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 PARKER&LOU - it's not hard to live like a ghost.

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MessageSujet: PARKER&LOU - it's not hard to live like a ghost.    Dim 16 Sep - 22:32


People suck.

Lou avait pas assuré du tout. Depuis le départ de Jonah en fait, elle assurait pas le moins du monde. Relayant les soirées avec Thayer à frissonner dans ses bras, les sorties répétitives avec Ash et toute sa bande au Barking Spider pour se soûler et oublier, les textos de Deklan qu’elle ignorait volontairement n’ayant pas envie de rendre des comptes sur comment son petit cœur se sentait actuellement, et disons qu’il avait déjà été mieux, c’était la galère. Elle gérait mal le départ de son meilleur ami, même si les quelques jours avant sa grande envolée lui avait été un calvaire intense qu’elle aurait voulu fuir de tous ses membres. Maintenant que tout était fini, elle sentait un immense vide lui remplir les trippes, une grosse solitude que rien ni personne n’arrivait vraiment à combler. Weston était un amour par contre. Il y allait tout en douceur, il la rassurait, il la prenait dans ses bras quand elle se réveillait en sursaut la nuit, pleurant à chaudes larmes. Parce que oui, elle dormait chez lui maintenant. Presque toujours en fait, la froideur de son appartement lui arrachant des terreurs nocturnes pires que lorsqu’elle se reposait aux côtés de son nouvel amant. Et puis c’était dur hen, pour le moral. Lou avait toujours été une bombe de positivisme, d’hyperactivité, de joie de vivre. Puis du jour au lendemain c’était la dépression. Mis à part Thay’ qui s’en rendait bien compte & qui surtout avait vécu tout ça avec elle, les autres n’étaient pas ou peu au courant de comment la rouquine se sentait vraiment, à l’intérieur. Démolie, trahie, dévastée… et c’était faible comme qualificatifs. On lui avait arraché une moitié d’elle-même, maintenant elle devait apprendre à vivre avec un demi corps. Un demi cœur.

Titubant, elle empestait la tequila lorsqu’elle passa la porte de l’hôpital. Encore une soirée où elle avait fêté un peu fort la fin d’un examen de neuro avec Ash, Jay, Dek et les autres. Jackson était passé aussi, en coup de vent parce que déjà bourrée elle lui avait envoyé des insultes plein la gueule et que si Jay n’était pas venu en renfort Monroe et Abbott auraient fini par se défigurer tellement ils étaient hargneux l’un et l’autre. De vrais enfants, des gamins complètement idiots qui en présence l’un de l’autre devenaient complètement pathétiques. Du moins, Lou avait remporté la palme ce soir-là, parce qu’elle avait surpassé tout ce que Jack’s avait pu voir d’elle jusqu’à maintenant, initiant elle-même les hostilités, ne le lâchant pas jusqu’à ce qu’il soit vraiment poussé à bout. Par chance, Ashleigh avait rigolé de les voir s’en prendre l’un à l’autre comme des enfants et la situation avait été vite maitrisée, mais ça aurait pu être pire. Lou-Ann avait ensuite filé, tout juste après que Dek l’ait suivi alors qu’elle se dirigeait vers les toilettes, voulant sûrement prendre le plus gentiment du monde de ses nouvelles et savoir comment elle se portait et surtout pourquoi elle ne répondait pas à ses messages, mais la rouquine avait rapidement esquivé, piquant une bouteille derrière le bar et courant à qui mieux-mieux dans les ruelles de L.A. loin de tous. Seule, elle avait fini par s’envoyer une double ration de tequila sur la plage de Venice et avait dérivé vers l’hôpital, ne sachant pas trop où ses pieds la menaient jusqu’à ce qu’elle se retrouve devant une chambre bien précise, pièce qui était séparée d’elle par une porte close.

Bourrée, Lou avait de la difficulté à tenir en place, devant s’appuyer l’avant-bras sur le mur devant elle pour ne pas s’étaler de tout son long sur le sol. Puis, dans la pénombre de la nuit, elle arriva à distinguer une silhouette, étendue. Depuis combien de temps étaient-ils dans le même établissement, sans s’être croisé? Depuis combien de temps savait-elle qu’il respirait à quelques mètres d’elle? Ce mec-là l’avait brisé de tous les moyens et de toutes les façons possibles. Il lui avait dit des choses qui resteraient gravées en elle toute sa vie, il lui avait fait vivre un enfer constant pendant près d’un an sans jamais avoir la moindre considération pour tout ce qu’elle éprouvait pour lui. Quand on dit que les filles sont souvent attirées par des salauds, Lou en était le meilleur exemple. Et pourtant, elle avait arrêté Jonah avant qu’il aille plus loin. Avant qu’il ne fasse du pire souvenir de Lou un cadavre. L’excuse de la jeune fille? Personne ne méritait la mort. Per-sonne. Alors même s’il avait été odieux et cruel toute sa vie, y’avait pas de raison de décider de son sort. Le karma, un truc auquel Lou-Ann croyait dur comme fer, lui revenait toujours en tête et sans lui souhaiter du malheur, elle s’était déjà épuisée à le faire pendant des années, se chargeait de régler ses comptes en temps et lieu.

Mais encore aujourd’hui, après tout ce qu’elle avait vécu directement et indirectement à cause de lui, il l’attirait comme un aimant.

La rouquine inspira profondément, descendant sans même s’en rendre compte sa main droite sur la poignée de la porte face à elle. Elle ne l’avait pas revu depuis 3 ans. Elle n’avait pas été dans la même pièce que lui depuis toujours aurait-elle cru. Les paupières un peu humides d’avoir pleuré pour tout et n’importe quoi, maintenant elle se fichait complètement de la raison, elle ne faisait que verser des larmes genre toujours, la belle tourna la poignée et poussa la porte doucement, lui arrachant un léger bruit indiquant que l’engrenage se faisait vieux. Elle mit un pied devant elle, puis l’autre, entrant finalement complètement dans la pièce éclairée par la lumière provenant du couloir. La respiration de Parker agissait en trame de fond et la rouquine n’alla pas tout de suite à son chevet, profitant des dernières vappes d’alcool qui parcouraient ses veines pour s’emparer d’un stylo au fond de son sac à main et de s’avancer vers un mur couvert de photos qu’elle reconnaissait de lui, et de Del’. Qu’est-ce que ça fichait là? Pourquoi c’étaient pas des photos d’elle qu’on y voyait? Amusée, la rouquine commença à barbouiller des moustaches un peu partout, innovant sur chacun des visages qui s’offraient à elle. Einstein, Dali, Hitler, tous y passaient et elle ne s’était jamais autant amusée depuis longtemps. Le crayon entre les lèvres, elle s’éloigna pour bien évaluer son chef d’œuvre et les mines moustachues de tout le monde le firent éclater de rire de plus belle. Quelques secondes plus tard, la jeune file se mit la main aux lèvres, regardant par-dessus son épaule si Park’ dormait toujours, ce qui était le cas, et elle en profita pour refoutre sa main dans son sac et y prendre un joint qu’elle y avait laissé en gage de sécurité.

Fumer un joint sur son lieu de travail, un hôpital en l’occurrence, aurait dû apparaître comme la pire connerie au monde pour Lou, mais dans l’état où elle se trouvait elle s’en fichait. Ce fût donc la raison pour laquelle elle se rapprocha de la table de nuit située à côté du lit de Bernstein, à la recherche d’un briquet. Fouillant dans les tiroirs, reversant au passage un verre en carton rempli d’eau au sol, pouffant en silence devant ses gaffes, la rouquine mit enfin la main sur l’objet de son désir, et s’installa en indien sur une chaise à côté du lit, question d’allumer son joint et de relaxer un peu.

