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 Trials of the past

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MessageSujet: Trials of the past   Sam 21 Avr - 6:57




« La famille, ce havre de sécurité, est en même temps le lieu de la violence extrême. »


J'ai l'impression de me réveiller d'un cauchemar, j'ai la tête lourde, le corps endormi comme mort ou presque. Ce doit être la maladie qui me ronge les terminaisons nerveuse. Je gobe les cachets qui servent à diminuer mes douleurs chroniques sans conviction et soupirant, je sors du taxi qui me dépose en face de l'adresse de la villa luxueuse d'Eny que Maria, notre gouvernante m'a donné quand j'ai appelé le domaine des De conti en me faisant passer pour quelqu'un d'autre. Le luxe de l'habitacle jure avec la médiocrité de mon studio que mes maigres économies payent où je vis actuellement, plutôt crever que de revenir vivre dans un édifice aussi pompeux et somptueux. Deux semaines que je suis rentrée et je n'ai pas osée apparaître ni sortir de chez moi de peur de croiser quelqu'un de la famille ou quelqu'un qui me connaît. Je ne sais pas quoi leur dire à tous après quatre ans de silence et mon départ brutal. Je suis sûrement considérée comme une traitresse, une déserteuse et si ça se trouve, j'ai perdu l'amour de mes frères. Pourquoi j'ai écouté Kealan ? Pourquoi je suis revenue ? Finir paralysée c'est peut-être bien tout ce que je mérite pour être partie ? Le Karma, la conséquence de mon acte. Pourtant maintenant que je suis là, j'ai envie de voir mes frères que je n'ai pas vu depuis déjà trop longtemps, il est trop tard pour faire un retour en arrière, je n'ai plus rien de mon ancienne vie ayant rendu mon ancien appartement, quitter la galerie d'art où je m'expose et Kealan ne me donne plus signe de vie. Mon coeur cogne contre ma cage thoracique. Comment est Enzo maintenant ? Va-t-il bien ? Qu'est-il devenue ? Est-il marié ? Je ne sais rien de sa vie, pas plus de celle d'Aidan ni même de Papa ou Marie. Oui, Marie, je ne l'appelle plus mère, pas après ce qu'elle a osé faire, me faire. Et d'elle, je m'en passerai bien d'avoir des nouvelles pour tout dire. Je lève un bras pour frapper à la porte de bois massif qui me rappelle celle de notre ancienne demeure, celle que j'ai quitté un soir de froid et de pleine lune. Finalement je m'arrête, trop angoissée, trop apeurée. Et s'il ne veut pas me voir ? Et s'il me rejette ? C'est une solution que je ne peux pas renier et que je comprendrais vu mon départ brutal mais mon coeur ne tiendrait pas face à son rejet. C'était mieux quand j'étais loin et que Lucia était morte, je pouvais encore croire au faite que j'avais l'amour de mes frères mais aujourd'hui, je serais peut-être confrontée à leurs rejets, à leurs colères. Trop tard pour les regrets, je suis là, au seuil de sa porte, je ne vais pas repartir dans mon studio. Armée d'un courage, je frappe enfin à la porte deux coups et je m'arrête tendant l'oreille. Alors que des pas se dirigent vers la porte d'entrée, mon coeur s'arrête de battre, j'ai presque l'impression de m'étouffer quand la porte s'ouvre enfin. Je cesse de respirer alors que le visage d'Eny m'apparaît. Son visage se mue en un expression de torpeur et de surprise. Je me sens mal à l'aise et j'imagine les tourments que je lui ai causé, que je leur ai causé à tous, si ça se trouve ils m'en tous cru morte ou je ne sais quoi. « Bonjour, Eny » Je dis enfin d'une petite voix. Cela fait longtemps que je n'ai pas dit ce mot, que je n'ai pas utilisé ce surnom que moi seul usait. Sur le seuil de la porte, je ne sais pas quoi faire, j'ai envie de le prendre dans mes bras mais j'ai peur qu'il me rejette, qu'il me dise de m'en aller ou de voir du dédain dans son regard. Les larmes me montent aux yeux, je savais que voir l'un de mes frères serait fort en émotion mais je ne savais pas à quel point. Des picotements douloureux se font sentir dans le bout de mes doigts sûrement causé par les émotions qui me traversent. Les larmes me roulent sur le visage alors que je lève les mains vers lui pour toucher son visage, comme pour me rassurer que je ne suis pas entrain d'halluciner, comme pour vérifier qu'il est bien devant moi en chair et en os et non que je suis face à une illusion. J'ai tellement rêvé de mes frères quand ils me manquaient et que j'avais le mal du pays. Mes mains se posent sur son visage, caressent le creux de ses joues, passent sur son front. Le contact de sa peau sous mes doigts calme presque mes douleurs naissantes, ces foutus médocs ne servent visiblement à rien. Je suis là. Il est là. A travers mes larmes, je l'observe et un mince sourire étire mon visage fatigué par la maladie et creusé par la vie que je mène. J'ai beaucoup changé depuis mes vingt ans, depuis la dernière fois qu'il m'a vu, déjà rien qu'avec ma façon de m'habiller, aurevoir les robes cintrées que Marie me forçait à porter, je suis loin de ce monde habillée d'une chemise d'homme piquée à Kealan et d'un jean troué. « Tu es toujours aussi beau, Eny. Les années t'ont embelli » Je lâche dans un souffle mais je pourrai dire ce que je veux, mes mots sonneront comme creux parce que je suis une traitre qui est partie sans un mot. Et au fond de moi, je prie, oui, je prie que mon frère ne me rejette pas.
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MessageSujet: Re: Trials of the past   Dim 22 Avr - 4:08




