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 a drop in the ocean, a change in the weather

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MessageSujet: a drop in the ocean, a change in the weather    Dim 26 Fév - 18:11


a drop in the ocean, a change in the weather
« SAVANNAH & THOMAS »


Thomas Henley enfonça son dos dans le dossier de sa chaise, contemplant avec désagrément le dossier ouvert juste devant lui. Les éléments de cette enquête ne menaient nulle part et, l'ex-militaire ne pouvait s'empêcher d'en ressentir une frustration croissante, inhérente à ce genre de situations. Cette jeune femme non-identifiée, retrouvée sur les docks la veille seulement, avait probablement une famille et, des proches auxquels elle manquait indubitablement. Comment était-il censé rétablir la justice, s'il ne parvenait pas à discerner les indices qui le mèneraient au responsable de ce crime ? Dans ces instants-ci, le jeune anglais regrettait d'avoir manqué la case de formation à Quantico, où certaines ficelles et astuces du métier étaient enseignées aux recrues du Bureau. Évidemment, à l'époque de sa propre embauche, il était déjà propriétaire d'un historique relativement impressionnant, qui lui avait valu une place d'agent fédéral, quasi immédiate. Un bref soupir s'échappa de ses lèvres et, le fed se passa une main sur le visage dans une tentative peu concluante pour en chasser les vestiges de sa dernière nuit blanche. Mon gars, t'as besoin d'une pause. Tu risques de devenir aussi productif qu'un légume si tu continues sur ta lancée, songea t'il, en bâillant sans retenue. Il jeta un dernier coup d'oeil au rapport préliminaire avant de capituler et, de se diriger d'une démarche peu énergique, vers la théière qu'il mit en route silencieusement.

Il était étrange comme toutes ses petites habitudes oubliées durant son séjour au Mexique, était réapparues progressivement dès l'instant où il s'était ré-installée à Los Angeles. Les quatre dernières années passées avec Savannah à Tijuana, l'avaient indéniablement changé au quotidien, sans que cela ne l'incommode véritablement. En réalité, au contact de la jeune femme, il avait acquiert des notions de savoir-vivre qu'il n'avait pas connues au cours de son mariage et, d'autres qu'il n'avait plus eu l'habitude d'utiliser, lors de ses services en Irak. C'était une expérience qui l'avait vu grandir en tant qu'homme civil. L'anglais sortit une tasse de son armoire et, se versa une généreuse quantité d'eau chaude avant d'y placer un sachet de fruits rouges, qu'il laissa doucement infuser. Oui décidément, Savannah Monroe avait eu un impact non-négligeable sur sa vie. Une ombre traversa son visage lorsqu'il songea à leur dernière soirée, passée sous le ciel mexicain. Les choses avaient commencé à s'éclaircir entre eux - et, puis il y avait eu cet appel, leur donnant le feu vert pour repartir en Californie. Il aurait été incapable de dire s'il était déçu que les évènements n'aient pas été en leur faveur à l'époque ou bien s'il était soulagé qu'ils n'aient pas sauté le pas. Le tunnel dont il avait aperçu le bout cette nuit-là, lui apparaissait désormais comme un parcours insondable et, incertain. Thomas but une gorgée de l'infusion et, fût tiré de sa réflexion par trois coups distincts portés à la porte d'entrée. Il releva les yeux, fronçant légèrement les sourcils en consultant l'heure : dix-neuf heures quarante cinq. Qui cela pouvait-il bien être ? Il n'attendait personne en particulier. Intrigué, il déposa sa tasse sur le plan de cuisine et, franchit la distance qui le séparait de l'entrée en trois enjambées. L'anglais posa son oeil contre le judas et, identifia instantanément la propriétaire, de cette tempétueuse chevelure brune. Il se recula légèrement pour défaire la chaînette et, la serrure émit un déclic sonore, avant qu'il n'ouvre enfin, à sa protégée : « Savie ? Écoute je sais que tu ne peux pas te passer de moi, mais ça commence à devenir embarrassant. » déclara t'il en s'appropriant d'emblée le timbre des vannes, qui existait entre eux depuis plusieurs années désormais - c'était une manière comme une autre, d'évacuer l'ambiguïté qui régnait parfois sur leur relation. « Qu'est-ce que c'est que tout ça ? » s'enquit-il, en découvrant deux sacs aux pieds de la jeune femme tout en s'appuyant sur la fente de la porte.
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MessageSujet: Re: a drop in the ocean, a change in the weather    Lun 27 Fév - 0:21


a drop in the ocean, a change in the weather
« SAVANNAH & THOMAS »


« Non mais tu te fous de moi ? Tu laisses tout en plan, comme ça, sans prévenir et tu espères que je vais bien le prendre ? Mais explique moi qui serait suffisamment con pour prendre ça bien, tu m'as prise pour Marie-Thérése ou quoi ? S’exclama Savannah à la figure de Jeremy lorsque ce dernier lui appris que lui et Tanyah quittaient l'appartement pour s'installer en Floride. »