« Malgré les ecchymoses et tout, t’es encore sexy. Merde. » se confia-t-elle, avant de tirer une longue bouffée.

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MessageSujet: Re: PARKER&LOU - it's not hard to live like a ghost.    Sam 22 Sep - 15:36




it's not hard to live like a ghost.
Lou-Ann A. Abbott & Parker H. Bernstein


Une semaine. Une semaine que je me trouvais là - consciemment parlant. Sept jours s'étaient écoulés, à partir de celui où j'avais pu commencer à les compter. Je m'attendais à quelque chose, une célébration, un gâteau, une bougie à souffler, trois mexicains qui entonneraient des «Dale, Dale, Dale» à travers leur super moustache pendant que je m’acharnerais sur une piñata en forme de kinésithérapeute. N'importe quoi, au final, mais quelque chose. Pour souligner ce jour, marquer l'événement; mais, visiblement, j'étais le seul à considérer ça comme tel. J'étais allé de déception en déception, tout au long de la journée. Pas de célébration mais toujours le check-up habituel à 9 heures pile, pas de gâteau mais une nouvelle variante du potage à la "je-mixe-tout-ce-que-je-trouve-dans-le-garde-manger-et-je-donne-un-nom-poétique-au-résultat" du repas de midi, pas de bougie à souffler mais trois doses de médicaments infects à avaler. Pas de types à ponchos non plus, même si je n'avais pas été si loin du compte, à propos de la piñata ; sauf que c'est en personne que s'est présenté l'affreux kinésitortionnaire et non sous la forme d'une statue en papier mâché. Toutefois, tout n'avait pas été aussi morose et routinier au cours de la journée : une fois le pseudo-masseur - que j'avais du me résoudre, finalement, à ne pas frapper avec un bâton, les yeux bandés, même si au fond, je n'étais pas sûr que je préférais vraiment la version qui crache des bonbons à celle qui crache des dents - reparti, la chose chouinante et courbaturée qu'il avait fait moi n'avait pas eu la force de tendre le bras et de changer le canal de la télévision avec la télécommande posée sur la table de chevet. C'est à ce moment-là que la chose la plus palpitante et exceptionnelle du jour s'était produite : les yeux rivés sur l'écran et l'émission musicale dont j'étais tristement en train de me résoudre à m'en contenter, je m'étais distraitement demandé si le Stadivarius de ma mère prenait toujours la poussière au grenier ou si elle avait fini par s'y intéresser à nouveau. Le déclic ne s'était fait que quelques secondes plus tard, alors que je décidais finalement que l’hypothèse où elle l'aurait revendu pour payer son stock hivernal de rhum était la plus plausible ; les crissements du violon du soliste du concerto devant lequel j'étais piégé, en plus de m'agacer, m'avaient fait me souvenir de ma mère.

La chose la plus palpitante et exceptionnelle du jour... Question de point de vue. Évidemment, ça avait eu le mérite de m'occuper l'esprit pendant un bon moment, m'évitant, pendant quelques heures, de retomber dans l'ennui profond dont étaient bercées mes journées, bien qu'entrecoupées de temps en temps par la visite de parfaits inconnus et le divertissement que me procuraient leurs mines décomposées face à mon amnésie. De même, l'air content du médecin laissait à penser que je faisais des progrès considérables, les félicitations totalement hypocrites et surjouées des infirmières que je devais m'en réjouir. Mais moi, tout ce que j'en avais tiré, une fois l'effet de surprise passé, était le fait que je revoyais vaguement les traits creusés de cette femme à la chevelure brune et terne, chancelante sur sa chaise, peinant à serrer ses doigts sur un archet, les yeux mi-clos, humant ses propres effluves d'alcool, sur laquelle je ne parvenais pas à mettre un nom, sinon celui-ci de "maman". J'avais constaté, également, qu'aucune des quelques personnes qui s'étaient présentées à mon chevet ces derniers jours n'avaient été cette femme, tout comme que son visage n'apparaissait nulle part sur les saloperies de photos qui m'entouraient et que personne n'avait encore été en mesure de m'expliquer. Rien de plus. Pas d'effusion de joie, pas de cœur brisé. Pas d'émotion quelconque, même si je m'étais demandé pourquoi ma propre mère n'était pas encore au courant de ce qui m'était arrivé ou, du moins, pourquoi elle n'était pas là, à me veiller - j'avais éprouvé bien plus de déception en apprenant que le gâteau de "première semaine après un coma" n'existait pas. C'était juste un visage de plus à ranger dans un coin de ma tête, dans ce tiroir dont le fond avait été percé par celui ou ceux qui m'avaient laissé pour mort dans cette ruelle, il y a quelques semaines. Alors, la journée avait repris son cours et s'était terminée sur le même rythme routinier avait lequel elle avait commencé. Check-up à 17 heures, mixture de pommes de terre pour le souper, dose de médocs et extinction des feux à 22 heures, sachant pertinemment que je ne m'endormirais qu'après la première visite de l'infirmière de nuit à minuit et de la rencontre magique de sa seringue d'antidouleurs et de ma perfusion, puis, que je serais réveillé toutes les deux heures, histoire qu'on soit certain que je ne retente pas un plongeon dans le coma. Je m'étais fait à ce rythme, d'ailleurs, et me réveillais de moi-même quelques minutes avant le passage du personnel médical, prenant un plaisir non dissimulé de les faire flipper en braquant des yeux exorbités sur eux à l'instant même où ils posaient la main sur mon corps soi-disant endormi ou en allant me planter devant la porte, juste avant qu'ils ne l'ouvrent.