« Ne te retournes pas, le passé ne vaut pas cette attention. Le passé est le passé. »




Les yeux plongés dans un livre, Enzo, assis sur son canapé, vêtu d’un simple pantalon en lin, était choqué par la dure histoire qu’il lisait. Le bouquin intitulé « Vilaine», l’émouvait bien plus qu’il ne l’aurait pensé ; un livre autobiographique de la première femme noire juge en Angleterre. La pauvre femme avait vécu une misérable vie, détestée par sa mère, elle avait subi toutes les pires horreurs qu’une enfant pouvait vivre. Cette histoire lui rappelait sa petite sœur Lucia. Marie avait toujours gâché la vie de sa petite sœur. Pas autant que la juge anglaise mais la tension entre les deux femmes étaient serrées. De Conti se retrouvait une nouvelle fois seul, Kendall était allée voir sa sœur. Il n’aurait pas dit non pour l’accompagné mais aujourd’hui, l’italien désirait se détendre chez lui. Les cartons avaient enfin disparu, il n’y avait plus signe de déménagement. Enzo avait fini par voir son petit frère. Ce dernier avait irruption chez lui, en colère et pas très en forme. Si l’aînée des De Conti était à Los Angeles c’était parce qu’il n’avait qu’un seul but, détruire le mariage d’Aidan. Ce dernier ne méritait pas Ciara. La jeune italienne devait être sienne et non celle de son cadet. Enzo était dégoûté, il était prêt à tout pour la récupérer. Il n’avait pas été désigné comme son futur époux car il avait déjà l’entreprise comme héritage. Aidan sauvait seulement sa famille. Bien évidemment, pour être en arrivé là c’était qu’un problème était survenue. En effet, Adriano avait fait faillite avec sa banque. Enzo comptait bien faire remonter et sauver l’entreprise de son paternel. Il était plus doué que lui et était persuadé qu’il pourrait rapporter plus que son père ne l’avait fait. Le jeune homme ne pouvait pas tout avoir. Il devait se contenter de l’argent. L’amour n’était qu’une option qui ne lui était pas encore proposée. Que le monde était petit. Il avait non seulement revu Aidan mais aussi Ciara. Plus vite qu’il n’eut cru et sans faire exprès. Léonard s’était blessé et avait dû se faire des points de suture sur sa main. L’imprudent avait une coupure de couteau. Leur retrouvaille n’avait pas été très chaleureuse, quoi de plus normal vu ce qu’il avait fait pour la séduire. Il s’était fait passé pour Aidan. Soudain, il entendit quelqu’un sonner à la porte. Il était à deux doigts de terminer son livre. Enzo maugréa quelques paroles. Il n’aimait pas quand on l’interrompait lors de sa lecture. Cependant, il fit un effort, se leva pour se diriger vers la porte d’entrée. A pas modéré, il referma son livre tout en se rapprochant de la porte en bois massif. Il l’ouvrit et lorsque ses yeux tombèrent sur la personne, son cœur manqua des battements, son sang ne circulait plus, il croyait rêver. La seule réaction immédiate fut de refermer la porte. Il déposa rapidement son livre sur la commode à côté de lui. Il respira un bon coup et ouvrit de nouveau la porte. Enzo ne pouvait être que surpris, devant lui se tenait une jeune femme qui ressemblait à sa petite sœur, sauf qu’elle n’était pas vraiment la même qu’il avait connu quatre auparavant, elle était vêtue d’une chemise large d’homme et d’un jean troué et délavé alors qu’à l’époque, sa sœur portait des robes, des jupes droites, des tenues que les bourgeois portaient. L’inconnu qui était sur le seuil de sa porte le salua timidement. Lucia. C’était bien elle. Il n’y avait qu’elle qui donnait à ses frères des surnoms peut entendus. « Eny » était celui d’Enzo. Mon dieu que cela lui faisait du bien d’entendre ce surnom. Il savait que c’était elle, pourtant, il n’arrivait pas à bouger. Il n’en croyait pas ses yeux, elle était bien là, devant lui. Sa petite sœur, sa Lucia. Son cœur qui s’était arrêté quelques secondes, avait repris de plus bel et s’accéléra alors que la dernière des De Conti caressa le visage d’Enzo. Un compliment porté par sa délicieuse voix, destiné au jeune homme le fit sourire tout de même. Il réagissait enfin. Durant les quatre années de sa disparition, il avait été malheureux, il avait souffert en silence de son absence mystérieuse. Il retrouva son instinct protecteur et la prit dans ses bras tendrement. Le visage dans son petit cou, il murmura doucement avec émotion. « Lucia… » Enzo l’embrassa sur le front. Il ne cédait que devant elle. Elle savait s’y prendre pour contrôler et calmer ses frères. « Que t’es-t-il arrivée pendant ces quatre ans ? Pourquoi tu as disparu du jour au lendemain ? » toujours sur le seuil de la porte, l’italien se rendit compte de cela après. « Entre, entre, entre, nous avons des choses à nous dire !! » il la laissa passer afin qu’elle puisse aller dans le salon. « Tu veux quelque chose à boire ou à manger ? Il faut que j’appelle Aidan… » il détestait son frère mais il savait que là, c’était important, il s’agissait de Lucia, pas de n’importe qui. Il prit son téléphone et composa le numéro de son cadet. Il n’avait pas demandé à avoir son numéro mais Maria avait tant insisté pour qu’il l’appelle. Finalement, ça n’avait servit à rien puisque c’était Aidan qui était venu le voir. Il réussit à l’avoir. « Aidan, rapplique ! Lucia est là !....mais non je ne déconne pas !! Putin Aidan ramène tes fesses et de suite !! » finit-il en criant. Pourquoi il ne le croyait pas ? Enzo ne jouerait pas avec ça. Pas juste pour le voir. Loin de là. Sa sœur lui dit d’arrêter de crier sur Aidan. « Mais ce crétin ne veut pas me croire que tu es chez moi ! » il amena les boissons sur la table basse et s’assit près d’elle. Son petit frère ne prendrait pas beaucoup de temps car il n’habitait pas si loin. Il était à deux pas.
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MessageSujet: Re: Trials of the past   Dim 22 Avr - 9:07

