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 BILLIE&ADAM&TARA - « comin' home »

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MessageSujet: BILLIE&ADAM&TARA - « comin' home »   Dim 22 Avr - 21:32





« i know that we're takin' chances, you told me life was a risk. »



Je tourne la poignée, lentement. La porte est débarrée, sentiment magique au fond de mes tripes. C’est ce soir que mon père revient à la maison. Ce soir. La porte grince, s’ouvre sur un décor familier, mais l’odeur est différente. C’est stupide, probablement erroné, mais sa présence change l’ambiance des pièces. Un sourire enfantin au visage, l’étincelle dans les yeux, j’entre chez moi. La porte s’abandonne derrière moi, bruit sourd qui me replonge dans le silence. Mon silence à moi, habituel. Mais aujourd’hui, j’envoie chier la solitude. Alors je fixe le fond du corridor, rien. Mon regard s’élève à l’étage alors que ma paume s’appuie contre la rampe de bois massive. Contact frais contre mes doigts humides. Mes lèvres s’entrouvrent, les mots font trembler les murs autour de moi, si puissants. D’une joie immense, surdimensionnée.

    TARA – « P’pa, j’suis à la maison! »

Ça devrait être l’inverse, son être qui s’époumone à me dire qu’il est ici, en chair et en os. Lui si souvent parti, jamais vraiment présent à la maison. J’abandonne mon sac au bas des marches, dans un bruit sec. J’aurais voulu qu’il accoure, ou qu’il réponde à mes paroles sans suite. Mais je me retrouve avec l’écho de ma phrase, encore et encore. Un pas à la suite de l’autre, je gravis les escaliers, une silhouette en vue. Son visage s’éclaircie, sa chemise ouverte, balayée par l’air qu’il dégage autour de lui. À courir, courir vers moi. Comme dans les films les plus débiles de la planète. Il me serre dans ses bras, ses poignets pressés dans mon dos. Bouffée de joie, momentanée. Je m’éloigne de lui, incapable de me taire. Le silence a trop duré.

    TARA – « Hey, papa! Pas trop, euh, mal en point? »

J’aperçois un pansement au recoin de sa chemise entrouverte. Je grimace, en pointant furtivement la blessure du doigt. Je reste là, debout, à fixer une blessure camouflée. Je réalise, à chaque égratignure, à chaque hématome, le risque de sa vie. Et j’ai presque les larmes aux yeux. Un mélange de peur, de tristesse et de joie. Ramassis de sentiments qui s’empilent et bouillonnent dans mon ventre. Je me passe une main sur le front, chassant mes cheveux derrière mon oreille et ose reporter mes yeux angoissés dans ses iris réconfortants. Le plancher craque, ma bulle s’estompe. Par-dessus son épaule, j’entrevois Billie.

    TARA – « Salut Billie!... Qu’est-ce que tu fais ici? »

Elle débarque toujours comme ça, sans invitation. Parce qu’on l’aime trop. Trop pour l’abandonner sur le porche. J’ai mal aux joues, à sourire constamment comme une idiote. Ses yeux glissent contre les lattes du plancher. Mon père déglutis sans un son. Mais y’a rien à dire, je le sais. Je le devine, trop rapidement. Mes lèvres s’entrouvrent, un peu tremblotantes. Quoi dire, comment le dire. Vérité et mensonge. Ma tête balance de droite à gauche, sans répit. Un non muet. J’alterne mon regard entre eux deux. La chambre derrière eux. La chemise entrouverte de p’pa. Les pommettes rosies de Billie. Trop d’informations, la terre arrête de tourner et mes genoux tremblent d’incertitude. Mes mots reviennent, voix instable qui crache des mots avec force et mépris.

    TARA – « Oh non, non, non. Je veux pas savoir! Rien entendre, rien voir. Pitié! »

Mes paumes se fracassent contre mes oreilles, les paupières closes avec dureté. Le front plissé, la tête qui tourne. Je ne veux pas savoir, rien savoir. L’ignorance est ma solution. Parce que j’aime trop p’pa pour lui dire qu’il a pas le droit. Que l’amitié qui me lie à Billie est trop importante pour être ruiner par une situation si complexe. Ils méritent l’amour, le sexe et les accompagnements qui s’en suivent. Mais chacun de leur côté, pas en commun. Pas comme ça. Pas avec moi dans le décor. Les mains moites contre mes oreilles, tout bourdonne dans mon crâne. Mes battements de cœur résonnent comme un tambour. Régulier, mais trop rapide. Ma gorge est sèche, la salive me manque. J’essaie de choisir quoi faire, quoi dire. Peser mes mots, et mes réactions. Alors tout ce que je fais, en laissant tomber mes bras contre mes flans, c’est soupirer, bruyamment. Mon index tremblant se soulève, pointé sur lui, sur son air perturbé – aussi perdu que moi.

    TARA – « T’es supposé être l’adulte, tu sais?! »

Ma maturité qui resurgit, qui m’empêche de m’effondrer au sol en pleurant. De taper du pied frénétiquement, en crachant des insultes. Et je sais qu’il sait. Que le choix n’était probablement pas si facile que ça à faire. Alors mes yeux fusillent soudainement Billie du regard. Parce qu’elle est aussi coupable. Provocatrice. Je regrette mes pensées, parce que désormais, aujourd’hui, j’envoie chier la compagnie.
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MessageSujet: Re: BILLIE&ADAM&TARA - « comin' home »   Lun 23 Avr - 14:26





« i know that we're takin' chances, you told me life was a risk. »



Billie n'était pas particulièrement douée avec ce genre de chose. Je veux dire avec l'après. La provocation, la séduction elle maîtrisait. L'acte elle savait faire de toute évidence. Mais ce qu'il devait y avoir après, elle n'en avait aucune idée. Il faut dire qu'elle n'avait pas l'habitude. Tout n'était que de vague donnée théorique dans sa tête. Elle n'était pas vraiment habitué à avoir un homme comme ça. Normalement elle se réveillait au coté de Reaver, blottit dans ses bras. Elle essayait bien de se dégager de l'étreinte de son fiancé sans le réveillé, mais il était trop sensible à elle pour la laissé glisser de ses bras sans un mot. Il ouvrait un oeil et puis l'autre, doucement, pour ne pas effrayé Billie qui avait toujours le mince espoir de s'en sortir rapidement. Mais bien vite il resserrerait ses mains comme des pinces contre sa taille et la ferait hurler de rire. Elle essayerait vainement de se débattre et finirait par accepter joyeusement que la seule et unique façon de s'en sortir était de céder à ses caresses, à ces baisers, et d'en profiter. De temps en temps elle essayait d'argumenter. « Reav' je vais être en retard en cours... » Mais Reaver n'écouterait pas grand chose, l'embrassant dans le cou, à la naissance de sa poitrine... Répondant finalement dans un murmure « C'est une bonne raison d'être en retard... » Et il n'aurait pas tord. Elle n'était jamais d'aussi bonne humeur qu'après leurs exercices matinaux, et ses joues roses quand elle arrivait par la suite en classe donnait le sourire à tout le monde. Elle n'avait pas l'habitude d'être ailleurs que dans ses bras. Et elle n'avait aucune idée de comment on gérait ce genre de situation sans problème. Elle s'assit sur le bord du lit, et jeta un regard en arrière pour apercevoir Adam. Il n'y avait pas à dire, elle ne s'était pas trompée, tout avait été parfait, et elle n'aurait pas pu demander mieux pour se changer les esprits, pour s'oublier un peu, l'espace de plusieurs heures. Mais honnêtement elle n'avait aucune idée de ce qui pouvait ce passer dans la tête d'Adam, allait-il lui en vouloir de l'avoir draguer, de l'avoir fait plier alors qu'il lui avait toujours dit quel mauvaise idée c'était ? Et puis honnêtement elle n'avait aucune idée de ce qui pouvait se passer dans la tête d'un mec de trente sept ans, qui vit seul avec sa fille depuis longtemps. Peut être avait-il raison. Peut être avaient-ils fait une énorme connerie. Mais bon dieu, ils l'avaient fait si bien. Alors qu'elle se rhabillait dans un silence de mort, ni l'un, ni l'autre n'osant vraiment dire quelque chose, elle finir par briser la glace. Après tout il n'y avait pas de raison que ça soit à Adam de guider la suite des évènements. C'était ce qu'elle avait voulu, et c'était aussi à elle de finir correctement les choses. « Ca sonnait plutôt bien ce qu'on a fait... » Elle sourit en se mordillant la lèvre, essayant de détendre l'atmosphère et de lui faire ressentir qu'ils n'avaient rien fait de mal, sauf si prendre du bon temps c'était quelques choses de mal...

