premier amour, suivie d’un sourire de gosse parce que pour la première fois il avait fait face à son passé et avait découvert qu’il était capable d’aimer à nouveau. Lui caressant la joue, il approcha ses lèvres de siennes pour sceller ses mots d’un baiser, baiser qui restait en suspend, en attente d’une réponse positive de Muse. La magie de ce moment resterait toujours gravée en lui, mais même si son introspection lui avait permis de comprendre son amour pour la belle blonde, il n’avait toujours pas vaincu ses vieux démons, à savoir le départ de sa mère et toute son histoire avec Joey. Comme un poison lent, ils coulaient en lui depuis toujours l’empêchant d’être véritablement heureux, mais pourtant il voulait à nouveau essayé, mais peut-on réellement aimer pleinement lorsqu’une part de nous reste encrée dans le passé ? C’était quelque chose que Thayer voulait voir par lui-même.


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MessageSujet: Re: take my hand, and I will be fine. ft Thayer   Mer 21 Mar - 16:46





Muse avait l’impression d’être assaillie par les souvenirs et par des émotions contradictoires. Et il n’y avait rien de plus désagréable que d’avoir la sensation d’imploser, que tout était bouillonnant en elle, alors que les médicaments l’assommaient complètement. Les images du centre commercial affluaient dans son esprit de façon désordonnée et imprécise. Tout était flou et elle n’arrivait pas à remettre les évènements dans un ordre cohérent. Dans le même temps, elle avait des souvenirs de son passé, de son adolescence, de Thayer, qui se trouvait à côté d’elle et qui lui disait qu’il avait manqué à sa promesse. Ensemble pour toujours, il serait là pour la protéger. C’est le genre de paroles que personne ne respecte, pas même dans les films. Après tout, les bonnes histoires ne s’écrivent que sur les gens qui se trompent et qui bifurquent, pas sur ceux qui avancent continuellement en ligne droite sans jamais trébucher. Au fond, ce n’était même pas pour ces promesses manquées qu’elle sentait son cœur se glacer d’amertume à l’égard du jeune homme. C’était des mots qu’elle avait bien voulu croire parce qu’ils sonnaient comme une douce musique à ses oreilles. Ils avaient quoi… Quatorze ans à l’époque ? Pour une obscure raison Thayer avait apporté une certaine douceur en elle. Mine de rien, Muse avait été une enfant assez dure. Disons que son caractère s’était imposé de bonne heure. Elle était capricieuse, déterminée, un brin calculatrice aussi… Mais elle avait tout de même une personnalité attachante, pleine de vie, souriante. La douceur, elle la connaissait dans sa famille, avec des parents qui l’adoraient, et un petit frère agaçant comme personne, mais qu’elle aimait tout de même de tout son cœur. Sa rencontre avec Thayer l’avait changé. Attention, pas sa première rencontre avec lui, pas toute la petite guerre qu’ils s’étaient livrés dans les couloirs du collège… Non, la deuxième rencontre, celle où ils avaient appris à se connaître. Rapidement, elle s’était sentie en confiance avec lui, vous savez le genre de personne que l’on connaît à peine, mais dont on sait qu’on peut compter dessus, peu importe ce qu’il arrivera. A l’instar de sa famille, il était devenu un des piliers de sa vie. Lorsqu’il avait rencontré Joey, la construction si solide de sa vie avait commencé à se fissurer. Il manquait un pilier et elle s’était sentie bancale sans Thayer. Et ça avait été terrible de voir que lui était pleinement heureux sans elle, alors que de son côté elle avait eu l’impression qu’il lui manquait quelque chose d’essentiel, sa présence. Ils s’étaient retrouvés dans un moment des plus tragiques. Thayer avait perdu Joey, Muse avait perdu sa famille. Ce n’était plus seulement bancale qu’elle se sentait, c’était brisée. Lorsqu’il était venu la rejoindre chez elle, elle l’avait repoussée en bloc, il ne pouvait pas venir et repartir de