    « Ciara ? Tu peux me dire où tu a rangé ma chemise ? », Aidan était toujours aussi surpris de la manière polie avec laquelle il s’adressait quand il parlait à la jeune italienne. Autrefois, quand elle avait débarqué chez lui quelques mois plus tôt, son vocabulaire s'accompagnait généralement d'une insulte ou deux quand il désirait lui parler. Mais depuis quelques temps, les choses avaient changées. Ciara était toujours la même, femme trop fière, caractérielle et arrogante, toujours à se plaindre et aimant rendre la vie de son fiancé impossible. Mais a côté de ça, Aidan avait découvert une autre personnalité, comme un double jalousement caché par l'autre moitié. Ainsi, Aidan avait put connaitre une Ciara douce, attentif à ses besoins et humaine. Bien entendu, cette Ciara faisait peu son apparition, résolument caché par l'autre qui aimait dominer son monde. Mais depuis qu'Aidan avait eut son accident, Ciara était devenue sa garde malade, celle qui venait lui éponger le front la nuit lorsqu'il cauchemardé sur la mort de Reaver. Avant, Aidan ne lui aurait rien demandé, préférant mourir plutôt que de se montrer aimable avec elle et d'être gentil en sa présence. Seulement voilà, maintenant qu'il boitait et qu'il était devenu compliqué pour lui de faire ce qu'il faisait dans le quotidien, Ciara c'était imposé comme une maîtresse de maison. Il était évident qu'elle ne se gênait pas non plus pour lui lancer des pics de temps en temps et pour lui demander de faire des efforts, mais en tout cas, elle s'occupait plus de l'entretient de la maison qu'as son arrivée. « Sur le lit ... Sur le mien ! », ajouta t'elle. Oui, parce que croyez le ou non, Aidan et Ciara n'avaient jamais couchés ensemble, ni même ne c'étaient embrassés. Par conséquent, chacun avait le droit à son propre espace, à sa chambre indépendante.

    Boitant jusqu'as là, Aidan s'assit sur le lit, prenant le temps de respirer convenablement. Dans l’explosion, sa cage thoracique avait été enfoncé et depuis, sa respiration était saccadé. Torse nu, Aidan contempla avec dégoût les diverses marques que possédait son corps. Il avait maigris, son corps semblait vidé. Levant les bras, Aidan passa sa chemise, boutonnant lentement chaque boutons. « Aidan tu veux bien décrocher ton foutu téléphone ? J'essai de me reposer avant d'attaquer ma garde de cette nuit ! T'es pas mon se... », mais Aidan ne l'écoutait plus. Ciara avait tendance à en rajouter des tonnes et ses bavardages incessant n'étaient pas une bonne thérapie pour un homme qui ne rêvait que de silence depuis qu'il avait frôlé la mort. Usé, Aidan se leva enfin et regagna sa chambre avec le vitesse d'un homme brisé mais encore vaillant. Ou était passé ce foutu portable ? Et surtout, qui c'était ? Il penchait pour Billie qui n'était plus vraiment la même depuis qu'elle savait que Reaver était mort. Il espérait que ce soit Savannah, mais ça, c'était juste un rêve parmi tant d'autre. Finalement, il buta contre quelque chose qui lui fit retenir un cri. « Putain de portable de merde ! » et rageur, il décrocha son mobile. Et quelle désagréable surprise d'entendre la voix nasillarde de son abrutis de frère. « Aidan, rapplique !, commença t'il et déjà, Aidan revait de raccrocher, Lucia est là !, Aidan leva un sourcil et se redressa sur son lit. « C'est quoi ces conneries Enzo ? », demanda t'il alors. Si c'était une blague, elle était vraiment idiote. Aidan n'avait plus entendu ce nom depuis bien longtemps déjà et cela lui faisait mal, encore aujourd'hui. « ... Mais non je ne déconne pas !! Putin Aidan ramène tes fesses et de suite !! », conclu Enzo en gueulant presque, mais se radoucit ensuite, comme si quelqu'un venait de le lui demander. « Je t'avertis Enzo, si jamais tu me fais venir pour rien, je te refais le portrait ! », lui dit-il avant de raccrocher.