Soudainement elle entendit un bruit sourd, celui de la porte d'entrée, elle sursauta un instant et vérifia qu'Adam était bien toujours derrière elle. Il l'était mais alors...« P’pa, j’suis à la maison! » Tara. Sur le coup elle se mordit franchement la lèvre, et ferma les yeux. Ce coup là n'était franchement pas prévu... Ni attendu, et modifiait franchement la donne. Elle finit dans un souffle la phrase qu'elle avait commencé un peu plus tôt «Ou pas...» C'était à ce moment là que la raison refaisait son apparition. C'était à ce moment là qu'elle s'imposait un cas de conscience. Elle n'avait pas le droit de débarquer comme un fleur chez les autres pour troubler leur quiétude. Et tout ça pour quoi ? Pour une nuit, aussi époustouflante fut-elle ? Si Tara les voyait, elle perdait quoi au juste ? Tout espoir d'essayer quelque chose avec Adam. Mais essayer quoi au juste ? Qu'est ce qu'elle voulait de lui exactement ? Elle n'arrivait pas vraiment à réfléchir pour le moment. Elle pensait surtout à se rhabiller en vitesse et à trouver un moyen de sortir discrètement et d'éviter la situation qui allait suivre. « Ah je te préviens... Je ne saute pas par la fenêtre... Alors on fait ce que tu veux... Mais pas la fenêtre. » Non mais, si dans tous les films etc, les amant s'enfuyait de chez leur maîtresse par la fenêtre quand le mari rentrait. Mais au dernière nouvelle, Billie n'était pas un amant, ni vraiment une maîtresse, puisqu'ils n'étaient l'un comme l'autre, engager nul part ailleurs. Alors que Billie pensait avoir le temps de changer de pièce, ou je ne sais quoi avant l'arrivé de Tara elle l'entendit grimper les escaliers et tomber sur Adam. Elle se pinça les lèvres. Tout bourdonnait dans sa tête, la voix de Tara. Celle de Reaver qui s'imposait à elle comme un souvenir cuisant de leur matin si parfait à coté du chaos qui les attendait. Honnêtement elle pouvait toujours essayer de mentir. Elle était douée à ce jeu là aussi, et puis on ne sait jamais. Que risquait-elle ? D'être crue et de s'en tirer sans peine ? Ou alors elle saurait la réalité et puis... On verrait bien à ce moment là. Adam et Tara était cependant peut être suffisamment devant la chambre d'Adam pour que Billie puisse se glisser en douce et apparaître d'un autre point de vue... Si elle était madame wonder légère et que rien ne grinçait. Un instant elle regarda tout de même la fenêtre qui avait l'air d'être une douce alternative depuis son point de vue. On avait dit pas la fenêtre. Elle finit par avancer doucement pendant que le père et la fille discutait tranquillement. Soudainement elle mis son pied sur la mauvaise latte qui se mit à grincer. Elle fit une grimace et regarda la latte pour lui ordonné de se taire, mais elle fut rappeler vers la situation par un nouveau bourdonnement qui lui prenait les oreilles. « Salut Billie!... Qu’est-ce que tu fais ici? » Billie fut prise d'un léger vertige et se rattrapa doucement sur le mur qui se trouvait derrière elle. Ce n'était pas grand chose, juste quelque chose qui lui arrivait de plus en plus souvent ces derniers temps, principalement le matin ou quand elle était contrarié. Et elle avait honnêtement de quoi être contrarié. Ce qu'elle faisait ici ? Elle pris une longue inspiration, et passa sa main dans ses cheveux, geste significatif de sa nervosité. On avait dit qu'elle était une excellente menteuse... Elle se lança, d'une voix parfaitement calme « Je passais te voir... Et... Ton père était dans sa chambre... La porte était ouverte, il a cru que j'étais toi, et il avait besoin qu'on lui refasse son bandage... Comme tu n'étais pas là et que je sais faire... Je me suis permise de monter... » Elle fit un air gêné, qui n'avait pas grand chose à voir avec son mensonge, mais elle essayait juste de jouer la fille vraiment désolé de donner des apparences tellement différente de ce que ça pouvait être... Enfin suivant le mensonge. Car finalement connaissant Billie c'était plutôt crédible, et ça expliquait, la chambre, la chemise... Tout finalement. Sauf qu'aller savoir pourquoi Tara n'en croyait pas un mot... « Oh non, non, non. Je veux pas savoir! Rien entendre, rien voir. Pitié! » Alors que Tara vacillait et reprenait son rôle de petite fille à papa qui en avait trop vu, et qui ne pouvait pas en supporter plus, Billie sentit qu'elle venait probablement de s'enfoncer elle même avec un mensonge qui paraissait maintenant totalement débile. Comment on récupérait ce genre de chose ? Comment on s'excusait face à son ami pour avoir couché avec son père alors que la seule chose qu'on veut s'est recommencer ? Ah ce qu'elle se haïssait d'être aussi conne et égoïste parfois. C'était évident que Tara se sentirait mal en l'apprenant. Peut importe la manière avec laquelle elle en rigolait lorsqu'elle surprenait Billie à maté son père silencieusement. On parlait de son père, et de l'une de ses amies. Et même si Billie était plus âgée que Tara, elle était techniquement toujours plus jeune qu'Adam... Vraiment plus jeune. Et puis même sans l'âge le seul argument c'est le père de mon ami aurait du tenir Billie éloigné d'Adam. Mais non, elle allait mal, et elle n'en faisait qu'à sa tête. Parce qu'elle souffrait, elle ne se dérangeait pas pour faire souffrir les autres. Maintenant tara allait lui en vouloir. Et Tara allait en vouloir à son père d'avoir céder à Billie. Parce que c'était lui le plus vieux, et que Tara savait que Billie n'était pas particulièrement bien, et qu'il lui arrivait de ne pas réfléchir et de faire comme elle voulait. Parce qu'elle était comme ça. Parce qu'on l'aimait comme ça. Mais est-ce que ça changeait vraiment les choses ? Est-ce que sa dédouanait vraiment Billie pour ce qu'elle venait de faire à son amie ? Pas vraiment... Loin de là même. D'ailleurs encore une fois, pour ne pas changer, on pouvait facilement dire que tout était sa faute. En plus elle aurait pu s'excuser facilement, sans mentir, annoncer qu'elle était saoul en arrivant, et qu'elle ne savait pas ce qu'elle faisait. Elle aurait pu facilement tout rebalancer sur la tête d'Adam... Elle savait faire, jeter les problèmes loin d'elle... Elle avait d'ailleurs faillit le faire. Mais la phrase de Tara l'en empêcha. « T’es supposé être l’adulte, tu sais?! » Bien sûr elle s'adressait à Adam, et non à elle. Mais justement. Quand est-ce qu'on allait la considéré comme adulte ? Bien sûr elle prenait des décision stupide et irraisonné. Mais il n'y avait pas d'âge pour ça. Et aux yeux de la lois elle était, elle aussi une adulte. Et il fallait sérieusement que les gens arrête de la voir comme celle qui n'est pas si adulte que ça, et qu'on doit encore prendre sous son ailes, qui ne sait pas ce qu'elle fait. Parce qu'elle savait. Elle avait beau être saoule, elle savait ce qu'elle faisait. Elle savait toujours ce qu'elle faisait. Elle n'était pas Birdie. Elle n'était pas conne. Elle savait toujours ce qu'elle faisait. Elle en avait juste rien à foutre et c'était bien pire. «Je suis aussi adulte Tara... C'est pas la peine de le regarder comme s'il était sensé être le seul à devoir empêcher que ça arrive... » En échange elle se fit fusiller du regard par Tara. Bon au moins, elle le méritait. Ca n'arrangerait pas grand chose de toute façon. Billie mis ses mains dans ses poches avant de dire « Pour ce que ça vaut... Je suis désolé de te mettre dans cette situation... Enfin nous mettre.» Parce que Tara n'était pas la seule à trouver la situation désagréable. Elle n'en pouvait déjà plus de ce silence et cette culpabilité qui était déjà entrain d'effacer tout le plaisir et le bien être qu'elle avait pu ressentir quelques temps auparavant. Et il devait en être pareille pour Adam, qui allait bientôt détesté Billie de l'avoir tenté. Mais Billie ne s'excusait pas vraiment de ce qu'elle avait fait. Elle s'excusait principalement d'avoir été pris sur le fait. Ce qu'elle avait fait, elle aurait du mal à s'en excuser... Elle se souvenait encore ce qu'elle avait pensé en sortant du lit. Que ça avait sonné bien. Ca avait sonné juste. Et elle donnerait beaucoup pour un peu de bien être dans sa vie maintenant. Mais non elle continuait à s'enfoncer. Elle piétinait le sol, ne sachant pas trop si elle pouvait s'en aller, ou si tout le monde allait la fusiller si elle bougeait...

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MessageSujet: Re: BILLIE&ADAM&TARA - « comin' home »   Lun 23 Avr - 22:14


I'm in danger, right ?


Le réveil fut brutal, j’étais dans mon lit, là aucun changement, mais pas tout seul. Billie dormait à côté de moi et je ne savais pas vraiment comment agir. Devais aller la réveiller, l’embrasser, lui dire de partir avant que Tara arrive ? Dur de choisir entre la faire partir et la regarder dormir. Elle semblait si paisible, si pure là sur le lit tranquillement au pays des songes. Ma main vint naturellement caresser sa chevelure un moment. Puis sa joue. Je n’osais pas lui souffler deux trois mots afin, qu’elle revienne à moi. Je fini par déposer un baiser sur son front, plus fort que moi. Je finis par lui caresser la joue de nouveau et lui souffler deux trois mots « Hey, Billie, Tara va revenir, je doute qu’elle apprécie. J’ai toujours évité de garder les.. Enfin tu vois non ? » Dis je plus ou moins gêné. Qui était-elle pour moi ? Aucune idée, pour le moment, la fille que je m’étais envoyée. Même si quelque part, je sentais que ce ne serait pas la seule appellation. Quand j’entendis ma fille, mon coeur rata un battement. Un mélange de joie de la revoir, et de culpabilité. Comment lui expliquer la présence de Billie ? Billie me regarde et me sort non pas parla fenêtre. Je me marre. Je m’approche derrière elle, pose ma main sur son épaule puis embrasse son cou. Je caresse celui c puis la retourne. « On y va..On fait profil bas.. » Ma fille me prend sans ses bras et vois la blessure. Comme chaque fois elle s’imagine le pire. Elle est douée pour ça. Dès que je pars elle s’imagine que je suis déjà mort et qu’on va le lui annoncer. Une fois je crois qu’elle m’a même demandé si je n’étais pas un fantôme. Je la serre contre moi. « Juste une éraflure. Jsuis pas facile à buter tu devrais le savoir ! » Et voilà que Billie arrive dans la pièce. Je ne peux pas m’empêcher de laisser vagabonder mes yeux sur elle. Je suis ses courbes, je me souviens de notre nuit, de toute à l’heure.. Je souris. Surtout quand elle tente de sortir un demi mensonge pour que tara oublie son idée de départ. « Ya rien à voir Tara, te fais pas des films.. Elle m’a aidé et puis on a pas mal parlé et elle s’est endormie ici c’est tout. Que voudrais tu qu’il se passe ? Elle a 23 Tara voyons. » Le dire à haute voix me donnait envie de vomir. J’espérais que Billie comprendrais que je n’allais pas dire à ma fille « oui j’ai baisé ta pote, elle assure au lit » ou un truc de ce genre.. Voilà qu’elle continuait et me sortais que j’étais l’adulte. Là j’eus un fou rire. « On est deux adultes Tara et il ne s’est rien passé, arrête tes films. Tara t’as plus cinq ans.. Le père Noël et la petite souris ça n’existe pas, tout comme Billie et moi couchant ensemble. » Je souffle, fronce les sourcils.. « Je vais prendre ma douche. Billie tu manges le petit dej avec nous. Tara continue pas stp. » A être le bon pote de sa fille, on finit par se retrouver à dix neufs ans à la recadrer. Même si au fond elle avait raison, la remarque ne me plaisait pas. Moi je pensais à l’avenir de Billie, pas au fait qu’elle était trop jeune pour coucher avec moi. Je n’avais pas en tête de lui faire sa future belle mère tout de même ! Ah es filles. Je pris ma douche rapidement. Je sortais, habillé de la douche, Billie était là. Je lui pris la main et fermait un moment la porte. Mes lèvres vinrent se poser sur les siennes. « Je n’aime pas prétendre que je n’ai pas envie de faire ça. Jsais pas si tu te rends compte, je ne vais pas te lâcher de si tôt.. Si tu veux tout stopper t'as qu'un mot à dire... » D’un air de dire j’ai des besoins, fallait pas commencer.. Tout en ayant peur qu'elle veuille cesser tout.. Je réouvre la porte et sors vite fait puis rejoins ma fille dans le salon. « Bon tu veux quoi comme petit dej ? » Dis je à ma fille qui n’avait pas l’air de croire ce que j’avais dis.
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MessageSujet: Re: BILLIE&ADAM&TARA - « comin' home »   Mar 24 Avr - 1:21

    ADAM - Juste une éraflure. J’suis pas facile à buter tu devrais le savoir ! »

L’ombre d’un sourire perce sur mon visage. Pour lui, pour qu’il croit que mes peurs s’estompent et que le bonheur revient. Je m’humecte les lèvres, pour annoncer quelque chose, un truc. Pour parler et l’entendre me répondre, de vive voix. Mais y’a Billie, comme ça. Entre nous, qui détruit nos retrouvailles. Mes sourcils se froncent, intriguée. Et ma question, si monotone se perd dans l’espace entre nous. Jusqu’à ce que ces mots retrouvent le chemin de mes tympans, cacophonie illogique. Je voudrais y croire, vraiment. Me convaincre du scénario, de la scène innocente et sans conséquence. Mais plus je m’efforce, plus ma mâchoire se crispe, paniquée de la vérité. Vérité cachée, mal camouflée.

    BILLIE - « Je passais te voir... Et... Ton père était dans sa chambre... La porte était ouverte, il a cru que j'étais toi, et il avait besoin qu'on lui refasse son bandage... Comme tu n'étais pas là et que je sais faire... Je me suis permise de monter... »

Ma tête tourne, les idées se fracassent dans ma tête. Un goût amer me monte à la gorge, l’acide brûle ma langue. Qu’un mauvais rêve. Un de plus, trop réaliste et désastreux. Je voudrais me réveillée. Ou m’endormir. Pour tout oublier et changer de monde, traverser vers un univers parallèle. Quelque chose de différent, loin d’eux. J’ai froid, des sueurs glissent contre mon échine.

    BILLIE - « Je suis aussi adulte Tara... C'est pas la peine de le regarder comme s'il était sensé être le seul à devoir empêcher que ça arrive... »
    TARA – « C’est pas parce que tu dépasses le cap des dix-huit ans, que t’es adulte, Billie. Mentalement, t’es loin d’y être. Parce que sérieusement, il a trente-sept ans. Oh, et aussi, parce qu’il a une fille de ton âge? IL M’A CONÇUE PENDANT QUE TU PORTAIS ENCORE DES COUCHE-CULOTTES! »

L’image me déstabilise. J’ouvre mes paumes vers le sol, fixe une poussière qui flotte légèrement contre le parquet. J’ai envie de hurler, éternellement. Jusqu’à l’épuisement total, jusqu’à ce que mes cordes vocales se cassent en miette et qu’un simple râlement de désespoir s’ose entre mes lèvres craquelées. Je n’ai pas envie qu’ils s’expliquent. Qu’ils se convainquent eux-mêmes avec leurs histoires, j’ai pas le besoin ni l’envie d’y prendre part.

    BILLIE - « Pour ce que ça vaut... Je suis désolé de te mettre dans cette situation... Enfin nous mettre. »

J’ai de ces regards qui veulent tout dire. Expressif, arrogant peut-être même. Un sentiment de plus sur la pile qui m’écrase le cœur. Mes talons reculent, comme ça, instinctivement. Je m’appuie contre la rampe, les poings serrés. Je tremble, comme en état de choc. Mes yeux vacillent entre les deux personnes que j’apprécie le plus – individuellement. À me battre mentalement contre mon estime personnelle et celle que je leur voue. Et j’ai mal au ventre, les intestins noués. Ma vie est ridicule, soudainement. Je ne change pas le monde, le monde me change. Me détériore. Par les effets malsains de la société d’aujourd’hui. C’est au tour du père de s’introduire dans la conversation. De jouer son rôle, aussi mollement que Billie. Une couche de plus de merde qu’on essaie d’insuffler à la petite Tara.

