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 CODY&PARKER ✖ Bloody hell - and i couldn't have said it better

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MessageSujet: CODY&PARKER ✖ Bloody hell - and i couldn't have said it better   Sam 3 Nov - 0:09



Bloody hell — and I couldn't have said it better

Cody A. Hendricks & Parker H. Bernstein

« Chasey. Ou Sunrise... Non, Sunny. » Les Dodgers affrontent peut-être les Giants ce soir-là, entre deux brailleries des types qui se pressent devant la petite télévision accrochée au-dessus du bar, j'entends distinctement Jason lâcher un soupir. Pas le genre de soufflet haineux et à bout de nerfs qui vous déplumerait une dinde, non. Juste la petite brise du type qui commence à en avoir marre, mais qui est trop gentil pour le dire. Ce n'est pas forcément une bonne chose, parce que c'est exactement ce genre d'attitude-là qui m'énerve le plus, en fait. Limite, quelqu'un qui montre clairement que je l'exaspère a une meilleure assurance-vie que celui qui la joue patient et poli. Les deux se feront déglinguer à la fin, faut pas croire, mais le premier aura la chance de garder sa dentition intacte ou, du moins, ses dents se détacheront plus gentillement de son maxillaire. Dans un geste sympathique, quoi. Je le râperai juste par question de principe, mais au fond, ça sera aussi ma manière de lui dire que je l'aime bien, parce qu'il exprime clairement ce qu'il pense, même s'il n'a pas le droit de penser ce genre de truc à propos de moi. Tandis que l'autre, le politiquement correct, il finira émietté parce qu'il l'a bien cherché, avec ses manières de bon garçon qui a appris à contrôler ses émotions pour ne pas blesser les autres, son éducation qui aura vite fait de m'agacer et qu'il va finir par devoir se carrer fissa là où je pense. Enfin, bon, là, mes théories ne servent à rien. C'est Jay. Ce n'est pas le même seuil de tolérance. Y a même pas de seuil, en fait. Il peut soupirer comme il veut, je garderai un calme olympien. Il peut même se mettre à rouler des yeux et à agiter sa tignasse de Princesse Raiponce de gauche à droite, je ne bougerai pas le petit doigt sauf si c'est pour lui demander de remplir le verre qui ne trône jamais très longtemps devant moi. Je baisse mes yeux sur celui-ci, d'ailleurs, après les avoir détachés de l'écran de télévision et furtivement posés sur mon cousin. Je me demande ce qui l'agace le plus, que je lui parle de cette fille, que je ne me souvienne pas de son prénom ou bien que les seuls qui me viennent à l'esprit sont portées par des actrices du studio Vivid. Comme c'est lui qui m'a demandé avec qui je causais en revenant des toilettes derrière cette rouquine qui devait s'éclipser trop vite, je doute que la première hypothèse soit la bonne. Et puis, comme c'est mon cousin et qu'il me connait un tant soit peu, la deuxième est aussi à rayer. Faut dire que retenir les choses aussi futiles que des prénoms, ce n'est pas mon fort et ça ne l'a jamais été. « Ouais, enfin, on s'en fout. J'dois passer la prendre demain. Elle est actrice. » Pendant que je détache les syllabes de sa profession avec cynisme - elles sont toutes actrices, en débarquant ici -, je songe à la dernière option. Ouais, c'est plausible. Surtout que ces temps, il doit les voir apparaître souvent sur son écran, les noms des actrices de Vivid, ce pauvre gars. Il fait honneur à sa cascade de boucles d'ange en fuyant du regard la moindre paire de seins qui a le malheur d'aller tenter sa chance juste sous son nez en live. Je vide mon verre et lève la tête vers lui, presque pris de compassion. « En tout cas, elle est bonne. Carrément bonne, même. Tu sais, du genre à ne traîner qu'avec des copines de la même trempe qu'elle. Si tu veux, j'peux prospecter pour toi demain et je... » Bam, mon verre est à nouveau plein et le fond de la bouteille est passé suffisamment près de l'arcade de mon nez pour que je comprenne que je devais la fermer. Je pince les lèvres dans un petit sourire, hoche légèrement de la tête tandis qu'il retourne astiquer ses pintes de bière déjà propres. Ouais, il a du passer pro dans la catégorie astiquage en tout genre, depuis que sa blonde et lui ne s'adressent plus trop la parole. C'est con. Il est con. Quoique, peut-être que ça vaut la peine, parce que c'est vrai qu'Ashleigh aussi est carrément bonne dans son genre. Et je suis bien placé pour le savoir, mais sur ça, vaut mieux que je la ferme. Je reporte mon verre à mes lèvres et mon regard sur l'écran de télévision.

C'est le lendemain et ce n'est pas parce que mon cousin a décidé de recouvrer son pucelage que je vais renoncer à la partie de jambes en l'air dont j'ai eu droit à un avant-goût la veille avec la rouquine. Quinze heures, je me pointe devant la vieille usine que je sais réaménagée en studio pour y avoir été convié une ou deux fois pour prendre des photos. Je n'ai pas à batailler longtemps à l'entrée d'ailleurs, mais ça, je ne sais pas vraiment si c'est dû à ma renommée ou à celle de nympho de l'autre. Peu importe, je m'engouffre dans ce concentré de glauquerie qui me fait me sentir vachement à l'aise, ce qui n'est pas aussi surprenant qu'il le faudrait probablement. Je m'adresse à l'assistante dont le vigile m'a donné le nom, écume trois couloirs, deux studios et j'en ai déjà ras les miches. Pas de chance, la fille que je cherche est trop douée avec sa langue et moi trop faible pour que je puisse me résoudre à repartir, même si ce n'est pas l'envie qui manque. Je pianote quelques mots sur mon portable à son attention, évite soigneusement de lui dire que je me suis paumé dans ce foutu taudis et reçoit sa réponse qui me dit d'attendre une dizaine de minutes encore. Soumis - ou trop sur les crocs, chacun son avis sur la question -, je fourre l'engin dans la poche de mon blouson et mes mains dans mes poches, alors que je reprends mon vagabondage, forcé -décidé- à prendre mon mal en patience.

C'est le crépitement d'un flash qui m'a fait me diriger dans ce coin de ce studio là, mais j'ai perdu toute once d'intérêt pour le photographe quand j'ai vu le modèle. Faut dire qu'entre un maigrichon grisonnant qui n'est là que pour faire deux ou trois misérables clichés entre deux prises de vue sur un tournage et la brune qui balance son peignoir sur la tronche d'un assistant pour grimper dans une baignoire sans plus de complexe, le choix est vite fait. D'autant plus que la plastique de la jeune femme n'est pas des plus crades - je laisse choir mon regard sur celle-ci avec autant de nonchalance qu'elle en fait preuve pour s'enfoncer dans l'eau et se cacher un tant soit peu des regards des quelques membres déjà sur les lieux de la scène. Enfin, l'eau. Ça suivait une certaine logique, mais en fait, je ne suis pas dans le lieu le plus rempli de logique du monde, et je le constate en voyant la trainée de rouge qui déborde et dévale la paroi de la baignoire lorsque l'autre fini par s'y enfoncer. Je ravale mon sourire libidineux, d'un coup. Pas que je sois pris de nausées, même si j'avoue que c'est quand même vachement crade et différent du fantasme qui était déjà en train de se ficeler dans ma tête. C'est juste... Inattendu, disons. « Oh, machin l'assistant, bouge-toi ! Elle va pas s'installer toute seule ! » Je devrais ne pas apprécier du tout que le type qui m'arrache de mes pensées en me bousculant en passant à côté de moi et qui, visiblement, me confond avec l'autre boulet qui se débat encore avec la robe de chambre de l'autre côté de la pièce s'adresse à moi sur ce ton, mais j'ai vite fait de me raviser et de défroncer mes sourcils en voyant la fille lever la tête vers nous et poser son regard sur moi. Oubliée la rouquine, l'enfoiré qui doit être le réalisateur et m'a pris pour son larbin vient de me donner le sésame pour m'approcher de la belle et du truc dans lequel elle baigne et qui me tourne quand même un peu les tripes. Tant pis - je visse un sourire sur mes lèvres et m'approche de la baignoire malgré tout. « Hé, wardrobe malfunction. Tu permets que j'arrange ça ? » Mon regard glisse sur sa silhouette dénudée qu'on devine à travers le liquide cramoisi. D'accord, c'est pas fameux, mais je n'ai pas encore eu le temps de percuter convenablement, et puis si elle est assez conne pour penser que se ficher dans un truc aussi glauque va lui faire gagner un Oscar, elle le sera assez pour glousser bien sagement.
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MessageSujet: Re: CODY&PARKER ✖ Bloody hell - and i couldn't have said it better   Sam 3 Nov - 4:25

Bloody hell
Parker & Cody

— and I couldn't have said it better



10 minutes. 10 minutes qu’il tournait en rond, qu’il s’arrachait les cheveux, qu’il respirait comme une femme enceinte au bord de l’accouchement forcé. 10 longues minutes qu’il se remettait en question, qu’il pesait le pour et le contre, qu’il abandonnait, qu’il reprenait les rennes, qu’il défaisait son scénario pour en un pondre un nouveau. Et ça n’arrêtait plus. Aux oreilles de Cody, les piaillements de Jekyll sonnaient comme des crécelles, comme une craie qu’on passait sur un tableau encore et toujours, en insistant pour la faire grincer jusqu’à ce que les yeux vous sortent de la tête. Elle se demandait même comment elle avait fait jusqu’ici pour ne pas lui planter son eyeliner direct dans l’aorte, un coup sec et vif qui l’aurait éliminé vite fait du paysage le temps qu’elle finisse d’appliquer une touche de son mascara illuminateur. Le voir se balader de long en large dans les toilettes lui donnait le tournis et malgré le fait qu’elle tentait de garder son calme pour ne pas faire de trait de trop, ça devrait finir par cesser autrement elle risquait de péter une crise encore plus intense que celle que son réalisateur pathétique vivait à l’instant. Inspirant calmement, la brunette en profita pour ranger son maquillage dans sa trousse, tournant sur elle-même, croisant ses bras sur sa poitrine et posant son regard terriblement trop maquillé sur l’autre hyperactif qui s’immobilisa à son tour.

« T’es con, tu le sais ça? Un grand idiot de première qui a pas du tout choisi son moment pour flipper sur un truc qui est écrit et financé depuis des mois. Alors tu te calmes et t’assures. » au passage, elle lui fit le sourire de la fille chiante qui s’en lavait les mains. « Puis j’suis pas ta mère, tu devrais savoir tout ça par cœur. Maintenant, dégage. »

C’était pas à elle de lui dire ça. Si on regardait la position du mec vis-à-vis de la sienne, c’était même irrespectueux qu’elle lui parle sur ce ton. Et ça avait l’air de la gêner? Jekyll était l'un de ses personnages qu’on n’arrivait pas à blairer selon Cody. Un créatif, un artiste qui voyait la beauté et la laideur dans tout. Elle, elle arrivait à exprimer pas mal n’importe quelle émotion sur caméra et se retrouvait à s’introvertir sur son processus de création le vendredi soir lorsqu’elle et Jo’ se claquaient un trip d’acide en imaginant leur prochain film. Et c’était tout. Le reste du temps, elle n’avait que deux expressions : l’emmerdement et l’exaspération. Mais lui, il vivait à fleur de peau à tous les moments, en tout temps. C’était comme se frotter à une lampe allogène de sentiments qui brillait toujours un peu plus fort sans jamais vraiment s’éteindre. Pour certains, et certaines allez savoir il était gay donc il devait s’en contre-ficher, c’était le summum, le truc le plus excitant qui soit. « Woah, le mec est si près de ce qu’il ressent, on croira voir son cœur battre dans ses prunelles. » Ça devait être épuisant, à la longue, de vivre par procuration à ce point. D’être un coeur d'artichaud, de tout gober, de tout prendre et de ne rien laisser s'échapper. Une grosse éponge qui devenait lourde à supporter à la fin d’une journée de tournage particulièrement éprouvante.

Cody le planta dans la salle de bain pour retourner rejoindre ses copines actrices qui s’affairent à jouer dans les costumes et à se tresser les cheveux. The Factory était un gros immeuble, une usine désaffectée à l’autre bout de Venice qui avait maintenant pour vocation d’abriter des artistes maudits, de ceux qui avaient envie de faire quelque chose d’autre et de plus profond que ce qui se tournait à L.A. Hendricks aimait bien l’endroit, c’était le seul plateau qu’elle avait connu à vrai dire, et malgré le fait que tout ça ressemblait étrangement à une secte ou à une commune, tout dépendant l’heure à laquelle vous passiez dans le coin, elle s’y plaisait comme un poisson dans l’eau. Amber s’approcha langoureusement d’elle pour lui passer un joli bracelet tressé autour du poignet et la brunette répondit à l’offrande en jetant un coup d’œil vers Jekyll qui venait de rejoindre les caméramans.

« J’pourrais parier 1000$ que j’arriverais à le faire s’effondrer avant la fin du tournage. » elle soupira, déçue. « Mais il est tellement à cran que ça serait trop facile. J’ai besoin de défi, moi. »

Amber rigola et lui fit un clin d’œil, avant de se dégager pour retourner papoter avec les autres filles, laissant la brunette seule. Cody bailla, la nuit dernière l’ayant totalement épuisée, puis récupéra son portable pour envoyer par texto une vidéo de Jekyll qui hyperventilait et qui finissait par respirer dans un sac de papier à Jo. Sa copine prendrait sûrement la défense du pauvre type et Cody finirait par s’emporter et par le traiter de tous les noms pour montrer à sa rousse amie qu’il ne valait pas la peine qu’on le protège, mais pour ça Hendricks devrait attendre la fin de sa scène puisqu’on l’appelait à l’instant au premier plan. S’avançant avec assurance, l’anglaise en profita pour retirer au passage le peignoir qui couvrait son corps nu depuis un moment déjà et se dévoila à tous ceux qui étaient présents sur le plateau. Si la majorité d’entre eux l’avait déjà vu nue à plusieurs reprises et dans plusieurs contextes, c’était la première fois qu’elle s’apprêtait à faire ce qui allait se passer, et son esprit morbide en redemandait toujours plus, anticipant le rush d’adrénaline qu’elle aurait lorsqu’elle se glisserait dans le bain blanc immaculé qui trônait sous les projecteurs et les caméras. Arrivée à la hauteur de Jekyll, Cody lui envoya effrontément un baiser du bout des lèvres avant d’entrer lentement mais sûrement dans le faux sang remplissant la baignoire. Silence sur le plateau.

« Oh, machin l'assistant, bouge-toi ! Elle va pas s'installer toute seule ! »

Et là, l’attente commença. Elle avait fait sa partie du boulot, maintenant fallait patiente jusqu'à ce que Jekyll dise quoi faire à son assistant pour qu’elle puisse enfin commencer à jouer et que ce tournage si stressant aux yeux du réalisateur prenne fin. Mais rien. Il n’y avait rien qui se passait, personne qui se manifestait, pas le moindre signe de vie du potentiel assistant qui semblait être disparu en fumée. Un coup d’œil vers les gars au montage lui confirma que tout le monde cherchait à l’instant des yeux celui qui ne faisait pas encore son boulot et Cody en profita pour souffler longuement, résistant à l’envie de plonger tête première dans le bain de lassitude. Finalement, un grand brun au fond de la salle daigna bouger et l’actrice fronça les sourcils en le voyant se diriger d’un pas lent vers elle. Ouais bon on a pas toute la journée alors s’il prévoyait venir la rejoindre et faire son travail, il fallait qu’il y mette un peu du sien et qu’il presse le pas plutôt que de traîner de la patte comme il nous le faisait là. Le voyant venir vers elle, Cody se surpris à ne pas du tout le reconnaitre. C’était pas l’assistant qui collait aux basques de Jekyll depuis le début du mois. Alors c’était qui? Sa réplique, peut-être? Elle avait lu à quelque part dans le scénario qu’on lui avait foutu un mec qui lui dirait deux ou trois lignes avant qu’elle ait son monologue de suicidée, non?

« Hé, wardrobe malfunction. Tu permets que j'arrange ça ? »

« Et les répliques qui se prennent pour des metteurs en scène maintenant. » s’exclama Cody, se reculant dans la bain pour s’appuyer le dos contre la parois et laisser tomber sa tête dans le vide derrière la baignoire. « Tu viens me rejoindre ou tu restes planté là? » qu’elle demanda, le voyant qui la détailla du regard un peu trop avidement. « Dans le scénario, c’est dit que j’ai un second. Et t’as tout à fait la gueule d’un rôle de deuxième plan. Fais tes propres conclusions. »

Cody se contenta d’hausser les épaules, avant de montrer de sa main qu’il y avait de la place pour deux dans la bain et qu’il était plus que le bienvenu. Nouveau silence. Rah, c’était lourd à la fin.

« Ou bien tu fais ta chochotte et tu restes là à mémoriser l’image de l'innocente jeune fille sans défense et couverte de sang pour te masturber plus tard chez toi. C’est au choix hen. »

Deuxième sourire condescendant de la journée, avant que la belle ne décide de régler ça toute seule et qu’elle fasse signe au caméraman et à Jekyll qu’elle était prête. En se déplaçant pour se rapprocher d'eux à même la baignoire, elle fit sortir du faux sang qui se déversa directement au sol, tachant au passage les baskets du pauvre mec perdu qui n’avait pas bougé d’un poil et elle articula, moqueuse, un « Désolée» si peu sentit avant de se rapprocher de la caméra et de se préparer pour la première scène.
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MessageSujet: Re: CODY&PARKER ✖ Bloody hell - and i couldn't have said it better   Dim 4 Nov - 3:42



Bloody hell — and I couldn't have said it better

Cody A. Hendricks & Parker H. Bernstein


J'ai eu le temps de m'accroupir à côté de la vasque en fonte et de m'accouder sur son rebord en lançant la pick up line la moins probable du monde, mais je ne m'en soucie déjà plus. Non, mon attention se pose sur la surface carmin qui remue encore un peu sous l'intrusion du corps de la brune et je laisse le bout de mes doigts venir l'agiter un peu plus en effleurant à peine le liquide. Erk. Je n'étais pas dédaigneux, mais l'idée que réfléchit le faux sang couplé à la texture pour le moins réaliste de celui-ci lorsque je viens frotter mes doigts ensembles finissent vraiment pas me perturber et c'est quand même une once de dégoût qui me parcoure. Faut dire que j'en avais vu des trucs glauques, crades, immoraux, j'y avais d'ailleurs souvent été impliqué. J'avais passé des mois dans une favelas à côtoyer cafards, vieux bouts de chiens morts et une blonde hippie qui ne comptait plus les jours depuis sa dernière douche à l'eau propre, j'étais l'auteur pas peu fier de la série de clichés d'animaux écrasés au bord des autoroutes avoisinantes, leurs tripes joliment arrangées en forme de cœur autour d'eux, j'avais perdu le compte il y a déjà bien longtemps du nombre de fois où je me réveillais entouré du vomi, sang et j'en passe des meilleures d'on ne sait trop qui dans le tas de junkies avec qui j'avais passé la nuit et les poubelles des cliniques de chirurgie esthétique n'avaient plus de secrets pour moi depuis que j'avais remarqué que c'était l'endroit où un flic qui vous court après n'irait jamais fourré son nez. Mais là, c'était amplement plus glauque, quand même. Et même si je sais que c'est du faux sang. Quoique, peut-être bien que je suis devenu trop propret , trop hollywoodien pour envisager une autre possibilité que celle de l'artifice made in China; finalement, les cris de truie qui m'ont réveillé cette nuit, alors que je n'avais pas eu la force de retourner chez moi et que j'étais resté dans Venice pour décuver dans mon studio, pouvaient tout autant coller au scénario de la bestiole qu'on égorge qu'à celui du voisin qui tringle sa ménagère, comme je l'avais supposé. Peu importe - vrai sang ou pas, c'est tout aussi lugubre. C'est vrai, quoi. Du sang, un bain de sang avec une pauvre fille dedans. D'autant plus que si je l'avais pas eu l'occasion de voir ses miches une poignée de secondes plus tôt et qu'on faisait abstraction de son maquillage de pute et du regard assorti qu'elle pose sur moi, je lui donnerais 15, 16 ans, à tout péter. Et merde, au pays de l'Oncle Sam, on peut envoyer des gamins se faire refroidir au Proche Orient à cette âge-là, mais les précieuses petites perles, on les couve, les protège, on leur fout une bague de pureté dans une main et un livre de poésie dans l'autre, mais on ne les fout à poil pas dans un bain de sang. Libres à elles d'aller se frotter contre une barre devant d'extaulards à Vegas entre deux rails de coke backstage deux ans plus ans, on ne les fiche pas dans un foutu bain de sang.