Il y avait des nouvelles chaque jour : certaines étaient bonnes et vous faisaient sourire, ou simplement aménageaient votre journée comme vos désirs l'auraient souhaité au départ, et bien sûr, il y avait aussi des nouvelles qui pouvaient tacler vos efforts de stabilité aussi aisément que l'aurait fait un courant d'air face à un château de cartes. Savannah était simplement consternée par la spontanéité du couple avec lequel elle s'était installée, mais surtout le mystère qu'ils avaient conservé jusqu'à la dernière minute. Quel genre de personne pourrait vraiment faire ça, n'est-ce pas ? Était-ce histoire de bien la foutre dans la merde, elle qui l'était déjà pourtant suffisamment jusqu'ici ? Certes, elle n'avait pas été une colocataire particulièrement idéale ; elle était taciturne, sarcastique, peu enclin à créer des liens forts et fraternels, mais elle n'avait jamais rechigné à descendre les poubelles ou encore faire la vaisselle. Méritait-elle vraiment d'être abandonnée comme cela ? La réjouissance que pouvait avoir désormais Jeremy après l'avoir fichu à terre comme cela, c'était qu'il pouvait désormais lui rouler dessus. Savannah soupira de frustration et se retira dans sa chambre, se préparant à faire ses valises. Puisqu'elle était poliment jetée dehors, elle préférait encore s'en aller d'elle-même plutôt que d'attendre le jour où elle devrait inexorablement le faire. Elle partirait dignement, sans un regard en arrière, c'est tout. Restait à savoir où elle allait passer la nuit désormais.
Elle ouvrit sa valise qui n'avait été vidée de son ensemble que le mois dernier. C'était sa faute, trop vite elle avait prise ses aises dans l'appartement, mais qu'aurait-elle due faire ? Attendre un délais avant d'oser poser ses fesses sur le canapé et un autre encore pour poser ses pieds sur la table basse ? Non. Nouveau soupir. Elle ouvrit en grand son armoire et suivant le transport de son énervement, elle pris en plusieurs tas ses vêtements qu'elle rangea en désordre dans son bagage, n'y prêtant que peu attention en fin de compte, tant qu'elle partait d'ici le plus vite possible. Savannah ignora superbement Tanyah lorsque cette dernière vint toquer à sa porte, et la dépassa pour se rendre jusqu'à la salle de bain pour y prendre ses affaires de toilette.

« Ce n'est pas personnel vraiment dit-elle, lorsque la concernée revint dans sa chambre. »
« Pas personnel. Vous déménagez en sachant pertinemment que seule, je ne me peux pas m'offrir le luxe d'un appart' comme celui-ci, vous le faîtes sans me prévenir en plus. Sûr, ça n'a absolument rien de personnel. Ironisa-t-elle »

Son ton parut décourager les efforts de la jeune femme, qui la laissa seule. Bonne initiative. Les nerfs de la jeune Monroe sont généralement explosifs et en être à l'origine pouvait se révéler plus fatal encore. Savannah ne savait même pas comment elle parvenait à prendre cela d'une manière aussi éthérée que celle-ci, sans doute qu'elle pourrait se plaindre plus tard, à l'oreille la plus attentive. Se montrer désagréable, bousculer quelqu'un dans la rue, avoir le plaisir de lui hurler dessus pour qu'il s'excuse alors qu'en soit, elle était la seule fautive, bref. Épancher sa colère. Quand cela fut finit, Savannah ouvrit la porte en grand et sous les yeux de ceux qui étaient désormais ses ex-colocataires, elle arriva jusqu'à la porte et lança :

« Puisque je suis virée avec si peu de considération, autant dire que le reste du loyer sera pour vous. Ça n'a bien évidemment, rien de personnel, ajouta-t-elle en regardant Tanyah dans les yeux. Puis, elle claqua la porte. Dieu, ça faisait du bien. »

Une fois dehors, seulement lorsque l'air frais caressa sa peau, elle commença à réfléchir. Chez qui pourrait-elle élire domicile provisoirement ? Elle ne souhaitait pas retourner à l'hôtel, pourquoi brûlerait-elle ses économies pour le loyer dans une chambre qui lui boufferait la moitié de son salaire toutes les semaines ? Hors de question. Consultant son répertoire, les noms de Billy, Thayer, Lucas défilèrent, sans qu'elle ne s'y arrête. Elle n'avait pas le courage de demander à la porte de la première, le deuxième était son patron qu'elle ne pouvait qu'à peine supporter au travail alors dans la vie privée, non merci, et même si elle l'appréciait, elle préférait ne pas mélanger sa vie personnelle avec le reste et le troisième, parce qu'il avait une femme qui ne pouvait pas la blairer et une fille à gérer sans avoir elle aussi sur le dos. Elle soupira. Thomas était sa dernière solution. La jeune femme héla un taxi.

« Savie ? Écoute je sais que tu ne peux pas te passer de moi, mais ça commence à devenir embarrassant. »

Dit le jeune Henley après qu'elle eut toqué trois fois à sa porte, agitée. Elle leva les yeux au ciel, lui dédiant un faible sourire sous la plaisanterie à laquelle ils étaient tout deux habitués et répondit au tac au tac ;

« prend pas tes désirs pour des réalités play boy, tu tomberais de haut, »
« Qu'est-ce que c'est que tout ça ? »
« Hmf, ça ? S'enquit soudainement Savannah en désignant sa valise et quelques sacs qu'elle avait avec elle comme si tout comme lui elle venait à peine de les remarquer. Ça c'est juste moi qui m'installe chez toi. Pousse toi un peu, ajouta-t-elle en se frayant un passage entre le buste de l'ex-militaire et la chambranle de la porte. »

Investissant les lieux comme avec une décontraction qui lui était propre, la jeune femme se rendit jusqu'au salon et déposa ses affaires dans un coin, connaissant parfaitement le caractère maniaque du jeune homme, suffisamment du moins pour une personne ayant vécut avec lui durant quatre années. Étirant sa silhouette longiligne endolorie par le poids de ses bagages, la jeune femme avisa une tasse fumante sur le plan de travail de la cuisine.