    ADAM - « Y’a rien à voir Tara, te fais pas des films… Elle m’a aidé et puis on a pas mal parlé et elle s’est endormie ici c’est tout. Que voudrais tu qu’il se passe ? Elle a 23 Tara voyons. On est deux adultes Tara et il ne s’est rien passé, arrête tes films. Tara t’as plus cinq ans… Le père Noël et la petite souris ça n’existe pas, tout comme Billie et moi couchant ensemble. »
    TARA – « La vérité non plus, apparemment… »

Un murmure qui s’évapore du creux de ma gorge. Je n’ose plus les regarder, et je me demande pourquoi je reste là. À attendre la suite, la prochaine horreur qu’ils bredouilleront en rougissant. J’anticipe tout, tout mais pas ça. La dictature parental; obéis-moi. J’ai raison, par principe. Je sais tout, sur moi et sur toi. Alors j’encaisse chaque syllabe comme une gifle contre ma chair.

    ADAM - « Je vais prendre ma douche. Billie tu manges le petit dej avec nous. Tara continues pas s’il-te-plaît. »

Un père autoritaire. J’arrive pas à lui répliquer quoi que ce soit. La mâchoire béante, sur un vide que je n’arrive pas à combler. Je dévale les escaliers, mes talons se meurtrissant contre chaque marche, un tonnerre de haine et de honte. Ils veulent que je les traite comme des adultes, mais il me traite comme une gamine. J’atterris sur le divan, les genoux recroquevillés contre ma poitrine. Le retour du paternel, un rêve échoué. Je fixe le téléviseur. L’écran fermé, un noir profond qui me rassure, m’entraine dans le dédale de mes pensées. Je pourrais presque les oublier. Les oublier et vivre ma vie. J’ai pas eu besoin de mère, alors j’pourrais quitter le nid et jamais revenir. Devenir journaliste de guerre moi aussi, et fuir la planète entière en laissant une gamine de vingt-trois ans guérir mes plaies et mes envies. Mais sa voix réapparaît, derrière moi. Je reste là, les jointures blanchies de la pression que j’applique à mon être. Pour me retenir en un seul morceau, m'empêcher de tomber en miettes.

    ADAM - « Bon tu veux quoi comme petit dej’ ? »
    TARA – « J’ai pas faim. Mais demande à m’man, elle doit être affamée, après la nuit qu’elle a passé. »

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MessageSujet: Re: BILLIE&ADAM&TARA - « comin' home »   Mar 24 Avr - 16:11


« i know that we're takin' chances, you told me life was a risk. »



Adam n’était pas vraiment prévisible. Enfin pas pour Billie. Il fallait dire qu’elle ne le connaissait pas si bien que ça. Elle connaissait seulement sa fille, Tara. Et l’amour absolument inconditionnel qu’il avait pour elle. Pour Billie ça ne faisait nul doute, si jamais Tara venait à piquer une crise, elle serait la première à sortir du tableau. Et elle ne pourrait pas vraiment lui en vouloir pour ça. C’était normal, et Billie n’aurait pas agit autrement si elle avait été à leur place. Mais à la vérité elle ne pouvait pas être à leur place. Parce qu’elle était seule. Et eux était deux. Savez vous à quel point il est désagréable de se retrouver au milieu d’une paire ? D’être le trouble fête d’une unité qui semblait parfaite? Et Billie ne supportait pas ça. Elle voyait Tara se décomposer sous ses yeux. Au fur à mesure qu’elle alignait les mensonges destinés à la sauver elle, elle sentait Tara défaillir. Tara était l’une des personnes les plus intelligentes qu’elle connaissait. A vrai dire, dès qu’elle l’avait vu, elle lui avait fait penser à elle, au même âge. Un esprit vif, des grandes idées plein la tête, plus débrouillarde que n’importe qui, extrêmement mature, généreuse... Parfaite en sommes. Elle savait bien que Tara irait loin. Et en voyant la brunette, elle ne pouvait pas manquer de penser qu’elle aussi aurait pu aller loin si elle était restée sur sa voix. Mais voilà, la différence magistral entre Tara et Billie était, outre la vie qu’elles avaient vécues, un esprit complètement tordu et cassé que Billie pouvait posséder. La grosse différence c’était Birdie. Tara n’avait pas Birdie dans la tête. Tara avait seulement sa foutu perfection, son avenir glorieux, son père parfait et en vie. Mais elle ne pouvait pas vraiment lui en vouloir pour ça, non ? Elle n’était même pas jalouse d’elle. Billie adorait Tara. Vraiment. Et Billie n’aurait jamais voulu faire souffrir Tara. Jamais. Mais elle se tenait droite comme un I devant elle à lui soutenir qu’elle n’avait pas fait ce que Tara savait pertinemment qu’ils avaient fait. Elle la regardait droit dans les yeux, un maigre sourire sur les lèvres, et elle lui disait que non, elle ne s’était pas mis entre père et fille, et n’avait pas brisé en une nuit magique toute la quiétude de la petite famille. Elle n’aurait jamais fait ça. C’était trop abominable pour venir d’elle, non ? Si seulement ça pouvait être vrai. Si seulement elle pouvait réellement revenir à l’innocence qu’elle avait. A la jeune femme parfaite et parfois ennuyeuse qui avait une vie heureuse, un fiancé sur qui elle pouvait compter, une soeur qu’elle aimait plus que tout, un frère parfait, des amis loyaux. Si seulement elle n’avait pas jeter aux oubliettes la majeur partie de sa conscience pour pouvoir oublier la fille qu’elle était, et toute la douleur qui l’accompagnait.

Qu’avait-elle voulu au juste ? Satisfaire un fantasme. S’oublier une nuit de plus. Elle en était arrivé là pour un fantasme. Pouvait-elle vraiment regarder Tara, regarder Adam, et leur dire tout sourire, ça va, il n’y a pas de quoi en faire tout un plat... C’était un fantasme, c’est fini. Personne ne flinguerait une amitié comme celle qui unissait Billie et Tara pour un fantasme non ? Et même Adam valait mieux qu’un simple fantasme, non ? Qu’une petite nuit contraire à la moral. C’est ce qu’elle voulait vraiment penser. Et en le regardant ce matin c’est exactement ce qui lui avait sauté à la figure. Si Tara n’avait pas surgit. Si elle n’avait rien su de leur petite nuit. Qu’aurait-elle fait ? Elle aurait probablement continuer à le voir. Jusqu’à ce que le secret se brise. Jusqu’à ce que Tara explose. Parce qu’elle n’était fondamentalement pas faite pour les histoires d’un soir. Et qu’elle n’était pas Birdie. Qu’elle s’attachait. Et qu’elle avait besoin d’Adam. Son cerveau semblait avoir besoin d’Adam. Sa peau semblait réclamer Adam. Mais sa confiance devait lui refuser Adam. Si elle tenait à Tara, elle devait refuser Adam, c’était évident... Mais Tara se déconstruisait devant elle, et la regardait avec ce regard atroce. Celui qui transperçait Billie et la plongeait dans les sixièmes dessous. Le même qu’avait employé Reaver lorsqu’il avait su. Lorsqu’il avait su pour Birdie. Le même regard. Pas les mêmes mots. Tara ne serait jamais aussi vulgaire et violente que Reaver avait pu l’être. Mais est-ce que ça ferait nécessairement moins mal ? « C’est pas parce que tu dépasses le cap des dix-huit ans, que t’es adulte, Billie. Mentalement, t’es loin d’y être. Parce que sérieusement, il a trente-sept ans. Oh, et aussi, parce qu’il a une fille de ton âge? IL M’A CONÇUE PENDANT QUE TU PORTAIS ENCORE DES COUCHE-CULOTTES! » Billie qui avait su rester droite, et qui fixait Tara dans les yeux, évitant soigneusement Adam du regard se sentit vaciller. Sa vue se troubla, et elle fut prise d’un autre de ses vertiges qu’elle connaissait si souvent. Elle détestait ça. Encore une fois elle se rattrapa au mur. Les mots restèrent un instant coincé dans sa gorge. Et les mots restaient coincé dans son cerveau. Mentalement, t’es loin d’y être ? C’était comme ça qu’elle la voyait ? Comme une pauvre fille immature ? Elle qui avait passé les vingt deux premières années de sa vie à être en avance sur son âge avait-elle pu réellement régresser à ce point ? Et quand bien même c’était le cas, comment Tara pouvait la supporter tout ce temps, si elle l’a trouvait si débile et insipide. De la douleur, jaillissait subitement de la colère. La colère d’être vu comme une vulgaire gamine. Billie bouillonnait à l’intérieur se souvenant simultanément de toutes les insultes que Reaver avait pu proférer sur elle, accoler à celle que Tara venait de lui lancer. Pourtant elle était à coté de la plaque. Ce n’était pas parce qu’elle agissait parfois comme une enfant préférant profiter de sa vie que de s’enfermer dans des contraires et de s’éteindre à petit feu, comme elle l’avait longtemps fait, qu’elle était forcément immature. Elle avait toujours penser que toute sa maturité résidait dans la conscience parfaite qu’elle avait des conneries qu’elle faisait. Elle jugeait le pour et le contre et finissait souvent pas penser que les conséquences étaient un mal nécessaire pour le bien qu’elle retirerait de la connerie en elle même. Seulement là, elle devait avouer qu’elle revoyait son jugement à la baisse, et que la douleur de Tara ne valait peut être pas le plaisir qu’elle avait pris. Ou peut être que si. «Puisqu’on s’attarde sur des détails. J’ai aussi passé le cap des vingts ans. Celui de la vie active pendant qu’on y est. Celui de l’indépendance totale par la même occasion. Et quand tu es née, j’étais propre et j’apprenais à lire. Quand à ma maturité. Fait toi plaisir... Viens dans ma vie et on verra ce qu’il en reste de ta précieuse maturité.» Pour l’une comme pour l’autre c’était leur cocon familiale qui les avait poussé à grandir vite, trop vite peut être. Mais parfois à grandir trop vite, on se retrouve à s’écraser avant la fin, sans l’avoir vraiment demander. Elle avait envie de partir, de courir loin de cette maison, loin de la conséquence débile d’un acte qu’elle n’avait pas véritablement réfléchit. Elle avait besoin de réfléchir, de se ressaisir, d’arrêter de tout faire de travers. Les larmes lui montaient aux yeux. Elle saignait littéralement de l’intérieur. Et tout était bien au delà qu’un simple dispute de famille parce que la fille avait découvert que son amie se tapait son père. Pour Billie, tout était bien au delà de ça. Pour Billie s’était une accumulation de chose les unes par dessus les autres. Une accumulation qui l’avait poussé encore une fois à boire hier soir. Une accumulation qui l’avait poussé à venir trouver du réconfort en une personne qu’elle aurait probablement du éviter. Une accumulation qui l’a poussait par la même occasion à s’attacher à cette même personne qu’elle devrait aujourd’hui fuir. Mais alors que Tara se montrait sévère, brisée, violente, Adam semblait continuer à vouloir se protéger, la protéger avec par la même occasion. Il ne semblait pas la haïr, et il posait toujours son regard doux et parfois brûlant de désir sur elle. Pas étonnant qu’avec de pareil regard Tara n’arrivait pas à croire en la version qu’ils lui servaient. D’ailleurs ses mensonges frappaient aussi Billie en plein dans la poitrine. Si son regard disait le contraire, toute sa parole démentait avec tellement de virulence ce qui venait de se passer qu’elle avait du mal à croire qu’il puisse ne pas lui en vouloir. Après tout c’était de sa faute s’il avait cédé. Il l’avait mis en garde, et elle n’en avait fait qu’à sa tête. Comme une gamine... Tara n’avait pas si tord que ça...