Ouais, enfin, je ne suis pas sûr que je sois le mieux placé pour me lancer dans un grand discours de moralité, et de toute manière, j'ai déjà perdu le fil de ma pensée quand elle prend la parole, mon regard avide à nouveau sur sa silhouette qu'elle vient de cambrer pour mieux s'installer. Je ne l'écoute d'abord que d'une oreille, je passe d'assistant à réplique et metteur en scène mais je ne sourcille pas. De toute façon, ça va pas tarder qu'un de ces derniers, le vrai, rapplique et que je me fasse jarter prompto du plateau quand on aura compris que je n'ai rien à faire là. Même pas quand elle m'incite à la rejoindre, convaincu que je suis l'acteur qu'elle attend. Ça me fait penser à Jack, tiens, et un sourire vient se coupler à la moue discrètement dégoutée qui a pris place sur mon visage à la seule idée de me plonger moi aussi dans ce truc lugubre. Faut dire qu'il jubilerait, mon vieux pote de galère, lui qui m'a rabâché les oreilles encore et encore avec Hollywood, ses rêves d'acteur et toutes ces conneries. Enfin, je ne crois pas que c'est vraiment sur ce genre-là de tournage qu'il fantasmait entre deux taffes sur son joint, il devait sûrement s'imaginer dans le jeans d'un Marlon Brando, à faire tout un plateau par son simple jeu d'acteur - je repense à son imitation minable de Johnny Strabler et au nombre de fois que j'ai du lui lancer la réplique pour qu'il me la sorte et je souris un peu plus. Ouais, il imaginait son nom gravé sur une étoile sur le Walk of Fame, par sur une affiche où une gonzesse gît dans une mare de sang carrément glauque. Mais bon, comme aujourd'hui, il doit être en train de croupir en prison ou de nettoyer les chiottes d'un lycée minable de l'Arkansas en guise de remise de peine en maudissant le jour où il s'est dit que de partager l'arrière du pick up qu'il venait d'arrêter avec moi était une bonne idée, et que, de toute façon, ce n'est pas la question, j'efface aussi vite sa tronche barbue de ma tête que je l'avais zappé de ma vie il y a plusieurs années déjà. Je lève mon regard plus ou moins absent des poumons de l'actrice pour le reposer sur ses yeux cernés façon raton laveur, décidé à décliner sans plus de cérémonie à deux balles son offre avant que je me fasse coincé et que mon rencard me passe possiblement sous le nez si je me faisais jeté dehors. Je me redresse sans la quitter des yeux pour autant, même si je sens mon portable qui vibre dans la poche de mon blouson éraillé de partout. Sûrement un message de la rousse, comme un signe du destin qui me dit que je prends la bonne décision, même si ça me fait plutôt mal aux dents de me contenter de l'autre alors que j'ai ça sous les yeux. Je laisse d'ailleurs mes pupilles toiser une dernière fois la silhouette noyée dans la baignoire comme un gamin qui colle son nez une dernière fois contre la vitrine du magasin de jouets où ses parents ne lui achèteront de toute manière jamais rien et m’apprête à tourner les talons. Sauf qu'elle l'ouvre à nouveau et balance un poignard droit dans mon amour propre. Je n'ai pas d'autre choix que de rester finalement droit dans mes baskets, en ignorant autant la tâche cramoisie que je vois distinctement venir s'écraser dessus - c'est pas comme si elles étaient déjà recouvertes de je ne sais pas combien de projections de vrai sang après qu'elles aient malencontreusement rencontrer quelques mâchoires, hein ? - que le petit sourire hautain qu'elle m'adresse de ses lèvres pincées, alors que je les imagine parfaitement serrées autour d'autre chose à cet instant-là.

Je ne peux pas promettre que je n'ai pas dans l'idée de garder une copie des quelques dernières minutes bien au chaud dans un des tiroirs de mon tronc cérébral fraîchement rétabli pour me repasser la scène quand je rentrerai chez moi et retrouverai mes petits amours de mouchoirs imprégnés, et ça, un certain nombre de fois qui dépendrait de ce qu'allait vraiment valoir cette fille pistée la veille au Barking Spider; par contre, je ne peux que contester son autre supposition. Je n'étais définitivement pas une chochotte. Je n'ai pas le temps d'amorcer une remise en question, d'ailleurs, que je me retrouve à déboucler ma ceinture, mon t-shirt déjà lancé hors du champ. Je n'ai pas trop pris la peine de les considérer avant de décider de me désaper là au milieu mais je remarque quand même que quelques regards se sont levés dans notre direction et je les remarque un peu moins brillants et veloutés que quand la brune avait fait de même il y a quelque instant, mais bon, aux vues de l'équité homme/femme sur la plateau inexistante, il n'y a pas vraiment matière à s'étonner. Et puis, je ne m'en préoccupe pas, préférant d’ailleurs avorter tout contact visuel, maintenant que je suis moi aussi à poil, histoire d'éviter l'hypothèse où un des regards s'avérerait finalement un peu trop brillant pour laisser mon hétérosexualité saine et sauve. Je visualise l'eau claire, limpide, immaculée et délicatement mousseuse d'un bain à remouds et prend place sans plus attendre dans la baignoire ensanglantée. Dédain puissance quatre cent soixante-cinq mille, j'étouffe la vague de répugnance que je sens naître dans mes tripes derrière un sourire implacable, me console discrètement lorsque je sens que sa peau s'appuie ça et là contre la mienne et qu'elle ne fait pas plus d'effort que moi pour remédier à cette promiscuité, au moins, ça aura déjà servi à ça. « Voilà. » Ouais, voilà, t'es dans un bain de sang, à poil, à côté d'une parfaite inconnue, entouré d'une bonne pelée de gars qui vont bientôt comprendre que tu n'as rien à foutre là et, en plus, sous l'influence d'aucune substance. Putain d'abruti. Ou de génie. Chacun son point de vue. Lorsque je me penche légèrement vers son oreille pour reprendre un ton plus bas et que je remarque que la vue est vachement plus plaisante depuis ici en laissant traîner mon regard sur son corps, je me sens comme Einstein. En plus brillant.


« Par contre, si tu pouvais me rebriefer vite fait sur la scène, ça serait pas mal. » Je ne prends même pas la peine d'y mettre un tant soit peu de conviction, je sais avant même de l'ouvrir que je suis déjà démasqué. En coulisses, en tout cas - les regards fusent de moins en moins subtilement. Quant à elle, je ne sais pas. Si elle a été suffisamment conne pour me confondre avec son collègue il y a deux minutes, je ne vois pas pourquoi elle ferait preuve d'un peu de bon sens maintenant. Je fixe mes yeux sur ses traits, un sourire un brin cynique aux lèvres, et me laisse glisser dans le liquide jusqu'à ne plus laisser apparaître que ma tête. « T'es la Comtesse Sanglante et j'suis l'amant qui peut profiter lui aussi d'une cure de jouvence au sang de vierge ? » Vu sa tronche, je fais fausse route. J'en suis presque déçu. Par contre, pour le coup, je me laisse croire qu'elle aura compris que je n'ai rien à foutre dans cette baignoire avec elle, pas maintenant, du moins. Je me vois déjà chez les flics, à devoir expliquer pourquoi je m'étais retrouvé là dedans. Le pire, dans l'histoire, c'est que peut-être j'attends vraiment une réponse, maintenant. Avant, ça ne faisait que m'intriguer, piquer ma curiosité, mais j'étais assez dégoûté par le décor que je n'avais pas envie de savoir plus que ça. Mais maintenant que je patauge dans la mixture qui, visiblement, ne nous rebute plus tant que ça, moi et mon sens de l'adaptation à toute épreuve, ça m'intéresse. Un peu, du moins, jusqu'à ce que je laisse de nouveau traîner mon regard sur ce qu'elle laisse dépasser de poitrine de la surface du faux sang. Je marque une pause, rien qu'un temps d'arrêt, trop court pour qu'elle puisse amorcer une réponse, mais suffisamment long pour la laisser constater que je la reluque honteusement et que ça me fout un peu les pensées en vrac. Je finis par revenir du Terre et relève légèrement la tête vers elle. « Oh. Si tu pouvais te la jouer chieuse, aussi, ou diva, appelle ça comme tu veux, ça m'arrangerait. Histoire qu'ils arrêtent tous de se demander rien que cinq minutes quel putain d'imposteur je suis. Ça me laisserait un peu de marge, parce que là, je suis plus vraiment dans les meilleures conditions pour ressortir sans que ça devienne un peu gênant, tu vois. » Sourire, discret mais lubrique, couplé avec un regard qui entraîne le sien en direction de mon bas ventre, bien que caché par la mixture vermeille dans laquelle on patauge. Je visualise déjà la liste des charges retenue à mon encontre se rallonger, mais je ne fais que laisser paisiblement mon regard scruter ses traits, puis les alentours, rieur, avant que mon visage ne reprenne toute sa contenance, cette froideur impassible, et que je ferme les yeux en soupirant doucement en repositionnant un peu mieux ma tête contre la fonte. C'était pas du bluff, ma dernière requête, alors autant la faire disparaître de mon champs de vision fissa pour mieux imaginer des trucs horribles, genre, femme enceinte, tout ça. Même si paradoxalement, ma main effleure toujours sa cuisse depuis que je me suis installé là, et que mes doigts commencent gentillement à parcourir sa peau, presque négligemment, inconsciemment, discrètement. Je ne suis plus à ça près, de toute manière.

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MessageSujet: Re: CODY&PARKER ✖ Bloody hell - and i couldn't have said it better   Dim 4 Nov - 13:46

Bloody hell
Parker & Cody

— and I couldn't have said it better



Et bah voilà. Un homme, un de plus, le genre qui ne se laissait pas se faire dire qu’il était une lopette. Le genre qui prenait un peu trop au sérieux son besoin de passer pour le mâle alpha devant une nymphette couverte d’hémoglobine et qui profitait de l’occasion pour lui prouver qu’il avait des couilles. Cody était impressionnée toutefois. Dans ses prévisions, elle l’aura vu, l’autre bozo, lui tourner le dos et la laisser à ses conneries morbides de films de série B, sans lui accorder plus d’importance. C’était ce qu’elle aura fait elle dans son cas, non? Ou alors elle se serait lancé tête la première dans le bain pour en arroser plus d’un et se faire foutre à la porte du studio. Pas de demi-mesure quand on vit à 100 à l’heure, c’était ce que son mal de bloc constant lui rappelait à chaque matin. Et puis voilà quoi, c’était à son tour de profiter du spectacle, de bien se cambrer, de le voir retirer tout et rien et glisser un orteil, puis l’autre, puis une jambe, et la suivante puis s’immerger au complet dans cette marée écarlate qui ne semblait pas lui faire tant envie que ça. À quoi il s’attendait, en venant ici? En postulant pour un rôle de second à la Factory? Non, fallait avoir les reins solides parfois, ici on avait eu droit à des pendus, en fait à des scènes de suicidés par mille, et personne n’était mort. Littéralement. Rien qu’à voir les idées de scénarios qu’elles et Jo pondaient lors de leurs traditionnelles vendredis acide&cinéma aurait pu foutre la frousse à n’importe quel mordu de gore. Les gens du studio avaient l’esprit mal tourné. Ils avaient la tête ailleurs que dans les étoiles, bien placée sur terre et même en-dessous. Bien décidés à faire ressortir les penchants les plus vils et les plus dégradants des humains. Comme une p’tite révolution. Ouais, en matant le cul de l’autre seconde, Cody se sentait l’âme d’une Che Guevara.

« Par contre, si tu pouvais me rebriefer vite fait sur la scène, ça serait pas mal. » la brunette haussa un sourcil. « T'es la Comtesse Sanglante et j'suis l'amant qui peut profiter lui aussi d'une cure de jouvence au sang de vierge ? »

« Oh bien sûr. Pardon hen, je sais pas du tout à quoi j’ai pensé. Je croyais que j’étais actrice et toi figurant. Mais à ce qu’il paraît j’ai été promue réalisatrice c’est ça? » Cody parla un peu plus fort, espérant que Jekyll comprenne le message et vienne faire son putain de boulot.

Elle avait rendez-vous avec son père à 16h pour qu’il lui donne le chèque du mois, et qu’ainsi il étouffe une fois de plus tous les scandales qui pouvaient sortir de la gueule de sa fille adorée, alors elle ne passerait pas une minute de plus à materner l’autre mec alors qu’elle savait très bien que Jekyll-chéri-chou avait lui-même à s’en occuper, grande âme comme il l’était. Mais les gens parlaient. L’anglaise se rendit compte que les voix résonnaient de plus en plus, les regards aussi. Bon, qu’est-ce qui se passait encore, personne n'avait jamais vu de bain de sang dans sa vie? C’était si nouveau que ça? Internet ne les avait pas encore éduqué? Puis son regard se reporta sur l’autre, le mec face à elle. Lui, il se contentait de la mater, de lui poser des questions, de la regarder avec insistance. Était-elle déjà rendue avec des groupies? Un fan club qui se relayait à l’entrée pour enfin pouvoir entrapercevoir la fameuse Cody Hendricks, l’Eddie Sedgwick du 21ème siècle? Nah, du tout. Il devait juste profiter d’une baignade d’après-midi pour se désemmerder de sa vie, ce qui était très louable parce qu’elle faisait la même de chose à l’instant. Pas de problème alors. Ils devaient être deux dans la baignoire, ils l’étaient. On peut filmer maintenant?

« Alors c’est quoi ta raison pour t’être fichu ici? Non parce que c’est glauque un peu quand même de patauger là-dedans si c’était pas prévu à ton planning. » Cody rigola, l’arrosant de nouveau en envoyant un peu de sang sur son torse.

Pour simple réponse, il lui fit savamment comprendre qu’il n'était plus en état de sortir maintenant. Que la situation avait entamé le travail sur sa queue et qu’en fait il devait trouver ça particulièrement bandant de se retrouver avec une fille complètement nue dans un bain de sirop de maïs et de colorant rougeoyant. Mesdames et messieurs, bienvenue à l’époque où votre fille n’a pas besoin de porter une jolie robe et de se coiffer avec attention pour séduire un homme. Se ficher à poil suffit, préférablement si vous l’invitez à vous rejoindre et que vous avez prévu au passage un bain bien rempli de votre sang de cochon favori. Faites des économies!

« Un demi-sein et t’as déjà envie de me sauter?! » répliqua la brunette, amusée. « Oh allez, c’en est presque triste. »

Hendricks lui agrippa la main, celle qu’il s’assurait de glisser un peu partout sur sa cuisse depuis son arrivée, très gentleman au passage de la tripoter sans plus de cérémonies au moins elle savait ce qu’il voulait, et l’amena direct sur sa poitrine. Ben quoi? Il voulait qu’elle soit chiante? Il avait tiré le gros lot. Un grand sourire se dessina sur les lèvres de la belle et elle s’appliqua à faire passer les doigts du mec un peu partout sur ses seins, lentement, puis rapidement, terminant l’exploration en lui passant les doigts sur son entre-jambe, de la façon la plus classique et la plus directe possible.

« Bon, maintenant tu l’es pour la peine. »

Le lâchant, son attention fût finalement attiré derrière elle, alors que l’acteur, le vrai, Carl qui sortait enfin des chiottes après plus d'une heure selon ce qu'on disait près d'elle. Les oreilles fines, ça paie. Yuk. Jekyll voulait lui ficher dans les pattes un mec avec un gastro, ou une MTS c’est tout comme. Cody prit quelques secondes pour détailler Carl le fameux qui venait de se faire mettre au courant par l’une des actrices que sa scène était en train de se jouer, sous ses yeux et sans lui, et l’idée de perdre le maigre 100$ qu’il se serait fait en se baignant dans le faux-sang le rendit particulièrement rouge de colère, ce qui aurait tout de même bien sortit à la caméra. Cody se réjouissait de le voir s’agiter dans tous les sens, croyant qu’ils tournaient déjà et qu’il était out de la scène, et deux ou trois grattements bien distincts au niveau de son bas-ventre lui confirma qu’il avait un truc pas net qu’elle n’était pas du tout prête à se voir refiler. Double soupir, l’un parce qu’il l’écoeurait au plus haut point, l’autre parce qu’il s’amenait maintenant à vitesse grand V vers eux, et la brunette s’exclama à l’intention de l’autre mec qui la regardait toujours : « Si ça se trouve, il va me filer une MTS. Déjà que j’ai le SIDA c’est pas drôle. ». Un peu d’humour noir par ci par là, avant de se lever d’un bond pour affronter l’acteur oublié qui était maintenant à sa hauteur.

« J’peux savoir ce qu’il fait dans mon bain? »

« J’peux savoir ce que ta main fiche dans tes culottes alors que tu t’adresses à une lady? » un regard plus bas et elle lui confirma qu’il se grattait de nouveau.