« oh tu as fais du thé ! Fantastique, j'adore ça ! S'exclama-t-elle en s'emparant de la tasse et en goûtant le breuvage du bout des lèvres. Une petite grimace crispa son visage néanmoins : fruits rouges, erk. Elle revint vers lui et lui tendit la tasse en disant : t'es anglais, tu pourrais pas avoir du Earl Grey, comme tout le monde ? S'enquit-elle, en lui faisant face. Avisant le regard qu'il posait sur elle, elle haussa un sourcil et ajouta, de but en blanc. Ben quoi ? »
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MessageSujet: Re: a drop in the ocean, a change in the weather    Lun 27 Fév - 17:01

Lorsque la réponse de son amie fusa, le jeune Anglais cligna des yeux, ses lèvres s'entrouvrant légèrement sous l'effet de la surprise, persuadé d'avoir saisi l'information de travers : comment ça, elle s'installait chez lui ? N'avait-elle pas déjà un appartement dans lequel crécher ? Avait-elle eu des problèmes avec celui-ci, ou bien s'était-elle embrouillée avec ses colocataires fraîchement retrouvés ? Tant qu'elle ne daignerait pas éclaircir la situation, celle-ci demeurait incompréhensible aux yeux de l'agent fédéral. Il fronça légèrement les sourcils et, avant qu'il n'ait eu la possibilité de réclamer des explications, ou d'émettre la moindre objection légitime, Savannah s'était glissée entre le chambranle et lui, le bousculant futilement contre le panneau de la porte. Le jeune homme l'observa investir les lieux, comme s'ils avaient été siens et, relâcha un bref soupir inaudible. Il abdiqua prestement et, referma la porte de l'appartement derrière le passage de la Mexicaine, passant une main embarrassée sur sa nuque en contemplant le désordre de rapports qui s'étalaient sur son bureau, n'attendant plus que lui. Il dut rapidement renoncer à ses projets pour la soirée, ressentant un vif pincement au cœur à l'idée de devoir ajourner ses analyses. Toutefois, avec l'omniprésence de Savannah autour de lui, il était tout bonnement hors de question qu'il s'échine sur ce cas. D'une part parce qu'il était conscient de sa protégée était capable de l'interroger sur son travail - et, qu'il n'était pas en droit de partager les détails d'une enquête avec une civile - et, d'autre part parce qu'il savait qu'elle n'avait pas besoin d'entendre parler de meurtres, d'autant plus suite à la fusillade à laquelle ils avaient assisté quelques semaines plus tôt.

La jeune femme adopta promptement ses aises, sans qu'il ne vienne s'en offusquer. La spontanéité était devenue l'un de leurs maîtres mots et, la décontraction dont elle faisait preuve était tout simplement inhérente aux quatre années qu'ils avaient passé ensemble en cohabitation, dans un cadre qui avait glissé progressivement d'impersonnel à personnel. L’Anglais en aurait-il fait autant chez elle, que Savannah l'aurait certainement accueilli d'une manière semblable, avec détachement et le naturel propre à leurs habitudes - qui, en y réfléchissant, n'étaient pas si anciennes qu'elles pourraient le sembler. Il arqua un sourcil lorsqu'elle lui fît une réflexion sur le contenu de sa tasse qu'il sirotait avant qu'elle ne vienne frapper à sa porte quelques minutes plus tôt : « Plains-toi à l'épicier du coin. Je crois qu'il a une dent contre la bergamote. Ou les Anglais. Ou les deux. » Déclara-t-il en grimaçant légèrement. La fibre britannique qui sommeillait en lui était sans cesse contrariée face à l'impossibilité de mettre la main sur ses sachets de thé préférés. Toutefois, il n'avait guère le temps de parcourir les rues de Los Angeles, à la recherche de ses caprices et, s'estimait heureux de ne pas avoir à se contenter de la caféine dont les Américains semblaient incompréhensiblement addicts. « Alors ? Tu comptes me faire languir encore longtemps ? Quel bon vent t'amène ? » l'interrogea t'il en arborant un sourire des plus avenants, saisissant la tasse qu'elle lui mettait sous le nez, avec une énergie renouvelée. Il la vida en quelques longues gorgées, savourant le goût fruité de l'infusion, avant de déposer le tout dans l'évier. Demeurant attentif aux paroles de son amie, il rassembla prestement les documents qui jonchaient son espace de travail, les dissimulant à la vue de son invité en les rangeant tranquillement dans le tiroir du meuble. « Tu as déjà mangé ? » s'enquit-il, en finissant de mettre un peu d'ordre. « Je peux nous faire livrer quelque chose, si tu as envie. Un italien a ouvert au coin de la rue et, ils font des tagliatelles di-vines. » proposa-t-il, connaissant parfaitement les goûts culinaires de la jeune femme. « Accorde-moi seulement cinq minutes, je te prépare la chambre. Je dormirai dans le salon. Et, ce n'est pas négociable mademoiselle Monroe. » enchaîna t'il rapidement, sans lui laisser l'occasion de protester.

Il s'échappa quelques instants vers la chambre à coucher dont il laissa la porte ouverte, afin de pouvoir poursuivre la conversation sans avoir à hausser le ton pour pouvoir se faire entendre à travers l'appartement. Il ouvrit les fenêtres, désireux d'aérer un peu la pièce et, s'empressa de sortir de nouveaux draps à l'intention de son invité. Tout en procédant au changement, il s'adressa à sa colocataire provisoire : « Tu as des nouvelles de ton amie ? Birdie. J'ai voulu lui rendre visite à l'hôpital, mais je n'ai pas eu le temps avec le boulot. » Avoua-t-il sans toutefois en ressentir une immense culpabilité, n'étant toutefois pas suffisamment proche de la concernée, pour en ressentir plus qu'une légère pointe de culpabilité. La musicienne avait été blessée au cours de la fusillade qui avait agité le centre commercial, quelques semaines plus tôt. Tant bien que mal, l'ensemble du groupe qu'ils formaient avec cet Hermès, était parvenu à s'échapper des lieux avant que l'irréparable ne se produise. Il termina de border le coin du matelas et, afficha une mine satisfaite en replaçant les oreillers à leur place avant de rejoindre la jolie brune dans la pièce principale.
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MessageSujet: Re: a drop in the ocean, a change in the weather    Ven 9 Mar - 19:18