Billie n’avait d’ailleurs jamais vu Adam aussi autoritaire avec sa fille. Généralement ils étaient tellement proche qu’on aurait pu les confondre facilement avec deux bons copains. C’était d’ailleurs ce qui avait fragilisé la frontière de père qu’on ne doit pas toucher, à père largement accessible dans la tête de Billie. Mais la clairement, il jouait son rôle de paternel bafoué par des accusations supposément calomnieuse de sa fille à la perfection. Et Billie grinçait légèrement des dents de l’entendre parler comme ça. Parce que Tara n’était pas dupe, elle le savait. Et que les mensonges de son père faisait encore plus souffrir sa fille. Au pire si vraiment son père ne voulait pas avouer directement à Tara ce qu’elle savait pertinemment il aurait pu demander à Billie de mentir. Elle n’aurait pas plus de problème à se discréditer plus que ça au yeux de Tara. Pour ce que leur amitié semblait valoir à cette instant précis... Elle pouvait bien la détruire. Elle excellait dans la destruction. Elle se remettrait d’une amitié perdu, et puis honnêtement elle n’était plus vraiment à une douleur près. Alors qu’Adam et Tara... Ils n’avaient probablement pas besoin de se détester. Adam n’avait pas besoin d’être détester de sa fille. Et Tara n’avait clairement pas besoin de détester son père. « Je vais prendre ma douche. Billie tu manges le petit dej avec nous. Tara continues pas s’il-te-plaît. » C’était elle ou il venait de lui donner un ordre à elle aussi ? Elle écarquilla en grand les yeux, franchement mal à l’aise de la situation. Non seulement elle et le petit dej ça faisait deux ces derniers temps. Et puis franchement rester une minute de plus dans cette ambiance glaciale ou tout le monde semblait vouloir se protéger et se braquait à chaque parole, très peu pour elle. C’était lâche de vouloir fuir le champ de bataille au milieu de la guerre, mais honnêtement elle avait son propre champ de bataille dans la tête, elle aimerait beaucoup ne pas tout avoir à mélanger. Et puis vraiment ce n’était pas parce qu’elle avait couché avec lui et qu’il était plus vieux qu’il allait avoir un quelconque droit sur elle. Elle était encore libre de ses aller et venu. Quoique avec ce froid glacial qui régnait la maison semblait aussi s’être transformé en prison. Alors qu’Adam était sous la douche, les deux filles se toisaient du regard, n’osant pas vraiment parler. Le regard finit par s’adoucir, réellement peiner par la situation, par la douleur que pouvait bien ressentir son amie. Elle finit par s’approcher, ne tenta pas d’établir un contact physique qui ferait probablement horreur à Tara et finit par dire «S’il te plait Tara... N’en veut pas à ton père. Tu sais que tu es tout pour lui. Tu sais aussi que c’est de ma faute, et que quand je veux quelques choses je m’arrange pour l’avoir... Déteste moi autant que tu veux... Mais laisse le en dehors de ça... Ca te fera autant de mal à toi qu’à lui. Et vous ne le méritez pas. Je suis désolée» Elle s’attendait à recevoir un regard terrifiant et hautain de la part de la jeune femme qui savait parfaitement se montrer odieuse quand elle le voulait. Mais finalement Tara finit par descendre dans le salon alors que Billie restait plantée là, à ce maudire intérieurement. Quelle conne ! Elle était toujours plantée comme un lampadaire au milieu du couloir quand Adam sortit de la douche. Doucement il l’attrapa par la main pour l’attirer à lui, et il l’embrassa une fois la porte fermé. Elle qui s’était promis de ne pas recommencer, de fuir très loin de la famille Matthews dès qu’elle en aurait l’occasion, ne su pas résister à ce contact. Elle en voulait plus. Vraiment plus. Elle ferma les yeux, savourant le premier sentiment de douceur qu’elle éprouvait depuis qu’elle était sortie du lit. Elle se détacha finalement de lui «Tu ne devrais pas... Elle nous déteste suffisamment comme ça... Et puis tu devrais arrêter de la prendre pour une conne... Ca n’arrange pas tes affaires» murmura-t-elle à son intention, ses lèvres frôlant presque les sienne. « Je n’aime pas prétendre que je n’ai pas envie de faire ça. Jsais pas si tu te rends compte, je ne vais pas te lâcher de si tôt.. Si tu veux tout stopper t'as qu'un mot à dire... » Elle se mordilla la lèvre. Non elle ne voulait rien stopper. Elle savait pas ce que ça pouvait donner, mais elle avait envie d’essayer ce je ne sais quoi aussi mystérieux qu’attirant. Pour voir s’il pouvait lui faire oublier le reste. Mais honnêtement ce n’était peut être pas le moment, encore moins le lieu, et c’était peut être une énorme connerie. Elle lui fit un grand sourire «J’en ai pas envie... Mais soyons honnête je ne te mérite pas, et tu ne supporterais pas de te mettre ta fille à dos pour moi. En plus je n’en vaux pas le coup....» Elle l’embrassa doucement avant qu’il ouvre la porte et sorte. Elle le rattrapa un instant avant de lui dire «Au faite... Ne me donnes plus d’ordre... Je déteste ça...» Ils avaient finit par redescendre dans le salon, Billie étant descendu avant Adam. Histoire que Tara ne monte pas encore au créneau. Seulement quand Adam descendit une seule question suffit à ranimer Tara. « J’ai pas faim. Mais demande à m’man, elle doit être affamée, après la nuit qu’elle a passé. » Au moins on pouvait être sûr d’une chose, c’est que Tara avait vraiment un sens de la répartit coup de poing. En entendant la phrase Billie eut un violent haut le coeur et se mordit brutalement le poing pour se contrôler. Déjà qu’elle n’était jamais très bien et qu’elle avait constamment des nausées, le matin particulièrement, mais en plus si on lui lançait se genre de phrase, elle allait finir par faire un infarctus avant l’âge. Elle essaya de se ressaisir et de bien vouloir se rétablir avec le peu de dignité que Tara était prête à lui laisser, et finir par dire d’une voix chancelante et peu assuré. «Euh... Je crois que je vais surtout y aller... Tara à suffisamment bien fait entendre son avis, et... Je n’ai rien à faire là... Et puis je n’ai pas faim.» Elle se leva du siège sur lequel elle s’était assise dans l’optique de sortir de la pièce, mais un énième vertige la poussa à se rassoir un instant. Un instant de trop peut être.

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MessageSujet: Re: BILLIE&ADAM&TARA - « comin' home »   Ven 27 Avr - 23:34

Je savais bien que ça ne couperait pas. Autant essayer non ? Après tout qui ne tente rien.. Bref, je me faisais limite gueulé dessus par ma gamine de 19 ans. Je ne sais pas vous, mais moi j’avais l’impression que les rôles étaient inversés. Oui c’était controversé de sortir – ou là dans ce cas là de coucher – avec une jeune femme, pire l’amie de votre fille. Mais ce n’est pas comme si les attirances ou plus se contrôlaient. Parce que si c’était le cas, rien de cela ne se serait passé bien entendu. Je vis devant mes yeux une vraie guéguerre entre les deux filles, et j’avais beau me dire que j’avais en partie merdé, je me voyais incapable de la laisser repartir. Qui pouvais je si j’étais déjà imprégné d’elle jusqu’à l’odeur de sa peau.. J’étais un imbécile. Un imbécile entiché d’une jeune femme plein d’avenir. Je n’étais vraiment pas doué en amour. Enfin bon, j’avais eu peu d’expérience puisque j’avais renoncé à l’époque de la mère de tara. Alors que je demande à Tara ce qu’elle veut madame revient à l’âge ses couche culotte tiens – ce qui m’a fait bien rire sous cape d’entendre que j’avais cocu tara alors que Billie en portait. Je l’imaginais en couche culotte à présent.. Merci Tara.. Alors que je prenais Billie à moi après la douche nous échangeâmes un moment.. Un de ceux qu’on aurait peut être plus si elle continuait de culpabiliser ainsi. « Je verrais pour ça. Je ne suis pas censé non plus lui parler de ce que je fais dans ma vie sentimentale. Je ne l’ai jamais fait et ce n’est pas censé être ses affaires. Elle ne te déteste pas. Tara est impulsive, comme moi. » Je la serre un peu plus contre moi. J’ai besoin de ce contact, avant d’affronter le regard de ma fille.

Là elle m’annonce tout simplement qu’elle ne me mérite pas, qu’elle va causer des problèmes entre Tara et moi. Et mon coeur se serre. Je hais entendre ça. Je prends son menton délicat et le lève vers moi, pour plonger mon regard dans le sien. « J’étais conscient de ce que je faisais Billie. Pour ce qui est de ce qui c’est passé, jveux que ça continue, j’en ai besoin.. Mais oublie Tara, elle a dix neuf ans, elle a juste peur qu’on lui vole son père. J’ai toujours été tout ce qu’elle avait. Elle s’y fera. Et de toute façon, je ne lui donne pas le choix. On se marierait ok.. Mais on est loin d’en être là. » Je n’excluais pas l’idée que je puisse en avoir envie un jour, mais je savais bien qu’il serait illusoire de croire qu’elle serait partante. On s’envoie le vieux, on l’épouse pas, sauf s’il est riche à millions. Là elle parle d’ordre. « Tu serais partie.. Je.. Je n’en ai pas envie. Désolé.. » On retourne dans la salle et je vois miss Tara me sortir des âneries. Maman ? Elle est sérieuse là ? Je vois – avant due je n’ai réagi – Billie tentant de s’en aller, mais à ce moment je la vois retomber lourdement sur le canapé, comme si elle avait un malaise. Je n’écoute alors plus ma raison. Je me précipite vers elle et m’agenouille, non sans grimacer, à cause de mon épaule. Je la tiens puis de l’autre main prend la sienne. « T’es sure que ça va Billie ? Tara ok, j’ai menti. Tu veux la vérité ? Oui on a fait ce que tu t’imagines. Non jvais pas l’épouser, donc pas besoin de l’appeler maman. Ca fait 19 ans que j’ai personne, et tu t’insurges parce que pour une fois, tu retrouve une des filles chez nous ? Tu pensais que je finirais par crever seul ? C’est tout ce que tu me proposes comme vie ? Ok, j’ai toujours été ton univers, et ça ne changera pas. Jamais. Mais il va falloir t’y faire, parce que je ne vais pas virer Billie de cette pièce pour que tu t’imagines garder ton père pour toi toute seule toute ta vie. Tu as pensé, au moins à ce que c’était de vivre 19 ans avec pour seule compagnie sa fille ? Je t’aime et tu le sais, mais il ya des choses que tu ne m’apporteras jamais et qu'elle, oui. » Je stoppe là mon laïus et m’assied à côté de Billie. « T’es blanche.. Tara alène quelque chose stp, elle va nous refaire un malaise. Tu veux que jt’emmène voir un médecin ? » Oui je panique, et je commence à me dire que je suis fou, elle ne s’attachera jamais come moi, et pourtant je fonce tête baissée dans un mur.. Je serre sa main, comme lui montrer que moi, je lâcherais pas.
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MessageSujet: Re: BILLIE&ADAM&TARA - « comin' home »   Sam 28 Avr - 1:52

    BILLIE - «Puisqu’on s’attarde sur des détails. J’ai aussi passé le cap des vingt ans. Celui de la vie active pendant qu’on y est. Celui de l’indépendance totale par la même occasion. Et quand tu es née, j’étais propre et j’apprenais à lire. Quant à ma maturité. Fais-toi plaisir... Viens dans ma vie et on verra ce qu’il en reste de ta précieuse maturité.»
    TARA – « Et alors. C’est pas parce que la vie t’a fait chier, que ça te donne le droit de gâcher celle des autres. »

Qu’une réplique impulsive de plus. Je ne digère rien, j’absorbe tout et mes pores sont imbibés. De douleur et de regrets. Regrets d’être son amie, d’être sa fille. Honte d’être la personne qui les a réunis, qui est la cause de leur relation. Je tremble, de cette conclusion affreuse. Je suis coupable, dans un sens. Ça tombe bien, j’ai pas envie d’être victime. Je déglutis et redresse mon visage, sans savoir qui regarder. Mes yeux se perdent sur le vide, globuleux et ternes. Ma journée ensoleillée est parsemée de nuages. Et le gris de leur gaffe déteint sur ma clarté. Papa s’en va. Sous la douche, pour enlever toutes traces de leur échange. Un nettoyage partiel, en surface. Je grimace, à retâter la scène dans ma tête.

    BILLIE - «S’il te plait Tara... N’en veut pas à ton père. Tu sais que tu es tout pour lui. Tu sais aussi que c’est de ma faute, et que quand je veux quelques choses je m’arrange pour l’avoir... Déteste moi autant que tu veux... Mais laisse le en dehors de ça... Ca te fera autant de mal à toi qu’à lui. Et vous ne le méritez pas. Je suis désolée. »

J’ai écouté des bribes de sa conversation. Ça faisait du sens, c’était Billie. Je fais des erreurs et je m’excuse. Elle est désolée, mais elle ne regrette rien. Alors tout s’annule. Le silence, c’est tout ce que je lui offre. J’attends un instant. Une seconde. Mes iris indifférents croisent ses larmes refoulées. Même ça, ça ne me fait rien. Qu’une couche de plus sur mon être qui est déjà six pieds sous terre. Je descends les escaliers, sans destination. Parce que fuir n’a jamais été ma solution. Qu’on m’a appris mieux, et que je n’ai rien d’autre à l’extérieur. Quelques amis, des personnes admirables mais dans une dose quotidienne minime. Les gens m’énervent, souvent. À jouer le rôle qu’on attend d’eux. Je dis ça, pourtant c’est moi, maintenant, qui refoule toutes ces remarques haineuses. Qui serre les poings pour ne pas la gifler. Qui pile sur mon orgueil pour ne pas renier mon père. Le premier étage, libre. L’air frais se fracasse contre mes joues fiévreuses. Ma respiration est la seule chose qui résonne à mes tympans. Les étapes s’enchaînent. Un déjeuner de plus, une parole mordante.

    BILLIE - «Euh... Je crois que je vais surtout y aller... Tara a suffisamment bien fait entendre son avis, et... Je n’ai rien à faire là... Et puis je n’ai pas faim.»