    Aidan mit alors quelques minutes à prendre conscience de la conversation qu'il venait d'avoir avec son ainé. Lucia ... C'était si irréel de penser qu'elle se trouvait à Los Angeles, qui plus est, chez Enzo. Même très vite, le doute s'installa. Et si Enzo disait vrai ? Rongé par la curiosité et le désir de démolir son frère, Aidan se releva, se donna un coup de peigne et descendis au rez-de-chaussez. Ciara avait dut s'endormir, mais il hésita à lui dire où il se trouvait. Mais finalement, il s’abstint. Enzo était la faille de Ciara, l'amour qu'elle n'aurait jamais, pas besoin de lui infliger tout ça. Alors qu'il sortait, Sandrelli, chien de notre jeune De Conti, profita de l'ouverture de la porte pour se faufiler dehors. « Non pas toi ! Allez rentre, allez grouille toi ! », mais l'animal ne semblait pas décidé à écouter son maître et avançé déjà dans l'allée principale. « Bon très bien, au pire tu pourra toujours pisser sur le canapé en cuir d'Enzo », dit-il à haute voix, plutôt amusé de la situation. Aidan marcha alors en direction de chez son frère, même si le chemin lui semblait plus long maintenant qu'il était cabossé de partout. Enfin, il arriva devant lui et Sandrelli se faisait déjà une joie de découvrir une nouvelle demeure. Il frappa une fois mais n'attendis pas pour entrer, résolu à penser qu'Enzo était entrain de lui tendre un piège. En entrant, Aidan ne vit pas tout de suite la tête brune qui dépassait du fauteuil. Il entendait simplement la voix grave d'Enzo depuis le salon. Curieux, il fit quelques pas et passa sa tête dans l'embranchement de la porte. Alors, il vit son frère fixé une jeune femme... Non... C'était impossible ... Pourtant, un doute persistait. Alors, tremblant plus que de nature, Aidan s'imposa dans la pièce et contourna le fauteuil. « Lucia ? »
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MessageSujet: Re: Trials of the past   Dim 22 Avr - 10:12


« La famille, ce havre de sécurité, est en même temps le lieu de la violence extrême. »