Savannah ne ressentie pas la moindre gêne à pénétrer avec autant de spontanéité dans l'appartement du jeune militaire, au contraire, ce fut pour elle comme retrouver une vieille habitude si coutumière qu'elle ne se fia qu'aux réflexes dont elle avait hérité. Elle fut surprise d'y découvrir un désordre superflus : des dossiers de tailles diverses s'étalaient sur toute la longueur de la surface lisse du bureau. Au cours des quatre année précédentes, il n'avait pas été rare que Savannah distingue la couleur des rapports de Thomas, mais elle devait bien admettre qu'elle n'en avait jamais mesuré l'ampleur jusqu'ici. Thomas menait-il tant d'enquêtes que le démontraient les tas massifs de papeteries administratives ? La curiosité de la Monroe était malgré elle piquée à vif, mais contre toute attente, elle ne posa pas la moindre interrogation au jeune homme à ce sujet : ces derniers temps, le métier du jeune Henley inspirait peu son intérêt et ses questions récurrentes, surtout depuis qu'ils avaient dû subir la fusillade de Noël. Plutôt sardonique comme terme, lorsqu'elle y songeait d'ailleurs.
Elle installa ses affaires dans un coin, près du canapé sur lequel elle désira se laisser aller tandis que Thomas la rejoignait dans ce que les anglais appelaient « living-room ». Elle en aurait sans doute testé la dureté des coussins si à ses yeux n'était pas apparus une tasse de thé fumante. L'odorat de la Monroe fut alléché et enthousiaste, elle s'en empara avant de jurer silencieusement. À l'inverse d'une majorité de femmes, elle avait appris à détester le goût de la mixture aux fruits rouges très tôt. Honnêtement, c'était même quelque chose qui pouvait aisément la rendre nauséeuse. Néanmoins, n'atteignant pas cet extrême, la demoiselle se contenta de grimacer et de tendre sa tasse au britannique qui la regardait désormais comme si une deuxième tête venait d'apparaître à côté de l'originale.

« Plains-toi à l'épicier du coin. Je crois qu'il a une dent contre la bergamote. Ou les Anglais. Ou les deux. »
« Ça doit être les anglais, trancha malicieusement Savannah avec un sourire taquin, après tout, personne ne peut avoir une dent contre la bergamote. »

La jeune femme aimait tant le taquiner lorsqu'il s'agissait de ses origines anglo-saxonnes. Pour ainsi dire, il était même beaucoup trop facile d'improviser des plaisanteries à ce sujet, comme si chacune des répliques lancées par le jeune homme étaient une perche tendue pour la lui mettre dans la figure au retour de la joute. Savannah lui donna donc sa tasse qu'il but d'un seul trait, s'attirant la fascination étrange de celui qui observe en se sachant écœuré. Non, décidément, elle était incapable de trouver ce que les gens pouvaient trouver de goûteux à ce parfum.

« Alors ? Tu comptes me faire languir encore longtemps ? Quel bon vent t'amène ? »
« On est vraiment obligé de parler tout de suite de la manière dont j'ai été virée de l'appart' ? S'enquit Savannah, contemplant sa manucure comme si cette dernière devenait brusquement plus intéressante. Elle savait néanmoins que ce n'était pas ce type d'esquive qui pouvait venir à bout de la curiosité impudique du jeune homme, si bien qu'elle soupira et lâcha ; mes colocataires partent pour la Floride, ils ont jugés bons de ne pas m'emballer dans leurs cartons, dit-elle avec un sourire dissimulant à peine l'énervement qui l'avait habité, ce qu'il devait parfaitement deviner. C'est dommage, je pense que j'aurais aimé visiter Miami, ça m'aurait rappelé de bons souvenirs, dit-elle sur le ton de celle qui se fait une raison. De toute manière, peut importe, elle allait trouver une solution. Brillante, peut-être même meilleure que la précédente. »

La jeune femme se rendit jusqu'au sofa, sur lequel elle se laissa enfin choir, étirant sa silhouette longiligne tel un félin, déliant chacune des fibres nerveuses de ses membres. Cela lui faisait plaisir de revoir Thomas, en quelque sorte, ils n'avaient plus partager énormément de choses depuis qu'ils étaient de retour du Mexique, du moins, si ce n'est une fusillade particulièrement traumatisante qui l'avait poussé à s'enfermer à double tour chez elle. Sa présence était pour elle réconfortante et surtout, apaisait ses nerfs à vif. Elle ferma les yeux sur les dossiers qu'il rangea, ne souhaitant pas s'informer involontairement en apercevant une photo malheureuse tombée sous son nez et attendit, jusqu'à ce qu'il reprenne la parole.

« Tu as déjà mangé ? Je peux nous faire livrer quelque chose, si tu as envie. Un italien a ouvert au coin de la rue et, ils font des tagliatelles di-vines. »
« Je vois que tu as eu le temps d'expérimenter, ironisa Savannah avec un doux sourire. Son estomac émit une plainte, lui rappelant qu'elle avait sauté le déjeuner, si bien qu'elle ajouta ; va pour l'italien ! »
« Accorde-moi seulement cinq minutes, je te prépare la chambre. Je dormirai dans le salon. Et, ce n'est pas négociable mademoiselle Monroe. »

Savannah se renfrogna à ces derniers mots. Qui dit anglais, dit gentleman. C'était une qualité chez Thomas, mais aussi un énorme défaut qu'elle n'était jamais parvenue à corriger. Pourquoi fallait-il toujours qu'il s'octroie le rôle de celui qui cède sa place pour lui attribuer celui de petite chose fragile ayant besoin d'être dorlotée ? Bon, dans un sens, cela avait été son job ces dernières années, la protéger, la surveiller, anyway. Néanmoins, maintenant qu'ils étaient ici, en-dehors de quelconque mission de « sauvetage », elle ne comptait pas le laisser jouer à ce jeu là.