S’en suivit d’une joute particulièrement intéressant de cris et de menaces entre les deux. L’un la traitant d’actrice mal baisée qui avait planifié foutre son coup d’un soir dans la baignoire pour se le taper le temps que les caméramans s’en rendent pas compte et pouvoir cocher ça de sur la liste de trucs crâdes qu’elle faisait pour se distraire. L’une lui bottant du sang dessus, se rendant compte qu'il en était écoeuré au plus haut point et se décourageant de voir que deux en deux des mecs qui s’étaient approchés de là avait fini par avoir envie de gerber pour avoir toucher à du synthétique. Sérieux? Le plateau s’agitait de plus en plus, actrices, acteurs et personnel se rapprochant, assistant à une nouvelle crise de la part de Cody qui semblait assez bien maîtriser la chose vu le nombre de fois ou l’autre mec perdait le fil de ses idées et se retrouvait muet devant une autre attaque verbale de l’anglaise. Elle, elle aurait pu continuer comme ça bien longtemps, crachant son venin le plus agilement du monde, oubliant ce qu’elle disait pour en rajouter une couche de plus, mais Jekyll en bon sauveur s’approcha pour les séparer, la gueule tremblante, le teint blafard, les yeux prêts à sortir de leurs orbites. Aurait-elle gagné? Malgré le fait qu’elle savait que lui faire péter un câble serait rapide, c’était quand même flatteur de voir qu’en s’appliquant à en faire chier un elle en avait atteint un autre au passage. Petit coup d’œil vers Amber pour lui signifier qu’elle lui devait 1000$ et la belle se laissait de nouveau choir au côté du prépubert qui l’avait rejoint dans le bain. Bah prépubert, c’est vite dit, disons vierge de sang puisqu’à le voir il n’était pas si jeune que ça, du moins pas autant qu’elle, qu'il avait les doigts agiles aussi, ça fallait le mentionner et que ça devait juste être les sports extrêmes comme prendre un bain sanglant qui le déstabilisait. Tout sourire, elle finit enfin par se rapprocher de l’intrus, au signal de Goldstern le chef caméraman, pour enfin finir par filmer.

« Petit topo, on fait quelques images pour le générique du dernier de Jekyll. Des plans serrés, d'un peu partout au-dessus de la baignoire. Faut pas se regarder, faut regarder que la caméra. Donc tes yeux tu les gardes à une hauteur décente. J’ai pas envie que mes parents aient à supporter un semblant de pseudo-film de cul de leur pauvre benjamine dans une baignoire pleine de sang. »

Cody lui renvoya un autre de ses grands sourires de chieuse avant de lui grimper dessus comme c’était prévu et de passer une jambe d’un côté et l’une de l’autre. Les caméras commencèrent à tourner autour d’eux, elle gardant la tête bien en vue, suivant la lentille et ne la lâchant pas. Elle versa même une larme d’actrice lorsqu’elle vit Jekyll se taper discrètement dans les mains de génie. Y’a bien elle pour être à califourchon sur un inconnu, couverte de sang, pour pleurer et faire vivre un orgasme de création à son réalisateur. 15 minutes max et l’essentiel avait été pris, elle ignorait même ce que le faux-figurant avait fait de tout ce temps mais était particulièrement fière de s’être claqué un joli magôt en criant à peine sur Carl. Ça, c’était un quart de travail productif. Se tirant sur le côté, elle déposa de nouveau ses prunelles sur son partenaire de scène, malicieuse.

« Tu tiens toujours ou t’as besoin d’un kleenex? »

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MessageSujet: Re: CODY&PARKER ✖ Bloody hell - and i couldn't have said it better   Sam 17 Nov - 4:18



Bloody hell — and I couldn't have said it better

Cody A. Hendricks & Parker H. Bernstein

Elle réplique avec sarcasme. En fait, elle fait tout avec sarcasme, je crois. Parler, sourire, toiser.. Et si ça m’agace au plus au point chez un mec, je trouve ça charmant chez une fille. Ouais, enfin, charmant, ce n’est pas trop le mot, ça ne l’est même pas du tout. Il ne fait pas partie de mon vocabulaire, d’ailleurs. Rien ne me charme, parce que ça voudrait dire que ça m’attendrit, ça me subjugue, et ça ce n’est pas demain la veille que je vais poser un regard pétillant et subjugué sur quoi que ce soit ou qui que ce soit. Tu n’as vraiment aucun cœur, j’entends encore la vieille blondasse décolorée à l’haleine de rhum et aux traits de pauvre petite cosette qu’est ma mère me le rabâcher, après que j’aie foutu son clébard qui n’a jamais pu me saquer en bas des escaliers d’un coup pied rageur, alors qu’il venait faire le tapin vers moi avec ses yeux mouillés dès je sortais quoi que ce soit du réfrigérateur. Quelle conne. Bien sûr que j’en avais un, c’est là que je sentais le rush d’adrénaline dès que le type que je provoque honteusement fini par réagir et s’apprête à m’en coller une, c’est là que j’ai senti la bombe de napalm exploser quand j’ai vu la voiture militaire garée devant chez nous et les deux types en tenues officielles avec leurs tronches désolées grimper sur le perron pour déclarer à quel point la mort de mon abruti de frangin allait avoir des répercussions héroïques pour leur guerre de merde. C’est juste que je m’en serre intelligemment, moi, que je ne me transforme pas en une quiche sentimentale qui se jette sur une brique de lait dès qu’un hérisson ramène son cul au fond du jardin avec une portée de futurs cibles à viser sur la route pour rendre les trajets un peu plus marrants. Enfin, bref, si je me dois de proscrire le mot charmant de mon vocabulaire tellement poétique, disons que je trouve ça plaisant. Là encore, pas de méprise, ça ne me plaît pas parce que ça me séduit, m’aguiche, ça me plaît parce que ça me fait marrer. Ça me fait marrer de voir une garce ne pas se prendre pour de la merde et la jouer condescendante alors qu’elle n’est qu’une pauvre tache juste bonne à chialer ou à râler selon la symphonie de ses hormones. Comme un type qui voit sa jugulaire tranchée et qui se sent vachement fier d’emmerder le mec qui lui a fait ça en l’éclaboussant de son sang alors qu’il finira par crever dans une poignée de seconde, elles se la jouent supérieures mais ne sont au final jamais rien de plus qu’un vide couilles parmi tant d’autres. Le sexe faible, ça me fait marrer, vraiment.

De toute manière, j’ai trop envie de la sauter pour qu’elle puisse m’agacer d’une quelconque manière. Je ne sais pas si c’est si flagrant que ça – enfin, si, je le sais, ça parait même évident -, mais elle change un peu de registre en laissant un rire lui échapper, moins sarcastique, plus vrai, alors qu’elle m’asperge un peu plus de sang encore. Qu’est-ce que je fais là ? C’est la question sur laquelle elle enchaîne, preuve qu’elle avait un tant soit peu de jugeote et avait bien compris que je n’avais pas du tout été engagé par la production ou, du moins, le truc merdique qui fait passer les castings ici, quand bien même ils ne se contentent pas d’aller ramasser les premiers clodos qu’ils croisent dans les rues de Venice. Je songe aux castings auxquels je suis habitué, un peu différent, où des mannequins se contentent de se trimballer en sous-vêtements en se cambrant exagérément trop pour obtenir l’approbation d’un directeur de campagne et de la mienne lorsque je suis chargé de la mener à bien. Ça ne dure qu’un instant, toutefois, avant que mes pensées ne reviennent sur sa question et donc la raison de ma présence. En dehors du fait qu’elle s’était trimballée à poil juste sous mon nez avant de me défier dans mon orgueil surement exécrablement démesuré, je me rappelle au bon souvenir de la rousse que j’ai rencontré la veille et qui est à l’origine de ma venue dans cette vieille usine. Merde, ça risque de criser sévère si elle se pointe, là, maintenant. Si la brune ne semble pas vouloir me dénoncer, je ne suis pas sûr que la rousse puisse se montrer aussi discrète. Ou peut-être pas, en fait. Finalement, pour se laisser passer à deux doigts de se faire tringler dans les chiottes d’un bar par le premier type qui passe, elle ne doit pas avoir une grande estime de soi. Ou alors, elle était trop fin déchirée pour contenir ses pulsions de nympho, et dans ce cas, avec un peu de chance, elle ne me reconnaitrait même pas. Je ne peux pas peser davantage les pours et les contres de chaque solution que déjà je les oublie, sentant les doigts de l’actrice courir sur mon poignet et l’entourer. Je m’attends à ce qu’elle me repousse en reprenant un air de pimbêche condescendante qui s’aime beaucoup trop, mais au lieu de ça, elle vient coller ma main sur ses seins, avec encore moins de subtilité que je ne l’aurais fait moi-même. Mes traits se refroidissent un instant, comme si j’étais décontenancé, sauf qu’en fait je ne le suis pas. C’est plutôt la première situation qui m’aurait surpris, contre toute logique – j’ai comme l’impression qu’elle n’est pas vraiment la sainte-ni-touche des parages. Un sourire vient se coller au fil de la balade qu’elle s’offre avec ma main, sans dépasser le coin de mes lèvres pour autant, ignorant sa remarque pour simplement mieux la fixer. Je la joue docile – faudrait être con pour se révolter maintenant, même si ce n’est pas mon genre de laisser transparaître quoi que ce soit qui pourrait me coller ne serait-ce qu’une minuscule étiquette de soumis sur la tronche, ça me profite autant qu’à elle et, de plus, j’ai comme l’impression que mes secondes dans la peau d’un acteur de cinéma sont comptées quand je vois du coin de l’œil un mec débarqué et fusiller la scène du regard.

Dans le mille, le type se ramène en beuglant une demi-seconde après que la fille ait relâché ma main, juste au moment où ça devenait vraiment intéressant. Tant pis, je l’aurais bien encouragée à pousser l’expérience un peu plus loin mais elle est déjà debout pour faire face au mec qui me mentionne sur un ton un peu trop permitif à mon goût. Je ne relève pas, par contre, déjà parce que la situation me fait plus marrer qu’autre chose, ensuite, parce que la brune n’a pas l’air de se faire prier pour lui râper dessus comme la bonne garce qu’elle a l’air d’être et puis, surtout, parce que j’ai un peu peur de ne pas être crédible du tout dans l’état actuel des choses, la grande partie de mes neurones accablés par le corps que l’autre agite juste sous mon nez et celui de toute l’assemblée sans la moindre gène. C’est vrai que je n’aurais pas vraiment besoin de ma tête pour faire comprendre au pauvre acteur qu’il ferait mieux de la fermer sinon pour coordonner une droite et un coup de coude dans la nuque, mais bon, je ne suis pas vraiment à mon avantage, encore une fois. Je laisse simplement ma main retomber dans la baignoire de sang et venir parcourir la jambe de la brune à nouveau, histoire de signifier que si elle voulait me donner de bonne raison d’être excité, elle avait bien intérêt à en profiter après coup. De toute manière, ce n’est pas mon problème, au fond, et je n’ai pas pour habitude de me soucier des autres ; leur dispute a vite fait de me désintéresser et mon regard quitte pensivement la chute de reins de l’actrice pour parcourir les alentours. La situation ne s’y prête sûrement pas mais ça me file des idées malgré tout. C’est glauque, immoral, anticonformiste – c’est tellement parfait comme atmosphère, exactement celles dans lesquelles j’aime travailler, exactement celles que je cherche à faire apparaître dans mes photos. Sauf que c’est un peu la misère, ces temps-ci, côté décadence, tout le monde veut du propret, du chic, je ne sais pas à qui je pourrais refiler ce genre d’idées. Probablement que je devrais la jouer solo si je voulais vraiment aller au bout des choses, un truc artistique et pas commercial, quoi, un truc qui ne me rapporterait des prunes si on fait abstraction de la satisfaction personnelle et toutes ces conneries de ce genre. Sauf que pour ça, faudrait avoir un tant soit peu d’ambition, et pour le moment, la seule ambition que j’ai, c’est de me taper la gamine qui finit de cracher son venin à la tronche de cake avec qui elle se dispute.

Je reprends mon attention quand je vois l’autre abruti, le réalisateur, finir par séparer les deux cabots qui s’engueulent. Pas le temps de comprendre qui a le fin mot de l’histoire même si je parierais sans trop d’angoisse sur la garce brune, elle se retourne déjà vers moi et se rapproche considérablement. J’avais toujours ce sourire fiché au coin des lèvres, impassible ; il se fissure à l’instant où elle mentionne ses parents et que je me mets à me marrer. « Ah ouais, c’est vrai qu’ils doivent avoir une foutu estime de toi, ça serait con. » Pas le temps de me foutre davantage de sa gueule ni d’imaginer à quelle point elle doit représenter la fierté de sa famille que les caméras s’enclenchent déjà et que je comprends de moi-même que je dois fermer ma gueule, en tant que nouveau figurant officiel. Je me contente donc de lâcher un dernier soupir amusé puis j’efface toute émotion de mon visage, me redressant un peu dans le liquide cramoisi et posant mes mains dans le creux de ses reins. La scène se lance et je demande si je n’ai pas loupé ma vocation, finalement, peut-être bien que Jack avait raison et qu’on serait devenu les nouveaux James Dean de la Californie – enfin, pour ma part, lui s’apparentait plus à un Buscemi ou râté du genre. J’ai ma réponse moins de deux minutes après, alors que je commence à m’emmerder royalement, à suivre une putain de lentilles des yeux alors que j’ai juste envie de baiser l’autre futur star du cinéma de merde. Au moins, je me dis que je vais pouvoir utiliser une des facultés que j’ai apprise en étudiant dans mes jeunes années, celle de déconnecter mon cerveau et d’attendre que le temps passe en état semi comateux, sauf qu’au final, j’ai plutôt envie d’utiliser une des compétences que j’ai acquise par mon métier, celle de reconnaître les mouvements d’objectif d’une caméra et les angles de vue qui vont avec. J’attends le prochain plan serré pour déplacer mes bras sans qu’on me grogne dessus parce qu’on voit que je bouge ; mes mains retrouvent l’accès au ventre de la jeune femme et à toutes les distractions avoisinantes qu’elle m’a brièvement fait parcourir plus tôt. Je reste un instant immobile, histoire de jauger la probabilité que j’ai de me faire griller et rien de plus – l’avis de l’actrice ne semble même pu entrer en action dans ma tête, parce qu’il me parait évident, et même s’il ne l’était pas, elle se prend tellement pas pour de la merde que je la vois mal manquer de professionnalisme en tapant un scandale, si bien même elle avait encore une once de vertu qui le lui permettrait, maintenant les moteurs tournaient. Constatant que tout reste aussi monotone alors que je suis docilement la caméra du regard, je prendrai l’excuse de la discrétion pour m’aventurer directement sur son entrejambe, sans me retaper un détour plus politiquement correct par sa poitrine auparavant.

Le temps passe plus vite d’un coup et je n’ai pas le temps d’obtenir une quelconque satisfaction en la sentant trahir, rien qu’un peu, ce qui se passe sous la surface qu’ils remballent déjà. Je retiens une moue alors que je semble perdre tout intérêt dans mon occupation ; mes mains reviennent se poser sur le rebord pour m’aider à me redresser dans cette foutu baignoire, une fois de plus, et j’observe, l’air las, la brunette se repousser. Ça perd un peu de son marrant, faut bien l’avouer, et puis maintenant que c’est fini, va falloir sortir de là et nettoyer tout ce truc dégueulasse qui recommence de nouveau à me gonfler. Je tourne la tête brièvement et cherche du regard l’autiste de réalisateur, histoire de vérifier s’il n’avait pas l’envie subite de donner un peu plus de profondeur à sa daube de film en rajoutant une ou deux scènes qui l’éloigneraient du classement tout public, dans l’hypothèse où son scénario aux bains de sang serait encore acceptable, parce que, genre, notre alchimie crève l’écran ou une connerie équivalente dans leur jargon cinéaste. Le repérant à l’autre bout du plateau, tapant à nouveau dans ses mains comme un pauvre con les yeux rivés sur l’écran qui lui repasse ses images chéries, j’en conclus que le travail est terminé. La voix de la brune me fait retourner la tête vers elle. Je soutiens son regard un instant, avant de glisser un sourire sur mes lèvres, tout en portant mon pouce aux siennes. « T’es mignonne, t’es peut-être bien bandante mais ça s’arrête là, je suis pas un morveux de ton âge. Et puis… Tu sauras qu’il y a des alternatives vachement plus pratiques au mouchoir. » J’effleure sa lèvre inférieure, sourire plus coquasse collé entre mes fossettes, ne laissant aucun doute sur le sous-entendu qui se joint à mon geste. « Ça serait con, ça serait du gaspillage, en plus. »


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MessageSujet: Re: CODY&PARKER ✖ Bloody hell - and i couldn't have said it better   Lun 26 Nov - 22:57

Bloody hell
Parker & Cody

— and I couldn't have said it better



Se moquer et faire du sarcasme, c’était devenu comme une seconde nature. Certains pourraient dire que c’était une façon de se protéger. Fallait seulement faire attention à ne pas confondre avec un bouclier, une armure, une bulle. Cody n’avait pas besoin de construire de mur entre elle et les autres pour les tenir à distance. Ça, elle arrivait très bien à le faire toute seule, par la force de son caractère. La raison pour laquelle elle se servait de son humour décalé pour se tenir à l’abri? Parce qu’elle ne voulait tout simplement par perdre son temps à faire semblant. À faire croire à tout le monde qu’elle s’intéressait le moindrement du monde à eux. C’était pas le cas. I couldn’t care less, qu’elle entendait sans cesse quand on lui adressait la parole. Jo, Jackson, c’étaient bien les seuls qui arrivaient à tirer autre chose d’elle que des remarques acerbes, et encore, il fallait qu’elle soit dans une bonne journée. Cody n’était pas méchante. Elle était seulement blasée. Et prenait son pied à le faire savoir à qui voulait – ou ne voulait pas – l’entendre. Ceci dit, elle était assez fine pour comprendre que l’autre face à elle semblait avoir un tempérament du genre. Rien ne le dérange vraiment, rien ne l’atteint vraiment. Elle n’avait pas la vanité de dire qu’elle savait lire les autres comme des livres ouverts, quels couillons que ceux qui se croyaient devins à ce point, mais sa cervelle de première de classe et d’actrice à l’affut lui servait pas mal lorsqu’elle devait analyser vite fait les expressions des gens. Et là où on pourrait croire que pour une misanthrope, s’attarder sur les traits des autres pouvaient paraître pour de l’envie, Hendricks remballait tout en se servant de ce don pour attaquer là où ça fait mal. Où on en était déjà? Ah ouais, l’intrus.

« Alors, c’est avec eux que j’ai fait connaissance plus tôt? » Cody désigna du menton les doigts du garçon qui étaient maintenant biens en vue, un sourire en coin se dessinant sur ses lèvres. « J’peux avoir une clope? » son attention se détacha en même pas 30 secondes de lui, se reportant sur Camille, une parisienne bien voluptueuse qui venait de faire son entrée dans le studio, une cigarette au bord des lèvres.