Sauf que cette fois-ci, ce n'est pas naturellement que j'ouvre les yeux, et surtout pas frais comme un gardon. C'est un bruit, une voix, je ne sais quoi, qui a fait disparaître la scène de dispute entre le mafioso et la licorne de mon esprit et me fait sortir de mon rêve pour me plonger dans un brouillard à couper au couteau dès que j'entrouvre les yeux. Un ange passe avant que je ne comprenne que cette impression de fumée n'est pas seulement due à mon état mal éveillé, d'abord à l'odeur, puis, à la sensation sèche qui vient frapper mon palais à l'inspiration suivante. J'ouvre les yeux davantage, me rend compte que j'observe un visage depuis quelques secondes. Mon premier réflexe est de me demander quelle heure il est plutôt que de qui il s'agit; c'est l'heure inhabituelle qui provoque cette deuxième interrogation. Je me redresse en position assise en prenant appui sur mon coude encore plus ou moins valide, passe une main rapide mais prudente sur mon visage encore marqué par les événements qui m'ont conduit ici, avant de reporter mon regard sur l'inconnue. Elle me fixe, figée. Je la fixe, interdit. Elle me fixe, l'air con. Je capitule, sourcils froncés, et mon regard endormi lorgne sur sa main et le joli bâton qui encense la pièce. Ça, je n'ai pas à creuser la tête pour me souvenir de quoi il s'agit, mais pour l'instant, je ne prends pas le temps de m'en étonner, reportant mon attention sur la jeune femme dont je distingue un peu mieux les traits, à peine éclairés par la faible luminosité. Jamais vue. Ou il s'agit d'une nouvelle infirmière, ou il s'agit d'une nouvelle personne que je vais frustrer en ne la reconnaissant pas, ou il s'agit de la satanique qui se promène de chambre en chambre pour aspirer l'âme des pauvres patients tels que moi. Incapable d'en juger ainsi, trop à l'ouest pour savoir comment réagir, trop intéressé par la fumée qui emplit gentiment la pièce, je préfère tenter une réplique, la voix cassé par mon sommeil avorté. « Si c’est ma nouvelle forme de médication, j’veux bien me donner la peine de la prendre directement plutôt que vous me l'administriez passivement. » J’ai quand même un vague doute quand je repense au cirque qu’on m’a mené lorsque je me suis fait gauler, planqué dans la cabine de douche, après deux taffes seulement sur la cigarette marchandée avec le taré de la chambre voisine contre deux sachets de sucre. D’un nouveau regard vers l’horloge digitale de la télévision éteinte, je me dis que, si ce n’est pas l’heure du passage des infirmières, ce n’est pas non plus du tout celle des visites. Mon champ d’options considérablement réduit, ma main se dirige vers le bouton vert de la petite télécommande suspendue au-dessus de mon lit, celui d’appel à l'aide. Je dévie sur celui avec l’ampoule jaune avoisinant et la lampe de la table de chevet s’allume, éclairant la pièce davantage que la lumière du couloir et celle de l’extérieur ne le font déjà. Je regarde l'inconnue, ne retiens pas un sourire en coin en constatant qu'elle est plutôt jolie, même si ça m'arrache encore inévitablement le reste de la tronche en tirant sur mes bleus, et je tends la main vers elle, affirmant ma réplique par le geste. Finalement, ce n’est pas une fille, aussi dérangée soit-elle, qui allait pouvoir me faire le moindre mal.
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MessageSujet: Re: PARKER&LOU - it's not hard to live like a ghost.    Lun 1 Oct - 21:51


People suck.

Lou-Ann le regardait du coin de l’œil, toujours, comme si ça en était devenu une habitude. Il ne fallait pas qu’il le remarque, mais au final elle s’en foutait. Elle l’avait dans la peau, profondément encré, et ça la faisait chier au possible d’avoir le souffle court, les jambes tremblantes et les yeux brillants lorsqu’elle sentit les yeux du comateux la détailler vite fait, suite au nom de Jonah. Mal à l’aise, elle émit un petit rire nerveux, se passant la main dans les cheveux, regardant les moustaches de Delilah et de Parker et se demandant s’il avait au moins un peu profiter de son séjour ailleurs avant de revenir en sol américain et de se faire foutre la raclée de sa vie. Le cœur sur la main la petite, elle aurait même pu lui demander s’il avait d’autres photos de leur voyage, probablement vu que photographe c’était son boulot, des paysages, des gens, de ce qu’il avait mangé, des filles qu’il s’était tapé même, elle savait qu’il avait trompé Del là-bas fallait pas être trop conne pour pas s’en douter. Tout, tout, pour changer de sujet, pour clore cette histoire, pour tourner la page, pour faire comme s’ils étaient de bons amis, comme s’ils n’avaient pas vraiment jamais rien fait d’autre que de s’autodétruire. C’était ce qu’ils savaient faire de mieux. Lui avec elle, avec ses mots durs, son rejet, ses jugements, sa condescendance, ses mensonges. Elle via Jonah, via ses hommes qui ont pris un malin plaisir à s’attaquer à ses os, à sa tronche, à tout ce qui pouvait se casser de façon aussi rapide et permanente que le cœur de la rouquine qu’il avait piétiné jadis sans la moindre excuses. Lou errait, dans la vie et dans la pièce, évitant Parker, lui-même restant silencieux, avant qu’un « De quoi tu parles ? » rauque la fasse sursauter.

Abbott soupira. Il allait pas lui demander de lui expliquer en détails la raison pour laquelle Jonah avait pété un câble? Elle-même en avait pas la moindre idée, aucune putain d’idée du motif qui l’avait rendu fou à la base. Il avait simplement ressenti le besoin de tout faire merder, parce que Lou-Ann ne s’attirait que des idiots dans sa vie, c’était bien connu, et que la chose la plus logique dans l’histoire c’est que Jonah ait eu envie de ne la garder que pour lui, en poussant de la map Parker et accessoirement Thayer. Du moins, il avait essayé. Il avait pas mal blessé Bernstein mais il tenait toujours, et Thay’ avait évité de justesse la balle avant que Jonah ne retourne son arme contre lui. Sa folie n’avait donc été qu’un gros traumatisme, et elle n’était pas la psy qui aurait pu arriver à tenter de rentrer dans sa tête. Alors que Parker lui demande de quoi elle parlait, c’était trop. C’était pas à elle de porter le blâme, elle ne savait absolument pas pourquoi son ami était devenu le maniaque psychotique qu’il avait incarné durant ses dernières semaines de vie. Alors pourquoi est-ce qu’elle sentait son estomac se serrer, le joint céder sous les bouffées qu’elle lui tirait agressivement? Pourquoi elle évitait le regard de l’autre malade? Elle avait honte, c’était ça en fait.

« C’est bon, tu me feras pas le coup de l’amnésique toi aussi? » blagua-t-elle, amère, tentant d’éviter de reparler de la bagarre. « Je parle du moment où Jonah et ses gars se sont amusés à jouer un remake de Saw avec ton p’tit corps. »

Elle avait lâché ça dans un soupir, comme si le simple fait de le dire à haute voix confirmait qu’elle s’était fait prendre au piège. Qu’elle était devenue une victime, mais surtout une alliée dans cette histoire. La tête qui voulait exploser, les effets de l’alcool et de la drogue qui se dissipaient malgré son besoin de s’y raccrocher, son visage qui se couvrait de sueur, le regard pesant de Parker qui restait de glace, comme toujours. C’était pas une soirée des plus sympas et idéalement, si elle pouvait se tirer de là vite fait bien fait elle irait broyer du noir dans le plus calme de sa chambre mal isolée sans aucun problème. Le silence pesant eut raison de la belle, et comme à son habitude, elle ne pouvait pas rester là, les bras ballants, sans qu’il n’y ait de contact, de conversations, d’interactions. Elle n’arrivait tout simplement jamais à se la fermer, elle le savait, on l’adorait ou on la détestait pour ça et c’est pas ce soir-là qu’elle allait perdre ce trait de caractère si distinctif. Toujours dos à Parker, elle en rajouta une couche avec un « J’imagine qu’ils devaient t’attendre à ta sortie de l’avion. Jonah savait qu’à part quelques potes, et moi jadis, t’avais personne qui t’attendait. Il a dû en profiter, m’enfin, avoir été lui c’est sur que de te savoir seul m’aurait motivé encore plus à te casser les os. » elle haussa les épaules, essayant de se l’expliquer à elle aussi. « Je sais pas plusieurs détails. Normal, il s’est éclaté la tête avant de m’en dire plus. » Lou s’arrêta dans son élan. Elle aurait voulu lui dire qu’elle ne savait pas comment Jonah avait pu savoir à quelle heure, ni sur quel vol Parker était. Elle voulait aussi lui dire qu’elle ne comprenait pas pourquoi ils s’étaient arrêté… elle en était bien soulagée, ça c’est vrai, mais elle ne comprenait pas. Pourquoi avoir fait l’effort de l’attendre à son arrivée pour lui casser la gueule, mais ensuite risquer qu’il dévoile tout à son réveil du coma? Oui, il était surveillé, oui s’il parlait il allait le savoir mais, mais…