Billie veut s’en aller. Le mal est fait. Un malaise la rattrape. Peut-être qu’elle réalise enfin la merde qui flotte à ses côtés. Son allure est étrange, sa chair si pâle. Je devrais paniquer, mais j’y arrive pas. Parce que tous les drames du monde me semblent inatteignables, démesurés par rapport à ma révélation. Je reste assise à quelques mètres d’elle, à attendre. Les bras croisés contre ma poitrine, bercée au rythme de mon pouls soudainement stable. C’est stupide, égoïste même. Mais je l’imagine morte, et une fraction de seconde seulement, je me dis que ça règlerait bien des choses. Un haut le cœur m’attaque et je serre les dents en fermant les yeux. J’ai envie de lui hurler que c’est de sa faute, si je crée une telle image dans mon esprit. Mais ça n’a rien de logique. J’ai quitté le monde du rationnel, plongé dans le délire d’un monde irrationnel, irréel.

    ADAM - « T’es sure que ça va Billie? Tara ok, j’ai menti. Tu veux la vérité? Oui on a fait ce que tu t’imagines. Non j’vais pas l’épouser, donc pas besoin de l’appeler maman. Ça fait 19 ans que j’ai personne, et tu t’insurges parce que pour une fois, tu retrouves une des filles chez nous? Tu pensais que je finirais par crever seul? C’est tout ce que tu me proposes comme vie? Ok, j’ai toujours été ton univers, et ça ne changera pas. Jamais. Mais il va falloir t’y faire, parce que je ne vais pas virer Billie de cette pièce pour que tu t’imagines garder ton père pour toi toute seule toute ta vie. Tu as pensé, au moins à ce que c’était de vivre 19 ans avec pour seule compagnie sa fille? Je t’aime et tu le sais, mais il y a des choses que tu ne m’apporteras jamais et qu'elle, oui. »

Je savais. Et pourtant, l’entendre, comme ça, avec désinvolture, ça m’ébranle. Un frisson traverse mes muscles, me paralyse sur place. Dix-neuf ans, c’est si long et si court à la fois. Je pleure, incapable de retenir mes larmes. Aucun sanglot, aucun son, que des larmes humides qui perlent mes joues, tracent un chemin sinueux jusqu’à l’arcade de mon menton. On ne me rassurera pas, ce n’est pas vraiment de la tristesse, pire, c’est l’abandon. Je leur laisse la victoire, parce qu’il triche et qu’ils comprendront bientôt les règles. Le chaos de leur histoire ne laissera que des miettes. Je réponds, avec un calme exemplaire. Pas par volonté, je n’ai simplement plus la force et l’énergie de défendre ma logique. Le passé est le passé. Ce qui m’inquiète, désormais, c’est l’espoir d’avenir qui brille à l’horizon. Parce qu’une fois, ce n’était pas suffisant.

    TARA – « Tu sais que c’est pas juste. Si c’était moi, qui se tapais un homme de ton âge, « tu » me ferais la morale, et tu le sais très bien. Et, et, et… Je veux que tu sois heureux, je veux juste pas… Aah, je, j’en sais rien. Tu réalises que c’était ma meilleure amie, au moins? »

« C’était », au passé. De toute manière, dans ma vie, plus rien n’est comme avant. Je ne sais pas si elle a remarqué, je ne vois pas ce que ça change, après tout. On m’oublie parce qu’elle est malade. Et puis quoi, je suis malade de votre microbe. D’une image nauséabonde et virulente. Ma respiration se saccade, j’ai pas besoin de leur attention, mais je ne leur offrirai pas la mienne. C’est chacun pour soi dans ce monde, petite morale qui résulte de l’enfer de ma journée.

    ADAM - « T’es blanche.. Tara amène quelque chose s’il-te-plaît, elle va nous refaire un malaise. Tu veux que jt’emmène voir un médecin ? »

Je fixe sa main qui s’agrippe à la sienne. Comme une bouée, fidèle au poste. Et j’aurais pu être celle qui fait de même, à ses côtés à travers tout. Mais ça n’était plus comme avant. Qu’un souvenir lointain d’une amitié éphémère. Leur affection m’horripile, me désarme. Je veux bien aider, parce que je n’aime plus Billie, je ne lui dois plus rien. Mais l’empathie m’oblige à me redresser. Je suis debout, au milieu du salon, les genoux tremblants d’horreur. Je pense, trop, ma tête tourne. J’ouvre la bouche, mais rien ne sort. Je me passe une main dans les cheveux et me décide. La salle de bain, l’armoire miniatures à flacons magiques. Des bouchons multicolores, des calligraphies minuscules et surabondantes. J’agrippe tout contre ma poitrine, redressant la base de mon gilet, comme baluchon. Mon butin se retrouve contre le tapis du salon, dans une panoplie de petites percussions qui s’éteignent sur un silence d’or. Je fixe tout et finit par balancer sans structure une phrase désespérée.

    TARA – « J’lui donne quoi, j’connais rien à tous ces médicaments-là. »

Adam la lâche, retrouve sa main solitaire. Enfin. Son attention se porte sur les pillules, les bouteilles qui passe une après l’autre entre ses doigts nerveux. Je me rapproche de Billie, m’agenouillant à ses côtés, contre un canapé moelleux qui amortie ma chute minime. Elle m’offre presque un sourire, grand indice que son état est mauvais. J’entrouvre les lèvres un moment, détourne le regard sur mon père, à quelques mètres de nous et je finis par me lancer. Un discours qui m’échappe en dix secondes, un murmure qui glisse jusqu’à ses oreilles.

    TARA – « J’te pardonne, Billie. Parce que je sais c’est quoi, de le choisir lui. Mais tu vas comprendre aussi pourquoi ça nous a détruit. Je suis désolée pour la vie de merde que Dieu t’a donné, j’espère sincèrement que ton futur sera meilleur. Mais avoir couché avec… lui. Ça ne fera pas partie de tes bonnes décisions, tu le réalises peut-être pas encore, c’est normal à ce stade-ci. Ça viendra… Je serai simplement plus là pour te dire que ça ira mieux, que c’était qu’une mauvaise passe. »



[ C'est lent, je suis en mode « repeat » tout le long. M'en voulez pas, ça sera mieux la prochaine fois (a) ]
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MessageSujet: Re: BILLIE&ADAM&TARA - « comin' home »   Sam 28 Avr - 14:34

« Et alors. C’est pas parce que la vie t’a fait chier, que ça te donne le droit de gâcher celle des autres. » Un point pour elle. Enfin plus ou moins. Billie le savait bien que son propre malheur n'était pas une raison pour causer le malheur autours d'elle. C'était une règle évidente qu'elle connaissait bien. Ca allait un peu de paire avec la règle ne fait aux autres se que tu n'aimerais pas qu'on te fasse. Mais là on commençait à saisir la complexité de la chose, et à quel point le cerveau de Billie était complètement bousillé. Elle se foutait bien que l'une de ses amies couchent avec son père... Elle n'avait plus de pères... Et puis quand bien même elle les avait encore eu, ils étaient gays, et heureux, et ça aurait été une différente histoire puisqu'il aurait fallu que ça soit un ami, et il aurait été jeune, puisque ses parents son mort lorsqu'elle avait quatorze ans, et puis son ami aurait aussi brisé le couple qu'ils formaient, et ça aurait été une autre histoire. L'ami en question aurait alors tout détruit. Mais là qu'est ce qu'elle détruisait exactement ? Son amitié avec Tara peut être, mais ça c'était son problème, sa douleur, peut être aussi celle de Tara, mais elle souffrirait autant alors tant pis. Sa relation avec son père ? Ce n'était pas non plus de sa faute si Tara s'imaginait que son père ne toucherait jamais une autre femme. Elle ne pouvait pas sérieusement réfléchir au degrés de connerie par rapport à elle. Elle avait atteint un point ou elle se fichait pas mal de ce qui pouvait lui arriver, ou ça ne serait pas pire... Alors oui Tara avait probablement raison, mais Billie resta perplexe, et finit par répondre «Tu as raison. Mais j'ai couché avec ton père... Quelle vie je gâche en faisant ça ? C'était pas particulièrement intelligent de ma part... Tu n'aurais jamais du le savoir certes... Mais dis moi exactement en quoi ça peut ruiner ta vie. Ou celle d'Adam d'ailleurs. Dis moi... Je suis curieuse... Histoire que culpabilise correctement, au lieu de m'en vouloir seulement parce que tu me vois comme une garce immature... » A la diplomatie est parfois un art qui manque cruellement à Billie. Enfin certes ce qu'elle disait était plutôt juste, et elle serait franchement désolée pour Tara si un incident de la sorte gâchait sa vie. Elle serait désolée qu'un si petit incident lui fasse autant de mal. Parce qu'elle ne pouvait pas le prévoir, parce qu'à ces yeux ce n'était rien, et que si Tara s'effondrait déjà maintenant, que ferait-elle plus tard ? Quand la vie sera vraiment méchante ? Parce qu'une chose est sûr c'est que la vie le sera. La vie n'est jamais douce. Ou alors c'est seulement Billie qui n'a pas de chance.

A vrai dire le principale problème était qu'elle n'arrivait pas à comprendre parfaitement Tara. Elle l'a sentait s'effondrer sous ses yeux et rassembler une certaine haine pour elle, pour son père peut être. Mais elle avait du mal à comprendre la réel motivation. Enfin elle saisissait le point de départ... Mais qu'est ce qui la motivait réellement à être si extrême. Ce n'était pas la première fois que Tara prenait Billie à draguer son père. Il faut dire qu'elle n'avait jamais été particulièrement discrète. Et jamais Tara ne lui avait fait remarqué que ça la blesserait. Elle se foutait plutôt de sa gueule en lui demandant ce qu'elle pouvait bien lui trouver. Billie répondait généralement en rigolant qu'elle le trouvait sexy... Et Tara faisait une grimace en disant qu'elle ne voulait pas savoir. Et elles finissaient par rigoler... Rien ne prévoyait une réaction aussi vive. Peut être était-ce parce que malgré le jeu que Billie avait instauré avec Adam parfois sous les yeux de Tara, Tara comme Billie n'avait jamais vraiment songé que ça puisse aller plus loin. Peut être que c'était trop irréel, trop stupide comme idée pour que vraiment un jour Billie fasse le pas. Et puis il y avait la surprise. Avec la surprise on pouvait tout un peu exagérer... Mais ça lui passerait... Non ? Soudainement Billie sentait le besoin de se rassurer, de penser que ce n'était pas irréversible. Qu'elle n'avait pas vraiment brisé un lien qui lui tenait à coeur pour un je ne sais quoi pas encore défini. Elle ne savait même pas ce qu'il y avait dans la tête d'Adam, elle n'était même pas sûr de ce qui était dans la sienne sur le sujet... Tara arrivait au moment. Elle entrain dans Bagdad apeurée, et les soldats hésitaient soudainement à lui tirer dessus ou à la prendre dans leur bras pour la protéger. C'était le chaos total et ses quelques neurones en marche se battait en duel pour essayer de trouver une solution. La seule chose dont elle était sûr c'est que pour le moment elle ne parvenait pas à regretter ce qu'elle avait fait. Et que si elle avait l'occasion de changer les choses, la seule chose qu'elle changerait serait que Tara ne soit au courant de rien. Bon finalement elle était aussi sûr d'être trop mal en point pour commencer quoique ce soit, pour mettre des mots sur les choses. Dès qu'elle imaginait le futur elle ne voyait qu'une télé avec le signa brouillée... De la neige quoi...