Le truc avec Cody, c’était qu’elle n’avait pas de temps à perdre. Elle savait qu’elle crèverait jeune, d’un truc bien intense et bien dangereux. C’était d’ailleurs pour cette raison qu’elle tirait sur la nicotine sans remords aucuns dès que sa copine lui tendit l’objet fumant de sa convoitise, déjà allumé et près à être fumé. C’était comme ça. Jo la tuerait de penser de cette façon, mais c’était bien vrai. La brunette se fichait de sa vie, du moment qu’elle pouvait en profiter à outrance. Elle ne s’attachait pas, ni à personne ni à rien d’autre, et filait comme une étoile, puisant ce qu’elle voulait avant d’aller butiner ailleurs. Dans une autre vie elle aurait sûrement fait un super pirate. Une barbare sans honneur qui aurait pillé tout le monde sans le moindre scrupule jusqu’à ce qu’on la poignarde dans son dos. À la place elle était maintenant une actrice de série b du 21ème siècle, dépourvue de sentiments et cokée jusqu’à la moelle. C’était pas pour rien qu’on la présentait comme une fille toxique, pourrie comme elle l’était de l’intérieur. Pourrie, c’était un joli mot, un mot puissant. Elle n’était pas que nocive. Mais pour découvrir ce dont elle était faite, il fallait passer par toutes les étapes. Et voir que c’était pas rose avec des papillons. Que ça ne l’avait jamais été en fait. Certains appelaient ça un suicide à retardement, Cody aimait dire qu’elle n’était qu’objective. Elle était maudite, et ça allait à merveille avec son teint.

« Alors Jek’, tout va comme tu veux mon p’tit cœur? » roucoula-t-elle, moqueuse, attendant le ok pour filer vite fait hors du bain de faux sang glacé qui commençait à la faire geler jusque dans les os.

Un hochement distrait de la tête provenant du réalisateur lui confirma qu’elle était presque libérée. Bon, 14h. Avec un peu de chance, elle pourrait peut-être même prendre une douche avant de filer chez ses parents, et ainsi éviter de salir leur tapis perse à plusieurs milliers de dollars. Mouain. « T’es mignonne, t’es peut-être bien bandante mais ça s’arrête là, je suis pas un morveux de ton âge. Et puis… Tu sauras qu’il y a des alternatives vachement plus pratiques au mouchoir. » Cody haussa un sourcil, reportant son attention sur l’autre, ayant presque oublié qu’il était là. « Ça serait con, ça serait du gaspillage, en plus. » Il accompagna le geste à la parole en lui passant un doigt à la commissure des lèvres, avant que les prunelles de la jeune actrice ne le détaille de plus belle. « T’es vraiment en train de me dire que ton trip c’est de te faire sucer dans un bain de sang? » On avait oublié de vous avertir que ce sujet allait vite dérapé, n’est-ce pas? C’est bien ce que je pensais. Les yeux malicieux, Cody arrêta de se la jouer faussement outrée en ajoutant, lascivement « T’avais qu’à demander, pas besoin de faire dans le sous-entendu ou dans le toucher sensoriel. Je crois qu’on sait tous les deux où cette histoire va nous mener. » la prophétie. La brunette qui trouve l’autre bien sexy, bien désirable, et qui ne se ferait pas prier pour se désemmerder dans ses bras le temps de deux ou trois orgasmes. Ça aurait été bien, et limite elle avait presque envie de lui refiler son numéro pour qu’il fasse l’effort de lui montrer ce dont il était capable dans un avenir rapproché, mais la vue de la petite tête rousse de Jo suffit à faire perdre l’intérêt d’Hendricks pour une potentielle suite.

« Joanne! » qu’elle s’exclama, exagérant son accent anglais déjà assez prononcé, se relevant un peu plus dans le bain pour faire un signe à sa copine.

« Caden, on recommence. » la coupa Jekyll, le regard perdu dans le vide, le caméraman derrière lui qui prévoyait déjà la scène et les hurlements qui allaient suivre, de la part de la principale intéressée.

« On, quoi?! » ils avaient visé juste.

« Le sang est sur-utilisé dans les scènes de viol, je savais que quelque chose clochait. Il faut une alternative plus douce, de plus subtile, de plus douloureuse. » il réfléchissait à haute voix et Cody peinait à ne pas lui sauter à la gorge pour le voir changer d’idée de nouveau. « L’ascenseur! comme si tout se refermait sur toi! »

L’éclair de génie qui traversa les yeux de Jekyll lui confirma qu’elle était pas encore sortie de la Factory et la brunette lança un semi-regard de panique autour d’elle, à la recherche d’une des filles qui pourraient la remplacer sur cette scène qui n’en finissait plus. Déjà, on la pressait, lui passant un peignoir autour de la taille pour qu’elle se couvre un peu, et la brunette pestait. Pas parce qu’elle détestait son boulot, non du tout, ça elle l’aurait fait pendant des années et des années encore, mais plutôt parce que Jekyll se la jouait diva, de nouveau. Parce qu’il avait tout du retardé à qui on avait donné tout le pouvoir et qui n’arrivait pas à faire autre chose qu’à fléchir les genoux lorsqu’il avait toute l’attention. Les responsabilités, fallait pas les donner au sensible de service, à l’homo qui se remettait toujours en question, qui ne savait pas faire la différence entre l'euréka et la trouille de premier niveau. Bref, la belle oublia vite fait son plan de fuir la future scène lorsque ses oreilles fines reconnurent la voix de Miccah, ah ben, son favori, il avait pas compris son « Dégage » la dernière fois?, et qu’elle en profita pour se cambrer dans les bras du grand brun, sa co-vedette maintenant officielle qui avait daigné les suivre hors du bain lui aussi pour passer en mode ascenceur.

« Tu permets. » qu’elle se justifia, passant devant lui pour fuir les p’tits cris presque désespérés de Miccah qui l’avait repéré, laissant une belle traînée de faux-sang derrière, comme la piste du petit poucet. « T’es une soie. » Une fois dans l’ascenceur, elle fit volte-face vers lui. « Maintenant, viole-moi pour la caméra. »

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MessageSujet: Re: CODY&PARKER ✖ Bloody hell - and i couldn't have said it better   Dim 16 Déc - 18:46




Bloody hell — and I couldn't have said it better

Cody A. Hendricks & Parker H. Bernstein


T’es vraiment en train de me dire que ton trip c’est de te faire sucer dans un bain de sang? Je devrais piquer un fard, balbutier une explication à la con qui me dépervertirait la moindre parce que c'est toujours mieux de passer pour un imbécile que pour un détraqué. Sauf que ça ne me fait ni chaud ni froid et que je me contente d'enlever encore un peu de subtilité au sourire qui occupe ma tronche de dépravé. Ça a toujours été comme ça chez moi, après tout. Je ne tournais pas autour du pot, je ne faisais pas de courbettes, je ne prenais pas des gants pour exprimer mes intentions. À quoi bon ? Elles étaient toujours les mêmes. Je n'attendais rien de personne, encore moins d'une fille. Je me contentais de l'utiliser, à fond, de satisfaire mes envies les plus anodines et communes aux plus inavouables, jusqu’à ce que je m’en lasse, comme un gamin qui reçoit trop de jouets à Noël et qui ne joue qu’à peine avec, parce qu’ils le désintéressent déjà. Ouais, c’est ça, j’étais exactement ce gamin, ce genre de type là. Je ne sais pas si c’est parce que mes blaireaux de parents m’ont filé de bon gêne, en compensation de tout l’emmerdement qu’ils m’ont fait subir tout au long de notre cohabitation, ou bien si c’est juste le sexe faible qui trouve ça terriblement excitant et valorisant de se faire traiter comme une merde, mais je n’ai jamais eu à me battre pour obtenir ce que je veux, je n’ai jamais eu à pleurnicher sur mon pucelage encore intact à 25 balais, je n’ai jamais eu à sortir les chandelles et les sérénades pour tirer une fille dans mon lit, ou même tirer une fille tout court. Pourtant, j’étais un enfoiré, j’en étais conscient, et ça depuis toujours. Pas d'histoire de grand amour qui m'a brisé le cœur, pas de drame sentimental qui expliquerait mon handicap de sentiments, rien de tout ça. J’étais un gamin blasé par la vie, qui croulait sous les paquets cadeaux qui l’emmerdent au plus haut point. Alors, pourquoi est-ce que je changerais la donne, surtout face à ce genre-là de gonzesse ? Je parcours ses traits déformés dans une mine outrée sans réagir autrement que je ne le fais déjà, parce que je sais que ce n’est que du pipeau. Est-ce qu’elle agirait honnêtement de la sorte, alors que je viens de parcourir allégrement des parties de son corps qu’un paumé aurait passé des semaines et des semaines à convoiter à coups de conneries d’actes romantiques et de belles paroles de merde trouvées sur un site de coaching en drague ? Je n’ai pas à me poser la question, alors je ne le fais, et me contente de fixer son visage en attendant qu’elle fasse tomber son masque, qu’elle soit en train de se payer ma tronche ou qu’elle essaye de se retaper un tant soit peu de dignité alors qu’on sait très bien que ni l’un, ni l’autre n’a ce mot dans son vocabulaire, même si on ne se connaissait pas il y a une poignée de minutes encore. Une demi seconde plus tard et elle confirme ce que je sais déjà, en abandonnant sa tronche de sainte-nitouche pour un air aussi lassé que je le suis de ma vie depuis toujours. Mon sourire se ramincit, sans disparaître pour autant, il prend une autre tournure, plus naturelle, plus normale, comme si le fait qu’on explique clairement des intentions qui n’ont absolument rien de surprenant me rendait plus subtil, plus détendu. Ça coulait de source depuis trois plombes déjà, mais l’oraliser, c’est comme annoncer la suite des divertissements au monde entier, ça met une structure, un truc du genre. Putain, cette pensée me file un coup de vieux à l’instant où elle traverse mon esprit – depuis quand je me sentais bien dans un truc organisé ? Le jeune moi me balancerait son poing dans la tronche s’il était là. Enfin, quoique, le fait que la structure et le plan d’organisation tourne autour de comment on va se sauter dessus allégrement pèse aussi un certain poids dans la balance.

Entre temps, j’ai raté le coche et quand je sors de mes pensées pour répliquer quelque chose, la brune m’a déjà oublié et gesticule comme une gamine vers je ne sais pas qui. Sérieusement, faut que j’arrête de me souvenir que j’ai un tant soit peu de neurones contrairement à ce qu’on m’a martelé toute ma jeunesse, faut que j’arrête surtout de m’en servir pour me plonger dans ces débats à la con avec moi-même, que je prenne exemple sur Jackson pour de bon et que je devienne aussi con que lui, pour de vrai. Je me redresse moi aussi légèrement dans la baignoire, laisse traîner mon regard sur le reste du studio lorsque c’est à mon tour de me désintéresser de l’autre pièce de Rostbeef, à en juger par l’accent de sa voix, que je n’avais pas pris la peine de remarquer avant qu’elle beugle un prénom à dix centimètres de mon oreille. Ça ne s’agite pas, je cherche le merdeux de scripte qui remballe son calepin ou le brillant teneur de perche qui pose son outil de gros raté du monde du cinéma du regard pour pouvoir me tirer de là et en avoir terminé avec ma brillante carrière d’acteur, mais niet. Ils sont tous là, à se regarder dans le blanc de yeux, à poireauter là et à me faire perdre patience, comme si moi aussi je n’avais rien d’autre à faire que de baigner dans un bain de sang foireux avec une vedette de chasse d’eau. Je n’ai toutefois pas à attendre plus longtemps pour qu’un mouvement se fasse et pour que le pseudo directeur qui m’a pris pour le larbin de service un peu plus tôt hausse la voix ; ce n’est pas pour autant que ça m’apaise. Recommencer ? Je jette un regard irrité vers l’autre conne qui hurle à nouveau juste en face de moi-même si elle n’est pas entièrement responsable de l’énervement qui se prend à moi et que je retourne ensuite vers le pauvre imbécile qui tient visiblement les rennes du plateau, puisque tout le monde s’agite à nouveau et se pousse direction de l’ascenseur, d’après ce que j’ai écouté du ramassis de conneries qui sort de la bouche de Monsieur le génie. Je lâche un soupir en balançant ma tête en arrière et en fermant les yeux, me souviens que je n’en ai rien à foutre de ses directives ; trop tard, je ne sais pas comment mais je me retrouve hors de la baignoire dégueulasse, une tronche de cake en train de tripoter je ne sais quoi autour de ma taille. Piqure d’adrénaline qu’il me fallait pour me remettre les idées claires, je balance ma main sur son torse et le repousse sans délicatesse quelconque, l’assaillant d’un regard noir encadrés par mes sourcils, et tous mes traits, froncés, alors que je m’occupe moi-même de serrer la serviette blanche qui vire au cramoisi direct autour de mes hanches. Pas le temps de lui refaire le portrait et tacher sa jolie chemise de vrai sang plutôt que de cette merde synthétique dont ma main a laissé aussi net que me délicatesse l’avait permis qu’un autre déjà me presse le pas et me pousse vers je ne sais où. Mon regard balaie les alentours alors que je ne suis plus vraiment le cours des événements, trop occupé à montrer les crocs à chaque illuminé qui se pense autoriser à me toucher. Il y a juste la juste la cambrure de reins qui s’appuie contre moi qui ne m’est pas trop désagréable puisque ça me rappelle des tas de bonnes choses – c’est sûrement pour ça que je continue d’avancer docilement jusqu’à ce putain d’ascenseur en incendiant tout le reste du monde du regard.

Le réconfort s’oublie toutefois rapidement une fois qu’on est en place et que je porte une main agacée à mon visage, lâchant un claquement de langue compulsif et clignant des yeux trop fort. « Fais chier. » Je me parle à moi-même, elle ne le remarque d’ailleurs pas, ou alors, plus probable, elle s’en fout, puisqu’elle se réintéresse à moi en me dictant les nouvelles directives. Je repose mes yeux plus hagards que brillants désormais sur elle, reste insensible à son sourire de cinglée et laisse couler une poignée de secondes. Ouais, c’était trippant, avant. Maintenant, quand je le regarde, je vois juste la tronche d’un abruti de chien bien docile et obéissant, un roquet qui aboie plus fort qu’il ne mord, et pour le coup ça plombe un peu les plans que j’avais pour elle en tête. « Le joli pantin. » Je lâche un sourire mauvais et détourne la tête vers l’équipe de tournage pour donner ma démission avec un semblant plus de tact qu’en me barrant simplement – enfin, c’est surtout que ça va me détendre un peu plus si je leur balance ce que je pense d’eux avant de disparaître de leur vue -, remarque une rouquine en arrière-plan qui regarde vers nous avec une tête de bécasse qui ne comprend pas ce qui se passe. Je reconnais le regard de débile profonde que j’ai fait briller la veille dans les chiottes du bar. Ça suffit à me convaincre, même si mon avis était déjà tranché ; je jette un dernier regard partagé entre la déception et surtout le mépris vers la brune bien docile face à moi, souris à nouveau avec de la pousser sans plus de ménagement contre le paroi de l’engin et de l’oublier pour de bon. « C’est pas rejouer le final qui va rendre ta connerie de film de paumé moins merdique. » Le directeur à qui je m’adresse semble outré, pour de vrai, lui, mais je lui passe sous le nez sans réagir. Il balbutie un truc comme quoi c’est encore son film et qu’il en fait ce qu’il veut. Je lâche un ricanement, acerbe, sans laisser l’ombre d’un doute planer sur la nature de ce que j’en pense. Toutefois, je prends une voix douce et terriblement ironique, m’arrêtant un instant à sa hauteur. « Ouais, pardon. Je suis sûr que tu vas faire un tabac au Festival du Film des réalisateurs de merde. Je suis juste pas le type qu’il te faut. » Sourire bienveillant, je tourne la tête vers le type qui se tient juste à côté, pas membre de l’équipe vu sa dégaine. « Tiens, lui, il fera l’affaire. » Les protestations viennent de trois côtés, je ne fais attention qu’à la voix trop haut perchée de l’élu – tiens, c’était ça ses cris de fillette tout à l’heure ? Ma main vient tapoter la joue du gars, la couvre du truc rouge dégoulinant auquel j’ai eu le droit plus tôt, alors que je m’adresse toujours au directeur trop freluquet pour oser faire autre chose que de râler à demi-mots. « Voilà, il est dans le personnage. Oh, et, ta diva, profite au moins pour la baiser, j’ai eu l’impression qu’elle avait treize ans. » J’agite la main devant la tête du dénommé Jekyll ou un truc du genre. Il ne doit pas comprendre le sous-entendu, je ne doute pas que la principale concernée, elle, verra bien ce que mes doigts de j’agite en guise d’au revoir renvoie comme idée. Je me faufile par le passage que j’ai créé en tirant le nouvel acteur vedette en avant et me dirige vers mes affaires, que je ramasse en lançant un sourire délicat vers la rouquine qui va m’aider à redonner un tant soit peu d’intérêt à cette journée. « Y’a des douches dans ce taudis ma jolie ? » Toujours cet air de conne finie qui m’arrange bien sur les traits, couplée à une apparente incompréhension totale de ce qui se passe, elle tend la main vers une direction que j’emprunte un instant plus tard. Faut que je pense à envoyer une carte postale à la prison du bled où j’ai laissé Jack pour lui raconter ça, tiens.



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MessageSujet: Re: CODY&PARKER ✖ Bloody hell - and i couldn't have said it better   Dim 30 Déc - 20:19

Bloody hell
Parker & Cody

— and I couldn't have said it better



De le voir partir ne l’étonna pas. À peine elle haussa un sourcil, mais c’était limite. Déjà, qu’il ait traîné autour d’un bain de sang, qu’il soit même entré dedans, qu’il ait collé quelques minutes déjà, qu’il ait joué le jeu et qu’il ait même eut l’air d’aimer ça sous ses airs blasés lui avait suffit. Fallait pas oublier que c’était un étranger, un mec qui n’avait pas dû tout de lien sur le plateau. Cody se surprit à le justifier, à penser encore à son cas quelques minutes plus tard et elle roula des yeux. C’était pas un gamin et il ne se tuerait pas en restant tout seul dans la Factory. Que venait-il y faire de toute façon? Jekyll toussota, beaucoup trop apeuré pour lui dire clairement que c’était à elle de briller dans le foutu ascenseur, et Hendricks rigola devant tant de faiblesse. De voir le réalisateur encore et toujours dans ses états lui suffit à changer complètement de victime. Pauvre Jekyll. Il s’agitait dans tous les sens, jacassait, tremblait, brillait, se cachait derrière le caméraman, émergeait ensuite. Il était en pleine ébullition mais avait trop peur de son ombre pour vraiment prendre sa place et agir en tant qu’un vrai directeur de plateau, que la tête parmi la fourmilière. De tous les voir bouger en accéléré lui colla un sourire sarcastique sur les lèvres, et l’anglaise arriva même à se trouver une clope pas trop loin pour la savourer entre deux scènes, entre deux crises de nerfs, entre deux éclairs de génie. C’était ça le cinéma. Une belle façade, des jolis mensonges, une philosophie à la con étalée d’un mur à l’autre, hypocrisie de ceux qui offrent à ceux qui reçoivent. En fait, le cinéma lui faisait du bien. Ça lui permettait enfin d’avoir l’air d’autre chose que d’une sans coeur. Sa petite larme quelques minutes plus tôt avait sans doute attendri Jekyll, il avait sûrement vu en elle autre chose que le serpent qu’elle était. Que son venin qu’elle prenait honnêtement plaisir à lui cracher au visage. La caméra l’aidait à passer pour autre chose qu’une suicidaire, qu’une folle, qu’une vipère, qu’une méduse. Pourtant, on savait tous qu’elle jouait son rôle à la perfection. Qu’elle arrivait à mimer n’importe quelle émotion malgré le fait qu’elle n’ait jamais vraiment rien ressenti. Une lentille ne servait qu’à tromper tout le monde. Et après vous vouliez qu’elle vous accorde que les humains ne sont pas tous des cons?