sa vie comme ça lui chantait. Mais d’un autre côté, elle n’avait plus rien, et se s’était sentie tellement vide… Il était la seule personne de confiance qui lui restait. Certes, cette confiance avait été bafouée au cours des dernières années, mais elle n’avait personne d’autre qui avait compté autant que lui. Alors oui, cette promesse elle avait tellement voulu y croire, c’était juste vital de l’entendre dire qu’il serait toujours là, qu’il la protégerait. Une promesse scellée par un baiser, par une nuit… C’est à ce moment-là qu’il était devenu une sorte d’absolu pour elle. Il était la famille qu’elle n’avait plus, le meilleur ami avec qui elle riait jusqu’à en avoir mal à l’estomac, la personne capable de la mettre hors d’elle en une fraction de seconde, l’amoureux qui lui filait des papillons dans le ventre en un sourire. Muse avait toujours été plus adepte d’actions que de paroles. Les promesses de Thayer, elles avaient été belles à entendre, elles avaient été comme un pansement quand elle en avait eu besoin, mais elle n’avait pas compté dessus au quotidien. Oh il ne faut pas se méprendre, ce n’est pas qu’elle ne l’avait pas cru, loin de là, mais elle avait simplement davantage besoin de gestes que de mots. Alors qu’il lui dise aujourd’hui qu’il avait brisé sa promesse, ce n’est pas ce qui lui faisait le plus mal.

Les souvenirs de la fusillade lui revenaient partiellement. Il avait embrassé Katherine, et il l’avait sauvé. Et ce n’était pas cette dernière partie qui la gênait. Jamais elle n’aurait souhaité à son amie de prendre cette balle à sa place, et de ce point de vue, elle était soulagée que Thayer ait sauvé la vie de la jeune femme. Elle ne pouvait pas lui en vouloir pour ça, pour un réflexe lié à la précipitation… Du moins c’est ainsi qu’elle l’interprétait. Le baiser, c’était tout autre chose. Pourquoi avait-il fait ça ?! Pour la blesser ?! Merde, est-ce qu’ils n’étaient pas en train d’arranger les choses entre eux, pourtant ?! Elle bougea de sa position, pour qu’il relève sa tête. Non, il ne pouvait pas agir comme ça, lui sortir les larmes, alors qu’il avait agi de cette façon-là un peu plus tôt. « Tu peux m’insulter, me traiter de connard fini, me frapper jusqu’à me faire saigner, m’en vouloir toute la vie et me le faire payer chaque jour. Je n’ai aucune excuse à te donner, rien pour me faire pardonner, je te demande juste une chose, me le laisse pas. » Les antidouleurs devaient faire leur boulot comme il faut, puisqu’elle n’avait pas la moindre envie de se mettre en colère contre lui. Elle se sentait simplement lasse et déçue. L’insulter ne changerait rien à la donne, elle ne comprenait pas sa réaction, et la seule chose dont elle avait besoin, c’était qu’il lui donne des explications. Katherine n’avait pas tort lorsqu’elles en avaient discuté, elle aurait dû lui parler à cœur ouvert bien plus tôt. Sauf qu’elle n’avait pas osé, par peur d’entendre certaines choses… Mais le fait était là, elle ne comprenait pas ce que cherchait Thayer, ce qu’il voulait, ce qu’il attendait d’elle. « Je te comprends pas », dit-elle tout simplement. Ce n’était rien de plus qu’une constatation, la vérité qui s’imposait sous ses yeux. « Pourquoi ? C’est bien ce que tu te demandes, non ? Qu’est-ce que tu as à gagner à rester avec ce même mec qui n’a cessé de te faire souffrir toutes ces années ? » Pourquoi était bien la question qu’elle se posait, c’était le moins que l’on puisse dire. Mais elle ne se demandait pas ce qu’elle avait à gagner à rester avec lui… Non, elle se demandait pourquoi il agissait comme ça avec elle. « Je dois l’avouer, rien. Toutefois, il y a une chose qui est certaine et que j’ai mis trop de temps à remarquer c'est que… » Que quoi ? Elle était presque méfiante de ce que cachait cette révélation. « … je t’aime. » Muse avait mille fois imaginé ce moment, ces mots tant attendus, ceux qui avaient une réelle importance pour