« J'ai dormi pendant quatre ans dans un lit, pourquoi tu me laisse pas la joie d'avoir le canapé hein ? J'adore les coussins, les coussins m'adorent, il y a même la télévision dans le salon, so what the fuck ? Se plaignit-elle dans un discours peu cohérent, mais néanmoins très sérieux. »

La seule et unique, voire même inexistante, réponse qu'elle reçue fut une porte entrouverte et branlante. Great, songea-t-elle, ses paroles venaient de tomber dans l'oreille d'un sourd, ou du moins, il avait l'audition sélective. Savannah grogna de mécontentement et pour conserver une contenance, saisit la télécommande et alluma la dite télévision. Comme d'habitude, peu de choses au programme. Elle zappa plusieurs fois, sans s'arrêter réellement sur une quelconque chaîne, elle avait juste besoin de faire quelque chose pendant que Thomas préparait la chambre indésirable. Dans son renfermement boudeur, elle faillit ne pas répondre au jeune homme lorsqu'il s'enquit ;

« Tu as des nouvelles de ton amie ? Birdie. J'ai voulu lui rendre visite à l'hôpital, mais je n'ai pas eu le temps avec le boulot. »
« Ça va, répondit Savannah en sentant sa gorge se serrer légèrement à l'énonciation de son amie. Cette dernière avait été blessée durant la fusillade et avait été admise aux urgences lorsqu'ils avaient tardivement réussi à quitter le supermarché. La jeune Monroe en avait encore des sueurs froides à la simple idée que la vie de la jeune femme aurait pu s'achever là-bas. Elle va s'en remettre, c'est une battante avec un grand sens de l'humour, et on dit que le rire est un remède universel ajouta-t-elle en songeant intérieurement à la visite qu'elle lui avait faîte en compagnie d'Aidan. »

Le jeune homme sortie bientôt de la chambre et Savannah se leva, abandonnant la télécommande sur les coussins. Songeant qu'elle pouvait faire elle-même la commande, elle saisit le téléphone fix et composa le numéro de la brochure qu'il avait sorti un peu plus tôt et tandis que la tonalité résonnait à son oreille, elle chuchota à l'adresse du Henley ;

« Tu veux quoi ? Une voix féminine lui répondit bientôt et la jeune femme lança, oui bonsoir, ce serait pour une commande à livrer s'ilvouplait, hm hm donc des tagliatelles sauce mexicaine et … elle termina sur le choix du jeune homme et raccrocha lorsque ce fut chose faite. Et puisque c'est toi qui héberge, c'est moi qui paie, lança-t-elle enfin, un air diabolique sur le visage. Et ce n'est pas négociable non plus (a) Je t'ai dis que j'avais trouvé un job de serveuse ? C'est dans un bar sur Venice, faudra que je t'y emmène bientôt. »
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MessageSujet: Re: a drop in the ocean, a change in the weather    Lun 9 Avr - 11:02

L'Anglais accorda une oreille attentive à la réponse de son amie, tout en replaçant tranquillement le traversin à sa place initiale. Il fut soulagé d'apprendre que la jeune musicienne à la langue bien pendue n'avait plus aucun souci à se faire quant à la poursuite de ses jours et, s'en tirerait sans plus de séquelles qu'une expérience traumatisante, dont n'importe qui se serait dispensé. Il n'avait aucune idée d'où lui provenait cette certitude, mais il était toutefois convaincu que Birdie saurait passer outre à cette épreuve ; il n'avait guère eu plus d'occasions de la fréquenter que dans ce supermarché, cependant pour ce peu, il était à même d'assurer qu'elle lui était apparue comme une véritable petite dure à cuire et, il était relativement certain qu'elle ne se laisserait pas abattre très facilement. Thomas passa une main dans ses mèches ordonnées, chassant le mauvais souvenir de cette matinée meurtrière ; d'un geste fébrile, il passa ses paumes sur la surface de son t-shirt, comme si elles étaient toujours ensanglantées. Mentalement, il se promit de passer au moins un coup de téléphone à la jeune femme d'ici la fin de la semaine ; cela lui donnerait d'autant plus l'occasion de s'entretenir avec elle d'autres sujets dont ils avaient à aborder.

Bientôt, Thomas réapparu dans la pièce principale, tandis que Savannah s'emparait de la brochure des menus pour passer commande ; il repéra sa mine interrogative avant même que la question ne franchisse ses lèvres charnues : « Tagliatelles aux saumons » répondit-il après quelques fractions de secondes de réflexion. D'un pas vif, il se dirigea vers l'entrée où était suspendue sa veste et en tâtonna brièvement les poches à la recherche de son porte-feuille. Il n'eût qu'à peine le temps d'en extirper quelques modestes dollars que la jeune mexicaine s'octroyait déjà l'addition finale sur un ton qui ne souffrait d'aucune réplique. Les lèvres du fed formèrent un parfait O de protestation sans qu'aucun son n'osa en sortir. Finalement, il leva les paumes en l'air, en signe de capitulation et un mince sourire amusé étira ses fines lèvres : « Bien m'dame » abdiqua t'il sans opposer de grandes résistances. Il savait très bien que c'était un débat perdu d'avance. Il traversa une seconde fois la salle et se laissa tomber entre les coussins du sofa avec nonchalance ; il s'étira durant quelques brefs instants, avant de reporter son attention sur Savannah, massant machinalement sa cuisse douloureuse : « Serveuse ? releva t'il, en haussant un sourcil. Tu sais, je pense que tu devrais essayer de remonter ton business à Los Angeles. Tu étais excellente à Tijuana, en tant que gérante. » appuya t'il avec les accents de la sincérité. Thomas se souvenait très bien de la soirée où elle était rentrée dans leur appartement, quelques années plus tôt, en lui annonçant l'ouverture de son propre établissement à Tijuana. Celui-ci avait reçu un franc succès que la jeune femme ne devait à personne d'autre qu'elle-même. L'Anglais avait cessé de compter les soirées qu'il avait passé au "Restaurante de la Querrancia", à se mêler à la population locale, à discuter avec Savannah autour d'un verre qu'elle venait de lui servir, ou encore à offrir ses talents de pianiste à l'assistance. La jeune femme leur avait procuré un endroit où se retrouver après leurs journées de labeur et, l'ambiance générale n'en avait été que plus familiale, chaleureuse. Thomas n'avait pas été en mesure de mettre la main sur un établissement aussi intime ou accueillant depuis son retour à Los Angeles et, cela se ressentait très perceptiblement au terme de ses journées au Bureau.