Tara était descendu sans lui répondre. Il n'y avait probablement rien à répondre. Juste des donnés à assimiler. Et un jour elle saurait quoi faire avec. Peut être. Adam sortit de la salle de bain. Enfin l'entraina à l'intérieur pour lui parler, l'embrasser. Honnêtement Billie n'était pas d'humeur à s'enfoncer encore plus. Elle avait l'esprit, le ventre retourné. Elle culpabilisait de sa connerie, son irresponsabilité, sa méchanceté. Elle allait bientôt en venir à culpabilisé pour être remonté en scelle si rapidement après la mort de Reaver... Déjà qu'elle culpabilisait de la mort de Reaver... Ca commençait à faire beaucoup de culpabilité pour une seule personne, et ça lui donnait envie de vomir. Mais étonnement Adam avait les mots. Les gestes qui l'apaisaient. « Je verrais pour ça. Je ne suis pas censé non plus lui parler de ce que je fais dans ma vie sentimentale. Je ne l’ai jamais fait et ce n’est pas censé être ses affaires. Elle ne te déteste pas. Tara est impulsive, comme moi. » Elle sourit et se laissa aller dans ses bras. Une autre chose était sûr, elle était bien blottit contre lui avant de murmurer « Ca à commencé à être ses affaires quand tu as commencé à t'envoyer l'une de ses amies Adam... » Ca coulait de source d'ailleurs. La vie sentimentale d'Adam n'avait jamais été les affaires de Tara parce que Tara n'avait jamais connu les filles, et qu'elle n'en avait rien à foutre. Là elle connaissait Billie, et elles étaient amie, ce qui signifiaient qu'entre elle, elle discutait de se genre de chose, et que jamais Billie ne pourrait répondre à la question et tes amours sans passé pour la garce qu'elle était. Jamais plus Billie ne pourrait parler de ses problèmes de mecs avec Tara... Pour la simple raison que le mec était son père, et que ça serait définitivement trop bizarre. « J’étais conscient de ce que je faisais Billie. Pour ce qui est de ce qui c’est passé, jveux que ça continue, j’en ai besoin.. Mais oublie Tara, elle a dix neuf ans, elle a juste peur qu’on lui vole son père. J’ai toujours été tout ce qu’elle avait. Elle s’y fera. Et de toute façon, je ne lui donne pas le choix. On se marierait ok.. Mais on est loin d’en être là. » Il lui relève doucement la tête pour plonger son regard dans le sien. Pour la rassurer, la consoler. Et sa marche. Pourtant ça ne devrait pas. Il ne sait pas dans quoi il s'engage en la voulant elle. Elle n'est pas bien. Elle n'est pas fiable. Elle est toute cassée, et elle continue à cassée ce qui est autours d'elle. Et puis Tara là dit, elle n'est pas mature. Elle ne ferait rien correctement. Elle le cassera aussi. Elle est douée pour casser les autres. Pour enterrer les autres aussi d'après les faits... Elle fit un faible sourire sans répondre. Elle n'arrivait pas vraiment à réfléchir. Tout ce qu'elle ressentait c'était le sentiment de bien être qu'il lui provoquait et qui se battait avec sa tristesse, avec tout le reste qui voulait la voir s'effondrer. Si elle le lâchait, elle plongerait directement là ou elle n'avait pas particulièrement envie de retourner. « Tu serais partie.. Je.. Je n’en ai pas envie. Désolé.. » Elle ne put s'empêcher de sourire en entendant ça avant de descendre. Il était anormalement génial pour un mec qui plaisait à Billie. Il était responsable, avait un métier intéressant et légal, il n'était pas un con, il était gentil, quoique peut être un peu possessif mais de la bonne manière pour le moment. C'était même étonnant qu'elle lui plaise. Il était trop parfait pour elle. Elle qui aimait les cause perdus, les gens qu'elle pourrait réparer.

Arrivé en bas, l'accueil de Tara fut tellement glaciale et violent qu'elle voulu partir. Elle savait bien qu'Adam n'en avait pas envie... Mais que pouvait-elle faire de plus ? Elle n'allait pas non plus habiter ici, et à un moment ou un autre il faudrait bien qu'elle parte. Et tant qu'à faire si elle pouvait le faire avant que les choses ne dégénère trop, ça l'arrangerait. Seulement en se levant elle fut pris d'un violent vertige qui la força à se rassoir. Elle avait encore ses mêmes nausées. Celle qui l'empêchait de manger la plus part du temps. Et puis sa tête qui volait dans tous les sens. Elle était fatiguée d'être malade comme ça. Surtout qu'elle ne savait pas bien d'ou sa venait. Enfin si hier elle avait encore bu.. Mais pas suffisamment pour avoir une gueule de bois normalement. Quoiqu'elle tenait peut être très mal l'alcool maintenant... A force de trop boire.. « T’es sure que ça va Billie? Tara ok, j’ai menti. Tu veux la vérité? Oui on a fait ce que tu t’imagines. Non j’vais pas l’épouser, donc pas besoin de l’appeler maman. Ça fait 19 ans que j’ai personne, et tu t’insurges parce que pour une fois, tu retrouves une des filles chez nous? Tu pensais que je finirais par crever seul? C’est tout ce que tu me proposes comme vie? Ok, j’ai toujours été ton univers, et ça ne changera pas. Jamais. Mais il va falloir t’y faire, parce que je ne vais pas virer Billie de cette pièce pour que tu t’imagines garder ton père pour toi toute seule toute ta vie. Tu as pensé, au moins à ce que c’était de vivre 19 ans avec pour seule compagnie sa fille? Je t’aime et tu le sais, mais il y a des choses que tu ne m’apporteras jamais et qu'elle, oui. » Billie voyait flou, et s'agrippait au plan de travail pour essayer de contrôler les vertiges. Elle eut un haut le coeur en entendant le sérieux de la voix d'Adam. D'un coté il prenait sa défense, bien qu'elle ne l'est jamais demandé au passage. Mais elle avait subitement l'impression que dans la bouche d'Adam ce qu'ils étaient dépassait très largement le on a passé une nuit époustouflante. Mais elle n'était pas tellement en état de réagir d'une manière ou d'une autre. Il fallait que sa passe. Qu'il arrête de s'inquiété pour elle. Qu'elle puisse rentrer chez elle. Qu'elle puisse essayer de dormir... Et réfléchir un peu à tout cas. Nouveau haut le coeur... ou peut être ne pas y réfléchir d'ailleurs. « Tu sais que c’est pas juste. Si c’était moi, qui se tapais un homme de ton âge, « tu » me ferais la morale, et tu le sais très bien. Et, et, et… Je veux que tu sois heureux, je veux juste pas… Aah, je, j’en sais rien. Tu réalises que c’était ma meilleure amie, au moins? » Là Billie fut secouée d'un autre vertige et eu un violent haut le coeur qu'elle réprima avec difficulté. Elle passa probablement du blanc très pâle, au vert. Elle avait raison. Mais par dessus tout c'était le meilleure amie qui l'a prenait au dépourvue. Et le verbe au passé. Elle était quoi maintenant au juste ? Maintenant qu'elle avait tout cassé ? « T’es blanche.. Tara amène quelque chose s’il-te-plaît, elle va nous refaire un malaise. Tu veux que jt’emmène voir un médecin ? » Elle aimait pas le sentir s'inquiété autant pour elle. Elle ne savait pas vraiment comment réagir à ce genre de chose. Même si elle appréciait sa présence. Sa main qui serrait la sienne, et qui lui donnait une certaine force pour reprendre son calme, et retrouver un équilibre normal. Elle voulu parler avec une voix normal. Le genre de voix qui serait rassurante. Celle qui lui permettrait de quitter la maison et de rentrer chez elle parce qu'ils penseraient tous qu'elle va mieux. Mais c'était peine perdu. Elle se fixa un point au loin à fixer, pour pouvoir garder son équilibre. Et pris une profonde inspiration pour faire descendre les nausées... « Ca va... Je vais bien... J'ai l'habitude... Ca m'arrive souvent...» Ce qui en soit n'était pas particulièrement rassurant. « Il faut juste vraiment... Que j'arrête de boire... Et que je dorme aussi peut être... » ce qui en soit faisait sens. On ne pouvait pas rester en bonne santé avec l'alcool qu'elle ingurgitait et le manque de sommeil qu'elle accumulait. Elle n'était même pas capable de compte le nombre d'heure ou elle avait dormit depuis l'accident, depuis la mort de Reaver... pas beaucoup surement.

Adam se leva pour rejoindre Tara qui fouillait dans l'armoire à pilule. Elle ne savait pas vraiment ce qui pourrait la soulager. Billie non plus d'ailleurs. Puis finalement alors qu'Adam cherchait quelque chose pour fixer le mal de Billie, Tara s'approcha de la jeune femme qui lui fit un faible sourire. Peut être lui en voulait-elle moins. « J’te pardonne, Billie. Parce que je sais c’est quoi, de le choisir lui. Mais tu vas comprendre aussi pourquoi ça nous a détruit. Je suis désolée pour la vie de merde que Dieu t’a donné, j’espère sincèrement que ton futur sera meilleur. Mais avoir couché avec… lui. Ça ne fera pas partie de tes bonnes décisions, tu le réalises peut-être pas encore, c’est normal à ce stade-ci. Ça viendra… Je serai simplement plus là pour te dire que ça ira mieux, que c’était qu’une mauvaise passe. » Le murmure lui glaça l'échine. Elle était peut être très mature. Suffisamment mature pour être capable de pardonné aussi rapidement. Mais elle ne connaissait pas encore suffisamment bien la vie. Et sa maturité se butait à la pratique, qui était encore bien faible. Billie consolida son appuie sur le comptoir avant de se tourner vers Tara. De plongé son regard fatigué et peut être un peu fiévreux dans celui de Tara. Elle fit un sourire avant de dire.. « Je le sais déjà. C'était déjà une mauvaise décision hier quand j'ai sonné à sa porte. Je le savais. Il le savait. Mais un jour tu comprendras peut être que la vie est un peu plus que des bonnes ou mauvaises décisions, et que chaque mauvaise décision à aussi son lot de bonne chose... Il suffit juste de savoir s'il y en a plus que de mauvaise... Et ça c'est un pari. Tout n'est pas blanc ou noir... Tu devrais le savoir... » Un jour Tara se réveillerait en ce disant que leur amitié aurait pu être sauvé. Elle voulu se baissé pour arriver jusqu'à l'oreille de Tara, mais fut reprise d'un vertige et se rattrapa à la jeune femme. Avant du coup se ressaisir et de se raccrocher au comptoir. Comme si ce contact été déplacé, non désiré par la jeune femme qui lui faisait face. « Une dernière chose. Que tu sois là ou non pour moi... Quand tu en auras besoin. Que tu auras fait ta première connerie. Quand tu iras mal. Ou quand tu iras bien aussi. Quand tu voudras. Je serais toujours là... Parce que techniquement c'est ce que fait une meilleure amie... pour le meilleur et pour le pire... Tu devrais être rassurée maintenant... Le pire est probablement déjà fait... »
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MessageSujet: Re: BILLIE&ADAM&TARA - « comin' home »   Ven 4 Mai - 3:03

    BILLIE - «Tu as raison. Mais j'ai couché avec ton père... Quelle vie je gâche en faisant ça ? C'était pas particulièrement intelligent de ma part... Tu n'aurais jamais du le savoir certes... Mais dis moi exactement en quoi ça peut ruiner ta vie. Ou celle d'Adam d'ailleurs. Dis moi... Je suis curieuse... Histoire que je culpabilise correctement, au lieu de m'en vouloir seulement parce que tu me vois comme une garce immature... »
    TARA – « Tu as déjà pensé à plus loin. Passé la première nuit romantique et la phase découverte? Tu réalises même pas les conséquences… Tu, tu pourrais, lui transmettre un truc. Une ITS, n’importe quoi. Pire, lui pondre un enfant. Ou, ou… simplement lui briser le cœur et plus jamais pouvoir remettre les pieds ici. »


Je baisse le regard et j’abandonne le combat contre ma meilleure amie. Ce qu’il en reste. Que des miettes de culpabilité mal dispersées qu’elle arbore par principe. Rien qui vient des tripes. Et ça, je le sais, je le devine. Elle s’excuse de la situation, pas de ses actes. L’image revient une seconde se percuter dans mon crâne, quelque chose de furtif. Papa. Billie. Trop près l’un de l’autre, chair contre chair, souffle contre souffle. J’oublie de respirer, là, simplement parce que je doute d’y survivre. J’ai besoin d’air, d’une fraicheur et d’une stabilité familière. Et plus j’y pense, plus j’ai mal. Parce que les deux piliers de ma vie s’écroulent et me laisse seule, sans repère. Sans père.

Schéma qui se construit dans ma tête indéfiniment alors que j’atterris au premier étage, à les savoir toujours en haut, dans leur bulle passionnée. Les choses filent, on enchaine des remarques qui ne mènent à rien. Parce que je la déteste de toute façon. La réalité se reconnecte, je me souviens que c’est elle qui ne va pas bien. C’est ironique.


    BILLIE - « Ça va... Je vais bien... J'ai l'habitude... Ça m'arrive souvent...Il faut juste vraiment... Que j'arrête de boire... Et que je dorme aussi peut être... »


Je pourrais en rire. L’imaginer saoule, l’alcool affluant généreusement dans ses veines, à séduire mon paternel. Ça devait être pitoyable, digne d’un scénario américain, cliché indigne. On ne séduit pas les gens en état d’ébriété. On est moche, imbécile. Mais j’étire une grimace à me dire que la conclusion a différée. Que mon père a cédé. Ce qui le classe dans mon estime sur un niveau bas. Trop bas, trop inférieur à ses habitudes. Et de nouveau, la terre tourne sans moi. Je remarque Billie, son corps étendue mollement. Je voudrais lui hurler des mots, comme ça, sans raison. Mais le silence, c’est tout ce que j’ai à l’instant. Parce qu’aucun mot ne pèse suffisamment pour décrire l’enfer de mes entrailles. Je lui pardonne d’être aussi humaine. C’est bien plus qu’espérer. Les mots s’échappent de ma gorge, râlement constant que je ne reconnais pas.