Sans s’en rendre compte, Lou s’était mise à pleurer à chaudes larmes, et elle s’était ruée sur le lit de Parker. Tout ce qu’elle s’était promis, tout ce qu’elle s’était juré, elle était en train de tout faire de travers, de tout laisser sortir comme elle ne l’avait fait avec personne. Pourquoi sur lui? Pourquoi avait-elle fini par craquer sur la seule personne qui pourrait lui faire encore un peu plus mal? Elle savait pertinemment qu’il n’en avait rien à foutre de ses larmes, de ses soubresauts, de ses craintes. Il la ficherait en bas du lit dans la seconde si elle se collait contre lui encore un peu plus, si ses larmes venaient à lui tomber dessus, si elle en rajoutait une couche en s’excusant pitoyablement, mais elle ne savait pas quoi faire d’autre. Quoi faire d’autre que de s’apitoyer sur son sort. C’était ce que les dépressifs faisaient le plus souvent non?

« Je… je suis tellement désolée… je… je sais pas ce que j’aurais fait s’ils t’avaient tué... »

Oui, elle savait très bien ce qu’elle aurait fait. Elle aurait pleuré. Elle aurait pleuré sa vie, jusqu’à ce que ça aille mieux. Elle l’aimait, mais il n’était plus au statut d'être sa dépendance. Sauf à cet instant précis. Là tout de suite, il était la seule chose qui la raccrochait. À Jonah, à avant. À avant, lorsqu’elle était la copine loque humaine mais que son monde ne s’était pas encore tout à fait trop écroulé.

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Dernière édition par Lou-Ann A. Abbott le Dim 25 Nov - 20:23, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: PARKER&LOU - it's not hard to live like a ghost.    Sam 17 Nov - 0:55




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Lou-Ann A. Abbott & Parker H. Bernstein

Faut croire qu'il n'y a pas qu'elle de dérangée dans les quelques mètres carré de cette chambre morose, au final. C'est vrai, quoi, je ne devais être pas mauvais dans ce genre-là non plus. Qui est-ce qui demanderait calmement à tirer sur le stick qu'une parfaite inconnue vient d'allumer au milieu de la nuit au lieu de s'affoler et de crier au secours ? D'accord, elle n'est pas trop flippante, si on fait abstraction de la tronche d’outre-tombe qu'elle lève vers moi quand elle se rend compte que je ne suis plus une loque inanimée qu'une machine fait respirer pendant qu'elle s'enfonce dans les tréfonds de l'inconscience et de l'odeur acide qu'elle dégage et qui va bientôt finir par couvrir celle, omniprésente, du désinfectant hospitalier. Mais moi, je suis mal foutu. Carrément mal foutu, d'ailleurs, et même si je peux supposer sans trop de soucis que les muscles, dont j'ai oublié l'origine mais qui englobent la majeure partie de mon corps, m'aurait permis de n'en faire qu'une formalité si elle venait à se taper un trip assassin sanguinaire qui surprend les gens dans son sommeil il y a quelques semaines, la donne, là, n'est pas la même. J'ai toute la peine du monde à ne serait-ce que me redresser ou rester debout quand le besoin irrémédiable de conserver un tant soit peu de dignité me fait me diriger vers la salle de bains tout seul, alors j'ai un peu de mal à m'imaginer sauter hors de mon lit comme un ninja, l’assommer avec le plâtre qui englobe mon coude et lui clouer une clef de bras sur le dos si elle finit par sortir une seringue, un couteau, une pelle ou n'importe quel objet qu'elle trouverait opportun de me planter entre les deux poumons. L'hypothèse la plus probable, à l'heure actuelle, c'est que mon temps de réaction de vieille chaussette ne me permettrait que de me rendre compte de ce qui se passerait une fois que je baignerais dans mon propre bain de sang et qu'elle effacerait les preuves de sa présence, ou bien, pas moins crédible, je m'étalerais au sol comme une flaque en tentant de sortir du lit d'hôpital, en m'encoublant au passage dans les tuyaux et fils qui m'entourent et je m'étranglerais avant qu'elle n'ait eu le plaisir de le faire. Non, sérieusement, je n'étais pas en état de contrer une quelconque attaque de sa part, alors j'aurais mieux fait de presser sur ce foutu bouton vert et de me mettre à chialer et suffoquer sous le coup d'une crise d'angoisse en attendant que quelqu'un rapplique pour sauver ma peau de pauvre petite chose alitée et diminuée. Mais bon, faut croire que ce qui m'a foutu dans le coma a vachement abimé mon cortex et m'empêche de prendre les bonnes décisions, ou bien, alors j'étais déjà franchement con avant. C'est pas si mal pensé, si j'étais Prix Nobel de physique ou une autre tête d'ampoule du genre, je pense qu'il y aurait eu un peu plus de monde à mon chevet, genre, un garde du corps mastoque comme un frigo, deux ou trois journalistes assez bien fringués pour être de ceux qui passent aux nouvelles guindées du soir, un neurologue fasciné par mon cerveau, je ne sais pas qui. Au lieu de ça, j'ai eu droit à des regards un peu excédés d'infirmières pas vraiment parentes avec celles que j'ai pu rencontré sur papier glacé dans le magazine de culture générale de miches sympathiquement offert par ce type qui s'avère être mon cousin, une visite du dit cousin, et puis, cette espèce de sac-à-vin, qui me fixe toujours, avec son air de celle qui n'a pas inventé l'eau chaude non plus.