Je reste silencieuse et interdite face à la porte qui se referme aussitôt qu'elle s'est ouverte amplifiant mes larmes. Je baisse la tête, ne sachant que faire et mon coeur se serre. A quoi je pensais de toute façon ? Que je serais accueillie les bras ouverts ? Que mon frère sauterait au plafond de me voir et qu'il me ferait ma fête ? Non. Assurément. Alors que je me résigne à tourner les talons et retourner dans mon piteux studio, la porte se réouvre et un silence s'installe durant lequel je ne sais pas quoi dire, ni quoi faire de plus que mon geste vers lui et les mots sortis. Contre toute attente, il me prend dans ses bras tendrement comme il le faisait auparavant, comme quand on était plus jeune, comme quand on était unis et que je n'étais pas partie. Il enfouit son visage dans mon cou alors que je ferme les yeux en proie à une tonne d'émotion, j'ai l'impression de revivre, de respirer après quatre années en suspens et finalement je craque m'effondrant en sanglot quand il prononce mon prénom et qu'il dépose un bisou sur mon front. Cela fait tellement longtemps que personne ne m'a appelé par ce prénom, Lucia, tellement longtemps que je n'ai pas eu de marque de tendresse comme cela. Kealan ne m'a jamais approché de cette façon, c'est un homme froid et distant et de toute façon, aucun câlin ne peut remplacer ceux de mes frères, aucun même avec la plus grande tendresse de la planète. Les câlins de mes frères sont uniques. Je le serre contre moi tellement fort que je pourrais presque l'étouffer alors je lui donne un peu de leste. Je me décolle de lui à regret et essuie mes larmes d'un revers de la main avant d'hausser les épaules. Comment répondre à ces questions ? J'ai tellement de choses à dire mais aussi tellement peu. Les larmes m'empêchent de parler alors je lui souris avant d'accepter son invitation et d'entrer. Alors qu'il me mène dans le salon, je prend place sur le canapé droite comme un i. « Je veux bien un verre d'eau s'il te plaît, Eny » Je trésaille quand il émet l'idée d'appeler Aidan. Aidan est ici ? Aidan va venir ! Juste au moment où je lève la main pour l'arrêter, c'est déjà trop tard, il a déjà l'oreille sur son téléphone. Ce n'est pas que je ne veux pas le voir mais j'appréhende grandement de voir Aidan, je ne l'ai pas vu depuis son incarcération, depuis mes 16 ans. Comment va-t-il réagir à ma vue ? Lui qui n'a jamais reçu mes lettres ? Lui qui a dû croire que je l'ai rejeté comme toute la famille. Mon coeur se serre et pourtant, malgré la peur, malgré l'appréhension, j'ai envie de le voir, voir son visage que je n'ai pas vu depuis longtemps, depuis trop longtemps. Alors qu'il réussit à avoir Aidan au téléphone, le ton monte rapidement, comme d'habitude mais en pire. Les choses auraient-elles empirées depuis que je suis partie ? Même si je suis une déserteuse et que je n'ai pas mon mot à dire, je ne supporte pas qu'ils se parlent ainsi, je lève une main vers Eny « Eny, je t'en prie, ne cris pas sur Aidan ainsi ! Nul besoin de lui parler ainsi ! » Dis-je d'une voix douce mes sanglots calmés. Il raccroche finalement pour disparaître dans la cuisine et nous ramener nos boissons. Mes mains continuent toujours à me faire souffrir et commencent à trembler, une crise de tremblement pointe son nez, c'est pas le moment. J'enfouis mes mains dans mes poches pour cacher mes tremblements à mon frère. « Merci, Eny » Je regarde le verre d'eau sans le toucher cependant, je suis dans l'incapacité de le tenir sans trembler et je n'ai pas envie de mettre ma maladie sur le tapis tout de suite, ni de l'annoncer. Kealan est le seul au courant ainsi que Kellyan. Alors qu'il s'installe près de moi, j'en profite pour me rapprocher de lui et poser ma tête sur son épaule, de le coller comme dans le beau vieux temps. Je lève un regard sur Eny afin de répondre à ses nombreuses interrogations « Je suis écrivaine et dessinatrice pour une entreprise d'édition. Je peins à mon compte et m'expose dans des galeries pour arrondir les fins du mois. J'ai un maigre salaire mais c'est assez pour avoir de quoi manger et vivre modestement puis je suis au début de ma carrière. Je loue un studio pas loin d'ici. C'est assez ironique, je vis dans un quartier que Marie qualifierait d'inapproprié et d'insalubre » J'annonce pour faire court sur le topo de ma vie actuelle mais il y a tellement de choses à raconter sur ces quatre ans, j'ai voyagé, j'ai vu des villes, j'ai vécu dans la rue, j'ai été la cible de gang, j'ai rencontré Kealan et tellement de choses.Alors que je m'apprête à lui poser des questions sur sa vie une silhouette pénétrant dans le salon et contournant le canapé pour se retrouver en face de moi interpelle mon regard, je ne l'ai pas entendu entrer ni frapper à la porte. Il me faut quelque seconde pour reconnaître que l'homme en face de moi qui boîte et semble blessé n'est autre qu'Aidan. Mes yeux s'arrondissent comme des soucoupes et oubliant les raisons pour lesquelles mes mains sont dans mes poches, je porte une main à ma bouche ouverte. Le choc et l'émotion est telle que je suis paralysée sur place, cette fois-ci pas à cause de ma maladie mais à cause de l'émotion d'avoir Aidan en face de moi, d'entendre sa voix, de le voir, là et pas en bon état. Qu'ai-je raté ? Que s'est-il passé pour qu'il soit dans cet état ? Et moi, je n'étais pas là. PAS LA. Je quitte le canapé et fonce vers lui le prendre dans mes bras en prenant soin de ne pas le heurter lui qui n'a pas l'air à l'aise sur ses deux jambes. « Dany ! Oh Dany ! Oui, c'est bien moi ! C'est Lucia » 6 ans ! 6 ans que je ne l'ai pas vu. Alors que j'ai réussi à me calmer quelque instant plutôt, je re-éclate en sanglot dans les bras d'Aidan, cachant mon visage dans sa chemise. Aujourd'hui, je n'ai jamais autant pleuré. Je prend la main d'Aidan et regarde Enzo m'écartant légèrement de Dany. C'est comme un mirage, un rêve. Tous les trois réunis dans ce salon et pourtant j'ai l'impression d'être étrangère, qu'on est unis mais aussi éloignés. Le temps ne nous a pas fait de cadeau ni mon absence d'ailleurs. « Pour...Pourquoi t...tu boîtes mon frère ? Qu'est...Qu'est ce qui...t'es arrivé ? » Dis-je entre deux sanglots. Je suis de retour mais j'ai l'impression d'être un fantôme.
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MessageSujet: Re: Trials of the past   Mar 1 Mai - 4:00