« Est-ce que tu as repris contact avec Aidan ? » l'interrogea t'il finalement, s'efforçant d'adopter une mine détendue et un ton détaché complètement en désaccord avec les émotions contradictoires que suscitait ce sujet. Il était conscient d'autant plus que l'ouverture d'un établissement avait été le projet que les deux ex-amants avaient partagé à l'époque où ils étaient encore ensemble - d'où son interrogation. Peut-être n'était-il pas trop tard, pour que cela se réalise ? L'Anglais mordit l'intérieur de sa joue et commença à triturer distraitement un fil clandestin, s'échappant d'un des coussins qui habillaient le sofa. Le sujet était devenu délicat depuis plusieurs semaines et, l'un comme l'autre savaient. Mais ils n'avaient pas encore osé revenir sur leur dernière discussion sous le ciel mexicain, depuis leur retour.


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MessageSujet: Re: a drop in the ocean, a change in the weather    Mar 24 Avr - 23:25

♣ Quelques mois plus tôt …

Savannah entra dans l'appartement délabré situé au-dessus de la rue marchande de Tijuana. La rumeur de la ville croissait avec ferveur en bas du bâtiment et atteignait les fenêtres entrouvertes de l'endroit sans la moindre difficulté pour pénétrer avec impudeur dans le salon de la jeune femme. Cette dernière était bien indifférente aux bruits qui hantaient son domicile, même lorsqu'elle était absente. Peut-être parce qu'elle ne les entendait même plus. C'était la chanson morose de son quotidien depuis des années et aujourd'hui, nuls accords, nulles notes, nulles paroles n'avaient de secret pour elle. Elle en préméditait jusqu'aux variations. C'est seulement si l'atmosphère avait été sereine, calme et silencieuse qu'elle aurait relevé le menton et froncé les sourcils, méfiante. Tchik, Tchiiik. La jeune mexicaine actionna plusieurs fois de suite son briquet avant de parvenir à faire naître une timide flamme grâce à laquelle elle pu allumer sa cigarette. Dans la pénombre de la pièce, Savannah se laissa choir contre le bord d'une table et inspira longuement les délicieuses volutes de tabac, avant de fermer les yeux à demi comme pour en savourer l’écœurante saveur. Ses épaules s'affaissèrent sous le poids de sa solitude et il lui sembla se perdre davantage encore dans les méandres confus de ses illusions brisées. Elle s'accrochaient pourtant à celles-ci, désespérément, sachant pourtant que c'était payer un ticket vers sa folie. Mais peu importe, c'était toujours mieux de ne plus espérer quoi que ce soit, plutôt que de brûler à petit feu, encore et toujours. Quitte à mourir seule, elle estimait pouvoir choisir de mourir vite. Elle ne désirait pas agoniser sur une existence qui avait perdu de son sens. Cela faisait quatre ans maintenant que les arrangements qu'on lui avait promis ne s'accomplissaient pas. Quatre années qu'elle mettait son cœur entre parenthèses pour se préserver d'un mal qui à l'heure actuelle, lui importait si peu. Ne serait-il pas temps de dire stop à tout cela ? D'une manière ou d'une autre, elle savait qu'il y aurait un dénouement. Évidemment, elle était incapable de deviner lequel, mais elle était aussi incapable d'attendre qu'il s'accomplisse de lui-même. La porte de l'appartement claqua une seconde fois et les lumières s'allumèrent pour éclairer la scène. Les paupières de la jeune mexicaine papillonnèrent un instant afin de s'accoutumer à la vivacité de la luminosité brutale qui agressait sa vue. Puis, ses rétines se fixèrent sur l'intrus à ses obscures élucubrations : Thomas. Ses prunelles le suivirent lorsqu'il s'approcha et lorsqu'il fut suffisamment prêt, elle abandonna son front contre son torse, éreintée. Une immense torpeur faisait plier imperceptiblement les forces de la demoiselle. C'était un fardeau qu'elle retenait depuis si longtemps … Ça l'épuisait. De plus en plus chaque minute. « Je n'ai plus que toi Thomas. Je ne compte plus sur qui que ce soit d'autre. Je n'ai plus que toi … » murmura-t-elle en plissant les yeux pour contenir le flot de larmes qui s'apprêtait à s'extirper de ses yeux océaniques. Les bras musclés du jeune homme entourèrent les épaules frêles de la Monroe et Savannah se serra contre lui avec force. Elle pouvait sentir chaque battement de son cœur à travers le haut de son tee-shirt. Chaque pulsation comme si elles pouvaient être siennes. Et peut-être le pouvaient-elles …

♦ Aujourd'hui …

Savannah s'installait tranquillement sur le canapé du jeune Henley. Ce dernier se dévouait encore au rôle du gentleman cédant son lit à son invité et la jeune femme avait abandonné l'idée de lui faire changer d'avis. Il y a des têtes de mules qu'il vaut mieux laisser bercer d'illusions, puisque de toutes manières, elle aurait sa revanche sur cet excès de galanterie plus tard. Il l'avait toujours traité en princesse. Soit, puisqu'elle n'en était pas une, il devrait bientôt l'assimiler et l'inscrire rapidement dans son crâne s'il ne voulait pas devenir la cible des humeurs de la demoiselle. C'était une façade qu'elle se donnait, puisqu'en réalité, les attentions particulières du jeune homme la touchait toujours beaucoup, sans qu'elle ne l'admettre avec flagrance. Seul un perspicace aurait pu percé la carapace de la demoiselle et elle était à peu près sûr qu'à ce niveau là, Thomas était bien au-dessus de ce qualificatif. Après avoir commandé à manger pour eux deux, trouvant ainsi comment rendre la monnaie de sa pièce au jeune homme, ce dernier engagea la conversation sur un autre front ;

« Serveuse ? Tu sais, je pense que tu devrais essayer de remonter ton business à Los Angeles. Tu étais excellente à Tijuana, en tant que gérante. »


♦ Il y a deux ans ….