Non, je ne devais pas être une lumière dans mon genre, mais une troisième solution s'offre à moi malgré tout lorsque l'autre énergumène finit par faire les connections entre ses neurones et se jette presque sur moi pour venir glisser son précieux entre mes lèvres. Si je me suis vaguement braqué quand elle a amorcé son geste - son immobilité aurait pu me faire oublier sa présence, s'il n'y avait pas eu le visuel et surtout filet d'alcool qui embaumait de plus en plus la pièce -, je me relâche nettement dès que je sens la fumée traverser le filtre fait maison du joint venir effleurer ma langue. Troisième hypothèse, et j'ai comme l'impression que c'est la bonne, l'appel de l'herbe a été bien plus fort que n'importe quel instinct de survie et la sensation qui m'envahit presque immédiatement me dit que ça ne doit pas être la première fois. Je ferme limite les yeux d'aise ; disons plus rationnellement que je me contente de la lâcher finalement du regard, pour loucher un instant sur le roulé aromatique avant de lever un regard totalement absent vers le plafond, serrant les mâchoires et creusant les joues pour inspirer tandis que je me renfonce dans mon oreiller. Je dois avoir l'air du novice qui surjoue l'effet de la drogue, jamais aussi rapide, mais je sais très bien que ce n'est pas mon cas - je ne suis déjà plus certain de me souvenir de mon deuxième prénom, mais je mettrais ce qui reste de valide de ma main à moité plâtrée au feu que je devais pas mal carburer à ce genre d'origan magique. Mon autre main, elle, celle qui n'a que la perfusion qui la gêne dans ses mouvements, se lève déjà à hauteur de mon visage pour venir se saisir du joint, mais la rousse la devance et vient reprendre son bien presque jalousement. Elle rajoute encore une couche à son potentiel possible tueuse en série en exprimant un truc du genre qu'elle avait attendu ça depuis longtemps, mais je l'ignore, je n'ai même pas réagi plus que ça quand elle a réquisitionné le joint quelques secondes à peine après me l'avoir prêté. Un truc se passe dans ma tête, comme si ça s'agitait, comme quand on a un mot sur le bout de la langue et qu'on le cherche - je me demande si je vais retrouvé un nouveau souvenir et surtout s'il sera plus ou moins à chier que celui saloperie de musicienne de mère. Je me concentre à garder précieusement la fumée dans mes poumons, à ressentir chaque particule m'imprégner, limite à la sauce orgasme tantrique, je ne pense plus à rien sinon la sensation qui me parcoure et qui a visiblement une emprise folle sur moi. Je finis quand même par recracher la fumée, doucement, progressivement, comme un vrai crève cœur. Heureusement, quand je rouvre les yeux que j'ai fermés entre temps de jouissance, je retrouve aussitôt le joint dont la braise contraste avec le peu de luminosité. J'évalue la distance qui nous sépare, grimace en me penchant sans plus de cérémonie sur le bord du lit pour pouvoir mieux tendre le bras dans sa direction. Elle reprend la parole et, question de politesse, je lui accorde quelques secondes d'attention, en lorgnant d'abord sur ses miches puisque c'est tout ce que je peux voir d'elle en ce moment, puis en levant la tête en direction des photos qu'elle observe. « Elle est venue ? On s’était promis de le laisser se faire foutre maintenant. De le sortir de notre vie pour vrai. Et regardez-nous. » Ça ne devait être qu'un regard furtif et absolument désintéressé - je suis pourtant pris par surprise et je fige quelques instants mes yeux sur l'une des photos. Je fronce les sourcils, pas sûr de ce que je vois, puis les yeux, histoire de vérifier. Ouais, c'est bien une moustache que je vois apparaître sur mon visage imprimé et encadré au mur, mais c'est surtout celle de la blonde suspendue à mon cou qui m'interloque. Absolument certain qu'elle ne devrait pas en avoir, déjà parce que j'ai parcouru encore et encore les images depuis que je me suis réveillé, ensuite, parce que je l'ai vue, cette fille, pas plus tard que la veille, en vrai, en chair et en os, et même si elle a déguerpi aussi vite dès qu'elle m'a vu tourner la tête vers elle, je suis certain qu'elle n'avait rien de fétichiste du poil sur la lèvre.

Mes pensées partent de nouveau dans tous les sens, avec ça. Heureusement, le bouton Reset semble inné chez moi et je me désintéresse de tout ça comme si de rien n'était et refocalise mon regard sur le joint qu'elle tient toujours à bout de bras. Je tends le mien du mieux que je peux, m'arrache un geignement étouffé quand je sens la douleur cisailler tout mon flanc sous l'étirement ; mais j’obtiens gain de cause, réparations et tout ce qui s'en suit quand mes doigts atteignent l'objet de tous mes désirs. Je lui chipote le roulé, le porte aussitôt à ma bouche pour remplir à nouveau mes bronches de sa brume salvatrice. Le bâton coincé entre les lèvres, je me laisse retomber sur le matelas en ignorant totalement la rouquine et ses possibles protestations, bien que je prenne malgré tout la précaution de garder mes doigts au tour du petit tube de bonheur, au cas où lui viendrait l'idée de me le reprendre aussitôt. J'enchaîne deux bouffées rapprochées, me fiche autant d'elle que du sifflement du moniteur cardiaque qui relève que quelque chose cloche avec ma façon de respirer - je me laisse retomber dans le petit tourbillon qui envahit mon esprit en même temps que la fumée prend ses quartiers dans ma cage thoracique, annonce que je sais incontestable d'un souvenir qui s'apprête à refaire surface. Je me sens déjà un peu grisé par la drogue, le cocktail antidouleurs et herbe doit sûrement être plus efficace que les deux distinctement séparés. Je ferme les yeux, un léger sourire surélève le côté de mes lèvres qui n'a pas du être recousu et je repense à l'odeur de marijuana froide qui avait fini par pénétrer dans les murs du vieux vestiaire inutilisé des garçons de mon lycée, devenu l'endroit que j'ai le plus fréquenté tout au long de ma scolarité avec ma bande d'amis. Ce n'est qu'au bout du deuxième visage que je vois apparaître dans ma tête que je me rends compte de ce qui se passe, de ce qui se traduit du brouaha des pensées qui s'agitaient dans ma tête. Je n'ai cependant pas le temps de m'en réjouir, m'en intriguer, ne serait-ce que m'y intéresser réellement : la rouquine se manifeste à nouveau, et même si je ne l'écoute pas proprement dit, ses mots viennent me frapper plus vivement que je n'aurais pu l'imaginer. « Je savais pas que Jonah allait déraper à ce point. » Si la simple tournure de sa phrase m'interloque déjà, puisqu'elle semble plus au courant de ce qui m'est arrivé que n'importe qui d'autre jusqu'ici, ce n'est pas ça qui me fait me tendre subitement, alors que je rouvre les yeux et les tourne vers elle. Jonah. Ce nom ne devrait me faire ni chaud ni froid, comme tous ceux que j'ai eu le loisir d'entendre jusque là. Pourtant, je le connais, je le sais, je le sens, le souvenir minable de ma jeunesse disparaît en un claquement de doigts de mon esprit alors que je l'aurais retourné encore et encore, étudié scrupuleusement, minutieusement, si elle n'avait sortie qu'une autre connerie inintéressante ou une théorie de souillasse. Mais non, le souvenir s'efface et laisse mon esprit reprendre sa danse, ce tourbillon que je connais désormais bien.

Sauf que ce coup-ci, c'est plus un ouragan qu'une petite brise d’automne, et que, en prime, je sens mes tripes se serrer brutalement.

« De quoi tu parles ? » Je me suis redressé dans mon lit, une fois de plus, mais plus brusquement, comme si je me fichais bien d'avoir un peu plus mal encore si je ne faisais pas attention à chacun de mes mouvements. J'ai parlé, réagis trop vite - je me sens comme trahi par moi-même mais n'essaye pas de reprendre une quelconque contenance, il n'y a que la bouffée que je viens tirer sur le joint qui pourrait contrasté avec mon air électrifié, mais ce n'est en fait qu'un geste mécanique, peut-être bien aussi nerveux que la lueur qui anime mon regard tandis que je la dévisage. Car oui, c'est bien de la nervosité qui m'a envahi, dans une forme étrange toutefois, pas de celle qui accompagne le trac ou la timidité, mais plutôt celle qui va de pair avec l'énervement, la retenue, la haine, celle qui transforme pour de bon mes tripes en un bouillon d'acide et fait cogner brutalement mon cœur sous les électrodes. Le pire, dans tout ça, c'est que je ne sais même pas pourquoi je réagis de la sorte, ni même de quoi, de qui elle parle - mon subconscient doit être vachement mieux informé que moi mais refuse cette fois-ci de traduire le bordel qui se joue dans ma tête en un souvenir aussi simple et distinct que celui d'une violoniste bourrée ou d'une bande de crétins qui sèchent pratiquement tous les cours de leur programme.

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MessageSujet: Re: PARKER&LOU - it's not hard to live like a ghost.    Dim 25 Nov - 20:24


People suck.