    BILLIE - « Je le sais déjà. C'était déjà une mauvaise décision hier quand j'ai sonné à sa porte. Je le savais. Il le savait. Mais un jour tu comprendras peut être que la vie est un peu plus que des bonnes ou mauvaises décisions, et que chaque mauvaise décision a aussi son lot de bonnes choses... Il suffit juste de savoir s'il y en a plus que de mauvaises... Et ça c'est un pari. Tout n'est pas blanc ou noir... Tu devrais le savoir... »
    TARA – « Fuck la philosophie. Rien n’est tout blanc, tout noir. Tout est gris, blablabla. C’était une mauvaise décision, pour toi, pour lui et pour moi. Et je t’assure Billie, je te jure que ça ne sera jamais positif, jamais « bien », et certainement jamais « okay » à mes yeux. Alors pas la peine d’adoucir la situation, de dédramatiser les choses avec des paroles insensées! »


Une vague d’énergie de plus me quitte. Mes épaules se courbent. Je suis prête à partir désormais. Parce qu’elle ne le peut pas, et que plus rien ne m’attache ici. Je jette un coup d’œil à mon père. Adam Matthews, l’ombre de ce que j’imaginais de lui. Et je suis déçue. De moi. De l’avoir posé sur un piédestal, d’avoir fait de sa vie d’adulte, une chasteté. Un flash douloureux s’impose derrière mes pupilles dilatées; moi à l’orphelinat. Ça aurait été pire pour moi, mieux pour lui peut-être. À espérer que mes parents reviennent, incomprise dans un monde sauvage et égoïste. J’expire bruyamment et me soulève du divan. Quelque part, dans mon champ de vision, j’aperçois Billie et Adam, tous deux inférieurs à moi. Et l’image me fait rire. Presque bruyamment. Mais on gâche ma cinématographie par une réplique. Une de plus, une de trop.

    BILLIE - « Une dernière chose. Que tu sois là ou non pour moi... Quand tu en auras besoin. Que tu auras fait ta première connerie. Quand tu iras mal. Ou quand tu iras bien aussi. Quand tu voudras. Je serais toujours là... Parce que techniquement c'est ce que fait une meilleure amie... pour le meilleur et pour le pire... Tu devrais être rassurée maintenant... Le pire est probablement déjà fait... »


« Rassurée ». Mot mal choisi, qui se répète dans mon crâne sans arrêt. Je fixe mes pieds, et attend la suite. Elle devrait comprendre que la suite logique n’arrivera jamais. Qu’une amitié ça se construit. Notre structure s’est effondrée, j’ai pas le courage de tout remettre sur pied. Mes sourcils se froncent, mon front se plisse. À essayer de concevoir la logique de la jeune Salinger. Prête à ruiner nos liens, mais incapable de lâcher prise. Choisis et assume. Sans un mot, sans faire chier les autres de tes conneries. Un rire nerveux s’échappe de mon être, bref et furtif. C’est plus facile de rire que de pleurer au stade où j’en suis. Plus facile d’haïr que d’apprécier. Ça n’en vaudra probablement pas la peine, mais je hurle une dernière connerie, par-dessus mon épaule en marchant.

    TARA – « Oh, et compte pas sur moi pour être demoiselle d’honneur à ton mariage. Et vu les circonstances, tu pourrais faire à croire à ton fiancé que Adam est ta figure paternel, celui qui t'amène jusqu'à l'autel... Tu l’avais pas oublié, dis-moi… Reaver? Ton fiancé? »


C’est un prénom familier. Billie trébuche intérieurement, se craque contre un mur. Tout ça sans bouger. Adam ne sait peut-être même pas de qui je parle. C’est marrant soudainement, de les voir inquiets de leur relation naissante. Et alors que j’avais prévu quitter les lieux, l’ambiance anxieuse me force à rester. Pour voir la suite, les répercussions de la vague que j’ai semée. Comme ça, avec une vengeance hypocrite et cruelle. Tout ça ne me fait pas sentir mieux, pas vraiment. Mais le simple fait qu’eux se sentent plus mal m’illumine le visage. Je m’appuie au cadre de porte, les bras croisés contre ma poitrine qui se soulève irrégulièrement. L’adrénaline du moment, à anticiper, à observer. Un mollusque blême étendu sur le divan, un homme déboussolé et inquiet. J’attends la suite, impatiemment.
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MessageSujet: Re: BILLIE&ADAM&TARA - « comin' home »   Jeu 10 Mai - 11:02

Billie n'était pas le genre à y connaître grand chose en relation amoureuse. Il faut dire que généralement on acquiert de l'expérience avec les années, avec l'entraînement, avec des échecs successifs qui te font dire: ça ce n'est pas à refaire. Mais Billie n'avait pas fait de phase d'essaie, n'avait jamais joué à la girouette. Elle s'était casée à quatorze ans, comme on le fait à cette âge là, sans grande conviction, juste parce que c'est amusant, que nos hormones nous travaillent et que soudainement on a envie d'être pendue à ces lèvres tout le temps. Mais ça ne veut pas dire grand chose. Et puis les années passent, les hormones ne semblent pas vouloir redescendre, on ne se lasse pas, on change, on évolue, l'un à coté de l'autre, dans une osmose ridiculement parfaite. La première nuit aura été romantique, parce que c'était la toute première, et que l'on aura fait attention, et puis toutes les premières fois s'enchaînent, on essaye tout avec la même confiance, la même assurance que tout se passera bien, puisque c'est la même personne, et qu'elle est parfaite. Et puis on se retrouve fiancés, pour l'éternité, un amour hors norme, l'un de ceux qui fait le sujet des contes de fée. Et même quand ça capote on ne peut pas se le sortir de la tête. Et le jour où c'est la méchante sorcière qui gagne définitivement, on rentre pour la première fois dans cette période d'essai, comme si on était absolument vierge de ce genre de chose. Et on a l'air admirablement stupide. « Tu as déjà pensé à plus loin. Passé la première nuit romantique et la phase découverte? Tu réalises même pas les conséquences… Tu, tu pourrais, lui transmettre un truc. Une ITS, n’importe quoi. Pire, lui pondre un enfant. Ou, ou… simplement lui briser le cœur et plus jamais pouvoir remettre les pieds ici. » Billie resta interdite, comme tombée sur le cul, incapable de se relever, incapable de vraiment comprendre ce qui se passait sous ces yeux. Elle connaissait Tara, elle adorait Tara, et dans sa tête Tara la connaissait aussi. Enfin dans sa tête seulement visiblement. ITS ? Un gosse ? Elle l'a prenait pour qui exactement ? Une espèce de veuve noire près à tout pour détruire l'avenir de son père ? Une prostitué qui ramasse toutes les saletés du coin et qui ne connait pas l'utilité de la pilule et des préservatifs ? Une gamine finit qui n'a jamais eu de relation avant ? C'était aberrant tout ça. Elle arrivait même pas à répondre. Car aussi ridicule étaient ces accusations, le seul faite qu'elle puisse les proférer à son encontre lui déchirait le coeur. Elle avait envie de s'énerver, de lui sauter à la gorge et de lui faire entendre raison. De la réveiller à grand coup, de l'obliger à la regarder, et de la forcer à se rendre compte qu'elle la connaissait et qu'elle n'était pas le monstre qu'elle voulait dépeindre. Mais ça ne résoudrait rien. Billie n'était jamais douée avec la colère, et elle le savait, elle perdait toute rationalité et ne faisait qu'empirer les choses. « Tu vas trop loin Tara... Faut être deux pour ce genre de chose, et je risque autant que lui, mais tu t'en fiche je suppose. Et puis en dépit de ce que tu peux penser on est adulte et on sait faire attention...» Elle sentait bien qu'elle parlerait dans le vent, que Tara n'avait de toute façon rien envie d'entendre. Peut être devrait-elle même la laissé parler, se laisser insulter, la laissé dérailler tranquille, prendre l'apparence d'un punching ball et la laisser faire ce qu'elle voulait. Mais elle avait encore un infime espoir que son amie débarque, écoute enfin, se rende compte que ce n'était pas qu'une connerie. Mais c'était peine perdue peut être...

Et voilà comme si en plus de l'enfer de se voir démolir par l'une des personnes qui compte le plus à ses yeux, il fallait que la même rengaine recommence, que son estomac se retourne contre elle même, que sa tête soit partout à la fois sauf au bonne endroit. Ce n'était même plus compréhensible. Certes elle buvait et ça pouvait expliqué pas mal de chose. Mais hier soir elle n'était pas si saoule, elle marchait droit, faisait des phrases complètes, et plus encore. Et même sans ça elle n'avait jamais plus mal réagit à l'alcool. Toutes ses histoires lui donnaient presque envie de ne plus approcher une bouteille d'alcool. Enfin pour ça il restait encore à déterminé si le bien être qu'elle pouvait ressentir une fois saoule valait le mal être du lendemain matin, ou pas. Jusque là de toute évidence le bien être l'avait emporté. Mais à regarder la situation pitoyable dans laquelle elle était, peut être allait-elle revoir ses options. « Fuck la philosophie. Rien n’est tout blanc, tout noir. Tout est gris, blablabla. C’était une mauvaise décision, pour toi, pour lui et pour moi. Et je t’assure Billie, je te jure que ça ne sera jamais positif, jamais « bien », et certainement jamais « okay » à mes yeux. Alors pas la peine d’adoucir la situation, de dédramatiser les choses avec des paroles insensées! » Elle observait Tara, elle ne la comprenait plus, elle était à cours de mot, à cours d'idée, elle n'avait plus rien pour adoucir les plaies. De toute façon Tara le disait, rien ne pourrait les adoucir, alors à quoi bon. Elle ferma les yeux, pour respirer calmement, pour luter contre les nausées et parce qu'elle abandonnait la lutte. Adam se demmerderait avec sa fille, aujourd'hui elle n'avait pas envie d'avoir sa place dans la partie. Elle avait suffisamment de problème, et de chose qui merdait dans sa tête, dans sa vie pour s'occuper de réparer celle des autres... Même lorsque c'était sa faute si elle était brisé. Peut être qu'il existe un moment ou il faut être égoïste. Et si ce moment n'existe pas, tant pis... Elle n'aura qu'à l'inventer. « Oh, et compte pas sur moi pour être demoiselle d’honneur à ton mariage. Et vu les circonstances, tu pourrais faire à croire à ton fiancé que Adam est ta figure paternel, celui qui t'amène jusqu'à l'autel... Tu l’avais pas oublié, dis-moi… Reaver? Ton fiancé? » Celle là elle ne l'avait pas vu venir. Mais la phrase lui fit l'effet d'un poignard que l'on glissait dans sa chair... Comme dans du beurre. La sensation était ignoble. La lame froide lui glaçait et lui déchirait ses entrailles bouillantes. Toujours assise sur le canapé elle se sentit partir, elle voyait double, et avait tous ses membres engourdis. Elle devrait vouloir s'énerver, hurler, pleurer, exploser. Parce que Tara n'avait pas le droit d'amener ce sujet sur le tapis. Parce qu'elle ne savait rien. Elle ne savait rien de ce qui s'était passé. Elle ne savait pas grand chose de leur histoire. Elle n'était pas là lorsqu'ils étaient heureux. Elle n'était pas là lorsque tout s'était brisé, lorsque Billie avait essayé de recoller les morceaux. Billie n'aimait pas parler de Reaver, et Tara ne connaissait de lui qu'un fantasme que Billie voulait bien lui raconter. Tara ne savait que le souvenir que Billie lui racontait de leur relation, comme si elle était encore présente. Billie n'avait jamais dit à Tara qu'elle avait été Birdie, qu'elle avait tout détruit. Heureusement peut être. Tara n'aurait jamais compris. La seule chose que Tara savait c'était que Reaver et Billie étaient ensemble depuis neuf ans, qu'il était fiancé depuis quatre ans, qu'il allait bientôt se marier... Parce qu'elle avait finit ses études. Au final Billie ne lui avait dit que ce qu'elle désirait au plus profond de son être. Tara n'avait pas le droit d'en parler. Pas devant Adam en tout cas. Parce que c'était la partie la plus secrète, importante et douloureuse d'elle. Parce que c'était à elle de décidé ce qu'elle voulait en dire. Oui Billie aurait du s'énerver. Elle en aurait eu le droit. Elle avait le droit d'étaler sa souffrance comme Tara le faisait depuis qu'elle était rentrée. Mais il n'y avait rien, pas de colère, pas de souffrance démesurée. Seulement ce même vide qui l'habitait depuis une semaine maintenant. Ce vide et cette culpabilité. Elle voudrait surtout pouvoir disparaître, ne pas avoir à le dire, ne pas avoir à prononcer ces quelques mots. En soit elle pouvait ne rien dire, se taire, faire comme si de rien était, mais c'était comme avouer à Adam qu'elle était engagée ailleurs, qu'elle trompait son fiancé avec le père de sa meilleure amie, et c'était trop ignoble pour elle. Elle ne pouvait pas se rajouter cette culpabilité là sur la conscience, même si c'était une culpabilité irréelle. Elle baissa les yeux vers le sol, et finit par prononcer ces quelques mots de la manière la plus neutre possible, dans l'espoir qu'Adam et Tara prendrait la nouvelle comme n'importe quelle nouvelle que l'on peut lire dans les journaux, et qu'ils n'en feraient rien. «Il est mort Tara. L'explosion sur le pont la semaine dernière. »Le dire faisait quand même l'effet d'une bombe interne. Elle avait maintenant envie de s'enfuir, de rentrer chez elle, de disparaître au yeux du monde, et d'oublier tout. Mais pourtant elle ne bougeait pas, comme assommée. Ses nausées étaient même passées. Elle avait l'air d'être le fantôme d'elle même, incapable de réagir à quoique ce soit, bloqué dans un trop plein de souvenir.
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MessageSujet: Re: BILLIE&ADAM&TARA - « comin' home »   Mer 16 Mai - 17:08