elle. Elle aurait dû ressentir une explosion de joie, elle aurait dû vouloir lui répondre la même chose et avoir une envie incontrôlable de lui sauter de joie. Au lieu de ça, elle avait les larmes aux yeux, et ce n’était certainement pas de joie. La seule chose qu’elle ressentait, c’était un profond décalage, que ce n’était pas le bon moment. Il posa ses lèvres contre les siennes… Il faisait tout ce qu’elle avait toujours voulu. Mais elle n’arrivait pas à basculer dans la magie complètement. Bien sûr qu’il faisait battre son cœur plus vite, bien sûr qu’il y avait les fameux papillons, mais elle avait une telle envie de pleurer en même temps. Son sourire, le baiser qu’il lui donnait… Merde, non, elle ne pouvait pas être en telle décalage alors qu’elle avait attendu ça depuis si longtemps ! Et pourtant, ça l’étouffait, les larmes qu’elle retenait lui serraient la gorge d’une telle force qu’elle avait l’impression que l’air n’y passait pas. Une main contre le torse de Thayer, elle le poussa… Il fallait qu’il arrête de l’embrasser. « Je peux pas », murmura-t-elle, sans pouvoir retenir les larmes davantage. Elle s’empressa de les balayer d’un revers de main. Elle ne pouvait pas le laisser lui dire ça, l’embrasser, alors qu’elle ne le sentait pas de son côté. Elle ne pouvait pas lui faire croire que tout était parfait. Elle ne pouvait pas se laisser aller à ce moment, alors qu’elle était toujours dans le flou le concernant. Ce n’est pas de ses sentiments dont elle doutait. Elle était certaine depuis un bon bout de temps de ce qu’elle ressentait à son égard, mais il ne pouvait pas faire ça maintenant alors qu’il en avait embrassé une autre sous son nez dans la journée. Peut-être qu’elle aurait dû tout balayer, faire table rase de ce qui s’était passé, mais non… Elle ne pouvait pas le faire tant qu’elle n’aurait pas compris ce qui avait motivé Thayer. Il ne pouvait pas se comporter en crétin fini, avoir des envies de la blesser pour dieu sait quelle raison, et subitement se rendre compte qu’il l’aimait ! Il ne pouvait pas faire ça sans lui donner une once d’explication ! Alors c’était ça ? Il n’avait aucune excuse, elle pouvait le détester, mais il était sûr de l’aimer, alors on oublie tout, soyons heureux comme dans une connerie de conte de fée ?! « T’imagines pas le nombre de fois où j’ai rêvé de ce moment, où je le voulais tellement que j’avais l’impression que ça arriverait jamais », commença-t-elle en essayant de contenir le sanglot qui faisait trembler sa voix. « Mais j’ai besoin que ce soit le bon moment, on le mérite… Et ça l’est pas » C’était tellement difficile de ne pas fondre en larmes. Quelques-unes s’échappaient de son regard bleu glacé, mais elle essayait de se contenir pour réussir à lui expliquer. Elle prit une grande inspiration, elle devait réussir à parler, ne pas se laisser complètement aller à ce qui d’évidence la submergeait. « Je comprends pas ce qui se passe dans ta tête, je comprends pas ce que t’as fait tout à l’heure, je comprends pas pourquoi t’as voulu me blesser avec Katherine… Parce que c’était ça, non ? » Elle ne voyait pas d’autre explication à ce baiser que de vouloir lui faire du mal. « J’ai l’impression qu’on se connaît plus… Je veux dire je sais même pas ce qui s’est passé dans ta vie depuis que t’habites ici, qui tu vois… Quelles filles tu vois. », réctifia-t-elle. Rafael le lui avait bien dit qu’il tournait plus ou moins autour de deux filles. Bon sang, elle avait à peu près un million de questions en tête, et aucune ne trouvait de réponses, parce qu’ils n’avaient pas pris le temps d’en parler. « Et je peux pas partager tout ça avec toi, même si j’en rêve et que j’en meurs d’envie, parce que j’ai aucune idée de ce que t’es devenu. » Alors qu’à une époque, ils se connaissaient si bien… Mais il fallait du temps. Ils avaient juste du temps à rattraper.
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