Lou-Ann le regardait du coin de l’œil, toujours, comme si ça en était devenu une habitude. Il ne fallait pas qu’il le remarque, mais au final elle s’en foutait. Elle l’avait dans la peau, profondément encré, et ça la faisait chier au possible d’avoir le souffle court, les jambes tremblantes et les yeux brillants lorsqu’elle sentit les yeux du comateux la détailler vite fait, suite au nom de Jonah. Mal à l’aise, elle émit un petit rire nerveux, se passant la main dans les cheveux, regardant les moustaches de Delilah et de Parker et se demandant s’il avait au moins un peu profiter de son séjour ailleurs avant de revenir en sol américain et de se faire foutre la raclée de sa vie. Le cœur sur la main la petite, elle aurait même pu lui demander s’il avait d’autres photos de leur voyage, probablement vu que photographe c’était son boulot, des paysages, des gens, de ce qu’il avait mangé, des filles qu’il s’était tapé même, elle savait qu’il avait trompé Del là-bas fallait pas être trop conne pour pas s’en douter. Tout, tout, pour changer de sujet, pour clore cette histoire, pour tourner la page, pour faire comme s’ils étaient de bons amis, comme s’ils n’avaient pas vraiment jamais rien fait d’autre que de s’autodétruire. C’était ce qu’ils savaient faire de mieux. Lui avec elle, avec ses mots durs, son rejet, ses jugements, sa condescendance, ses mensonges. Elle via Jonah, via ses hommes qui ont pris un malin plaisir à s’attaquer à ses os, à sa tronche, à tout ce qui pouvait se casser de façon aussi rapide et permanente que le cœur de la rouquine qu’il avait piétiné jadis sans la moindre excuses. Lou errait, dans la vie et dans la pièce, évitant Parker, lui-même restant silencieux, avant qu’un « De quoi tu parles ? » rauque la fasse sursauter.

Abbott soupira. Il allait pas lui demander de lui expliquer en détails la raison pour laquelle Jonah avait pété un câble? Elle-même en avait pas la moindre idée, aucune putain d’idée du motif qui l’avait rendu fou à la base. Il avait simplement ressenti le besoin de tout faire merder, parce que Lou-Ann ne s’attirait que des idiots dans sa vie, c’était bien connu, et que la chose la plus logique dans l’histoire c’est que Jonah ait eu envie de ne la garder que pour lui, en poussant de la map Parker et accessoirement Thayer. Du moins, il avait essayé. Il avait pas mal blessé Bernstein mais il tenait toujours, et Thay’ avait évité de justesse la balle avant que Jonah ne retourne son arme contre lui. Sa folie n’avait donc été qu’un gros traumatisme, et elle n’était pas la psy qui aurait pu arriver à tenter de rentrer dans sa tête. Alors que Parker lui demande de quoi elle parlait, c’était trop. C’était pas à elle de porter le blâme, elle ne savait absolument pas pourquoi son ami était devenu le maniaque psychotique qu’il avait incarné durant ses dernières semaines de vie. Alors pourquoi est-ce qu’elle sentait son estomac se serrer, le joint céder sous les bouffées qu’elle lui tirait agressivement? Pourquoi elle évitait le regard de l’autre malade? Elle avait honte, c’était ça en fait.

« C’est bon, tu me feras pas le coup de l’amnésique toi aussi? » blagua-t-elle, amère, tentant d’éviter de reparler de la bagarre. « Je parle du moment où Jonah et ses gars se sont amusés à jouer un remake de Saw avec ton p’tit corps. »

Elle avait lâché ça dans un soupir, comme si le simple fait de le dire à haute voix confirmait qu’elle s’était fait prendre au piège. Qu’elle était devenue une victime, mais surtout une alliée dans cette histoire. La tête qui voulait exploser, les effets de l’alcool et de la drogue qui se dissipaient malgré son besoin de s’y raccrocher, son visage qui se couvrait de sueur, le regard pesant de Parker qui restait de glace, comme toujours. C’était pas une soirée des plus sympas et idéalement, si elle pouvait se tirer de là vite fait bien fait elle irait broyer du noir dans le plus calme de sa chambre mal isolée sans aucun problème. Le silence pesant eut raison de la belle, et comme à son habitude, elle ne pouvait pas rester là, les bras ballants, sans qu’il n’y ait de contact, de conversations, d’interactions. Elle n’arrivait tout simplement jamais à se la fermer, elle le savait, on l’adorait ou on la détestait pour ça et c’est pas ce soir-là qu’elle allait perdre ce trait de caractère si distinctif. Toujours dos à Parker, elle en rajouta une couche avec un « J’imagine qu’ils devaient t’attendre à ta sortie de l’avion. Jonah savait qu’à part quelques potes, et moi jadis, t’avais personne qui t’attendait. Il a dû en profiter, m’enfin, avoir été lui c’est sur que de te savoir seul m’aurait motivé encore plus à te casser les os. » elle haussa les épaules, essayant de se l’expliquer à elle aussi. « Je sais pas plusieurs détails. Normal, il s’est éclaté la tête avant de m’en dire plus. » Lou s’arrêta dans son élan. Elle aurait voulu lui dire qu’elle ne savait pas comment Jonah avait pu savoir à quelle heure, ni sur quel vol Parker était. Elle voulait aussi lui dire qu’elle ne comprenait pas pourquoi ils s’étaient arrêté… elle en était bien soulagée, ça c’est vrai, mais elle ne comprenait pas. Pourquoi avoir fait l’effort de l’attendre à son arrivée pour lui casser la gueule, mais ensuite risquer qu’il dévoile tout à son réveil du coma? Oui, il était surveillé, oui s’il parlait il allait le savoir mais, mais…

Sans s’en rendre compte, Lou s’était mise à pleurer à chaudes larmes, et elle s’était ruée sur le lit de Parker. Tout ce qu’elle s’était promis, tout ce qu’elle s’était juré, elle était en train de tout faire de travers, de tout laisser sortir comme elle ne l’avait fait avec personne. Pourquoi sur lui? Pourquoi avait-elle fini par craquer sur la seule personne qui pourrait lui faire encore un peu plus mal? Elle savait pertinemment qu’il n’en avait rien à foutre de ses larmes, de ses soubresauts, de ses craintes. Il la ficherait en bas du lit dans la seconde si elle se collait contre lui encore un peu plus, si ses larmes venaient à lui tomber dessus, si elle en rajoutait une couche en s’excusant pitoyablement, mais elle ne savait pas quoi faire d’autre. Quoi faire d’autre que de s’apitoyer sur son sort. C’était ce que les dépressifs faisaient le plus souvent non?

« Je… je suis tellement désolée… je… je sais pas ce que j’aurais fait s’ils t’avaient tué... »

Oui, elle savait très bien ce qu’elle aurait fait. Elle aurait pleuré. Elle aurait pleuré sa vie, jusqu’à ce que ça aille mieux. Elle l’aimait, mais il n’était plus au statut d'être sa dépendance. Sauf à cet instant précis. Là tout de suite, il était la seule chose qui la raccrochait. À Jonah, à avant. À avant, lorsqu’elle était la copine loque humaine mais que son monde ne s’était pas encore tout à fait trop écroulé.