Quelques bouffées de cigarette plus tard et le plateau bourdonnait de nouveau. Une nouvelle bande d’acteurs faisait leur entrée à la Factory, Cody entamait la scène première du court métrage de Jekyll qui ne se terminerait probablement jamais et Jo s’engouffrait dans les vestiaires avec l’étranger. Elle ne perdait pas de temps la rouquine. Hendricks perdit la notion du temps, ce qui arrivait souvent à l’usine, et se retrouva à faire une scène, puis une autre, puis une autre. Elle passa de l'ascenseur à la cage d’escaliers, puis elle fit un rapide passage dans le bain de sang, maintenant glacé, qui lui arracha un soupir bien senti lorsqu’elle y foutu ses orteils. Et tout ce temps, Miccah était toujours là. Tapis dans l’ombre, il attendait qu’elle termine, bien évidemment. Cody l’avait totalement oublié, elle avait autre chose à faire que de se sentir mal pour un mec qu’elle avait clairement foutu en dehors de chez elle le vendredi précédent, et dépourvue de toute faculté d'empathie elle ne se la jouerait certainement pas maman avec lui. Résultat, une petite heure plus tard elle émergea du bain, s’enroulant d’une serviette, filant vers les douches pour se nettoyer vite fait, et fût plus que dérangée de le voir surgir devant elle, les yeux brillants de s’être ennuyé probablement. Honnêtement, elle retint un rire. Un rire de pitié. Mais ça l’aurait probablement achevé à l’instant. La brunette se contenta donc de l’ignorer comme une adolescente, filant entre ses bras alors qu’il tentait de lui prendre amoureusement la main.

« Cody?! » tenta Miccah, faisant un pas dans sa direction.

La belle continua son manège, passant par les vestiaires en sifflotant, lançant sa serviette à bout de bras et se passant une main dans ses cheveux encore ensanglantés en rêvant déjà de sentir le pommeau d’eau brûlante lui exfolier la peau. Le seul hic à la Factory était la quantité de douches, se limitant à une seule et des bruits parfaitement reconnaissables lui confirma que Jo était toujours avec l’inconnu dans la seule douche disponible. L’anglaise se retint d’ouvrir le rideau pour toute les fois où sa copine lui avait laissé la salle de bain libre pour qu’elle s’y adonne à ses ébats et partit à la recherche d’une serviette propre ou au moins d’un morceau de vêtement laissé à la dérobée pour se couvrir un peu le temps qu’elle puisse avoir accès elle aussi à un semblant de propreté, que ça pue le sexe ou non. Ne vous méprenez pas, elle n’était pas pudique et ne cherchait pas ardemment à se vêtir pour se cacher. C’était seulement que les dalles de céramique des vestiaires lui gelaient littéralement les pieds et qu’elle aurait pu feindre le Parkinson tellement elle tremblait. Une chemise trouvée à la ramasse lui suffit et elle en profita pour s’installer sur un banc face à la douche, attendant bien sagement que sa meilleure amie termine ce qu’elle avait à faire, étrangement bien calme puisqu’elle avait trouvé dans la poche un joint qu’elle s’empressa d’allumer. Un mec avec Jo et elle n’avait pas envie de lui éclater la tronche? C’était nouveau. Soit elle vieillissait, soit elle était déjà trop stoned pour se rendre compte de quoi que ce soit. Ou alors c’était le fait que Miccah venait de se planter face à elle qui lui enleva l’envie meurtrière de chasser l’autre inconnu de derrière le rideau pour lui éviter d’éclater le coeur de son amie en mille morceaux, encore.

« Je peux t’aider? »

« Tu ne m’as pas entendue tout à l’heure? »

« Il paraît. »

Ce qu’il y avait de bien avec Cody, c’était sa faculté à répondre de jolies petites réponses courtes, mais efficaces. Ses grands yeux de biche, sa mine angélique, sa silhouette élancée et sa plastique presque parfaite y étaient pour quelque chose aussi. Qui aurait cru que derrière une si jolie fille se cachait un coeur si dur, si impitoyablement cruel? Le pire, c’était qu’elle le faisait absolument sans raison. si au moins elle avait un viol de gang de rue ou un père molesteur qui l’avaient traumatisé et qui lui avaient donné envie d’être foncièrement venimeuse. Mais non. Elle avait eu une belle enfance, une adolescence correcte et aucun traumatisme sérieux. Cody se fichait seulement de tout le monde.

« Cody, j’aimerais vraiment qu’on se donne une chance. Je suis persuadé que si tu baisses tes barrières et que tu me laisses une chance je... »

« Tu quoi? » elle le coupa, surprise. « Honnêtement? Parce que je pense que j’ai toujours été claire et que t’étais au courant depuis le début que j’étais tout sauf intéressée à ça. Désolée. »

Miccah était déçu, vraiment. Le pauvre. Pourtant, Cody n’avait jamais été gentille avec lui. Elle n’avait rien de la copine parfaite, elle n’avait même jamais voulu de ce titre et certainement pas avec lui. Il la sautait bien et c’était suffisant. Pourquoi penser plus loin et voir les possibilités? La douche s’éteint et Cody se leva d’un bond, lui glissant le reste de joint entre les lèvres, bonne joueuse. « T’as besoin de relaxer un peu. » Jo sortit de derrière le rideau et Cody lui claqua une fesse, rigolant. La tête rousse de son amie s’enquit ensuite de prendre le bras de Miccah, consciente qu’il venait de subir l’effet Cody une fois de plus et qu’il aurait besoin de quitter les lieux rapidement avant de péter littéralement un câble. Quelle bonne âme, vraiment. Potter n’arrêtait pas de surprendre Hendricks et l’anglaise aurait parfois aimé être en mesure d’entrer dans la cervelle de sa copine pour voir comment elle faisait pour être aussi confiante, aussi douce envers la vie malgré toute la merde qu’elle avait reçu depuis ses premières années. Les deux maintenant sortis, Cody se tourna vers la douche et vit l’autre, l’étranger, en sortir vite fait et reluquer la chemise qui semblait lui appartenir.

« J’ai pris le joint aussi. » un sourire sur les lèvres, elle retira la chemise et prit sa place derrière le rideau, ouvrant le pommeau de douche et fichant son visage sous le jet, question de commencer par le début.

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MessageSujet: Re: CODY&PARKER ✖ Bloody hell - and i couldn't have said it better   Mar 15 Jan - 17:53




Bloody hell — and I couldn't have said it better

Cody A. Hendricks & Parker H. Bernstein



La rouquine a le bon sens de ne pas traîner pour m'emboîter le pas, après le premier sourire ravageur que je m'applique à coller sur mes lèvres en passant devant elle et deux minutes même pas plus tard, elle tire derrière elle le rideau de la douche dans laquelle elle vient de me conduire. C'est pas plus classe que le reste du taudis qu'est devenu tout le bâtiment, mais je m'en fous royalement. J'étais pas forcément très branché dans les trucs archi glauques en dehors des shootings que je menais volontairement dans un sens pareil, mais je ne suis plus à ça près, l'autre pauvre fille m'a quand même bien laissé sur les crocs et je me surprends presque à frôler l'éclair artistique en laissant traîner un œil sur le contraste en ma main encore rouge cramoisie, le blanc laiteux du cou de la fille et le carrelage verdâtre contre lequel je viens la plaquer. L'harmonie des couleurs est tout ce qu'on pourrait trouver de plus laid, et pourtant ça a un truc beau, profond, limite planant. C'est carrément dérangeant comme image mais elle est à la limite de me filer l'envie de sortir deux ou trois alexandrins à mettre en légende du chef d’œuvre d'une vie, un cliché que j'affublerais d'un nom à la sauce de ce qui choque tout le monde et que j'utiliserais en guise de carte de vœux pour la chorale de mioches de ma mère pour Noël. Je suis certain que ça ferait un tabac, en tout cas un scandale, parce que ça doit être flippant une fois sorti du contexte, la gorge a l'air cadavérique, mes doigts laissés la chair à vif, on ne voit pas grand chose mais c'est pourtant tellement explicite. Je commence même à songer à toute la série d'images qui l'accompagnerait et que j'irais accroché gaiement et clandestinement contre les statues de l'église du coin, j'imagine le clodo que j'aurais ramassé dans une rue par là et qui scanderait des "péché, sang et putréfaction" jusqu'à en perdre la voix contre une bonne petite poignée de dollars, mais la rousse se met à gigoter devant moi et me ramène sur terre. Je la fixe un instant encore avant de desserrer mes doigts de son cou, me rappelant que ça ne servait à rien de rêvasser sur une photo de que je ne prendrai de toute manière pas, sachant pertinemment que même si je remontais cette mise en scène au détail près lorsque j'aurais un appareil sous la main, je ne retrouverais pas cette piqure de fascination pour ce que je vois. Je reporte mon attention sur ma partenaire et je laisse glisser ma main le long du buste de la pauvre fille qui retrouve finalement la faculté de respirer et qui vrille un regard un brin inquiété dans le mien, qui se fixe sur ses prunelles, indéchiffrable et impassible. J'écoute sa respiration que j'ai compliqué pour quelques secondes, je ne la laisse prendre que quelques bouffées de l'oxygène qui lui a manqué un instant plus tôt avant de venir coller un baiser dur, précipité sur sa bouche, les dernières miettes de ma patience envolées à l'instant où j'ai deviné une étincelle de panique traverser ses pupilles dilatées. Mes mains remontent sur ses épaules et c'est moi qui m'écarte d'elle, juste assez pour que j'aie la place de la faire glisser genoux au sol. Je m'adosse à l'autre paroi de la douche et jette un dernier regard vers l'empreinte que ma main a laissé sur le carrelage là derrière, déjà blasé par l'image que je m'en faisais il n'y a qu'une poignée de secondes, avant que mes yeux ne se closent à la même mesure que mes lèvres se referment sur un premier râle étouffé.

La tournure des choses qu'a pris cette journée m'arrange pas mal. Même si j'ai l'impression que j'ai perdu un peu trop de temps à juste jouer avec le feu avec la fille de tout à l'heure sans rien obtenir de concret au final, ça m'aura au moins servi à atterrir là, dans cette douche, et de régler l'affaire avec la rouquine sans avoir à me taper une fausse discussion intéressée avec elle en lui payant un truc à boire ou une connerie de préliminaire du genre. Même si je doute que ça m'aurait pris des lustres et des tonnes d'énergie pour finalement me la faire sans passer pour le connard d'abuseur - que je suis effectivement, pas de méprise -, à en juger par le manque de doute qu'elle avait relevé avant de me suivre dans la doute, parfaitement consciente de ce qui s'y passerait, c'est quand même plus simple comme ça, et surtout, je vais pouvoir y consacrer moins de temps que prévu, côté parade amoureuse à je te fais la roue du paon, entendons-nous bien. L'interlude physique s'est prolongé aussi longtemps que nécessaire pour nous combler amplement tous les deux, ou du moins pour ma part, même si j'ai peu de doutes concernant la fille, d'abord par principe, ensuite par simple observation. Je la laisse glisser contre la paroi jusqu'à ce que ses pieds retrouvent le sol , parcourant son visage empourpré d'un regard rapide, sourire lubrique aux lèvres. Ouais, c'était vraiment plus pratique comme ça ; en plus de m'être passé bien volontiers des heures de charme stupides et intéressées habituelles, j'allais aussi pouvoir éviter la discussion polie post-sexe sur la décoration de l'appartement, le remballage et le raccompagnement jusqu'à la porte tout en bonnes manières. Là, la rousse se raccompagne d'elle-même, elle s'échappe de la douche qui fume sans un mot à l'instant où elle remarque que je ne m'intéresse plus à elle, plus pour tout de suite, en tout cas. Je garde mon sourire aux lèvres, moins voluptueux, plus détendu, alors que je lève la tête vers le pommeau de douche et prends finalement la peine de vraiment me rincer, même s'il me ne reste plus grand chose de l'hémoglobine de toute à l'heure. L'eau est chaude, limite brûlante mais s'accorde bien avec la température qu'a pris mon corps sous le coup de l'effort et celui de la testostérone, mais je ne m'y attarde pourtant pas. Je ne m'attarde jamais nulle part, encore moins quand j'y trouve un brin de confort, de plaisir. C'est comme ça, ça l'a toujours été... Et en plus de ça, là, j'ai le besoin terrible de me fumer une clope.

Je tire sur le rideau, meurs à moitié. La vapeur qui s'échappe de la cabine de douche rentre en collision frontale avec le froid terrible que dégage le vestiaire aussi lugubre que mal éclairé et moi, je me retrouve pile entre les deux, une serviette nouée autour de la taille en simple et naïve protection. Je manque l'infarctus de peu ; je croise une paire d'yeux bleu électrique juste au moment où je m'apprêtais à piailler toute ma douleur et ça suffit pour me faire serrer les dents. Ça me réchauffe même un peu, d'ailleurs, alors que je pensais pourtant être repu pour au moins quelques heures. Faut croire qu'elle a marqué mon esprit plus que je ne le pensais, parce que je peux pas m'empêcher de rhabiller mes fossettes d'un sourire en coin en parcourant les traits vite fait de l'actrice de tout à l'heure, plantée là, pile face à la cabine de douche. J'avais bien cru l'entendre un peu plus tôt, entre deux soupirs de la rousse que je ne vois déjà plus dans les parages, mais il m'avait semblé me retrouver seul dans le local ensuite lorsque je ne percevais plus que l'eau qui s'écoulait du vieux pommeau entartré. Peu importe ; elle est bien là et mon regard glisse sur ce que je reconnais comme étant ma chemise. À peine le temps de hausser un sourcil qu'elle m'annonce déjà que ce n'est pas la seule chose qu'elle m'a prise, me balançant l'étoffe qu'elle ôte avant de tirer le rideau de la douche derrière elle. Je la suis du regard, d'abord circonspect, avant de venir tâter machinalement la poche du vêtement désormais tâché de faux sang et de constater qu'effectivement, elle ne s'était pas gênée pour le moins du monde. Ça devrait m'énerver, déjà agacé quand je dois ne serait-ce que filer un stylo à quelqu'un pour le dépanner, là c'est ma came et c'est encore bien pire. Néanmoins, je me contente de rendre mon sourire un peu plus mauvais, un peu plus amer, mais pas moins amusé face à cette désinvolture que je ne connaissais, auparavant, que chez moi. Je reste un instant immobile, avant de serrer la chemise entre mes mains et de balancer la boule que j'en ai faite sur le banc là-devant. Mon regard s'agite et je cherche le reste de mes fringues, tandis que ma voix s'élève finalement, sur un ton limite chantant, guilleret, rythmant mes syllabes comme un gamin qui scanderait moqueur que deux autres sont amoureux. « T'augmentes ta dette... » Je finis par repérer mon blouson et je fourre ma main dans la poche droite pour en sortir une clope, à défaut de mieux. Je porte la porte à mes lèvres, pioche encore un briquet dans ma veste avant de revenir vers la cabine de douche. Ma main vient agripper le rideau de douche et je dégage une vue bien correcte sur la jeune femme. « Heureusement que t'es plutôt du genre solvable, j'aurais pas voulu devoir abimer la jolie petite tête de ton copain. » Je souris comme je peux, ma cigarette toujours pincée en mes lèvres, lorgnant sans plus de gêne que tout à l'heure sur sa silhouette, désormais bien en vue. Je lève mon briquet et allume finalement ma dose de nicotine. « D'ailleurs, il s'est barré ? Il a un peu volé la vedette à l'autre greluche, avec ses piaillements de pucelle. C'en était limite vexant. » Mon regard s'est détaché d'elle pour vadrouiller rapidement dans la pièce, mon ton se faisant presque las. Je tire une bouffée sur ma cigarette avant de revenir sur elle, l’œil moqueur, joueur. « Enfin. Si toi, c'est les castrats qui t'excitent... » Nouveau sourire, nouvelle dérivée de mon regard sur ses formes, je la détaille en prenant mon temps, cette fois-ci seul à être en mesure de la reluquer de la pièce. Je viens appuyer mon épaule contre le mur et penche un peu la tête sur le côté.
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MessageSujet: Re: CODY&PARKER ✖ Bloody hell - and i couldn't have said it better   Dim 3 Fév - 4:53

Bloody hell
Parker & Cody

— and I couldn't have said it better



L’eau bouillante coulait maintenant à gros jet et l’anglaise tiltait à peine, la chaleur lui donnant la mince impression d’être calme, apaisée. Sa peau rougeoyait à vue d’œil, la vapeur commençait lentement à s’échapper par l’ouverture que l’autre laissait entre le rideau et les vestiaires et ce n’est que lorsque Cody ouvrit une paupière, puis l’autre, et qu’elle balaya son visage du revers de la main pour retirer les mèches qui lui bloquaient la vue qu’elle vit qu’il était toujours là. C’était glauque, que le mec qui venait de se taper sa coloc chérie soit maintenant le pauvre petit pervers qui la reluquait alors qu’elle se débarbouillait de toute la fausse hémoglobine qui recouvrait sa peau blanchâtre, mais la connaissant elle ne faisait évidemment pas de scène, se foutant de la situation le plus honnêtement du monde. Une sourire désabusé plus tard et elle poussait son bras un peu trop insistant pour agripper la barre de savon qui traînait sous le pommeau. Elle chantonne même, la belle, ignorant volontairement la présence de la pseudo-star de série b, haussant vaguement les yeux au ciel lorsqu’il mentionne une certaine dette. Franchement. Des mecs paieraient pour qu’elle se balade seins nus dans leur chemise, d’autres se masturberaient en la voyait tirer une latte sur une de leur clope ou de leur joint bon marché et lui il faisait sa petite nature, son égoïste du jardin de gosses et tentait de la faire se sentir coupable? La Cody de 9 ans rigola, pensant à lui tirer des roches dès qu’il aurait le dos tourné pour qu’il lui fiche la paix dans la cours d’école. Mais elle se contenta de lancer, à demi-mots :

« Si tu veux, on pourrait aussi faire la liste du nombre gênant de fois où j’aurais pu crier aux flics qu’un pur inconnu essayait de me violer du bout des doigts dans un bain de sang sans que j’ai donné mon consentement. » chiante, elle fit mine de l’ignorer complètement, lui offrant son dos cambré, passant au shampooing d’une main agile. « À peine majeure et voilà que la pauvre actrice aspirant à une carrière d’étoile de Broadway voit son avenir bafoué par un pauvre retardé qui saute des actrices de cinéma noir pour assouvir ses pulsions sexuelles dérangées. »

La mention de Miccah ennuya d’autant plus Cody qui ne s’amusait plus mais alors plus du tout. Journée de merde où tout va dans tous les sens, où Jekyll reprend à merveille son rôle de girouette sans tête, où le mec duquel elle tente de se débarrasser depuis des semaines ressurgit avec les yeux pleins d’espoir, où elle se rappelle qu’elle est maintenant bien en retard pour alors réclamer son dû, lire ici le généreux pot-au-vin que ses parents lui filent chaque mois pour qu’elle reste calme et ne bousille pas leur vie pour le moins parfaite. Et ça la fait chier, et tout la fait chier au final, et c’est pas nouveau pour le moins du monde. Hendricks est une emmerdeuse emmerdée. « C’est pas comme si tu allais lui bousiller la cervelle plus qu’elle ne l’est déjà. » lâcha la mesquine brunette, faisant allusion au manque flagrant de logique du pauvre Miccah qui revenait dans le décor encore et toujours, confiant qu’elle baisserait ses barrières un jour et lui ferait une belle place dans sa vie, avec des croissants, du miel et un thé à la vanille. Un haut le cœur plus tard, Cody haussait un sourcil puis l’autre lorsqu’elle jurait croire qu’il reprochait à Jo d’être un peu trop expressive lors de l’acte, et elle se demandait sérieusement la raison pour laquelle elle ne lui filait pas la barre de savon direct en travers de la gorge, rigolant goulument à voir les bulles se former dans sa gorge et lentement l’asphyxier. Pourquoi donc restait-elle là à le fixer, ses yeux de biche le plus sarcastiquement posés sur son regard blasé à lui?