Enzo avait eu une drôle de réaction en voyant sa petite sœur devant sa porte. A vrai dire, il n’était pas sur que se soit elle car depuis plusieurs années, elle avait disparu et la revoir aujourd’hui, comme si de rien n’était après ce moment de souffrance, le clouait sur place. Alors, ce fut la seule réaction qu’il avait su faire. Claquer la porte au nez de Lucia. Ce ne fut lorsqu’elle prononça le surnom du jeune homme qu’il était persuadé que c’était elle, sa petite sœur chérie ; elle avait l’habitude de l’appeler ainsi, Eny. Elle seule avait le droit de l’appeler comme cela ; même sa mère et son père le nommait uniquement Enzo. Donc imaginez la sensation que l’italien avait pu avoir en entendant sa voix mielleuse. Le futur successeur de M. De Conti avait toujours été froid mais seule Lucia arrivait à éclairer cette part en lui obscure. Elle le rendait bon. La deuxième qui avait réussi à le rendre comme ça, c’était Ciara. Or, l’amour familial passe avant tout, donc en cet instant, sa petite sœur était son seul amour. Il était si heureux de la voir qu’il avait oublié quelques secondes cette haine qu’il avait pour son frère et appela ce dernier pour lui dire de venir chez lui. Durant ces quatre dernières années, Enzo était devenu plus renfermé et plus dur qu’il ne l’était déjà. Maintenant, il était redevenu celui qu’il avait toujours été avec sa benjamine comme si elle n’était jamais partie. Ils avaient tellement de choses à se dire tous les trois. En quatre ans, elle avait dû en vivre des choses. Son grand frère lui apporta son verre d’eau tandis qu’il téléphone à Aidan. Ce dernier ne voulait pas croire Enzo que leur sœur était bien et belle ici. Il n’aurait jamais osé faire de blague à ce sujet trop sensible à ses yeux. Les deux frères méritaient de voir leur petite Lucia et de la serrer chacun dans leur bras. Enzo ne remercierait jamais assez Dieu de la retrouver envie. Dans la famille De Conti, il n’y avait pas que la richesse qui était importante mais la religion aussi. Marie faisait en sorte qu’ils aillent souvent à la messe, un ennuie pour tous les trois. Cependant, ils n’avaient pas le choix et devaient obéir à cette femme égocentrique. Enzo finit par crier sur son cadet au téléphone mais il baissa d’un ton vers la fin car sa sœur le lui avait demandé. Il aurait très bien faire comme s’il ne l’avait pas entendue, les anciennes habitudes avaient repris et pour une fois, il appréciait ça. « Ce n’est pas ma faute Lucia, Aidan n’a qu’à me croire ! « Pendant qu’il essayait de trouver une excuse, qu’ils attendaient tous les deux Aidan, Lucia posa délicatement sa tête contre son épaule, comme au bon vieux temps lorsqu’elle venait s’incruster dans la chambre de ses frères. La demoiselle avait toujours été très câline ; concernant Enzo, il ne détestait pas ça, au contraire, la jeune femme était son rayon de soleil avant sa mystérieuse disparition. Sérieux ? Je suis fier de toi Lucia, tu as toujours voulu prendre cette voie. Tu as un réel de talent. De toute façon, Marie n’a jamais su voir en toi tes qualités, c’est fort dommage… » dit-il en soupirant. Il se rendait compte que leur mère n’avait pas joué son rôle correctement. Elle avait tout fait pour que Lucia la déteste ainsi qu’Aidan. Il le reconnaissait mais il n’oserait jamais l’avouer à son cadet. Trop de fierté et puis la haine qu’il éprouvait déjà contre lui ne changerait rien. Rien du tout. « Tu peux dormir à la maison tu sais ?! Il y a assez de place pour toi et je serai content si tu emménageais chez moi. s’écria-t-il. Ainsi, il pourrait rattraper le temps perdu. Ils entendirent soudainement quelqu’un entrer. C’était Aidan. Le nouvel invité n’avait même pas pris la peine de frapper à la porte. Surement qu’il avait besoin d’avoir le cœur net à propos de ce que venait de lui avouer son aîné. La belle brune italienne sanglota de nouveau, cette fois-ci, dans les bras de son deuxième frère. C’était un moment assez émouvant pour tout le monde, surtout pour Aidan parce que ce dernier avait appris sur le tard que Lucia avait disparu. Le malheureux. Or, Enzo, lui n’avait aucune pitié à son égard, s’il n’avait pas fait le con, il ne serait pas allé en prison et il aurait appris la mauvaise nouvelle en même temps que tout le monde. « Je ne voudrais pas gâcher ce moment à vous deux mais je crois qu’il serait temps de passer aux choses sérieuses ? Pas vrai Lucia ? J’ai besoin de savoir pourquoi tu es partie il y a quatre ans ? » il lança un regard plein de tendresse à sa sœur. Il rêvait. Ce n’était pas possible qu’elle soit là, devant lui. Il était aux anges. Un élément perturbateur vint gâcher cet instant idyllique, magique, un chien. L’animal se mit près d’Enzo, le regardant droit dans les yeux, il déclara sèchement un parole. « Toi le clébard, tu dégages ! Je ne veux pas de toi ici, tu vas salir mon super canapé ! » ses deux frères sourirent en cœur, Enzo était toujours le même, il avait cette manie de changer d’expression, de sentiments. Il montra avec son index un coin, où pourrait se mettre l’animal. Il regardait ensuite Aidan avec un air menaçant. « Aidan, je te préviens que si ton chien fait un pas de travers, je te jure que je n’hésiterais pas à lui botter le cul, tu m’entends ?! ». Non pas qu’il n’aimait pas les animaux mais vu son déménagement récent, il n’était pas encore prêt à accepter un animal de compagnie. Il lui fallait un peu de temps. Enzo était assez compliqué comme mec. Il se leva et alla chercher un verre pour son frère.