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MessageSujet: Re: PARKER&LOU - it's not hard to live like a ghost.    Mar 15 Jan - 3:59




it's not hard to live like a ghost.
Lou-Ann A. Abbott & Parker H. Bernstein

Jonah, Jonah, Jonah. Réfléchis, crétin, tu sais qui c'est, tu connais ce nom. Mon moi intérieur est sur le point de se mettre une droite à lui-même tandis que je laisse résonner les syllabes du prénom dans ma tête, encore et encore. J'essaye d'y mettre plusieurs tons, le murmure inquiet, la force surprise, je passe même par la langueur amoureuse avant de me fixer sur le dédain. Ouais, le dédain, pur et dur, c'est ça qui sonne le mieux, un dégoût qui s'accorde à la perfection avec mon rythme cardiaque qui gagne en cadence et la tension qui s'éprend de mes muscles qui ne demandent pourtant qu'à se reposer. J'ai besoin d'être au calme, de dormir, de m'enfiler des yoghourts bons pour ma mâchoire explosée, de m'emmerder tout seul et de devenir un vrai fan des vieilles sitcoms qui passent en boucle à la télévision. Je devrais choper des crampes en rigolant devant Will Smith qui rappe en mode gangster des beaux quartiers plutôt qu'en cherchant à mettre un visage, une histoire sur cette connerie de prénom qui tourne comme une tornade dans ma tête bien trop vide. Mes doigts s'accrochent au drap du lit sans que je m'en rende vraiment compte, il y a juste le léger tiraillement sur mes muscles que ça inclue pour me le faire remarquer, mais je m'en fous, je l'ignore, je ne le remarque même plus à force de supporter ce genre de douleur, pas vraiment puissante mais tenace, depuis que je suis sorti de ce coma inexpliqué. Inexpliqué... J'ai l'impression que ce ne sera plus le cas pour très longtemps, alors que je balaie la pièce frénétiquement du regard, détournant au ralenti ma tête de la rousse, même pas parce que je cherche à y trouver quelque chose, mais juste parce que je réfléchis. Un peu trop, d'ailleurs, parce que ma tête commence sérieusement à me donner l'impression d'être prise dans un étau qu'on serre toujours plus et que ma vision se ramondrit de nouveau, même si je n'y voyais déjà pas grand chose dans l'obscurité. Sûrement que les médicaments et les profondes réflexions ne font pas bon ménage, ou alors, que je n'étais pas du genre à user beaucoup de mon cerveau avant même d’atterrir ici. Pas impossible du tout, j'crois bien.

Elle parle d'un avion et je repose mon regard sur elle. Ça ne coïncide pas avec ce que m'ont dit les flics, mais je ne peux pas m'empêcher de prendre l'info et de la retourner dans tous les sens, comme si je me sentais presque plus réceptif au discours d'une tarée qui s'est baignée dans la tequila avant de se ramener ici en pleine nuit que de celui de types en uniformes qui me jaugent d'un regard pas aussi apitoyé qu'il devrait l'être. Je me fous de la suite, j'ai pas besoin de l'entendre dire que personne ne m'attendait pour savoir que je ne dois pas être du genre super entouré et aimé par toute une foule, il n'y a qu'à voir le nombre de visiteurs qui sont venus m'emmerder avec une tête bienveillante que je ne remets pas en place. Je me focalise sur l'avion. Un aéroport. Je cherche, je cherche mais je ne trouve rien. À en juger par ces stupides photos qui tapissent le mur et la tronche des gens qui s'y trouvent, en dehors de l'autre blondasse et moi, c'est vachement probable que j'aie passé pas mal de temps à l'étranger. Je me fais des films dans la tête, je monte un scénario vite fait, j'esquisse une storyboard où je me vois sortir d'un zinc, descendre les marches comme une Duchesse de Cornouailles et me faire cueillir en bas par une bande de gaillards qui, pour le moment, ont des visages de Fonzi, Mister T et Prince de Bel Air. Mais j'ai beau faire, je vois rien. J'attends le flashback, l'éclair de la connaissance absolue, mais tout ce que je ressens c'est un goût de bitume assaisonné à la mare de sang qui s'écoule de moi-même. Ça m'agace d'abord, avant qu'une étincelle dans ma tête en morceau me fasse remarquer que ça, c'est nouveau. Pas trop explicite, mais nouveau. Je ne suis pas sûr que ça ait la quelconque valeur, peut-être bien que ce n'est que le fruit de mon imagination ou je ne sais quoi, influencé par les mots qu'on me répète et les détails comme quoi je me suis fait mettre en pièce, mais j'y accorde quand même de l'intérêt. Au point où j'en suis, je préfère creuser cette piste que de continuer à faire mon poisson rouge léthargique. La sensation prend de l'ampleur, le goût du fer couvre celui qu'a laissé le peu que j'ai fumé du joint d'avant sur mes lèvres, j'ai l'impression que l'obscurité qui m'entoure n'est pas celle de la chambre mais celle d'un ailleurs, je ne sais où, mais qui me semble cruellement réelle. Moins paisible, moins noire, comme si j'étais en plein air, proie aux lumières des étoiles et de la ville et pas protégé entre quatre murs couverts de stores et compagnie. L'image se dissipe pourtant bien vite : la rousse vient brouiller ma vision en s'étalant lamentablement sur mon lit. Si je ne réagis visiblement pas autrement qu'en reposant un regard hagard sur elle alors qu'elle enfonce sa tête dans mon oreiller pour sangloter, mon moi intérieur est un peu plus réactif et sa dernière réplique me traverse enfin l'esprit, quelques secondes après que je l'aie entendue. Un sourire fend machinalement mes lèvres. Il s'est éclaté la tête. À en juger par le tragique trémolo de sa voix, c'est à prendre au propre et c'est plus fort que moi, je me retrouve à sourire, mauvais, malveillant et presque soulagé. Ce dernier point s'accorde à la sensation que j'ai, celle de mon cœur qui perd soudainement la moitié de son poids et libère de l'espace dans mon thorax étouffé de toute part. C'est comme si j'étais flippé jusque là, mais que je ne le savais même pas. J'imagine Jonah, peu importe la tête qu'il se traîne et peu importe qui il est précisément, sa cervelle étalée sur trois mètres quinze et je me sens presque l'envie d'éclater de rire. Sauf que je le fais pas, coupé dans mes pensées par un sanglot dégueulasse à trois doigts de mon oreille. Je reviens là, dans la chambre, dans ce lit et dans mon corps, qui somme toute s'est quand même détendu sans que je le remarque. D'ailleurs, mes doigts ont laissé filé les draps que je serrais d'énervement et ma main est retombé un peu sur le côté, frôlant le bras de l'autre loque qui vide son canal lacrymal sur moi. Un ange passe et je sors un lance-roquette pour l'exploser en plein vol. « Bordel, mais casse-toi de là ! » Ma voix se fait aussi douce que la façon que j'adopte pour repousser la fille, qui gicle du lit et va s'écraser sur le sol, faisant tomber avec elle le plateau et tout le merdier médical qu'il contenait qui était posé sur la petite table qu'elle a heurté dans sa chute. Le vacarme que ça produit m'énerve encore plus que je ne l'ai soudainement été, je donnerais d'ailleurs ma main à couper que ça va faire rappliquer une infirmière... « Scheißdreck ! » Et si ça, ça ne le fait pas, sûrement que le fait que j'arrache rageur les électrodes qui commencent à me pomper l'air sérieux avec le tintement de nouveau strident du cardioscope auxquels ils sont reliés va avoir un peu plus d'effet sur l'équipe de nuit. Je m'en fous, autant que je me fous du mal de chien qui m'assaille lorsque je m'appuie sur mon bras cassé et mes côtes fêlées pour me pencher sur le côté du lit, pour reprendre l'autre psychopathe en ligne de mire. « T'es désolée ? T'y es pour quelque chose, alors ?! » Je finis par me débarrasser du dernier autocollant collé à mon torse qui m'emmerde et je me redresse, me retrouvant assis sur le bord du lit, plus vite que je n'aurais pu ne serait-ce que l'imaginer rien qu'une poignée de secondes plus tôt. Je dois quand même planter mes doigts dans le matelas pour garder mon équilibre, malgré tout royalement chamboulé, même si l'adrénaline me le cache bien. « Putain, relève-toi, Lou-Ann ! » Je fusille du regard l'autre qui ne s'est toujours pas redressée et qui ne répond pas assez vite à mon goût, sans me rendre compte, dans la foulée, qu'une grande partie d'une énigme vient de se dénouer dans un coin de ma tête. Lou-Ann.
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MessageSujet: Re: PARKER&LOU - it's not hard to live like a ghost.    Mar 12 Fév - 4:39


People suck.