C’était parce qu’il la reluquait, pardis. Et quoi qu’on puisse dire sur la reine de glace, il fallait savoir une chose. Lorsqu’elle entrait en mode séduction, il n’y avait rien qui pouvait l’arrêter. Elle avait beau être chiante, se foutre de tout, et par tout j’entends la totalité de ce qui constitue la planète, elle avait ce petit quelque chose, cet aimant dans les yeux, qui attirait les hommes comme des mouches sur une belle part de gâteau au chocolat offerte à la vue de tous. L’anglaise prenait plaisir à battre des cils, à compter un par un les signes qui se déclenchaient chez le sexe masculin lorsqu’elle entrait dans une pièce, et ce sans faire le moindrement un petit effort. Son charme se dégageait tout seul, comme un venin qui emplissait les poumons de quiconque respirait près d’elle, qui s’y frottait de trop près. Et mine de rien, à voir la façon dont il la regardait, là, tout de suite, fallait pas être conne pour comprendre qu’il y avait une pointe de désir, d’envie. Ce fût assez pour qu’elle fasse un pas, puis un autre dans sa direction, et qu’elle lui agrippe le vous-savez-quoi (essaie d’être polie en disant ça, ah!), les yeux pleins de malice.

« Si t’arrêtais les allusions et que t’étais le moindrement plus confiant, ça serait déjà moins chiant. J’dois passer la journée à endurer des acteurs qui vivent par procuration et métaphores. J’aime qu’on me dise les choses clairement. Je perds du temps là. »

Un jet d’eau plus tard et sa longue chevelure brune était propre, comme le reste de son corps. Ne laissant pas plus de temps au garçon d’ajouter un mot de plus, elle ne ferait pas non plus la cruche à attendre alors qu’elle lui offrait le plus évidemment du monde de la sauter dans la même douche où il venait de le faire avec Jo et qu’il restait muet, avide, la détaillant encore des yeux. C’était fait, done deal, on passe à autre chose et elle éteignit la douche, passant en coup de vent entre lui, c’était quoi son nom d’ailleurs, pas qu’elle s’intéresse, mais plutôt qu’elle en avait marre de référer au type par « l’autre » et c’était un aller simple pour Neverland qui l’attendait. Bref.

« Tu me files de l’argent pour un taxi? Non parce que mine de rien c’est un peu ta faute si je suis en retard pour aller jouer à la bonne cadette au dîner en famille du dimanche. » le plus sérieuse du monde, elle lui tendit une main avide de fric, s’essorant distraitement les cheveux au passage. « Si t’es gentil, tu me verras peut-être même enfiler ma belle robe blanche et ma culotte de chasteté. »

L’ironie même se déplaça vers son casier, sortant un vieux pull de laine avec quelques mailles, une jupe courte moulante et des bas collants foncés qu’elle entreprit d’enfiler par-dessus ses sous-vêtements noirs. Accordant une demi attention au mec, qui était mine de rien resté dans les vestiaires tout ce temps, il lui fallait quand même une bonne raison ou un planning complètement chiant pour perdre son temps là, elle se contenta de lui demander son nom, jouant dans la politesse en gardant en tête qu’elle avait toujours besoin de quelques billets pour parcourir la ville en taxi et rentrer bien sagement chez les Hendricks. Un trait d’eyeliner plus tard et un coup de brosse dans ses cheveux rebelles et encore humides et elle abdiquait, presque, se plantant devant lui, les bras croisés.

« Tu m’as toujours pas dit ton nom. »

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MessageSujet: Re: CODY&PARKER ✖ Bloody hell - and i couldn't have said it better   Dim 3 Mar - 23:57




Bloody hell — and I couldn't have said it better

Cody A. Hendricks & Parker H. Bernstein



La mention de Broadway me choque plus que la description qu’elle fait de moi. J’hausse un sourcil, en continuant de la mater effrontément, pas embêté pour la moindre qu’elle fasse sa pimbêche en me coupant la vue en se retournant puisqu’elle m’offre celle sur sa chute de reins en contrepartie et ce n’est pas ne plus voir ses beaux yeux qui va m’attrister. Je ne m’imaginais pas que ce genre de crève-la-faim hollywoodienne, qui accepterait n’importe quel rôle du moment que ça paiera en partie sa came, ait la moindre idée de ce qu’est Broadway. Je l’imagine dans sa petite robe à froufrous, assise au premier rang d‘une comédie musicale de celles qui propulsent votre nom d’acteur tout en haut de l’affiche, les yeux brillants d’émotions et de rêves et je me marre de nouveau. C’est tellement peu crédible mais ça égaierait clairement ma journée si ça avait été son cas avant qu’elle atterrisse dans ce trou à rats. Les désillusions de la vie de comédien, j’en ferais toute une œuvre si j’arrivais un jour à les capturer sur papier photo. Les mines fraîches, confiantes et adorables qui poussent un jour la porte d’un agent quelconque de Los Angeles et qui en ressortent, quatre ans plus tard, les traits tirés, les épaules basses, le teint dégueulasse à force de se laisser cramer au soleil en arrondissant leurs fins de mois en la jouant homme-sandwich pour le fast food du coin, rien qu’un contrat sous le bras, une pub toute aussi merdique que la première qu’ils avaient dégotée il y a des années de ça. Los Angeles, la ville où tout le monde se présente comme la future icône du cinéma en posant le pied sur le tarmac de LAX et où tout le monde finit croupissant dans un studio merdique ou chialant sur l’épaule de leur vieille mère en repartant vivre chez elle moins d’une décade après. Je n’y aurais jamais pensé lorsque je me fichais de la gueule de Jack qui me parlait de la cité des Anges avec sa tronche de teckel lobotomisé, mais c’était peut-être bien la ville qui m’allait le mieux, un peu mon pays des Merveilles à moi. L’absence presque totale de thons sur la plage, les déceptions à tous les coins de rue, une vraie petite Foire des Drogues la nuit tombée, des tas de gens assez cons pour croire que je suis un photographe qualifié autrement que par les parties de jambes en l’air que j’ai fourgué à la pauvre cruche qui m’a permis de me faire un nom en arrivant. Je m’y plaisais, définitivement, et même si je partais souvent sur des coups de tête à l’autre bout du monde et que je savais pertinemment que je finirais par faire une connerie qui me forcerait à m’exiler au fin fond du Tyrol autrichien un jour ou l’autre, je m’y sentais chez moi plus que nulle part ailleurs.

Je n'ai pas le temps d'amorcer un soupir attendri par les images de junkies qui moisissent derrière les poubelles le long du Walk of Fame qui défilent derrière mes yeux que je ravale l'air qui remontait le long de ma gorge et je me tends aussi brusquement que je m'arrache de mes pensées. J'ai beau avoir gardé mes yeux rivés sur elle tout du long et même si j'affiche toujours cet air de voyeur graveleux, mon attention s'était envolée ailleurs et je n'avais pas remarqué qu'elle s'était rapprochée de moi. Je ne pouvais donc pas prévoir qu'elle m'agrippe comme elle le fait, d'où mon sursaut, léger mais perceptible. L'effet de surprise couplé au fait que je n'aimais pas qu'on pose rien qu'un doigt sur moi sans que je l'aie autorisé avant devrait me faire me secouer et la repousser propre en ordre, sauf que voilà les enfants, ce n'est pas autour de mon bras qu'elle a glissé ses doigts et là, aussi désinvolte, insurgé et mutin puis-je me plaire à me décrire, il y a quand même un ordre des priorités vachement plus important à respecter dans ce genre de cas, même pour la tête la plus brûlée du périmètre. Mon sourire s'évanouit discrètement jusqu'au coin de mes lèvres alors que je serre les mâchoires, prenant toutefois garde à chasser tout indice sur la tension qui me parcourt de mes traits. Je pourrais voir les choses autrement dans d'autres circonstances, une fille avec qui vous avez clairement prévu de coucher qui s'interrompt un instant dans sa douche pour venir s'intéresser à votre Père Frappart de plus près devrait plutôt m'apparaître comme l'opportunité parfaite d'entamer un second round sur-le-champs, sauf que j'ai encore un peu l'esprit embrumé par l'autre rouquine - "l'esprit", ouais, vous pouvez pouvez mimer les guillemets du bout des doigts et retenir un ricanement lubrique - et puis, faut pas oublier qu'en dehors de la drague goulûment partagée le peu de temps passé ensemble, elle m'a aussi paru vachement glauque et dérangée dans son genre. Et si ça me plaît sur le papier et que j'en ai joué un peu plus tôt, là, comme ça, sans que j'aie pu m'y préparer, ça me fait quand même un peu flipper. La faiblesse d'un homme, sûrement. Enfin, je n'ai pas le temps de faire autre chose que de m'efforcer de garder mon flip soudain pour moi histoire de garder le peu honneur que je peux sauver qu'elle passe déjà à autre chose, sans manquer de me faire remarquer que j'étais un peu trop lent à la détente pour elle. Je fronce les sourcils alors qu'elle s'échappe de la douche, ne prenant même plus la peine de la suivre des yeux maintenant que je suis frustré pour de bon et que je sens mon égo se craqueler de part en part avec horreur. Putain, tu les touches, elles crient au scandale et tu te retrouves avec l'interdiction de les approcher à plus de 200 mètres et avec le poing de leur petit copain d'une demi tonne dans la tronche, tu les touches pas, elles lèvent les yeux au ciel et te prennent pour une merde sans nom sans manquer de te le faire remarquer. Je serre les dents sur le juron dans la langue de Goethe que je sens naître au bout de mes lèvres et décide de me reprendre, histoire de saisir la dernière petite chance qu'il me reste de ne pas passer pour un con.

Je fais volte-face et elle me donne sûrement sans le savoir un bon coup de pouce avec sa nouvelle réplique, ponctuée par sa main qui se tend vers moi comme si j'allais lui faire l'aumône. Dîner de famille ? Les mots résonnent à peine à mes oreilles qu'un sourire rieur revient se coller sur mes traits et efface presque instantanément l'agacement qui m'obnubilait pourtant une demi seconde plus tôt. Sérieusement ? S'il y a un endroit où je l'imagine encore moins qu'à Broadway, c'est assise à une table, Papa-Maman en face et un bon petit repas de famille sous les yeux. Je manque de peu de me marrer de nouveau, mais son regard fixé sur moi me laisse un instant toucher du bout des doigts la perplexité. Et si finalement elle était sérieuse ? Si c'était le cas, tout se rejoignait : je la verrais carrément à sa place dans un des plus grands théâtres du monde, parce que, pour le coup, son jeu d'actrice serait juste fabuleux. Trois secondes plus tard et elle qui se tortille sans gêne aucune pour rentrer dans sa jupe juste sous mes yeux plus tard, j'oublie cette hypothèse et sourit de plus belle. Elle se paye juste ma tête, comme on le fait mutuellement depuis le début en fait, et ce n'est pas pour me déplaire. « J’vais pas te filer du fric pour te ramener chez ton mac ou j’sais pas qui que tu considères comme ta famille. Tu t’en fais pas assez en montrant ton cul dans ces merveilleux films d'auteur ? » C'est à mon tour d'attraper mes vêtements et je les enfile vite fait, vaguement réticent au moment d'enfiler ma chemise qui a tourné cramoisi, mais tant pis, j'improviserai et rajouterai un peu de vrai sang du premier venu qui y laissera traîné un regard un peu trop dédaigneux. Du coin de l’œil, je la vois qui revient vers moi et je tourne la tête vers elle, juste à temps pour la gratifier d'une moue mi perplexe, mi je m'en foutiste. Mon prénom ? Qu'est-ce que ça peut lui faire ? Si elle me plaisait pas mal il y a une poignée de minutes encore, je commençais de nouveau à me lasser, comme avant sur le plateau, et faut bien avouer que ma perte de moyen à la con juste avant qu'elle sorte de la douche avait fini de me convaincre qu'il faudrait mieux passer à autre chose. C'était pas mon genre de perdre des plumes pour une gonzesse, aussi bandante qu'elle soit, et puis c'est pas comme si j'allais tomber fou amoureux d'elle et qu'elle allait hanter chacune de mes nuits jusqu'à ma mort. Il y a d'autres poissons dans l'océan, comme diraient les pseudo-philosophes mal baisés shootés aux proverbes foireux, et personnellement, j'avais pas besoin de mettre un nom sur un visage que je ne verrai sûrement plus. Alors, je me contente d'ignorer savamment sa question, lui offrant juste une mine à la limite du hautain, histoire de lui faire comprendre le fond de ma pensée, même si je doute qu'elle ait assez de neurones derrière ces yeux bleu électrique pour saisir la subtilité du truc. Ma chemise grossièrement reboutonnée et mon blouson sur les épaules, je rallume une nouvelle clope coincée entre mes lèvres et prend le chemin de la sortie, sans plus d'attention vers celle qui m'aura, au final, juste fait perdre du temps. Je passe la porte du vestiaire, fais trois pas ... et m'arrête. Merde. Un sentiment amer de manquer un truc s'empare de mes tripes, enfin, c'est la seule explication logique qui me vienne à l'esprit, là tout de suite. Je ne l'avais pas remarqué avant, sûrement parce que j'étais encore trop focalisé sur l'idée qu'il fallait que je retrouve toute ma désinvolture et que j'oublie que j'avais lamentablement failli en paniquant, rien qu'une instant, devant ses yeux de psychopathe finie. Une seconde passe, je m'emmerde presque moi-même mais je finis par revenir sur mes pas. « J’ai encore deux ou trois actrices à aller tripoter du côté de Downtown, par contre, alors si t’es capable de la fermer un peu et que tu me promets de bien attacher ta ceinture de sécurité, je dois avoir un peu de place pour toi à l’arrière de ma vieille camionnette blanche. » J'ai sorti ça d'une traite, le ton sérieux et posé, le sourire pas plus malicieux qu'il ne l'a été avant. La touche de sarcasme devrait me faire passer pour l'enfoiré fini à l'esprit dérangé que je cherche à rester, et pourtant je me sens de nouveau comme un con, j'ai l'impression que je vais lui proposer d'aller manger une glace avant d'aller danser au bal si je la ferme pas. Elle a le don de me perturber la moindre et je lui propose encore une séance de covoiturage que je regrette presque aussitôt. Enfin, au pire, je l'abandonnerai sur le bas côté, dans l'hypothèse où elle daigne accepter le sacrifice ultime que je viens de lui faire. Merde, j'espère qu'elle vaudra la peine que je me donne et toutes les règles que je transgresse.

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MessageSujet: Re: CODY&PARKER ✖ Bloody hell - and i couldn't have said it better   Dim 10 Mar - 8:08

Bloody hell
Parker & Cody

— and I couldn't have said it better



Sweet pea. C’état son surnom, ironique, au collège, vous vous en seriez douté? Avec ses grands yeux de poupée, ses joues roses, son teint clair, ses jambes fines, ses traits angéliques. Pourtant, c’était marrant. Y’avait rien de doux en elle. Rien. Et pour une allégorie, c’en était une avec de la classe, qui en jetait pas mal, qui trompait les apparences jusqu’à la dernière goutte, qui semait les doutes et lui permettait de prendre ce dont elle avait envie d’un battement de cil. Rares étaient ceux qui ne cédaient pas, ou qui comprenaient, du moins, son stratagème. Jo en connaissait les grandes lignes, pour la côtoyer à cœur ouvert depuis les dernières années. Mais encore, la rousse n’avait rien vu, vraiment, ou alors elle cachait bien son trouble devant l’âme toute cassée de Cody. Un mélange de haine, de je-m’en-foutisme et de folie plus tard, et on avait droit à son cerveau éclaté, à son attitude déglinguée, à ses sautes d’humeur sans vraiment l’être, qui la faisait passer d’actrice étoile de série B à sans cœur de service. Si je vous dis tout ça, c’est bien simple. C’est pour justifier le fait qu’elle faisait sa libertine avec le mec qui venait de s’envoyer sans vergogne sa coloc chérie quelques minutes plus tôt. Pour justifier le fait qu’elle se baladait dans les vestiaires de la Factory le cul à l’air, les cheveux au vent, sans pudeur. Ou alors elle s’en fichait? C’était toujours ce qui arrivait, avec Hendricks. Tout finissait par la lasser, les gens, les situations, les endroits, les sentiments. Elle haussait les sourcils et passait à autre chose. Sauf que là, c’était différent. Elle rigolait bien de se marrer de l’autre, de lui offrir sa chute de reins, et lui sourire avec toute la malice d’une gamine tordue de 12 ans dans le corps d’une folle de 22 ans, en manque de coke. Dans sa tête, y’avait Man in the Mirror qui jouait, et elle s’imaginait refaire la scène du bain et pousser la chose plus loin, lui fouttre vraiment la trouille, juste pour voir jusqu’où il était prêt à aller lui qui semblait si au-dessus de ses fringues. En fait, c’était elle, habituellement, qui avait cette position. Et il la revendiquait depuis qu’ils étaient dans la même pièce. Alors ouais, y’avait un truc combattif entre eux deux, elle le sentait. Comme s’ils se testaient, comme s’ils savaient que l’un et l’autre dominaient le poulailler bourré de poules sans tête avant de se croiser. Et maintenant, c’était le duel à mort qui devait suivre. Du moins, c’était ce que se disait Cody la détraquée.