Une musique aux sonorités hispaniques s'élevait au-dessus des tables pleines à craquer. Savannah se trouvait derrière le comptoir cabossé de son établissement, servant diverses boissons telle que la margarita ou le rhum à sa clientèle enthousiaste et festive. Ses prunelles opalines pétillaient de mille feux tandis qu'elle effectuait son job, jusqu'à ce qu'elle cède sa place à une employée pour balayer la salle du regard. Une once de fierté brillait derrière ses rétines, jusqu'aux tréfonds de son âme ; elle avait réussi. Elle était parvenue à bâtir La Querancia, après tant d'années, l'affaire atteignait la quintessence du florissant. Nonobstant les difficultés placées sur son chemin et son incapacité à s'enraciner dans la ville pour se construire une vie, elle avait atteint son but, elle avait réalisé son rêve. C'était bien la seule chose qui ne lui avait pas été arrachée. Sa main se posa délicatement sur son cœur à cette pensée et elle dédia quelques instants de réflexions à Aidan, avec qui elle avait partagé ses aspirations et qui l'avait toujours poussé vers le haut. Elle ne savait pas où il se trouvait, encore moins avec qui il était. Mais tout ça, tout ce qu'elle faisait … une part d'elle-même le confessait, c'était pour lui. Et son espoir qu'il puisse être heureux. En attendant qu'elle puisse enfin revenir vers lui … Quelques notes s'élevant du piano attira son attention et la détourna de ses pensées amères. Thomas venait de s'installer sur le petit banc de velours rapiécé et entonnait un morceau. Un sourire naquit sur les lèvres de la jeune femme … Il y a des jours, où tout va bien dans le plus mauvais des mondes.

♦ Aujourd'hui …

« J'y ai pensé. Mais pour l'instant, je préfère me poser un peu. J'ai le temps maintenant, n'est-ce pas ? S'enquit-elle avec une légère nervosité au fond de la voix. »

Oui, dès lors, elle aurait à sa disposition tout le temps nécessaire à la réflexion essentielle du : bâtir ses rêves ici ou non. Elle ne voulait pas prendre peur à l'idée qu'une bise traîtresse ne vienne souffler dessus et détruire ce qu'elle aurait mis du cœur à établir. En soit, cela ne reposait que sur les épaules d'une seule et unique personne et elle admettait que cela pouvait donc prendre un certain temps avant qu'elle ne songe à ouvrir un nouvel établissement à Los Angeles.

«
Est-ce que tu as repris contact avec Aidan ? »

La jeune femme frémit. C'était devenu étrange que d'entendre le nom de son ex-amant dépasser les lèvres charnue du britannique. Si à une époque, Savannah lui confiait tout l'amour qu'elle éprouvait envers le De Conti, cette manie s'était épuisée avec le temps. Comme si implicitement, les réponses étaient redoutés et non désirées. Elle savait pertinemment pourquoi, par ailleurs. Mais elle refusait de penser à cela, surtout maintenant qu'ils étaient de retour à Los Angeles. Ça n'avait plus d'importante.

«
On s'est croisé lorsque j'ai rendu visite à mon amie à l'hôpital. Il m'a raccompagné ensuite, on a discuté … répondit-elle en tripotant les bords de son haut. Il n'a pas tellement changé. Ajouta-t-elle avec une audace soudaine. Elle avait besoin d'en parler. Au fond il est le même homme. Il fait preuve d'énormément de qualités et comme autrefois, je suis retombée amoureuse de ses défauts. Mais c'est encore si compliqué … »

Ça l'effrayait parfois. La simple idée qu'elle ne puisse être de nouveau avec lui faisait tordre ses entrailles et vaciller son cœur. Que ferait-elle, s'il tournait la page ? En serait-elle seulement capable ?

Ding dong …
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MessageSujet: Re: a drop in the ocean, a change in the weather    Mar 8 Mai - 16:50

₰ DEUX ANS ET DEMI PLUS TÔT

Ding, Dong
L'Anglais éclata d'un grand rire frais, saluant la repartie unique de sa protégée qui accompagnait la plupart de leurs échanges. « Attends, je vais chercher les plats ! » indiqua-t-il en tentant d'étouffer son hilarité, sans y parvenir totalement. Il s'échappa du coussin sur lequel il était assis en tailleur depuis près de trois quarts d'heure et arbora soudainement une grimace douloureuse en sentant l'articulation de ses genoux craquer sèchement. Captant instantanément la raillerie qui menaçait de quitter les lèvres de la jeune femme, il lui coupa aussitôt l'herbe sous le pied : « Tss. On en reparle dans dix ans gamine » l'arrêta-t-il avant même qu'elle n'ait eu le temps d'ouvrir la bouche, un rictus goguenard aux lèvres. Rosie leva les mains devant elle d'un air candide parfaitement innocent et l'observa claudiquer jusqu'au tiroir de la cuisine où ils conservaient leurs pactoles respectifs dans une boîte à sucre, un sourire amusé aux lèvres. Thomas referma celui-ci d'un coup de hanche souple avant de recevoir le livreur mexicain dans un espagnol quasi-parfait ; après avoir réglé leur commande, la porte se referma et Thomas s'empressa de déballer l'ensemble de leurs plats pour les servir dans des assiettes - Rosie n'avait jamais compris pourquoi il se donnait cette peine. Il estimait seulement que leur incapacité à cuisiner n'impliquait pas qu'ils aient à manger quotidiennement dans des boîtes comme n'importe quel animal. Il en profita pour observer sa protégée en catimini ; Après ces années passées à Tijuana, Savannah Monroe était désormais autre part. Enfermée dans un ailleurs profond où personne ne pourrait l'entendre hurler toute sa souffrance et toute sa détresse. Parfois, il lui semblait l'apercevoir au fond des pupilles embuées de la jeune Rosa. Mais celle-ci était devenue de plus en plus forte au fil des mois et s'était bâti un tempérament d'acier ; rare étaient devenues les fois où il avait assisté à l'effondrement de toutes ses barrières. Intérieurement, il espérait que son état se soit améliorer à présent. Elle souriait bien plus qu'il n'aurait pu l'imaginer quelques mois plus tôt. Elle avait semé les brumes tentatrices de l'apathie et de la dépression. Il osait croire qu'elle tiendrait le coup ; non pas parce qu'elle le devait, mais parce qu'il ne se pardonnerait jamais de ne pas être parvenu à la maintenir à flots.