Le choc fut franc. Par chance, la tequila coulait encore dans les veines de Lou-Ann, qui amortit l’impact avec ses jambes molles, son dos las, ses épaules relâchées. Elle avait prit de la graine, elle amortissait tout maintenant. C’était bien le mot. Aucune descente aux enfers n’était plus importante qu’une autre, aucune façon de chuter, de toucher le fond ne se ressemblait mais pourtant toutes s’égalaient. Elle avait mal, mais était engourdie. Elle ravalait ses larmes, mais se noyait de l’intérieur. Elle était comme un gros paradoxe, en manque d’alcool, en manque de nicotine même si elle ne fumait pas, en manque de pétard, même si elle l’avait refilé à son ex, l’autre malade violent. Comme si elle avait pu croire qu’un coma et qu’avoir frôlé la mort aurait fait de Parker un être civilisé. Nah. Pourquoi serait-elle venue le voir, si elle savait pertinemment qu’il allait la consoler, qu’il allait jouer au gros toutou? Très peu pour elle, y’avait déjà Deklan qui lui posait trop de questions, c’était suffisant. Sonnée, elle se toucha la tête, le derrière du crâne, pour avoir entrainé avec elle des conneries de matériel médical, pour avoir fait un vacarme d’enfer, pour avoir éclaté sa bouteille de vodka de sureté dans l’élan. Puis, c’est le regard noir qui suit, Parker l’accuse d’y être pour quelque chose, mais merde OUI, elle y est pour quelque chose. Il ne joue plus, il n’a jamais vraiment joué au final.

« Putain, relève-toi, Lou-Ann ! »

« Comment est-ce que tu fais pour être aussi sans-cœur?! Honnêtement? » la rouquine était hors d’elle. Il avait toujours été un salaud fini, le pire petit ami à avoir. Il la traitait de tous les noms, la trompait, lui mentait en pleine gueule. Il était la pire chose qui lui soit arrivée, rien qu’à voir toutes les séquelles qu’il avait laissées, rien qu’à voir la dépendance qu’elle avait d’aller le voir, aussi mal en point qu’elle soit, aussi mal en point qu’il soit. Il était sa drogue, son port d’attache, la seule chose qui lui rappelait Jonah. La seule chose qui lui rappelait avant. Mais pourquoi voulait-elle s’en rappeler, tout d’un coup? Pourquoi agissait-elle encore comme une loque à ramper à ses pieds, littéralement, alors qu’elle était censée être guérie, soignée, repue, de lui? Des souvenirs flous, l’envie d’hurler, de tout éclater sur son passage, de lui arracher le visage, de s’arracher les veines, et de pleurer, encore et toujours, lui tenaillait les entrailles. Mais c’était Lou-Ann Abbott, la petite pile électrique, la gamine qui rigole, qui drague, qui fait la fête, qui charme, qui ne s’attache pas, qui butine. Elle s’était perdue entre un suicide et un internat psychiatrique, entre un âme sœur psychotique et un grand frère malade. Parker la regardait toujours, malveillant, elle était au sol et bien là pour rester. Il avait mentionné un truc, il semblait distrait, il voulait savoir ce qu’elle avait en lien avec l’histoire? Tout, tout et n’importe quoi.

« Jonah t’as démoli parce que t’es un salaud. Ça ne devrait pas t’étonner, vu l’âge que tu as. T’es habitué à un tel traitement, non? » répondit-elle, sur le même ton qu’il avait utilisé pour la chasser du lit, dans un énième moment de faiblesse qu’elle avait eu, avec lui, quand il ne le fallait pas. Un air de défi plus tard, et Abbott attrapait son sac à bout de bras, toujours les fesses plaquées au sol. Elle allait se relever pourquoi au juste? Elle se sentait beaucoup plus comme une merde à sentir Bernstein qui la détaillait de long en large, de haut. Elle était venue pour ça au final. Pour une bonne dose de réalité. Cruelle réalité dictée par la bouche de l’autrichien. «Ben quoi? » elle lui fit le coup de la tronche de gamine outrée, à la recherche d'un joint dans toutes les poches de son sac à main. « J’ai rien d’autre à ajouter, j’y étais pas. » L’instinct d’interne fut pourtant plus puissant que toute la rancune et la haine que la jeune fille avait pour l’instant, et de voir un patient, sortant du coma avec des troubles de mémoire, se défaire de ses fils et venir tout bousiller, c’était limite insupportable. La gamine en elle eu beau lutter, Lou-Ann se relevait d’un bond, s’élançant vers ce qui restait de Parker pour régler la gaffe qu’il venait de faire. « Si tes signes vitaux disparaissent des écrans, les infirmières vont le savoir tout de suite et débarquer ici. Ça, et tu risque de faire une chute de pression qui te ramènerait directement à la case départ. C’est pas ce que tu veux, si? » la voix douce, les gestes précis, Lou fit ni d’une ni de deux et s’apprêta à reconnecter Parker aux fils, à lui faire au moins le cadeau de rester sous surveillance le temps que son corps arrête de risquer la mort. Évitant son regard, évitant de remarquer qu’elle tremblait aussi, Abbott fit de son mieux le plus vite possible, retournant à son canapé, s’installant, ramenant ses jambes sous son menton. Toute recroquevillée, dans la pénombre, elle ferma les yeux. Souffla. Ça va aller.

« Sérieusement, tu ne te souviens de rien? » insista-t-elle, fronçant les sourcils, levant lentement la tête sans vraiment croiser son regard. « C’est dingue, l’amnésie est vraiment à la mode. »

Silence, de sa part en tout cas. Comme s’il y avait quelque chose à ajouter. En fait, si. C’était évident, et à la fois c’était chiant à réaliser. Lou respirait calmement, toujours en p’tite boule sur le canapé, les yeux ailleurs. Elle savait ce qu’elle foutait là. Elle savait pertinemment la raison pour laquelle elle avait abandonné ses amis au bar quelques heures plus tôt. Pourquoi elle était venue ici, pourquoi elle avait passé la porte, pourquoi elle l’endurait depuis trop longtemps déjà.

« Je veux que tu me montres à être comme toi. J’ai besoin d’être comme toi Parker. Il faut que j’arrive à voir la réalité en face, à arrêter de chagriner comme un bébé, à ne plus faire la conne. Je veux être sans-cœur. Comme toi. » elle était sérieuse, franche, calme. Implorante, surtout.

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PARKER&LOU - it's not hard to live like a ghost.

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