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MessageSujet: Re: Trials of the past   Mer 2 Mai - 13:45

    Quand il prononça son nom, c'était comme si il sortait d'un rêve. Un très beau rêve qui venait brutalement de prendre fin, là, sous ses yeux. Jusqu'as là, Aidan était persuadé qu'Enzo lui jouait une mauvaise blague, avait fait tout ça dans le but de le piéger. Pire, de lui faire du mal. Parce qu'Enzo était certainement le seul homme au monde capable de mentionner Lucia rien que pour faire naître de la tristesse dans le coeur de son jeune frère. Cruel. Mais Aidan venait de contourner ce canapé et son coeur c'était brutalement enflammé. Non ... Alors qu'il se répétait dans sa tête qu'une telle chose était improbable, il sentit la présence d'Enzo dans son dos. Alors il disait vrai ... C'était étonnant de penser que pour une fois, Enzo avait agit pour eux deux et non pour sa seule et unique petite personne. Car il fallait bien le reconnaître, si Lucia c'était pointé chez lui en premier, Aidan n'aurait certainement pas eut l'idée d’appeler son frère. D'ailleurs, pourquoi était-elle venu le voir, lui ? Son coeur se serra aussitôt. Mais il n'allait pas repartir, pas maintenant que Lucia se trouvait devant lui, en cher et en os. « Dany ! Oh Dany ! Oui, c'est bien moi ! C'est Lucia », dit-elle. A cet instant, Aidan sentit comme un manque d'air lui oprésser les poumons et il recula nerveusement. Sa voix ... Cette voix ... Si pure, si légère et enfantine. Le fait qu'elle parle voulait bien dire que tout ceçi était réel, qu'il n'était pas l'un de ses nombreux rêves qui se finissait mal. Lucia se jeta alors sur lui et Aidan manqua de s’effondrer, toujours en équilibre sur sa jambe gauche. C'était trop étrange, trop iréel pour qu'il fasse quoi que ce soit sinon de fixer cette jeune femme accroché à son corps. « Pour...Pourquoi t...tu boîtes mon frère ? Qu'est...Qu'est ce qui...t'es arrivé ? », demanda elle alors en s'éloignant de lui. Soudain, Aidan prit conscience de l'image qu'il devait renvoyer en cet instant. L'image d'un homme brisé, tant physiquement que moralement. Il jeta un regard à Enzo. Celui avait l'intelligence de ne rien dire, comme si il désirait que cette réponse leur soit donné, sans vraiment qu'elle n'est d'importance. « C'est une longue histoire ... », marmonna t'il avant de prendre la première chose à quoi il pouvait se maintenir debout, une chaise. En vérité, il se voyait mal expliquer qu'il avait manqué de mourir dans un accident de voiture, que son meilleur ami était mort devant ses yeux et qu'il garderait à vis les séquelles de cet accident.

    « Je ne voudrais pas gâcher ce moment à vous deux mais je crois qu’il serait temps de passer aux choses sérieuses ? Pas vrai Lucia ? J’ai besoin de savoir pourquoi tu es partie il y a quatre ans ? », déclara Enzo, redevenant le mec imbuvable de toujours. Aidan lui jeta un regard noir mais Enzo semblait se foutre royalement de ses problèmes. Mais il fallait reconnaître que cette question lui brûlait les lèvres également. Le visage résolument tourné vers sa soeur, Aidan put enfin observer ce qu'elle était devenue. Elle semblait plus grande aujourd'hui, bien que l'image qu'il gardait d'elle était une adolescente de 16 ans, rebelle et frivole. Son allure était nétemment différente d'autrefois, à la fois bohème et légère, elle semblait beaucoup mieux dans sa peau que la dernière fois qu'il l'avait vue. Le regard pétillant, elle était désormais devenue une femme mais son allure trahissait une certaine fragilité que lui connaissait bien Aidan. Pourtant, il la trouvait toujours aussi jolie, le minois mutin et les cheveux en bataille. Mais il persistait à savoir, a comprendre ce qui c'était passé pour qu'elle disparaisse du jour au lendemain. Quand elle l'avait prit dans ses bras, il n'avait réussi à caresser qu'une micro-seconde ses cheveux avant de se retirer. Il avait encore cette rancœur au plus profond de lui mais Enzo, lui, semblait tout pardonner, ce qui était une première !

    « Toi le clébard, tu dégages ! Je ne veux pas de toi ici, tu vas salir mon super canapé ! », claironna Enzo en découvrant l'animal tout prêt de l’accoudoir où se trouvait Aidan. Celui-çi retint un rire. Sandrelli ne ferait qu'une bouchée de superbe intérieur. Aidan n'avait pas encore réussi à le dresser et le chien était tout fou en cet instant, parfait pour faire craquer cet imbécile d'Enzo. « Aidan, je te préviens que si ton chien fait un pas de travers, je te jure que je n’hésiterais pas à lui botter le cul, tu m’entends ?! » , dit-il Enzo après avoir jeté à son cadet à un oeil acerbe. Aidan le fixa quelques secondes et tapota affectueusement la tête du chien. Celui-çi vint se blottir aux pieds de son maître, devant l'oeil amusé de Lucia qui avait l'intéligence de ne pas prendre part aux querelles de ses aînés. « Tu ne fera rien Enzo. Si tu touche Sandrelli, c'est moi qui te bote le cul et crois moi, j'en suis encore capable », dit-il en faisait référence à ses nombreuses blessures. Il espérait qu'Enzo retienne le prénom du chien, ce qui ne ferait que l'enrager encore plus. A la place de ça, il se leva et revint quelques secondes plus tard en lui tendant une verre d'eau. Aidan jeta un coup d'oeil, renifla le verre afin de vérifier que son frère ne l'avait pas empoisonné. Visiblement, c'était ok et puis Enzo n'était certainement pas assez stupide pour faire du mal à Aidan en présence de leur petite soeur. « On t'écoute Lucia » dit-il enfin, comme pour lancer un débat télévisé.