₰ AUJOURD'HUI

« Bien sûr, tu as le temps. Personne ne pourra plus te prendre ça. » répondit-il d'une voix aux accents apaisants. Il lui offrit un sourire affable, évocateur de toutes les années qu'ils avaient vécues ensemble, à l'écart de leur vie respective. C'était probablement le plus étrange aujourd'hui. Garder la plupart de leurs habitudes alors qu'ils n'appartenaient plus au monde qu'ils avaient habité durant les quatre dernières années. L'ambiance angeline, la clameur des groupes de voyous dans la rue, tout cela était bien éloigné du Havre qu'avait représenté Tijuana. Il ne serait parvenu à l'exprimer en mots, aussi ne l'exprima-t-il pas. Il savait que dans un sens, la jeune femme le ressentait aussi, ce décalage. Thomas se décida à l'interroger quant au cas d'Aidan, se composant avec habileté une mine détachée loin de berner le regard connaisseur de la jolie brune. Elle s'était tout autant habituée à ses mimiques, que lui aux siennes. Elle apprécierait sans doute l'effort fourni, sans le commenter pour autant. Ces choses-là avaient été bien plus aisées au début.

₰ TROIS ANS ET DEMI PLUS TÔT

Thomas gratifia la jeune femme d'un mince sourire se voulant réconfortant. Ils s'étaient installés dans cet appartement quelques mois seulement auparavant, et l'intimité qui leur était due avait pris la poudre d'escampette. Les faits étaient là : ne se connaissant pas hors cadre professionnel avant leur départ de Los Angeles, ils avaient l'impression de vivre entre étrangers. La sensation était peu confortable, malgré les efforts perpétuels de la part de l'agent. « Est-ce que vous voulez en parler ? » souffla-t-il en se laissant glisser à côté d'elle, contre le mur. Son cœur se serra lorsqu'il lut dans ses yeux, tout le désespoir que lui inspirait la situation. « Il me manque » s'abandonna-t-elle, quelques perles de cristal salées glissant le long de ses joues aux courbes harmonieuses. L'Anglais n'eût pas besoin de poser la question, il savait exactement de qui elle parlait. Aidan, son fiancé. Les mots ne pouvant se gaspiller aussi délibérément, Thomas conserva le silence et passa un bras autour des épaules de la jeune femme, l'attirant contre lui dans le souhait de lui offrir une étreinte rassurante. Communicative d'une force apaisante. Intérieurement, il pria avec intensité pour que Byron Hemingway ne le contraigne pas à éterniser la séparation de cet amour éperdu.

₰ AUJOURD'HUI

Aujourd'hui, son intérêt n'était plus aussi désintéréssé qu'il ne l'avait été quatre ans plus tôt. Ses sentiments envers la jeune femme avaient grandi. Évolué serait sans doute plus juste. Ils ne s'étaient jamais aventurés sur ce sentier-là - bien trop ardu à leur goût - malgré une parfaite connaissance des ressentis de l'un comme de l'autre. C'était précisément parce qu'il savait que la jeune femme nourrisait un amour intarrisable envers Aidan qu'il s'était refusé le droit de lui déclarer ouvertement sa flamme. La souffrance cuisante qu'il en retirait était supportable comparée à celle qu'il devrait porter s'il venait à devoir se passer de la compagnie même amicale, de Savannah. « C'est normal que les choses soient encore confuses entre vous deux » déclara-t-il après un court instant de réflexion. « Laisse-lui le temps de réenvisager ces possibilités à deux, qu'il a dû abandonner plus tôt ». thanks to me, songea-t'il avec une touche de culpabilité qu'il chassa prestement. Il ne regrettait pas sa décision d'éloigner la jolie brune, à l'époque ça avait été la meilleure chose à faire. Ding, Dong. « Reste assise, je m'en occupe » indiqua-t-il en se levant un peu plus rapidement qu'il ne l'aurait souhaité. Il réagit comme si de rien n'était et se dirigea vers l'entrée afin de récupérer leurs commandes, offrant au livreur les dollars que Savannah lui avait collés dans la main quelques instants plus tôt. Porte refermée, il réadopta machinalement leur ancien rituel. Il sortit deux assiettes et s'appliqua à verser leurs le tout dedans. « Du vin ? » proposa-t-il en sortant deux verres. Il lui indiqua la chaise haute proche du plan de travail et s'installa à son tour sur la sienne. [color=indianred]« Je suis content que tu sois là » confia-t-il finalement, un sourire inchassable aux lèvres. « Je dois admettre que je ne suis plus certain de l'attitude à suivre, depuis notre retour à LA » avoua-t-il avec quelques réserves.
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