Il ne mis pas trop de temps à ramasser ses traîneries et à filer. À peine avait-elle passé un trait de rouge à lèvres carmin qu’elle se retrouvait seule avec son retard, son manque de fric, ses cheveux à demi secs et son odeur sucrée quoi que dérangeante de fausse hémoglobine entre les ongles. Eh ben. Il avait finalement pas eu les couilles de la défier plus longtemps ça voulait dire. Et elle était déçue, elle pouvait pas vraiment le nier. Parce que sa petite joute de pratique avec lui avant d’attaquer son frère et ses parents venait d’avorter. Parce qu’elle aurait vraiment cru s’être trouvé un adversaire de taille à challenger un peu pas mal. Parce qu’au final, ils foutent tous le camp, de toute façon. Elle la première. L’envie d’abuser encore une dernière fois de Miccah lui vint en tête et elle passa même la tête dans l’embrasure de la porte, juste pour voir s’il était pas toujours là, à tourner en rond dans le studio, comme un chien après sa queue, comme un rat en cage, comme un gamin à qui on vole sa sucette avant de le ficher en punition. Mais pas de traces de Miccah. Au moins, il avait un peu d’amour propre, voilà.

« J’ai encore deux ou trois actrices à aller tripoter du côté de Downtown, par contre, alors si t’es capable de la fermer un peu et que tu me promets de bien attacher ta ceinture de sécurité, je dois avoir un peu de place pour toi à l’arrière de ma vieille camionnette blanche. »

Il était revenu, donc. Et comme si c’était joli, il précisait qu’il allait forniquer avec la planète entière. Pas qu’elle en doute de toute façon. Quel champion, sérieusement. Ramassant son sac, souriant faussement, elle se contenta de glisser un « Je prends le siège avant. J’aime bien les voir crier lorsqu’elles sont derrière. Parce qu’elles croyaient quand même que t’allais être l’homme de leur vie. Ou que t’avais vraiment des bonbons à leur refiler. » avant de précéder la marche vers la sortie. Cody, Cody, Cody. Toujours si fière, toujours si conne. Jekyll lui fit une révérence, ce à quoi elle répondit par un majeur bien en l’air, avant d’envoyer un baiser soufflé à l’autre idiot avec lequel elle s’était engeulé grave quelques minutes plus tôt. Qu’est-ce qu’elle ferait sans la Factory, vraiment. L’anglaise ne se l’était jamais vraiment demandé, pas trop portée sur l’introspection, mais c’est vrai qu’à part être une actrice glauque, elle n’avait pas d’avenir ni de carrière bien tracée devant elle. Personne ne savait vraiment si elle avait finit le collège, si elle était entrée à l’université, si elle avait fait l’école publique ou privée. Elle même en avait perdu des bouts, ayant découvert la drogue et l’alcool un peu trop tôt selon le pape et ses puritains de parents. Mais elle avait finit par aboutir là, concours de circonstances, histoire d’amour et de haine avec un réalisateur qui la rendait complètement folle par son génie mais surtout par son incapacité à lui livrer ce qu’elle voulait, quand elle le voulait. Puis y’avait eu Jo et ses idées de malade. Son charisme, son intelligence, sa fragilité. Il avait fallu qu’elle la ramène là, qu’elle passe le flambeau. Et maintenant quoi? Elle n’avait jamais vraiment fait de plans dans la vie. Les plans, c’était voué à faire chier. Trop longs, trop compliqués. Puis Cody savait très bien que si elle se faisait des attentes sur son avenir, elle finirait par tout bousiller volontairement. Ça, c’était amusant.

La brunette passa dans l’ascenseur, confirmant que l’autre la suivait d’un regard derrière l’épaule. Elle appuya sur le bouton pour descendre et s’adossa, nonchalante, sur le mur derrière elle, le détaillant sans vraiment se gêner, allumant une clope en même temps. Une bouffée plus tard et Cody la lui tendait, généreuse petite pouffe qu’elle était. « Je paie toujours mes dettes. » Et c’était vrai. S’il y avait bien une chose qu’elle détestait, c’était de devoir quelque chose à quelqu’un. Yuk. Rendre des comptes, devoir s’expliquer, devoir s’excuser, devoir raconter des conneries pour avoir la paix parce qu’on a pas été assez brillante au départ pour supprimer tout ce qui pouvait nous prendre par la gorge, c’était pas pour elle. Et son petit doigt lui disait que lui aussi devait pas être très bon sur les liens et autres attaches avec les gens. Intuition féminine il paraît.

L’ascenseur s’immobilisa 2 étages avant le leur et les portes s’ouvrirent sur un couple d’ados enlacés, les yeux brillants d’amour, les tenues quasi assorties. L’anglaise se poussa d’un côté, rigolant à voir leur nez se lever vu l’odeur de clope qui trônait dans la cage. À croire qu’ils avaient rien vu de pire, à se faufiler dans un building crade, une usine qui offrait un toit à des acteurs semi crack addict, semi suicidaires. Cody se questionna même, se disant que c’était peut-être un p’tit couple de blanc becs que Jekyll avait fait venir pour une scène clé du film qu’il tournait ce jour-là et s’imaginait déjà la pauvre petite blonde se mettre en pleurer en entendant toutes les choses horribles que le réalisateur lui demanderait de faire, à son copain et aux autres actrices sur le plateau, pour une poignée de dollars, croyant bien faire et l’aider à percer dans le monde du cinéma.

« Vous êtes perdus? » qu’elle demanda, hypocritement charitable.

« On cherchait un endroit pour… v’savez… chez lui y’a ses parents et chez moi y’a ma coloc. M’enfin. Sauriez pas où on pourrait être tranquilles? » murmura la blondinette, voulant tout d’un coup faire d’Hendricks sa confidente.

« C’est certain qu’une usine désaffectée dans le taudis de L.A. c’est le meilleur endroit pour perdre sa virginité, hen. Sans rancune. » elle concluait clairement ce qui semblait si évident. La reine de la promotion et son petit ami de longue date avaient décidé, par ce beau dimanche après-midi ensoleillé, d’unir leur destinée et de faire le don de la chair. Charmant. En tout cas, ça l’était plus que sa première fois à elle. Passons.

La porte de l’ascenseur finit par s’ouvrir, signe que la brunette et son taxi étaient à bon port. Quelques secondes de plus que Cody aurait pu filer sans l’autre, puisqu’elle remarqua au dernier instant qu’il était toujours derrière elle, avec les deux ados paumés. Mais qu’est-ce qu’il pouvait bien ficher là, qu’elle se demanda, reculant dans leur direction, blasée.

« On y va pour de l'échangisme alors? J'ai toujours rêvé de sauter un quarter back. »

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MessageSujet: Re: CODY&PARKER ✖ Bloody hell - and i couldn't have said it better   Ven 10 Mai - 18:02




cody&parker ✖ Bloody hell - and i couldn't have said it better


Je suis l'archétype du mec qui déteste la vie. La sienne autant que celle des autres. Le gars qui hait tout le monde, qui en veut à la Terre entière, qui maudira jusqu'à son dernier souffle cette foutue bactérie qui est apparue un jour et a engendré toute une humanité. Faut dire que c'était plutôt flagrant. Marqué au fer rouge au plein milieu de mon front. J'étais ce connard qu'on ne veut pas connaître, je l'avais toujours été. Celui à la grande gueule, juste bon à blesser les autres en leur crachant leurs quatre vérités à la figure, sauce acerbe, ton acide. Celui qui bousille votre amour propre sans raison, émiette toute once de confiance en soi juste pour se marrer, parce que c'est tellement facile pour lui, tellement drôle de foutre les autres plus bas que Terre. J'étais le mauvais chien, qui fait tellement honte à ses parents qu'ils omettent d'en parler lorsqu'ils présentent la famille, qui tronche la parfaite petite perle vierge et pure des voisins mormons derrière un stand à la kermesse, qui se délecte de voir sa sœur cadette s'éclater les dents sur le bitume et le teinter de rouge sang alors qu'il devait lui apprendre à tenir debout sur ses rollers. J'étais un des ces gars à qui les cœurs les plus purs trouvent une histoire tragique, un truc suffisamment poignant et malheureux pour excuser, justifier leur comportement, avant qu'ils ne se ravisent, au prochain méfait dégueulasse commis et comprennent qu'ils n'ont pas à faire à une pauvre petite chose fragile qui se cache sous une méchante carapace mais bien à un dépravé, pur et dur, sans conscience ni sentiments, qu'on ne pourra pas faire revenir sur ce droit chemin qu'il n'a jamais emprunté de sa vie. Ouais, c'était moi, indéniablement. J'étais le parfait petit échantillon de ce tas de marginaux qu'on rêve de voir pourrir en tôle, au même titre qu'un pédophile ou que d'un meurtrier, juste parce qu'on ne pourra jamais rien tirer de bon de nous. Je serais la souris de laboratoire de tous les fantasmes, si, un jour, une recherche sur les enfoirés pourris jusqu'à la moelle venait à se faire. Sauf que c'était pas vrai. Sûr, j'étais un modèle de déchéance, de malveillance, de connerie, de haine, de malheur et d'antipathie. Mais je ne détestais pas la vie. Ou alors, je la haïssais tellement que ça avait fini par me retourner l'esprit, me foutre dans le même état qu'un otage qui s'enfonce dans son syndrome de Stockholm. Si Derek n'était pas allé se faire trouer la poitrine en Irak, s'il avait continué à assumer son rôle de dernière barrière contre ma volonté d'autodestruction totale, là, les choses seraient sûrement bien pires. Je ne me serais pas tiré de chez moi, j'aurais fini le lycée, trouvé un job de merde dans un bureau, vécu une poignée d'années dans la retenue et un dégoût profond pour moi-même et j'aurais fini par m'exploser la cervelle, un samedi soir, pendant la pause pub d'un match de basket que je ne regarderais que parce que c'est ce que fait tout le monde. En fait, je me plaisais à être exécrable. Je me plaisais à tout détruire autour de moi. À pulvériser l'estime que les gens ont de moi. Je prenais mon pied en bousillant mes bronches à la clope, mon foie au whisky, mon nez à la coke, mes veines à l'héro, mes phalanges aux mâchoires d'inconnus qui me cherchent la merde - ou pas. J'aimais savoir que l'écrasante majorité des gens que je connaissais me méprisaient. Pour mon boulot, pour ma personnalité, pour ma notion de l'amitié, de l'amour ou même rien que du respect. J'aimais tirer les autres vers le bas, les foutre dans la pire merde qu'ils méritent ou non et m'éclipser ensuite. J'aimais perdre mon temps, gaspiller le peu de vie que j'ai encore su préserver à raccompagner des putes chez elles, galant, fantasmant sur la pipe que j'aurai à l’œil sur le chemin.

Je lève les yeux sur elle. La brune et ses yeux bleu givré. Ses pupilles dilatées par le joint et sûrement un tas d'autres choses qui ne doivent plus avoir quitté son sang depuis longtemps. Elle me toise, me scrute, me transperce et je la regarde faire, imperturbable, indéchiffrable. Je m'en fous, je m'en fous qu'on reste silencieux, qu'on se lorgne dessus en bravant tous les codes sociaux. Et j'ai la certitude qu'elle aussi. On ne doit pas être bien différents. Elle doit savoir ce que c'est. Ne rien attendre de la vie, ne rien s'interdire, ne pas avoir un plancher en chêne sous les pieds qui retient de s'enfoncer dans les emmerdes, la déchéance, le néant. Avec sa gueule suffisante, ses manières d'aguicheuse sans aucun doute innées. Le ding des portes qui se referment et l'impression que le sol se dérobe sous mes pieds l'espace d'une fraction de seconde, je me rends compte peut-être à cet instant-là seulement qu'on se trouve dans l’ascenseur. Oh. Ça ne change rien à mon immobilité, flippante mais confortable. Je me dis juste que finalement, hors caméra et loin du troupeau de queues à moitié raides qui nous entouraient un peu plus tôt, je voulais bien la rejouer, sa scène de viol dans l’ascenseur. Quoique, je ne suis pas certain qu'elle soit le genre de fille à se faire violer proprement dit. Elle y prendrait sûrement un pied d'enfer. « Je paie toujours mes dettes. » Je finis par réagir. Un demi sourire, du bout des lèvres, je tends la main et attrape la cigarette avec laquelle elle illustre sa phrase. J'y vois une promesse. Elle me doit plus qu'une clope. Enfin, dans les faits, elle ne me doit rien. Mais on se doit quelque chose ; je suis sûr que je ne suis pas le seul à avoir conscience que l'air est électrique et les corps bouillants, même si on garde nos tronches de blasés aussi bien l'un que l'autre. Je tire une longue bouffée sur la blonde, gardant malgré tout le silence. La clochette de l'ascenseur se charge d'y remédier pour moi et je détourne les yeux vers les portes qui s'ouvrent, trop rapidement pour que ce soit pour nous. Et voilà Ken et Barbie qui font leur entrée, plissant le nez, sûrement la fumée qui abîme leur jolie petit odeur de parfum. Je croise d'abord le regard du premier, qui me sourit subitement avec sa tête de vainqueur - je me dépêche d'effacer le sourire qui était accroché à mes lèvres et qu'il a dû juger comme lui étant destiné. Je laisse glisser mes pupilles sur la blonde qui le colle de près. La petite princesse de l'Amérique, scène deux. Et cette fois-ci, je ne me trompe pas ; si la brune a dégommé en deux petites phrases l'image de petite fille parfaite, innocente, délicate et naïve que je m'étais faite d'elle en la voyant dans ce bain pour la première fois tout à l'heure, elle, la cheerleader qui bafouille doucement en s'adressant à l'actrice et laisse le rose lui monter aux joues tenait sûrement le rôle mieux que quiconque. Une idée me vient... Je l'oublie un instant plus tard, ne pouvant me retenir de rire lorsque, écoutant d'une oreille à moitié attentive ce que lui répond Cory - Connie ? -, j'imagine sa première fois à elle, en robe de dentelle blanche, étalée au milieu d'un tas de pétales de roses, son bel Adonis aux cheveux longs et bouclés lui massant délicatement la nuque depuis vingt minutes déjà. La bonne blague ; elle la jouait méprisante quant au choix du couple alors qu'elle avait sûrement cramer son pucelage avant même d'avoir perdu toutes ses dents de lait au milieu d'une gang bang dans un sous-terrain à Vegas. Je me reprends rapidement, sentant un peu trop de regards virevolter sur moi et je reviens aux pensées qui m'occupaient avant la bonne blague de la star hollywoodienne déchue. Je revois l'image que je me faisais avant, occupé avec la rouquine sous la douche et je me sens de nouveau d'humeur créative. Un couple innocent, tellement représentatif du stéréotype des lycéens américains... Je relève mon regard et fronce les sourcils en constatant que la brune que je suis censé raccompagner s'est déjà fait la malle et semble m'attendre, agacée, un peu plus loin.

« Faites pas attention à elle, depuis qu'elle a chopé des morpions et que je refuse de la toucher, elle est un peu frustrée. » Les yeux d'abord rivés sur la silhouette alléchante de l'autre, je finis par tourner la tête vers les deux jeunes à qui je m'adressais, un sourire qui se veut amical aux lèvres. Une idée en tête et l'envie de faire quelque chose d'un tant soit peu productif de ma journée, je ne la laisserai pas me faire louper l'opportunité. Un regard sur le blouson du gamin et je reprends, guilleret. « Les 49ers de San Francisco ? Tu sais choisir ton camp, toi. » Il tourne la tête vers moi, haussant un sourcil. Je lance l’hameçon, tout sourire. « Je suis un gros fan de Brandon Jacobs. Pour moi, il porte la victoire de 2008 des Giants contre la Nouvelle Angleterre à lui tout seul. J'espère qu'avec son transfert, les Niners vont briller au Super Bowl... » Il n'en fallait pas plus pour combler le petit ; il se lance dans une tirade pleine de joie et me considère sûrement déjà comme son meilleur pote. Un sur deux d'apprivoisé - il me suffit de tourner mon plus doux sourire vers sa petite amie, n'écoutant pas un traite mot de ce qu'il dit, pour l'apater elle aussi. Bordel, qu'est-ce qu'il faut pas faire pour son art. « Écoutez, j'connais un coin plutôt sympa où vous pourrez être tranquille, alors si vous avez envie... » Les deux semblent hésiter la moindre, et puis finissent par acquiescer doucement. Le type cool qui aime le football, deux concentrés d'hormones en rut et une promesse de l'intimité si convoitée, ça suffit à faire tomber tous les interdits et les retenues... Même si le type en question porte toujours sa chemise tachée de faux sang sur le dos. « On y va pour de l'échangisme alors? J'ai toujours rêvé de sauter un quarter back. » Regard complice avec les deux tourtereaux, j'assois ma manipulation en splendeur tandis que j'ouvre la portière de ma voiture garée là. Je me contente d'abord de jeter un regard un brin amusé à la brune que j'ai réussi à faire passer pour une mal baisée qui en veut à la Terre entière histoire de justifier ses remarques un peu trop brutales pour mes si mignons nouveaux amis, puis, une fois que sa Majesté a daigné s'installer à l'avant à son tour, je viens reglisser la cigarette qu'elle m'a donnée plus tôt entre ses lèvres, pratiquement terminée, en guise de bâillon momentané. « Arrête ça, tu vas les effrayer. » À vrai dire, un regard dans le rétroviseur m'indique que le quarter back en question éprouverait bien autre chose que de la peur, à voir le regard qu'il laisse lorgner sur elle, et ça malgré les morpions qu'il s'imagine grouiller sous sa jupe. Je préfère l'ignorer, comme j'ignore la réaction de la brune, espérant simplement qu'elle aura un brin de jugeote et comprendra que je ne suis en rien le bon samaritain que je prétends être et qu'elle ne va pas tout faire capoter. Prenant un appui pas forcément nécessaire sur sa cuisse, près de sa jupe, justement, je me penche vers elle pour ouvrir la boîte à gants et en sortir un petit sachet, que je lance aux deux derrière. Les fixant d'abord dans le rétroviseur, je me tourne ensuite vers eux, nouveau sourire collé aux traits. « Prenez-en un chacun, ça décuplera vos sens. 'Vous en faites pas, c'est aussi naturel que léger... » Étonnamment, je n'ai pas à me montrer beaucoup plus convaincant; le goût de l'interdit et le climat de confiance presque trop facile à instaurer suffisent à les faire engloutir les deux jolis petits smileys colorés. Pour le coup, je n'ai même pas menti - aussi naturel que léger. Acide gamma-hydro-truc, ça sonne très bio ?