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MessageSujet: Re: Trials of the past   Mer 16 Mai - 21:47


« La famille, ce havre de sécurité, est en même temps le lieu de la violence extrême. »

Un sourire tendre se dresse sur mes lèvres alors que mon regard se pose sur Enzo. Si un gouffre s'est construit entre nous, il semblerait qu'un pont nous permettent de se retrouver. J'ai l'impression de les voir, moi, enfant, entrain de se chamailler. Maintenant, nous sommes des adultes mais des adultes brisés par une famille autoritaire. Je baisse les yeux quand il me dit qu'il est fier de moi, je ne sais pas si je peux l'être de moi-même. Peut-être certes de ma carrière mais peut-être pas du reste, faut le dire. Cependant, cela me fait vraiment chaud au coeur que mon propre frère reconnaisse mon talent et ce que Marie n'a jamais pu voir trop aveuglée par sa maudite éducation. Touchée par son offre soudaine et emprunt d'une sorte de gaieté, je manque de peu de rire doucement devant sa spontanéité. Enzo n'a jamais été très spontané quand nous vivions ensemble, chacun de ses gestes étaient calculés pour ne pas froisser Père et Marie. Comme nous d'ailleurs. Avec moi, il pouvait se le permettre et cela me faisait chaud au coeur de le voir agir de la même manière encore aujourd'hui « Merci, Eny ! C'est très gentil de ta part ! Ca me touche mais j'ai l'âge d'être indépendante maintenant, même si c'est vivre misérablement comme dirait ta mère » Ta mère oui. Je rejette volontairement Marie. Elle n'est ni plus ni moins que ma génitrice. Point barre. Aidan apparaît comme un mirage. Je ne me formalise pas de son pas reculant à ma vue ni à la froideur de son corps quand je l'enlace. Je m'en formalise pas bien trop heureuse de le voir enfin après des années de silence mais mon coeur ne s'en retrouve pas indemne malgré tout. Alors que je me recule, j'intercepte un regard entre mes deux frères quand je demande ce qu'il lui est arrivé. Ce regard me fait froid dans le dos et je sais déjà que la réponse ne me plaira pas beaucoup ou pire me fera du mal. Je me recule aussi jusqu'à m'adosser à un mur, mettant une distance entre mes frères et moi. C'est un peu illogique compte tenu du manque que j'ai pu ressentir vis à vis d'eux et que là, je les retrouve enfin. Mais la froideur d'Aidan a eu l'effet d'un seau d'eau glacé et je tiens mes distances. J'assiste à une micro scène de dispute entre Aidan et Enzo à propose du chien qui a débarqué avec Dany. Ils trouvent toujours le moindre truc pour se chamailler, même le plus insignifiant. Si dans ma jeunesse je prenais part à chacune de leurs disputes, cette fois-ci, je garde silence et les regarde. Peut-être en espérant que cette chamaillerie changera le sujet et qu'ils oublieront la question qu'Enzo vient de me poser. Je les laisse s'envoyer des piques, j'interviendrais seulement si cela s'enflamme et passe aux mains. Je reste perdue un moment, ne sachant pas quoi répondre à sa question, me préparant déjà car les connaissant, ils remettront cela sur le tapis, ce ne sont pas des Del Conti pour rien, ils tiennent cela de leur mère. Aidan relance enfin la discussion axée sur moi, je me mords la lèvre. J'ai pas vraiment envie de parler de cela, ça remonte à tellement loin, c'est remuer des couteaux déjà enfoncés dans une plaie béante cependant, je sais qu'il faut que je me mette à table « Je... eh bien... J'en pouvais plus. De Marie, de Papa. J'en avais assez. Toi, t'étais en taule, Marie faisait chier, Papa c'était différent et puis toi, Enzo, t'étais occupé. J'étouffais, on ne me laissait pas être ce que je suis réellement. Puis votre mère a fait quelque chose que je ne lui pardonnerai jamais, ça, vous devez le savoir, elle vous l'a sûrement dit. Sur un coup de tête, je suis partie car je voulais plus rien avoir à faire avec elle. J'ai décidé qu'elle m'avait assez pourri la vie ! » Je lâche sans croiser leurs regards, fixant le sol, les bras croisés sur la poitrine. Oui, ils sont sûrement au courant de qu'a fait Marie : voler les lettres que j'envoyais à Aidan. Elle l'a sûrement dit ! Elle aurait deviné que c'était à cause de ça que j'étais partie ! Quoique, Marie a le don de ne voir que ce qui l'arrange. Je continue de fixer la moquette n'osant pas relever le visage. Coupable ? Je sais pas. Sûrement.

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Trials of the past

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