Je restais là, à ne pas savoir que dire ou faire devant ma fille. Une partie de moi comprenait son indignation, l’autre partiez avait envie de lui rappeler que les sentiments – oui j’étais foutu je sais – ne se commandaient pas et qu’il était pour moi impossible de renoncer Billie, tant qu’elle n’y renonçait pas. Je ne voulais pas oublier ce que nous avions fait et ferions encore. Pour quoi ? Conforter dans le monde imaginaire ma fille qui pensait que je serais toujours à « elle ». Pourquoi tout de suite penser que ce serait incompatible avec leur amitié ? Pourquoi partait-elle dans ces extrêmes.. Ce jeu, elle l’avait vu, alors pourquoi s’étonner après coup qu’on ait fini par craquer ? Puis Bille fit son malaise et je devins blanc comme un linge. Je ne savais pas comment réagir. Devais-je montrer à quel point je m’inquiétais pour elle ? Ou feindre l’ignorance ? J’eus vite ma réponse, j’étais incapable de me montrer indifférent. Ma fille revint avec une tonne de médicament et je fus mort de rire face à ce qu’elle avait en tête.. Je regarde tout ce qu’elle amène mais aucun ne me va. Après tout j’ignore ce qu’elle a, je ne vais pas juste lui donner le premier qui vient. « Je crois qu’il serait plus sage de l’emmener à l’hôpital, j’ai peur de lui donner quelque qui aggraverait tout.. » Je réfléchis longuement, je ne vais pas l’emmener à l’hosto, avec ma fille ou autre.. A contre coeur, je trouve la solution, celle qui ne me plait pas du tout.. J’avais failli avaler mon bulletin de naissance quand elle avait parlé mariage… On en était très loin et je doute que – même si moi je pouvais y songer – Billie soit d’accord pour m’épouser. Et puis il fallu que ma fille gaffe, mais dans un sens j’appris ce qu’il fallait.. Reaver ? Fiancé ? Mort ? Je manquais de tomber dans les pommes. ELLES VOULAIENT ME TUER OU QUOI ? Je lâchais de suite la main de Billie, me levais. « Fiancé ? Mort ? Tu comptais me le dire quand Billie ? » Moi je disais n’importe quoi et tout devenait bien trop sérieux.. Après tout, elle n’avait rien à me dire, puisqu’on couchait juste ensemble et depuis peu. Mais entre ces deux là je perdais mon latin. J’étais trop vieux pour ses conneries à la gossip girl – série que ma fille regardait ou regarde encore que sais je – et tous ces trucs de gamins.. « Ca me regarde pas.. Enfin. Billie je pense qu’il faudrait que tu consulte quelqu’un. Je t’emmène à un taxi, Tara, je reviens. » J’embarque Billie et l’amène, un taxi arrive et je la mets dedans. Je suis aussi froid que la glace et aussi distant qu’un appel outre mer… « On parlera, là je t’avoue, j’en ai pas envie, ça fait trop.. Et ça perturbe tara, jla vois pas assez pour.. Enfin il faut que je réfléchisse à tout ça.. » Je ferme la porte et mon cœur se serre. JE rentre chez moi, pose ma main sur le mur, souffle, puis tourne mon regard vers Tara. « Je peux savoir ce qui te prends ? On a toujours évité de parler de ma vie sentimentale, enfin sexuelle dans ce cas là. Je n’ai pas prévu que ce soit elle. Mais tu es vraiment convaincue que je te dois des explications ? Parce que tu te rends compte que je suis le père, n’inverse pas les rôles. Ce n’est ni une mineure ni une folle. On fait que coucher.. » C’était ma fille, et j’étais conscient qu’elle n’y croirait pas.. Elle avait vu dans mon regard ce que je ressentais vraiment et ce qui justement m’avait retenu jusqu’à présent.. Las et déçu j’ajoutais : « De toute façon elle ne tombera pas amoureux d’un type qui peut presque être son père Tara.. » je ne savais pas si c’était une bonne ou une mauvaise chose..
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MessageSujet: Re: BILLIE&ADAM&TARA - « comin' home »   Mer 23 Mai - 1:15

    BILLIE - « Tu vas trop loin Tara... Faut être deux pour ce genre de chose, et je risque autant que lui, mais tu t'en fiche je suppose. Et puis en dépit de ce que tu peux penser on est adulte et on sait faire attention... »

Mes sourcils s’arquent sur mon visage dépressif. J’ai mal de vivre, d’être dans une situation autant demeurée. À les voir, tous les deux croire en leur bonheur inacceptable, ça me remet en doute, perdue dans l’option de la folie. Peut-être que c’est moi, qui détonne dans le décor, l’exclu, l’irrationnelle. J’ai les deux pieds par terre pourtant, la gravité comme réconfort. Les marches craquent sous mes pas, et même ça, ça sonne faux. Je les laisse seuls à l’étage, dans leur intimité. Mais la paix ne dure pas, leurs âmes souillées réapparaissent. Comme un cauchemar auquel on n’échappe pas. Billie se sent mal, enfin. Son corps hurle au désastre, et j’ai envie de m’époumoner à lui dire de l’écouter, d’entendre son désarroi. Une harmonie parfaite à mes pensées qui tournent en rond.

Papa s’en fait pour Billie, petite histoire romantique qui m’est meurtrière. J’écoute ses paroles, mon regard fixé sur le sien. Sur ses yeux trop empathiques, sur ses traits attristés, apeurés même. Et j’essaie de paniquer pour ma meilleure amie moi aussi, mais je n’y arrive pas. Les sentiments au neutre dans un chantier émotif.


    ADAM - « Je crois qu’il serait plus sage de l’emmener à l’hôpital, j’ai peur de lui donner quelque qui aggraverait tout.. »

J’hausse les épaules, un peu indifférente. Je ne sais pas non plus, une énième chose sur la liste de mes méconnaissances. Toujours assise à ses côtés, sans véritablement être « à ses côtés », j’observe ses explications, ses promesses qui ne valent rien. Pas maintenant, pas après tout ça. Je m’éloigne d’elle, physiquement, mentalement. Je les abandonne à leur sort, prête pourtant à leur marmonner un « je vous l’avais dit » lorsque la fin arrivera. Et je prends confiance en mes opinions, confiance en moi. Alors je réplique, du tact-au-tact, sans voir venir la suite. Sans anticiper quoi que ce soit. Simplement pour renvoyer la balle, dire un truc de plus pour perturber leur cocon amoureux. Et dans un sens, ça fonctionne.

    BILLIE - «Il est mort Tara. L'explosion sur le pont la semaine dernière. »
    ADAM - « Fiancé ? Mort ? Tu comptais me le dire quand Billie ? »

Je reste debout, mais une partie de moi est étendue sur le sol froid, rude. Je serre les dents, pour taire les tremblements de ma mâchoire qui claque. Une seconde à assimiler, une éternité à accepter. J’oublie les questionnements de mon paternel, le succès de mon petit discours. Tout ce qu’il me reste, c’est cette boule au creux du ventre. Je devrais peut-être m’excuser, mais ça ne changerait rien. Pas rendu là. Les bras toujours croisés, je sens mes ongles s’incruster dans la chair de mes paumes. À en souffrir, pour me raccrocher à la réalité.

    ADAM - « Ça me regarde pas.. Enfin. Billie je pense qu’il faudrait que tu consulte quelqu’un. Je t’emmène à un taxi, Tara, je reviens. »

Je reste là, à respirer cet air exécrable. À survivre sur cette planète sans logique. La vie, la mort, l’amour, la haine; comme un casse-tête qui n’a pas de solution, et pas de réponses. La porte claque dans mon dos et j’ai envie de me laisser choir sur le plancher vernis, pour observer mon reflet désastreux. Mais les derniers mots de mon père tapent mes tympans, « je reviens ». Et je ne veux pas perdre le contrôle devant lui. Nous sommes trois, dans un ravin. Mais je n’arrive pas à deviner qui touche le fond en premier. Adam Matthews, le paternel qui joue mal son rôle aujourd’hui. Qui n’est que l’ombre de ce qu’il a toujours été à mes yeux, revient. Comme il l’avait dit. Mais je ne veux plus le voir, plus l’entendre. Pas d’autres explications, pas de couches de merde supplémentaire à la vérité actuelle. Mais c’est déjà pénible de me tenir en un morceau, ça m’est impossible de l’ignorer, pire de le fuir.

    ADAM - « Je peux savoir ce qui te prends ? On a toujours évité de parler de ma vie sentimentale, enfin sexuelle dans ce cas là. Je n’ai pas prévu que ce soit elle. Mais tu es vraiment convaincue que je te dois des explications ? Parce que tu te rends compte que je suis le père, n’inverse pas les rôles. Ce n’est ni une mineure ni une folle. On fait que coucher. »
    TARA – « On a toujours évité de parler de ta vie sentimentale parce que c’était pas avec ma meilleure amie! Et puis j’en veux pas de tes explications de toute manière. Parce que y’a rien qui explique «ça», rien du tout. »

Ma voix tremble, pas de tristesse, mais de culpabilité. Je le sais, je le sens jusqu’à ma moëlle épinière. Un frisson sans fin, un choc brûlant. Ça me donne le courage de partir. Un pas à la fois, avec l’étrange sentiment que mes talons s’enfoncent d’un pouce dans le sol. Je me sens lourde, de responsabilités. Je ne m’attends plus à rien. La dernière réplique qu'il m'offre n’est que le fruit de mon imagination. Une plaisanterie qui résonne dans ma tête. J’ai envie de rire soudainement, de perdre la raison à n’en rire.

    ADAM - « De toute façon elle ne tombera pas amoureux d’un type qui peut presque être son père Tara.. »
    TARA – « Encore heureux! »

C’est tout ce que je dis. D’une voix presque dénudée d’humanité. Je ne sais pas ce qu’il espérait. Je ne sais pas sur quoi il se rattachait. Mais je le laisse là, sur le seuil de la porte et quitte la maison. Notre paisible demeure qui hurle d’horreur désormais. Je n’ose pas lui jeter un dernier regard, je file droit devant, retrouvant la clarté du matin. La journée serait longue, interminable. Je vois le taxi, à la lumière, au coin de la rue. Je devine la silhouette de Billie à l’arrière. J’ai un haut-le-cœur, mes deux bras se serrent contre mon estomac et mon corps se penche, s’abandonne à l’avant. Je ne vomis rien, je me sens vide. J’ai les yeux embrouillés, de la douleur que mon corps tente de rejeter. La lumière rouge est floue dans mon regard humide. Je ne sais pas ce que je fais. Je cours, avec détermination. Le vent fouettant mon visage, mes talons se frappant contre le bitume pour mieux rebondir. Pour courir plus loin, jusqu’à la voiture jaune, qui patiente sagement à l’intersection. Je l’atteins, le souffle court. J’ai un goût aride derrière les dents, la langue râpeuse. Mes doigts se glisse sous la poignée et la porte s’ouvre. Le conducteur s’offusque, dit une ou deux conneries et abandonne. Ma tête, c’est du coton. Aucun son n’est net, aucune image n’est claire. Je m’assoie aux côtés de Billie, pour de vrai. Je ne sais pas encore pourquoi, où j’en trouve la force, mais je m’installe à ses côtés pour la route pénible qu’elle fera en cette journée maussade.

    TARA – « Je vais faire comme si je savais rien pour toi et p’pa. Aujourd’hui seulement. »

Je ne réalise pas que les mots proviennent de ma bouche entrouverte. Ça n’est pas doux, pas vraiment compatissant, mais c’est tout ce que je peux lui offrir. Et je suis là, malgré tout. Je fixe son air blême, encore plus perdue. Je crois que j’ai chaud, de la sueur qui perle mon visage. Je glisse mes mains contre mes joues et je réalise, sans étonnement, sans réaction, que je pleure. Pour Reaver, pour Billie, pour papa, pour moi, pour Benny, pour ma vie, pour les résultats de mon existence qui sont imprévisibles et sans logiques.
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