Enfonçant le sachet qu'ils me rendent un instant plus tard dans la poche de mon jean, j'ignore royalement miss bain de sang et miches d'enfer qui, à voir son attrait pour fouiller les poches des autres et pour l'herbe, doit sûrement déjà baver d'envie d'y goûter elle aussi - à moins qu'elle soit plus maligne qu'il y paraît, ou plus sombre, au choix, et qu'elle ait compris que les deux pauvres petits n'allaient pas que voir la vie en rose délicat d'ici quelques minutes. Je préfère mettre le contact, vaguement attentif au reflet du couple dans le petit miroir. Je ne sais pas si j'étais déjà sorti du parking de la vieille usine qu'un rire parfaitement stupide s'élevait déjà de l'arrière. L'accent est pâteux et mou; il ne faudra pas plus de quelques pâtés de maison pour qu'ils soient à point, parfaitement désinhibé et malléable. « Si tu m'files un coup de main pour les faire gambiller de là derrière jusqu'à la porte dès qu'on arrivera à mon studio sans qu'un des deux tombent à la flotte, j'te laisserai emmener le quarter dans un placard pour sept minutes au paradis puis j'te ramènerai. Deal ? » Je marque une pause, laissant mon regard naviguer entre le rétroviseur et la brune, avant de le fixer sur la route dès que le feu passe au vert - un vrai petit ange de la route. « Ça m'arrangerait pas trop de voir des flics débarquer pour draguer le canal, pour tout t'dire. » Déjà que je ne suis pas certain qu'ils comprendraient la démarche artistique qui me conduit à avoir un cocktail déglinguant à base de GHB dans ma boîte à gants, à servir au premier couple d'ados que je croise dont les corps enlacés outrageusement décoreront bientôt les murs d'une galerie, et qu'ils monteraient tout de suite sur leurs grands chevaux s'ils le découvraient, il doit y avoir deux ou trois petits trucs qui feraient bien de rester sagement au fond de l'eau.



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MessageSujet: Re: CODY&PARKER ✖ Bloody hell - and i couldn't have said it better   Jeu 27 Juin - 4:11

Bloody hell
Parker & Cody

— and I couldn't have said it better




« Faites pas attention à elle, depuis qu'elle a chopé des morpions et que je refuse de la toucher, elle est un peu frustrée. »

Cody haussa un sourcil. Qui était assez pathétique pour s’inventer une fausse copine, une fausse baise qui en passant était infestée de maladies? Le pauvre. Il devait vraiment s’ennuyer le mardi soir, la main dans son jeans, à se complaire en regardant un vieux porno sur sa vie parfaite de célibataire parfait. La blague. Joignant l’utile à l’agréable, et parce qu’elle avait tout un humour à force de s’appliquer savamment à mettre en rogne quiconque croisait son chemin, l’anglaise fit mine de se gratter l’entrejambe, feignant une douleur au bas-ventre. Et l’Oscar de la meilleure alliée va à… Cody s’assura aussi de lui envoyer un majeur bien placé une fois son manège terminé. Du con. La suite ressemblait vaguement à un high school reunion, à deux mecs qui se retrouvent après des années, des amis de longue date qui se sont perdu de vue à leur plus grand bonheur mais qui se retrouvent le temps d’une soirée avec l’envie de ne plus trop s’ennuyer. Ils parlent de football, d’équipe, de joueurs. Le seul souvenir qu’avait la brune qui aurait pu être relié à leur discussion était la fois où elle s’était tapé la mascotte – Fabrice qu’il s’appelait, un étudiant français en échange qui jouait la loutre pour la team de foot au collège – parce qu’elle avait perdu un pari. Ça comptait comme souvenir sportif marquant? Autrement, elle aurait pu aussi raconter l’année où elle avait fantasmé comme une conne sur l’équipe de water polo du lycée, celle qui semblait être formée de jumeaux identiques qui se multipliaient en 12, 14 et 16 joueurs et qui auraient pu tous finir dans son lit sans qu’elle crie au gang bang. Ça aurait plutôt été un genre de trip sur l’acide avec le même mec qui revient encore et encore, mais habillé différemment. Cette image lui fila une sourire, si bien qu’elle sortit instinctivement son calepin pour le noter et le proposer à sa meilleure amie. Leurs scénarios ne cessaient jamais de se renouveler.

La suite était conne, littéralement. Le mec se la jouait bon ami, bon samaritain, les encourageant à les suivre en jurant connaître un bel endroit tranquille pour qu’ils puissent consumer leur amour. Bah et puis quoi encore? Il était passé 16h et il se transformait en bonne fée marraine? Cody eut envie de lui tâter les couilles pour voir si elles étaient encore bien là, à voir comment il venait de changer du tout au tout, mais elle se ravisa. L’agripper deux fois en même pas 40 minutes sans qu’il ne fasse rien en retour, c’était chiant. Limite, il ne faisait que frimer et il était pédé. Et c’était pas Jo avec lui dans les douches mais bien Jekyll, déguisé. Elle avait toujours su qu’il était gay. Hum, Jo. Comment est-ce que sa copine réagirait si elle savait que l’anglaise se retrouvait maintenant sur le siège avant de la bagnole de son coup précédant, en direction de Dieu-sait-où, avec deux ados en manque de sexe sur la banquette arrière? Hendricks se redressa, serrant les lèvres sur la cigarette que l’autre lui redonnait, s’étonnant de penser à son amie alors qu’habituellement elle ne jure que par le un pour tous, et un pour un. C’était matière à réfléchir. Cody aurait-elle une âme? Ou alors elle laisserait l’autre prendre une douche, une vraie, avant de poser sa peau contre la sienne. Non mais, fallait pas non plus croire qu’elle était conne. Et puis malgré la présence des deux boulets, y’avait quelque chose d’électrique, ça elle ne pouvait pas le nier. Surement leurs 1001 ressemblances, tiens.

« Arrête ça, tu vas les effrayer. » Et il se penche, déposant sa main sur la cuisse de la brune. Cody sentit tout de suite que le vrai pervers qu’il était revenait à l’assaut, rien qu’à sentir la pression qu’il y mettait. Un peu plus et elle redemandait à ce qu’on leur fournisse un bain de sang pour qu’ils continuent là où ils avaient laissé. « Oh mais voyons, pour qui tu me prends! C’est fou ce que t’as perdu de ton sens de l’humour depuis que j’ai couché avec ton père. » Hendricks laissa échapper un rire cristallin, moqueuse, se voulant la pauvre mauvaise influence dans toutes les situations de sa vie. Une fois le conducteur retiré de sa bulle, elle le vit du coin de l’œil refiler un sachet pas tant clean aux autres derrière, satisfaite de la tournure que prenait la situation. Étendant ses longues jambes devant elle, Cody se risqua même à leur filer un regard plein de bonne foi dans le rétro, avant d’envoyer à son tour sa main se balader sur la cuisse du copilote. De l’entendre parler comme ça d’acide lui donna direct le goût de tout arrêter pour garder le sachet rien qu’à elle, mais comme bonne première impression on aurait pu vu mieux, et elle finit par s’abstenir, se disant que le spectacle des blancs-becs serait probablement beaucoup plus passionnant qu’un de ses énièmes trips. La drogue ne lui faisait pas peur. Elle ne lui faisait plus peur de toute façon, depuis un bon moment déjà. Puis elle était déjà occupée à faire autre chose de ses dix doigts, remontant lentement vers la braguette de l’autre, ultime effort de se désemerder durant le trajet. Parce que jouer les parents, autant al intentionnés qu’ils puissent l’être, ne l’amusait pas du tout. Faire chier l’autre en lui filant une érection par contre c’était un truc qui risquait de mettre un peu de bonheur gratuit dans cette balade sans fin.

Puis il sortit du parking. Enfin. Merde ils étaient là depuis combien de temps? « Si tu m'files un coup de main pour les faire gambiller de là derrière jusqu'à la porte dès qu'on arrivera à mon studio sans qu'un des deux tombent à la flotte, j'te laisserai emmener le quarter dans un placard pour sept minutes au paradis puis j'te ramènerai. Deal ? » Les voix du couple derrière devenaient de plus en plus lointaines et elle finit par les entendre se marrer de trucs complètement irréels. Ouf, ils en étaient à leur première fois pour tout, c’est ça? Mine de rien, l’autre lui avait dévoilé son plan, qui plaisait tout de même à l’anglaise maintenant qu’elle sentait une légère tension dans son jeans. Un studio, des jeunes complètement cramés, un mec avec l’humour aussi noir qu’elle et la tête pleines d’idées dingues, c’était encore mieux qu’un souper de famille à se faire chier pour avoir quelques dollars qui paieraient le loyer mhen? Convaincue, l’actrice se contenta de se lécher les lèvres de ravissement, sentant déjà l’excitation de les voir être paniquer dès le moment où leur buzz commencerait à se faire plus insistant. « Pas question que je te lâche sur ce coup-là. J’ai toujours voulu voir ça avait l’air de quoi, un badtrip, vu de l’extérieur. » Au nombre de fois qu’elle en avait faits, tiens.

« Ça m'arrangerait pas trop de voir des flics débarquer pour draguer le canal, pour tout t'dire. » Bah, les flics. Elle avait l’habitude, pour avoir été mêlée dans des affaires pas très nettes depuis aussi longtemps qu’elle puisse se souvenir. Mais Hendricks était d’accord, pas question de laisser quelqu’un venir gâcher le petit plan machiavélique qui se dessinait de plus en plus devant ses yeux. Et il avait un studio de quoi, celui-là? C’était clairement pas un acteur, ça devait donc être quoi, un photographe? La belle se contenta seulement de se réjouir d’avoir su tomber sur un cerveau aussi crevé que le sien pour une fois, et de pouvoir donc vivre cette histoire de fou avec une personne qui se régalerait autant du malheur des autres qu’elle le faisait fréquemment. C’était ça le bonheur pour elle, au final. Amusée, et c’était pas peu dire, Cody eut d’un coup encore plus envie du conducteur, de voir à quel point il était un vrai vautour. Se penchant vers lui alors qu’il patientait pour une énième lumière rouge, elle eut tout juste le temps de lui susurrer à l’oreille « Si t’es gentil et que tu pousses l’horreur un peu plus loin pour eux une fois rendus au studio, je t’assure que ça ne sera pas avec le quarter que je vais régler mes comptes. Et que ça va prendre beaucoup, beaucoup plus que 7 minutes. » Était-elle aussi détraquée que l’idée de martyriser deux pauvres innocents lui suffisait à être excitée? C’est bien ce que ça semblait vouloir dire.

La route parut interminable, vraiment. Beaucoup trop de lumières rouges, beaucoup trop d’arrêts, beaucoup trop de longs silences. Mais d’entendre les deux passagers babiller et se baver dessus au rythme du vent qui claquait sur les fenêtres suffisait à tenir Cody en haleine. Par chance, le studio de son nouveau fantasme se trouvait littéralement à deux pas de la Factory et ils arrivèrent sains et saufs dans le temps de le dire, avant que la drogue ait perdu de son importance. Encore plusieurs minutes à pouvoir jouer. « Tu prends le douchebag et je m’occupe de Gretel? » proposa la brune, décidée à régler leur cas rapidement.

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MessageSujet: Re: CODY&PARKER ✖ Bloody hell - and i couldn't have said it better   Sam 3 Aoû - 23:12


CODY&PARKER ✖ Bloody Hell - and i couldn't have said it better

Baise la vie avant qu'elle ne te baise. Je me souviens avoir lu ça sur un mur en Equateur, entre la devise nationale et le numéro de la tapin en vogue dans le quartier. L'oeuvre d'un rebelle de l'école d'en face, sûrement, le genre de type qui rêve de se faire choper à chacun de ses tags histoire de pouvoir frimer le lendemain de sa garde à vue vers les autres mongols de sa bande de petits merdeux. Seulement, ça m'avait frappé. L'espagnol rendant ça plus poétique que ça ne l'était déjà, j'avais lu et relu les quelques mots pendant que je notais le numéro de l'autre sur mon bras - ouais, déjà multifonction, le Parker de l'époque, même après trois jours sans croiser la moindre greluche en mini-jupe le long de la Costa. C'était pas une révélation, c'était pas une pensée philosophique fraîchement sortie de la tête du petit gangster en mal de méfaits qui en était à l'origine. C'est du vu et du revu, du réchauffé, le genre de phrase qu'on pourrait imprimer sur un t-shirt à cinq dollars juste bon à arborer sur une plage dans les Baléares, mais ça m'avait eu. Peut-être bien parce que je n'avais plus une thune, peut-être parce qu'il pleuvait non stop depuis une semaine alors qu'il ne pleuvait jamais à cette époque, peut-être parce que j'en avais ras la pâquerette de bouffer du cochon d'Inde à toutes les sauces, de galérer à trouver un endroit où dormir sans me faire trancher la gorge par l'anti-gringo ou le rongeur affamé qui s'y trouve aussi, mais, dans les faits, ça m'avait touché. On ne peut pas dire que j'avais changé du tout au tout ; malheur d'une vie pour ma mère, je n'avais jamais brillé comme enfant de choeur et ce n'était pas sur le point de connaître une révolution, mais j'avais peut-être alors encore un brin de contenance - enfin, au jour d'aujourd'hui, j'appellerais plutôt ça de la connerie, un prémâché de pseudo éducation et bonnes manières que je n'avais pas pu éviter dans ma jeunesse et dont je n'avais alors pas conscience. Peu importe ce qu'on s'apprête à faire, peu importe les ennuis voire le mal que ça pourra causer à autrui, il n'y a pas de retenue à avoir. Parce qu'ailleurs, quelqu'un l'a déjà fait, quelqu'un a fait pire. Parce que si on ne fait pas de crasses, les autres nous en feront. Parce que si tu te tues à obtenir quelque  chose, correctement, classieusement, il y aura toujours une tonne d'efforts et d'emmerdes qui précéderont et suivront.

Alors, abuser clairement de deux ados en mal de chair, les envoyer planer sans leur demander leur avis, les promettre à un avenir proche bien honteux si le résultat que je tirerai des photos me conviendra suffisamment pour que je les fasse paraître au grand jour, ça ne me faisait ni chaud, ni froid. D'un point de vue éthique, du moins ; côté artistique, ça me faisait triper presque autant que les pilules que je leur ai refilées, mais ça, c'était une autre histoire. Ils n'avaient qu'à pas être aussi naïfs, stupides, innocents. Ouais, en fait, ce qu'ils s'apprêtaient à connaître, c'était l'expérience de la vie qui abuse ceux qui ne  l'abusent pas, justement. Je n'étais qu'un coup de pouce dans tout ce bordel, le déclencheur, le détonateur. Ils m'en seraient presque redevable, en fait, parce qu'en plus d'un mal de crâne certain et d'un opprobre profond, ils repartiraient de la scène de mon futur crime, ils repartiraient avec une expérience qui foutra en l'air toute leur confiance ingénue qui, justement, était la vraie responsable du pétrin dans lequel ils se sont mis à l'instant même où ils ont flanché face à un ou deux mensonges et sourires trafiqués de ma part. D'un coup d'oeil dans le rétroviseur, je finis quand même par remettre en doute les bienfaits inestimables de mon action - vu la gueule livide du mec et les prunelles défoncées de sa copine qui regarde ses paumes comme si c'était la Joconde, il y a des chances pour qu'ils ne se souviennent même plus de leurs prénoms à l'atterrissage. J'amorce un soupir que l'autre désarmoce vite fait, ma déception de voir que mon geste samaritain risque de se révéler vain s'évaporant au profit du nuage de papillons qui se réveillent dans mon ventre. Pas de connerie émotionnelle ou autre là-dessous; non, c'est juste une manifestation qui annonce que j'aurais dû choisir un jean moins étroit ce matin, parce qu'à ce train-là, j'aurai vite fait d'en maudir les coutures trop serrées. Un regard en sa direction alors qu'elle glisse une remarque qui m'arrache un sourire pour ponctuer la balade de sa main, je me rends compte que je l'avais presque occultée, alors que je m'enfonçais dans mes songes à deux balles.  

Ce n'était pourtant pas le genre de fille qu'on oublie facilement. Ça se voyait, ça se sentait. On ne pouvait pas y affubler le sens d'un compliment, par contre. Elle gravait ses yeux électriques et ses traits de papier glacé dans l'esprit des gens parce qu'elle était nocive. Mauvaise. C'était évident, flagrant. Elle choquait ceux qui tenaient à leurs salamalèques de petits bourgeois bien prudes et marquait les autres, ceux à qui elle et moi appartenions, par la faculté à ne se soucier de rien ni personne qu'elle partage avec eux - paradoxe. Il y avait comme un aura qui flottait autour de sa tête sûrement remplie d'immondicités qui la rendent encore plus intéressantes, un truc moche, noir, sale. Magnétique. Mais dire que c'était ça qui lui avait filé son ticket d'entrée dans ma bagnole serait une connerie. Non, c'était ma queue qui l'avait amenée là, elle lui aurait même ouvert la portière si elle n'avait pas été coincée là où elle est en train d'être écrasée. Je m'en foutais royalement, à vrai dire, qu'elle soit captivante, intéressante, qu'elle attire la curiosité. Elle aurait pu être faite de PVC, ça ne m'aurait pas réchauffé ni refroidi. Toutefois, la remarque qu'elle élève à nouveau dans l'habitacle que j'ai préféré garder silencieux au feu suivant vient contenter les deux facettes que je faisais d'elle. Elle  souligne le fait qu'elle aime prendre son pied dans les trucs glauques, horribles, tout ce qui me plaît, et celui qu'elle aime prendre son pied tout court, aussi, ce qui me plaît autant. Je ne réagis pas plus qu'avant ni qu'après, juste un sourire,  et pas franchement de ceux qui illumineraient une pièce à eux seuls. Faut dire que mes pensées sont parties ailleurs, loin, que je suis déjà dans la perspective des prochaines heures, que la dope que j'ai filée aux deux morveux empêche de s'éloigner d'un professionnalisme certain - il y avait un temps pour tout, et tant qu'ils carburent à une substance qui entre quand même clairement dans un budget, j'allais revoir mes priorités.

Le trajet dure encore quelques minutes, et puis je prends la ruelle de gauche et arrive finalement à bon port. Vigilance routière mise de côté - d'accord, vigilance de j'ai pas envie qu'ils dégueulent toutes les saloperies qu'ils ont ingérés sur ma banquette arrière et qu'ils reprennent leurs esprits avant que j'aie pu mener mes projets à bien  -, je me sens m'enfoncer dans un état plus joyeux, libéré, impatient, ce sentiment qui s'éprend de moi à chaque fois que je vois une de mes envies ou envolées créatives prendre forme, pour de vrai, sans plus de contrainte. J'ai, en prime, deux mains supplémentaires pour dénuder et manipuler prochainement les corps malléables à souhait, et, à voir la lueur de son regard et le ton de sa voix, peut-être bien une ou deux idées d'un esprit neuf qui pourraient m'intéresser. « Vas-y molo, alors. Je m'en voudrais à mort si son avenir de pompom girl se voit compromis parce qu'elle s'est foulée la cheville en trébuchant. » Pas sûr qu'une blessure physique serait la pire à trimballer, quand elle se réveillera dans une heure ou deux de l'autre côté de Venice. Dernier sourire, je claque ma portière et ouvre celle du sportif puceau qui a atteint le stade léthargique au dernier rond point.



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